Yannick Jadot est l'invité de "Tout est politique"
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Yannick Jadot, Sébastien Lecornu doit annoncer, vous le savez évidemment, en fin de semaine, vous me voyez arriver, la nomination de son gouvernement. Est-ce que vous pourriez en faire partie ?
Je ne crois pas, non. Je ne crois pas, on ne s'est pas contacté.
Il peut encore vous appeler ?
Oui, après on peut toujours attendre des ruptures, comme il les avait promises. Vous savez combien notre pays va mal. Je discutais avec un des responsables de l'Ipsos, il disait que le taux de confiance depuis la dissolution dans notre pays s'est effondré. Je veux dire, il n'y en est plus qu'à 9% de gens qui pensent que notre pays va bien. Et donc il faut absolument des ruptures. Malheureusement, vous avez vu par exemple les dernières annonces sur MaPrimeRénov'. J'ai été hier avec la Fédération française du bâtiment. Et nous étions d'ailleurs une délégation parlementaire transpartisane.
Dans le Parlement, l'Assemblée nationale comme au Sénat, on veut faire plus sur le logement, première préoccupation des Français. C'est enjeu majeur de pouvoir d'achat, d'emploi, bouilloire l'été, passoire thermique l'hiver. Et MaPrimeRénov', d'un seul coup, encore une fois, le dispositif est sacrifié.
Donc vous ne dites pas non ? Vous dites oui, s'il y a quelque chose sur la table ?
Mon sujet, ce n'est pas d'aller au gouvernement, c'est de savoir qu'est-ce que ce gouvernement et qu'est-ce que nous allons faire pour notre pays. Notre pays va mal, je parlais du logement, on pourrait parler des déserts médicaux.
C'est reparti d'un gouvernement de... François Bayrou, vous avez proposé un grand ministère de la transition écologique.
Oui, mais on n'est pas là, vous voyez bien que... Mais, encore une fois, si ce gouvernement, tous les signaux envoyés par M. Lecornu vont dans le même sens. Il maintient la même ligne politique, la même coalition avec les Républicains,
et il envoie quelques signaux au Rassemblement. Vous avez la maintient parce que les socialistes ne veulent pas y participer. Non, non. Il y a même un accord de non-débauchage de personnalité X, Y qui a été passé entre M. Lecornu et la gauche.
Personne n'a la majorité dans ce Parlement. Ça, on le sait. Et donc, il y a trois possibilités d'alliance pour qu'il y ait une majorité à l'Assemblée nationale. Un, la gauche fait alliance avec le Rassemblement national. Bon, on est d'accord, c'est même pas... c'est impossible. Deux, le Bloc central fait alliance avec la gauche.
Ça, c'est votre option privilégiée.
C'est ce que j'ai proposé, qu'il y ait une entente républicaine pour que nous arrivions sur un certain dossier. On ne va pas faire une coalition de gouvernement à 15 mois d'une présidentielle.
C'est quoi votre périmètre ? Juste précisez-moi pour que je suive. Le périmètre de votre gauche, c'est quoi la gauche ? La gauche, de toute façon,
Non, la France insoumise n'en fera pas partie. Elle l'a déjà dit clairement. Donc, c'est sans la France insoumise. De la même façon, les Républicains n'ont pas joué le front républicain et portent aujourd'hui un certain nombre de mesures qui relègent plus du programme du Rassemblement national que d'une droite républicaine classique européenne. Donc, l'idée, c'est qu'à l'Assemblée, se créer sur des sujets qui, dans les Français, attendent que ça se mette en œuvre. Je l'ai dit, j'ai parlé du logement, on pourrait parler des déserts médicaux, on pourrait parler de l'école, on pourrait parler d'un peu plus de justice fiscale dans notre pays pour financer ça. Ils attendent des mesures.
En attendant, on le sait, le grand rendez-vous de la présidentielle de 2027. On ne va pas faire un accord de coalition. Mais, encore une fois, sans que ce soit, évidemment, le programme du NFP, ça n'existe pas, on n'a pas la majorité. Mais ça ne peut pas être la ligne suivie par le président de la République depuis 8 ans. Et donc, il faut faire des compromis.
Alors, les compromis, tout le monde passe son temps à appeler, à faire des compromis, et personne n'accepte véritablement d'en faire. Quand Sébastien Lecornu, dans une interview à nos confrères du Parisien, dimanche, dit qu'il est d'accord pour faire stop sur la réforme de l'assurance chômage, enfin, vous prenez ça comme un signe positif, j'imagine. Écoutez, ça va... Quand il se dit prêt à taxer les plus hauts patrimoines et les plus hauts revenus... Alors là, c'est plus ambigu. Même si ça n'est pas la taxe Zuckman. Mais attendez, il n'y a pas que la taxe Zuckman dans la vie.
Non, mais moi, je ne fais pas de fétichisme sur la taxe Zuckman. Nous l'avons défendue à l'Assemblée nationale, nous l'avons portée au Sénat. Simplement, la force de la taxe Zuckman, c'est qu'elle ne concerne que 1800 foyers fiscaux qui ont plus de 100 millions. Donc, si vous voulez, c'est vraiment essayer de réparer une absurdité qui est que ces 1800 foyers multiplient tous les 5-6 ans leur patrimoine. Ils sont milliardaires au possible. Et donc, si le gouvernement refuse de s'attaquer à ceux qui sont très très riches...
Ils ne refusent pas de s'attaquer à ceux qui sont très riches parce qu'ils sont très riches. Ils refusent de s'attaquer parce qu'il y a l'outil de travail qui est dans l'assiette du calcul de cette richesse.
Pardon, mais quand vous avez M. Arnaud et beaucoup d'autres...
Il faut arrêter que Bernard Arnaud... Oui, mais c'est 1800...
On est dans la symbolique, là. Non, non, on n'est pas dans la symbolique. 1800, on est dans la réalité, aujourd'hui, d'une injustice fiscale qui fait que les patrimoines de plus de 100 millions payent 25% d'imposition sur leur richesse quand les Français payent 50%. Donc, on est juste sur l'article sur la Constitution de 58 et la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 qui est de dire l'égalité devant l'impôt. Simplement l'égalité devant l'impôt. C'est ça. Il va bien falloir, à un moment donné, boucher le trou du déficit, rembourser notre dette... Je suis en train d'atterrir.
Quand Olivier Faure dit il y a ça, il y a ça, il y a ça, c'est tout ou rien, même s'il a un petit peu changé son point de vue il y a quelques jours, est-ce que vous êtes sur la même ligne ? Je ne suis pas Olivier Faure, je ne suis pas socialiste, je suis écologiste. Mais vous, par exemple, puisque il y a des gens qui sont pour le... François Hollande aussi est pour des compromis. Il considère qu'une taxation du patrimoine est des revenus, c'est bien et qu'il n'y a pas que la taise...
Madame Saint-Cricq, est-ce que vous avez vu... Vous avez raison de citer l'article du Parisien, mais est-ce que vous avez vu une proposition du Premier ministre Lecornu ? Ça va venir, par exemple. D'accord, mais la question, c'est...
Est-ce qu'il faut, Yannick Jadot, savoir se contenter de quelques mesures un peu symboliques, un peu à la marge ? Ou alors, est-ce qu'il faut vraiment des vrais bougées, comme on dit aujourd'hui, substantielles ? Sinon, on censure.
Mais il faut répondre aux attentes des Français.
Prenons l'exemple de la retraite. Oui. La brogation, ça n'en est pas question. Ça sera 2027. La suspension, est-ce que vous considérez que toute réforme ou toute proposition qui ne contient pas la suspension, la suspension, pardon, des retraites, mérite qu'on censure ?
Ah, c'est un... Pour nous, c'est clairement un des éléments. Mais attendez, quand on dit suspension, il ne vous a pas échappé que 80-90% des Français étaient contre cette réforme. Non, mais ce n'est pas neutre. On est en démocratie, quand même. Bon, on sait dans les conditions dans lesquelles cette réforme est adoptée. On ne dit pas abrogation. On ne dit pas on revient avant. Ça, ça sera le débat de 2027. Simplement, on arrête sa mise en œuvre pour les 15 mois qui viennent. Ce n'est quand même pas aberrant, à un moment donné, que le parti au pouvoir et qu'Emmanuel Macron disent, prennent acte qu'il a été sanctionné par les élections.
En fait, ce que vous nous demandez en permanence, pardon, ce que vous nous demandez en permanence, c'est de dire au fond, faites le compromis, rentrez dans le logiciel macroniste. Ah non. Donc pas de compromis. Mais si, des compromis matin, midi et soir, madame...
Il vous a répondu, il vous a dit non, on ne va pas suspendre la réforme des retraites.
Mais s'il ne veut rien faire, monsieur Lecornu, s'il veut continuer le même programme, ce sera la censure.
Au risque de l'instabilité politique et au risque...
Attendez, attendez, qui prend le risque ? Pardon, qui est dissous dans ce pays ? Qui renomme à chaque fois un Premier ministre qui fait la même alliance avec les Républicains dont les Républicains tiennent la ligne politique de ce gouvernement ? Il y a un an et demi, avant la dissolution, les Républicains, ils étaient dans une cave dans le noir. Personne ne parlait d'eux. Et d'un seul coup, Emmanuel Macron leur a donné le pouvoir et leur a donné la ligne politique.
Sauf que demain, s'il y a des législatives, la gauche ne fera peut-être pas le même score. Il n'y a plus de NFP aujourd'hui.
Mais moi, je ne suis ni pour la dissolution, ni pour la destitution. Pourquoi ? Un, parce qu'effectivement, c'est de l'instabilité. Deux, je pense que les Françaises et les Français en ont ras-le-bol des élections tronquées. Vous avez une destitution, vous devez élire un président de la République en six semaines. Est-ce que vous pensez qu'on va enfin pouvoir parler, je l'ai dit, de l'école, de la santé,
du travail, de l'économie,
de l'international, des institutions, tout ça, les Français sont frustrés, terriblement frustrés qu'il n'y ait pas eu de campagne électorale en 2022. Notre pays a parfois besoin de purger ces conflits.
Ma question, c'est des dissolutions législatives. Mais c'est pareil. Vous faites comment s'il y a des législatives demain ? Vous y allez chacun de votre côté, à gauche ?
Écoutez, moi, ma position, c'est que le rapport de la France insoumise à la démocratie est profondément dégradée. Qu'il s'agisse de démocratie internationale, Jean-Luc Mélenchon pense que le responsable de la guerre en Ukraine, c'est Zelensky, et il pense que le parti communiste chinois est un parti démocratique.
Donc aucune alliance avec Alain, jamais, à aucun moment.
Vous avez vu sa relation au syndicat. Vous avez vu sa relation à sa démocratie interne. Donc pour moi, dans la construction d'une alternative au macronisme, et évidemment, pour empêcher le RN d'accéder au pouvoir, il faut une clarification à gauche. Moi, je souhaite qu'il y ait, en 2027, une candidature qui rassemble la gauche non-mélenchoniste. Parce que je pense que...
Ça veut dire du Glucksmann, plus facilement que du Marine Tordelier. Excusez-moi, vous allez me dire que ce n'est pas un problème de personne.
Non, non, mais ce n'est jamais un problème de personne. Non, non, je ne mets pas des noms. Mais ce que je veux dire, c'est que... Une filière, vous savez que c'est l'électeur, c'est bien un nom qui les organise. Encore une fois, vous avez vu ce qui s'est passé autour, par exemple, de la loi Duplon dans l'agriculture, la forte mobilisation citoyenne pour empêcher. Vous avez vu ce qui se passe, je l'ai dit, sur la rénovation thermique. C'est essentiel. Je passe mon temps avec des artisans, avec des professionnels. C'est des dizaines de milliers d'emplois qui tombent tous les trimestres dans ces secteurs. Relocaliser notre industrie autour de l'industrie verte.
Il y a plein de secteurs prioritaires. Et je suis sûr que sur un certain nombre de ces secteurs-là, de ces enjeux-là, on peut trouver des ententes larges d'ici 2027. Oui, il y a des sujets qu'on ne va pas trancher d'ici là. Vous avez parlé de l'abrogation, des retraites. Mais il y a des sujets sur lesquels on peut trouver des majorités, réparer ce pays et s'occuper des Françaises et des Français.
Est-ce qu'on peut construire l'alternative au macronisme en menant des compromis avec le Blanc central à l'Assemblée ?
Ce n'est pas incompatible ? Non, parce que regardez, toutes les démocraties européennes fonctionnent comme ça. Vous allez à l'élection avec votre programme. Il est pour moi impératif que nous ayons enfin le scrutin à la proportionnelle dans notre pays pour qu'en regard des résultats des élections au Parlement, on forme des coalitions pour gouverner. Mais encore une fois, voyons les menaces même sur l'État de droit, pardon, de revenir sur le jugement Sarkozy. Mais vous vous rendez compte qu'aujourd'hui, le problème dans notre pays, ce serait la justice ? 75% des Français pensent que les politiciens sont corrompus. 75% des Français.
Et quand vous avez un président de la République, et c'est une honte pour notre pays, candidat qui fait alliance avec une puissance étrangère, la Libye, qui fait alliance avec un terroriste,
54 morts.
C'est exactement ce que dit la décision du tribunal. L'association de malfaiteurs, pacte corruptif avec Guéant et Hortefeux, qui avait rencontré un terroriste en Libye en vue de financer la campagne écrite. C'est ce que dit le jugement. Que nous ayons un débat dans notre pays, au moment où l'État, la démocratie, est autant attaqué sur la justice et non pas sûr de se féliciter...
On ne dit pas le contraire. Simplement, on vous demande, ou je vous demande, si vous ne vous sentez pas un peu seul. Quand on voit les prises de position des verts, de l'écologie, vous allez me dire que vous n'en avez rien à faire de Marine Tondelier. Non, je n'en ai pas rien à faire. Les gens considèrent que Europe, l'écologie des verts, c'est une succursale de LFI ?
Je ne suis pas sûr que les gens considèrent ça, mais c'est clair, c'est que moi, je reconnais avoir une divergence au sein de ma formation politique dans la relation avec la France insoumise. Je pense qu'aujourd'hui, je l'ai dit, leur rapport à la démocratie est tellement dégradé, alors que ça doit être une valeur absolue. On ne peut pas combattre en permanence pour l'État de droit, pour protéger Radio France, France Télévisions. Les mêmes qui attaquent la justice sont ceux qui attaquent le service public, comme aux États-Unis, comme partout. Et avoir une telle relation dégradée à la démocratie, pour moi, c'est une valeur fondamentale. Il y a les projets, il y a les programmes.
Au-delà des projets, les programmes politiques, ce sont des valeurs.
Vous pouvez travailler avec tout le PS ou il y a... Mais c'est ceux qui ont envie... Si vous voulez peser, vous ne pouvez pas être tout seul à dire un certain nombre de choses ?
Si vous voulez, dans le débat qu'on a sur la préparation de 2027, est-ce qu'il y aura une primaire ? Est-ce qu'il n'y aura pas de primaire ? C'est un processus de désignation. Ce n'est pas le meilleur, ce n'est pas le pire. Bon, ce qui est certain, c'est que moi, ce que je dis, c'est qu'il faut arrêter de proposer à Jean-Luc Mélenchon de rejoindre la primaire. Ce qu'on attend dans toute cette tactique-là, c'est qu'ils disent non à la primaire. Moi, je préfère, par clarification politique, que nous disions non à Jean-Luc Mélenchon et qu'on travaille dès maintenant à un projet de social-écologie.
Mais c'est ça, en fait.
Un projet de social-écologie avec... Il faudra arriver sur une incarnation. Ce n'est pas facile. On a quand même un petit problème de pauvre en termes d'incarnation sur ces secteurs politiques. Il n'y a pas de candidature évidente. Il n'y a pas de candidature...
Ce n'est pas ce que certains croient.
Oui, mais ça, tout le monde le croit. J'ai été candidat à l'élection présidentielle, je sais.
Vous avez vu le sondage IFOP qu'on commentait en début d'émission. C'est Raphaël Glucksmann, aujourd'hui le deuxième homme du premier tour de l'élection présidentielle. Et c'est vrai que quand on vous entend, Yannick Jadot, on se dit que vous êtes plus proche de lui que de Marine Tondelier aujourd'hui.
Écoutez, je... Ça, c'est votre interprétation. Je vous la soumets. Non, mais moi, je suis écologiste, si vous voulez. Raphaël Glucksmann, comme François Ruffin, comme Marie Tondelier, comme d'autres gens, devront faire partie de l'équation si on veut gagner en 2027. Ce que je refuse, c'est de continuer à être ambigu sur est-ce que Jean-Luc Mélenchon fait partie de la solution. Voilà. Donc, là-dessus, je suis clair et je dis qu'on n'a pas de temps à perdre. Et surtout, il faut arrêter de blouser les électeurs sur le fait qu'il y aurait une primaire du NPA à François Hollande. Vous imaginez Poutou soutenir Hollande ou réciproquement Hollande soutenir Poutou. Tout ça n'a pas de sens.
Donc, l'électorat de gauche écologiste est plutôt unioniste. Ils ont envie qu'on gagne enfin. Et ils ont envie que tout le monde soit rassemblé. Mais il faut avoir le discours de l'honnêteté, de la sincérité de la franchise, de dire que ça ne va pas se faire. Vous aurez deux offres politiques à gauche. L'offre politique de Jean-Luc Mélenchon et une offre sociale-écologique. Eh bien, je l'ai subie en 2022. Faisons une belle offre sociale-écologique et vous verrez que le vote utile, parce que l'électorat de gauche n'est pas irréconciliable, ils iront voter pour la candidature qui peut gagner, qui peut arriver en tête. Au second, au premier tour.
Et qui, parce que c'est la situation de notre pays, pour un deuxième tour, pourra bénéficier des votes centristes pour empêcher l'extrême droite d'accéder au pouvoir dans notre pays.
Comment vous la construisez, votre offre sociale et écologie ?
Eh bien, il faut que les gens qui, aujourd'hui, sont partisans de ça travaillent ensemble. C'est une évidence.
Est-ce que vous considérez que le Parti Socialiste, s'il soutenait, non pas activement, le gouvernement à nommer, plutôt que de le censurer au nom de la stabilité, compromettrait ses chances pour après ? C'est-à-dire qu'en gros, électoralement, le PS, pour ne pas se faire reprendre des pierres dans les circos quand il rentre, est-ce que vous considérez que le PS a intérêt à jouer l'affrontement, plutôt qu'à risquer de perdre ce qu'ils appellent être leur âme, en soutenant, sans participation, le gouvernement tel qu'il n'est pas encore retrouvé ?
En fait, je ne retiens pas votre argument qui est de dire qu'il ne faut pas censurer pour la stabilité. Il y a un choix politique qui est fait par Emmanuel Macron d'organiser l'instabilité. À partir du moment où il dit... Là, il est servi au-delà de ce que... Non, non, à partir du moment, et on verra ce que dit le Premier ministre, mais à partir du moment où il dit au fond tout ce qu'on a fait pendant 8 ans, c'était parfait, et on va continuer parce que les Français ne comprennent rien, ils me sanctionnent, mais ils ne comprennent rien. À partir de là, ce n'est pas nous qui créons de l'instabilité, c'est Emmanuel Macron qui crée de l'instabilité.
Encore une fois, pour avoir un peu de stabilité, il faut que soit le bloc central fasse avec le RN, c'est une option. Moi, je le regretterais infiniment, ce serait quand même dramatique. Vous avez vu le bouquin du journaliste ou de la journaliste du Figaro disant qu'Emmanuel Macron était prêt et même favoriser une victoire du RN à la dissolution. Je trouve ça profondément dramatique et je trouve ça extrêmement grave. Mais... Pas les bourbiers.
Mais, en tout cas, en tout cas, ma proposition, comme dans toutes les démocraties européennes, c'est qu'il y ait une coalition entre la gauche qui est prête à assumer de gouverner dans des conditions extrêmement inconfortables, qui est prête à faire des compromis avec un bloc central qui doit aussi être prêt à faire des compromis. S'il ne veut pas faire de compromis, s'il ne veut pas changer de politique, ce sera sans nous.
Donc, s'il fait des compromis, vous pouvez gouverner avec lui ?
Mais oui, mais discutons des compromis. Mais pour l'instant, je n'ai pas vu de compromis sur la table.
Olivier Faure va rediscuter vendredi.
Oui. Et les écologistes aussi,
et les communistes aussi. Les écologistes, on voit mal comment ça bougerait.
Les sons...
Oui, les mêmes mille fleurs c'est pas nourrir, tout à fait d'accord. Non, c'est pas mille fleurs c'est pas nourrir,
parce que c'est une référence particulière, mais... C'est le Premier ministre qui a la main aujourd'hui, en vrai. Il fait des consultations, reconnaissez que, y compris même dans le bloc central, même dans le centre de le commun, où on dit personne ne sait où il va, le Premier ministre. Donc, c'est lui qui a les cartes, on va voir comment il les distribue. S'il les distribue de manière intelligente pour les Françaises et les Français, ça doit quand même être notre perspective absolue. Ils n'en peuvent plus de nous. Ils n'en peuvent plus de nous parce qu'ils ont l'impression qu'on ne s'occupe pas d'eux. Nous, on est prêts à s'occuper d'eux.
Qu'est-ce qui va compter la composition du gouvernement normalement en fin de semaine ? La déclaration de politique générale, on apprend là ce soir, qui va la faire la semaine prochaine. Mardi, c'est ça ? Est-ce que c'est à ce moment-là qu'il faudra décider de censurer ou pas ? Ou alors, est-ce que c'est au moment de la discussion budgétaire ? Est-ce que vous êtes prêts à lui laisser plus de temps ?
Vous savez, il va faire une déclaration de politique générale. Normalement, dans sa déclaration de politique générale, il va nous dire la ligne politique qui va suivre, que ce soit du point de vue budgétaire, du point de vue de la lutte contre le dérèglement climatique, du point de vue de la santé des Français ou du point de vue des réformes institutionnelles. Donc, c'est là qu'il doit donner une ligne. Honnêtement, ça fait des jours et des jours que nous attendons. Moi, je ne fais pas partie de celles et ceux qui pensent que tout doit se faire en un jour.
Dans toutes les démocraties, les gouvernements et les programmes de gouvernement, justement parce que ce sont des coalitions, ça met des semaines, voire des mois. Bon. Donc, moi, je suis prêt à attendre. Simplement, là, il y a une petite urgence budgétaire. Il ne vous a pas échappé que si on veut que le Parlement travaille correctement, il faut que le budget...
Vous pensez que le pays est à gauche ?
Le ?
Le pays est à gauche.
Il faut faire court,
parce que j'aime faire...
Quand vous regardez sur les mesures de fond, eh bien, en fait, ce pays reste sur les tendances longues. Il reste... Il est de plus en plus tolérant. Il est très solidaire. Il est pour la solidarité. Il veut défendre le modèle social. Et il veut de la décentralisation. Et il veut qu'on protège le climat. Pour moi, ça correspond à un programme de gauche.
Merci beaucoup. Yannick Jadot, sénateur écologiste de Paris. Oui, réponse courte. Vous l'avez fait.
Yannick Jadot