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Audition parlementaireUgo Bernalicis· 6 février 2023 44 minContradictoireFond programmatiqueJusticeSécuritéInstitutions & électionsTravail & emploi

Ange MANCINI - Audition #8 de la mission d'information sur la police judiciaire | Ugo Bernalicis

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 75 %Attaque 15 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Quels sont les impacts de la réincarnation de la police nationale sur la police judiciaire départementale ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Quel bilan tirez-vous de la réforme de 1995 sur la suppression du corps des enquêteurs et inspecteurs ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Comment la réorganisation actuelle peut-elle répondre à la crise d'attractivité de la filière investigation judiciaire ?

  • 12:00RelanceRéponse directe

    Pourquoi la filière judiciaire devrait-elle avoir autorité sur les DPN plutôt que l'inverse ?

  • 16:00OuverteRéponse directe

    Quel regard portez-vous sur les stocks de procédures (1,5 million) et leur gestion ?

  • 19:00OuverteRéponse directe

    L'école de l'enquête est-elle un levier important pour redonner de l'attractivité à la filière ?

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

monsieur préfet merci beaucoup de vous être rendus disponible cet après-midi pour venir répondre aux questions du gouverne ici c'est nous-même qui sommes rapporteur d'une mission d'information parlementaire qui porte sur l'impact que pourraient avoir la réincination de la police nationale sur la police judiciaire et en particulier sur son volet départementalisation si vous en êtes d'accord on propose d'avoir un propos liminaire sur ce que vous pensez de cette réorganisation sur ce que vous constatez aussi au travers de votre expérience des difficultés qui peut rencontrer la police et plus particulièrement voler judiciaire et puis ensuite on vous posera des questions si vous êtes d'accord merci beaucoup Monsieur le Préfet dans ce sens là donc comme je suis obéissant je regarde vers la flèche bien d'abord je voudrais vous remercier de m'avoir convié pour m'entendre sur mon passé à la fois de policier puisque j'ai 50 ans de service public 35 ans policiers 15 ans préfet donc je regroupe un peu un ensemble de choses et j'ai eu la chance de commencer ma carrière à la préfecture de police comme officier pour adjoint contractuel aux archives de la prise judiciaire j'ai donc ravi tous les échelons à tous les étages et je dis j'ai eu la chance à la protection de police parce que lorsque j'ai commencé à la préfecture de police il y avait ce qu'on est en train d'essayer de mettre en place sur le plan national c'est à dire un étagement des compétences judiciaires depuis le commissariat puisqu'il y avait des commissariats de quartier de police judiciaire la brigade territoriale et les brigades centrales qui regardent criminelles brigade de voile la voie publique donc c'est c'était un modèle qui était un modèle intégré et c'est ça qui est très important si vous voulez c'est que chaque fois qu'on parle de réforme de la police judiciaire c'est pas la police judiciaire c'est une réforme la police nationale c'est donc revenir à quelque chose de plus comme moi j'ai participé aux travaux sur le livre blanc effectivement c'est ce qui était sorti de ces travaux tout le monde avait envie qu'on remette un petit peu les choses dans le bon sens parce que quand on parle de police judiciaire on parle de la structure police judiciaire or en fait 95% de la préjudiciaire est exercée dans les sûrets urbaines et c'est ça qu'il faut bien voir c'est que on est en train d'essayer de protéger ou de d'essayer de faire croire que la police judiciaire est quelques-uns la préposition on le monopole de la police judiciaire c'est faux bien sûr et alors moi j'ai eu la chance aussi d'être sur les 35 ans pour les judiciaires j'en ai fait de police j'en ai fait cinq hors de la police judiciaire tout le reste dans la préjudiciaire et lorsque j'étais directeur de la police judiciaire de Versailles c'était dans les années 90 où on avait vu apparaître les premières violents urbaines à Mantes-la-Jolie aux Ulis à la Cité des Indes à Sartrouville et moi j'étais directeur de la préjudiciaire de Versailles et je me disais enfin c'est quand même pas possible qu'on laisse faire et qu'on ne participe pas à la lutte contre ces actions et ses activités illégales et j'avais donc décidé un accord avec le directeur central de la police judiciaire de créer un brigade la break la Brigade de Recherche d'enquête et de coordination le commandement de cette brigade à Christian Lambert pour venir avec les méthodes de police judiciaire aider à accompagner nos collègues des sûretés urbaines et de la police de la sécurité publique on a eu des résultats extraordinaires parce qu'on a appliqué des méthodes de police judiciaire à des gens qui étaient des voyous alors quand j'ai présenté ce cette évolution à mes collègues mes autres collègues de la DS RPJ les 16 autres parce qu'on était 17 SRPJ à l'époque tout le monde a dit mais non ça c'est pas du travail pour nous si tu travailles pour les sorties urbaines nous on s'occupe des beaux voyous on s'occupe de la criminalité organisée on s'occupe de si on s'occupe de là qu'on nous sort actuellement ce sont les mêmes or en réalité je voudrais bien savoir qu'est-ce qu'il y a comme criminalité organisé à Limoges mais c'est quand même pas la majorité des faits je pense qu'il nous faut et moi je suis parti de l'idée que la force parce que ce qu'on fait croire actuellement c'est qu'on veut rattacher la police judiciaire au département c'est totalement faux on veut rattacher les sûretés urbaines à la filière de police judiciaire c'est à dire d'avoir du haut en bas de la plus petite infraction à la plus importante qui est traitée par les évidemment par les par les offices ou les échelons intermédiaires avoir une seule filière où là il y aura une doctrine d'emploi il y aura des moyens il y aura un regard qui sera de la filière sur le la façon dont le directeur départemental de la police nationale devra s'occuper de la police judiciaire il ne pourra pas faire ce qu'il veut contrairement à ce qu'on raconte on n'est pas comme ça ex nihilo dans un dans un dans un commandement on est rattaché à des gens et on est obligé de tenir compte de ces gens là d'abord en ce qui concerne la police judiciaire tout l'aspect judiciaire c'est à dire tout l'aspect parquet juge d'instructions qui représente 2 ou 3% de la criminalité je voyais on en fait tout un tas de choses mais ça représente très peu de choses ce sont des affaires importantes mais ça représente très peu de judiciaire et donc moi je suis farouchement pour cette cette réforme parce que je [Musique] [Musique] comment est le beau voyou c'est pas c'est pas quelque chose qu'on décrète c'est quelque chose qui se met en route qui qui apprend qui augmente si survie qui peut aller même très loin mais tout ça c'est une filière constante et c'est depuis la base depuis le commissariat c'est ce qu'on avait à la préfecture de police jusqu'à jusqu'au plus haute sphère qui sont les sphères évidemment traités par les offices et au niveau national d'ailleurs on a la gendarmerie qui est organisé comme ça et qui fonctionne plutôt bien mon rêve serait de joindre les deux filières judiciaires gendarmerie la police ça viendra un jour c'est obligé sur l'autre ça viendra mais pour l'instant les statues sont tellement différents l'organisation est différente chacun fonctionne de sa façon il nous faut remettre vraiment dans la police cette espèce de ligne qui doit être une ligne par rapport à à l'organisation général et globale et non pas par rapport à des fantasmes ou par rapport à des protections de petits marquis qui veulent garder leurs petits pouvoirs et la féodalité on a mis du temps pour la pour la casser en France et là on a des sortes de féodalité alors qui s'appuie parfois sur les uns parfois sur les autres mais qui font que souvent on perd beaucoup de temps à essayer de régler des problèmes est-ce que vous savez vous savez sûrement puisque vous vous êtes sur cette étude quand on avait entre la police judiciaire et les sécurités publiques les sorties urbaines des protocoles d'accord un protocole d'accord au sein d'un même ministère du même direction générale protocole d'accord bien sûr que personne ne respectait parce que quand vous avez une belle affaire à faire vous la faites vous avez pas la donner à celui qui est avec qui vous avez un protocole et donc tout ça oui c'est une espèce de désorganisation il faut vraiment redonner un sens à la police judiciaire parce que moi je suis profondément attaché à la préjudiciaire pour une raison très simple oui maintenant ce qui est à la mode c'est le renseignement pour le terrorisme c'est le bureau des légendes qui a fait des tas de choses mais la réalité est la force de la police judiciaire vous savez qu'elle est elle est qu'on est nous un jour on va se retrouver devant un tribunal il va falloir qu'on apporte des éléments de démonstration de ce qu'on avance et dans la police on est à peu près les seuls tout le reste ça peut s'expliquer on a besoin de recueillir des renseignements même s'ils sont pas bons de les regarder de les traiter mais un jour ou l'autre il faudra traduire ça en poly judiciaire et amener les gens devant un tribunal et ensuite venir expliquer pourquoi on les amener dans un tribunal donc j'ai une vraie force de la prévision et cette force elle doit s'exprimer du plus bas du spectre jusqu'au plus haut j'étais un peu rapide mais je suis prêt à répondre à toutes vos questions mais vous avez compris j'étais farouchement pour pardon merci Monsieur mansini de votre propos liminaire moi ce qui va m'intéresser parce que vous avez un long parcours c'est ce qui s'est passé ou ce qu'a tenté de se passer en 90 dans les années 90 et nous dit-on une première tentative d'expérimentation de réunification des différents services de police à l'échelle départementale mais en même temps en 1990 il y avait encore un corps des enquêteurs et des inspecteurs de police qui fait que peut-être que ça tombe de question ne se posait pas à l'époque et se pose aujourd'hui mais ça c'est une question aussi je vous pose et vous avez été aussi au cœur finalement des fonctions judiciaires ou de la police judiciaire en 95 avec cette suppression de ce corde enquêteurs et des inspecteurs et le fait que la qualification de pays a pu être largement du coup à tous les gardiens de la paix de la police nationale et donc à tous les services de police quel bilan vous tirez de finalement cette réforme de 1995 et ce qu'on n'est pas arrivé aujourd'hui au bout de cette réforme je vais commencer par 90 parce qu'à 90 j'étais déjà acteur de cette réforme je faisais du syndicalisme j'étais au bureau national du syndicat des commissaires et cette réforme avait été une réforme qui avait été lancée par le Syndicat des commissaires de police et on s'est heurté à ce à ce moment là à une résistance une résistance de la police judiciaire qui a voulu se tenir à l'écart et le directeur central de l'époque Jean ciel qui était un peu mon père spirituel on s'est vraiment accrocher tous les deux parce que je disais mais c'est pas possible que tu avais pas dans ce sens là c'est pas normal et puis en fin de compte cette réforme c'est un peu délité parce que chacun ça a été un peu mal fait c'est peut-être pas bien préparé c'était peut-être pas le bon moment celui qui avait lancé cette réforme c'était Jean-Pierre Lacroix qui était un préfet que qui m'a ensuite fait venir encore quand il était préfet de région de Corse pour pouvoir rétablir des liens avec les magistrats moi j'étais censé avoir vraiment des liens avec les magistrats puisque j'ai toujours fait de la police judiciaire et donc ce cette première tentative de réforme a échoué sur une résistance forte de ce qu'on appelle de ce qu'on appelait à l'époque les RG qui était obligé d'y être et qui ont fait tout ce qu'ils ont pu pour pouvoir la saboter ce qui s'est passé puisque avec le retour de du ministre Pasqua ils ont réussi à obtenir qu'on supprime cette réforme ça c'est l'aspect purement technique du départ l'aspect de 95 et vous avez en partie raison vous avez peut-être même complètement raison c'est que la suppression de ce corps des enquêteurs et des inspecteurs ça crée une illusion que tout le monde était à peu près pareil on a donné des grades à la police lieutenant capitaine commandant des belles cascades des trucs comme ça mais la police judiciaire a pas besoin de ça la préjudiciaire on se connaît par la capacité la qualité de commandement ou de fonctionnement de du service alors c'est sûr que ça a été ça a été pour moi un début de perdition de la de la notion de police judiciaire et je crois qu'on est arrivé au bout de ça et qu'il faut vraiment repartir du départ pour recréer une vraie filière judiciaire avec une filière judiciaire qui aura pouvoir sur le DDSP pour l'empêcher de d'utiliser des gens à d'autres moyens je crois que là il nous faut vraiment des méthodes des fonctions ça c'est un point extrêmement important faudrait que la police judiciaire elle soit pas seulement fonctionnelle mais qu'elle soit aussi capable de d'empêcher tel ou tel dérive parce que il y en aura des verriers vous savez les hommes sont les hommes les femmes aussi d'ailleurs mais il y aura toujours des gens qui vont essayer de profiter de tel ou tel aspect simplement il faut qu'il y ait une vraie filière qui est suffisamment de force et de puissance pour imposer les méthodes les les moyens le les les les modèles qui doivent être ceux de la police judiciaire alors on avait on avait parlé d'une filière investigation et je crois qu'ils moi je suis revenu sur cette idée au début je disais oui pourquoi pas figure investigation mais ça n'a pas le poids de la police judiciaire et donc je crois que maintenant on revient à l'appellation de filière judiciaire et je crois que c'est très important qu'on garde cet appellation parce que elle montre bien qu'on n'est pas dans la même chose alors quand parfois certains disent que à la préfecture de police la police judiciaire est séparée de de du reste de la police c'est faux c'est totalement faux ça a été vrai à une époque quand on avait les commissariats de police judiciaires mais maintenant à la préfecture de police vous avez la DOPC qui s'occupe des maintien de l'ordre de disons de la rue et vous allez être despaps qui s'occupe des trottoirs qui s'occupent de la petite et moyenne délinquance c'est un peu une aberration aussi d'ailleurs moi je pense que il faudrait revenir dans la police judiciaire parisienne à la même structuration avec des commissariats de quartier de police judiciaire parce que actuellement quand vous êtes quand vous quand contact avec un commissariat vous y allez soit pour vous plaindre soit parce que vous y êtes amené de force mais oui il y a plus d'autres alternatives si vous voulez alors que je pense que la police judiciaire peut apporter ce cette espèce de de différence parce que actuellement on parle toujours vous avez la bande des cas contre la bande des banlieues c'est une erreur la police c'est pas une demande c'est la loi et cette loi moi je voudrais la mettre sur l'uniforme quand on voit un policier on doit pas voir le policier on va voir la loi ne serait-ce que ce genre de petites choses qui doivent apporter vraiment une vision de la police comme étant une autorité à une autorité qui permette effectivement de protéger ceux qui sont plus faibles ceux qui sont agressés ce qui subissent des infractions et je crois que ça c'est très très important et cette notion de police judiciaire pour moi sous le regard des magistrats sous l'autorité des magistrats jusqu'au moment du procès ça me paraît être une chose extrêmement importante mais je suis assez d'accord avec vous cette tout à fait bon mais sorte militarisation d'uniformisation de la police nationale a été par rapport aux besoins qu'on a actuellement en matière de police judiciaire un moment dommageable merci beaucoup Monsieur le Préfet j'aimerais vous interroger au vu de votre expérience sur la crise d'attractivité de la filière investigation judiciaire donc sur ces métiers quel est selon vous les réponses que peut apporter le projet de réorganisation actuelle à cet enjeu de redonner notre activité à la filière et pour le dire autrement sur quel point on doit particulièrement nous se concentrer pour essayer de faire en sorte de rendre attractif à finir écoutez la filière judiciaire moi quand je suis en vert à la police tout le monde rêvait d'aller à la brigade criminel c'était dans la police pour ça on y arrive pas tous mais on rendrait la et ça c'est petit à petit perdu à la fois parce que on a mis de plus en plus de difficultés pour pour protéger sûrement et je suis pas je suis pas de ceux qui veulent empêcher que les le comme qu'on protège la liberté des gens un certain nombre d'obstacles qui ont fait que petit à petit les gens se désintéressent de cette filière et surtout parce que si vous voulez ce que je crains le plus si on ne fait pas cette réforme c'est qu'un jour le policier il tourne la tête pour ne pas voir la fraction ça c'est très grave on est parce que si l'intervient parfois il va falloir et souvent utiliser la force en utilisant la force on va avoir effectivement des choses qui qui vont parfois être bien parfois être moins bien ou au moins sur une photo ou sur un film qui va être pris par un témoin apporter des éléments qui vont faire peur aux fonctionnaires et donc je crains qui risque de tourner la tête de ne plus regarder et je crois que cette réforme elle permet de redonner au fonctionnaires de police une dimension d'organisation c'est à dire que vous n'êtes pas seul quand vous faites votre travail vous n'êtes pas seul vous faites partie d'une filière cette filière qui est là pour vous soutenir tant que vous faites bien sûr votre métier dans les règles de l'art il est pas question de donner des pouvoirs supplémentaires à qui que ce soit et après je crois que et là malheureusement j'aime pas critiquer les magistrats parce qu'on dit toujours la police arrête les machines sera relâche c'est faux c'est totalement faux les magistrats font la plupart font très très bien leur travail mais il y a un regard sur le policier qui n'a aucun qui n'a pas de différence avec le malfaiteur qui vient d'arrêter puisque dans le cadre d'une enquête concernant des délits ou des crimes la parole du policier ça vous simple renseignement ça n'a pas de puissance comme par exemple sur une sur une contravention sur une contravention là pour alors moi je voudrais faire un sermenter les policiers le faire publiquement montrer que le policier il est là pour défendre la société et la loi et les lois qui sont qui sont votées par nous par nos parlementaires et qu'en contrepartie le policier on est sur lui un autre regard que celui du simple témoin ou du simple simple personne qui commet l'infraction j'allais jusqu'à un moment mais là c'est mon côté syndicaliste à l'époque il me faisait dire ça il faudrait que les policiers ils aient une présomption non pas irréfragable mais une présomption simple que de la légalité de leur action qui au moins cet aspect une sorte de présomption simple qui permettrait si vous voulez à ceux qui sont là pour juger de voir alors si évidemment et la commune des fautes et des erreurs il doit être poursuivi et sévèrement et ça je crois que dans la police c'est reconnu par tout le monde évolue par tout le monde mais cette présomption simple de l'égalité de son action permettrait peut-être de redonner un peu une sorte de de courage particulier aux gens moi quand j'étais jeune parce que je suis le plus vieux de vous tous ici quand j'étais jeune j'avais des gardes champêtre chez moi regarde sur Patrice avait une plaque autour du cou et marquer la loi mais quand même je crois que c'est pas tout à fait vrai et je crois que c'est ça que j'aimerais redonner redonner cette espèce de d'abord une fierté de du travail de policier et ensuite une petite petite protection sur sur la légalité de son action merci je crois que du coup cette pour au Moyen-Âge sur le début de vos propos cette réforme qui est proposée là propose bien qu'il y ait une filière investigation judiciaire d'accord avec vous sur le préfet je préférence pour moi judiciaire aussi ça c'est c'est établi et que est lié une verticalité de la Sûreté urbaine jusqu'à la direction centrale la police judiciaire en passant par les offices centraux et les sûreté départementale néanmoins vous avez mis en avant un deuxième point en disant il faudrait que cette filière est même autorité en quelque sorte sur les DSP ou des DPN en l'occurrence pour faire en sorte que la filière judiciaire soit une priorité dans la police et que c'est moyen soit sanctuarisé voire même augmenter déployer et renforcer or là ce qui est prévu dans l'actuel réforme c'est pas ça c'est le contraire il y a une hiérarchie fonctionnelle police judiciaire et une hiérarchie tout court qui est celle des ddpn et des dzpn et de la DGPN est-ce que je vais vous poser la question différemment mais pourquoi selon vous il faudrait que ce soit d'abord la filière judiciaire qui est autorité sur le reste et non pas le contraire qu'est-ce qui a craindre si c'était le contraire je vous laisse parce que c'est une spécialisation la fonction judiciaire c'est une spécialisation donc elle doit avoir autorité sur ce qui n'est pas spécialisation parce que si on met tout au même niveau vous savez moi j'ai été préfet aussi j'ai été préférée pendant 15 ans donc si on se met dans la tête que le préfet là le fantasme du préfet c'est de vouloir maîtriser les aspects judiciaires on se trompe sur plein de choses d'abord parce que la plupart des préfets et c'est pas leur faire injure ça pas très peu faire la différence en matière judiciaire entre le procureur le président les magistrats qui jugent oui c'est très peu alors en revanche et moi là aussi j'étais favorable il faut pas que le préfet sous prétexte qu'il est une autorité administrative il soit le dernier être informé de ce qui se passe sur son département ce qui est factuel c'est-à-dire il s'est passé telle chose tel jour à telle heure préfère doit connaître informée c'est évident ce qui veut pas dire qu'il doit être informé du déroulement de l'enquête et là je pense que la plupart des préfets d'abord ils comprennent pas ils savent pas il laisse faire et je pense que c'est bien d'avoir cette filière judiciaire qui donne cette cette verticalité et qui empêche quelqu'un qui voudrait détourner le fonctionnement de la police judiciaire dans le département le soin empêché et moi je crois j'ai cru comprendre je me suis peut-être encore trompé et puis je demande que moi à ce sujet là mais je crois mais je me suis j'ai cru comprendre que le la filière fonctionnelle allait avoir au droit de regard sur l'emploi des gens de la filière dans les départements alors je sais pas alors peut-être que si c'est pas le cas je pense que ça c'est un élément important à mettre en place qui pourrait qui pourrait effectivement venir apporter un peu de rassurer un peu ceux qui sont opposés à cette réforme parce que il y a des gens qui sont opposés à tout alors vous savez si moi je suis très dans j'ai passé ma vie à créer des services à faire des tas de choses parce que chaque fois j'ai essayé de trouver des réponses aux réalités et non pas simplement on n'a jamais fait comme ça pourquoi il faut changer voilà je crois qu'il faut toujours s'adapter c'est pas l'animal le plus féroce le plus fort qui va gagner c'est celui qui s'adapte et moi je pense que si on veut maintenant redonner à la police judiciaire une dynamique il faut qu'elle s'adapte qu'elle s'adapte à son temps et à son époque c'est vrai que c'est plus c'est plus les mêmes malfaiteurs c'est plus les mêmes infractions mais de plus en plus il faudra s'adapter avec la cybercribie criminalité vous allez encore plus loin dans ce domaine moi je crois que vraiment le maître mot c'est l'adaptabilité des services à la réalité du terrain alors que si on veut garder les gens tels qu'ils sont c'est souvent pour des mauvaises raisons souvent parce qu'on a trop envie de se remettre en cause on va pas se mettre on va pas aller dans sa zone de danger on veut rester tranquillement dans ce qu'on sait faire et comme ça on peut être on peut être valorisé pour ce qu'on me fait pas merci bon parce que là dans la réforme qui nous est proposée il y a bien une distinction entre autorité hiérarchique et autorité fonctionnelle d'un côté autorité fonctionnel avec une direction nationale direction nationale de la police judiciaire c'est à peu près comme ça ou de la filière investigation peu importe direction zonale il y a eu tout le débat sur le positionnement d'effectif au niveau zonal notamment sur l'enquête de probité une partie de lacrim direct je pense que tout le monde est fini par tomber d'accord là-dessus de toute façon faire le contraire semblerait extrêmement problématique même s'il reste le débat justement de la structuralisation des moyens et en dessous le le D des des directions directeur départemental de la police judiciaire aussi mais il est clairement établi qu'effectivement il y a une chaîne hiérarchique pour le coup parallèle qui est le le pilote unique des DPN des ZPN des GPM qui lui sera en charge de l'affectation des moyens entre les un et jusqu'à présent on a eu des engagements oraux publics je dis pas que c'est rien du tout mais voilà disons que je joue en public et euros de la part du ministre du DGPN des courriers écrits aussi de la sorte mais la question c'est comment dans l'organisation concrète on fait en sorte que tout ça ne repose pas juste sur des paroles à un instant T qui peuvent être défaites modifiées dans le temps mais bien comment l'organisation telle qu'elle est pensée apporte elle-même des garanties par-delà les femmes et les hommes qui le composent en fait vous avez parfaitement raison mais c'est l'établissement de la doctrine c'est la doctrine qui est en train semble-t-il d'être rédigé qui devrait traiter de ces événements là et moi je suis évidemment pour que cette doctrine soit très claire et comme disent bien les choses de façon claire c'est ce que ce que j'ai eu comme élément de la part du directeur général qui est un collègue directeur général je l'avais comme directeur de la police judiciaire lorsque j'étais le préfet de police en Corse et donc je connais bien il a fait toute sa carrière en préjudiciaire c'est quelqu'un qui est vraiment profondément préjudiciaire donc quand il me dit ça moi je le crois bien sûr parce que c'est c'est quelqu'un en qui j'ai confiance mais je crois que c'est effectivement ce qu'il faudra être très attentif à ce qui est une doctrine d'emploi de la police judiciaire qui soit extrêmement précise et qu'on ne pourra pas prendre des gens pour aller faire du maintien de l'ordre faire des trucs comme ça ça je crois que c'est c'est toute façon si vous voulez en fait ça va quand même augmenter contrairement à ce qu'on pense on va pas diluer les effectifs de la police judiciaire dans les dans les surtures urbaines parce que c'est l'inverse c'est sur turbaine qui représente un volume beaucoup plus important et que donc on va donner à la préjudiciaire des des des des fonctionnaires supplémentaires et c'est cette organisation là qui va être extrêmement importante merci beaucoup quel regard vous portez sur sur les stocks de procédure on parle de plusieurs millions de procédures je crois que c'est 1,5 millions de de procédure en stock quel regard vous partez là-dessus d'un point de vue comment ça s'est constitué et puis à quoi il faudrait être attentif dans l'avenir pour qu'on n'est pas de reconstitution de ce stock alors les stocks c'est toujours un problème à gérer constamment et je crois qu'à un moment ou un autre il faut il faut arrêter de compter les stocks il faut repartir sur quelque chose de nouveau c'est mon point de vue et les stocks il faut les traiter avec les magistrats en fonction de la réalité de ces stocks parce qu'on parle de stock mais il faut aller voir exactement ce que ça représente et je crois que l'ail il faudrait qu'il y ait effectivement peut-être une commission entre le la police et les magistrats pour voir comment les magistrats vont décider parce qu'il y a que eux qui peuvent décider de l'avenir de ces stocks et je crois qu'il faut un jour dire stop on peut pas continuer comme ça à cumuler des stocks sans les traiter donc il faut arrêter repartir à zéro pour mettre en place une nouvelle dimension une nouvelle un nouveau fonctionnement et puis traiter les stocks comme des stocks et il y a une commission de magistrat qui se met en place et qui dit voilà ça ça on peut classer ça on peut pas ça il faut mettre l'accent dessus voilà je crois qu'il faut les traiter comme des stocks vous savez quand vous avez le système d'archives par exemple vous passez des archives papier aux archives informatiques il y a tous une partie si vous voulez reprendre tout vous arriverez pas faut partir je pense dans le moment où on décide qu'à partir de là on fera différemment je repensais dans la discussion sur la spécialisation etc le directeur central la police judiciaire qu'on a auditionné plaider et ça se retrouve dans certains documents pour la mise en oeuvre d'une école de l'enquête c'est avoir un organisme de formation propre à la police judiciaire pour faire monter en compétences à la fois ses propres enquêteurs et puis demain j'imagine dans le cadre de la filière judiciaire ceux qui sont en sûreté urbaine sur tes départementales pour retrouver un peu une voilà un process y compris dans sa propre carrière de monter en compétences en grade et puis dans les services retrouver l'esprit dont vous parliez de dire j'aimerais être à la réelle criminelle c'est ça le Graal est-ce que vous pensez que c'est un levier important cet aspect là de formation initiale et continue et ce qu'il a ce qu'il a été investi jusqu'à présent alors je pense que c'est un levier extrêmement important qui n'a pas été investi jusqu'à présent et on fait de la formation je dirais façon classique et je crois que ça c'est une vraie spécialité et ça mériterait qu'effectivement on fasse former les gens les faces grandir et puis on leur fasse prendre des graines aussi en fonction de leur compétences de leur connaissance et de la qualité de leur de leur formation parce que c'est ça en réalité qui est très important je crois qu'on a vraiment besoin là de redonner ce goût à l'angle de l'enquête judiciaire c'est l'enquête judiciaire c'est quelque chose de formidable c'est moi quand je suis arrivé à la brigade criminel parce que j'étais 4 ans à la brigade criminel la première chose qu'on nous apprenait c'était de dire vous n'avez pas d'hypothèse parce que c'est l'inverse de la démarche scientifique la démarche scientifique vous posez une hypothèse et si rien ne vient contrecarrer cette hypothèse on considère pour l'instant que c'est la bonne en matière de d'enquête judiciaire c'est pas ça du tout en matière dans le cas judiciaire il faut surtout pas avoir des hypothèses parce que si vous avez une hypothèse même de très bonnes foi vous serez tenté sans vous en rendre compte de mettre de côté des éléments qui pourront apparaître importants et donc ça c'est des choses qui s'apprennent c'est pas ça on n'est pas avec ça certains oui mais pas tous et je crois que vu le nombre qu'on est je crois que c'est vachement important de voir ces principes d'apprendre que d'abord tout ce qui est en quête de voisinage tout tous ces petits aspects qui sont des éléments qui vont vous amener petit à petit à construire le puzzle et puis au fur et à mesure que vous amenez les éléments et bien l'image qui se met qui se met devant c'est très c'est très très important c'est passionnant moi je reste passionné après il est quand même un certain nombre d'années dans ce domaine ça me fascine toujours et quand je vois des enquêtes résolues les gens que je connais ou pas je trouve que c'est formidable le monde entier dans tout le temps presque dans le monde entier je dirais les pays démocratiques bien sûr vous avez des juges uniques qui jugent qui condamne et qui sont respectés nous en matière de justice on a créé la collégialité c'est à dire l'irresponsabilités vous savez jamais qui vous juge c'est pas qui c'est vous savez pas qui est-ce qui a décidé et on a cette collégialité c'est c'est un handicap aussi pour aller plus vite dans les affaires voyez au lieu d'avoir trois juges vous auriez trois tribunaux qui qui les affaires passeraient beaucoup plus vite et je pense que les juges seraient plus respectés parce qu'il y a quand même là aussi une image de la justice qui est pas toujours la plus la plus réelle par rapport à ce qui se passe mais vous voyez ce sont tout un tas de trucs qu'on a mis en place une théâtralisation une collégialité tout un tas de choses qui finalement nous empêche de peut-être résoudre une partie du stock au moins je n'ai pas de question complémentaire à vous poser mais si vous avez des éléments d'attention à nous donner en plus peut-être sur des aspects dont on n'a pas trop parlé mais la police judiciaire en dans les services de police aux frontières par exemple la sécurité la police judiciaire dans d'autres types de services qui sont ni en DCSP ni en DCPJ qui pourtant font des actions particulières bon on a compris que cela garderait une spécialité resterait son pas concernés par la réforme bon est-ce que c'est bien de les maintenir dans leur spécialité dans leur coin est-ce qu'il faut les mettre aussi dans le pot commun pendant très longtemps si vous voulez en matière en matière de comment dire de terrorisme et de en matière il y avait la DST la direction nationale du territoire avec compétences sur trois articles trois ou quatre articles qui concernaient leur spécificité ça il faut le garder je crois et je pense que pour la police aux frontières c'est un peu la même chose quand c'est vraiment des des choses très très précises c'est pas la peine de vouloir les rendre à tout le monde autant laisser ceux qui sont compétents pour ça le faire la filière judiciaire moi c'est ce que j'appelle la filière générale c'est-à-dire qui qui traite de tout mais qui mais qui n'enlève pas à ceux qui ont des spécificités leur compétences et leurs capacités vous êtes une dernière question de mon côté pour l'instant la préfecture de police de Paris n'est pas prévue dans le cadre de la réorganisation est-ce qu'elle est votre opinion là-dessus on a posé la question au préfet de police qui nous a dit que probablement que la police la préfecture de police étant déjà très intégrée c'est vraiment pour ça qu'elle ne faisait pas partie de la organisation à l'heure actuelle quel est votre opinion là-dessus si vous en avez une sur le fait que la préfecture de police puisse intégrer cette la préfecture de police c'est ma maison mère donc j'ai une certaine attention pour elle mais je regrette que on est on avait à une époque la police judiciaire c'était vraiment une filière ça peut judiciaire qui avait les commissariats de quartier de police judiciaire les brigades territoriales depuis judiciaires et les brigades centrales de police judiciaire et vous aviez à côté ce qu'on appelait d'ailleurs à l'époque la police municipale mais qui était en fait la police de la préfecture de police qu'elle était municipale parce que moi quand je suis rentré dans la police en 1966 j'avais pas le drapeau bleu blanc rouge j'avais les couleurs de la ville de Paris rouge et blanc parce que je rentrais à la préfecture de police et c'était le rouge et blanc on a fait la police nationale et on a mis à la disposition du préfet de police les policiers nécessaires pour son action actuellement bon on peut rêver de revenir en arrière mais tout ça c'est pas très sérieux parce que une fois que c'est fait c'est fait mais j'aimerais bien quand même que on réfléchisse à ce que la préfecture de police et est un c'est une je dirais que c'est une police un peu à part parce que c'est une police d'agglomération donc je crois que c'est peut-être pour ça d'ailleurs que c'est un standard de la réforme parce qu'on avait mis en place d'une police d'agglomération c'est-à-dire que le préfet de police il est compétent sur les trois départements en plus de Paris autour de Paris pour avoir une sorte de cohérence de l'action de la police alors j'ai beaucoup de mal à penser que c'est très difficile ça serait possible de revenir en arrière c'est très compliqué vous savez la première erreur qu'on a faite en perdant les commissaires les commissariats de quartier c'est parce que on avait au lieu de faire venir des fonctionnaires pour traiter les affaires administratives les passeports les cartes d'identité on a voulu s'en débarrasser au profit des mairies et donc du coup effectivement c'est enlever un lien qui avait entre la police et la population moi j'ai été jeune au fiel police adjoint au commissariat du Roule où on était ouvert de 8h du matin à 22h les gens pouvaient venir vous voir ils vous expliquer il vous raconter il faisait leur papier il y a tout un ensemble alors c'est vrai que c'était des tâches indus qui était pas normal que ce soit des policiers qui le fassent mais on aurait dû amener dans ces commissariats faire des sortes de centres dans lequel on aurait pu amener des gens qui se serait côtoyé pour autre chose que d'y être amené de force ou venir simplement se plaindre parce que c'est ce qui se passe maintenant dans les commissariats les commissariats de d'arrondissement quand vous allez dans un commissariat c'est parce que vous vous plaignez ou parce qu'on vous y emmené il y a plus cet échange vous voyez c'est et ça c'est un peu dommage alors on peut rêver revenir à quelque chose un peu plus ouvert mais enfin bon j'ai passé l'âge de simplement rêver merci beaucoup monsieur Poitiers du temps que vous avez consacré c'était très intéressant et puis merci beaucoup merci