Union de la gauche pour 2022, licenciements au Parti socialiste... Le "8h30 franceinfo" d'Olivier Faure
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Bonjour Olivier Faure, vous êtes l'homme qui veut réconcilier les gauches, vous lancez aujourd'hui une plateforme participative en vue de 2022, on va en parler ce matin. D'abord un mot si vous voulez bien sur la situation sanitaire depuis plusieurs jours, vous plaidez pour qu'on ait recours à des reconfinements par territoire plutôt qu'à des mesures à l'échelle de tout le pays, pourquoi ce choix ?
Tout simplement parce que la France n'est pas uniforme dans la crise sanitaire et que vous ne pouvez pas comparer des territoires où on est déjà proche de la saturation hospitalière et des territoires où ça va beaucoup mieux.
Le critère ce serait ça, ce serait la pression à l'hôpital parce que le virus lui circule quasiment de la même manière dans toutes les régions et dans tous les départements.
C'est vrai mais enfin il a des conséquences différentes selon les endroits et donc chacun sait bien que le confinement est très difficile à supporter et que pour les Français c'est forcément un crève-cœur et s'ils résolvent quand il le faut. Mais ils ont aussi le sentiment que parfois la mesure va trop loin par rapport à ce qu'ils vivent réellement et donc je suis pour qu'on puisse confiner au fur et à mesure en fonction des situations, ce que le gouvernement avait d'ailleurs lui-même très bien compris sur le couvre-feu puisque souvenez-vous, il y a quelques temps, on avait des couvre-feu différenciés selon les endroits.
Emmanuel Macron refuse pour le moment de recourir au confinement national mais il dit faire confiance aux Français et à leurs responsabilités et en même temps il renforce les contrôles. Il a raison d'être ferme le Président de la République ?
Moi je suis contre toute forme d'infantilisation des Françaises et des Français.
Il fait appel à la responsabilité là.
Et donc il vaut mieux faire appel à leur responsabilité, je pense que les Français sont conscients de ce qu'ils vivent, sont conscients des modes de circulation du virus et sont inquiets devant l'apparition de nouveaux variants et donc il faut d'abord faire appel à leur responsabilité, d'abord leur rappeler aussi quels sont les dangers que nous courons ensemble et ne pas être en permanence, moi je n'aime pas ce régime d'attestation etc. qui donne le sentiment que quand on promène son chien il faudra en plus qu'on en apporte la preuve.
Donc les contrôles en plus là vous dites non ?
Écoutez, moi je suis pour qu'il y ait des contrôles, mais enfin je suis pour qu'on fasse attention aussi. Quand on crée des bouchons le soir à 18h et que ce sont les contrôles qui créent la situation dans laquelle se retrouvent les gens et qui ne peuvent pas accéder à leur domicile à 18h parce qu'ils sont coincés dans un bouchon, je trouve qu'on confine à l'absurde. Mais bien sûr qu'il faut contrôler et il faut faire respecter une règle qui nous est collective.
Est-ce que le gouvernement a bien fait de fermer les frontières, même s'il y a quelques exceptions évidemment ?
Oui, moi je l'ai demandé aussi il y a quelques semaines. Pourquoi ? Parce qu'il y a des situations différentes. Moi je ne voudrais pas qu'on pense que les frontières c'est le remède miracle. Ça n'est pas le remède miracle. Et jusqu'ici ça n'avait même aucun intérêt. Pourquoi ? Parce que vous avez en fait des gens qui circulaient d'un bout à l'autre du monde mais qui avaient le même Covid. Et donc que vous soyez issu d'Afrique du Sud, du Brésil, d'Angleterre, etc. Vous veniez avec le même Covid que celui que nous avons déjà. Ça n'aurait pas été utile au début de l'épidémie quand il y avait relativement peu de cas en France ?
Quand il y avait peu de cas en France, ça n'a pas changé grand chose. La réalité c'est que maintenant nous avons une difficulté. C'est que nous avons des variants qui peuvent être là, des variants dominants et qui peuvent d'un seul coup nous précipiter dans un autre monde. Et donc il faut, je crains malheureusement que ça n'arrive, mais il faut que ça arrive le plus tard possible pour pouvoir entre temps avoir vacciné le plus grand nombre de personnes. Et c'est la raison pour laquelle j'ai plaidé pour que les frontières soient effectivement fermées.
Fermées encore c'est beaucoup dire puisqu'elles sont simplement en réalité filtrées, puisqu'il faut des tests PCR pour pouvoir rentrer sur le territoire. Mais ça me paraît être une mesure absolument indispensable pour retarder l'arrivée des variants et faire en sorte que nous puissions gagner cette course de vitesse contre ces variants.
Alors sur la fermeture des frontières justement, depuis plusieurs semaines à gauche, des voix se font entendre pour dire qu'il faut aller plus loin, comme Arnaud Montebourg, comme François Ruffin aussi. Écoutez ce qu'il dit sur la fermeture des frontières nationales.
Moi je suis favorable au retour des frontières sur capitaux, marchandises et personnes. Je pense que les frontières ne sont pas quelque chose de négatif. Les frontières permettent de se construire aussi.
Des frontières sur capitaux, marchandises et personnes, il faut aller vers une forme de protectionnisme donc ?
Je peux reprendre la phrase de François Ruffin, et les frontières ça dépend où on les met. Oui, moi je suis d'accord pour mettre des frontières aux bornes de l'Europe. Je suis pour que nous puissions par exemple exiger... Mais par des frontières nationales ? Oui, c'est pour ça que moi je dis, je vous parle moi des frontières européennes. Je suis favorable à l'idée par exemple qu'il y ait des écluses aux frontières européennes. C'est-à-dire qu'on exige de ceux qui veulent importer dans notre territoire, qu'on exige des conditions qui sont des conditions écologiques, des conditions sociales, des conditions sur par exemple aussi le non-recours à l'esclavage.
Ou à des formes aujourd'hui de crimes contre l'humanité.
Il y a une législation là, monsieur Faure, sur les frontières au niveau européen ?
Il y a une législation ?
Ça existe déjà ?
Moi je suis... C'est ce que vous dites ? Non, ça n'existe pas. Aujourd'hui vous n'avez pas d'écluses aux frontières, vous n'avez pas la possibilité de taxer, de surtaxer des gens qui importeraient des produits, qui ont un bilan carbone qui est dégueulasse, qui... On a besoin d'avoir des règles qu'on fasse respecter sur un territoire. Et ce territoire pour moi ce n'est pas uniquement la France, mais c'est l'Union Européenne. Je suis un fervent européen parce que c'est la seule façon d'arriver à jouer dans le concert des nations, de jouer en grand.
Est-ce que la gauche Olivier Faure, la gauche de demain, celle que vous espérez voir renaître, doit être protectionniste, y compris en France ? Est-ce qu'il faut remettre une part de taxation, de droit de douane ? Est-ce que pour vous cette crise sanitaire aujourd'hui renforce ce besoin de protection, et de protectionnisme français ?
Non, français non, européens oui, parce que nous avons besoin, par exemple, l'évidence c'est que nous avons besoin de relocaliser un certain nombre de productions, nous ne pouvons pas être dépendants de la Chine pour les masques, pour les tests, etc. Et donc nous avons besoin de réintroduire une souveraineté alimentaire, sanitaire, etc. Mais je veux le faire avec les Européens. Pourquoi ? Parce qu'il faut une taille critique. Que pourrions-nous aujourd'hui si nous n'avions pas en fait le vaccin Pfizer ?
Ça passe par exemple par la nationalisation, si vous étiez au pouvoir, de Sanofi, comme vous l'avez dit il y a quelques mois ? Ça ne passe pas forcément par des nationalisations. C'est vous qui l'avez dit, vous avez dit au moment où Sanofi envisageait de réserver son vaccin aux Etats-Unis, vous avez dit il faut envisager de nationaliser Sanofi.
Moi j'étais pour la réquisition d'un certain nombre de laboratoires pour faire en sorte qu'ils fassent leur boulot, et y compris qu'ils développent un vaccin qui n'est pas celui qu'ils ont breveté, mais qui permette derrière d'arriver à avancer beaucoup plus vite. Et je vois qu'aujourd'hui d'ailleurs j'ai été partiellement entendu, puisque c'est ce que le Président de la République commence à mettre en œuvre. Donc je m'en félicite, mais c'est bien le sujet, c'est d'arriver toujours à gagner cette course de vitesse, parce que nous avons besoin d'aller vite, et que la question dans ces moments-là, la question des intérêts propres de chaque entreprise, doit s'effacer devant l'intérêt général.
Il n'y a plus de nationalisation dans le projet qui sera celui du candidat ou de la candidate socialiste ou de la gauche, il y aura des nationalisations ?
Ça peut arriver bien sûr, il y a des moments où l'intérêt général peut commander, effectivement nationaliser, ça n'est pas une règle absolue, moi je ne suis pas à l'adapte... La gauche qui privatise à tout va, c'est terminé ? Je l'espère, moi je me suis battu...
Le gouvernement n'a plus privatisé que celui de Lionel Jospin.
Oui, enfin il avait... On pourrait y revenir, ce n'est pas aussi simple que ça, mais enfin, moi dans cette législature, qu'est-ce que j'ai fait ? Moi je me suis battu contre la privatisation d'ADP, contre celle de la Française des Jeux, parce que c'était absurde d'avoir un gouvernement qui, en fait, balance les bijoux de famille, et tout ça pour des rendements à court terme, et qui nous prive collectivement de cette machine à cash, par exemple, la Française des Jeux.
Le Fil Info à 8h40 avec Augustin, Arrivez, on vous retrouve dans un instant, Olivier Faure.
La Garonne n'avait jamais atteint un tel niveau à Marmonde depuis 40 ans. Il redescend lentement depuis cette nuit, mais pas d'accident grave signalé dans le Lot-et-Garonne. 17 autres départements en vigilance orange dans le nord et le sud-ouest, et puis la préfecture de Guadeloupe signale trois disparitions à basse terre, des promeneurs probablement emportés par une rivière encrue. Le niveau d'efficacité du vaccin Pfizer est quasiment identique avec les nouveaux variants du virus. C'est le patron des activités françaises du laboratoire qui le dit sur France Info. Variant repéré dans 14% des tests positifs français. C'est le résultat de la dernière enquête flash des autorités sanitaires.
Il n'y a jamais eu autant de créations de micro-entreprises. Les chiffres de l'année publiés par l'INSEE. Nouveau record en 2020 avec plus de 547 000 nouvelles structures. Très nette hausse des activités de livraison. Les différents confinements sont passés par là. Et puis l'incertitude qui pèse sur l'Open d'Australie de tennis. Le tournoi doit commencer lundi. Mais tous les matchs de préparation de ce jeudi sont annulés en raison d'un cas de coronavirus. Toujours avec Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti Socialiste. En vue de 2022, vous souhaitez provoquer un véritable big bang de la gauche, réformer le Parti Socialiste.
Est-ce que ça passe forcément par un changement de nom du Parti Socialiste en 1991 ? La question a été posée à François Mitterrand. Écoutez sa réaction.
Que pensez-vous même de leur idée de débaptiser l'IPS et de le transformer en Parti Social-Démocrate ? S'ils me demandaient mon avis, je leur déconseillerais. Il ne faut pas avoir peur de ce que l'on est. Il ne faut pas craindre son histoire. Il faut avoir confiance dans son avenir. Ça représente une telle somme de sacrifices et d'idéal. Pourquoi laisser ça au bord de la route ?
Pourquoi laisser cela au bord de la route, Olivier Faure ? Pourquoi changer de nom ?
Socialiste, je suis. Socialiste, je resterai. Et la question du nom est une question, pour moi, assez anecdotique. François Mitterrand lui-même...
Vous le proposez pourtant ?
François lui-même... Non, j'ai dit qu'il n'y avait pas de tabou dans la discussion et que tout était possible et qu'on pouvait en discuter. Et François Mitterrand lui-même, quand il est devenu Premier Secrétaire, il était en fait avec lui... L'histoire de la gauche, c'était l'histoire de la SFIO, avec Jaurès, avec Blum, et lui, il l'a transformée en Parti Socialiste. Ça prouve bien que la question du nom a peu d'importance. L'essentiel, ce sont les valeurs auxquelles on croit, l'histoire à laquelle on se réfère, et l'avenir que l'on propose aux Françaises et aux Français. Et donc, effectivement, cette question-là n'est pas taboue, mais elle n'est pas, pour moi, l'essentiel.
Vous souhaitez qu'elle soit tranchée par les militants ? Oui, je souhaite que ce soit tranché, au final, quand nous aurons... Moi, je souhaite quoi ? Je souhaite qu'on ait la capacité à refonder une grande formation politique qui attire au-delà de ce que nous sommes aujourd'hui, qui prenne aussi la mesure de nos propres évolutions, de nos propres changements. Nous avons, par exemple, sur la question écologique, beaucoup évolué, beaucoup avancé, et c'est heureux. Et donc, je souhaite que tout ça soit complètement pris en compte.
Ça veut dire que vous voulez que ce grand parti de gauche soit aussi un parti écologiste, puisque les Verts n'est plus le monopole de ces questions-là.
Mais de la même façon que nous n'avons pas le monopole social, parce que les Verts sont, je l'espère, aussi capables de s'intéresser à ces questions-là, moi, bien sûr, nous sommes aussi un parti écologiste aujourd'hui.
Alors, un cas concret, est-ce que vous considérez, par exemple, que la question du nucléaire, aujourd'hui, fait partie des solutions, ou est-ce que vous considérez, comme les écologistes, que c'est un problème ?
Mais c'est les deux à la fois. Ah, oui, mais alors là... Non, mais non, c'est pas dur en même temps. C'est simplement que, moi, je suis, évidemment, pour que nous puissions aller vers des énergies propres, mais dans l'intervalle, est-ce que vous voulez faire comme les Allemands ? Est-ce que vous voulez qu'on rouvre les centrales à charbon, qui sont encore plus polluantes, et qui provoquent des émissions de gaz à effet de serre qui sont monstrueuses ? Tout ça parce que vous refusez le nucléaire. Donc, l'énergie nucléaire est vraisemblablement une énergie de transition. D'avenir ou pas ? D'avenir provisoire.
C'est-à-dire que moi, je ne souhaite pas que nous prolongions indéfiniment la question nucléaire, mais le nucléaire, ça a été aussi l'indépendance énergétique de la France. C'est aussi une énergie qui n'est pas une énergie qui est... Alors, elle est polluante parce qu'il faut, derrière, se poser la question du traitement des déchets, et puis parce qu'elle peut être dangereuse en cas d'incident. Mais la réalité aussi, c'est qu'elle permet, dans un premier temps, d'éviter les gaz à effet de serre.
Je vous pose la question autrement. Il y a des chantiers qui sont en cours, ce sont ceux des EPR. Là, on en reprend, si vous me passez l'expression, pour des décennies et des décennies, si on ouvre cet EPR, ce nucléaire de nouvelle génération. Si la gauche revient au pouvoir, est-ce qu'on maintient les projets ou est-ce qu'on les arrête tout net ? C'est une discussion que nous aurons
au moment où nous parlerons du projet commun avec les écologistes. C'est négociable. Je souhaite. Je vous dis ce que moi je pense. Après, on verra bien ce qu'ils nous disent. On verra comment est-ce qu'on peut arriver à trouver un compromis. Moi, je pense que dans la phase où nous sommes aujourd'hui, où les énergies renouvelables ne sont pas encore arrivées à maturité, que nous n'avons pas la capacité de maintenir une indépendance énergétique, plutôt que de recourir au gaz russe ou de passer par le charbon, je préfère encore du nucléaire français.
Et donc, pour une période transitoire, mais pour une période qu'il faut imaginer, il faut des scénarios sur la table, faire en sorte que nous ne parlions pas uniquement de principes et nous soyons concrets pour dire aux Françaises et aux Français qu'on va maintenir aussi leur confort, leur mode de vie, etc. Donc, c'est plutôt important de le dire
et de ne pas simplement être sur les principes. Vous avez sans doute pris connaissance, Olivier Faure, du sondage que France Info a commandé avec nos confrères de l'Obs à l'Institut Ipsos au Prasteria. Salia Braclia va nous en rappeler. Beaucoup intéressé. Je vous en doutais un peu.
Oui, parce qu'on apprend plein de choses. Si les personnalités de gauche partaient en ordre dispersées à la présidentielle de 2022, aucune n'atteindrait les 10% des intentions de vote. Jean-Luc Mélenchon, 9%. Anne Hidalgo, 8%. Yannick Jadot, 7%. Arnaud Montebourg, 4%. Tous seraient très loin derrière Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Ça veut dire que c'est soit l'unité au premier tour, soit la défaite assurée.
Qu'est-ce que je dis depuis 3 ans que je suis premier secrétaire ? Faites-moi grâce de cette constance et de cette cohérence. Je n'ai cessé d'expliquer aux uns et aux autres que nous avions peut-être une occasion de provoquer l'alternance, mais que nous pouvions aussi être la gauche la plus bête du monde. Eh bien, je souhaite que ce sondage-là fasse réfléchir chacune et chacun. Et donc, ce que j'ai dit et que je répète une fois encore aujourd'hui, le moment venu, il faudra choisir la ou le meilleur d'entre nous. Et faire en sorte que nous puissions provoquer cette constate-là.
C'est pas si simple que ça, parce que quand on fait le total gauche, on atteint péniblement les 30% d'intention de vote aujourd'hui. C'est 13 points de moins qu'en 2012, lors de la victoire de François Hollande. Et c'est même 6 points de moins du total de 2007 quand Ségolène Royal a perdu l'élection présidentielle. Ça veut dire que ça va être difficile de gagner une élection présidentielle dans ce contexte-là.
Et ces 30%, c'est en incluant le score de Jean-Luc Mélenchon. Oui. Bien sûr,
mais regardez ce qui se passe à droite. La droite se partage entre la République en marche et les Républicains. Ils ont aussi un espace qui s'est rétréci parce que vous avez l'extrême droite qui a pris aussi beaucoup d'espace, beaucoup trop d'espace. Et quand on voit qu'elle est aujourd'hui à 32% entre Dupont-Aignan et Marine Le Pen, forcément, il y a des questions à se poser.
Mais donc moi, ce que je vous souhaite, c'est que dans ce moment qui est si particulier où malgré tout, les Françaises et les Français disent sondage après sondage et c'est ce que j'entends dans la rue, en réalité, à chaque fois que les gens m'accostent, me disent on ne veut pas revivre ce deuxième tour entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron. On veut un autre choix. Et les Françaises et les Français nous ont habitués depuis 50 ans maintenant ou presque à créer la surprise. Moi, je souhaite que la surprise, elle vienne de la gauche. Et donc, si on ne veut pas que la surprise vienne de l'extrême droite, il faut que la gauche se réveille. Il faut que nous puissions ensemble réveiller l'espoir.
C'est ça qu'il faut. Et si nous sommes suffisamment intelligents pour le comprendre, pour arrêter ce tout à l'ego qui crée une situation incroyable où on est en permanence en train de se taper dessus alors que nous avons des différences qui existent et c'est vrai et qui justifient nos différents partis, mais enfin, ce n'est pas suffisamment éloquent pour que ça nous divise à ce point de ne pas pouvoir faire chemin ensemble. C'est quand même incroyable. Est-ce que vous avez des contacts ?
Il faut s'unir. Par exemple, avec Jean-Luc Mélenchon, est-ce que vous vous parlez ? Est-ce que vous discutez ? Est-ce que vous avez des idées communes pour le projet ? Il y a forcément des idées communes pour le projet, bien sûr. Est-ce que vous en discutez ensemble ? Non, nous n'en discutons pas ensemble. Depuis quand, vous ne l'avez pas vu ? Je le vois toutes les semaines à l'Assemblée. Mauvaise question. En dehors de l'Assemblée nationale où vous vous côtoyez dans l'hémicycle, est-ce que vous parlez ? Est-ce qu'il vous arrive de vous réunir ces derniers mois pour parler de la suite ? Non, ça n'est pas arrivé.
Ça n'est même d'ailleurs jamais arrivé depuis le début de la législature. En fait, nous n'avons jamais parlé. Jean-Luc Mélenchon avait pour projet jusqu'ici de remplacer tout le monde. Bon, il s'aperçoit que ça ne marche pas. Donc maintenant, il faut qu'il se pose la question de savoir ce qu'il fait.
Il vous a écrit, Jean-Luc Mélenchon, pour justement vous demander d'amender, d'amener des idées à son projet qui existe déjà. Vous l'avez répondu ?
Je n'ai pas reçu de courrier de Jean-Luc Mélenchon. Il dit qu'il a écrit
à toutes les formations de gauche.
Ce n'est pas arrivé au Parti Socialiste. Mais moi, ce que je lui dis depuis le début... C'est un problème de poste.
Oui, ça peut être ça.
Ça peut être ça. Il écrit encore une seule férine. C'est peut-être aussi le problème. C'est la maison qu'il connaissait. Qu'il a bien connu à l'époque. Qu'il a bien connu. Mais moi, ce que je lui dis depuis le début, je lui dis, en fait, la question du rassemblement, ça ne peut pas être avec des préalables. Ça n'est pas je suis candidat, suivez-moi. J'ai un projet, amendez-le. Non. On se met autour d'une table. On se met d'accord sur les deux idées simples. La première idée, c'est qu'à la fin du processus, il y a un candidat commun. Mais il n'y a pas de préalable.
Sans que ce soit forcément un Hidalgo. La socialiste à un Hidalgo.
Sans que ce soit forcément un Hidalgo, bien sûr. C'est-à-dire qu'on fait d'abord le projet et à la fin, par quel processus on décide qu'il va le porter ?
On commence par le projet commun. Et donc, ça veut dire que chacun vient avec ce qu'il est au dos de la table. On négocie, on trouve les points d'accord. Ça marche aussi. Ça veut dire qu'à la fin, vous arrivez à faire ce qu'on appelait autrefois la synthèse. Moi, je souhaite que nous puissions parvenir à un contrat de coalition, un contrat de gouvernement parce que pendant cinq ans, nous serions liés par un projet. Ça éviterait la fronde. Ça éviterait les désaccords. Ça éviterait... Voilà, on se met d'accord. Pas sur des slogans, mais sur un projet clair et défini. Et ensuite, on voit qui incarne le mieux ce projet, qui est le plus proche du centre de gravité de ce projet.
Et à partir de là, on part à la campagne présidentielle. Non, ce n'est pas les sondages. Ça peut être... Il y a différentes formules. Si les différents candidats disent que c'est la primaire, ça peut être une primaire. Ça peut être un comité des sages. Ça peut être une conscience citoyenne. Ça peut être beaucoup de formules. Un comité des sages pour savoir qui va représenter la gauche. Moi, je suis pour une formule qui soit la formule la moins meurtrière possible, qui va être de rassembler tout le monde et de faire en sorte qu'à la fin,
nous ayons envie ensemble de gagner. 8h51. Le fil info avec Augustin arrivé. Et on vous retrouve dans un instant. Olivier Faure.
Les statistiques resplendissantes des ventes de voitures électriques en Europe. Les constructeurs annoncent ce jeudi deux fois plus de nouvelles immatriculations en 2020 que l'année précédente. Et les ventes de véhicules hybrides ont même triplé. Les sénateurs La République En Marche dénoncent un texte totalement dénaturé. Le projet de loi bioéthique adopté cette nuit au Sénat par la majorité des Républicains, mais sans son article principal, à savoir l'ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux femmes célibataires. Les déserts médicaux portent de mieux en mieux leur nom. Le nombre de cantons sans aucun médecin en France a augmenté de plus de 60% en 7 ans.
Étude publiée ce matin par l'Association des maires ruraux de France. La moitié des médecins en milieu rural ont plus de 55 ans. 17 départements en vigilance orange météo France au cru dans le nord et le sud-ouest. Le Lot-et-Garonne en rouge. Le niveau de la Garonne n'avait d'ailleurs atteint une telle hauteur à Marmande depuis 40 ans. Même topo en Guadeloupe. La préfecture signale trois personnes portées disparues, probablement emportées par les eaux.
France Info Le 8.30 France Info Salia Brakia Marc Fauvel
Toujours avec le premier secrétaire du Parti Socialiste Olivier Faure. Alors il y a quelque chose qui est bien dans le rouge en ce moment au Parti Socialiste ce sont les comptes. Le canard enchaîné explique cette semaine document à l'appui que vos problèmes financiers sont tels que vous pourriez être dans l'incapacité de participer à la campagne présidentielle de 2022. Est-ce que vous confirmez ?
Non, je ne confirme pas parce que la réalité c'est qu'effectivement nous avons des difficultés qui sont liées à l'élection de 2017 et comme vous le savez le financement des partis il est figé à partir de cette élection et pour 5 ans. Parce que vous recevez
des dotations publiques ?
Voilà, parce qu'on recevait des dotations publiques.
Il y a des prévisions qui avaient été faites par la direction collégiale et qui se sont révélées trop optimistes hélas et donc nous devons il y a eu un séisme en 2017 il y a une dernière réplique aujourd'hui qui m'amène en responsabilité à prendre des décisions extrêmement douloureuses parce que nous allons devoir licencier un certain nombre de personnes qui ne sont pas simplement des salariés mais aussi des gens avec qui j'ai une histoire personnelle avec qui pour beaucoup d'entre eux ils m'ont même accueilli dans ce parti et donc c'est une histoire même y compris émotionnellement qui est très difficile Vous allez supprimer combien de postes ?
Il y a 11 postes qui vont être supprimés à peu près un quart des effectifs et donc voilà et donc c'est vrai que c'est une difficulté mais à ces conditions-là avec d'autres restrictions sur je ne vais pas détailler maintenant mais nous avons cherché depuis 3 ans à réduire la voilure à faire en sorte que notre nos dépenses soient moins importantes nous n'avons pas réussi à réduire davantage pour faire en sorte que ce soit encore moins douloureux donc on va le faire mais à ces conditions-là nous serons présents à l'élection présidentielle nous pourrons financer une campagne dans de bonnes conditions Vos comptes aujourd'hui sont dans le rouge de combien Olivier Faure ?
Nous avons en fait l'histoire c'est l'histoire de 2017 on a 45,5 millions qui sont issus de la vente de la rue de Solferino de l'ancien siège du parti il y avait donc 20 millions d'euros qui étaient des crédits hypothécaires notamment liés à la campagne présidentielle pas seulement mais notamment il y avait le rachat d'un siège 9 millions et demi plus le déménagement etc enfin tout ça 9 millions et demi il y avait en fait un plan social qui devait coûter initialement 3,5 millions et qui a finalement
vous avez déjà licencié 55 personnes en 2017
au final et puis il y avait aussi un découvert bancaire de 6 millions d'euros que la trésorière
dit avoir découvert quand elle est arrivée c'est-à-dire que la direction précédente vous avait caché le fait qu'il y avait un tout petit trou de 6 millions d'euros sur un compte bancaire
mais je ne suis les pieds sur qui que ce soit je prends mes responsabilités c'est elle qui le dit elle dit j'ai découvert un trou 6 millions sur un compte bancaire il y a la réalité ce qui est très compliqué c'est que nous avons enfin pardon des détails mais il y a 2400 entités qui permettent de consolider les comptes d'UPS parce que nous avons un fonctionnement qui est très décentralisé et donc pour arriver à comprendre ce que sont les comptes d'UPS il faut consolider les comptes et ça a pris du temps et donc voilà nous savons désormais que nous avons une situation financière qui est ce qu'elle est et ça suppose de prendre des décisions je les prends même si je peux vous dire qu'elles me tordent le ventre
dans une lettre qui vous a été adressée que France Info a pu consulter ces derniers jours certains des salariés qui vont être licenciés aujourd'hui se plaignent il y aurait parmi eux des personnes malades du cancer d'autres handicapés est-ce que c'est exact ? oui bien sûr il y a des gens
qui sont il y a notamment notre directrice de la communication qui a un cancer depuis de nombreuses années et qui fait partie des gens à qui on va demander de partir et que nous avons appelé et là aussi c'est des détails mais enfin nous avons un système de prévoyance qui est très favorable dans notre organisation et donc nous avons vu avec elle les conditions dans lesquelles elle pouvait partir et elle nous a dit qu'elle est absolument d'accord pour elle le comprend et elle l'accepte parce que nous allons maintenir son niveau de vie même après ce licenciement en raison du système de prévoyance auquel nous avons adhéré et voilà donc nous avons pris la peine de faire en sorte de vérifier chaque situation et ce que j'ai dit hier aux salariés que j'ai tous reçus et que je vais recevoir individuellement je leur ai dit que pour aucun d'entre eux je ne les lâcherai et je vais continuer avec eux à chercher à faire en sorte qu'on puisse les replacer les uns après les autres parce que ce sont des gens à qui je dois quelque chose à qui cette organisation doit quelque chose parce que ce sont aussi pour une part d'entre eux même des amis personnels et je peux vous dire que vraiment franchement imaginez ce que ça peut être pour quelqu'un qui doit non pas c'est pas une histoire anonyme c'est pas on est 40 quand il y en a les 10 qui vont partir les 11 qui vont partir c'est des gens que je connais depuis longtemps c'est des gens avec qui j'ai partagé une partie importante dans mon existence et donc je le fais parce que je dois le faire mais si je le fais je le fais aussi je le fais bien parce que pour moi ce que nous portons les valeurs dont nous sommes les héritiers et bien elles supposent que nous ayons un traitement qui soit un traitement humain qu'on ait la possibilité de faire en sorte que les choses se fassent bien et c'est ce que je vais faire merci à vous Olivier Faure bonne journée dans 2 minutes le journal de 9h merci à vous
merci à vous merci à vous
Olivier Faure