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InterviewRTL — L'invité de 7h40 (sur Podcast)· 14 août 2026 10 minContradictoireActualité / polémiqueBudget & impôtsSécurité

L'invité de RTL Matin du 14 août 2026

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 20 %Défensif 50 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:32OuverteRéponse directe

    Vous comprenez leur colère?

  • 1:44FerméeRéponse directe

    Alors sur les moyens, justement, on a combien de pompiers professionnels en France aujourd'hui et il en faudrait combien?

  • 3:45RelanceRéponse directe

    En quoi c'est une main-d'œuvre bon marché?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    C'est nouveau, ça? C'était déjà comme ça auparavant?

  • 7:02OuverteRéponse directe

    Romain Pudal, en 2024, le Beauvau de la sécurité civile a été lancé sous l'égide de Gérald Darmanin, qui était à l'époque ministre de l'Intérieur.

  • 8:15OuverteRéponse directe

    Une dernière question, je le disais, vous avez été vous-même pompier volontaire. On a cet été un bond des candidatures.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:50PrésentateurChiffre
    « On a en gros 250 000 pompiers en France, d'accord? »
  • 3:54PrésentateurChiffre
    « Le chiffrage officiel, c'est entre 8 et 13 euros de l'heure. »
  • 4:57PrésentateurPromesse
    « On a effectivement une main d'œuvre plutôt bon marché, en tout cas bien moins chère qu'un professionnel. »

Temps de parole

  • Présentateur79 %
  • Invité21 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

Et alors qu'un nouvel incendie fait rage ce matin dans les Landes, un feu qui a déjà parcouru 600 hectares, les pompiers, eux, sont à bout, épuisés et en colère après un été historique. Les syndicats appellent d'ailleurs à une journée de mobilisation massive à Paris le 29 septembre. Bonjour Romain Pudal. Bonjour. Sociologue, pompier volontaire et auteur du livre Retour de flammes, les pompiers des héros fatigués aux éditions, La Découverte. Hier, les syndicats sont ressortis furieux de leur rendez-vous avec le ministre de l'Intérieur. Ils disent que rien de concret ne leur a été annoncé. Vous comprenez leur colère ?

0:37
Présentateur

Oui, je la comprends parce qu'il y a un décalage massif entre les moments où les politiques encensent les pompiers pour leur héroïsme, pour leur dévouement, etc., à juste titre d'ailleurs, et puis le moment où il faut dépasser cette reconnaissance symbolique par une reconnaissance matérielle, concrète. Donc effectivement, des moyens supplémentaires, des recrutements supplémentaires, etc. Et là, c'est toujours une fin de non-recevoir. Donc je ne vois pas très bien comment on pourrait ne pas comprendre leur colère.

1:09
Invité

Et d'ailleurs, dans une tribune publiée dans le journal Le Monde, vous dites que les pompiers ne sont pas des héros. Utiliser ce terme, c'est une façon de mettre la question des moyens sous le tapis ?

1:19
Présentateur

Oui, oui, c'est ce que j'essaie d'expliquer. Je pense que beaucoup, d'ailleurs, de pompiers l'ont ressenti comme ça. On sait que c'est un métier dangereux, tout le monde le sait, on sait qu'il y a des risques. Mais se s'enfermer et se draper dans une rhétorique comme ça, un peu guerrière, sacrificielle, de l'héroïsme, c'est toujours, et là on le voit une fois de plus, une façon de ne pas aborder des questions matérielles et concrètes, des moyens qui sont octroyés réellement à ces services.

1:44
Invité

Alors sur les moyens, justement, on a combien de pompiers professionnels en France aujourd'hui et il en faudrait combien ?

1:50
Présentateur

On a en gros 250 000 pompiers en France, d'accord ? Et 80% de ces effectifs sont des pompiers volontaires, donc pas des professionnels précisément. Et vous avez un peu moins de 70% des interventions qui sont assurées également par des pompiers volontaires, donc pas des professionnels non plus. Et on sait, alors là les chiffres sont en discussion, mais on sait qu'il y a plusieurs centaines de pompiers qui ont réussi le concours professionnel, d'accord ? Et qui pour l'instant ne sont pas embauchés dans les départements pour des raisons budgétaires. Donc on a un manque que plusieurs syndicats chiffrent à plusieurs dizaines de milliers de pompiers professionnels.

80% de pompiers volontaires, vous dites, c'est un problème ? Alors, ça pose un problème dans une certaine mesure. Qu'il y ait des pompiers volontaires, c'est-à-dire des gens qui vont être d'astreinte par exemple, et donc qui vont être bippés sur leur lieu de travail ou pendant les vacances et qui vont aller à la caserne, faire leur intervention et puis revenir chez eux. Pour moi, ce n'est pas un problème. On ne peut pas avoir des professionnels sur l'ensemble du territoire. Ce serait impossible de le couvrir comme ça.

Par contre, et là on manque cruellement de données chiffrées précises, mais on sait qu'il y a quantité de gardes postées, donc pas des astreintes, des gardes en caserne, donc de gens qui viennent à 7h du matin ou à 8h du matin et qui en repartent le lendemain à 8h et qui assurent là pour le coup beaucoup d'interventions, qui sont assurés par des pompiers volontaires. Et là, se pose la question, est-ce que ces pompiers volontaires qui sont là toutes les semaines, qui sont là très régulièrement et qui sont en caserne et qui donc assurent les opérations, mais aussi la vie de la caserne, c'est-à-dire faire tourner les services, etc.

Est-ce que ce n'est pas tout simplement des postes de professionnels en moins ? On s'appuie sur cette main-d'œuvre de pompiers volontaires qui est une main-d'œuvre relativement bon marché et qui fait tourner ses centres de secours bien au-delà de justement le volontaire qui ferait quelques interventions dans l'année, qui serait d'astreinte et qui serait bipé chez lui.

3:42
Invité

Ce n'est pas du tout le même type de cas de figure. En quoi c'est une main-d'œuvre bon marché ? C'est payé combien, sapeurs-pompiers volontaires ?

3:49
Présentateur

Alors, le chiffrage officiel, c'est entre 8 et 13 euros de l'heure. Sauf que ça, c'est un taux horaire à 100%. Et donc, en réalité, c'est ce que vous êtes payé si vous êtes en intervention. Mais si vous êtes en caserne, ce qui est le cas des pompiers volontaires postés, vous n'êtes pas du tout à un taux horaire de 100%. Dans certains départements, c'est à 50%. Donc, au lieu de 8 euros, si vous voulez, vous passez à 4 euros. Et puis, si vous êtes en caserne et que c'est la nuit et que vous ne partez pas en intervention, vous n'êtes pas à 50%, vous êtes à 30% de ce taux horaire, etc.

Donc, en réalité, ce dont on s'aperçoit, c'est que les pompiers volontaires vont assurer des gardes de 12 heures ou de 24 heures, par exemple, qui vont être assez faiblement indemnisés, sauf s'ils font énormément d'interventions. Et que le reste du temps, les casernes, pour utiliser une image claire, ils ne sont pas en train de jouer à la PlayStation ou à attendre que les interventions tombent. Ils vont, évidemment, nous nettoyer la caserne, faire du rangement, faire des plannings de garde s'il y a besoin, avec les professionnels. Mais voilà, au final, on a effectivement une main d'œuvre plutôt bon marché, en tout cas bien moins chère qu'un professionnel.

4:57
Invité

Ce qu'on comprend en vous écoutant, c'est qu'on cherche à faire des économies en faisant le plus possible appel à des volontaires. C'est nouveau, ça ? C'était déjà comme ça auparavant ? Alors, ce n'est pas que ce soit nouveau.

5:07
Présentateur

C'est une logique d'austérité budgétaire qui frappe l'ensemble des services publics, pour dire les choses très clairement. Et donc, c'est une logique qui consiste toujours à renier les moyens financiers tout en essayant de faire tourner le même service avec la même qualité. Alors, c'est impossible pour plusieurs raisons. Notamment, une, c'est que le nombre d'opérations ne cesse d'augmenter, alors qu'on stagne à peu près en termes d'effectifs. Et donc, le service ne peut pas être rendu avec la même efficacité, sauf à une condition, c'est cette espèce de dévouement incroyable de disponibilité permanente le plus possible des pompiers.

Mais au bout d'un moment, c'est comme pendant la crise du Covid-19 à l'hôpital public, on voit que les gens s'épuisent. Si les moyens stagnent et que les interventions augmentent, on a un épuisement professionnel qui se généralise.

5:58
Invité

Les interventions, elles augmentent sous l'effet du réchauffement climatique, des incendies de plus en plus nombreux, de plus en plus importants ?

6:05
Présentateur

Alors, elles augmentent en partie à cause du réchauffement climatique. Alors, on parle beaucoup des incendies. On oublie de dire qu'il y a déjà eu des périodes caniculaires qui ont été extrêmement douloureuses aussi pour les pompiers puisque leurs interventions n'ont pas explosé. Donc, le réchauffement climatique, c'est aussi les inondations qu'on va voir forcément en automne ou en hiver.

Et puis, l'autre raison pour laquelle les opérations augmentent, c'est que comme il y a un délitement un peu généralisé des services publics, que ce soit l'hôpital public, la psychiatrie, le travail social, tout ce que vous voudrez, tout un tas de détresses humaines auxquelles les gens peuvent être confrontés, la solitude, par exemple, des personnes âgées, les gens passent, ce sont des interventions qui finissent, entre guillemets, au 18. Et donc, c'est les pompiers qui se retrouvent à régler, à gérer tout un tas de situations qui dépassent largement aussi le cadre de l'urgence au sens strict.

6:57
Invité

Romain Pudal, en 2024, le Beauvau de la sécurité civile a été lancé sous l'égide de Gérald Darmanin, qui était à l'époque ministre de l'Intérieur. Deux ans plus tard, il n'y a toujours pas de loi, même si Laurent Nunez vient d'annoncer qu'un texte allait être présenté en septembre aux pompiers. Vous pensez que cet été peut être un électrochoc ?

7:14
Présentateur

Je ne le pense pas, je l'espère, compte tenu d'une lourde tribu payée par la profession et aussi par la population. Parce qu'il y a quelques années, on disait que c'est la forêt qui a brûlé, mais les habitations et les gens n'ont pas été touchés. Cette année, il y a eu des habitations de touchés, et puis peut-être l'année prochaine, ça sera encore plus... Tout le monde dit que c'est un miracle, il n'y a pas eu de mort civile. Effectivement, c'est assez miraculeux.

Donc, je l'espère au sens où je me demande qu'est-ce qu'il faudra pour que ce déclic ait enfin lieu, et qu'on arrête de considérer que les services d'incendie et de secours, c'est uniquement un coût budgétaire, ça coûte de l'argent, etc. C'est aussi un investissement pour notre sécurité, pour l'avenir, etc. Donc, c'est comme ça aussi qu'il faut raisonner. Plus ils sont efficients, plus ils sont dotés de moyens, etc., plus aussi ils peuvent prendre en charge même des catastrophes naturelles de grande ampleur dans les meilleures conditions. Plus ils seront déficients, et plus ça nous coûtera aussi, au final, beaucoup plus cher que d'avoir donné l'argent qu'il fallait au moment où il fallait.

Donc, j'espère qu'il y aura cette loi, oui.

8:15
Invité

Une dernière question, je le disais, vous avez été vous-même pompier volontaire. On a cet été un bond des candidatures. Vous dites quoi ce matin à un jeune qui a envie de s'engager ?

8:24
Présentateur

Alors, je dis une chose. D'abord, je dis bravo de s'engager. Ensuite, je dis que, et ça c'est très important, c'est sans doute l'un des plus beaux métiers du monde. Enfin, je veux dire, ce sont des expériences humaines extraordinaires. Ce sont des collectifs aussi de travail extraordinaires. Donc, il ne faut pas hésiter à signer, à s'engager. La grosse difficulté, et beaucoup de pompiers vous le direz aussi, et beaucoup de responsables vous le direz, c'est de conserver les gens. C'est une fois qu'ils sont là, qu'ils sont formés, qu'ils ont un peu d'expérience, eh bien qu'on ne les sollicite pas de telle manière qu'ils s'épuisent très vite et qu'ils arrêtent.

Donc, c'est moins à la rigueur le recrutement que la fidélisation sur le long terme, ou au moins sur le moyen terme, de ces engagements qui sont en soi une excellente nouvelle, évidemment.

9:10
Invité

Merci beaucoup, Romain Pudal, d'avoir été avec nous ce matin sur RTL. Très bonne journée. Les pompiers qui sont encore mobilisés ce matin dans les Landes. Le feu qui s'est déclaré hier continue de progresser. On en est désormais à 1100 hectares de végétation brûlée. C'est ce que vient d'annoncer le préfet. On sera dans quelques instants, en direct, sur place, dans le journal de 8h. A tout de suite.

9:34
Présentateur

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