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interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 20 janvier 2026 89 min

Bonjour chez vous ! du 20 janvier 2026

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous. Bonjour à tous, très heureuse de vous retrouver en ce mardi 20 janvier pour faire le tour de l'actualité au plus près de chez vous. On regarde ensemble le programme. Sébastien Lecornu a donc choisi de faire passer le budget par 49,3 avec regret et amertume, dit-il. Est-ce un échec pour le gouvernement de renier sa parole ? On va poser la question au ministre de l'Industrie, Sébastien Martin.

Notre invité, dans une demi-heure, on lui demandera également ce qu'il pense de l'annonce ce matin de Donald Trump de droits de douane de 200% sur le vin et le champagne français. Quelle sera la position du Sénat dans les débats budgétaires ? Quelles conséquences de cette incertitude pour nos collectivités ? A quelle hauteur doivent-elles participer à l'effort ? Le président de la délégation sénatoriale aux collectivités territoriales, le sénateur centriste Bernard Delcroix est notre invité. Bonjour et à tout de suite. A moins de deux mois des municipales, nous poursuivons nos débats tous les mardis sur les grands enjeux de cette élection.

Aujourd'hui, quelle place pour le maire dans notre société ? Comment ont-ils vécu ce mandat de toutes les crises ? Dans une heure, trois maires seront avec nous pour en parler. Et puis à la une de nos régions, nous irons dans l'autre, qui subit ces dernières heures de violentes inondations. Pierre Matisse, rédacteur en chef du journal L'Indépendant, nous fera le point sur la situation. Voilà pour le programme. On est ensemble pendant une heure et demie. Bonjour chez vous. On commence avec les repères de l'actualité. Bonjour Stéphane Duguay. Bonjour Auriane, bonjour à tous.

Et à la une de ce mardi 20 janvier, Sébastien Lecornu, qui engage donc la responsabilité de son gouvernement 49.3 dès aujourd'hui. Oui, après avoir promis qu'il ne l'utiliserait pas au mois d'octobre, ce sera finalement la voie que prend Sébastien Lecornu pour faire adopter son budget, et ce, dès cet après-midi. Clémentine Louise. Nous avons décidé, je dois le dire à titre personnel,

2:02
Sébastien Martin

avec une certaine forme de regret et d'un peu d'amertume, mais d'engager la responsabilité du gouvernement.

2:09
Locuteur 6

Il ne faut jamais dire jamais, surtout quand il faut faire adopter un budget sans majorité.

2:15
Sébastien Martin

Je suis obligé de revenir sur ma parole,

2:18
Locuteur 8

mais en même temps, pour tenir parole, il faudrait que je m'entête. Et pour s'entêter, on finirait par dire que je suis têtu, et je ne veux surtout pas, vous l'avez bien compris, avoir l'ego mal placé et être source de désordre.

2:31
Locuteur 6

Pari raté pour le Premier ministre, le gouvernement est à nouveau sur le fil de la censure. Le Rassemblement national et la France insoumise déposeront une motion de censure. Mais Sébastien Lecornu compte encore une fois sur les socialistes pour ne pas la voter, ceux à qui il avait pourtant promis de ne pas utiliser le 49.3 il y a quelques mois déjà pour éviter la censure. Mais le budget n'est plus le même, les socialistes y ont arraché des concessions.

2:55
Locuteur 8

Oui, il y a des avancées qui sont allées dans le bon sens. Est-ce que c'est notre budget ? Non. Est-ce qu'il y a des économies qui seront faites et que nous n'aurions pas faites ? Vous êtes fiers de ce budget ou pas ? Non, je n'en suis pas fier, ce n'est pas le nôtre. Mais je crois que nous avons fait œuvre utile dans notre travail de parlementaire en ne perdant jamais de vue les hommes et les femmes pour lesquels on se bat.

3:12
Locuteur 6

À droite, les Républicains dénoncent les multiples concessions accordées à la gauche et laissent planer le doute sur leur choix de censurer ou non le gouvernement.

3:20
Locuteur 1

Ma question, ce n'est pas est-ce qu'il passe par un 49.3 ou une ordonnance. Ma question, c'est quel budget et surtout quelles conséquences pour ceux qui nous écoutent. Quel impact en termes d'impôts ? Quelle économie sur la dépense publique ? Qu'est-ce qui est proposé dans le budget ? Et c'est par rapport à ça que nous, on se prononcera.

3:34
Locuteur 6

Le Premier ministre utilisera l'article 49.3 une première fois sur le volet recettes du projet de loi de finances cet après-midi, puis sur le volet dépenses et enfin sur le texte dans son ensemble.

3:45
Présentateur

La loi fin de vie arrive au Sénat ? Oui, oui. Huit mois après l'Assemblée nationale, le Sénat se penche enfin sur les deux textes sur la fin de vie, une loi sur les soins palliatifs et une autre loi qui crée une aide médicale à mourir. En commission, les sénateurs ont largement restreint la portée du deuxième texte. Ils préfèrent parler d'une assistance médicale à mourir réservée aux patients dont le pronostic vital est engagé à court terme. Emmanuel Macron annonce la signature d'un nouvel accord sur la Nouvelle-Calédonie. Après quatre jours de négociations, un accord complémentaire à celui signé cet été à Bougival a été donc signé hier.

Accord Élysée-Oudino, à la fois institutionnel et économique, censé débloquer le processus politique en Nouvelle-Calédonie depuis que les indépendantistes ont claqué la porte de l'accord de Bougival. Les indépendantistes ont d'ailleurs boycotté les négociations organisées ce week-end à l'Élysée. Donald Trump menace donc les vins et champagne français d'une taxe de 200%. Oui, en guise de menace à Emmanuel Macron pour qu'il rejoigne son conseil de la paix, initialement pensé pour Gaza, mais Donald Trump va en faire une instance concurrente à l'ONU pour régler les conflits dans le monde.

Dans le même temps, Donald Trump affirme que les Européens ne vont pas beaucoup résister à son projet de s'emparer du Groenland, alors qu'une réunion doit avoir lieu sur le sujet au Forum de Davos. Le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barraud, au Sénat, hier, s'est à nouveau opposé à toute cession du Danemark aux Américains. Et je le redis avec force, le Groenland est un territoire européen qui n'est ni à vendre, ni à prendre. Le président de la République l'a dit devant la conférence des ambassadrices et des ambassadeurs, nous refusons le nouveau colonialisme et le nouvel impérialisme, nous refusons la vassalisation et le défaitisme.

C'est cette ligne de fermeté, de cohérence et de fidélité à nos principes que la France continuera de porter. Pour le Venezuela, pour l'Europe et pour l'ordre international fondé sur le droit, sans lequel il n'y a ni paix, ni liberté véritable. Des milliers d'agriculteurs attendus à Strasbourg contre le Mercosur. Oui, trois jours après la signature de l'accord par la Commission européenne, les agriculteurs veulent mettre la pression sur les députés réunis au Parlement européen à Strasbourg, les députés européens qui se prononceront demain sur une éventuelle saisine de la Cour de justice de l'Union européenne sur l'accord avec le Mercosur. Et puis on a appris hier la mort du Valentino.

Le grand couturier italien, emblème de la mode italienne, est mort hier à l'âge de 93 ans. Valentino Garavani avait habillé de nombreux stars comme Julia Roberts, Audrey Hepburn ou encore Sharon Stone. Merci beaucoup Stéphane. Et à tout de suite, vous allez nous parler du texte sur la fin de vie qui arrive au Sénat. On va en parler avec vous, Bernard Delcroix. Merci beaucoup d'être là, sénateur union centriste du Cantal, président de la délégation sénatoriale aux collectivités territoriales et à la décentralisation à moins de deux mois des municipales. Il y a beaucoup de sujets à voir avec vous sur les questions des collectivités. Mais d'abord, on regarde la une de la presse régionale.

On en a sélectionné trois, on les regarde ensemble. D'abord, la une de Sud-Ouest à 49.3. Pourquoi ? Le Cornu a cédé. Il s'était engagé à ne pas l'utiliser. Il y a finalement recours pour faire adopter le budget. Ayant trouvé un accord avec le PS, il ne devrait pas craindre la censure. La deuxième une, c'est celle du Dauphiné. Après la collision mortelle de deux TGV en Espagne, cette question à la une du journal. Un tel accident peut-il arriver chez nous ? Et puis, la dernière une, c'est celle du Télégramme. Le Monde, selon Trump, un an après son retour, le président américain qui bouleverse l'ordre établi et menace ses alliés. De quelle une avez-vous envie de nous parler ?

7:11
Sébastien Martin

Vous savez que le Sénat veille avec la plus grande attention sur les collectivités locales. Donc, je choisirais bien la une qui concerne le 49-3. Pourquoi Lecornu a cédé ? C'est le titre de Sud-Ouest. Donc, je viens parler de ce sujet qui est un peu notre cœur de métier, si je peux dire. On pourrait évidemment aussi parler de l'international et de Trump, mais je vais choisir le budget.

7:33
Présentateur

Le budget. Sébastien Lecornu, qui a donc annoncé hier le 49-3, avec regret et amertume. Vous l'avez entendu dans le journal. C'est ce qu'il a dit. Il a eu raison de le faire ?

7:42
Sébastien Martin

Alors oui, les débats sur le budget ont été longs et intenses, aussi bien à l'Assemblée nationale qu'au Sénat tout au long de l'automne et de la fin d'année. Sauf que nous sommes aujourd'hui la deuxième quinzaine de janvier que le pays n'a toujours pas de budget. Et donc, moi, je me satisfais, évidemment, je me réjouis que Sébastien Lecornu ait choisi une voie qui devrait permettre à la France de disposer d'un budget, ce qu'attendent nos concitoyens, les élus, les acteurs économiques. Bref, ce qu'attend le pays.

8:11
Présentateur

À condition qu'il ne soit pas censuré, est-ce que vous souhaitez qu'il ne soit pas censuré ? Que le PS, est-ce que les Républicains ne votent pas la censure ?

8:17
Sébastien Martin

Alors, oui, je le souhaite. Le Premier ministre avait le choix entre deux solutions, les ordonnances ou le 49-3. Je rappelle que s'il avait fait le choix des ordonnances, c'était la première mouture, en quelque sorte, du budget qui aurait été adopté par ordonnance, ce qui aurait été très pénalisant pour les collectivités. parce que je vous rappelle que le Sénat a réduit de façon importante la ponction que prévoyait le gouvernement sur les collectivités. Et donc, le 49-3 permet au Premier ministre et au gouvernement de conserver des amendements de l'Assemblée comme du Sénat.

Et donc, j'espère qu'il conservera la copie du Sénat concernant les collectivités, puisque nous avons préservé les collectivités d'une ponction trop lourde qui aurait pénalisé, fragilisé, le tissu économique et social dans les territoires.

9:07
Présentateur

Et on va venir, Bernard Delcro, spécifiquement sur la question des collectivités, mais plus largement. Est-ce que la copie budgétaire telle qu'on la connaît, telle que présentée notamment par Sébastien Lecornu vendredi, elle vous convient ?

9:17
Sébastien Martin

Alors, écoutez, personne ne trouvera que ce budget est idéal puisqu'il est issu d'un compromis. Donc, certaines mesures demandées par les uns, d'autres mesures demandées par les autres. Moi, je pense que ce budget reste équilibré, même si personne ne trouve qu'il est idéal, il est équilibré. Et puis surtout, il sera marqué quand même du saut de la justice fiscale. Et je pense que c'est aussi ce qu'attendent nos concitoyens et c'est ce qui est nécessaire pour redresser les comptes publics.

9:44
Présentateur

Et là, vous y voyez de la justice fiscale. Pour vous, il n'est ni trop à droite ni trop à gauche, ce budget ?

9:49
Sébastien Martin

Non, il y a des mesures qui étaient demandées notamment par le groupe LR de l'Assemblée nationale ou du Sénat. Il y a des mesures qui étaient demandées, vous l'avez rappelé, par le groupe socialiste. Je trouve qu'il est équilibré. Et je pense qu'on ne redressera pas les comptes publics uniquement en faisant des économies. Ce n'est pas possible. On ne le redressera pas non plus uniquement en faisant des prélèvements supplémentaires. Donc, il faut qu'il soit équilibré. Mais il faut qu'il soit, encore, je veux le redire, il faut qu'il soit marqué par de la justice fiscale. Faute de quoi, il ne serait pas accepté par les Français.

Et donc, cette mesure, cette ligne de justice fiscale, je pense qu'on la retrouvera dans ce budget. On va attendre de le connaître définitivement, évidemment, pour se faire une idée plus précise.

10:32
Présentateur

Mais d'après ce qu'on en sait,

10:33
Sébastien Martin

on devrait retrouver cette justice fiscale dans ce budget.

10:36
Présentateur

Et vous appartenez à la majorité sénatoriale de la droite et du centre. Que va faire le Sénat ? Est-ce qu'il va renvoyer assez vite le budget à l'Assemblée pour que le Parlement boucle ce budget ? Ou est-ce qu'au contraire, il va faire traîner les débats ici ?

10:49
Sébastien Martin

Alors, vous le savez, nous avons un sujet qui, pour nous, est important. C'est celui des collectivités. Alors, on s'intéresse évidemment à tout, mais c'est celui des collectivités. Je le redis, nous avons évité une ponction trop lourde sur les collectivités. Nous avons adopté un budget. Et le volet collectivités nous semble acceptable pour les collectivités, même si c'est toujours trop.

11:09
Présentateur

Juste pour qu'on comprenne bien qu'est-ce qui vous semble acceptable ? Un effort à hauteur de 2 milliards ?

11:13
Sébastien Martin

Oui. Ce qui était demandé, la ponction qui a été proposée par le gouvernement était proche de 5 milliards d'euros, 4,7 exactement. Nous l'avons ramené à 2 milliards d'euros en préservant certaines catégories de collectivités, donc là aussi avec des notions de justice territoriale. c'est évidemment trop mais ça nous paraît acceptable pour les collectivités à 2 milliards d'euros. Donc pour vous, il y aura un accord

11:35
Présentateur

autour de ça ? Entre députés, sénateurs, gouvernement, 2 milliards, il y aura un accord ?

11:39
Sébastien Martin

Si le budget que nous présente le Premier ministre respecte cette copie du Sénat sur les collectivités, je pense que nous ne retarderons pas les débats et que nous laisserons...

11:49
Présentateur

Donc si accord, ça c'est la ligne rouge du Sénat, si accord sur les 2 milliards, le Sénat ne fera pas traîner les débats, il n'y aura pas d'envisions de cieux.

11:56
Sébastien Martin

Je le pense et je le souhaite.

11:59
Présentateur

Un autre sujet sur les collectivités, il y a un amendement qui a été adopté à l'Assemblée nationale sous l'impulsion du Rassemblement national pour baisser la DGF, c'est la dotation globale de fonctionnement, c'est la principale dotation aux collectivités. Baisser cette DGF pour les régions, pour les EPCI, pour les intercos, comment vous avez réagi quand vous avez vu cet amendement ?

12:17
Sébastien Martin

On marche sur la tête. Je rappelle ce qu'est la DGF. La DGF, ce n'est pas un cadeau qui est fait aux collectivités. C'est une dotation qui est versée par l'État aux collectivités pour qu'elles puissent assurer leur mission de service public et même, et parfois, des missions pour le compte de l'État pour qu'elles puissent financer leur personnel, faire fonctionner les écoles, les crèches dans les territoires. Et donc, diminuer de 5 milliards d'euros, 20%, le montant de la DGF, c'est irréaliste. Et évidemment, j'espère, je souhaite et je pense que le gouvernement ne retiendra pas cette proposition.

Les collectivités peuvent faire un effort, mais vraiment, pas sur cette dotation globale de fonctionnement qui assure la continuité des services dans les territoires.

12:56
Présentateur

Vous avez compris ce que dit l'ERN ? Dites-nous, de toute façon, on est pour supprimer ces strates.

13:00
Sébastien Martin

Oui, sauf que, pour supprimer les régions, par exemple. Sauf qu'aujourd'hui, les régions ne perçoivent pas de DGF. Donc, en diminuant la DGF de 5 milliards d'euros, on ne touche pas du tout les régions dans cette proposition.

13:15
Présentateur

Et on va voir ce qu'en disent les élus, les maires. On va aller en Haute-Marne. Bonjour, Éric Creusel. Merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes maire sans étiquette de Cefon, vice-président de l'Association des maires ruraux de France. Un mot d'abord avec vous, Éric Creusel, sur ce que vient de dire Bernard Delcroix, c'est-à-dire un accord qui devrait se dessiner autour d'une participation des collectivités à hauteur de 2 milliards. Est-ce que, vous, ça vous paraît bien ?

13:40
Locuteur 4

Disons qu'effectivement, la proportion est importante. Je pense qu'effectivement, les collectivités sont responsables comme le reste des acteurs de l'État. Mais effectivement, il faut quand même raison garder. Et donc, il y a effectivement une forme de plancher sur lequel il ne faut pas atteindre. Donc, il faut quand même protéger les collectivités. Dans le budget de l'État, il faut quand même qu'il y ait des sommes qui soient bloquées par rapport à ces questions-là. Donc, c'est un peu difficile de dire. Mais c'est vrai qu'effectivement, le fait de réduire à 2 milliards l'engagement est nettement meilleur pour nous, en général.

14:19
Présentateur

Donc, 2 milliards, c'est bon, c'est acceptable pour vous ? Pour les maires ruraux, c'est...

14:22
Locuteur 8

C'est le moins pire comme tout le monde. Sachant que, pour les maires ruraux, de toute façon, ce qui nous intéresse, effectivement, c'est la phase 2. C'est une répartition plus équitable de la DGF entre les ruraux

14:35
Sébastien Martin

et les urbains.

14:37
Présentateur

Bernard,

14:37
Sébastien Martin

qu'est-ce que vous dites de ça ? D'abord, bonjour à Éric Crézel, avec lequel nous travaillons régulièrement à l'association des maires ruraux de France. Je voudrais replacer un peu le cadre sur les collectivités. Les collectivités ne sont pas les premiers responsables du déficit public du pays. Et j'ai été maire pendant longtemps d'un petit village. L'immense majorité des élus locaux sont des élus qui ont le sens de l'intérêt général, du service public, le souci des deniers publics. Et pour avoir été maire d'un petit village, vous savez, quand on fait notre budget, on regarde à 500 euros, à 1 000 euros près.

Donc, il faut faire très attention aux ponctions que l'on fait sur les collectivités et il faut le faire de manière juste. Donc, 2 milliards, ça nous paraît acceptable. Je pense qu'on ne pourra pas reconduire cette ponction, mais ça nous paraît acceptable et ça préserve quand même globalement les ressources des collectivités. Et puis, derrière ces 2 milliards, on s'est battu, on a amené des combats sur des sujets. Je vais prendre un ou deux exemples et Éric me comprendra. Le projet de loi du gouvernement prévoyait une suppression pure et simple de la DETR.

La DETR, c'est la dotation d'équipements des territoires ruraux que connaissent bien tous les élus de France qui est une dotation spécifique de 1 milliard d'euros qui vient soutenir les investissements des collectivités. Il était prévu une fusion avec d'autres dotations à l'investissement et notamment la dotation des villes. Donc, on supprimait la spécificité de la DETR. Le Sénat l'a rétabli. Donc, nous regarderons bien évidemment quand on aura le projet définitif du 49.3 si des opérations comme celles-là, des rectifications qu'on a faites, des corrections qu'on a faites sont bien maintenues dans le 49.3 et je pourrais citer beaucoup d'autres exemples.

Donc, derrière ces 2 milliards, il y a aussi tout un tas de mesures très importantes qui impactent les collectivités.

16:17
Présentateur

Mais qu'est-ce que vous dites de ce que dit Eric Rézel sur le fléchage ? Est-ce qu'il faut un meilleur équilibre entre communes rurales et communes urbaines ?

16:22
Sébastien Martin

Alors, là, on sort du cadre de ces 2 milliards. Là, on parle de l'avenir, du mode de calcul ADGF, de ce que pèse il y a des choses à revoir, il y a des choses à corriger.

16:35
Présentateur

Est-ce que vous jugez que les territoires ruraux sont plus lésés ?

16:39
Sébastien Martin

Je pense qu'il y a un travail à mener, notamment au niveau de la DGF, la dotation globale de fonctionnement, sur les critères d'attribution de cette dotation. Après, pour les territoires ruraux, il y a eu des avancées importantes. On a créé, elle n'existait pas avant, ce qu'on appelle aujourd'hui la dotation à minité rurale, qui est une dotation de l'État indépendant de la DGF qui vient reconnaître les services rendus par l'espace rural à la société tout entière. Je pourrais développer tout ça. Il y a eu beaucoup de choses faites pour les territoires ruraux.

Il y a les programmes Village d'Avenir, les programmes Petite Ville de Demain, mais il y a un sujet qui reste à approfondir sur les critères d'élaboration de la dotation globale de fonctionnement.

17:14
Présentateur

Éric Rezel, restez avec nous. On va continuer évidemment à parler des sujets qui concernent les élus locaux. Bernard Delcro, on est à moins de deux mois maintenant des municipales. Comment vous qualifiez le mandat qui vient de s'écouler pour les maires ?

17:26
Sébastien Martin

Alors, dès l'élection de 2020 par la crise du Covid, le report d'ailleurs du second tour des élections municipales, un mandat aussi qui a été marqué compte tenu des déficits qui sont accrus au niveau national par de l'incertitude sur les moyens dont disposeraient les collectivités pour pouvoir conduire leurs projets.

Et au moment où va débuter un nouveau mandat municipal pour six ou sept ans, je pense qu'il y a une chose qui me paraît extrêmement importante, c'est qu'on puisse donner aux élus qui vont sortir des urnes si je peux dire, renouvelés ou nouveaux élus au mois de mars prochain, leur donner de la visibilité, de la prévisibilité sur les recettes financières dont elles disposeront pour appliquer leur programme et pour programmer leurs investissements. Parce que quand on est maire, quand on est élu local, on s'inscrit dans la durée, on a un programme d'investissement qui est pluriannuel.

Donc, il faut que les élus aient une vision pluriannuelle de leurs recettes, ça sera l'un des enjeux de ces prochains mois.

18:22
Présentateur

Éric Rezel, c'est l'un des enjeux pour vous aussi d'avoir une meilleure visibilité budgétaire, financière ?

18:29
Locuteur 8

Évidemment, je pense qu'effectivement, quelle que soit la taille de la commune, les élus ont toujours

18:35
Locuteur 4

des projets et donc, à ce titre-là, il faut les réaliser, il faut une visibilité financière, même si elle est modeste, il faut absolument cette vision financière, c'est très très important, je confirme ce qu'a dit Bernard Delcourt.

18:48
Présentateur

Comment vous l'avez vécu, vous, ce mandat ? Comment vous les avez vécu ces six ans ?

18:52
Locuteur 4

Disons que c'était vraiment un mandat très très difficile, par rapport effectivement à la période Covid qui a démarré, qui a empêché une forme de concertation entre les élus, entre les habitants, vraiment, les deux premières années ont été vraiment très très complexes, donc voilà, c'était dur. Et après,

19:11
Locuteur 8

je pense qu'indirectement, les soubresauts nationaux

19:16
Locuteur 4

ont quand même amené une forme de tension chez les habitants qui n'est pas renvoyée de façon agressive, mais qui est une forme de mal-être,

19:30
Locuteur 8

qui est quand même assez difficilement gérable, enfin voilà, c'est quand même très très différent du mandat d'avant, je pense.

19:35
Présentateur

Vous l'avez ressenti, vous, les conséquences de l'instabilité budgétaire et politique, vous l'avez ressenti sur le terrain ?

19:41
Locuteur 4

Oui, on le sent vraiment et donc, on sent que les gens, voilà, se résignent d'une certaine façon, mais c'est une situation qui ne leur convient pas. Et même si c'est dit cordialement

19:57
Locuteur 8

par rapport aux élus, surtout les élus

19:59
Locuteur 4

de proximité que nous sommes, c'est dit très cordialement, mais je pense qu'il y a une vraie tension nouvelle par rapport à ça, donc une réelle attente des services publics, du retour, de l'investissement public par rapport aux habitants.

20:17
Présentateur

Oui, c'est quoi ? C'est l'illustration du maire finalement qui est à portée d'engueulade pour reprendre l'expression de Gérard Larcher ?

20:22
Sébastien Martin

Oui, et puis tout ceci, le rôle des élus locaux et des maires est renforcé dans un contexte international pour le moins anxiogène qui peut devenir d'ailleurs dangereux, dans un contexte d'instabilité politique au niveau national sans majorité à l'Assemblée, je ne reviens pas là-dessus, et bien finalement, tout repose sur les élus locaux, et ce sont les maires, les élus locaux sur le terrain dans la plus grande proximité avec les habitants qui font front, j'ai envie de dire même, qui tiennent la République sur le terrain et donc c'est une charge, c'est une responsabilité et c'est une situation nouvelle et je le confirme, ce que dit Eric, il y a beaucoup d'inquiétudes chez les élus locaux mais aussi chez nos concitoyens et que heureusement que tous ces élus locaux sont là sur le terrain pour encore une fois tenir la République, assurer le lien avec les habitants, faire front et quand on est maire d'une petite commune particulièrement sans service juridique, sans service technique, sans service administratif suffisant, et bien le maire il doit faire front à toutes les situations, régler des problèmes chaque jour, rassurer des habitants, rendre service, en même temps faire avancer la commune, savoir s'il disposera des financements pour conduire un projet, donc le rôle des maires et des élus locaux est tout à fait essentiel et particulièrement dans le contexte national et international que nous connaissons.

21:36
Présentateur

Et justement, est-ce qu'il a été suffisamment aidé le maire de manière législative ? Il y a eu plusieurs textes qui ont été pris, il y a eu la loi Engagement et proximité de Sébastien Lecornu, il y a eu la loi sur le statut de l'élu adoptée récemment, est-ce que pour vous ils ont été suffisamment aidés sous les quinquennats Macron ?

21:52
Sébastien Martin

Alors, il y a plusieurs façons d'aider. D'abord, je veux dire que sur les subventions à l'investissement, même si on n'a pas eu de visibilité pluriannuelle, les subventions à l'investissement ont été au rendez-vous à travers la DETR, etc. Mais sur leur rôle de maire,

22:08
Présentateur

sur leur fonction, sur le soutien qu'apporte l'État au maire, est-ce que c'est suffisant ?

22:12
Sébastien Martin

Je pense que le statut de l'élu qu'on a adopté, je vous rappelle que c'est une initiative de la délégation aux collectivités territoriales, le texte de loi sur le statut de l'élu nous apporte un cadre rassurant pour les maires et pour les élus locaux et qui favorise l'engagement. Il y a en gros trois piliers. Il y a favoriser l'engagement, notamment l'engagement des jeunes, des actifs, etc. dans des mandats locaux. Il y a un deuxième pilier sur faciliter l'exercice de la mission. Et il y a un troisième pilier sur la protection juridique. Je pense que ce statut de l'élu ne va pas tout régler. Et puis, je rappelle que les élus locaux, ça ne reste pas une activité professionnelle.

Ça reste un mandat électif qui propose pour beaucoup sur du bénévolat. Et donc, à travers ces trois piliers, ce statut de l'élu donne un cadre qui est plutôt rassurant pour les nouveaux élus qui vont arriver à partir du mois de mars pour une période d'un nouveau mandat.

23:06
Présentateur

Éric Crezel, vous l'avez vécu comme ça, vous aussi ?

23:10
Locuteur 4

Oui, bien sûr. Le statut de l'élu était quelque chose de très important. Il faut qu'un nouvel élu ou quelqu'un qui vient d'un peu d'ailleurs trouve un texte très, très facilement qui rassemble l'ensemble des dispositions puisqu'il y en avait déjà un certain nombre, vous l'avez rappelé. Et donc, il fallait absolument ce statut de l'élu. Et donc, le petit regret, c'est que ça arrive très, très tardivement et que nous, ça n'a pas pu être vraiment un levier par rapport aux élections qui approchent. Puisque, pour nous, ce qui est important, c'était les deux leviers.

C'était un, vous avez un statut de l'élu qui vous permet de cumuler une fonction professionnelle et le statut de l'élu puisqu'il faut que dans nos conseils municipaux il y ait un certain nombre de gens qui travaillent, qui sont dans l'activité pour avoir un vrai écho de la société. Donc, ça, c'est très, très important. Et le deuxième message, c'est donc, voilà, vous pouvez faire des projets quelle que soit la taille de la commune. On peut quand même faire des projets, des petits, aménager le bord de sa rivière,

24:05
Locuteur 8

nettoyer un terrain, faire des choses qui sont sur la transition écologique de façon modeste. Je pense qu'il faut faire passer ces deux messages-là. à la fois, vous pourrez faire des projets et à la fois, vous avez un statut

24:17
Locuteur 4

qui, avant, pendant et après le mandat, vous permet, voilà, de cumuler avec une vie professionnelle et familiale.

24:25
Présentateur

Merci, Eric Rézel. Merci beaucoup d'avoir été avec nous. Vous êtes maire de CEPH, vice-président de l'association des maires ruraux de France. Merci beaucoup d'avoir été notre invité. On termine par l'actualité du Sénat. Bernard Delcroix est le Sénat qui examine donc à partir d'aujourd'hui dans l'hémicycle les deux textes sur les soins palliatifs et sur la fin de vie. Stéphane, des textes examinés avec du retard. Oui, parce qu'à la base, le Sénat devait examiner à l'automne ces deux textes mais la crise politique est passée par là. Démission du gouvernement Bayrou en lisement sur le budget. Nous voilà donc au mois de janvier. Les députés avaient adopté les deux textes il y a huit mois.

C'était le 27 mai dernier. Celui pour augmenter les moyens des soins palliatifs lui était beaucoup plus consensuel. Il avait été adopté à l'unanimité. L'autre texte qui lui crée un droit à l'aide à mourir avait été adopté mais le résultat a été plus serré pour 305 députés contre 199 et 57 abstentions. Et droit à l'aide à mourir disait le texte des députés mais les sénateurs ont modifié. Oui, en commission des affaires sociales les sénateurs ont préféré remplacer le droit à l'aide à mourir par l'assistance médicale à mourir. Premier changement mais ils ont surtout restreint la portée de cette aide à mourir.

Les députés avaient fixé cinq conditions pour en bénéficier avoir au moins 18 ans être de nationalité française ou pour les étrangers habiter en France de manière régulière et stable être capable de manifester sa volonté de façon libre et éclairée avoir déclaré une maladie grave et incurable qui engage son pronostic vital en phase avancée ou en phase terminale et enfin présenter une souffrance physique ou psychologique réfractaire ou insupportable. Voilà les cinq conditions. Et quelles sont les conditions établies par les sénateurs en commission ? Alors il faut aller à l'article 4 de cette loi. Oriane, c'est d'ailleurs celui qui sera débattu dans l'hémicycle en premier ce soir.

En commission, les sénateurs ont supprimé les notions de phase avancée et phase terminale. Ils ont gardé les autres et ils ont supprimé également la mention réfractaire ou insupportable pour les souffrances psychiques et psychologiques. Ils se limitent donc pour les conditions à celles fixées par la loi Clès Leonetti de 2016 sur la sédation profonde qui prévoit qu'un patient qui est une maladie grave ou incurable et que le pronostic vital soit engagé à court terme puisse bénéficier de cette sédation et donc ici de l'assistance médicale à mourir.

Parmi les modifications en commission des affaires sociales ici au Sénat, il y a aussi eu l'ajout du fait que les médecins ne sont pas obligés d'informer les patients dont le pronostic vital est engagé à court terme et qu'il existe donc cette fameuse assistance à mourir. Autre suppression, le délit d'entrave qui punissait de deux ans de prison et 30 000 euros d'amende toute personne qui empêche ou tente d'empêcher l'information sur l'aide à mourir. Rappelons que cette version est celle de la commission ça peut encore évoluer dans l'hémicycle à partir de cet après-midi. Le vote sur le texte dans sa globalité est prévu la semaine prochaine le 28 janvier.

Bernard Delcroix c'est un texte celui sur l'aide à mourir qui bénéficie d'une liberté de vote dans chaque groupe une liberté de ton. Comment vous vous positionnez là-dessus ? Qu'est-ce que vous pensez de ce texte ?

27:21
Sébastien Martin

Oui bien sûr que c'est un texte dans lequel les groupes donnent toute liberté aux membres des groupes d'ailleurs sur l'ensemble des textes dans notre groupe de l'union centriste chacun a sa propre liberté de parole de choix et de vote. Et heureusement qu'il en est ainsi parce qu'on est là vraiment sur un sujet qui touche à l'intime à la conscience aux convictions profondes aux plus profondes nous-mêmes de chacun aussi à son parcours à la vie de ses proches à son vécu personnel familial etc.

Donc il y a une version tout le monde aujourd'hui s'accorde sur l'idée de dire une grande majorité en tous les cas s'accorde sur l'idée de dire il faut aller un peu plus loin que la loi Leonetti qui en fait la loi Leonetti il s'agit d'une sédation profonde et continue là il s'agit alors les termes sont différents vous l'avez rappelé suivant l'Assemblée nationale où le Sénat soit c'est une aide à mourir soit c'est une assistance médicale à mourir mais en tous les cas il faut aller un peu plus loin alors ensuite jusqu'où on va c'est l'affaire de chacun moi pour ce qui me concerne à travers voilà ce qui est mon intime ma conscience le fond de moi-même mon vécu aussi personnel et familial je pense que il est important de pouvoir accompagner des personnes dont le pronostic vital est engagé alors il y a des différences vous l'avez rappelé à court terme pas à court terme dont le pronostic vital est engagé de pouvoir les accompagner pour pouvoir mourir dans la dignité évidemment si elle le souhaite

28:55
Présentateur

les modifications dont je parlais du Sénat est-ce qu'elle finalement elle ne vide pas la loi de sa substance c'est ce que dit Olivier Falorni le député qui était à l'origine de cette proposition de loi

29:04
Sébastien Martin

alors si vous je prends l'exemple que vous avez cité d'un côté on dit pronostic vital engagé de l'autre côté on dit pronostic vital engagé à court terme

29:12
Présentateur

c'est engagé en phase avancée ou phase terminée

29:14
Sébastien Martin

voilà c'est ça donc effectivement ce sont des lignes différentes des mesures différentes même si elles visent finalement le même objectif c'est les débats que nous aurons au Sénat pendant ces jours-ci qui vont être très intéressants parce qu'encore une fois on n'est plus du tout dans les postures politiciennes ou dans des lignes politiques on est sur vraiment la conscience l'intimité de chacun d'entre nous

29:39
Présentateur

c'est pour les débats parlementaires rapidement Emmanuel Macron a évoqué à plusieurs reprises la possibilité de soumettre cette loi sur l'aide à mourir au référendum est-ce que pour vous c'est une voie souhaitable ou vous préférez que le débat reste au Parlement ?

29:51
Sébastien Martin

Alors moi je pense qu'il faut que le débat parlementaire se poursuive ensuite on verra comment il atterrit entre l'Assemblée nationale et le Sénat mais aujourd'hui on n'en est pas du tout un référendum sur ce sujet puisque la voie choisie a été celle de la voie parlementaire elle aurait pu choisir le Président de la République un référendum en amont moi je pense qu'il faut que le débat parlementaire aille jusqu'au bout et je souhaite en tous les cas qu'on arrive à trouver un accord Assemblée-Sénat sur ce sujet qui est vraiment un sujet encore une fois qui touche chacun de nos concitoyens au plus profond lui-même dans sa conscience

30:21
Présentateur

Et on suivra bien sûr ces débats qui débutent donc cet après-midi on y reviendra largement dans l'émission de demain Merci beaucoup Bernard Delcroix Merci à vous Merci d'avoir été notre invité pendant cette première demi-heure Stéphane on se retrouve dans 20 minutes Avec la revue de presse et on parlera notamment du 49.3 Lecornu à la une de beaucoup de quotidiens régionaux Et avec un petit journal des municipales Vous aurez tout sur les dernières infos de la campagne Mais d'abord on accueille le ministre Sébastien Martin invité de notre entretien Bonjour Sébastien Martin Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation Vous êtes ministre chargé de l'industrie On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale représentée par Christelle Bertrand du groupe La Dépêche Bonjour Christelle Bonjour Yann Bonjour Sébastien Martin On va bien sûr revenir sur le choix du 49.3 par Sébastien Lecornu mais d'abord On a donc appris ce matin que Donald Trump menaçait les vins et les champagnes français de droits de douane de 200% Comment vous réagissez à cette annonce ?

Je dis que la menace n'est pas œuvre de diplomatie et que très honnêtement au bout d'un moment se comporter exactement de la même manière quel que soit votre interlocuteur interroge même de savoir quelle est la vraie ligne diplomatique des Américains je conçois qu'ils puissent imaginer faire la pluie et le beau temps sur toute la planète à eux tout seuls mais au bout d'un moment on a toujours besoin d'alliés C'est le premier point Le deuxième point je pense que ça incite encore plus l'Europe désormais à réagir à essayer de s'affirmer comme une Europe un peu plus puissante à être un petit peu moins sur certains points y compris industriel d'ailleurs faire preuve d'un peu moins de naïveté et savoir désormais à la fois être un partenaire crédible et sérieux et en même temps savoir réagir et savoir se défendre d'ailleurs le président de la République a parlé de l'outil anti-coercition c'est bien Mais juste là ici particulièrement la France c'est Emmanuel Macron ce sont les vins et les champagnes français qui sont visés comment on va riposter est-ce qu'on va riposter Parce que la France est fidèle finalement à ce qu'elle a toujours été en matière internationale sur ce sujet là comme sur tant d'autres elle est leader elle porte une voix européenne forte et indépendante et elle n'accepte pas que le Groenland qui appartient à un pays européen puisse aujourd'hui être menacé par une puissance aussi comment dirais-je amicale soit-elle parce que nous avons des relations assez privilégiées avec les Etats-Unis et bien nous n'acceptons pas qu'on puisse se comporter comme cela c'est aussi simple que cela

32:57
Locuteur 3

Mais comment Emmanuel Macron doit-il réagir justement face à cette attaque qui cible directement la France est-ce qu'on peut encore parler avec Donald Trump ou est-ce que là pour le coup

33:05
Présentateur

il faut toujours parler d'ailleurs le président de la République a proposé au président américain soit pendant les échanges à Davos soit au retour de Davos puisque le président américain publie même les SMS désormais ce qui quand même est assez surprenant et je pense même peut poser des questions de politique intérieure de politique intérieure chez eux ou d'un moment est-ce qu'on peut vraiment se comporter comme cela je ne suis pas certain surtout quand on est à la tête de la première puissance mondiale mais juste comment on va réagir parce que là à des positions diplomatiques d'Emmanuel Macron parce que là c'est un choix diplomatique d'Emmanuel Macron de ne pas participer au Conseil de la paix il répond par une guerre commerciale vous avez vu quand même que le Conseil il est normal est-ce que vous pensez est-ce que vous pensez vraiment vous savez qu'il y a un ticket d'entrée au Conseil de la paix un ticket d'entrée à un milliard de dollars pour pouvoir participer au Conseil de la paix enfin je veux dire tout ça n'est pas sérieux on n'a jamais imaginé et on ne peut pas imaginer les relations internationales comme faire partie d'un club privé ou un club de poker avec un droit d'entrée enfin on ne va pas reconstruire Gaza de cette manière-là on ne va pas imaginer alors que cette région est extrêmement complexe on ne va pas imaginer que tout ça peut se faire juste à coup de quelques dollars enfin tout ça n'est pas sérieux et je pense que la France s'honore d'être dans la tradition gaullienne à un moment d'affirmer face à un pays qui est un ami qui est un partenaire qu'on ne doit pas se comporter comme il le fait et qu'on a des outils européens l'arme anti-coercition qui peut interdire l'accès des Etats-Unis et des entreprises américaines à l'Europe et bien pouvoir l'activer

34:36
Locuteur 3

Mais là-dessus Emmanuel Macron n'a pas été suivi notamment par l'Allemagne

34:39
Locuteur 7

sur l'arme de coercition

34:40
Présentateur

Ah bah écoutez il va y avoir une discussion des partenaires européens à ce sujet-là et je ne crois pas aujourd'hui que ce sujet soit complètement arrêté bien au contraire et j'entends plutôt au contraire des voix au niveau européen se dire qu'il est temps d'agir d'une manière différente et d'agir un peu d'une manière comme une puissance politique je pense que c'est important même si l'Europe n'est pas un Etat n'est pas un Etat fédéral bien au contraire mais affirmer une position politique parce qu'il y a aussi une question presque culturelle notre modèle de démocratie occidentale aujourd'hui fondé sur le dialogue sur la diplomatie sur les relations multilatérales est menacé de toutes parts et je crois que ce modèle-là il doit être conforté renforcé et il passe par Emmanuel Macron doit répondre puisque ce sont les vins d'ailleurs qu'est-ce que ça aurait comme conséquence juste sur le secteur non mais qu'est-ce que ça aurait si c'est appliqué comme conséquence sur le secteur des vins et des champagnes français ce qui m'inquiète un peu c'est qu'il y a une semaine le président américain appelait quand même les Iraniens à se soulever et que le soutien arrivait on l'attend le soutien et aujourd'hui on a des menaces donc on verra la France ne se laisse pas impressionner voilà ce que je veux dire la France ne se laisse pas impressionner la France est un grand pays ce grand pays qui n'a pas eu peur d'ailleurs à l'image du général de Gaulle un jour d'aller au Québec et vivre le Québec libre à quelques pas des Etats-Unis la France ne se laisse pas impressionner par des menaces les menaces ne sont pas forcément avec des amis un signe de force c'est parfois aussi un signe de force mais c'est encore un ami Donald Trump ?

mais les Etats-Unis sont un ami et Donald Trump qui est le président des Etats-Unis qui est quand même une grande démocratie est un peuple ami est un président ami à lui de savoir se comporter en ami mais qu'est-ce que vous dites ce matin au secteur des vins et champagnes français ? je les connais bien puisque je suis élu de Bourgogne donc la France va les défendre et aujourd'hui on parle de menaces on ne parle pas de choses qui sont réalisées par les Américains et je dis que l'Union Européenne a aussi des outils pour savoir répondre par une forme d'équivalence en termes de menaces

36:49
Locuteur 8

Est-ce qu'on peut imaginer des sanctions par exemple ?

36:51
Présentateur

ça fait partie des outils qui peuvent être utilisés l'arme anti-coercition elle permet d'avoir des vraies sanctions par exemple

36:56
Locuteur 7

interdire les marchés publics c'est ça l'arme anti-coercition c'est ça l'arme anti-coercition

36:59
Présentateur

c'est interdire des marchés publics c'est interdire l'accès d'entreprises américaines au marché européen Est-ce qu'il peut y avoir

37:05
Locuteur 5

une forme de boycott par exemple ?

37:07
Présentateur

Écoutez on va discuter au niveau européen de chacune des mesures qui peuvent être appliquées l'avantage de l'arme anti-coercition c'est un peu comme la dissuasion nucléaire c'est que ça permet d'établir un rapport de force et de dire à tout le monde au bout d'un moment il est nécessaire de faire retomber la pression donc on va voir quelle est l'attitude américaine Il n'a pas l'air d'une crainte ce rapport de force Donald Trump parce que l'arme anti-coercition elle a été brandie il y a trois jours et ce matin il remenace de nouvelles traites Écoutez on verra bien comment les choses se passent dans les jours qui viennent vis-à-vis des Etats-Unis je pense aussi quand même que les Etats-Unis comme beaucoup de pays d'ailleurs savent très bien qu'ils ont besoin de l'Europe pas simplement en matière diplomatique mais aussi en matière économique parce que c'est un grand marché de 450 millions un peu plus de 450 millions d'Européens et 450 millions de consommateurs donc gardons la tête froide en tout cas c'est l'attitude de la France Il y a un autre sujet qui inquiète c'est la question du Mercosur il y a des milliers d'agriculteurs qui seront aujourd'hui à Strasbourg puisque le Parlement européen doit se prononcer demain par un vote sur ce sujet est-ce que vous pensez que le vote ira dans le sens de la France ?

En tout cas la France fait tout ce qui est en son pouvoir effectivement pour aujourd'hui obtenir du Parlement européen un vote qui permettrait ou en tout cas un recours devant la Cour de justice qui permettrait de suspendre l'application de ce traité du Mercosur La position de la France elle a été très claire d'ailleurs c'est pour ça que cette motion de censure de la semaine dernière avait quelque chose d'un peu ridicule tout de même vous ne pouvez pas d'un côté demander au gouvernement d'être très clair de s'opposer au Mercosur il l'a fait il a voté contre le Mercosur et puis derrière continuer avec une motion de censure enfin je veux dire il y a aussi un double jeu parce que ceux qui ont déposé la motion de censure j'aurais préféré comme monsieur Bardella qu'il s'adresse à madame Mélanie qui a lâché sur ce sujet au dernier moment qu'il s'adresse à madame Mélanie et au parlementaire européen italien du parti de madame Mélanie pour leur dire associez-vous désormais à un recours auprès de la cour de justice et là je n'entends rien rien c'est un jeu de diversion vous parliez de Donald Trump tout ailleurs il y a quand même un petit peu un jeu de diversion sur les responsabilités des uns et des autres

39:15
Locuteur 5

Emmanuel Macron a quand même beaucoup varié sur le sujet on a pu aussi l'entendre dire que c'était un accord satisfaisant

39:20
Présentateur

est-ce que là

39:22
Locuteur 3

la France ira jusqu'au bout devant la cour européenne de justice

39:25
Présentateur

pour faire échec

39:27
Locuteur 3

à cet accord

39:28
Présentateur

il faut être très précis parce que j'ai entendu beaucoup de choses là-dessus le seul recours qui a un effet suspensif donc qui est efficace c'est un recours fait par le parlement européen la France peut faire un recours devant la cour de justice de l'Union européenne mais celui-ci n'est pas suspensif donc si on veut que ce traité ne rentre pas en vigueur celui-ci doit se faire au niveau du parlement c'est pour ça que je dis c'est pour ça que je dis à monsieur Bardella qu'au lieu de déposer des motions de censure à l'Assemblée nationale qui n'ont d'une part peu de chances d'aboutir et d'autre part aucun impact sur le Mercosur qu'il ferait mieux de faire son travail au parlement européen mais il n'y est pas souvent de faire son travail au parlement européen d'aller convaincre un certain nombre de ses partenaires européens de s'occuper de formuler un recours auprès de l'accord de justice en tout cas moi ce que je vois c'est qu'il y a beaucoup de députés aujourd'hui qui vont aller au parlement députés français y compris des députés dont je suis issu de la droite républicaine une vingtaine de députés qui vont au parlement européen et qui font le job d'aller convaincre des députés européens parce que vous le savez il y a beaucoup de députés du PPE le parti auquel appartiennent les députés français des LR qui sont favorables au Mercosur pareil pour les députés de renaissance qu'est-ce que vous diriez si nous ne faisions pas ce travail oui mais sur les positions européennes mais est-ce que vous aussi vous devez aller convaincre il n'y a pas que Jordan Berdella qui doit aller convaincre ah non non mais bien évidemment bien évidemment mais je rappelle quand même chacun ses responsabilités au bout d'un moment on ne peut pas vouloir être sur tous les

40:59
Locuteur 3

le président de la république lui-même a échoué à convaincre ses partenaires

41:03
Présentateur

les partenaires mais au niveau des groupes parlementaires européens c'est plus compliqué que ça vous n'avez pas des positions qui sont uniformes vous le savez très bien sur un certain nombre de sujets y compris celui-là on peut avoir dans tous les groupes parlementaires européens

41:18
Locuteur 7

le parlement peut réussir

41:19
Présentateur

mais écoutez on a la chance quand même d'avoir un système européen où le parlement et c'est bien c'est la représentation des peuples c'est la représentation de chacune et chacun à voix au chapitre et peut prendre des initiatives sur le budget Sébastien Lecornu a donc annoncé hier qu'il passera par 49-3 est-ce que le gouvernement renie sa parole ?

Oui il y a un moment moi j'aime bien cette expression de Jacques Chirac vous savez Chirac disait un chef c'est fait pour cheffer il y a un moment il faut prendre ses responsabilités et moi je suis ministre de l'industrie et je trouve que cette période qui commençait maintenant à s'étirer de manière un peu disproportionnée a aussi un impact sur notre économie et je crois que beaucoup d'ailleurs y compris dans plein de rangs parlementaires appelaient aussi à ce que le gouvernement prenne ses responsabilités moi je crois que le premier ministre il a tout simplement pris ses responsabilités parce que avant que de savoir si à un moment le premier ministre a dit qu'il n'utiliserait pas le 49-3 il y a la nécessité que ce pays tienne debout il y a beaucoup de gens mais du coup est-ce qu'il a eu tort de marteler qu'il n'utiliserait pas le 49-3 parce que nous sommes dans un système aujourd'hui enfin dans un éclatement parlementaire excusez-moi qui fait quand même qu'on n'est pas exactement dans la situation d'avant où vous aviez une majorité absolue et puis une opposition et puis que avant le 31 décembre vous pouviez avoir un but et il n'était pas dans la situation il pouvait se passer du 49-3 pourquoi il a autant martelé qu'il ne l'utilise parce qu'il a voulu faire confiance aux parlementaires je pense qu'il y a des parlementaires et on voit bien que RN et LFI qui d'un côté se présenteraient comme l'alternative en réalité n'ont été que ceux qui ont fait en sorte que ce débat ne puisse pas aboutir sereinement qui ont privé les français d'un débat sérieux

43:12
Locuteur 7

c'est donc un échec de sa stratégie il lui disait je veux rendre la parole aux députés enfin au parlement en général finalement rendre la parole au parlement ça ne fonctionne pas

43:20
Présentateur

c'est pas que ça ne fonctionne pas c'est que certains groupes politiques on fait en sorte que ça ne fonctionne pas moi je me souviens on a réussi à le faire sur le PLFSS ça a marché et sur le PLF on n'y arrive pas parce que vous avez excusez-moi certains groupes politiques qui ne qui voulaient faire durer jusqu'à vitam eternam cette situation qui se nourrissent excusez-moi qui se nourrissent d'une forme d'irresponsabilité

43:46
Locuteur 8

mais là c'est pas la responsabilité du Rassemblement National et de LFI

43:49
Locuteur 7

puisqu'ils n'étaient déjà pas soutiens sur le PLFSS et vous avez réussi à boucler un PLFSS

43:54
Présentateur

sans être soutien aujourd'hui on voyait bien qu'on avait un débat à l'Assemblée Nationale qui faisait que nous allions je pense que si on laissait faire je ne sais pas à combien de déficits on allait finir enfin là on était presque à 5,5 déjà alors qu'on est rentré dans la copie à 5,4

44:12
Locuteur 8

mais en gros c'est parce que vous n'avez pas réussi à embarquer le Parti Socialiste ce que vous avez réussi à faire pour le PLFSS non non

44:18
Présentateur

c'est pas parce qu'on n'a pas réussi à emporter le Parti Socialiste c'est parce que on a eu une alliance de circonstances entre l'ERN et LFI pour faire en sorte de faire déraper matin, midi et soir les objectifs de déficit que le Premier ministre au bout d'un moment a dit stop je prends mes responsabilités j'assume j'assume de présenter un budget qui certes ne plaira peut-être pas à tout le monde et puis finalement personne n'a envie de le porter donc j'assume moi de le porter il n'est sans doute pas parfait mais je prends mes responsabilités parce que moi je suis sur le terrain le week-end j'étais sur le terrain pendant les fêtes de Noël dans ma région en Bourgogne-Franche-Comté mais les gens n'en peuvent plus mais les gens ils vous disent mais il est temps que tout ça finisse il est temps que les parlementaires aujourd'hui s'attaquent à d'autres sujets que le budget enfin est-ce qu'il y a une seule collectivité en France on est ici à Public Sénat qui parle de son budget et qui met presque six mois à adopter son budget parce que je vous rappelle que ces débats ont commencé avec François Bayrou au mois de juillet c'est impensable

45:21
Locuteur 3

Sébastien Le Watt-Cornu a fait le choix du 49-3

45:23
Locuteur 7

est-ce que vous comprenez ce choix par rapport à l'autre option qui se présentait à lui

45:27
Locuteur 3

qui est de passer le budget par ordonnance

45:29
Présentateur

Oui parce que ce choix permet de poser un texte sur la table qui est quand même la version la plus proche du texte définitif On pouvait compléter les ordonnances Alors que les ordonnances vous obliger à repartir du début Oui on pouvait compléter donc ça veut dire qu'on repartait d'abord avec des ordonnances et ensuite derrière qu'il fallait faire adopter un nouveau projet de loi de finances rectificatif Donc qui vous dit au regard de l'attitude des deux extrêmes et peut-être d'un certain nombre d'autres qui vous dit que nous n'étions pas repartis dans un scénario où on n'avait pas de budget avant l'été Il n'est pas possible que la France ce grand pays au regard de tout ce qu'on vient de se dire avant ait un budget cet été Maintenant il faut en finir Juste Olivier Faure annonce ce matin que le PS ne censurera pas le gouvernement Déjà c'est un soulagement pour vous ?

Ben écoutez moi ce qui me soulage c'est pas l'attitude des uns et des autres ce qui me soulagera c'est quand la France aura enfin un budget et qu'on pourra parler de politique publique plutôt que de parler de finances matin, midi et soir Laurent Wauquiez lui patron des députés LR hier il n'a pas voulu dire s'il censurait ou pas il a dit qu'il attend de voir la copie budgétaire et qu'il attend de voir si les demandes des LR il figurait bien dedans vous comprenez ?

Moi vous savez j'ai siégé au sein de ce groupe et en fait au sein de ce groupe avant qu'on prenne des décisions on en discute et il se trouve qu'hier je ne crois pas que les députés droites républicaines étaient tous à l'Assemblée il doit y avoir une réunion de groupe ce matin et le président du groupe Laurent Wauquiez a toujours pris les positions du groupe après un échange au sein du groupe et d'ailleurs quand je suis rentré au gouvernement les choses se sont aussi faites comme ça donc il me semble que Et vous qui le connaissez bien ils censuront ou ils ne censuront pas ?

Je pense que les députés de la droite républicaine eux aussi sont comme beaucoup de françaises et de français parce qu'ils sont ancrés sur le terrain ils ont envie de passer à autre chose maintenant je ne veux pas préempter leur position c'est eux qui l'adopteront Je pense que ce sont des gens responsables Un mot sur la copie budgétaire déjà est-ce qu'à vous convient la copie budgétaire telle que présentée par Sébastien Lecornu ?

Le Premier ministre a repris un texte et a souhaité y affirmer quand même désormais un certain nombre de priorités sur le pouvoir d'achat de celles et ceux qui travaillent sur le logement sur la recherche et l'enseignement supérieur ça c'est ce qui vous convient mais vous qui venez des LR est-ce que vous ne dites pas la copie elle est un peu trop à gauche ? Est-ce que la copie est trop à gauche ? Écoutez cette copie c'est une copie qui est issue d'un compromis moi j'ai été élu local pendant 11 ans et je le suis toujours d'ailleurs des compromis on en fait toute la journée et je n'ai pas l'impression que nos concitoyens s'en plaignent

48:14
Locuteur 7

Mais c'est un compromis qui se fait plutôt sur les positions du Parti Socialiste que sur les positions des LR

48:18
Présentateur

Non tout le monde excusez-moi mais tout le monde dans cette affaire aujourd'hui je crois a pu faire valoir auprès du Premier Ministre un certain nombre de ses priorités une des grandes priorités on parlait de Laurent Wauquiez et du groupe de la droite républicaine c'était de voir le barème de l'impôt sur le revenu ne pas évoluer et faire en sorte que les ménages ne payent pas plus d'impôt c'était de faire en sorte que les retraités auxquels ils sont très attachés ne soient pas encore plus mis à contribution le Premier Ministre l'a repris le groupe de Gabriel Attal c'était qu'on ne touche pas aux allègements de charges sur les entreprises le Premier Ministre a repris cette proposition et je pense qu'on pourrait égrener comme ça mais quand on dit je bats en brèche cette idée qui est c'est un budget pour le Parti Socialiste ce n'est pas vrai c'est ce que disent certains patrons vous qui êtes ministre de l'Industrie vous les entendez certains patrons existent on a trop cédé aux socialistes on a construit un budget de compromis qui apporte des réponses à chacune et chacun des groupes politiques qui ont envie que ce pays avance et il y a des groupes politiques moi quand j'entends les leçons du Rassemblement National aujourd'hui qui se met en perle à vertu enfin et en critiquant il y a une surtaxe sur l'impôt sur les sociétés à 8 milliards ils ont voté avec LFI de leur côté une surtaxe sur les multinationales françaises pas que les multinationales il y a bien les multinationales françaises à 26 milliards et ils nous donnent des leçons avec une surtaxe sur l'IS à 8 milliards qui est exactement la même et même moins que l'an dernier puisque nous en excluons les ETI c'est-à-dire quand même des entreprises de taille intermédiaire qui vont jusqu'à 1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires alors que nous nous concentrons sur 300 entreprises alors que l'an dernier c'était plus de 400 Juste un mot puisque vous parlez d'un vote du Rassemblement National vous qui étiez jusqu'à peu président des intercommunalités de France le Rassemblement National qui a voté une baisse de la dotation globale de fonctionnement d'environ 5 milliards comment vous avez pris ce vote ?

De l'irresponsabilité de l'irresponsabilité faire croire que l'on peut résoudre les problèmes de ce pays sans s'appuyer sur les collectivités territoriales faire croire qu'on puisse faire du développement économique et du développement industriel sans s'appuyer sur les intercommunalités ou les régions faire croire qu'on va régler les problèmes de santé sans s'appuyer sur les conseils départementaux par exemple c'est un mensonge c'est un mensonge et la République elle vit bien dans les territoires et on voit bien ce qu'attaquent la République en attaquant les collectivités

50:56
Locuteur 5

Juste une dernière question monsieur le ministre vous diriez que la France va être dotée d'un budget quand à quelle échéance ?

51:03
Présentateur

Écoutez on s'est donné comme échéance le plus rapidement possible vous voyez bien que dès ce matin enfin dès aujourd'hui pardon le Premier ministre va engager sa responsabilité sur la première partie deuxième partie ensuite il faut que le texte parte au Sénat les sénateurs sont souverains je ne vais pas dire aux sénateurs ce qu'ils ont à faire et ensuite il faut une lecture définitive finale vous avez bon espoir

51:24
Locuteur 8

qu'aucune motion de censure ne soit votée d'ici là et que le budget

51:27
Présentateur

le Parlement est libre les députés sont libres ils sont libres je ne vais pas vous dire demain je ne sais pas ce que vont faire les députés moi je crois que j'en connais beaucoup et que ce sont des gens responsables pour l'immense majorité si c'est parce que

51:41
Locuteur 8

le cornu tombe en février on n'a plus de budget pendant encore

51:43
Présentateur

on n'a plus de budget en fait il faut bien savoir que si le gouvernement tombe on n'a pas de budget on n'a plus de budget et le budget tombe il faut repartir à zéro un mot quand même sur deux dossiers industriels Novasco qui fait la une du républicain Lorrain ce matin le sidérurgiste qui a été liquidé en novembre dernier l'État a engagé des poursuites judiciaires contre l'ancien propriétaire de la Syrie c'est le fonds Greboul pourquoi ces poursuites et avec quelle finalité parce que pour moi il est inconcevable qu'un fonds d'investissement comme Greboul qui a pris des engagements devant l'État que ces engagements pris devant l'État ont ensuite été formalisés devant la justice que si ces engagements ne sont pas tenus ils ne seraient pas concevables pour les salariés et pour le peuple français qui a mis 85 millions d'euros sur la table alors que Greboul n'en a mis que 1,5 et qu'il devait en mettre 90 il n'est pas concevable que ces gens-là ne soient pas poursuivis qu'on n'en appelle pas à leur responsabilité donc j'ai pris cette décision un peu unique visiblement que d'assigner en justice aux civils et également au pénal le fonds Greboul qui s'était engagé à investir 90 millions d'euros dans cette entreprise Novasco et qui aujourd'hui est responsable de la perte d'un emploi pour 450 personnes à Gondange et pratiquement 700 personnes partout sur le territoire national et si quand il y a des responsabilités comme celles-là si quand les gens ne tiennent pas leur parole l'État le gouvernement ne les assigne pas en justice je pense que nous ne sommes pas à la hauteur de nos responsabilités donc on l'a fait avec les salariés il a encore un avenir le site d'Agon-Dange Vous parlez à quelqu'un qui est élu d'un territoire dans lequel il y avait une entreprise appelée Kodak qui du jour au lendemain enfin en deux ans s'est arrêté alors qu'il y avait 2800 salariés qui aujourd'hui a neuf usines qui sortent de terre où le taux de chômage est à 6,5% et bien oui il y a toujours un avenir et je pense qu'on a mis en place une méthode c'est-à-dire que sur le territoire d'Agon-Dange j'ai réuni les élus chacun dans son rôle la communauté de communes sur le foncier la région pour retrouver des investisseurs la Banque des Territoires et l'État pour accompagner tout ça et pour imaginer un devenir ça prendra du temps je ne veux pas vendre du rêve une fois encore ça prendra du temps mais avec de la méthode et de la volonté et il y en a sur ce territoire on peut y arriver Un mot sur Brandt qui a été liquidé ça a été un choc il y a quelques mois il y a un homme d'affaires qui a annoncé vouloir reprendre le site d'Orléans est-ce que vous y croyez ?

Est-ce que ça vous paraît viable ?

Écoutez j'aurai un échange d'ailleurs dans la journée à la fois avec le président de la métropole et avec le président de la région le projet qui est porté par cet investisseur moi je souhaite que toutes les pistes puissent être évaluées mais j'en appelle aussi à la responsabilité un peu à l'image de ce que je vous ai expliqué tout à l'heure sur Novasco moi je veux un projet solide je ne veux pas vendre du rêve je veux donc avoir une analyse très précise des choses et on l'aura encore cette semaine avec les élus locaux Merci beaucoup Merci Sébastien Martin Merci d'avoir été notre invité Christelle la une de la dépêche budget et à la fin c'est le 49-3 c'est à la une de votre journal on va voir ce qui fait l'actualité dans nos régions on va également parler des municipales tout de suite Stéphane on va regarder ce qui fait la une de la presse régionale on en parlait à l'instant c'est le 49-3 sur le budget c'est pour aujourd'hui c'est à la une de plusieurs de nos journaux régionaux ce matin oui le gouvernement le gouvernement se résout à utiliser le 49-3 titre Ouest France ce matin pour la dépêche cette issue était inévitable voilà le titre et à la fin c'est le 49-3 Sud-Ouest se demande plutôt pourquoi Sébastien Lecornu a cédé alors qu'il avait renoncé en octobre à utiliser ce même article 49-3 dans les pages des quotidiens décryptage de ce passage en force concerté après l'annonce de mesures notamment en faveur des socialistes de quoi permettre au gouvernement normalement de ne pas chuter alors que la France Insoumise et le Rassemblement National vont déposer des motions de censure ont déposé des motions de censure mais ces concessions aux partis socialistes comme par exemple la surtaxe des bénéfices des plus grandes entreprises ne plaisent pas aux entreprises la colère des patrons c'est aussi à lire dans les colonnes de Sud-Ouest le deuil en Espagne après l'accident de train qui a coûté la vie à au moins 40 personnes oui un deuil national de trois jours à la une de la Voie du Nord ce matin le Premier ministre espagnol a promis une transparence absolue sur les causes de l'accident qui s'est produit dimanche soir dans la Voie du Nord vous pourrez lire la solidarité des citoyens d'Adamus venus prêter main forte au secours quand le républicain Lorrain se demande lui ce matin si un tel accident pourrait arriver en France et répond que cet accident est un malheureux concours de circonstances le quotidien de l'Est rappelle aussi l'accident en France le 14 novembre 2015 d'une rame d'essai de TGV à Erkwesheim à cause d'une vitesse trop élevée 11 personnes sont mortes dans cet accident 42 avaient été blessés dans la catastrophe la plus meurtrière du TGV en France attribuée à une faute humaine On en parlait à l'instant avec le ministre de l'Industrie l'État qui va porter plainte contre l'ancien propriétaire de la ciriste Novasco Oui c'est à la une du républicain Lorrain ce matin l'État va poursuivre le fonds Gréboul qu'il considère responsable de la suppression de 531 un emploi au cœur de la bataille Sébastien Martin en parlait 85 millions d'euros d'aides publiques pour le fonds et un retour 1,5 million d'euros d'investissement contre les 90 millions prévus l'aumône écrit le républicain Lorrain la suite devant le tribunal des affaires économiques à Paris Allez on parle des inondations dans l'eau des pyrénées orientales Oui ce matin seul l'aude et les héros restent en vigilance orange cru à la une de l'indépendant édition catalan ce matin cette question est-ce enfin la fin de la sécheresse et même si les nappes se sont rechargées avec ces épisodes de pluie pas si sûr répondent les experts cités dans le quotidien Et justement on va parler de cet épisode méditerranéen qui frappe l'Occitanie qui frappe particulièrement l'aude Bonjour Pierre Mathis merci beaucoup d'être avec nous vous êtes le rédacteur en chef du journal l'indépendant Pierre on va revenir sur ces violentes intempéries qui ont donc frappé l'aude Quelle est la situation sur place ce matin ?

57:48
Locuteur 4

Alors ce matin l'information principale c'est qu'il y a encore 450 foyers qui sont privés d'électricité et le secteur qui est le plus surveillé c'est le secteur qu'on appelle les basses pleines de l'aude si vous voulez c'est au niveau d'un village qui s'appelle Coursan entre la mer et l'endroit où les affluents qui jusqu'ici nous inquiétaient se jettent dans l'aude donc c'est assez logique les affluents comme la CES aujourd'hui ils sont plutôt rassurants mais c'est donc les basses pleines qui sont aujourd'hui concernées et qui sont surveillées sur les images que l'on voit on se rend compte aussi que les plans et l'inondation qui ont été mis en place et qui consistent à ouvrir et à laisser des secteurs de dépanchement pour l'eau notamment dans les vignes finalement ont été activés et on voit bien que l'eau se répand dans les endroits qui sont les moins entre guillemets stratégiques

58:43
Présentateur

Et Pierre à lire également Stéphane en parlait dans vos pages cet article dans lequel vous vous interrogez est-ce la fin de la sécheresse ?

58:51
Locuteur 4

Alors ce qui est sûr c'est que le préfet des Pyrénées-Orientales a annoncé hier la fin de la plupart des restrictions il faut savoir que ça fait plusieurs années qu'il y a des restrictions par exemple pour tout simplement arroser son potager ou justement irriguer un petit peu irriguer un champ ces restrictions sont toutes levées ça c'est sûr parce qu'il y a quand même beaucoup d'eau évidemment il y a beaucoup plu en revanche quand on interroge des spécialistes sur l'état notamment des nappes phréatiques ça ne va pas non plus sortir le département des Pyrénées-Orientales de ces problèmes on explique ce matin que la difficulté des nappes phréatiques dans les Pyrénées-Orientales est une et se calcule à l'échelle de 20 ans donc ça fait 20 ans qu'on pompe certainement un peu trop dans ces nappes ce qui est sûr c'est que l'eau qui est tombée est une bénédiction pour un département qui était depuis 3 ou 4 ans dans une situation vraiment très difficile qu'il y a de la neige en montagne aussi ça c'est une bonne nouvelle puisque ça veut dire que cette neige va se transformer en eau qui pourrait revenir et qui pourrait s'écouler plus tard mais il n'empêche que ce qu'on nous explique c'est qu'il serait bien qu'il y ait encore de la pluie notamment au printemps pour véritablement passer en tout cas un été tranquille

1:00:09
Présentateur

Merci beaucoup merci Pierre-Mathis d'avoir été avec nous pour nous parler notamment de ces inondations Voici la une ce matin du journal L'Indépendant Merci beaucoup Pierre d'avoir été avec nous Allez on est à moins de deux mois maintenant des municipales et dans cette émission on va tout vous dire sur les dernières infos de la campagne sur les enjeux de l'élection c'est l'heure maintenant d'ouvrir notre page spéciale consacre aux municipales Et Stéphane on commence par notre petit journal consacré aux dernières infos des municipales et d'abord 95 députés seront donc tête de liste pour cette élection Oui un décompte tourienne effectuée par nos confrères de LCP ça fait 16,5% des 577 députés qui seront tête de liste pour les élections municipales 2026 sur ces 95 candidats au fauteuil de maire 26 sont issus du groupe Rassemblement National 20 du groupe La France Insoumise 9 socialistes voilà pour les 3 premiers groupes en 2020 il y avait beaucoup moins de députés qui voulaient devenir maire seuls 63 députés s'étaient engagés en tant que tête de liste pour les municipales Le fils de Laurent Wauquiez candidat dans leur chef du Puy-en-Velay Ah oui un Wauquiez peut en cacher un autre Baptiste Wauquiez 22 ans fils aîné du patron du groupe LR à l'Assemblée a confirmé hier qu'il serait sur la liste du maire sortant du Puy-en-Velay sans préciser à quel rang et comme la politique est une affaire de famille son oncle le frère de Laurent Wauquiez sera lui aussi candidat à Rouen dans la Loire Vladimir Wauquiez sera sur la liste de Fanny Fénoux ex-adjointe au maire sortant et qui se lance donc dans la bataille Alors il y en a qui se lancent il y en a d'autres qui renoncent C'est le cas à Nice du président de l'OGC Nice Jean-Pierre River Oui il devait devenir le premier adjoint d'Éric Ciotti mais en raison d'un risque juridique il préfère se retirer de la liste Christian Estrosi actuel maire de Nice ennemi d'Éric Ciotti mettait en garde contre un conflit d'intérêt et voulait même saisir le préfet en effet le code électoral prévoit que les entrepreneurs privés qui sont liés à la ville par des prestations régulières ne peuvent pas se présenter s'ils n'ont pas quitté leur poste six mois avant c'est le cas de Jean-Pierre River il fera quand même la campagne rassurez-vous et il serait nommé conseiller spécial d'Éric Ciotti si celui-ci est élu en 2026 voilà ce que dit l'entourage d'Éric Ciotti Et puis on va à Montpellier où l'ancienne ministre Renaissance Patricia Miralès est Ali Moued Altrad Oui Moued Altrad président du club de rugby de Montpellier est déjà candidat en 2020 il avait été élu dans l'opposition municipale à Mickaël Delafosse avant de démissionner en 2024 sans jamais avoir siégé mais le voilà retourné dans cette campagne municipale Patricia Miralès assure qu'elle compte lui apporter son expérience politique elle qui a été adjointe au maire de Montpellier Philippe Sorel entre 2014 et 2020 Allez on finit avec cette une du courrier Picard les maires qui n'auront fait qu'un seul mandat Et oui le quotidien Picard donne la parole ce matin à cinq maires qui ne souhaitent pas rempiler Catherine Candelier maire de Saïs-le-Sec a choisi de raccrocher après un mandat pour le bien-être de ma famille dit-elle au courrier Picard elle dit avoir adoré la fonction de maire même si maire et femme ça n'est pas toujours évident elle raconte qu'on lui a déjà dit je n'obéirai pas à une femme pendant la durée de son mandat d'autres arrêtent aussi à cause de l'âge ou alors à cause des divisions politiques toutes ces paroles de maire sont à découvrir dans les pages du courrier Picard ce matin Merci beaucoup Stéphane pour ce journal des municipales ce sera à retrouver tous les jours à Storcy dans cette émission et on va maintenant passer à notre débat sur les enjeux de cette élection trois maires qui vont nous rejoindre dans quelques instants ils nous raconteront leur mandat quelle place pour le maire dans notre société avant de les entendre portrait d'un autre élu il s'appelle Jean-Luc Riglet il est maire de Sully-sur-Loire c'est dans le Loire et c'est Sitsixou et t'es allé à sa rencontre

1:03:49
Locuteur 7

quand Jean-Luc Riglet marche dans les rues de Sully-sur-Loire il ne se passe pas deux minutes sans qu'il se fasse arrêter

1:03:58
Présentateur

comment tu vas ?

1:04:00
Locuteur 7

ouais ça va très bien très bien

1:04:02
Présentateur

t'as un peu mal au dos ?

1:04:04
Locuteur 7

maire depuis 2014 il connaît la plupart des 5200 administrés de sa commune

1:04:09
Présentateur

ça va ? tu vas bien ? ouais ? bonjour le tarot ? ouais j'essaye

1:04:14
Locuteur 7

reconnu cet ancien directeur de banque de 62 ans est un homme engagé avant la politique il était très investi dans le monde associatif quand il est devenu maire il a mené de front son activité professionnelle et son premier mandat mais a choisi en 2020 de quitter son travail pour se consacrer à son rôle d'édile

1:04:34
Locuteur 4

ça a été à peu près pendant un certain nombre d'années mais petit à petit en prenant un peu plus de fonctions et en ayant des dossiers plus importants etc ça devenait quand même très compliqué donc il a fallu faire un choix

1:04:48
Locuteur 7

en faisant le choix de la politique l'élu a perdu 40% de ses revenus

1:04:53
Locuteur 4

on fait pas ça pour l'indemnité parce que 12 heures par jour la nuit parfois la responsabilité puis la relation de proximité avec la population qui est formidable vraiment mais comme dirait je crois le président Larcher on est quand même à portée de baffe

1:05:11
Locuteur 7

des claques le maire en a pris mais depuis quelques années avec les réseaux sociaux il ressent une grande violence harcelé par un administré depuis plusieurs mois il se sent démuni

1:05:22
Locuteur 4

on a besoin d'aide voilà je crie vraiment au secours je souhaite vraiment que tous les élus soient aidés plus par les forces de l'ordre déjà et puis par la justice en général

1:05:35
Locuteur 1

aidez-nous

1:05:36
Locuteur 4

aidez-nous parce que là on est en train de peiner

1:05:40
Locuteur 7

en 12 ans aussi il a vu les ressources de la ville diminuer à cause des baisses des dotations il a dû se démener pour trouver des financements pour construire cette nouvelle école aidée par la région et l'Etat le bâtiment est sorti de terre l'an dernier et a ouvert ses portes à la rentrée 2025

1:05:58
Locuteur 1

vous êtes bien dans vos locaux oui vous regardez cette belle école

1:06:01
Locuteur 7

un beau résultat mais le maire a dépensé beaucoup d'énergie pour répondre à toutes les normes imposées pour la construction

1:06:08
Locuteur 4

c'est très lourd c'est vraiment très lourd c'est un gros problème pour tous les élus les maires en particulier évidemment mais c'est très compliqué parce que parfois c'est usant et parfois on se dit pourquoi mais on le sait pourquoi parce qu'on veut faire plaisir aux habitants regardez les petits écoliers là ils sont ravis les familles sont ravies donc on a réussi

1:06:28
Locuteur 7

les réussites le plaisir des habitants et l'amélioration de la ville sont des moteurs pour Jean-Luc Réglet mais il le sait aussi il aurait déjà abandonné sans sa femme Francine qui le soutient depuis le début dans l'ombre

1:06:41
Locuteur 5

je reste toujours à l'écart mais je suis fière fière de ce qu'il arrive à faire et puis complètement d'accord puisque bien sûr il s'est engagé ça a été un accord commun

1:06:54
Locuteur 7

elle veille aussi à ce que malgré l'emploi du temps très chargé de son mari il prenne du temps pour ses petits enfants

1:07:00
Présentateur

et on va en parler avec vous de ce mandat de maire de ses difficultés mais aussi de ses joies on espère que vous allez nous le dire bonjour Vincent Chauvet merci beaucoup d'être avec nous vous êtes maire modem d'Autun c'est en Saône-et-Loire c'est environ 13 000 habitants bonjour Patrick Haddad merci également d'être avec nous vous êtes maire socialiste de Sarcelles dans le Val d'Oise environ 60 000 habitants et avec nous également Nathalie Gavoil bonjour merci d'être là vous êtes maire sans étiquette de trop cher c'est en Côte d'Or et c'est une petite commune moins de 200 habitants d'abord vous avez entendu le témoignage de votre collègue maire est-ce que vous vous êtes reconnu un peu dans ce portrait Vincent Chauvet complètement bon le rôle de l'épouse en tout cas de l'entourage ça c'est vraiment important de la famille parce que c'est pas toujours facile le côté démuni par rapport à la justice on en parlera la loi sur le statut de l'élu on en connait pas exactement l'application mais c'est vrai qu'on peut paraître démuni moi il y a un administrat qui a cloué un qui a pendu un rat sur ma porte et il est décédé avant qu'on ait pu l'emmener au travail au tribunal mais les procédures sont lentes il y a la possibilité dans les élections nationales par exemple quand on est attaqué en diffamation d'avoir des référés ça n'existe pas aux élections municipales c'est ce genre de choses le rôle des réseaux sociaux positif mais aussi négatif moi je me suis complètement reconnu dans le témoignage de mon collègue de Sully-sur-Loire c'est pas exactement la même génération peut-être la commune est un peu plus petite mais c'est vraiment complètement les mêmes enjeux

1:08:20
Locuteur

Patrick Haddad

1:08:21
Présentateur

oui tout à fait je suis parfaitement d'accord à la fois sur le risque juridique le besoin d'être mieux accompagné et puis sur le rôle des réseaux sociaux parfois la violence des habitants moi ça m'est arrivé également et que derrière la protection existe on a la protection fonctionnelle qui paye sur les frais de la commune d'ailleurs les démarches mais ensuite la lenteur de la justice la pression permanente avec les réseaux sociaux bien sûr on va y revenir il y a toute une série de satisfactions mais j'ai l'impression que c'est beaucoup plus intense que ce que ça pouvait être il y a 3-4 mandats en arrière où on vivait dans un monde qui allait moins vite et qui était peut-être moins conflictuel Nathalie Gavalco comment vous l'avez vécu le mandat qui vient de s'écouler est-ce que vous diriez que pour les maires ça a été le mandat de toutes les crises ?

1:09:10
Locuteur 3

Je dirais oui que ça a été le mandat de toutes les crises on a commencé par le Covid bien sûr et puis ça s'est intensifié avec diverses crises économiques écologiques et toujours faire face avec moins de moyens une exigence de la population plus accrue et tout ça mais les tensions moi j'ai aussi vécu des choses un petit peu violentes aussi par rapport à des habitants mécontents qui ne prennent pas en compte aussi le temps administratif un temps long qu'ils ne reconnaissent pas et parfois qui les insupportent et ils vous le font savoir mais à côté de ça comme mon collègue de Sarcel disait il y a aussi des belles choses dans notre mandat et j'espère qu'on va les aborder parce qu'il faut donner envie à beaucoup de personnes de s'engager aux prochaines élections

1:09:57
Présentateur

On va en parler Nathalie Gabal mais juste une petite précision quand vous dites que vous avez été victime de choses violentes c'est quoi ? C'est des menaces ? Des agressions ?

1:10:06
Locuteur 3

C'est des agressions verbales un ton un ton beaucoup plus agressif une distance beaucoup plus proche on s'approche de vous pour vous parler voilà c'est des choses qu'on ne voyait pas moi c'est mon deuxième mandat en tant que maire et je le vois je vois s'intensifier ce ton d'agressivité

1:10:26
Présentateur

C'est plus dur aujourd'hui d'être maire vous le ressentez vous aussi Vincent Chauvet ?

Je pense que comme ma collègue de Côte d'Or l'a dit les citoyens sont de moins en moins citoyens électeurs et de plus en plus clients consommateurs donc il y a une relation de fournisseur à client comme avec son fournisseur d'accès on le voit d'ailleurs quand on va voir les commerçants que ce soit la téléphonie ou l'opticien ils nous disent les gens sont extrêmement agressifs dans le temps plus de patience y compris par rapport aux vendeurs on est un peu dans cette même position je pense que c'est assez global la société et puis il y a eu aussi même si les chiffres sont plutôt en baisse globalement d'insécurité ou de violence il y a moins de violence mais les faits sont plus spectaculaires moi j'ai eu une tentative d'incendie du véhicule de service de la mairie en bas de chez moi à la suite d'un mariage rodéo que j'avais annulé que j'ai gagné au conseil d'état ça ne leur a pas plu et bien il y a une partie de la famille qui avait saisi la justice administrative c'est exactement ce qu'il faut faire et une autre partie qui avait saisi le cocktail Molotov et on voit que de plus en plus certains vont aller sur la violence ou sur la dégradation plutôt que sur les voies de droit ou les élections ça a été difficile pour vous à gérer aussi ce type d'événement Patrick Haddad ?

Oui oui ça arrive de temps en temps alors c'est pas non plus généralisé je dirais aussi des moments vraiment très agréables avec la population quand on transforme un quartier ou tout simplement toute une série de fêtes qu'on peut avoir de moments festifs et agréables et heureusement mais c'est un peu tout rien je trouve que la distance est rarement importante et que moi j'ai eu des difficultés liées à une petite bande de trafiquants de stupéfiants dans un quartier où ils ont bien vu qu'ils n'allaient rien obtenir de moi parce que ce qu'ils veulent c'est négocier pour pouvoir eux avoir le pouvoir dans le quartier et demander des emplois dans la maison de quartier

1:12:14
Locuteur 8

pour pouvoir qu'on finance leurs associations etc et quand on dit non et bien ils s'en sont pris à moi physiquement à mon véhicule

1:12:21
Présentateur

j'ai été caillassé j'ai d'oeuf etc donc la justice suit la police enquête mais tout ça est assez lent et il y a quand même un sentiment d'impunité qui rend les choses un peu plus difficiles que ce qu'elles devraient être Est-ce que vous partagez ce que dit Vincent Chauvet vous avez l'impression qu'aujourd'hui on est passé du citoyen électeur au client consommateur ? Oui et notamment avec les réseaux sociaux puis la société du numérique alors qu'il y a plein d'avantages par ailleurs nous-mêmes on peut faire passer des messages qui étaient beaucoup plus difficiles

1:12:48
Locuteur 8

à faire passer avant donc en quelques clics on arrive nous aussi à s'exprimer donc il y a un bon côté des choses le mauvais côté c'est que les gens pensent qu'ils sont j'allais dire sur Amazon ou sur Netflix et qu'avec leur téléphone ils nous demandent un truc et que ça va se produire dans l'heure qui suit

1:13:05
Présentateur

ils ne comprennent pas qu'il y a effectivement comme le disait la collègue un temps administratif que certains projets sont plus longs que d'autres

1:13:11
Locuteur 8

que dans une mille de 60 000 habitants on ne peut pas s'occuper de tout le monde en même temps moi je reçois tous les jours 3, 4, 5 demandes de logement les gens trouvent mon numéro ils m'écrivent sur les réseaux sociaux mais il y a un processus pour ça donc on les renvoie vers ce processus administratif qu'on essaie de fluidifier

1:13:26
Présentateur

par ailleurs mais ils n'entendent pas forcément ils l'entendent plus ou moins mais ils se disent que s'ils peuvent le court-circuiter c'est mieux alors à la fois il faut être dans l'échange avec les gens si on ne leur répond jamais ils ne comprennent pas puisqu'on va les solliciter après pour les élections mais il faut aussi les mettre dans le bon cadre et ça c'est vrai que ce n'est pas toujours facile à leur faire entendre Est-ce que c'est encore plus difficile à gérer dans une petite commune comme la vôtre Nathalie Gavoyle moins de 200 habitants on imagine que tout le monde se connaît ?

1:13:50
Locuteur 3

Tout le monde se connaît effectivement bien que notre ruralité change aussi on a de nouveaux habitants qui viennent souvent de plus grandes villes où il y avait plus de services ils ne comprennent pas toujours que dans nos petites ruralités nous on fait un petit peu avec moins et on essaye de faire au mieux donc il faut leur faire comprendre et c'est en les intégrant bien sûr en expliquant en communiquant beaucoup qu'on y arrive Vincent Chauvet Oui

1:14:19
Présentateur

une frustration qu'on voit aussi je pense à mes collègues ruraux ou d'agglomérations plus importantes et qu'on voit en ce moment particulièrement avec ces débats budgétaires à l'Assemblée c'est l'incompréhension totale de la fiscalité locale pendant le mandat on a eu la suppression de la taxe d'habitation je pense que ni le gouvernement ni nous n'avons eu de l'aide de remerciement et j'en pense d'ailleurs que la suppression de la taxe d'habitation va retomber sur la taxe foncière ils n'ont pas compris le mécanisme de compensation bon nous non plus on n'a pas exactement compris mais on voit qu'à peu près c'est quand même un peu équilibré à l'instant T et puis aussi les différences à l'intérieur d'une intercommunalité entre des petites communes ils nous disent j'y pensais parce que notre collègue de Côte d'Or dit des gens qui viennent peut-être d'autres villes et qui comparent finalement aussi les taux de fiscalité à Dijon c'est moins cher qu'à Autun et dans la petite commune de Côte d'Or ou de Saône-et-Loire c'est aussi moins cher parce que on a encore des charges de centralité et puis ces bases locatives que personne ne comprend il y a eu une réforme sur les bases locatives professionnelles et donc aujourd'hui des maires qui ont fait des efforts je ne sais pas comment ça s'est passé mais tout le monde essaye de diminuer en tout cas d'ajuster la pression fiscale ne sont absolument pas vus absolument pas compris parce que le mécanisme est encore très inégalitaire même à l'intérieur d'un quartier et donc ça c'était un chantier qui était promis sur ce mandat qui allait redonner de l'équité ça reste un point de frustration très fort et quand on dit client-consommateur les irritants c'est quand même encore la feuille d'impôt à la fin de l'année Oui, vous partagez Patrick ?

Oui, en partie nous en tout cas on n'a pas touché à la taxe foncière enfin à la pression fiscale globalement et la taxe foncière sur les habitants pour autant elle a augmenté par l'augmentation des bases fiscales et ça les gens ne comprennent pas dire mais pourquoi vous avez augmenté qu'on leur dit mais en fait on n'a pas augmenté ce sont les bases et pour eux c'est pas un mécanisme qui est très lisible et puis pour rebondir pour eux la taxe foncière c'est décidé par le maire point va Oui, c'est tout alors qu'il y a un taux qui est effectivement décidé par le maire mais il y a les bases qui elles sont revalorisées au niveau national et puis pour rebondir par rapport au milieu rural aussi quand on est en milieu urbain les gens bénéficient de toute une série de services et ça on a l'impression qu'ils l'oublient alors qu'ils ont nous on a 8 lignes de bus une ligne de tramway deux trains un hôpital etc des écoles mais que quelque part la contrepartie de ça c'est que ça fait des villes qui sont plus denses et qu'ils ont je dirais plus agitées et qui ne sont pas toujours très propres c'est à dire que vous avez plein de commerce etc et que même si on fait tout ce qu'on en doit faire les gens se plaignent toujours de quelque chose si vous voulez donc dans le milieu rural ça va être qu'il n'y a pas assez de choses et dans le milieu urbain c'est qu'il y a beaucoup de choses mais on ne s'en rend pas toujours compte par contre on va se plaindre des effets d'une ville dense et donc il faut pouvoir expliquer tout ça essayer de faire prendre du recul de donner des éléments de comparaison aux gens c'est pas toujours facile d'avoir ce dialogue là Est-ce que l'incertitude budgétaire et le contexte budgétaire vous le sentez peser sur vous ?

Je posais la question à tous les trois Nathalie Gavoyle est-ce que vous vous avez senti que c'était difficile au niveau financier ?

1:17:13
Locuteur 3

Alors oui d'autant plus que chaque commune n'est pas égale par rapport à ses dotations et à son territoire nous au niveau budget par exemple on a très peu de ressources on a un petit peu de terre agricole qu'on loue on a deux logements qu'on loue et encore qu'on loue de façon sociale ce qui veut dire pas forcément des loyers tout réguliers et quand les dotations diminuent ou quand on fait des coupes ou quand on nous donne des compétences en plus ou des choses à assumer en plus et bien effectivement on le sent rien que pour le fonctionnement je veux dire on a mangé notre budget donc après il faut trouver pour entretenir il faut trouver pour faire toutes ces choses des voiries qui coûtent énormément cher et on met des bouts de ficelle au bout des bouts de ficelle on intègre la population au désherbage parce qu'on n'a qu'un employé à demi-journée donc il faut trouver des solutions il faut s'adapter il faut toujours réinventer et c'est dans ça que la fonction est plus difficile mais aussi attractive aussi ça nous pousse en haut

1:18:20
Présentateur

quelles conséquences elles ont eu dans votre commune Vincent Chauvet ces difficultés budgétaires et pour les administrés pour les gens qui nous regardent qu'est-ce que ça a comme impact concret pour eux alors trois choses déjà les gens on pense que l'incurie au niveau national la dette le déficit 5% du déficit représentant la richesse nationale une dette abyssale c'est la même chose au niveau local nous c'est compliqué de leur expliquer qu'on a baissé la dette que ça tient que de toute façon on a un principe d'équilibre donc il y a une forme de mimétisme deuxièmement l'an dernier le retard du budget a fait que certaines agences n'ont pas eu leur financement nous l'agence nationale du sport elle n'a pas pu verser toutes les subventions on a renouvelé un skatepark et un pump track on n'a pas eu les subventions donc ça fait un trou d'environ 200 000 euros dans le budget on s'est inscrit à la session de rattrapage on nous a dit l'an prochain ça va être très bien bon le budget n'est toujours pas voté donc ça j'espère que c'est quand même presque un point de fiscalité finalement ce qu'on attend et on n'aurait peut-être pas fait le projet si on n'avait pas eu les subventions et l'assurance d'avoir des subventions de l'agence nationale du sport puis la troisième chose c'est après dans l'esprit de la population c'est-à-dire ce qu'ils voient à la télé des gens qui n'arrivent pas à se mettre d'accord des choses qui sont votées mais on ne sait pas si c'est définitif ou pas une baisse de 9 milliards sur les collectivités mais peut-être 2 milliards mais peut-être pas mais peut-être bon et là-dessus le spectacle fait que des administrés nous disent mais vous avez vu le sketch que vous nous faites au niveau national est-ce que vous croyez qu'on va aller se déplacer pour les élections municipales et là il faut leur expliquer que nous on fait de la politique locale et qu'on est autant désolé que de voir que ça ne marche pas bien au niveau national mais qu'il y a quand même un maire à élire pour 6 ans et ce climat-là va peut-être amener certaines personnes à s'abstenir par dégoût finalement ou par incompréhension du paysage et du fonctionnement des institutions au niveau national Vous redoutez que ça ait des conséquences ?

Qu'il y a un rejet ?

En tout cas ou des gens qui vont rester chez eux ils n'y comprennent rien ils voient les choses ils sont démunis et je pense de bonne foi ils sont un peu perdus et ils se disent bon bah en ce moment je ne suis pas la plupart des gens sont humbles honnêtes intéressés à la chose publique mais ils disent mais là ça dépasse mes compétences et je leur dis bah moi aussi en fait personne je crois c'est ce qui se passe exactement et ce phénomène un peu de distanciation va peut-être démobiliser certains électeurs c'est ce que je vois un petit peu sur ma commune en tout cas Vous avez les mêmes craintes vous Patrick Haddad et quelles conséquences pour vous elles ont eu ces difficultés financières ?

Moi je partage ce qui a été dit avec d'autres types de cofinancements qu'on peut avoir qu'on peut attendre de la région ou du département qui eux-mêmes se sont retrouvés pressurisés fiscalement par l'État et donc qui sont mis à diminuer les aides aux communes et donc nous on avait un plan plurianuel d'investissement qui forcément en souffre il y a des choses qui sont retardées des choses qui demandent à nous un effort supplémentaire mais faire un effort supplémentaire sur l'investissement il faut bien prendre l'argent quelque part donc c'est difficile de couvrir l'ensemble de nos missions et de pouvoir investir de façon importante et puis les gens nous en demandent toujours plus y compris sur des prérogatives que l'on a en partie je pense à la tranquillité publique nous on augmente nos effectifs de police municipale mais enfin on a des limites aussi et que c'est d'abord une prérogative d'État qui doit fonctionner correctement et nous c'est plutôt des forces d'appoint et là parfois on a le sentiment que ça devient l'inverse et que c'est à nous de tout gérer que ça soit sur la tranquillité publique ou sur à peu près tous les sujets qui concernent les habitants directement concernant la situation actuelle je pense qu'il peut y avoir deux effets que je ne mesure pas bien encore actuellement soit les gens nous perçoivent comme des pôles de stabilité en se disant c'est le bazar au niveau national au moins le maire la maire je les connais et donc même si c'est pour les engueuler je sais qui c'est et donc je vais les conforter soit on sera victime aussi du dégagisme en disant ils font tous n'importe quoi donc essayons quelqu'un d'autre de toute façon il faut renverser la table donc je ne sais pas lequel des deux effets va l'emporter Un mot sur le changement du mode de scrutin dans les petites communes c'est donc chez vous Nathalie Gavol où désormais la parité a été instaurée fini le panachage parité et liste est-ce que c'est un mode de scrutin qui vous convient ?

1:22:21
Locuteur 3

Alors oui parce que moi je vais défendre l'égalité femmes-hommes et je suis en plus très ancrée après dans nos petites communes et bien c'est difficile et puis on voit je disais les changements de population et bien là où il n'y avait qu'une liste dans nos petits villages il peut y en avoir plusieurs et là par contre ça pose des problèmes au niveau de la parité pour monter par exemple une deuxième liste c'est un inconvénient mais la parité doit être là parce que c'est une équité et une démocratie donc oui il faut l'ouvrir aux femmes et moi je les engagerais à y aller bien entendu et après il y a beaucoup de freins aussi mais juste

1:23:07
Présentateur

est-ce qu'elle est concrète cette égalité est-ce que vous dites vous aujourd'hui c'est plus difficile d'être une femme mère que d'être un homme mère

1:23:15
Locuteur 3

oui oui parce qu'il y a des stéréotypes oui parce qu'il y a encore on entend encore quand on défend certains sujets ouais bah c'est des trucs de bonne femme bah ça on devrait plus l'entendre ça vous l'entendez encore ah on l'entend encore oui bien sûr bien sûr de moins en moins mais on l'entend encore

1:23:39
Présentateur

c'est plus difficile vous diriez d'être une élue que d'être un élu alors je pense en tout cas ce qui est sûr c'est qu'il y a moins de 20% des mères qui sont des femmes et que donc on n'est pas arrivé au bout du processus paritaire après je défends la parité donc je pense que c'est bien de l'étendre partout il y a encore des endroits où c'est pas appliqué dans les exécutifs municipaux c'est une obligation dans les exécutifs intercommunaux pas encore il faudrait y arriver que ces lois même s'il a fallu faire par la loi donc un peu au forceps ont permis très largement que davantage de femmes s'impliquent en politique et moi dans la constitution de ma liste j'ai eu l'effet inverse si je puis dire c'est-à-dire que comme on a beaucoup travaillé pendant ce mandat sur l'égalité femmes-hommes on a créé un comité des femmes citoyennes une maison des femmes on a travaillé en interne sur la lutte contre les violences faites aux femmes etc ça a créé une forme d'aspiration et je me suis retrouvé avec beaucoup plus de femmes candidates que d'hommes et donc j'ai été limité dans l'autre sens et à la fin on a trouvé un équilibre mais j'ai quand même vu une appétence plus importante des femmes pour la chose publique et ça on peut s'en satisfaire Vincent Chevet même chose j'ai plus de femmes Ah vous aussi vous avez dû enlever des femmes Absolument et des femmes qui viennent et qui osent spontanément envoyer un mail j'aimerais bien m'investir pour la commune des nouvelles femmes aussi qui viennent parfois d'autres communes et qui découvrent je pense qu'on aura une féminisation ce sera intéressant de faire un sujet on suivra avec attention une féminisation accélérée avec cette loi et pas que dans les petites communes je prends Montsol et Mine à côté il n'y a que des femmes tête de liste que des femmes tête de liste donc c'était déjà une femme mère mais justement peut-être qu'elle a ouvert la voie et il n'y a que des femmes tête de liste néanmoins il y aura encore certains bastions les exécutifs intercommunaux même si les listes sont paritaires on aura quand même beaucoup d'hommes mères et donc les exécutifs intercommunaux et puis les syndicats spécialisés moi j'ai une femme Françoise qui est adjointe aux travaux et bien dans le syndicat qui gère à l'échelle de la moitié du département les ordures ménagères où je siège avec elle on est deux c'est la seule femme et sur les syndicats d'électrification sur les syndicats techniques sur les compétences encore techniques on a parfois une seule femme voire personne et là la parité est impossible parce que les délégués sont tous hommes et la loi n'oblige pas encore je pense que ce sera à nous et beaucoup de mères de petites communes faisaient déjà des listes paritaires avant que ce soit obligatoire je pense qu'il faudra qu'on aille aussi sur la constitution et la désignation de délégués paritaires sur ces différentes instances On va terminer par une note positive parce que maire c'est quand même un beau mandat Nathalie Gavold qu'est-ce que vous retenez de votre mandat de maire de bien de positif ?

1:26:07
Locuteur 3

C'est de se sentir utile déjà et puis la reconnaissance des habitants parce qu'on l'a quand même on a les grincheux mais pas que et heureusement la satisfaction du travail bien accompli je veux dire ça aussi on travaille pour notre territoire pour notre commune pour notre bassin de vie on a la reconnaissance aussi on a les choses qui avancent et ça c'est voilà mais la reconnaissance des habitants ça n'a pas de prix Ça tricadate

1:26:33
Locuteur 5

Oui tout à fait je dirais

1:26:34
Locuteur 3

on a tout ce qui est mariage aussi tout ce qui est voilà c'est des beaux moments Ça se passe bien Voilà il faut aussi Oui

1:26:43
Présentateur

je dirais qu'on a aussi évidemment la reconnaissance des habitants à la fois sur des belles histoires individuelles des gens qu'on a vraiment sortis de la difficulté et c'est beau de les voir évoluer positivement des quartiers qu'on a pu transformer aussi certains qui étaient dans un état lamentable et on a réussi en un mandat à vraiment les redresser très largement et puis moi c'est aussi une ville qui est très multiculturelle et donc quand vous avez aussi des conflits internationaux tout ça peut se retrouver sur le terrain de façon très difficile et pendant ce mandat on a vraiment travaillé à pacifier les relations sociales à vraiment travailler sur les valeurs républicaines sur la laïcité sur l'antiracisme et donc de voir une ville se pacifier d'un point de vue identitaire c'était une vraie satisfaction la satisfaction c'est quand des choses marchent encore mieux qu'on les espérait nous les autunois sont très attachés à leur patrimoine historique on a mis en valeur un boulevard le boulevard Leroux je pensais que ça allait être bien c'est formidable les gens m'en parlent tous les jours et c'est pas pour moi la plus grande réalisation du mandat mais pour les habitants c'est ce qui leur plaît le plus et ça puisque 80% de ce qu'on fait ils ne le voient pas quand l'eau marche au robinet que l'électricité marche que l'hôpital fonctionne que les urgences sont ouvertes ils le voient mais c'est normal mais quand on fait ce genre de rénovation et que les gens sont contents ça nous fait plaisir aussi c'est une belle note pour finir on vous termine par l'histoire du jour est-ce que vous avez trouvé votre permanence de campagne ?

oui j'en ai même deux moi j'en ai pas pris parce que les nouvelles règles l'interprétation des nouvelles règles sur l'affichage fait qu'on ne peut même pas mettre son affiche sur sa permanence de campagne ça c'est encore une loi à venir sur le statut de l'éluge je vous raconte rapidement une histoire à Angoulême il y a 5 candidats on peut mettre son nom mais on ne peut pas mettre le nom de sa liste et le loyer est pas cher rassurez-vous tout se passe bien ils se saluent entre voisins ils se souhaitent bonne campagne et c'est aussi pratique pour les habitants il y a une dame qui a assisté à toutes les inaugurations dans la rue il ne reste plus qu'à savoir qui il restera pour le 22 mars ça peut être sympa ah ouais et puis on s'est préoccupé de l'EBD donc ils doivent bien s'amuser ça remplit des boutiques vides qui est un gros enjeu le centre-ville pour les habitants merci beaucoup on se retrouve demain merci à tous les trois à demain très bonne journée Public Sénat en partenariat avec la presse régionale vous a proposé Bonjour Chez Vous vous trouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat