Gabriel Attal constate "une faillite" dans l'anticipation du 17 octobre et exige qu'il y ait "très vite des exemples, des images"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:37OuverteRéponse directe
Quelle est l'urgence selon vous ?
- 1:23RelanceRéponse partielle
Faut-il déployer l'armée pour rétablir l'ordre ?
- 1:43OuverteRéponse directe
Qui a failli selon vous ?
- 2:22OuverteRéponse directe
Quelles mesures prendre dès hier soir ?
- 4:38OuverteRéponse directe
Le président aurait dû accepter la démission du ministre de l'Intérieur ?
- 5:26OuverteRéponse directe
Vous avez été caricaturé sur l'autorité, pourquoi ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:29Invité politiqueFait
« Le chef de l'État reconnaît aussi des défaillances d'anticipation et de renseignements. »
- 2:28Invité politiquePromesse
« Il fallait décréter l'état d'urgence. »
- 4:34Invité politiqueFait
« Tu casses, tu répares, tu salis, tu nettoies, tu défies l'autorité, on t'apprend à la respecter. »
- 5:59PrésentateurFait
« J'ai annoncé un projet de loi de lutte contre la délinquance des mineurs qui devait être examiné par le Parlement à l'été 2024. »
- 8:20PrésentateurFait
« J'ai pris la décision de bloquer l'accès à un réseau social sur le territoire de la Nouvelle-Calédonie. »
Temps de parole
- Présentateur79 %
- Gabriel Attal17 %
- ?4 %
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À 7h43, l'invité d'RTL Matin. Bonjour Gabriel Attal.
Bonjour Céline Landreau.
Candidat Renaissance à la présidence de la République, nous ressentons de la honte et de la colère. Ça c'est ce qu'a dit Emmanuel Macron hier soir lors de son allocution complétée. Donc ce matin, à 7h, par un communiqué de l'Elysée, pour expliquer d'abord que le président avait refusé la démission de son ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, qu'il lui avait demandé de mettre en place de nouveaux modes d'action face aux casseurs. Le chef de l'État reconnaît aussi des défaillances d'anticipation et de renseignements. C'est un aveu d'échec, ce communiqué matinal de l'Elysée, Gabriel Attal
? D
'abord, il y a une urgence,
c
'est de rétablir l'ordre. Et les Français n'attendent qu'une seule chose,
pas
une nuit de plus.
C
'est ça qu'attendent les Français aujourd'hui.
Et
donc, il doit y avoir des décisions qui permettent de le garantir.
D
'abord, il faut que l'ensemble des forces de l'ordre de notre pays soient concentrées sur la protection des Français et la protection des biens. On a su le faire, j'étais Premier ministre à l'époque des Jeux Olympiques. Toutes les forces de l'ordre, il n'y
avait
plus de congés,
il
n'y
avait
pas de repos. Ils étaient tous concentrés sur un objectif. Est-ce qu'il
y a
encore des forces de l'ordre aujourd'hui qui sont chargées de garder en statique des bâtiments ? Si c'est le cas, ils doivent être envoyés sur le terrain. Et s'il faut temporairement, ils ne
sont
pas là pour faire du maintien de l'ordre, donc juste
pour
tenir des bâtiments publics en statique, avoir recours à des forces armées, il faut le faire.
C
'est ça que vous demandez aujourd'hui aux chefs de l'État, c'est
de déployer
l'armée pour remettre de l'ordre dans le pays ?
Non, parce qu'elle n
'est
pas chargée du maintien de l'ordre. Ce que je dis, c'est qu'il faut que l'ensemble des forces de police et de gendarmerie aujourd'hui soient concentrées sur un objectif, qui est d'assurer la sécurité des Français. Et que si sur certaines missions, ils peuvent être remplacés qui ne sont pas du maintien de l'ordre, ils le sont temporairement, il faut le faire. Deuxième chose.
Ce que
vous dites aussi, c'est que le pouvoir a failli.
Manifestement, évidemment. D'abord, la responsabilité première, c'est celle des casseurs. Et j'entends les responsabilités politiques qui se sont demandées, d'un côté vers les filles, de l'autre vers le gouvernement. Mais n'oublions pas de rappeler que la première responsabilité, elle est celle des casseurs. Deuxièmement, il y a manifestement une faillite dans la capacité à anticiper et à gérer cet événement. Et troisièmement, il y
a
des responsables politiques qui soufflent sur les braises, qui considèrent que la violence est légitime. Voilà pour moi les responsabilités. Mais je vais au bout parce que je pense que les Français, ce matin, je vais vous dire, ils n'en sont pas encore à se demander les responsabilités.
Ils
veulent juste que ça s'arrête et qu
'il
n
'y ait
pas une nuit de plus. Là,
deuxième chose. Mais ça veut dire qu
'il fallait prendre des mesures dès hier soir. Lors de son allocution, le chef de l'État n'a pas pris de mesures fermes. Il fallait décréter l'état d'urgence. Il
fallait restaurer un couvre-fait. Dis-moi
ce que je considère qui doit être fait aujourd'hui pour régler cette situation. Ensuite, je le dis, il faut que tous les moyens,
y
compris administratifs, qui peuvent être utilisés le soient. Donc, perquisition administrative, assignation à résidence. S'il faut pour ça décréter un état d'urgence, il faut le faire. Mais ça doit servir des mesures qui vont être utiles pour régler le problème. Ensuite, trois.
Il
faut qu
'il
y
ait
très vite des exemples.
Il
faut que les Français et les jeunes voient 48 heures après le début de ces événements que vous avez des personnes qu'on va chercher chez elles parce qu'elles ont été identifiées. Et pardon, mais quand on regarde aujourd'hui et quand on voit que vous avez des jeunes qui, sur les réseaux sociaux ou sur des plateformes de vente en ligne, s'affichent avec des biens qui ont été volés pour les revendre, on doit pouvoir en identifier un certain nombre. Et on doit pouvoir aller les chercher pour faire des exemples. On ne
peut
pas faire dans la dentelle aujourd'hui. Ce qui entraîne ce mouvement et qui fait que ce mouvement se poursuit, c'est une forme de sentiment d'impunité qui est renvoyée. Donc, il faut des exemples et il faut des images. Et il y a la possibilité aujourd'hui d'aller chercher des personnes qui sont identifiées. Il y a des choses qui ont été volées,
matériel
informatique qui, à mon avis, peuvent être géolocalisés. Il y a par ailleurs des annonces qui sont mises en ligne. Il y
a
un grand nombre de vidéos qui ont été postées sur les réseaux sociaux. Et pour l'avenir, d'ailleurs, je plaide pour ça depuis très longtemps, il faudra qu'on puisse utiliser la reconnaissance faciale et l'intelligence artificielle pour identifier des personnes via des vidéos, soit de vidéoprotection, soit des vidéos qui sont postées en ligne. Mais je le dis ici, Céline Landreau, ça, c'est le court terme. C'est ce qui peut être fait pour rétablir la situation, pour garantir le maintien de l'ordre d'ici à
l
'élection présidentielle. Et ensuite, il y
aura
un certain nombre de choix à faire. Parce qu'on
n'est pas que dans une
question de maintien de l'ordre.
On
est dans une question civilisationnelle. Comment on peut accepter et comment on peut regarder une partie de la jeunesse qui considère qu'il
y a
une telle impunité et une telle absence de collectifs qui peuvent, la nuit, aller piller, aller frapper, aller s'en prendre à des commerçants ? C'est ça, le vrai sujet. Et moi, j'ai été caricaturé parfois pour mon attente d'autorité. Quand j'ai dit tu casses, tu répares, quand j'ai présenté un projet de loi de lutte contre la
délinquance des mineurs... Mais juste, sur le court terme,
le président de la République aurait dû accepter en l'état la démission de son ministre de l'Intérieur ?
Ça fait
partie des symboles qui sont nécessaires aussi ?
Je vais vous dire, je comprends que le ministre de l'Intérieur ait présenté sa démission.
Et
je comprends que le président de la République l
'ait
refusé dans le cœur de la crise. Parce que là, vous avez encore hier soir des événements. Je pense que dans ce très court terme de gestion de la crise, on n'a pas besoin d'avoir le moindre balbutiement à la tête du ministère de l'Intérieur. Donc, voilà ma réponse sur ce sujet-là. Mais encore une fois, il
y
a le court terme et il
y a
ensuite ce qu
'on
peut faire sur le long terme. Et je me mets à la place des Français qui nous écoutent, qui sont en colère, qui sont inquiets pour certains, qui ont peur. Je veux leur dire qu'il n
'y a
pas de fatalité. Avec des décisions fortes, des décisions prises, des décisions assumées, des décisions tranchées, c'est possible d'agir. Je leur dis aussi de se méfier de ceux qui crient le plus fort.
Parce que crier, ça n'est pas... Alors,
Gabriel,
vous parlez des mots.
Vous, vous avez été, vous l'avez dit, un petit peu caricaturé. Il
y
a trois ans, en janvier 2024, lors de votre discours de politique générale, vous assénez avec force devant les parlementaires. Tu casses, tu répares, tu salis, tu nettoies, tu défies l'autorité, on t'apprend à la respecter. On n'a pas l'impression que près de trois ans plus tard, cette leçon sur l'autorité, elle ait été comprise. Vous avez failli, vous aussi ?
Je suis arrivé à Matignon. J'ai dit qu'un des problèmes de la France, c'est le défaut d'autorité
et
le sentiment d'impunité.
Et vous n'avez pas réussi à la restaurer
? Et donc
j'ai dit, effectivement, tu casses, tu répares, tu salis, tu nettoies, tu défies l'autorité, on t'apprend à la respecter. J'ai annoncé un projet de loi de lutte contre la délinquance des mineurs qui devait être examiné par le Parlement à l'été 2024. Qu'est-ce qui s'est passé entre-temps
?
La dissolution,
qui
m
'a
empêché d'aller au bout de ce texte. Et vous vous rendez compte, Céline Landreau, que ça va faire deux ans
? Et
c'est deux ans après qu'arrive le texte casseur-payeur au Parlement, puisque c'est en octobre qu'il va être examiné par le Sénat. Vous vous rendez compte du temps perdu à cause de la dissolution sur ce sujet ? C'est vrai que j'ai été caricaturé sur ce sujet. Je l'ai été, vous savez, quand j'ai été secrétaire d'État à la jeunesse et que j'ai voulu rétablir le service national universel. Je l'ai été quand j'ai été ministre de l'Éducation nationale et que
j
'ai voulu une autorité et des sanctions plus fortes à l'école. Je l'ai été quand j'étais Premier ministre et que
j
'ai voulu une loi pour lutter contre la délinquance des mineurs. La réalité, c'est que nous avons un problème civilisationnel avec une partie de la jeunesse qui considère qu'il n'y a aucun collectif et que donc on peut faire ce qu'on veut
et
que par ailleurs, il y a une telle impunité qu'on ne risque pas de venir nous chercher quand on commet de la délinquance. C'est ça le problème profond que nous avons aujourd'hui. Et pardon, je ne l'ai pas identifié aujourd'hui puisque vous l'avez rappelé, j'ai eu l'occasion dans toutes mes fonctions de vouloir agir sur ce sujet.
Sans pouvoir le régler. Dans ce contexte, la manifestation du 5 novembre prochain, l'appel des syndicales, doit pouvoir se tenir, Gabriel Attal
? La
France, c'est un grand pays, une grande démocratie. On ne peut pas accepter qu'il ne
puisse
plus y avoir de manifestation en France. Et je le dis ici, parce que malheureusement, on est tellement occupé à parler de ces problèmes de sécurité et de violence. Il y a des Français, ce week-end, qui ont manifesté totalement pacifiquement, totalement dans le respect des lois de la République, qui ont des revendications qui ont évidemment leur légitimité, qu'il faut entendre et auxquelles il faut répondre.
Pour éviter que ça dégénère. Évidemment qu
'il y a une réponse
sécuritaire à cette crise qui est absolument nécessaire, mais la réponse ne peut pas être seulement sécuritaire. Et je le dis ici, moi je n'oublie pas les revendications des jeunes notamment qui se sont mobilisés, je n'oublie pas les attentes des Français qui sont descendus dans la rue, je n'oublie pas par ailleurs les attentes des Français qui ne sont
pas descendus
dans la rue mais qui n'en pensent pas moins, sur lesquels il faut des
réponses. Pour
éviter que ça dégénère le 5 novembre prochain, Valérie, sur l'application RTL, s'interroge et nous dit pourquoi on ne coupe pas les réseaux sociaux lors de ces rassemblements
?
Je vais vous dire, vous avez des phénomènes d'émeute dont on voit qu'ils passent à travers les réseaux sociaux. C'est-à-dire que vous avez à la fois des points de convergence et de rassemblement qui sont organisés via les réseaux sociaux. Et du coup on les coupe ? Je dis bien. Et deuxièmement, vous avez un mimétisme qui est organisé par les réseaux sociaux.
Il
se trouve que quand j'étais Premier ministre et que nous avons eu des émeutes en Nouvelle-Calédonie, j'ai pris la décision de bloquer l'accès à un réseau social sur le territoire de
la
Nouvelle-Calédonie.
D'ailleurs l'État a été
condamné pour ça ?
Temporairement. Le Conseil d'État a dit qu'on pouvait bloquer des réseaux sociaux
mais que le cadre réglementaire n
'avait pas été respecté.
En l
'occurrence, là, il y avait une question de proportionnalité. Je le dis ici, évidemment, que ça doit faire partie des outils qui doivent pouvoir être utilisés si le mouvement se poursuit et qu'il est établi comme c'est le cas aujourd'hui que les réseaux sociaux sont utilisés pour cela. Il faut que ce soit un blocage temporaire ciblé sur les territoires où se déroulent les émeutes parce qu'encore une fois, vous avez des points de convergence qui se font via les réseaux sociaux et vous avez un mimétisme qui s'organise. Vous avez des jeunes qui sont chez eux, qui voient leurs camarades, qui vont piller, qui donnent le sentiment que c'est en impunité. Ils le voient sur les réseaux sociaux.
Ils y vont aussi. C'est ça qui est en train de se passer.
On est à six mois, presque jour pour jour, du premier tour de la présidentielle, il
faut une campagne
normalement dans un contexte pareil
? Il
faut une vraie campagne. On parlait à l'instant, François Langlais parlait des questions financières qui sont absolument majeures aujourd'hui. On parle de ces questions d'autorité. Il y a beaucoup de sujets sur lesquels on est attendu par les Français. Et par ailleurs, je le dis, tout cela montre qu'il faut un nouveau pacte pour la jeunesse. Ce n
'est
pas possible de voir à la fois des jeunes qui veulent étudier, qui veulent bien faire, qui ont envie de trouver une place dans la société et qui n'y arrivent pas pour des raisons, de moyens qui se sont mis à l'école. Et deux,
ce
n
'est
pas possible d'avoir des jeunes qui se livrent à une violence en toute impunité et qui manifestement n'ont pas la volonté de faire partie de la nation.
Et vous réclamez donc des exemples.
On
l'a compris ce matin. Merci Gabriel Attar. Merci.
Gabriel Attal