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InterviewRadio J — L'interview politique· 27 novembre 2024 13 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalBudget & impôtsTravail & emploiSécurité

Hervé Marseille - Le Barbier du matin du 27/11/24

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 10 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:18OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'est un leurre, une trêve ou est-ce que c'est une vraie chance de reconstruction du Liban ?

  • 2:53OuverteRéponse directe

    Vous êtes pessimiste, vous pensez qu'il y aura censure, parce que c'est la logique de la politique ?

  • 3:41RelanceRéponse partielle

    Est-ce que c'est acceptable de dire, bon, on va céder sur quelques points, parce que Michel Barnier avait mis la barre assez haut ?

  • 3:56OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il faut céder ? Est-ce qu'il faut obéir à Mme Le Pen et dire, bon, on vous rend de l'argent ?

  • 5:09OuverteRéponse directe

    Il y avait aussi dans votre travail au Sénat, l'idée de faire travailler les Français 7 heures par an, non payées, de manière à dégager des marges pour financer des dépenses sociales.

  • 5:17FerméeRéponse directe

    Les Républicains, finalement, se retirent de la mesure. Vous vous retirez aussi ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:37Invité politiqueFait
    « une trêve c'est toujours une bonne nouvelle parce que ça veut dire plus de paix possible, moins de morts »
  • 0:44Invité politiqueFait
    « la garantie Trump, on voit tout de suite qu'elle a un effet immédiat »
  • 3:14Invité politiqueChiffre
    « que vous avez 3 228 milliards de dettes, un déficit annuel de 160 milliards »
  • 4:23Invité politiqueChiffre
    « C'est l'équivalent, pour une maison de 100 mètres carrés, ça fait un surplus de 60 euros par an. »
  • 5:54Invité politiqueChiffre
    « 2 milliards et demi. »
  • 6:57Invité politiqueChiffre
    « Il y a 150 milliards de produits qui partent de l'Europe vers les États-Unis. »
  • 8:16Invité politiqueChiffre
    « Un tiers des départements ne bouclent pas leur budget. »
  • 8:24Invité politiqueChiffre
    « on a fait en sorte de passer de 5 milliards de prélèvements à 2 milliards de prélèvements. »
  • 8:40Invité politiqueChiffre
    « C'était plus de 22 milliards. »
  • 11:37Invité politiquePromesse
    « qui consiste à négocier avec les syndicats, comme on le fait en Italie, et à neutraliser les jours de départ et de retour autour des grandes fêtes »

Temps de parole

  • Hervé Marseille84 %
  • Présentateur16 %

0,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

– Hervé Marseille, bonjour et bienvenue, sénateur des Hauts-de-Seine, président de l'UDI et président du groupe centriste au Sénat. Il se passe beaucoup de choses au Sénat. Avant de parler du budget, un mot sur ce cessez-le-feu qui intervient au Liban. Est-ce que c'est un leurre, une trêve ou est-ce que c'est une vraie chance de reconstruction du Liban ?

0:23
Hervé Marseille

– Écoutez, une trêve c'est toujours une bonne nouvelle parce que ça veut dire plus de paix possible, moins de morts et donc plus de sécurité pour Israël aussi. Et donc c'est une bonne nouvelle, ça va dans le bon sens pour l'histoire. – Est-ce que la France pèse encore vraiment là-bas ? – Nous sommes partie prenante. J'allais dire que moi j'y vois les premiers effets d'un second homme de fer, c'est-à-dire Trump. Je veux dire la garantie Trump, on voit tout de suite qu'elle a un effet immédiat. Il se trouve qu'on a pu se glisser là-dedans.

Ça prouve quand même que la France existe encore au Liban et qu'elle est parfois entendue par Israël, en dépit des difficultés relationnelles qu'on a pu voir ces derniers mois. Moi je trouve que c'est très positif parce que c'est une possible meilleure sécurité. On voit bien qu'il y a eu beaucoup de déplacements dans le nord d'Israël, il y a beaucoup de familles qui ont dû partir à cause des bombardements. Ils vont pouvoir certainement revenir petit à petit. Le Hezbollah est obligé de repartir. – Mais il peut revenir, est-ce qu'il a été vraiment déraciné ? Mais Israël a indiqué, et les Américains l'ont confirmé, qu'à tout moment, s'il se passait quoi que ce soit, ils pouvaient intervenir.

Donc c'est précaire comme toujours. On applique une résolution de l'ONU qui aurait dû déjà être appliquée il y a longtemps, c'est-à-dire que le Hezbollah aille au-delà du fleuve Litani. Et donc maintenant, il faut faire en sorte que ça marche. C'est l'armée libanaise qui va, avec l'aide et la surveillance, si je puis dire, des Israéliens, des Américains et des Français, assurer la surveillance et la sécurité du secteur. J'espère que tout ça va fonctionner, parce que ça va dégager le front libanais, si je puis dire, et Israël va pouvoir encore mieux s'occuper de Gaza. – Et terminer peut-être aussi la guerre.

– Oui, c'est une mauvaise chose pour le Hamas, et tant mieux, parce que ça veut dire que ça va permettre à Israël d'être moins concentré sur la frontière libanaise, et donc de pouvoir davantage travailler sur les territoires Gaza, parce qu'il y a toujours les otages. Après la sécurité et la paix, c'est le second problème, il faut retrouver les otages. Et donc je pense que ça va dans le bon sens, et j'espère qu'évidemment, cette paix qui aujourd'hui est précaire, il y a 60 jours pour, j'allais dire, recouvrer la paix, j'espère que tout ça va marcher.

2:50
Présentateur

– Michel Barnier était au 20h hier, alerte rouge quand même pour lui. Vous êtes pessimiste, vous pensez qu'il y aura censure, parce que c'est la logique de la politique ?

2:57
Hervé Marseille

– Non, vous savez, il y a alerte rouge depuis le premier jour. Quand vous êtes Premier ministre sans majorité, que vous avez 15 jours pour faire un budget, qui par définition est forcément très imparfait et précaire, et qui suscite beaucoup de mécontentement, que vous avez 3 228 milliards de dettes, un déficit annuel de 160 milliards, c'est presque une mission impossible. Donc il a accepté de s'engager, moi je le soutiens, c'est très courageux, et c'est difficile, parce que les mesures annoncées sont forcément impopulaires.

Quand vous avez des dettes, il faut rembourser, il faut aller chercher l'argent, et ceux chez qui vous allez chercher l'argent, ils se mettent à crier avant même d'avoir à sortir l'argent.

3:41
Présentateur

– Est-ce que c'est acceptable de dire, bon, on va céder sur quelques points, parce que Michel Barnier avait mis la barre assez haut, par exemple sur l'électricité, le prix de l'électricité va baisser, Barnier dit, ça va baisser moins que prévu, on en prend au passage. Est-ce qu'il faut céder ? Est-ce qu'il faut obéir à Mme Le Pen et dire, bon, on vous rend de l'argent ? Vous avez d'ailleurs travaillé là-dessus au Sénat.

3:58
Hervé Marseille

– Oui, nous l'avons fait, parce que nous pensons qu'il faut compenser par des taxes sur le gaz, qui est une énergie fossile, et donc c'est beaucoup moins vertueux. J'allais dire, il faut essayer d'équilibrer les deux, c'est ce que nous avons cherché à faire, c'est-à-dire moins de taxes sur l'électricité, et puis plus de taxes sur le gaz, c'est très léger. C'est l'équivalent, pour une maison de 100 mètres carrés, ça fait un surplus de 60 euros par an. – Ça pourrait débloquer la situation politique ! – Ça va dans le sens, en tous les cas, souhaité par Mme Le Pen. Vous savez, Mme Le Pen, c'est le premier groupe, c'est comme ça. On peut le déplorer, on peut s'en satisfaire pour d'autres.

Elle a 11 millions d'électeurs, elle a le premier groupe à l'Assemblée nationale. C'est un fait. Et quand vous avez 143 députés, j'ajoute, c'est un fait politique. – Il faut les considérer. – C'est un fait politique. C'est-à-dire que si elles votent demain avec la gauche du Front populaire, ils ont au-delà de 300 députés, ça veut dire qu'ils ont une très large majorité. C'est comme ça.

5:06
Présentateur

– Alors, il y avait aussi dans votre travail au Sénat, l'idée de faire travailler les Français 7 heures par an, non payées, de manière à dégager des marges pour financer des dépenses sociales. Les Républicains, finalement, se retirent de la mesure. Vous vous retirez aussi ? – Non.

5:21
Hervé Marseille

Les Républicains, ils font ce qu'ils veulent. Mais nous aussi. Donc, dans ce pays, on ne travaille pas assez. par rapport à tous les pays européens, depuis l'affaire des 35 heures, funeste décision de Lionel Jospin et de Mme Aubry, on voit bien les ennuis que tout ça a amené. Et donc, il faut travailler davantage. Ce que vous appelez une petite affaire de 7 heures, oui, c'est une petite affaire, parce que 7 heures par an, ça fait 2 minutes par jour. – Et ça rapporte vraiment beaucoup d'argent ? – 2 milliards et demi. 2 milliards et demi. Est-ce qu'on peut se passer de 2 milliards et demi dans le budget ?

Je veux dire, nous, on a institué cette proposition de 7 heures par an supplémentaire, en passant, prenant le soin de passer par les organisations syndicales et les entreprises, c'est-à-dire pour que les gens s'organisent. Franchement, 7 heures par an, c'est quand même pas quelque chose d'impossible. Et ça permet de sortir 2 milliards et demi. Donc, nous, nous souhaitons continuer à promouvoir cette proposition.

6:26
Présentateur

Faut-il renoncer aux allégements de charges patronales ? Ou faut-il, au contraire, les préserver parce que l'emploi est en jeu ? Ça, c'est la revendication au renaissance.

6:36
Hervé Marseille

– Oui, oui, mais au renaissance ou pas, je veux dire, ça va là aussi dans un sens qui est souhaitable. On voit bien les difficultés de compétitivité de nos entreprises. On voit bien aujourd'hui les difficultés qui naissent et qui vont venir. Parce que je parlais de M. Trump, mais M. Trump, il va défendre les Américains. On ne peut pas lui en vouloir. Le problème, c'est que ça va nous coûter cher. Parce qu'il y a 150 milliards de produits qui partent de l'Europe vers les États-Unis. Il a déjà annoncé des taxes. Ça veut dire que ça va créer des problèmes pour nos entreprises. Il y a des problèmes de compétitivité entre nous en Europe et avec le reste du monde.

Donc, il est important d'aider nos entreprises. – Ce n'est pas le moment d'alourdir les charges. – Non. Et donc, il y a besoin d'argent. Il faut trouver des compromis. Et donc, là aussi, je crois que, normalement, on devrait aller vers des allègements substantiels de ce qu'avait prévu le gouvernement à hauteur de moitié.

7:28
Présentateur

– Alors, on a trouvé l'argent. C'est les collectivités locales qui vont faire l'effort. Alors, vous les avez défendues au Sénat. Pourquoi ?

7:37
Hervé Marseille

– Écoutez, ce qu'on appelle d'un nom assez générique, on a l'impression que c'est le cloud. Vous voyez, c'est les collectivités. Mais c'est quoi les collectivités ? C'est les communes, les départements, les régions. Mais les communes, c'est quoi ? C'est le service à la population au quotidien. C'est les cantines, la piscine, le sport, la culture, etc. On aide la population d'une commune, petite ou grande, à vivre dans la ville au quotidien. Enfants, personnes âgées, sociales. Donc, on a protégé les départements, parce que les départements, c'est le social. C'est le RSA, les handicapés, etc. Ça coûte très cher. Beaucoup de départements sont en difficulté.

Un tiers des départements ne bouclent pas leur budget. Il faut une dotation de l'État pour boucler le budget. Donc, on les a protégés, on protège les communes. Et on a fait en sorte de passer de 5 milliards de prélèvements à 2 milliards de prélèvements. – Est-ce qu'il faudrait rétablir la taxe d'habitation pour donner de l'argent à ces communes ? – C'est très compliqué. La taxe d'habitation a été supprimée. En l'occurrence, personne ne prévoit de la réinstaller. Mais c'est dommage, parce que c'était plus de 22 milliards. Ça n'a pas été compensé. Quand le président de la République a dit « On stoppe, on ne paye plus la taxe d'habitation », très bien.

Je n'ai pas vu beaucoup de gens qui disaient « Merci ». Je n'en connais pas beaucoup. Pas plus que pour la redevance télé. – Il n'y a pas de gratitude en politique. – Non, tout ça aurait dû être compensé par des économies ou d'autres recettes. Ça n'a pas été le cas. Donc ça fait tout de suite un trou dans le budget.

9:07
Présentateur

– Alors c'est très compliqué pour les Français de comprendre la mécanique budgétaire. Aujourd'hui, il y a une commission mixte paritaire sur le budget de la sécurité sociale. Est-ce qu'elle va être conclusive, comme on dit ? Est-ce que tout le monde va s'entendre ? Ou est-ce qu'on va rendre à l'Assemblée un texte qui ne pourra pas être voté dans les délais ? Et le gouvernement gérera par ordonnance ?

9:23
Hervé Marseille

– Vous savez, ce n'est pas si compliqué que ça. Il y a l'Assemblée qui a travaillé. Il y a le Sénat qui a travaillé. Et puis après, on fait une commission où il y a 7 sénateurs, 7 députés. Et on essaie de se mettre d'accord. Bon, je pense que ça sera conclusif. Pourquoi ? Parce que c'est une négo. C'est une négociation. C'est « Je te donne ça et moi, je veux ça ». On se met d'accord. Et à la sortie, il y a un texte qui doit être validé par l'Assemblée et par le Sénat dans les mêmes termes. C'est-à-dire que cet accord, je pense qu'il aura lieu. Il va y avoir des cris. Il y a peut-être des portes qui claqueront. Mais à un moment donné, il y aura un accord.

Et cet accord, il doit être validé par chacune des assemblées dans les mêmes termes, à la virgule près. Donc c'est là où, à l'Assemblée, il y a des chances pour qu'on passe au 49.3.

10:11
Présentateur

Tout ce climat politique résonne aussi avec le climat social. Il y aura peut-être des grèves de trains à Noël. Ça vous inquiète ?

10:18
Hervé Marseille

Oui, c'est annuel. C'est la saisonnalité. C'est comme pour les fruits. Je veux dire, on dit toujours négociation en novembre, grève en décembre. Tous les ans, vous avez la NAO, c'est-à-dire la négociation annuelle obligatoire.

10:37
Présentateur

C'est ça, c'est un chantage à la grève pour avoir une augmentation de salaire.

10:39
Hervé Marseille

C'est le 20 novembre. Bon. Et le 20 novembre, la direction de la SNCF dit à ses syndicats, voilà ce qu'on vous propose comme augmentation. Et patatrasse, Sudrail, pour ne pas les nommer, dit le 21 novembre, menace de grève. C'est pour ça que la négociation aura lieu en janvier, peut-être dans les années futures, a dit le ministre. Écoutez, il y en a marre. Moi, j'ai fait une proposition l'année dernière pour encadrer, comme on le fait en Italie depuis 1990, les jours de grève. C'est sacré, la grève. Personne songe à interdire la grève. C'est un droit constitutionnel. Mais vous avez un autre droit du même niveau, qui est le droit de circuler. Pourquoi on vous empêche de travailler ?

Et c'est la liberté d'entreprendre et le droit de circuler. Parce que quand il y a des fêtes, quand il y a des examens, quand vous avez à vous déplacer parce que c'est Noël, Pâques, etc., vous pouvez prendre le train ou l'avion. Et on vous prend en otage systématiquement chaque année. Donc moi, j'avais fait une proposition qui a été adoptée au Sénat, mais pas à l'Assemblée nationale, qui consiste à négocier avec les syndicats, comme on le fait en Italie, et à neutraliser les jours de départ et de retour autour des grandes fêtes, des jours fériés, etc.

11:47
Présentateur

Un tout petit mot pour finir sur le Mercosur qui vient en débat au Sénat après l'Assemblée. Vous rejeterez comme l'Assemblée en bloc cet accord avec l'Amérique du Sud ?

11:55
Hervé Marseille

Oui, ça a été fait à l'Assemblée nationale. On va le faire au Sénat quasi unanimement. Bon, je pense que la France n'est plus seule sur le sujet en Europe. Il y a une quasi minorité de blocage qui est en train de s'installer. Et je pense que Mme van der Leyen a compris. C'est pour ça que c'est important que les votes du Parlement français soient massifs, qu'il y avait un sujet qu'on ne pouvait pas signer en l'État. Il y a des bonnes choses. C'est comme pour le CETA. Il y a un marché de 260 millions de consommateurs. C'est important. On exporte. Mais sur la partie agricole, ça ne va pas du tout.

Il faut qu'on rediscute les termes, notamment ce qu'on appelle les clauses miroirs, c'est-à-dire l'usage d'un certain nombre de produits. Eh bien, arrivé Marseille. Merci, bonne journée et bon courage.

12:39
Présentateur

Merci beaucoup Christophe. Rendez-vous demain matin à 7h45. Votre invité sera Emmanuel Grégoire, député de Paris. Merci.

12:46
Locuteur

Merci. Merci. Merci. Merci.