Florian Philippot : "L'Union européenne a joué avec le feu en encourageant les régionalismes"
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De quel côté vous êtes, Florian Philippot ?
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Le phénomène en Corse, vous ne l'inscrivez pas dans cette épure-là ?
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Ils n'ont pas sauté sur l'occasion, mais ils ont été élus de manière majoritaire au Conseil européen.
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Alors, vous êtes persuadé du résultat ?
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Ah mais s'il y a un récent...
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Mais vous avez noté que ces provinces dont on parle, la Catalogne, c'est aussi le cas de l'Écosse, sont très europhiles.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« En l'occurrence du côté du droit. Donc du point de vue du droit et de la constitution espagnole, le référendum n'était pas légal. »
- 0:26Invité politiqueFait
« Et la Catalogne ne peut pas déclarer comme cela unilatéralement son indépendance. »
- 0:46Invité politiqueFait
« C'est une vieille question politique qui est probablement aggravée par la montée des inégalités entre régions. »
- 0:54Invité politiqueFait
« On a vu, je crois que c'était le 22 octobre, un référendum en Italie où la Lombardie, la Vénécie ont voté pour plus d'autonomie, des régions plus riches. »
- 1:15Invité politiqueFait
« Oui, mais je crois qu'on est très très loin d'une demande d'indépendance en Corse parmi nos compatriotes de Corse. »
- 1:40Invité politiqueChiffre
« Je rappelle que M. Talamoni a fait 7% des voix. Il faut remettre les choses à leur place. »
- 1:51Invité politiqueFait
« Donc il y aura des élections en décembre, bien sûr. »
- 2:00Invité politiqueFait
« Et pourquoi pas, depuis le départ, avoir organisé un scénario, un processus à l'Écossaise, où on serait allé tranquillement vers un référendum légal. »
- 4:38Invité politiqueFait
« la dernière fois qu'il s'est exprimé sur la question européenne, c'était en 2005 par référendum, il avait dit non. »
- 4:44Invité politiqueFait
« Ça a été même trahi par le traité de Lisbonne. »
- 6:03Invité politiqueFait
« Regardez le glyphosate. On peut nous imposer une continuation du glyphosate, qui est pourtant présumée cancérogène, alors même que nous, France, on souhaiterait dire non. »
- 6:13Invité politiqueFait
« On peut faire la même chose sur le traité de libre-échange CETA avec le Canada. »
- 9:12Invité politiqueChiffre
« On doit approcher les 5 000 aujourd'hui. »
- 9:22Invité politiqueChiffre
« Nous avons une trentaine d'élus régionaux, 3 euros députés et quelques dizaines de conseillers municipaux. »
- 10:22Invité politiqueFait
« Le seul vrai économiste du mouvement, qui est M. Philippe Murer, travaille maintenant avec nous. »
- 11:00Invité politiqueFait
« Sur l'euro, par exemple, on verra. »
- 11:50Invité politiqueFait
« Jamais. Alors, surtout s'il tourne le dos à la souveraineté nationale, comme il le fait maintenant. »
- 12:10Invité politiqueFait
« l'euro n'est pas adapté. »
- 12:30Invité politiquePromesse
« que oui, on peut avoir un patriotisme ancré, connecté à la société française de 2017, ouvert, positif, moderne »
- 14:00Invité politiqueFait
« comment le faire si on n'a pas les instruments politiques pour le faire ? Si on n'a pas nos frontières nationales, si on n'a pas notre droit national qui puisse résister aux injonctions des juges européens »
- 19:00Invité politiquePromesse
« Je serai candidat en 2019 oui très probablement oui bien sûr »
- 22:46Invité politiqueFait
« moi je trouve que le CETA donc l'accord avec le Canada est un drame pour l'agriculture européenne et française en particulier »
- 23:25Invité politiqueFait
« on n'a même pas le droit aujourd'hui de rétablir la double peine »
- 23:32Invité politiqueFait
« moi j'étais favorable au projet de Guénaud en 2007 d'union de la Méditerranée »
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Et notre invité ce matin sur France Info est Florian Philippot. Jean-Michel Apathy.
Bonjour Florian Philippot.
Bonjour.
Les Catalans réclament une indépendance, du moins les dirigeants de la Catalogne réclament une indépendance que l'Espagne leur refuse. De quel côté vous êtes, Florian Philippot ?
En l'occurrence du côté du droit. Donc du point de vue du droit et de la constitution espagnole, le référendum n'était pas légal. Et la Catalogne ne peut pas déclarer comme cela unilatéralement son indépendance. C'est commode le droit ? C'est surtout indispensable. Parce que sans droit, il n'y a pas d'état de droit et c'est le chaos permanent. Maintenant, il y a un fait. Je veux dire, d'abord la réalité catalane, l'affaire catalane n'est pas née il y a six mois. C'est une vieille question politique qui est probablement aggravée par la montée des inégalités entre régions. Là on voit des phénomènes en Europe.
On a vu, je crois que c'était le 22 octobre, un référendum en Italie où la Lombardie, la Vénécie ont voté pour plus d'autonomie, des régions plus riches. On voit le phénomène entre Flamand et Wallon en Belgique, avec également des dispersions de richesses de plus en plus fortes depuis une cinquantaine d'années.
Le phénomène en Corse, vous ne l'inscrivez pas dans cette épure-là ?
D'abord, ils ne correspondent pas du point de vue économique, puisque malheureusement pour la Corse, elle est quand même plus pauvre que la moyenne.
Mais il y a une revendication identitaire en Corse ?
Oui, mais je crois qu'on est très très loin d'une demande d'indépendance en Corse parmi nos compatriotes de Corse. Ça, je n'y crois pas une seule seconde, même s'il y a des mouvements autonomistes qui ont sauté sur l'occasion, comme M. Talamoni, qui a déclaré qu'il était très heureux de la situation catalane.
Ils n'ont pas sauté sur l'occasion, mais ils ont été élus de manière majoritaire au Conseil européen.
Je rappelle que M. Talamoni a fait 7% des voix. Il faut remettre les choses à leur place. Il dirige aujourd'hui... Donc moi, je vais dire, quand il y a un problème comme cela, généralement, la clé, c'est le retour au peuple. Donc il y aura des élections en décembre, bien sûr. Et pourquoi pas, depuis le départ, avoir organisé un scénario, un processus à l'Écossaise, où on serait allé tranquillement vers un référendum légal. Et on a bien vu d'ailleurs qu'en Écosse, les Écossais ont fait le choix de rester dans le Royaume-Uni. Et je suis assez persuadé que, d'ailleurs, au final, les Catalans feraient le choix de rester dans l'espace.
Alors, vous êtes persuadé du résultat ?
Maintenant, s'ils faisaient le choix inverse, il faudrait les écouter. Voilà, c'est ça. Ah oui ?
Bien sûr. Parce que quand on se livre à l'élection, on accepte le résultat. Ah mais s'il y a un récent... Et si une majorité de Catalans, le 24 décembre ou le 21 décembre, je crois, disaient, nous, on préfère confier notre avenir aux indépendantistes,
alors il faudrait les écouter. Ah ben, il n'y a pas de raison qu'on n'applique pas ce principe de libre détermination des peuples partout, sauf là-bas. Alors, on va juste regarder. Mais si vous voulez, réfléchissons aussi à ce qui se passe un peu partout en Europe. Je vois l'Union européenne bien embêtée par cette affaire, mais elle a quand même joué avec le feu. En encourageant les régionalismes, par ses politiques d'austérité, en aggravant les inégalités entre territoires, en créant le comité des régions, en incitant aux euro-régions des deux côtés des frontières, elle a joué avec le feu.
Alors aujourd'hui, évidemment, elle préfère avoir un État espagnol un peu servile, de toute façon, puisque l'État espagnol n'a jamais remis en cause une seule seconde Union européenne à la Catalogne. Mais on voit que le phénomène des politiques européennes a aussi contribué à faire éclater les États-nations.
Ça met à mal votre analyse de la nation. Ce que vous dites là, met à mal, alors c'est un peu compliqué peut-être de retrouver cela en quelques secondes, mais ça met à mal l'analyse des nations indépassables. Les nations se sont faites, elles peuvent se défaire. Et c'est ça que nous apprend l'histoire catalane. Et ce qui vaut pour l'Espagne vaut pour la France.
Je ne le souhaite pas. Ah non, ça ne se trouve pas. Je pense que nous ne sommes pas organisés de la même manière.
Mais sur le plan des principes, ça peut se produire.
Oui, mais l'Espagne n'est pas du tout constituée de la même manière que la France, et constituée aujourd'hui de généralités, de grosses régions assez autonomes, ce qui n'est pas le cas de la France, et je ne le souhaite pas pour la France. Les Français sont très attachés à leur État-nation, et là, peut-être que par cette aventure catalane, les Français doivent se dire « soyons très attachés à l'unité nationale ». Mais vous êtes bien précieux, y compris Outre-mer. Parce que le seul référendum, moi, qui peut m'inquiéter en France, c'est l'affaire de la Nouvelle-Calédonie. Normalement l'an prochain.
Je souhaite vraiment, vraiment que nos compatriotes de Nouvelle-Calédonie fassent le choix de la France, évidemment.
Mais vous avez noté que ces provinces dont on parle, la Catalogne, c'est aussi le cas de l'Écosse, sont très europhiles. veulent rester dans l'Europe, dans l'Union Européenne.
Mais ça, c'est un choix qui leur reviendra aussi. S'ils souhaitent une consultation sur ce sujet-là, ils la feront également. Mais on ne peut pas présumer des choses à l'avance. En tout cas, moi, ce qui m'intéresse, c'est l'avenir du peuple français, en premier lieu. Et il se trouve que le peuple français, lui, la dernière fois qu'il s'est exprimé sur la question européenne, c'était en 2005 par référendum, il avait dit non. Et que ça n'a pas été respecté. Ça a été même trahi par le traité de Lisbonne. Mais après, il n'y a pas eu de référendum en France. Il n'y a même pas eu de vrai débat sur la question en France.
C'est un autre débat, mais c'est vrai que les dirigeants catalans disent sortir de l'Espagne, oui, rester dans l'Europe, oui, mais rester dans l'euro aussi. Surtout ne pas changer de monnaie.
Oui, mais souvent, ces séparatismes ou ces régionalismes ne sont pas des vrais indépendantismes. Parce qu'ils souhaitent en réalité peut-être quitter un État-nation ou une nation pour se mettre sous une autre tutelle immédiatement. La tutelle monétaire, budgétaire, législative, diplomatique de Bruxelles et de Berlin. Pourquoi souhaiter-elle-t-elle-t-il cela ? Mais parce que souvent, les deux vont de pair. Souvent, Bruxelles a joué. Je vous l'ai dit tout à l'heure, Bruxelles a joué avec les régionalismes.
J'ai voulu vous poser la question. C'est qui Bruxelles ? Ce n'est pas Jean-Claude Juncker qui a un pouvoir ? Il a un peu plus de pouvoir que moi, on va dire, mais pas beaucoup de pouvoirs. Un petit peu plus. Un petit peu plus. Ce n'est pas le déus ex machina de nos vies.
Peu importe les hommes et les femmes.
Vous prêtez à Bruxelles des pouvoirs que Bruxelles n'a pas.
Il se trouve que Bruxelles, c'est-à-dire l'Union Européenne, est toujours dirigée par des gens qui ont la même idéologie. Une idéologie où les nations n'ont plus leur place. Ou même, je dirais que la démocratie n'a plus sa place. Parce qu'il faut quand même tirer le raisonnement jusqu'au bout. S'il n'y a plus de souveraineté nationale, de liberté des peuples, il n'y a plus de démocratie réelle. Regardez le glyphosate. On peut nous imposer une continuation du glyphosate, qui est pourtant présumée cancérogène, alors même que nous, France, on souhaiterait dire non. Mais on peut faire la même chose sur le traité de libre-échange CETA avec le Canada. On peut faire la même chose sur les OGM.
On peut faire la même chose sur beaucoup, beaucoup de sujets. Les quotas de migrants, etc. C'est-à-dire que ce n'est plus vraiment une démocratie. C'est cette idéologie-là.
Pourtant, elle est issue du vote. Vous-même, d'ailleurs, vous avez été élu aux élections européennes. Pour à peu près faire l'inverse. Moi, pour défendre une Europe des nations libres.
Et le gouvernement français ? Mais ça, non. Vous avez tort. Il n'y a pas de vote. Il n'y a pas de vote à la Commission européenne. Et la dernière fois, je vous ai dit que les Français se sont exprimés sur le sujet.
Ils ont dit non. L'organe fort, ce n'est pas la Commission. C'est le Conseil. Et le Conseil est composé de gens qui sont issus du vote. Donc dire qu'il n'y a pas de démocratie en Europe...
D'abord, c'est vite dit. L'organe fort, c'est le Conseil. Le Conseil est important. Enfin, la Commission a le monopole d'initiatives. C'est déjà pas mal. Le Conseil est sans doute. C'est-à-dire que c'est elle seulement... Dans le fonctionnement, le Conseil est sans doute. Il n'y a pas seulement cette Commission sous influence de lobby, généralement, qui peut décider de quoi on va parler. En tout cas, je voulais parler de ça sur la Catalogne pour montrer le risque de ce lien entre Union européenne et région. Le risque, c'est un éclatement des États-nations. Dieu merci, je crois qu'on n'en est pas là en France. Mais il y a d'autres pays qui sont plus concernés que nous.
Vous restez avec nous, Florian Philippot. Il est 8h40, l'essentiel de l'info avec Edwige Coupez.
La SNCF et sa filiale, Sistra, responsable du déraillement d'un TGV en Alsace. C'était en novembre 2015, à Egversheim. Une vitesse excessive dans une courbe. 11 personnes tuées et 42 blessés. L'enquête judiciaire que France 3 Alsace a pu consulter montre que l'équipage n'avait pas les compétences requises pour mener à bien ses essais. Il s'est jeté sur moi de manière très violente. J'ai cru mourir. Edna Ayari, ancienne salafiste devenue militante féministe, raconte sur France Info comment Tarek Ramadan l'a violée en 2012. Elle est la première femme à avoir porté plainte contre l'islamologue suisse, lui dément et se dit victime d'une campagne de calomnie.
Dernière ligne droite au procès Mera avant le verdict jeudi. Placeau, réquisition aujourd'hui. L'avocate générale devrait réclamer la condamnation des deux accusés, notamment d'Abdelkader Mera, aîné du tueur de Toulouse et de Montauban, accusé de complicité. Bientôt la fin des longues files d'attente dans les préfectures pour obtenir une carte grise. A partir de lundi prochain, toutes les démarches se feront sur internet. Cinq minutes pour remplir le formulaire en ligne. C'est déjà le cas pour les cartes d'identité et les passeports depuis le printemps dernier.
France Info. Florian Philippot, ex numéro 2 du Front National, député européen, président des Patriotes et l'invité de France Info ce matin, Jean-Michel Apathy.
Vous avez quitté le Front National il y a un peu plus d'un mois, le 21 septembre. Vous en êtes où aujourd'hui ? Un peu perdu, un peu solitaire ? Vous en êtes où ?
Ah non, ni perdu, ni seul. Non, non, je suis à la tête des Patriotes et nous développons le mouvement. Dans quelques jours, je commence ce Tour de France des initiatives locales. Nous sommes en train de structurer avec nos volontaires, avec nos référents départementaux, ce mouvement qui, lui, sait où il va. On doit approcher les 5 000 aujourd'hui. Vous étiez de 2 000 il y a un mois et vous êtes passé à 5 000 ? Oui, mais il se trouve que ça grossit vite et que nous avons de bonnes volontés qui sont là. Nous avons une trentaine d'élus régionaux, 3 euros députés et quelques dizaines de conseillers municipaux. Mais si vous voulez, notre ambition, c'est quoi ?
C'est de dire, voilà, le patriotisme français, il peut être extrêmement moderne, il peut être ouvert et surtout, il peut être crédible et professionnel pour arriver au pouvoir. Face à des Macron qui se succèdent, alors il s'appelle Sarkozy, il s'appelle Hollande, il s'appelle Macron. C'est toujours la même politique qui est menée, une politique de renoncement à la France. Et nous, nous souhaitons proposer quelque chose de très positif. Et nous publierons d'ailleurs le 7 novembre notre charte qui reprendra les premiers grands traits de notre projet avant l'événement de lancement qui aura lieu début 2018, où là, notre projet sera totalement présenté.
Alors, on verra.
Comme ça, le calendrier, il est fixé.
Deux adjectifs, ouvert et professionnel, avez-vous dit ? Alors, dans l'ordre professionnel, c'est une pique à l'endroit du Front National ?
Bah, c'est-à-dire que... Non, moi, je n'ai pas à me positionner par rapport au Front National.
Quand vous dites professionnel, on entend, avant, là où j'étais, ce n'était pas très professionnel.
Non, mais je trouve que la plupart des compétences qui œuvraient au Front National sont venues avec nous. Ah bon ? Le seul vrai économiste du mouvement, qui est M. Philippe Murer, travaille maintenant avec nous. Le spécialiste éducation, M. Avello, travaille avec nous.
Moi, ça va faire plaisir à tous ceux qui sont restés, là. Parce qu'il y a des économistes qui sont restés.
Moreau, Bernard Moreau ? Non, pas Bernard. M. Monod, mais il n'est pas économiste. Moi, je parle de gens qui sont économistes. Après, on peut toucher à l'économie. Moi, je touche à l'économie, je m'y intéresse, mais je ne suis pas économiste.
Vous avez vraiment l'impression que le Front National s'est vidé de sa substance ?
Écoutez, il suffit d'écouter, quand même. Regardez les dernières interventions de ses dirigeants ou de sa dirigeante principale. Ils ne savent plus ce qu'ils pensent. C'est impressionnant. Sur chaque sujet, c'est... Sur l'euro, par exemple, on verra. Oui, c'était à l'émission politique. Oui, c'est ça. Alors moi, je veux bien qu'on soit pour l'euro. C'est à peu près tout le système. On peut être contre et pour la reconstruction, comme moi, d'une nouvelle monnaie nationale pour l'emploi, et pour qu'on aille vers, quand même, qu'on se réindustrialise, parce que l'euro n'est pas adapté. Mais on ne peut pas dire qu'on verra. Et ça, on l'a maintenant à peu près sur tous les sujets.
On verra, on ne sait plus. Vous avez perdu Marine Le Pen ? Là, il y a une perte de repère. Elle n'a plus quelqu'un qui lui dit quoi penser ? Non, ce n'est pas ça. Je pense qu'ils sont sonnés par ce qui s'est passé avec le débat. Elle paye encore le débat ? Et ils ont fait revenir des gens qui étaient là il y a 25 ans, qui étaient d'anciens lieutenants maigretistes. Enfin, je ne vais pas refaire l'histoire, je l'ai déjà raconté. C'est leur affaire. C'est leur affaire. Ils sont quand même en perte de substance et de perte de repère. Et je pense que le patriotisme... Et chacun se dit, ce parti n'y arrivera jamais. Jamais.
Alors, surtout s'il tourne le dos à la souveraineté nationale, comme il le fait maintenant. Parce que ça veut dire qu'il aurait raconté des carabistouilles aux Français pendant 10 ans. Quand on dit, on a besoin d'une indépendance nationale, budgétaire, monétaire, législative, militaire, migratoire, et qu'aujourd'hui, on dit à peu près l'inverse, on peut faire beaucoup de choses dans l'Union européenne et dans l'euro. Quelle crédibilité vous reste-t-il ? Zéro.
Si le Front National change d'avis, ça veut dire qu'il aura raconté les carabistouilles pendant 10 ans. C'est un beau mot carabistouille. En tout cas, c'est mon analyse.
C'est croquignolesque.
En tout cas, c'est peut-être croquignolesque. Vous n'avez qu'à davantage. Mais c'est mon avis. Et je pense, moi, personnellement, pour parler des patriotes, que oui, on peut avoir un patriotisme ancré, connecté à la société française de 2017, ouvert, positif, moderne, et qu'il se donne la possibilité de réunir une majorité de francs. C'est ouvert avec qui ?
Alors, Nicolas Dupont-Aignan, pas de problème pour travailler avec lui ?
Oui, bien sûr, on peut travailler avec... Robert Ménat ? On peut travailler avec Nicolas. Attendez. Robert et Emmanuel Ménat ? Je donne d'abord la philosophie, avant que vous m'aigrédiez des noms, parce que moi, je n'ai pas le goût des chefs à plumes. D'abord, ça part du terrain, de la base. Moi, ce que je demande à mes référents départementaux, c'est d'aller voir tout le monde, le monde politique, mais aussi le monde culturel, le monde industriel, le monde économique, le monde universitaire, dans les territoires, et de voir avec qui, venant de la droite, de la gauche, peu importe, on s'en moque complètement, on peut travailler pour la France.
Et je peux vous assurer que c'est extrêmement fructueux. C'est là que vous faites de très bonnes rencontres, et vous créez cette union, ce rassemblement. Des gens qui ont des relais, des gens qui ont des relais, en effet. Alors, Ménard ? Ménard. Poisson. Pourquoi voudriez-vous que je fasse une alliance avec Ménard, qui est, il le dit maintenant, ultra-européiste, qui est ultra-libéral, il adore la loi travail, moi je l'ai combattue, et qui a une vision assez rétrograde de la société française. Et moi, je pense que... Il est patriote ? Je ne sais pas, non. Je suis désolé, quand on ne défend pas l'indépendance de son peuple, je ne vois pas très bien ce qu'on a de patriote.
Quand on veut tous les matins aller chercher ses ordres à Bruxelles ou à Berlin, je ne vois pas très bien ce qu'il reste de patriote. Mais même un autre problème, M. Ménard ou d'autres, je ne fais pas de fixation sur lui, disent qu'on veut réduire fortement l'immigration massive, qui est un problème économique et un problème communautaire, d'assimilation. On est d'accord là-dessus. Mais en même temps, comment le faire si on n'a pas les instruments politiques pour le faire ? Si on n'a pas nos frontières nationales, si on n'a pas notre droit national qui puisse résister aux injonctions des juges européens, qui sont souvent des injonctions laxistes et communautaristes, comment on fait ?
On ne peut pas. Donc on est obligé là aussi de raconter un peu n'importe quoi en français. Ouvert uniquement à ceux qui disent qu'on est contre l'Europe. Non, c'est très ouvert. Je vais vous dire à qui c'est ouvert. C'est ouvert à tous ceux qui ont la France à cœur. Je pense que c'est une large majorité de Français. C'est une bonne transition. Il y a des gaullistes qui sont perdus encore chez les Républicains. Il y a la France à cœur. Il y a des gaullistes qui sont perdus. Il y a même des patriotes qui sont perdus à gauche.
Vous me fournissez la passerelle que je cherchais. Je l'aurais trouvé tout seul. Mais je vous remercie de me l'avoir trouvé. Jean-Luc Mélenchon, à l'issue du premier débat de la présidentielle sur TF1, le fameux débat à 5. Nous sommes à la fin du mois de mars. A cette phrase. Écoutons-le.
J'assume une mission. Celle que résume ce programme qui se trouve ici et que moi-même, je résume en quelques mots. Rendre la France aux Français en la libérant de l'oligarchie.
Vous avez travaillé avec Jean-Luc Mélenchon qui dit cette phrase. Rendre la France aux Français en la libérant de l'oligarchie.
Le problème, il ne dit pas que ça, M. Mélenchon.
Non, mais il dit ça.
Oui, mais il dit ça. Alors, n'évacuons pas ça, ça. Non, mais évacuer l'oligarchie ou je ne sais quoi, oui, mais je n'ai pas attendu d'ailleurs. Rendre la France aux Français. Je n'ai pas attendu M. Mélenchon pour en faire l'analyse et le dire.
Ce n'est pas la marque d'un patriote, ça, rendre la France aux Français ?
Mais attendez, moi, les choses sont très claires. Je pense que M. Mélenchon, sur certains sujets, peut dire des choses avec lesquelles je me retrouve. Il n'y a aucun problème. Sur l'Europe. Et encore, il n'est pas totalement clair sur l'Europe.
Plan A, plan B, plan B, on sort.
On ne sait pas très bien. Plan A, plan B, plan C.
Non, plan B, on sort de l'eau.
Nous, nous sommes pour un Frexit organisé.
Le drapeau. Oui. Que vous avez traité, vous, ce drapeau, vous dites que c'est un torchon ?
Oligarchique. Oligarchique. Oui, oligarchique. Le drapeau européen. Oui, je pense que... On peut basculer de sujet en sujet, mais si on veut les traiter jusqu'au bout, je vais juste finir une phrase. M. Mélenchon, il a deux problèmes. D'abord, il n'est pas clair du tout, quand même, sur la souveraineté nationale, parce que je pense qu'il subsiste un problème chez lui et dans sa famille politique avec la nation. Et deux, sur l'islamisme radical et le fondamentalisme, ils sont quand même au moins naïfs, quoi. Il y a quand même des propos chez certains de leurs députés qui ne sont pas acceptables.
Des atténuations qui ne sont pas acceptables sur l'islamisme qui fait du tort aux droits des femmes et qu'il faut combattre avec la plus grande énergie. Ça, je trouve que ce manque de clarté est quand même rédhibitoire chez Mélenchon. Maintenant, il y a beaucoup d'insoumis qui vont se rendre compte de cela. Moi, je leur tends la main aussi. Bien sûr que... Et peut-être qu'avec Mélenchon, par exemple, sur la loi travail, là, on était d'accord sur l'analyse.
Moi, je pense que la politique moderne, ce consisterait à ce qu'on puisse travailler ensemble, ponctuellement, sur un sujet pendant un ou deux mois, par exemple, pour faire échec à cette loi travail, pour proposer autre chose et aller dans le sens de l'intérêt national. Et ensuite, on reprend nos chemins.
Et vous êtes d'accord sur le constat qu'a fait à Athènes hier, Jean-Luc Mélenchon, là, sur la loi travail, Emmanuel Macron a marqué le point ?
Pour l'instant, Macron avance parce qu'il n'y a pas... Il a marqué le point ? C'est pas il avance, il a marqué le point ? Oui, il a marqué le point, si vous voulez, mais parce qu'il n'y a pas d'opposition suffisamment rassemblée et structurée face à lui.
Vous restez avec nous, Florian Philippot. Il est 8h50, l'essentiel de l'info, Edwige Coupez.
Comment réformer le système APB sans imposer de sélection la ligne rouge des syndicats étudiants et comment diminuer le taux d'échec de près de 60% en première année de fac ? Équation difficile après plusieurs mois de concertation. Édouard Philippe et sa ministre de l'enseignement supérieur Frédéric Vidal dévoilent ce matin les nouvelles conditions d'entrée à l'université. Appel à manifester ce soir devant la Cinémathèque de Paris. Plusieurs associations féministes protestent contre la rétrospective Polanski et la venue du réalisateur franco-polonais condamné pour viol. Arrêtons de lui dérouler le tapis rouge. Regrette l'or Salmona sur France Info.
Elle est à l'origine d'une pétition en ligne signée ce matin par près de 26 000 personnes. Des fêtes très symboliques du Real Madrid en Catalogne. Le club espagnol battu hier soir 2-1 par le modeste promu catalan de Géronne. Défaite sur fond de crise politique bien sûr alors que Madrid reprend peu à peu la main sur la région. Le gouvernement indépendantiste destitué, le Parlement dissout. De nouvelles élections régionales sont convoquées le 21 décembre prochain. Un incendie toujours en cours à Guisonni en Haute-Corse. 450 hectares détruits depuis jeudi. Le feu a pris dans une zone difficile d'accès. 150 pompiers sont mobilisés avec 4 radios.
France Info
Florian Philippot député européen président des Patriotes et l'invité de France Info ce matin Jean-Michel Apathy.
Député européen Florian Philippot vous avez envie de continuer à l'être vous serez candidat en 2019 ?
Je serai candidat en 2019 oui très probablement oui bien sûr pour continuer à me battre
pour mes idées tout simplement. Vous avez été candidat à Fort-Bac aux élections municipales législatives ça c'est terminé ? Non j'étais à Fort-Bac il y a une semaine d'accord non c'est pas terminé
vous savez oui bien sûr mais c'est une nouvelle vie pour vous ?
C'est une nouvelle vie moi vous savez je défends mes convictions quand vous défendez vos convictions et qu'elles ne sont pas changeantes chaque matin ou vous n'attendez pas un questionnaire pour savoir ce que vous pensez vous êtes heureux de faire de la politique parce que vous défendez des idées voilà moi j'ai un amour incroyable pour la France et comme beaucoup de français et je souhaite que mon pays se redresse j'ai mal pour lui quand je le vois quand il n'est pas à la hauteur de ce qu'il est de lui-même et à tout point de vue je souhaite aider mes compatriotes par leur engagement politique après on le fait d'une manière ou d'une autre j'estimais que la manière précédente n'était plus ne servit à rien justement et aujourd'hui avec les patriotes on fait autre chose dans l'objectif de gagner
il y a des divorces à l'amiable et puis il y a des divorces durs difficiles c'était quoi là cette fois-ci ? c'était un divorce très difficile très dur vous êtes reparlé avec Marine Le Pen vous avez échangé des messages avec elle depuis un mois ? non pas particulièrement
moi je n'ai jamais fait d'attaque personnelle je n'en ferai pas
elle en fait ?
oui elle en a fait et il y a des cadres autour d'elle parfois même assez vulgaire personnel qu'est-ce qui vous a blessé ? je ne sais pas que ça me blesse mais non j'ai entendu des choses mais peu importe moi je fais une analyse politique
il y a des sentiments
je sais que ça ne leur fait pas forcément plaisir quand je fais une analyse politique je dis des vérités que j'ai constatées et que chacun constate donc vous en voulez plus à l'entourage qu'à elle-même et quand je disais leur programme se déstructure il a fallu attendre cette émission de France 2 mais enfin tout le monde l'a vue c'était incroyable et donc si vous voulez moi j'en veux à personne j'ai tourné cette page j'ai fait aussi des rencontres formidables parmi des militants des élus locaux là-bas du Front National beaucoup d'ailleurs sont partis maintenant mais je fais autre chose on ne quitte pas une secte si vous êtes aujourd'hui proche on ne quitte pas une secte
on peut partir sans drame est-ce qu'on essaie de comprendre si politiquement vous êtes toujours proche du Front National ou s'il y a vraiment quelque chose d'inéluctable non moi je pense de terminer définitivement vu l'évolution des élections pourriez vous allier à nouveau si c'est ça la question
vu l'évolution du Front National non bien sûr que non d'abord moi je ne ferai pas alliance avec un parti qui a renoncé à la souveraineté nationale qu'il le dise clairement ou pas je suis désolé c'est un fait et deux je pense encore une fois qu'il faut que nous soyons connectés à la société de 2017 pas qu'on ressasse sans arrêt des obsessions ou une vision un peu rétrograde de la société française voilà il y a des choses il y a une évolution il y a une modernité on est en 2017 on n'est pas en 1950 et il faut avancer avec son temps voilà et ça je pense que le drame c'est que le patriotisme a souvent été collé à ringardise parfois certains responsables politiques ont œuvré en ce sens alors que le patriotisme c'est quelque chose d'extrêmement moderne partout dans le monde regardez les états qui défendent leurs intérêts le Canada le Canada c'est que 60% du PIB de la France et c'est 30 millions d'habitants alors c'est grand sur une carte mais démographiquement politiquement économiquement
le Canada c'est super libéral ça n'a rien à voir
il négocie tout seul comme un grand ses accords commerciaux
avec un protectionnisme tel que vous le préconisez
il y en a beaucoup plus dans les marchés publics que chez nous du protectionnisme mais ils ont raison mais il défend comme un grand il négocie comme un grand ses accords commerciaux nous on nous dit il faut absolument une grosse union européenne 500 millions d'habitants on sera plus fort non non non ta ta ta on n'est pas plus fort le Canada avec ses 30 millions d'habitants et son petit PIB par rapport à la France il a gagné ses négociations commerciales ce qui prouve que quand on sait où on va il a gagné il n'a pas gagné moi je trouve que le CETA donc l'accord avec le Canada est un drame pour l'agriculture européenne et française en particulier alors que les Canadiens vont beaucoup y gagner y compris dans la position de leurs normes
il n'y a pas des échanges enfin bon là on mélange un peu on mélange tout
je vous donne des exemples très précis vous voyez on peut faire la même chose sur la gestion de sa politique migratoire on peut même si vous gérez vous même votre politique migratoire
c'est sûr que si vous venez du Maghreb vous allez plus facilement en France qu'au Canada ça c'est certain la géographie a son importance
ce que je vous dis M. Apatis c'est que si vous venez vers un pays comme la France qui ne maîtrise même pas ses frontières qui est dans Schengen qui ne maîtrise pas son droit y compris en matière d'immigration vous ne pourrez rien faire on n'a même pas le droit aujourd'hui de rétablir la double peine mais surtout on n'a même pas le droit de discuter avec les pays d'Afrique et du Maghreb librement moi j'étais favorable au projet de Guénaud en 2007 d'union de la Méditerranée vous savez pourquoi ça ne s'est pas fait ?
ça ne s'est pas fait parce que l'Allemagne a dit non et parce que nous sommes dans ce système européiste qui fait qu'on ne peut pas faire on ne peut pas avoir nos propres initiatives même quand ce sont de belles initiatives utiles à l'avancée du monde
c'est vieux comme la pluie c'est toujours la faute de l'Allemagne
alors là c'est factuel
vous disiez que vous étiez moderne alors on va parler d'un sujet là qui nous préoccupe depuis quelques semaines le harcèlement dont sont victimes les femmes on dit souvent que dans la politique il y a du harcèlement il y avait du harcèlement au Front National ? vous avez vu vous avez constaté des choses ?
je n'ai pas constaté moi de harcèlement
parce qu'il y en a dans la société mais finalement il n'y en a nulle part parce que toutes les personnes qui défilent devant ce micro on leur dit vous avez vu des trucs rien
bah honnêtement honnêtement non après si on voit des choses comme citoyens et qu'on a des preuves on n'est pas non plus dans le Far West et on a le devoir de dire les choses devant la justice
certains de vos proches je crois avaient fait des tweets il y a 2-3 semaines en me disant oui quand même non ça vous dit rien ça vous renvoie rien
écoutez moi je pense que chacun doit prendre ses responsabilités s'il y a des preuves et des choses c'est tout mais c'est très bien qu'il y ait eu cette campagne moi je pense je n'y ai pas vu d'ailleurs une campagne de délation j'y ai vu une campagne de témoignage et j'ai entendu ce matin j'écoute France Info le matin donc c'est comme ça donc je n'ai pas fait exprès mais j'ai écouté ce matin le témoignage de cette femme qui accuse Tariq Ramadan voilà je pense que ce sont des choses utiles à l'avancée d'abord pour sa cause à elle j'espère que l'affaire pourra se régler dans son intérêt mais ensuite c'est utile au-delà d'elle-même à l'avancée d'une certaine cause dans la société française et bien sûr qu'il y a des choses à faire sur le harcèlement sexuel sur les agressions sexuelles et sur les droits des femmes
merci beaucoup Florian Philippot merci d'avoir été l'invité
de France Info ce matin merci d'avoir regardé cette vidéo !
Florian Philippot