Politique énergétique, méga-bassine à Sainte-Soline... Ce qu'il faut retenir de l'interview d'Edwige Diaz
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Bonjour Edwige Diaz. Bonjour. Vous avez voté cette nuit près de 12 milliards d'euros de crédits supplémentaires en faveur de la rénovation thermique des logements, avec la gauche d'ailleurs. Le RN a apporté son soutien à des amendements écologistes et socialistes. C'est un peu qui veut gagner des milliards, non ?
Non, pas le tout.
Clément Beaune, par exemple, ministre délégué au transport, vous a accusé d'ouvrir les vannes à l'occasion d'Halloween. C'est gratuit, c'est magique, c'est Halloween, a-t-il dit.
Non, mais le gouvernement est dans une posture très compliquée, en effet, parce que depuis le début de cette législature, ils réalisent une seule chose, c'est qu'ils ont perdu leur majorité à l'Assemblée nationale. Donc, ils ont fait passer en force le projet de loi de finances, le volet recettes, et maintenant, ils nous disent qu'on doit voter les dépenses dans un cadre contraint. En l'occurrence, nous, il nous apparaît nécessaire pour que les personnes puissent réaliser des économies d'énergie et donc des économies sur leurs factures, il nous apparaît nécessaire que la rénovation thermique des bâtiments est une priorité.
C'est la raison pour laquelle il faut accompagner ses propriétaires et ses locataires pour précisément leur rendre du pouvoir d'achat.
Donc, vous le dites, la mesure n'est pas financée. Vous le dites, les recettes ont déjà été...
Ah mais si, il y a des choix politiques qui peuvent être mis en place. Et c'est vrai que moi, je déplore que sur le volet recettes, le gouvernement ait décidé de rejeter, de ne pas sélectionner des amendements qui avaient été votés par le Parlement. Je pense par exemple au rétablissement de l'excit-taxe, où nous avions aussi proposé de taxer les super dividendes. Bon, il se trouve que le gouvernement a décidé de s'asseoir sur ces recettes. Oui, exactement, donc le gouvernement a décidé de s'asseoir sur ces recettes.
Et maintenant, nous, nous lui demandons, la représentation nationale lui demande, de nous proposer un projet de loi de finances volet dépenses qui soit conforme aux attentes du Parlement. Et en l'occurrence, le Parlement a décidé de mettre au cœur de sa priorité la rénovation énergétique des bâtiments.
12 milliards sur la rénovation énergétique des bâtiments. Et donc, où est-ce qu'il faut aller moins dépenser ? Puisque vous ne pouvez pas voter un volet dépenses qui ne soit pas conforme au volet recettes, vous ne pouvez pas créer des dépenses supplémentaires qui ne sont pas financées. Alors, il reste un certain nombre...
Pourquoi vous rogniez ? Il reste un certain nombre d'amendements qui vont être votés, sauf s'ils décident une fois de plus de nous imposer un 49-3, mais nous ferons un certain nombre de... Ce qui ne fait pas de doute, non ? Ce qui ne fait pas de doute, oui, mais vous avez raison, ça ne fait pas de doute. De toute façon, Elisabeth Borne, son discours de cet été qui visait à mettre au cœur de sa politique, la co-construction, l'écoute, etc., on voit très bien que tout ça, c'était du pipeau. Elisabeth Borne a souhaité...
Mais je reprends la question de Naila, pardonnez-moi, Edwige Diaz. Vous les prenez où, ces 12 milliards ? Il faut forcément les prendre de part dans ce budget que vous êtes en train de voter.
Eh bien, par exemple, sur les budgets qui seront consacrés aux éoliennes, par exemple. Vous voyez, nous, au Rassemblement National, nous sommes farouchement opposés à l'implantation d'éoliennes sur notre territoire. Et donc, typiquement, ça peut être... Pas une éolienne de plus. Pas une éolienne de plus, qui défigure clairement nos paysages, qui font face à un rejet massif des populations. Et nous, nous disons au gouvernement, écoutez, écoutez les populations, écoutez les élus locaux qui vous disent qu'il ne faut plus mettre d'éoliennes. Donc, arrêtez de vous obstiner à vouloir financer ce développement d'énergies dites renouvelables, mais qui, en réalité, ne sont pas du tout renouvelables.
Vous savez combien pèsent les éoliennes dans le mix énergétique français, en ce moment ? C'est 16% de la production électrique française, c'est la deuxième production électrique française. On peut se priver d'une telle manne à l'heure, justement, de la sobriété ?
Déjà, je voulais vous dire que ce mix énergétique, où on atteint péniblement les 16%, coûte très cher aux contribuables français. Que ce soit les éoliennes ou les panneaux photovoltaïques, ce sont des énergies qui sont ultra subventionnées, donc qui coûtent très cher aux finances publiques. Mais nous, nous disons, écoutez, il faut réinvestir massivement dans le nucléaire.
Mais ça coûtera aussi très cher aux contribuables françaises. C'est l'investissement à l'instant T qui coûte cher.
Je réponds là. Bon, je finis, s'il vous plaît, sur le nucléaire. Nous, nous regrettons les revirements d'Emmanuel Macron. Aujourd'hui, Emmanuel Macron nous dit, oui, il faut investir dans le nucléaire. Et c'est tant mieux. Et c'est prévu puisqu'il y a un texte de loi sur le nucléaire qui arrive l'année prochaine au Parlement. Oui, tout à fait. Mais sauf que nous, nous disons à Emmanuel Macron, c'est vous qui avez fermé Fessenheim. C'est vous qui avez enterré le projet Astrid pour lequel un milliard d'euros avaient été mis sur la table pour faire des études. Donc vous voyez aussi au passage qu'on aurait pu faire des économies de ce côté-là. Donc oui à l'implantation d'éoliennes.
Et d'ailleurs, moi, je me permets de repréciser ma position. Vous savez, je suis élue d'une circonscription en Gironde qui abrite aujourd'hui la centrale nucléaire de Blaille. Et donc il est en discussion l'implantation de nouveaux EPR. Et donc moi, je le dis en tant que député de cette circonscription. « Oui, je souhaite que la centrale nucléaire du Blaillet accueille ces nouveaux EPR. » Et donc je dis au gouvernement, est-ce qu'ils vont, oui ou non, prendre en considération les demandes des élus locaux et faire venir des centrales nucléaires là où les élus le demandent ?
Et que je comprenne bien sur la politique énergétique, vous ne voterez pas par exemple la loi sur les énergies renouvelables qui prévoit notamment de faciliter l'installation de nouvelles éoliennes, notamment au fur.
Mais ça c'est un vrai problème, tout à fait. En effet, on attend de voir précisément le texte. A priori, on devrait ne pas la voter. Parce que moi, j'entends beaucoup d'élus locaux, et d'ailleurs c'est ce qui anime les réunions d'associations des maires par exemple, les élus locaux se sentent absolument dépossédés de leurs compétences en matière d'urbanisme et d'aménagement du territoire parce qu'ils ont l'impression qu'on va leur imposer des éoliennes sur leur territoire. Sauf que le Sénat a imposé le droit de veto pour le coup des élus locaux pour l'installation.
Oui, mais c'est passé au Sénat, ça va revenir à l'Assemblée nationale, et il va y avoir un paradoxe et peut-être une incompatibilité même entre ce qu'a voté le Sénat et ce qui risque de nous proposer le gouvernement qui, lui, veut s'entêter et veut continuer d'imposer des éoliennes et des éoliennes offshore au nom de ce prétendu mix énergétique qui, à mon avis... Et vous reprenez l'amendement du Sénat ? Vous pouvez reprendre l'amendement LR des Républicains à l'Assemblée à votre compte ? Tout à fait, on ne s'interdit rien.
À partir du moment où ça relève du bon sens, que c'est une demande des élus locaux et en plus que c'est conforme à notre programme, et je rappelle que nous, nous sommes opposés aux éoliennes, en effet, rien ne nous interdirait de reprendre cet amendement LR du Sénat.
Et pourtant, il y a une mesure qui devrait vous parler dans ce texte qui est de prévoir pour les riverains d'installation d'éoliennes une ristourne sur leur facture d'électricité. On n'est pas loin du circuit court, du localisme, de la souveraineté dont vous parlez systématiquement en matière de politique énergétique et environnementale.
Le problème, c'est que c'est du chantage, une fois de plus. Si on veut réduire la facture énergétique des contribuables, mettons le paquet sur le nucléaire qui nous permet d'avoir une énergie peu chère, décarbonée, propre, non intermittente, et surtout qui garantit notre souveraineté énergétique.
Edwige Diaz, député RN de la Gironde, et je précise aussi que vous êtes élu local en Nouvelle-Aquitaine à l'Assemblée régionale. Vous restez avec nous, 8h40. Voici le fil info avec Mathilde Romagnan.
Une revalorisation très attendue par les 800 000 familles monoparentales de France entre en vigueur aujourd'hui celle de l'allocation de soutien familial. Plus 50% en ce 1er novembre, elle atteint un peu plus de 180 euros par enfant. Les salariés de Duralex sont au chômage technique à partir d'aujourd'hui. Pour les 4 prochains mois, la production de verres de cantine fait une pause à l'usine de La Chapelle Saint-Mémin dans le Loiret. Les fours sont arrêtés pour réduire la facture d'énergie cet hiver. Le ministre de l'Intérieur sud-coréen présente ce matin ses excuses. Trois jours après la bousculade qui a fait 156 morts à Séoul, ce sont les premières excuses officielles après le drame.
Le chef de la police sud-coréenne a reconnu que la réponse des forces de l'ordre a été insuffisante ce soir-là. Ce mois d'octobre a été le plus chaud jamais mesuré en France. La température moyenne enregistrée sur l'ensemble du pays est légèrement supérieure à 17 degrés, soit entre 3 et 4 degrés, au-dessus de la normale, jour et nuit confondus. Record battu pour Horthèse dans les Pyrénées-Atlantiques où il a fait 33,8 degrés le 18 octobre. France Info
Le 8.30 France Info, Néhile à la Trousse, Lorrain Sénéchal. Avec Edwige Diaz, toujours député Rennes de la Gironde, je précisais que vous étiez élu en Nouvelle-Aquitaine parce que vous vous êtes rendu ce week-end sur le site de Sainte-Solines où se trouvent aussi des opposants à ce projet de méga-bassine. Il y a eu des manifestations ce week-end qui ont été émaillées d'incidents et de violences. Vous, vous étiez aux côtés des forces de l'ordre. Les manifestants veulent revenir demain à l'occasion de la reprise du chantier. Est-ce que vous craignez de nouvelles violences ?
Oui, je crains de nouvelles violences. Et surtout, je crains que ces personnes particulièrement radicalisées de l'extrême-gauche décident de vouloir monter une ZAD. Et c'est vrai que je me suis rendue samedi soir à Sainte-Solines, mais pas au lieu de la manifestation interdite. Bien sûr, moi je ne fais pas partie de ces députés qui transgressent les interdictions préfectorales. Mais je me suis rendue aux côtés des forces de l'ordre, déjà pour leur témoigner mon soutien, leur dire que comme eux, je déplorais qu'il y ait eu 66 blessés. Et je me suis aussi indignée...
Qu'est-ce que vous avez vu, vous ? Est-ce que vous avez vu des actes d'éco-terrorisme ?
Moi, surtout, ce que j'ai vu, c'est l'installation d'un grand chapiteau, de groupuscules qui sont quand même très très organisés. Et là, clairement, je pose la question à M. Darmanin, mais pourquoi il n'a rien fait pour empêcher cette installation ? Parce que je vous dis, moi j'ai vu des chapiteaux, j'ai vu beaucoup de monde, ils avaient leur tente, ils avaient leur lampadaire, ils avaient leur sonau, ils ont même tiré des feux d'artifice. Mais ce sont des éco-terroristes, c'est le mot utilisé par l'initiative. En tout cas, ce sont des éco-radicaux, ça c'est clair.
Et moi, je dénonce vraiment l'attitude irresponsable des parlementaires de la NUPES, qui ont été soufflés sur les braises, qui ont été provoqués les forces de l'ordre, et qui ont appelé carrément à la désobéissance. Je trouve que c'est celui de la NUPES qui en compte à la République.
Je remarque, pardon, mais que vous ne reprenez pas à votre compte le terme d'éco-terroriste ?
Non, parce que M. Darmanin, si vous voulez, lui, il est toujours... Voilà, il parle toujours très fort, mais derrière, il ne fait pas grand-chose. Je vous dis, il n'a rien fait pour empêcher l'installation de ce campement. Et OK, il a déployé beaucoup de forces de l'ordre, mais ces forces de l'ordre ne pourront pas rester là indéfiniment. Et c'était l'objet de mes discussions avec les gendarmes. Les gendarmes, ils sont éprouvés, on leur demande d'être partout, et ils ne vont pas pouvoir s'amuser à être les gardiens des addis.
Mais du coup, qu'est-ce qu'il faut faire ? Les occupants qui restent sur le terrain, ils sont sur un terrain prêté par un agriculteur qui est contre le projet. Il faut les déloger ?
En tout cas, moi, je pense en effet qu'il faut questionner ce propriétaire. Je ne sais pas si vous avez vu, mais il y a carrément des barricades, des tours de guet qui sont en train de se monter. Je pense en effet qu'il faut démanteler ces installations, et il faut interpeller ces black blocs. Il y en avait quand même 400, on les connaît, c'est toujours les mêmes. C'est ceux qui organisaient des dégradations pendant la crise des gilets jaunes, c'est ceux qui étaient les casseurs au moment des manifestations sur les retraites. Donc il faut en effet interpeller ces casseurs, les dissoudre. Et moi, je pose une question à M. Darmanin, qu'est-ce que faisaient ces 40 fichés S aussi ?
Pourquoi on n'arrive pas à suivre ces 40 fichés S ? Il y a le préfet de Paris qui était à votre place, le préfet de police, pardon, qui disait qu'on ne peut pas interpeller a priori. On interpelle une fois qu'ils sont passés à l'action,
on n'interpelle pas parce qu'ils se sont déplacés. Mais en effet, je suis d'accord avec vous, mais là, il y a eu un échec. On avait quand même 4000 manifestants, donc on aurait pu les voir arriver, on aurait pu procéder à des contrôles d'identité. Parce que dans le lot, maintenant, on sait qu'il y avait 400 black blocs et 40 fichés S. Moi, je m'étonne qu'il y ait eu seulement 6 interpellations. Et sur ces 6 interpellations, combien déboucheront à des condamnations ? Écoutez, je poserai très probablement la question au ministre.
Au-delà du mode d'action de ces groupes radicaux, il y avait 4000 manifestants. Est-ce que vous comprenez leur motivation contre ces méga-bassines ? Est-ce que vous comprenez leur opposition au projet ?
Non. En fait, ces gens-là s'opposent à tout. S'opposent à tout et font feu de tout bois. Moi, je considère aujourd'hui que la situation des agriculteurs est dramatique. On assiste premièrement à un vieillissement de la population. Les agriculteurs, beaucoup d'entre eux, vivent sous le seuil de pauvreté. On assiste malheureusement à deux suicides d'agriculteurs par jour. Mais pourquoi on est dans cette situation ? Parce que l'agriculture, aujourd'hui, vit mal. On devient déficitaire en matière d'exportation parce que nos agriculteurs sont confrontés à la concurrence internationale déloyale. Pourquoi ? À cause des traités de libre-échange. Les agriculteurs ne sont pas suffisamment revalorisés.
Oui, mais il est important, en effet, que pour assurer l'indépendance, la souveraineté alimentaire de la France, il faut que l'on puisse cultiver. Et donc, pour pouvoir cultiver, il faut pouvoir irriguer parce que si on n'arrive pas à irriguer, on ne pourra pas cultiver. Et du coup, quelle sera notre seule position ? Ça sera l'importation de produits alimentaires. Et donc, on remettra une pièce dans la machine et on amènera toujours plus d'importations et donc toujours plus de concurrence internationale déloyale. Et finalement, la situation de nos agriculteurs ne s'améliorera pas.
Les opposants disent aussi que c'est une question de modèle économique. On cultive du maïs, par exemple, qui consomme énormément d'eau. Est-ce qu'on ne pourrait pas cultiver autre chose pour éviter d'avoir ce type de projet ?
Eux, ils sont contre tout. Ils sont véganes, ils ne veulent plus d'animaux. Ils sont contre les boucheries. On assiste à l'agribashing.
Il y a quand même la Confédération Paysaine, pardon, aussi, qui est opposée au projet.
Il y a quand même beaucoup d'autres syndicats agricoles qui soutiennent ce projet. Parce que, écoutez, c'est une question de bon sens. Oui, les cultures ont besoin d'eau. Bon, il faut irriguer ces cultures parce que sinon, si on fait pression, on ne prend plus de maïs.
Au détriment de la nappe phréatique, c'est ça que disent les opposants ?
Alors, pas tout à fait, pas tout à fait. Mais juste pour revenir sur le maïs, si on ne produit plus de maïs, qu'est-ce qu'on fera ? On l'importera. On va l'importer d'où ? Du Brésil, là où ils mettent des OGM, là où ils arrosent sans régulation, là où ils font n'importe quoi. Et donc, on va encore affaiblir les agriculteurs à cause des traités de Mercosur, par exemple. Nous, au Rassemblement National, nous opposons à ce traité de Mercosur. Traité de libre-échange entre l'Union Européenne et le Brésil, je précise. Et le Brésil et l'Argentine.
Et le Brésil, là, qui vient de remporter l'élection, y est favorable, donc il revient sur la terre.
Voilà, nous, nous y sommes opposés. Et donc, pour la gestion de l'eau, écoutez, moi, j'ai lu un certain nombre d'études, et ils disent que ces bassines ne vont pas pomper beaucoup d'eau dans les nappes phréatiques. L'objet de ces bassines, c'est de récupérer l'excédent d'eau de pluie qui tombe l'hiver pour l'utiliser l'été. Donc, en fait, c'est un système d'irrigation qui me paraît tout à fait cohérent. Il faut bien sûr vérifier et surveiller les agriculteurs pour qu'il n'y ait pas de dérive, pour pas qu'il y ait de pompage dans les nappes phréatiques. Mais en l'occurrence, je pense que la priorité, c'est de se concentrer sur notre souveraineté alimentaire, sur le localisme.
Et oui, moi, je préfère que ce soit les agriculteurs français qui nous nourrissent.
Et pour qu'ils respectent les contreparties aussi, puisque l'une des premières bassines à Mosé-sur-le-Mignon, juste à côté de Saint-Solene...
Oui, qui a fait l'objet de dégradation il y a quelques mois aussi.
Et qui, d'après les militants écologistes, en fait, ne répond pas au contrat qui a été signé avec les agriculteurs qui devaient s'engager à réduire leur usage des pesticides. Aucun des 10 agriculteurs utilisant cette retenue ne l'a fait. Est-ce que là aussi, il faut être plus ferme sur les contreparties ? Je pense qu'il faut leur laisser un temps d'adaptation.
Mais vous savez, je ne connais pas...
Il faut accepter que ça prendra du temps ? Oui, il faut accepter que ça prendra du temps.
Ça prendra du temps parce que, comme je le disais, il n'y a aucun agriculteur qui utilise des pesticides par plaisir. Pourquoi ? Parce que déjà, ça coûte cher. On sait que le prix des engrais et du pesticide a explosé depuis la crise en Ukraine. Ensuite, ils savent que ça a un effet néfaste sur leur santé. Et la volonté des agriculteurs, c'est de nourrir la population dans les meilleures conditions possibles. Donc moi, je ne connais pas un agriculteur qui utilise des pesticides par plaisir. Donc oui, il faut un temps d'adaptation. Combien ? Là, les tribunes ? Peut-être quelques années, en fait, tant qu'on trouve des substituts qui soient acceptables.
Mais le problème, c'est que plus on fait peser de lourdeur administrative sur les agriculteurs, plus on continuera à déplorer le nombre de fermetures d'exploitation agricole. Je rappelle que ce sont 100 000 exploitations agricoles qui ont fermé ces 10 dernières années. Et donc, si on ne peut plus avoir d'agriculteurs, si on ne peut plus assurer notre souveraineté alimentaire, je vous le dis, on s'enfermera dans une logique d'importation. Et là, on ne pourra ni contrôler les pesticides qui sont utilisés. Je rappelle aussi que 25% des produits alimentaires qui sont importés, on constate de la fraude sur ces importations. Et donc, ça nous mettra en insécurité alimentaire totale.
Donc, si je comprends votre propos, on arrête d'embêter les agriculteurs pour reprendre une célèbre formule. Est-ce qu'on arrête d'embêter aussi, diriez-vous, les motards, les automobilistes ? Le Conseil d'État qui explique hier qu'en fait, le retard pris sur les engagements européens sur le contrôle technique des deux roues, eh bien, tout simplement, l'État s'est mis en illégalité. Oui, qu'on arrête... Vous, vous aviez parlé de raquettes de la Commission européenne. Et là, sauf que pour le coup, en la matière,
il y a une loi, elle est claire, il faut la respecter. Oui, alors, plusieurs aspects. Mais déjà, si vous me permettez de faire un focus sur ce que je dénonce, c'est-à-dire le matraquage fiscal des automobilistes et des motards. Pardon de le dire, mais les automobilistes, aujourd'hui, n'en peuvent plus d'être les vachalés de ce gouvernement. On le voit avec l'augmentation du prix des carburants, l'augmentation du prix des péages.
Là, il s'agit du contrôle technique des deux roues. Ce n'est pas du matraquage fiscal. C'est une directive européenne qu'on doit appliquer depuis 2014.
Non, mais en fait, tout ça, c'est dans la même philosophie. Donc, je vous le disais, matraquage fiscal à cause de l'augmentation du prix des carburants, du prix des péages, le prix de l'augmentation de la carte grise aussi, l'instauration des soi-disant zones à faible émission qui vont se transformer en zones à forte exclusion. Et maintenant, la question des motards. Oui, moi, je connais beaucoup de motards. Et vraiment, je tiens à les saluer pour leur dire que je sais que ce sont des personnes précautionneuses. Voilà, il y a 2,5 millions de bikers en France. Ce sont des personnes précautionneuses qui font...
Mais d'accord, mais c'est une directive européenne qu'il faut qu'on applique. Comment on fait, Edwige Diaz ?
Ils font attention à leur moto. Et oui, nous, au RN, nous disons qu'il faut lutter contre ces directives européennes qui se substituent clairement aux droits français. Donc, on désobéit. Non, on ne désobéit pas, mais on va négocier. Nous, on n'est pas à la NUPES. On ne veut pas proclamer la désobéissance. Par contre, nous croyons en la diplomatie. Nous croyons en la négociation. Et oui, pour le coup, je pense que cette directive européenne est déplacée, ne répond pas à des objectifs. Et par contre, je voudrais aussi souligner la responsabilité du gouvernement dans cette affaire, parce qu'en fait, c'est le Conseil d'État qui a annulé un décret signé par le gouvernement.
Mais qu'est-ce que disait, du coup, cette directive européenne ? Elle demandait à la France d'anticiper et de trouver des solutions alternatives. Oui, c'est soit le contrôle technique,
soit des solutions alternatives.
Et comme le gouvernement n'a pas mis le paquet sur les solutions alternatives en matière de sécurité, notamment pour les deux roues, je pense par exemple à la rénovation des routes ou à la multiplication de l'éclairage, eh bien, le gouvernement s'est fait taper sur les doigts parce qu'il n'avait pas été assez loin dans les propositions de lutte contre l'insécurité routière. Et donc, il en est réduit à imposer le contrôle technique aux deux roues.
Edwige Diaz, vous restez avec nous, député.
Moins pénalisant possible pour les deux roues, dit ce matin le ministre des Transports.
Et par l'instant, il y a un flou sur l'entrée en application, je le précise toujours. Edwige Diaz, vous restez avec nous, député RN de Gironde. Le fil info, 8h51, Mathilde Romagnon.
Après le rejet hier à l'Assemblée nationale de deux motions de censure, le projet de budget de la sécurité sociale a bien été adopté en première lecture. Hier, les députés ont voté contre l'avis du gouvernement des amendements pour rajouter près de 12 milliards d'euros à la rénovation thermique des logements. En Ukraine, l'approvisionnement en eau et en électricité a été rétabli à Kiev. Des frappes russes avaient provoqué hier des coupures massives dans la capitale. Jair Bolsonaro ne s'est toujours pas exprimé pour reconnaître sa défaite. Après la victoire de Lula à l'élection présidentielle brésilienne, les autorités s'attendent à des manifestations de ses partisans à Brasilia.
La sécurité est donc renforcée dans la capitale. Hier, des camionneurs pro-Bolsonaro ont bloqué les autoroutes dans plusieurs états du pays. Victoire obligatoire ce soir pour Marseille en Ligue des champions de football. L'OM reçoit Tottenham pour le compte de la sixième et dernière journée de la phase de groupe. Les Marseillais doivent gagner s'ils veulent aller en huitième de finale. Coup d'envoi à 21h. France Info
Le 8.30 France Info Néhile à la trousse Laurin Sénéchal
Toujours avec Edwige Diaz, députée RN de Gironde. La fin de vie, est-ce qu'il faut faire évoluer le cadre juridique d'après vous en France pour introduire l'aide active à mourir ?
Alors pour l'instant, non. Au Rassemblement National, nous considérons que la loi Léonetti est suffisante et nous considérons qu'il faut se cantonner à cette loi. En revanche, cette question de la fin de vie nous permet de mettre un peu de lumière sur ce problème de désertification médicale. En France, il y a un quart des départements qui ne disposent pas de centres palliatifs.
Vous préférez accompagner les personnes pour...
Oui, en fait, nous souhaitons respecter le choix des malades. Nous nous opposons à l'acharnement thérapeutique. Mais en tout cas, ce que nous voulons avant tout, c'est accompagner les malades et donc faire en sorte que l'hôpital ne soit pas une fois de plus le parent pauvre de cette discipline médicale. Et nous voudrions en effet qu'il y ait des centres palliatifs, donc des centres de fin de vie dans tous les départements de France. Marine Le Pen dit souvent que ces questions de société doivent être traitées par la société. Donc il y a un référendum. Vous souhaitez un référendum sur la question ? Oui, tout à fait.
D'ailleurs, Marine a indiqué qu'au moment où cette loi arriverait à l'Assemblée Nationale, elle laisserait une liberté de vote à ses élus. Et oui, si nous étions au pouvoir, nous, en effet, nous proposerions un référendum aux Français qui se décident. Une convention citoyenne pour l'instant ? Pour vous, ça répond à la même logique ? C'est-à-dire de solliciter en fait ? Le problème, c'est que les conventions citoyennes, pardon de le dire, mais on a vu ce que ça a donné. Une convention citoyenne sur le climat, ça n'a rien donné. Les cahiers de doléances qui ont été mis à la disposition des citoyens dans les mairies au moment des gilets jaunes, ils sont restés dans les tiroirs.
Donc pardon de dire que je crois assez peu en cette convention citoyenne sur la fin de vie.
Alors vous élisez, vous, au Rassemblement National, ce samedi, un nouveau président. Je dis un président parce qu'il y a deux candidats hommes, en l'occurrence Jordan Bardella et Louis Alliot, le maire de Perpignan. Le vote s'achève demain. Vous soutenez Jordan Bardella, comme tout le monde, j'ai l'impression, au Rassemblement National. Il peut encore perdre ? Non, ce n'est pas possible.
Oui, c'est vrai. Moi, j'ai décidé de soutenir Jordan Bardella parce que j'estime que c'est le choix de la continuité. Jordan est un excellent candidat, ce qui n'enlève rien aux qualités de Louis Alliot que j'apprécie particulièrement par ailleurs. Mais elle sert à quoi cette élection ?
Voilà, puisque tout le monde est d'accord, finalement, au Rassemblement National. À quoi ça sert d'organiser cette élection ?
Voilà, il reste encore 48 heures pour que les adhérents du Rassemblement National votent. Mais je trouve que c'est bien qu'il y ait une élection démocratique dans notre mouvement parce que ça témoigne de sa maturité. Les deux candidats, moi, c'est ce qui me plaît chez les deux, c'est que les deux sont sur la ligne de Marine Le Pen. Et si je choisis Jordan, c'est précisément parce que je sais qu'il est capable de faire du Rassemblement National la machine électorale dont nous avons besoin pour gagner en 2027. Donc, nous mettrons l'accent sur la formation de nos cadres, la professionnalisation, quelque part, de nos militants.
Et puis, nous mettrons l'accent sur l'implantation locale parce qu'il ne vous aura pas échappé qu'avant 2027, il y a une élection importante. C'est 2026, ce sont les élections municipales. Et nous entendons obtenir encore plus d'élus que la dernière fois. Et nous entendons gagner plus de mairies que la dernière fois également.
Mais vous entendez ce que disent les proches de l'UALO ? Ils disent, justement, alors si l'objectif, c'est de préparer les élections locales, le profil idoine, c'est le maire de Perpignan qui a été député européen, conseiller régional, là où Jordan Bardella, élu de la région parisienne, n'a été élu que sur ce qu'on appelle des scrutins de liste, donc pas directement sur son nom. Ça veut dire qu'en fait, être le chouchou de Marine Le Pen, ça suffit.
Non, non, alors je pense que c'est très valorisant que vous disiez que c'est le chouchou de Marine Le Pen parce que, pardon de le dire, mais Jordan a été excellent sur tous les plateaux télé. Il est celui qui nous a fait gagner les élections européennes. Il est celui qui nous a mené vers ses scores historiques, que ce soit à la présidentielle ou aux élections législatives quand il était président par intérim. Mais juste, il y a peut-être un détail qui vous a échappé. C'est que si Jordan gagne comme je le souhaite, vous savez, Louis Alliot ne sera pas écarté des instances. Jordan a justement proposé à Louis Alliot d'être son premier vice-président.
Donc Louis Alliot pourra faire bénéficier de son expérience qui est réelle au sein de la nouvelle direction du Rassemblement National et donc bien sûr que Jordan s'appuiera sur l'expérience de Louis Alliot.
Et il aura les mains libres pour réorganiser le parti. C'est le reproche qui revient souvent quand on s'intéresse à l'histoire du Front National ou du Rassemblement National. C'est de dire Marine Le Pen décide de tout. Est-ce que là, c'est lui qui sera pleinement président du parti ?
Je vois ce que vous voulez dire parce que moi aussi j'ai dû lire les mêmes articles que vous, les articles de presse qui sous-entendaient qu'en effet Jordan ne serait pas libre. Alors ce qui m'étonne dans ces articles de presse c'est que c'est toujours des voix en off. On ne sait jamais qui dit ça. En tout cas, moi, je peux vous garantir que je ne connais pas un élu. Mais qu'ils ne disent pas qu'aux journaux des articles.
Ils disent aussi à nous au service politique de France Info.
Je n'ai jamais vu qui avait dit ça. Par contre, tout ça pour vous dire que moi je ne connais pas un député qui n'a pas confiance en Jordan Bardella et moi je me réjouis que notre mouvement politique, que notre famille politique soit suffisamment puissante aujourd'hui pour marcher sur ses deux jambes. C'est-à-dire à la fois Marine Le Pen qui dirige brillamment le groupe des députés à l'Assemblée nationale et à la fois un président de parti en la personne de Jordan Bardella qui pourra organiser le parti pour faire en sorte que nous soyons un groupe très très puissant capable de gagner les élections en 2027.
Vous évoquiez les élections intermédiaires en tout état de cause. C'est lui qui est amené à mener la bataille des européennes dans deux ans comme il l'a mené lors des dernières élections.
Vous le souhaitez ? En tout cas, c'est ce que je souhaite. C'est ce que je souhaite parce qu'en 2019 il nous a permis de remporter ces élections. Il a permis d'insuffler la dynamique qui nous a poursuivis au moment des élections municipales de 2020, les élections départementales et régionales de 2021, l'élection présidentielle de 2022 et l'élection législative de 2022.
Toutes ces élections se sont couronnées par des succès et bien sûr, on doit beaucoup de choses à Marine mais on doit aussi beaucoup de choses à Jordan et à tous les militants du Rassemblement National parce que ça, je pense vraiment ce qui fait notre force par rapport à nos autres partis c'est que nous, nous avons des structures fédérales, nous avons des délégués départementaux qui font leur travail, des militants qui sont très impliqués, plein de convictions et c'est pour ça, c'est grâce à toute cette famille politique qu'on arrivera à gagner en 2021.
Merci beaucoup, député RN de Gironde, invité du 830 de France Info. Bonne journée à vous.
Edwige Diaz