François de Rugy sur l'antiterrorisme : "On nous reproche, à nous les députés, d'en faire toujours trop"
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Questions et réponses
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- 1:28RelanceRéponse partielle
Il ne suffit pas aujourd'hui, malgré les très nombreuses lois votées ces dernières années ?
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Qu'est-ce qui manque, François de Rugy ?
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Mais vous ne répondez pas à ce qu'il manque dans la loi aujourd'hui, François de Rugy ?
- 3:47OuverteRéponse partielle
Est-ce que ça ne veut pas dire aussi qu'il faut faire plus ? Et que finalement, il faudrait... Alors, l'opposition, pour l'instant, a commencé un petit peu à réagir.
- 4:16FerméeRéponse directe
On a des soupçons ? Dans tous les domaines ? Pas que domaine de l'islam radical ?
- 5:07FerméeRéponse directe
Donc là, il y a eu défaillance du renseignement ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:13Invité politiqueFait
« Cela montre que, évidemment, le risque zéro n'existe pas. Ça, il faut en être conscient. »
- 1:41Invité politiqueFait
« Si, je pense qu'aujourd'hui, l'arsenal juridique suffit. »
- 1:48Invité politiqueChiffre
« Il y a des moyens humains qui ont été renforcés, qui vont encore l'être dans les années qui viennent. »
- 4:10Invité politiqueFait
« Il faut redire à chaque fois que les fichés S, ce ne sont pas des personnes condamnées. Ce sont des personnes sur lesquelles on a des soupçons. »
- 4:46Invité politiqueChiffre
« La surveillance ciblée sur, quand même, 15 à 20 000 personnes qui sont considérées comme potentiellement dangereuses. »
- 6:29Invité politiqueChiffre
« Le ministre de l'Intérieur le rappelait, plus de 20 attentats déjoués ces derniers mois. »
- 6:41Invité politiqueChiffre
« C'est aussi plus de 500 personnes emprisonnées actuellement. »
- 7:01Invité politiqueChiffre
« On considère qu'il y a 1300 personnes qui sont radicalisées en prison et qui vont être progressivement mises à l'isolement. »
- 9:08Invité politiqueFait
« Non, il vaut mieux avoir des mesures permanentes. »
- 27:51Invité politiqueFait
« C'était un vote populiste et extrémiste à un niveau inégalé et une abstention aux législatives à un niveau inégalé. »
- 29:49Invité politiqueChiffre
« 40 milliards d'euros de dépenses tous les ans, plus que le budget de la défense, qui lui est de 34 milliards d'euros. »
- 30:39Invité politiqueFait
« Nous devons, à l'Assemblée nationale ou au Sénat, avoir accès aux données quand on fait des amendements sur la fiscalité, sur les impôts. »
- 31:17PrésentateurFait
« Le Parlement français est un Parlement faible. »
- 37:27PrésentateurFait
« L'ISF, c'était une erreur ? »
- 38:50Invité politiqueFait
« Ah c'est suspect une entreprise fait des profits. »
- 38:54Invité politiqueFait
« Une entreprise qui fait des profits c'est ce qui lui permet demain de se développer, d'investir et de créer des emplois. »
- 44:49Invité politiqueChiffre
« On n'a jamais aussi peu vendu de voitures diesel en France. »
- 45:22Invité politiqueFait
« C'est ce qui permet de réorienter en profondeur la consommation en France et donc d'avoir plus de voitures essence et moins de voitures diesel. »
- 48:46Invité politiqueFait
« La politique de réduction de la place de la voiture dans les grandes villes à Paris comme ailleurs il ne faut pas revenir en arrière. »
Temps de parole
- François De Rugy67 %
- Locuteur 1010 %
- Présentateur9 %
- Locuteur 98 %
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France Inter
Bienvenue dans Questions politiques, notre invité aujourd'hui est le président de l'Assemblée nationale, François de Rugy. Vos questions, vos remarques, vos commentaires sont les bienvenus sur Facebook Live ou sur Twitter avec le mot-clé Question Paul.
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Et avec moi en studio, l'équipe du dimanche, Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions. Bonjour Nathalie. Bonjour Aline. Virginie Malingre du journal Le Monde, bonjour Virginie. Bonjour Aline. Et Karine Bécard de France Inter. Bonjour Karine. Salut à tous. Le président de l'Assemblée nationale est en train de s'installer dans le studio 221 de la maison de la radio. Bonjour. Bonjour. Et bienvenue François de Rugy. De très nombreuses questions à vous poser sur la réforme des institutions de notre République, sur l'actualité politique évidemment. Mais d'abord, c'était hier soir en plein cœur de Paris dans le quartier de l'Opéra. Attentat au couteau revendiqué par l'État islamique.
Un mort, quatre blessés, vous l'entendiez dans le flash. L'auteur de ces attaques est un Français né en Tchétchénie. 29 ans, il était fiché S. Il a été abattu par la police. Quelle est votre réaction face à ce nouvel attentat en plein cœur de la capitale ?
Cela montre que, évidemment, le risque zéro n'existe pas. Ça, il faut en être conscient. Avec toutes les mesures qui sont prises. Et il y a, vous le savez, une action extrêmement forte de l'État, des services de l'État. L'Assemblée nationale a voté, d'ailleurs, des dispositions ces dernières années. Continuera peut-être à le faire parce qu'il faut sans cesse renforcer l'arsenal juridique.
Il ne suffit pas aujourd'hui, malgré les très nombreuses lois votées ces dernières années ?
Si, je pense qu'aujourd'hui, l'arsenal juridique suffit. Il y a des moyens humains qui ont été renforcés, qui vont encore l'être dans les années qui viennent. Notamment pour le renseignement, mais aussi pour la police, bien sûr, la gendarmerie, l'armée. Des moyens financiers, des moyens techniques. Mais il peut arriver que, dans les années qui viennent, on soit obligé encore d'ajuster. Moi, je préfère le dire parce que, parfois, des personnes pourraient croire que, comme on a voté beaucoup de lois, ça suffit. Qu'est-ce qui manque, François de Rugy ? J'ai le souvenir qu'il y a quelques années, on contestait, y compris à l'Assemblée nationale, dans les débats, la loi renseignement.
La loi qui luttait contre l'apologie du terrorisme sur Internet. On nous disait, ce n'est pas le sujet Internet. On voit bien que c'est au cœur du sujet. Aujourd'hui, l'État islamique, qui est affaibli sur le terrain, en Irak et en Syrie, là où c'est son berceau, si on peut dire, il continue à agir sur Internet. Il continue à inviter des gens, à même faire des injonctions, pour commettre des attentats. Il fait des vidéos... Mais vous ne répondez pas à ce qu'il manque dans la loi aujourd'hui, François de Rugy ? Je ne pense pas qu'il manque des choses aujourd'hui dans la loi, mais je préfère dire la vérité aux Français. Il y aura peut-être une nouvelle loi. C'est un combat de longue haleine.
Et dans ce combat de longue haleine, il faut mobiliser tous les moyens. Et s'il le faut, nous aurons, dans les années qui viennent, des ajustements à faire du point de vue juridique, financier ou humain. Mais je tiens quand même à saluer le fait qu'on a aujourd'hui des attentats qui sont déjoués, heureusement. On a une grande réactivité des forces de police, puisque des policiers du commissariat de secteur ont pu intervenir immédiatement, en quelques minutes, et ont eu les bonnes réactions. D'abord, ils ont tenté de neutraliser le terroriste avec un taser, ce qui aurait permis de l'arrêter vivant et ensuite d'avoir un procès. Ça n'a pas été suffisant.
Donc, le policier a dû faire usage de son arme, de son arme à feu. Le terroriste a été tué. Et heureusement, il n'y a eu qu'une seule victime, qu'un seul jeune, auquel nous pensons particulièrement de même que les quatre autres personnes blessées.
Mais finalement, est-ce que ce n'est pas qu'on s'habitue un petit peu à ce qu'il y a des attentats comme ça régulièrement ? Il était fiché S, encore. Est-ce que ça veut dire, bon élément, qu'on est sur les bons ? C'est-à-dire que ceux qui sont fichés sont ceux, effectivement, qui sont dangereux. Est-ce que ça ne veut pas dire aussi qu'il faut faire plus ? Et que finalement, il faudrait... Alors, l'opposition, pour l'instant, a commencé un petit peu à réagir. Laurent Wauquiez, Marine Le Pen, Nicolas Dupoyant. Mais est-ce que finalement, il ne faudrait pas faire quelque chose de plus pour neutraliser les personnes qui sont fichées S ?
Il faut redire à chaque fois que les fichés S, ce ne sont pas des personnes condamnées. Ce sont des personnes sur lesquelles on a des soupçons.
On a des soupçons ? Dans tous les domaines ? Pas que domaine de l'islam radical ?
Le terrorisme n'aurait pas eu d'antécédent judiciaire. Le fiché S, ça veut dire S comme signaler. Et après, il y a différents degrés, évidemment, de signalement, de dangerosité. Cela permet d'activer une surveillance plus ou moins rapprochée. Le renseignement, la priorité absolue, le renseignement. Encore une fois, je le rappelle, contesté par certains, qui, il y a quelques années ou quelques mois, nous disaient, nous sommes dans un état policier, c'est la surveillance généralisée. Non, la surveillance ciblée sur, quand même, 15 à 20 000 personnes qui sont considérées comme potentiellement dangereuses. L'intérêt de ce renseignement ciblé, c'est quoi ?
C'est de pouvoir regarder si des personnes, par exemple, préparent des actes terroristes, vont, le cas échéant, essayer de s'équiper avec des armes, avec des armes plus ou moins lourdes. Donc là, il y a eu défaillance du renseignement ? Non, parce qu'on voit que la personne, le terroriste, il a commis son acte avec un couteau. Avec un couteau, c'est vraiment l'arme la plus basique et c'est ce qui, heureusement, a permis qu'il n'y ait qu'une seule victime. Mais ça maintient, encore une fois, l'alerte sur le fait que le risque zéro n'existe pas. Ce sont des gens, j'allais dire, de chez nous, c'est-à-dire, ce sont des gens qui sont sur le territoire national, le cas échéant des Français.
Et donc, ça nécessite, encore une fois, cette surveillance, toujours et encore la présence policière. Là aussi, il y a quelques années, on contestait, par exemple, les caméras de vidéosurveillance.
On contestait le renforcement des effectifs de police, heureusement que nous avons... Mais plaçons-nous, juste un instant, du côté des Français. Ce matin, ou hier soir, dès hier soir, ils apprennent qu'il y a encore cet acte terroriste. Ils apprennent ce matin que, finalement, ce monsieur, effectivement, ce jeune homme est fiché S, qu'il était connu de nos services de renseignement pour sa radicalisation. Les Français commencent quand même toujours à se dire, continuent à se dire, décidément, en fait, on les connaît tous, mais on ne fait rien. Est-ce qu'il n'y a pas une gestion différenciée à faire de ces fichiers S ? Est-ce qu'il n'y en a pas qu'il faudrait gérer différemment d'autres ?
Est-ce qu'il n'y a pas du rouge écarlate à certains endroits et puis du simple rose un peu clair à d'autres ?
Je ne crois pas que les Français se disent qu'on ne fait rien. Et s'ils se disent cela, il faut quand même leur dire et leur redire ce qui est fait. Le ministre de l'Intérieur le rappelait, plus de 20 attentats déjoués ces derniers mois. C'est extrêmement important. Ce sont des victimes qui, heureusement, ont donc été épargnées. C'est aussi plus de 500 personnes emprisonnées actuellement. Emprisonnées, soit pour des actes de terrorisme, soit pour de l'apologie du terrorisme. C'est des gens qui n'ont pas commis d'actes, heureusement, mais dont on a pensé que leurs propos, leurs actions étaient dangereuses et permettaient de les condamner. C'est une action renforcée également sur les prisons.
On considère qu'il y a 1300 personnes qui sont radicalisées en prison et qui vont être progressivement mises à l'isolement. Car la ministre de la Justice déploie actuellement, d'ici la fin de l'année, un plan pour que les prisons de France soient équipées, soient organisées, soient aménagées pour que ces personnes puissent être mises à l'isolement, qu'il n'y ait pas une forme de contagion dans les prisons où on sait que cela s'est produit par le passé. Donc on est bien organisé et on ne fait rien de plus ? Si on fait, c'est ce que je disais, toujours plus.
Et encore une fois, soyons conscients qu'à d'autres moments, on nous reproche, et je le dis à nous les députés par exemple, de faire toujours plus. Et donc nous allons continuer à faire toujours plus. Vous ne suivez pas les débats de l'Assemblée nationale, Madame Saint-Cricq. Si vous les suiviez, vous verriez que quand il y a eu la loi antiterroriste au mois de novembre dernier, au mois de novembre dernier, il s'est trouvé des gens pour dire « Mais non, il n'y a pas assez de protection. » C'est les députés de la gauche radicale, ça c'est évident. Parfois de la gauche qui ne se définit pas comme radicale. C'est-à-dire ?
Comme le Parti Socialiste, qui pourtant était au gouvernement il y a moins d'un an. Et moi, quand j'étais déjà député à l'époque, je soutenais les mesures qui visaient à renforcer l'arsenal de sécurité. Et puis il y en a d'autres qui critiquent sur le fait qu'on n'en fait pas assez, qu'il faudrait mettre tout le monde en prison simplement sur la base d'un signalement. Est-ce que vous imaginez qu'on peut mettre des gens en prison simplement sur la base d'un signalement sans avoir de faits concrets à leur reprocher ? Ça ne serait pas possible. On aurait d'ailleurs à ce moment-là sans doute des gens qui seraient mis indûment en prison et tout l'arsenal s'effondrerait.
Donc il faut être extrêmement déterminé à augmenter les moyens, dire aux Français que oui, sur la sécurité, on augmente les moyens. Dans les choix budgétaires, on fait un choix qui est de mettre plus d'argent sur la sécurité, sécurité intérieure, défense nationale, police, gendarmerie, justice, prison, prison. Là aussi, on est contesté. Quand on veut augmenter le nombre de prisons en France, eh bien nous le faisons, nous le ferons. Virginie Malangre.
Et vous pensez qu'un jour, peut-être, il faudra envisager de rétablir l'état d'urgence ?
Non, il vaut mieux avoir des mesures permanentes. Il vaut mieux avoir des mesures permanentes. Et vous faites bien de le dire, là aussi, à l'époque, on nous a critiqués, vous rendez l'état d'urgence permanent, ce sont des mesures exceptionnelles qui sont mises dans notre droit permanent.
Est-ce qu'on a perdu des moyens avec la fin de l'état d'urgence ? Est-ce que le renseignement, la sécurité ont perdu des moyens finalement avec la fin de l'état d'urgence ?
Je ne le crois pas, mais si les policiers, les professionnels de la sécurité, de la lutte antiterroriste, les magistrats antiterroristes, nous disent demain, écoutez, là il y a encore telle ou telle faille, il y a encore tel ou tel moyen qui ne sont pas suffisants, il y a encore des perquisitions qui prennent trop de temps avec des procédures trop lourdes et qui peuvent être annulées. Et donc, il faut prendre des lois nouvelles, nous le ferons.
Quand vous dites qu'il n'y a pas de risque zéro, juste pour qu'on comprenne bien, ça veut dire que les Français doivent s'habituer, pour employer un mot plus simple, aux attentats, ils seront là, ils feront désormais partie de notre vie quotidienne ? On ne s'habituera jamais à cela.
J'espère bien qu'on ne s'habituera jamais. Et je pense notamment aux Parisiens et aux Parisiennes qui ont, je pense, ils sont tous sentis touchés hier soir ou ce matin. Et on sait que Paris est plus ciblé encore que le reste de la France. Mais ça s'est produit à Marseille, de la même façon, avec un couteau, et ça s'est produit à Trèbes, dans l'Aude, plutôt dans une petite commune. Il faut simplement se dire que nous vivons avec cette menace. Que vivre avec cette menace, ça veut dire l'avoir en tête, ça veut dire, en effet, prendre des mesures de précaution en permanence. On a un petit peu changé nos modes de vie. Oui, je vous rappelle qu'il y a quelques années, on n'envisageait même pas.
Vous avez changé quoi dans votre mode de vie ?
Par exemple, moi je trouve ça normal, tout à fait normal, d'être fouillé à l'entrée d'un stade, à l'entrée d'une salle de concert, voire à l'entrée d'un grand magasin. Aujourd'hui, c'est le cas. On nous demande d'ouvrir nos sacs à l'entrée d'un cinéma. C'est normal. Dans les trains, là aussi, nous avions envisagé que, par exemple, les personnels de la SNCF puissent demander l'ouverture d'un sac de voyage. Finalement, ça n'avait pas été fait. Mais ce sont des mesures simples, qui sont des mesures dissuasives, qui sont des mesures de protection, et qui, en effet, modifient un petit peu nos habitudes. Et c'est normal, compte tenu du fait que nous vivons avec cette menace.
On ne s'y habitue pas, mais on vit avec. Dans la rue, François de Rugy, qu'est-ce qu'il faudrait changer à nos comportements ? Dans la rue, je ne crois pas qu'il y ait grand-chose à changer. Moi, je trouve que les Français, d'ailleurs, font preuve de beaucoup de sang-froid. D'ailleurs, vous avez vu qu'hier soir, encore, il n'y a pas eu un vent de panique, ou il n'y a pas eu des appels à je ne sais quoi sur Internet, comme parfois on pourrait le craindre, à la vengeance, à la revanche. On a des citoyens français qui font preuve de beaucoup de sang-froid, et qui contribuent à la sécurité.
Mais, encore une fois, il faut se dire que c'est un arsenal extrêmement complet, qui va parfois du simple signalement d'un citoyen jusqu'aux spécialistes de la lutte à la police, à la gendarmerie, les personnels de sécurité privée, les polices municipales. Je parlais de la vidéosurveillance, on parle de la vidéoprotection, ça revient au même. Eh bien, tout cela doit être développé dans les transports en commun, sur les lieux de plus grand passage. Là aussi, ça a fait polémique, ça fait peut-être encore polémique avec certains responsables politiques. Moi, je soutiens ces efforts pour la sécurité.
Midi et Carles, invité de Questions politiques ce dimanche, c'est le président de l'Assemblée nationale, François de Rugy. Questions politiques continue, justement, avec le zapping politique de Laurence Perron.
Les femmes en majesté cette semaine. Nicole Belloubet, la garde des Sceaux, présente en Conseil des ministres l'un des projets phares d'Emmanuel Macron, promesse de campagne, la réforme des institutions. L'opposition hurle, c'est le Parlement qu'on assassine. La ministre répond.
Le gouvernement devrait pouvoir mener plus rapidement les réformes qu'il juge prioritaires, et ce, sans opposition des... Sauf opposition. Et ce, sans opposition. Et ce, sans opposition. Au même moment, au Sénat, la ministre des Affaires étrangères,
interrogée sur les drames des demandeurs du droit d'asile, renvoyée d'un pays à l'autre, explique.
Madame, vous levez les yeux au ciel, mais lorsque l'on arrive du Sud-Soudan, on peut décider de faire du shopping de l'asile et trouver qu'on est mieux en Suède qu'en Italie, mais enfin, tout de même.
Europe, je veux bien qu'on se comprenne.
Ah oui, quand même, shopping de l'asile, elle s'excusera, finalement, la ministre Nathalie Loiseau.
C'est une expression abominable, et franchement, je regrette de l'avoir utilisée. Je comprends qu'elle puisse choquer. Ce dont j'ai voulu parler, c'est des demandeurs d'asile qui sont incités par des trafiquants d'êtres humains, vont d'un pays à l'autre, dans des conditions qui ne sont bonnes pour personne.
Femme en majesté cette semaine,
la pucelle d'Orléans louée par le Premier ministre, Edouard Philippe, en mode limite gauchiste.
Dans cette histoire sombre, tragique, surgit le plus inattendu des visages, celui d'une femme dans un monde d'hommes, celui d'une paysanne, fille d'un laboureur de Don Rémy, dans un monde de caste et d'hérédité. Cette jeune femme, on commence par la renvoyer chez elle. On la moque avec ses habits masculins et sa coupe en sébile. On la rabroue durant les conseils de guerre parce qu'elle veut agir là où d'autres cherchent à temporiser.
Il est encore question de femmes, mais changement de registre lexical à droite sur la question du camouflet de Donald Trump à la main tendue de la France. Daniel Fasquel, ex-mère du Touquet, député LR du Pas-de-Calais.
On s'est quasiment prostitué devant les Etats-Unis. On accueille Donald Trump ici le 14 juillet, on va là-bas, c'est le grand cinéma. Je trouve qu'aujourd'hui la France s'est prostituée, s'est humiliée dans la relation avec les Etats-Unis et tout ça pour rien. Prostitution, on se balance. Le président de la République lui parle
fétichisme aux Allemands avec des accents aussi quasi-gauchos.
Ne pas avoir peur, enfin, suppose de nous-mêmes nous délivrer de nos propres tabous. C'est ne pas avoir peur entre nous. C'est ne pas avoir peur l'un de l'autre. C'est ne pas avoir peur parfois de nos propres fétiches. Eh bien, acceptons de bousculer ces fétiches. Et n'ayons pas peur de dire, oui, pour avancer en Europe, nous devons à un moment être prêts à bousculer les traités et les changer. Oui, je suis prêt à dire que nous devons faire des réformes en profondeur et des transformations pour baisser la dépense publique qui est la seule condition pour avancer dans cette Europe.
Mais de la même façon, en Allemagne, il ne peut pas y avoir un fétichisme perpétuel pour les excédents budgétaires et commerciaux parce qu'ils sont toujours faits aux dépens de certains autres.
Merci Laurence Perron.
C'était le zapping de la semaine. Est-ce que Jeanne d'Arc fait partie de votre panthéon personnel, François de Rugy ?
Comme beaucoup de Français, oui, bien sûr. En plus, elle est d'origine lorraine, comme ma mère. Donc, j'ai évidemment une sensibilité particulière. C'est un grand personnage de l'histoire de France. Et en effet, on peut ricaner, mais c'est une femme qui a fait de grandes choses à une époque où les femmes n'avaient pas toujours beaucoup de place, il faut bien le dire. Qui entendait des voix ? Est-ce que vous entendez des voix ? Non, moi, je n'entends pas de voix. Mais j'essaye d'être toujours rationnel. Je suis en revanche un grand militant de la raison, de la rationalité en politique,
comme dans les choix que nous faisons en général. Alors, je ne sais pas si ce n'est pas contradictoire avec l'amour pour Jeanne d'Arc, Karine Becker.
Il faut l'arracher au Front National, puisque le Front National s'en était emparé de ce symbole-là. On sent que, depuis qu'Emmanuel Macron, notamment en 2016, était allé justement à cette fête de Jeanne d'Arc à Orléans, il y a la volonté de se réapproprier.
Beaucoup de personnalités politiques ou même journalistiques sont allés à Orléans, en effet, pour cette fête de Jeanne d'Arc. Et c'est une très bonne chose, parce que Jeanne d'Arc appartient, encore une fois, au patrimoine de l'histoire de France et donc n'appartient pas, en effet, au Front National, surtout pas. C'est un fétiche. Non, il ne faut pas avoir de fétiche,
ni de totem, ni de tabou, d'ailleurs. Ah ben, écoutez, c'est un objet de culte, apparemment, pour le président de la République et le Premier ministre. Quelques retouches à votre portrait, François de Rugy. C'est signé, bien sûr, Karine Bécard.
François de Rugy, ce n'est pas facile, évidemment, d'entrer dans la cour des grands. Ce n'est pas facile, enfin, j'imagine, de se retrouver dans cette lignée de présidents qui ont su marquer l'Assemblée, comme Jean-Louis Debray, par exemple, grand défenseur du Palais Bourbon, c'est vrai, et très respectueux des droits de l'opposition. On se souvient aussi du truculant Edgar Ford, de l'incontournable Jacques Chaband-Elmas, sans oublier Laurent Fabius, Henri Emmanueli, Philippe Séguin aussi, et sa très forte personnalité.
Vous, François de Rugy, vous apparaissez, à bien vous observer, comme un président plutôt méthodique, sans coup d'éclat et sans artifice, mais résultat assez transparent, en tout cas pour l'instant. En fait, ce qui vous manque, François de Rugy, pour être un peu plus influent, c'est un courant, des réseaux, bref, une véritable assise politique. Sauf que vous êtes un ancien député écologiste qui a préféré disputer la dernière primaire socialiste pour finalement rejoindre les rangs macronistes. Reconnaissez qu'il est difficile de vous suivre et que vous vous retrouvez, du coup, au sein de la majorité, relativement isolé.
Mais peu importe, parce qu'en devenant, à 43 ans, le plus jeune président de l'Assemblée nationale, vous avez décidé, François de Rugy, vous l'avez même théorisé, de ne plus faire de la politique. Non, votre grande affaire, désormais, c'est de réformer, de moderniser le fonctionnement de l'hémicycle et de toutes ses coulisses. Vous y songiez, c'est vrai, depuis longtemps, mais contrairement à Emmanuel Macron, vous voulez certes tout changer, ou à peu près, mais sans donner l'impression de vouloir faire la révolution.
Alors, le Nantais que vous êtes espère sans doute ainsi, marquée de son empreinte, cette vieille institution, en parvenant à la rénover, donc à la métamorphoser, mais en combien de temps exactement ? En cinq ans ? Parce que, vous vous souvenez, vous vous étiez clairement engagé à quitter le perchoir à mi-mandat. Or, cette innovation-là, bizarrement, vous avez cessé d'en parler.
François de Rugy. Ce que je retiens de ce que vous venez de dire, alors, vous avez parlé du fait que je suis devenu président de l'Assemblée nationale à 43 ans, ce qui est vrai, et j'ai ce point commun avec Jacques Chaband-Elmas et Laurent Fabius, puisque c'est un compagnonnage, ma foi, que je suis tout prêt à assumer et à trouver honorable. Et d'ailleurs, Jacques Chaband-Elmas a été élu président de l'Assemblée nationale, un peu comme moi, à l'orée d'une nouvelle ère politique, puisque c'était en 1958. Et on dit même qu'il n'était pas forcément le candidat préféré de Charles de Gaulle à l'époque président de la République.
Et Laurent Fabius, lui, est devenu président de l'Assemblée nationale après avoir été Premier ministre. Donc, c'est un peu différent. Chaque président de l'Assemblée nationale a son parcours, si on veut bien le regarder de façon objective.
Il y a des personnalités plus fortes que nous.
Et chaque président de l'Assemblée nationale a toujours été critiqué. Toujours. Parce que, évidemment, quand on... Enfin, sauf ceux qui n'ont rien voulu changer.
Lesquels ?
Alors, je ne sais pas de... de catégorie. Mais ce que je sais, c'est que si je voulais n'être critiqué par personne, je ne changerais rien. Je me maintiendrais au perchoir et je gérerais l'Assemblée nationale bien assise sur mon fauteuil sans rien bouger. Moi, j'ai été élu sur un programme de transformation profonde de l'Assemblée nationale. j'ai été élu sur un programme. Et j'entends bien le mettre en œuvre. Et j'entends bien faire le bilan pas simplement à mi-mandat.
Alors, voilà.
J'entends bien faire le bilan tous les ans. D'accord. Et je le ferai dès la fin de cette session parlementaire à la fin du mois de juin.
M. De Rugy, cette question récurrente. Vous faites le bilan... Chaque fois que vous faites une émission, on vous demande, on vous dit vous vous étiez engagé à partir du bout de deux ans et demi. Voilà, Richard Ferrand. Chaque fois, je fais la même réponse. Non, mais attendez. Si on disait tout simplement, ben voilà, on fera ce qu'on a dit, on dira ce qu'on a fait. Exactement. Et après, ça se transformera.
Et c'est ce que nous allons faire.
Et donc, ça tournera dans deux ans. Et c'est ce que nous allons faire. Mais est-ce que ça va tourner ?
Et donc, je ferai un bilan et une évaluation parce que je m'applique à moi-même ce que je prône. Mais qui va faire l'évaluation ? Vous n'allez pas vous t'évaluer. Ce que je prône pour les autres. C'est-à-dire que moi, mon obsession à l'Assemblée nationale, c'est que nous soyons efficaces. Et je pense que l'évaluation fait partie, comme dans les entreprises, de l'efficacité. Si on veut mener une bonne politique, il faut régulièrement évaluer ce que l'on fait. Et donc, je le ferai, pas tout seul, je le ferai avec mes collègues, députés.
Et après, qui valide votre bilan ?
À mi-mandat, puisque vous avez rappelé cela, notre engagement collectif au sein de La République En Marche. Rien ne nous y oblige. Mon mandat est de cinq ans. Rien ne nous y oblige. C'est de faire ce bilan et d'en tirer collectivement les conclusions sur l'exercice de responsabilité. Je le ferai.
Excusez-moi, mais Richard Ferrand, quand il avait au départ évoqué ce changement à mon mandat...
Le président du groupe La République En Marche à l'Assemblée.
Tout à fait, merci Ali. Il avait également dit, par ailleurs, que celui qui aurait fait la première moitié du mandat ne pourrait pas se représenter pour la seconde moitié du mandat. C'est écrit, etc. Donc ça, ça n'existe plus.
Comme la question a également été posée à Richard Ferrand, par vous ou par d'autres, vous pourrez regarder ses réponses de ces dernières semaines, de ces derniers mois, et il dit exactement la même chose que moi. Nous ferons un bilan à mi-mandat. Et c'est ce que j'ai appelé, ce qu'aucun de mes préciecesseurs n'a fait, une remise en jeu de mon mandat à mi-mandat. Donc il y aura un vote ? Qui votera ? Il y aura un nouveau vote ? Lorsque j'arriverai à la moitié de mon mandat. Qui va voter ? Non mais je ne sais pas si on fera un vote. Ça, c'est au sein du groupe La République En Marche que nous en discuterons.
Vous êtes président de l'Assemblée, pas que de La République En Marche. Oui, tout à fait. Donc le vote,
est-ce que c'est juste une discussion avec les élus de La République En Marche ? C'est le vote des députés. Moi je suis élu. Je ne suis pas nommé.
Donc c'est pour ça que je vous demande qui votera sur votre bilan ?
La fonction que j'occupe, ce n'est pas une fonction à laquelle j'ai été nommé, c'est une fonction à laquelle j'ai été deux fois élu. Élu comme député, élu par l'Assemblée nationale. Et j'ai même, auparavant, été choisi par le groupe et La République En Marche après un vote avec quatre candidats et à la majorité absolue dès le premier tour dans les deux cas.
Alors vous parliez de réformer le Parlement et il est question aussi de réformer les institutions. C'était cette semaine, mercredi, le gouvernement présentait le projet de révision de la Constitution qui prévoit toute une série de mesures pour encadrer notamment l'activité du Parlement. Le président du Sénat a déclaré vouloir bloquer, je le cite, la toute puissance présidentielle qui fait régresser les droits du Parlement. Est-ce que vous partagez son point de vue, François de Rugy ? La parole est forte, celle de Gérard Larcher. Moi, je travaille
depuis des mois avec les députés mais aussi avec le président du Sénat et avec les sénateurs et avec le gouvernement. Et je suis, j'allais dire, au carrefour entre la volonté du gouvernement qui est dans un texte que nous avons maintenant sur le bureau de l'Assemblée nationale et celle des députés de la majorité mais aussi plus largement parce que j'ai réuni des députés de toute tendance politique et celle des sénateurs.
Ce n'est pas la question, François de Rugy.
Si, parce que c'est ma réponse. Est-ce que ce texte fait régresser
les droits du Parlement ? C'est extraordinaire mais ce n'est vraiment pas ce que je vous ai demandé. Est-ce que ce texte fera régresser les droits du Parlement comme le dit Gérard Larcher ?
Non mais parce que ce que je voulais vous dire c'est qu'il n'y a pas le camp Larcher contre le camp du gouvernement et ou alors à ce moment-là
il y a un bras de fer entre Gérard Larcher et le gouvernement. Pour réussir. Non mais pas de langue de bois François de Rugy. Qu'est-ce que vous pensez des textes ? Virginie, Virginie, pas de langue de bois. Répondez-nous clairement. Il y a deux camps, on sait qu'il y a un bras de fer. Est-ce que ce texte va faire régresser les droits du Parlement François de Rugy ?
Non. En tout cas, j'entends bien
que ce ne soit pas le cas. Donc Gérard Larcher délire.
Ce texte est insuffisant. François de Rugy,
est-ce que ce texte, est-ce que le président du Sénat délire ?
Ce projet de loi est insuffisant pour faire en sorte que nous ayons un Parlement efficace. Ce n'est pas ma question.
François de Rugy, ce n'est pas ma question. Est-ce que le président du Sénat délire lorsqu'il dit que ce texte fera régresser les droits du Parlement ?
Non, Gérard Larcher n'est pas quelqu'un qui délire. Il est dans l'opposition et donc il exprime un certain nombre de choses qui ne sont pas nouvelles mais moi ce que je constate... Donc il se trompe ? Si vous regardez depuis quelques mois... Je vous parle franchement. Non, vous ne le parlez pas franchement. Si vous voulez aboutir quand vous faites une réforme constitutionnelle, eh bien il faut mettre d'accord la majorité de l'Assemblée et la majorité du Sénat. Et moi je pense bien connaître la majorité de l'Assemblée, savoir où est la volonté de la majorité de l'Assemblée et Gérard Larcher c'est bien...
Gérard Larcher,
son diagnostic est faux. Gérard Larcher, il sait bien où est la volonté du Sénat.
Son diagnostic est faux. Qu'on comprenne sinon on ne comprend rien François de Rugy.
Mais vous savez très bien que les uns et les autres n'ont pas le même point de vue au départ. Au départ, Gérard Larcher, il ne s'était pas engagé avant les élections sur la réduction de 30% du nombre de députés et de sénateurs, la limitation du cumul dans le temps, la proportionnelle... Enfin, une dose de proportionnelle législative ou sur la réforme des procédures législatives. Ça, ce sont nos engagements à nous de la majorité que j'éporte avec l'Assemblée nationale avec une ambition de réforme profonde. Nous avons fait cheminer, je crois, les uns et les autres.
En revanche, nous constatons, et y compris Gérard Larcher et moi, nous constatons ensemble que sur un certain nombre de points, le texte du gouvernement est insuffisant ou que si nous voulons avoir demain des procédures plus efficaces, il faut que le texte soit modifié. C'est ce que nous ferons à l'Assemblée nationale. On comprenne parce que là, ce n'est pas la réforme dans l'absolu,
il y a des choses précises. Alors, on va essayer de les regarder. Sur la procédure d'amendement, est-ce que vous considérez qu'il faut effectivement laisser le texte tel qu'il est, quitte à ce qu'il y ait une obstruction qui soit faite par un certain nombre de députés ? Je m'explique. Est-ce que les trucs qui ont été, seules sécurité, les amendements qui ont été retenus en commission doivent pouvoir aller en débat ? Oui ou non ? Votre position, c'est plutôt ?
Non, moi, ma position, je vais vous dire, je pense bien connaître le fonctionnement du Parlement et donc je pense que les propositions que je fais avec les députés, ce sont celles qui sont les plus adaptées au fait de rendre le Parlement plus efficace car mon obsession c'est que l'Assemblée soit efficace pour voter les lois parce que je n'oublie pas, parce que moi je veux bien qu'on se perde dans les commentaires sur la dernière déclaration de X ou Y mais la vérité c'est quoi ?
C'est que les Français, ils ont exprimé lors des dernières élections, c'était il y a un an justement, on en parle beaucoup mais on ne parle plus du résultat, c'était un vote populiste et extrémiste à un niveau inégalé et une abstention aux législatives à un niveau inégalé. Donc il faut répondre à cette crise. Sur l'amendement,
est-ce que le gouvernement a une tentation de museler un peu l'Assemblée ?
Pour reprendre votre exemple, beaucoup de Français ressentent très mal le fait, et mes prédécesseurs en avaient parlé parfois mais il ne s'était rien passé, ils ressentent très mal que quand on veut débattre d'un projet de loi pour ensuite l'adopter, eh bien, on se retrouve avec de l'obstruction, on se retrouve avec des débats qui s'enlisent. Regardez encore le débat sur la loi Asile et Immigration, c'est il y a quelques semaines seulement. Donc je parle de choses concrètes. On a débattu du lundi après-midi jusqu'au dimanche soir suivant à 23h30. Je peux vous dire que quand j'en parle à mes homologues des autres pays de l'Union Européenne, ils me regardent avec des yeux...
Donc les encadrements ?
Donc il y a besoin de rationaliser la procédure. Ça veut dire quoi ? Soyons concrets. Il y a des textes que nous pourrions examiner uniquement en commission. Aujourd'hui, nous le faisons en commission, puis en séance. Et parfois, on répète exactement les mêmes arguments, les mêmes amendements. Moi, je propose, et je crois que le gouvernement en est d'accord, la majorité de l'Assemblée en est d'accord, la majorité du Sénat également, qu'il y ait des textes qui soient examinés en commission et le vote global aurait lieu en séance plénière. Cela permettrait de ne pas avoir ces répétitions.
Je pense que sur un certain nombre de procédures d'amendement, en effet, il n'est pas nécessaire qu'on puisse défendre indéfiniment le même amendement, comme on peut le faire aujourd'hui. Qu'on puisse s'inscrire indéfiniment les députés du même groupe pour développer le même argument sur le même sujet sans limitation. Donc ça, oui, nous allons proposer un certain nombre de choses de rationalisation pour être efficace. Puis après, il y a d'autres sujets où là, par exemple, le gouvernement, ce n'est pas tellement sa priorité, on peut le comprendre, c'est l'évaluation, le contrôle.
Je parlais tout à l'heure, on va s'évaluer nous-mêmes, mais le rôle des députés, c'est d'évaluer l'efficacité d'une politique.
S'évaluer sans sanctionner, ça ne fonctionne pas très bien quand même.
Eh bien, soyons concrets. Il n'y a pas de sanctions sur le gouvernement. Regardez la politique du logement en France. 40 milliards d'euros de dépenses tous les ans, plus que le budget de la défense, qui lui est de 34 milliards d'euros. Est-ce que c'est efficace ? On a toujours beaucoup, beaucoup de problèmes à se loger à des prix abordables à Paris, en région parisienne, dans toutes les grandes villes de France. Et on prend des lois uniformes, on prend des mesures uniformes qui ne sont pas efficaces. Eh bien, là, typiquement, il faut que les lois sur le sujet soient fondées d'abord sur une évaluation qui doit être faite par les députés, les sénateurs.
Puisque vous voulez être concret, est-ce qu'il faut que les parlementaires puissent disposer des études, des documents émanant d'organisations dépendantes de Bercy ? Est-ce qu'ils doivent pouvoir faire appel à des experts indépendants, transpartisans, pour chiffrer, pour évaluer ? Oui.
Oui, mais vous n'avez
été entendu sur... Oui, mille fois oui. Nous devons, à l'Assemblée nationale ou au Sénat, avoir accès aux données quand on fait des amendements sur la fiscalité, sur les impôts.
Le gouvernement ne l'a pas mis dans sa réforme, ça ? Non, vous n'avez été entendu sur rien. Et c'est bien pour ça
que je dis que ça, nous allons le rajouter. Et ça, c'est clair et net. On ne se satisfera pas de ce qui est actuellement dans le texte en matière d'évaluation d'outils à la disposition des parlementaires. Mais que les Français qui nous écoutent comprennent bien que ce n'est pas pour donner des droits supplémentaires aux parlementaires. Moi, je ne suis pas le chef du syndicat des parlementaires. Moi, je suis là pour que les Français, les députés, c'est la voix des citoyens face à l'administration. Il faut être concret. Et le Parlement français
est un Parlement faible.
Eh bien, c'est bien pour cela qu'il faut renforcer dans les grandes démocraties. C'est bien pour cela qu'il faut renforcer les capacités d'évaluation des députés avec l'accès aux données dont vous parliez, avec le fait qu'on est nos experts indépendants, qu'on ne soit pas obligé de lever la main et de demander au gouvernement est-ce que vous voudriez bien faire un rapport sur tel sujet et est-ce que vous voudriez bien nous le communiquer ? Vous savez que les rapports de l'inspection générale, des affaires sociales, de l'environnement ou d'autres, eh bien, ils ne sont même pas transmis aux parlementaires.
Eh bien, ça, ce n'est pas normal, ce n'est pas une démocratie adulte et ce n'est pas au service de l'efficacité des politiques. Ce n'est pas au service des citoyens. Virginie Malingre, puis Nathalie Saint-Cricain.
Emmanuel Macron, dans ses projets de réforme, a également des éléments qui divisent les parlementaires puisqu'il y a quand même un avantage très net qui est donné à l'Assemblée nationale. Je parle de la réduction des navettes et je parle aussi de son projet qui met Gérard Larcher hors de lui, de renouveler totalement, intégralement le Sénat en 2021. Donc, qu'est-ce que vous répondez-vous sur ces deux points-là ?
Cette proposition ne vient pas de l'Assemblée nationale. Je sais, je vous demande
ce que vous en pensez.
En la matière, je souhaite que ce qui concerne plus spécifiquement le Sénat, ce soit le Sénat qui voit et ce qui concerne plus spécifiquement l'Assemblée nationale,
ou c'est une provocation ? C'est une provocation.
Honnêtement, je ne sais pas trop d'où ça vient. On comprend la logique qui est de dire le Sénat, aujourd'hui, je ne sais pas si les Français le savent, le Sénat est renouvelé par moitié tous les trois ans et avec un scrutin direct. Ce n'est pas toujours très clair pour les Français mais moi, ce n'est pas du tout ma priorité, ce n'est pas mon sujet. Moi, mon sujet, c'est qu'on est à la sortie de cette réforme constitutionnelle. On n'en fait pas tous les jours des réformes constitutionnelles et ça vaut mieux d'ailleurs. La dernière réforme constitutionnelle, elle date de 10 ans.
Je vous rappelle que le précédent président de la République, il avait fait des promesses avant d'être élu en 2012 et puis il n'a rien fait. Même pas une initiative en 5 ans. Donc nous, les engagements que nous avons pris et je ne veux pas qu'on les perde de vue, réduction du nombre de députés et de sénateurs de 30%, limitation du cumul des mandats dans le temps, la question d'une dose de proportionnelle pour que l'Assemblée nationale soit plus représentative, cela, nous le faisons dans l'année qui suit l'élection, contrairement à d'autres qui l'avaient annoncées et qui ne l'ont jamais fait. Enfin, vous le faites. Tout dépend de la dose. Oui, mais vous avez besoin
de l'accord du Sénat d'une certaine manière. Ce sont des éléments de négociation.
On peut ricaner, mais enfin, les textes, ils ont été écrits par le gouvernement. Vous dites, nous le faisons, je vous dis,
vous ferez peut-être si la droite vote avec vous. Vous pouvez au moins reconnaître que par rapport au précédent président de la République,
aux précédentes majorités qui n'avaient même pas déposé un projet de loi, même pas déposé le moindre projet de loi qui faisait des annonces pendant les campagnes électorales ou même lorsqu'il s'était président, il n'y avait rien.
qui avait réformé et donné plus de droits au Parlement en 2008. Nathalie Saint-Créquin.
Pour faire un peu politique au bon sens du terme, il y a un certain nombre d'appels qu'on peut lire dans les journaux, que ce soit Mme Bourguignon, que ce soit François Bayrou, on a l'impression qu'on demande à Emmanuel Macron de bouger. C'est-à-dire d'être plus juste, d'être plus équitable, de faire plus de social en se disant c'est bien gentil tout ça. La première année, la première année et demie. Mais si on ne veut pas qu'il y a la France d'en haut et la France d'en bas, il faudrait que la deuxième jambe se mette à marcher.
Est-ce que vous faites partie, puisque vous avez dit tout à l'heure qu'un député s'est représenté des citoyens, donc vous êtes le chef des députés, de ces gens qui lancent un appel à Emmanuel Macron en disant qu'il faudrait quand même un peu bouger, autrement ça va être problématique. Je cite juste Jean-François Copé qui a dit que c'était le président de droite qui était totalement inespéré. Donc est-ce que vous avez voté pour ça ?
François de Rugy ? Je n'ai pas voté pour Jean-François Copé. Il n'a pas été élu d'ailleurs. Il n'était pas candidat. Si, il s'est présenté à la primaire. Est-ce que vous lancez un appel à la primaire de gauche ? Il faut peut-être le rappeler pour les auditeurs. Vous voyez, Mme Bécard disait tout à l'heure « Ah, mais François de Rugy n'a pas de courant. » Eh bien, je n'en aurai jamais parce que les courants, je crois que c'est quelque chose qui fait beaucoup de tort à la vie politique française et en tant que marin, je sais qu'il y a souvent de mauvais courants et qui amènent les gens sur les récifs. Donc il faut s'en méfier.
Mais en revanche, je sais aussi que le mouvement qui est aujourd'hui majoritaire à l'Assemblée nationale auquel j'appartiens, la République en marche. La République, c'est liberté, égalité, fraternité. Donc vous voyez, ce n'est pas deux jambes. Pour moi, c'est trois piliers. La liberté. Les Français sont attachés à la liberté, y compris la liberté économique. Non, mais c'est très concret. Nous donnons de nouvelles libertés économiques. Nous ne voulons pas que les Français étouffent sous la pression des impôts. Ça aussi, c'est un attaché à la liberté. L'égalité. Vous noyez le poisson ? Pas du tout, parce que l'égalité, c'est un sujet et vous ne répondez pas. Quand on va examiner une loi...
On est tous d'accord, François Delugier, M. Badou. Quand on va examiner... Non, mais la loi, ce n'est pas des choses dans un an, dans trois ans, dans cinq ans. C'est là, maintenant. La loi contre les violences sexuelles et sexistes, c'est une loi de droite ou de gauche ? C'est une loi sociale ou c'est une loi qui n'est pas sociale ? Mais je ne vous dis pas que la loi sur la formation professionnelle. Prenons les choses différemment.
Dans les sondages, notamment au bout d'un an, le président Macron... D'accord. Les sondages, c'est d'accord. Personne, ça n'intéresse personne. L'ancien,
il y a une perception
d'une France, des gens pour lesquels les choses vont à peu près bien, qui sont plutôt aisés, qui ont plutôt de l'argent, qui ne sont pas angoissés et il y a l'impression, en revanche, qu'il y a une deuxième France qui est plus coupée. Est-ce que vous ne vous dites pas ? Et c'est quand même quelque chose que beaucoup de politiques, y compris dans le groupe En Marche, comme on les voit, considèrent qu'il y a un petit tournant à faire. Est-ce que c'est quelque chose ? Est-ce que vous aussi, vous partagez cette inquiétude vis-à-vis d'un certain nombre de territoires ou de personnes qui s'estimeraient un peu exclues ?
François de Rugy ? Ah mais, heureusement que les députés, heureusement que les députés, moi le premier, sont à l'écoute de ce que ressentent les Français. Et oui, les Français, et ce n'est pas qu'un ressentiment, il y a également eu un ressenti. Un ressentiment ou un ressenti ? Oui, mais les deux, c'est aussi une réalité que sur la question du pouvoir d'achat, par exemple, évidemment que ça ne va pas assez vite et que les mesures, je parlais du trop grand poids parfois de l'administration face à la voix des citoyens portée par les députés.
Si on avait écouté en effet un peu plus les députés sur les questions fiscales et la mise en œuvre, parce que ce n'est pas que la décision, c'est comment elle est mise en œuvre. Vous savez bien que ce décalage entre d'un côté la hausse de la CSG qui a été immédiate alors que les baisses de cotisations, la suppression progressive... Et l'ISF, c'était une erreur ? Non, pas du tout. Ah non, alors ça, moi je l'assume pleinement. Je l'ai prôné dans un rapport parlementaire en 2009.
Vous voyez, nous avions fait un rapport à plusieurs députés, à l'époque j'étais dans l'opposition, avec des députés de droite et de gauche sur le financement des entreprises et nous avions fléché le fait que si on continuait l'ISF tel qu'il était, on se tirait une balle dans le pied par rapport au financement sans bien, évidemment, c'est qu'il faut continuer. Il faut continuer, il faut faire preuve de persévérance sur le pouvoir d'achat, sur la baisse des cotisations sur le travail qui vont permettre d'avoir un salaire net plus élevé pour les actifs, pour les salariés. Les salariés, là on ne parle pas de quelques milliers de personnes, on parle des millions de salariés.
La question de la suppression de la taxe d'habitation, vous avez vu même que le président de la République a souhaité qu'elle soit totalement supprimée alors que l'engagement de campagne c'était pour 80% des Français. En attendant la hausse
des impôts locaux, l'étiquette de président des riches elle est injuste ?
Moi je pense qu'elle est injuste. C'est le président de la relance économique, de la réussite économique. On assume. Oui moi j'assume et c'est pour ça que je vous disais liberté, égalité, fraternité. Moi j'assume les trois. J'assume les trois. Oui moi j'ai envie d'une France qui réussit économiquement. J'ai envie d'une France où il y a des entreprises qui réussissent. Et si j'ai rompu, vous le disiez tout à l'heure, J'aimerais bien rencontrer quelqu'un qui n'aime pas la France où les entreprises réussissent. Moi j'ai rompu avec la vieille gauche traditionnelle parce que j'entendais toujours à l'Assemblée les mêmes discours sur le fait Ah c'est suspect une entreprise fait des profits.
Ah bon ? C'est suspect mais on devrait s'en réjouir. Une entreprise qui fait des profits c'est ce qui lui permet demain de se développer, d'investir et de créer des emplois. Et bien c'est ce que nous faisons et ça il faut continuer à le faire absolument. Et en même temps c'est ce qui permettra de créer des emplois, de répartir du pouvoir d'achat supplémentaire et ça c'est, on peut le dire, social. On peut le dire d'ailleurs c'est peut-être considéré comme plus de gauche quand la réussite économique est peut-être considérée comme plus de droite et donc oui nous prenons le meilleur de la droite et de la gauche et nous continuerons à le faire.
Alors malgré tout on peut observer quand même depuis quelques mois certaines crispations on va en parler comme ça ce qui se passe la grève à la SNCF ce qui peut se passer dans certaines universités je ne dis pas que c'est des mouvements majoritaires je dis aussi que ce sont des mouvements assez politisés d'accord ? Vous faites bien de le dire mais ils existent. Ils existent. Est-ce qu'il n'y a pas un problème de style avec le président Macron ?
Est-ce que ce côté peut-être trop jupitérien ce côté trop droit dans ses bottes du côté d'Edouard Philippe est-ce que ce côté je décide de tout tout seul est-ce que ça ne les crée pas est-ce que ça ne les renforce pas ces crispations qu'on connaît aujourd'hui ? Est-ce qu'il n'y a pas un changement de style peut-être quand même
à impulser ? Sur l'université décider tout tout seul et vous vous souvenez pourquoi plus personne ne sait pourquoi il y a des gens qui bloquent des universités et qui vont jusqu'à bloquer ce qui est particulièrement scandaleux les examens y compris ils font référence à 68 mais enfin en 68 c'était les étudiants qui ne voulaient pas passer leurs examens là c'est les étudiants qui veulent passer leurs examens et c'est quelques leaders politiques y compris un député ce qui est quand même le comble qui vont se bloquer l'entrée des centres d'examen
voilà on connaît tout ça
mais c'était pour régler un problème concret qui était le fait que je vous rappelle qu'on envoyait à l'université des jeunes lycéens par tirage au sort ils demandaient une fac de droit et ils se retrouvaient en fac d'histoire par tirage au sort vous vous rendez compte de l'absurdité dans laquelle on était on laissait pourrir cette situation ou est-ce qu'on la réglait nous l'avons fait la loi a été votée en mars elle a été votée en février même elle a été promulguée en mars elle s'applique elle va s'appliquer pour les lycéens qui sont actuellement en train de préparer le bac et qui seront à l'université l'année prochaine heureusement qu'on l'a fait
est-ce que vous ne trouvez pas malgré tout il y a des réformes il y a l'envie d'avancer de transformer ok on vous l'accorde est-ce qu'il n'y a pas un problème de style qui fait que ça crée des tensions avec une partie de la population
puisque vous faisiez référence au sondage fait avec 13 000 ou 14 000 français en effet une étude approfondie sérieuse je crois que ce qui est salué par les français c'est le volontarisme moi je me reconnais bien dans ce volontarisme dans l'énergie le fait d'être énergique de prendre les problèmes à bras le corps moi c'est ce que je fais à l'Assemblée nationale même si ça doit me valoir des critiques et je crois que les uns et les autres c'est ce que nous devons faire après il faut toujours discuter il faut toujours dialoguer il faut toujours écouter mais on ne va pas s'arrêter chaque fois qu'il y a des gens qui disent non sur la SNCF je veux bien que les syndicats fassent un référendum interne mais la SNCF justement parce que c'est un établissement public justement parce que c'est un service public la SNCF n'appartient pas à ses salariés la SNCF appartient à tous les français en quelque sorte et c'est donc bien une responsabilité politique des représentants des français les députés que de choisir ce qui doit être fait pour développer le service public ferroviaire en France et je crois je suis le premier à penser et depuis longtemps que ça passe notamment par la concurrence
le président de l'Assemblée Nationale François de Rugy est l'invité de questions politiques
questions politiques sur France Inter
François de Rugy quand vous faisiez campagne à la primaire de la gauche vous étiez pour la fin du diesel en 2025 la fin du nucléaire en 2040 vous avez un parcours politique inscrit largement du côté des écologistes l'écologie c'est la très grande absente du quinquennat pour le moment est-ce que vous partagez le diagnostic ? non pas du tout parce que
quand vous regardez ça nous fait même sourire mais non mais parce que je vois bien que vous ne voulez pas qu'on regarde les choses objectivement mais moi je ramène les choses aux faits et aux décisions prises et donc non mais parce qu'on peut rester sur les ondits moi je regarde les faits c'est quoi les faits ?
lorsque Trump a décidé de sortir de l'accord sur le climat qui est ce qui a réagi le premier et le plus fortement c'est le président de la République française d'accord mais ça n'y change rien bah si parce qu'il y avait un vrai il n'est pas revenu alors là ça c'est le comble on n'aurait rien fait et on aurait laissé l'accord se déliter on aurait laissé des pays s'engouffrer dans la brèche et on leur aurait dit c'est pas grave allez-y l'Inde qui était quand même un peu vacillante sur ces questions etc aucun pays ne s'est engouffré dans la brèche ouverte par Trump c'est un gain le fait que sur la fiscalité écologique là aussi ne croyez pas que ça se fait comme ça dans la joie la bonne humeur et la concorde nationale ce sont des choix qui ont des conséquences qui ne font pas plaisir à tout le monde qui font râler là aussi j'entends des députés de gauche et de droite dire à l'Assemblée nationale il faut absolument lutter contre le climat qui disent peut-être comme M.
Badou oh l'écologie est la grande absence de ce quinquennat et puis ensuite dès qu'on prend une mesure ils disent c'est scandaleux vous portez atteinte au pouvoir d'achat des Français ce qui constate
que l'écologie est absente du quinquennat et très sincèrement si vous faites un sondage aujourd'hui ou si vous demandez à l'opinion publique ce qu'elle pense du quinquennat je ne pense pas que l'écologie apparaisse parmi les choses qui arrivent il y a encore les acquis
si vous voulez me faire dire qu'il y a beaucoup à faire encore beaucoup beaucoup beaucoup à faire ça je serais le premier à le dire j'ai rencontré Nicolas Hulot pas plus tard que vendredi et nous en avons discuté ensemble et je l'ai incité à poursuivre son action dans la durée avec acharnement parce que je sais d'expérience parce qu'on l'a un peu oublié justement il a un peu disparu d'hostilité mais regardez quand même enfin sous le précédent quinquennat pendant 5 ans je suis bien placé pour le savoir on nous a parlé alors on fait ou on ne fait pas Notre-Dame-des-Landes alors on ferme ou on ne ferme pas Fessenheim c'est fait c'est pas l'écologie Notre-Dame-des-Landes c'est fait Fessenheim
mais excusez-moi c'est pas totalement si
si monsieur Lecornu secrétaire d'Etat auprès de Nicolas Hulot est allé plusieurs fois sur place et croyez-moi dit les choses clairement et sur la fiscalité écologique vous parliez du diesel vous savez où est-ce qu'on en est sur le diesel aujourd'hui ?
on n'a jamais aussi peu vendu de voitures diesel en France les constructeurs automobiles sont même surpris par le rythme c'est à cause du diesel c'est pas à cause de votre politique alors quand on ne prend pas de mesures c'est scandaleux on ne fait rien quand on prend des mesures ça ne sert à rien et c'est pas pour ça qu'il y a des changements bah si parce que qu'est-ce que vous voulez aujourd'hui quand vous regardez les choix des consommateurs ils sont directement influencés et c'est normal justement par la fiscalité or la fiscalité sur le diesel elle augmente certains d'ailleurs le regrettent parce que c'est vrai que ça fait des prix à la pompe pour le diesel qui sont un peu plus élevés mais c'est ce qui permet de réorienter en profondeur la consommation en France et donc d'avoir plus de voitures essence et moins de voitures diesel
si la question vous était posée par Ali c'est pas qu'il est anti-écolo c'est qu'on a l'impression y compris du côté de chez Nicolas Hulot qui a un blues terrible qu'il a un peu disparu des écrans radar et que lui-même considère qu'il ne peut pas faire autant qu'il souhaiterait vous l'avez vu il y a quelques jours vous lui avez conseillé d'aller dans quelle direction et de se battre pour peser dans quel domaine qui sont prioritaires ce sont des dossiers que vous connaissez parfaitement
en tout cas je n'ai pas ressenti ce que vous venez de décrire chez lui et par ailleurs je lui ai en effet dit et je le redis et c'est un là aussi l'écologie c'est un défi majeur ça moi je considère que c'est un défi oui mais sauf que souvent on était d'accord pour le dire mais il n'y avait pas grand monde pour faire et quand on commençait à faire tout le monde nous tombait dessus je peux vous dire j'ai fait des propositions de loi contre la pollution de l'air on me disait non non même madame Royal ne disait pas d'écologie punitive donc on ne faisait rien là il faut absolument agir dans la durée donc je dis à Nicolas Hulot tiens bon tiens bon face en effet à des administrations parfois hostiles face à d'autres ministères parfois hostiles face à des lobbies évidemment hostiles tiens bon comme tu l'as fait sur le glyphosate et où le président de la république a arbitré en sa faveur en la faveur d'une interdiction rapide du glyphosate en France alors même que au niveau européen on voyait bien qu'il n'y avait pas forcément de majorité pour le faire donc c'est un choix fort et là si on ne l'avait pas fait tout le monde nous serait tombé dessus maintenant qu'on le fait alors c'est normal et sans doute que peut-être certains pensent que les décisions politiques n'y sont pour rien
moi c'est Karine Bécard ah pardon Brune Poirson non non j'avais parlé
de Brune Poirson vous regardez mais je me souviens encore c'est vous d'accord une question
j'allais vous poser une question
sur le bilan de Brune Poirson avant de donner la parole à Karine mais en l'occurrence quel est le bilan par exemple de cette secrétaire d'état rattachée à Nicolas Hulot
attendez il faut savoir si la question c'est de savoir si elle est connue ou inconnue moi je constate que Brune Poirson qui était députée d'ailleurs à l'origine il avait été élu député Sébastien Lecornu qui est son secrétaire d'état auprès de Nicolas Hulot et un gros ministère comme celui-là encore la langue de bois et bien je vous demande quel est son bilan ben il travaille il travaille regardez ce qu'ils font ah bah c'est bien non mais regardez ce qu'ils font Brune Poirson par exemple elle a annoncé il y a quelques jours tout un plan sur la question du recyclage et c'est là aussi quelque chose d'extrêmement important on a d'ailleurs fait des choses en France depuis 25 ans en matière de recyclage mais on pourrait faire beaucoup mieux et ça les français ils voient bien ce que ça veut dire ça veut dire lutter contre le gas le gaspillage des déchets le gaspillage des matières premières mais ensuite ça veut dire structurer des filières économiques là aussi pendant longtemps on a opposé économie et écologie les écologistes eux-mêmes souvent malheureusement opposaient économie et écologie disaient ah là là les méchantes entreprises ben non sur le recyclage par exemple des matières premières il faut absolument mobiliser les entreprises et les citoyens
une dernière question très précise sur vos convictions vertes on vous a peu entendu vous et puis le gouvernement également sur par exemple la fermeture des voitures berges à Paris décidée par Anne Hidalgo le gouvernement et vous-même vous y êtes favorable ou pas à cette fermeture ?
François de Rugy moi je pense que la politique de réduction de la place de la voiture dans les grandes villes à Paris comme ailleurs il ne faut pas revenir en arrière si on revenait en arrière et regardez d'ailleurs les quais de la Seine aujourd'hui depuis l'Assemblée nationale je ne suis pas trop mal placé pour les observer depuis qu'ils ont été ouverts aux piétons au lieu d'être ouverts aux voitures c'est un immense succès pourquoi Nicolas Hulot
ne l'a pas soutenu alors au moment où le Conseil d'Etat
je crois que moi je n'ai pas senti qu'il y avait le moindre frein venant du gouvernement sur cela après il faut regarder en même temps les conditions générales non pas spécialement de circulation d'ailleurs mais de déplacement et de transport en Ile-de-France en Ile-de-France pas simplement à l'échelle de Paris à l'échelle cette fameuse métropole du Grand Paris dont on ne voit pas trop les contours aujourd'hui et l'efficacité et bien ça ce sont des sujets alors là si vous voulez qu'on en parle et peut-être qu'on fera une autre émission sur ces sujets-là c'est évident qu'il y a des transformations très importantes à conduire pour Paris pour le rayonnement bien sûr de Paris mais pour le fonctionnement de la vie quotidienne des Parisiens notamment en matière de transport
c'est un bon candidat Benjamin Griveaux pour la maire de Paris
moi je vous parle de l'organisation des transports à Paris et vous me ramenez sur un choix de candidature à l'élection municipale il y a eu dans deux ans
le politique change une politique
donc c'est important il peut y avoir
là où il y a une volonté il y a un chemin donc
et c'est très bien je pense que la République en marche aura à coeur de présenter un projet pour Paris comme dans d'autres villes de France d'ailleurs et donc aussi une liste avec bien sûr non vous allez vraiment faire ça la République en marche
aura un projet pour Paris et elle présentera une liste
mais justement pas de langue de bois la République en marche est un mouvement qui n'existait pas lors des dernières élections municipales donc il n'avait pas de liste et oh bah moi je suis pas là en train de choisir les candidats pour Paris vous êtes parisiens oui une grande partie de la semaine ça vous confie donc vous êtes concerné vous avez un avis et vous êtes la République en marche et je suis attentivement la préparation des élections municipales parce que ça me paraît quelque chose de très important
donc vous intéressez aux élections municipales
et donc je pense qu'il y a si j'ai bien compris plusieurs personnes qui sont prêtes à porter les couleurs de la République en marche mais quand même je veux vous dire monsieur Badou là aussi vous ricanez mais je ne ricane pas j'essaie de casser la langue de bois il y a beaucoup de journalistes qui disent au contraire il n'y aura pas de liste de la République en marche dans les grandes villes parce que la République en marche ne voudra pas se mesurer ne voudra pas aller se confronter au suffrage universel il fera peut-être des alliances avec les maires en place et d'ailleurs pourquoi pas dans certaines villes moi je le dis aussi concrètement dans certaines villes s'il y a un bilan intéressant avec des maires avec qui on peut travailler on n'est pas obligé de faire des listes je crois qu'à Paris comme dans d'autres grandes villes là il y a vraiment une utilité une utilité à ce qu'il y ait des listes dans tous les arrondissements de la République en marche avec une liste à choisir et moi je ne suis pas là pour la choisir est-ce que vous serez candidat à Nantes ?
j'ai déjà dit que non non ah oui ça je l'ai déjà dit il y a déjà plusieurs mois
vous avez du fil à retordre avec les gens de la France insoumise à l'Assemblée on vous voit régulièrement le mercredi est-ce que vous trouvez que la stratégie de l'exécutif pas que le mercredi tous les jours la stratégie de l'exécutif c'est de mettre Jean-Luc Mélenchon en opposant principal qui essaye d'installer un match à deux est-ce que c'est une bonne stratégie ?
alors je ne pense pas que ce soit la stratégie ce n'est pas la mienne moi en tant que président de l'Assemblée nationale je n'ai surtout pas vocation à choisir quels sont les opposants moi mon rôle c'est de veiller à ce que tout le monde puisse s'exprimer
Emmanuel Macron parle quand même régulièrement s'adresse à Jean-Luc Mélenchon comme si c'était lui le leader maximo de l'opposition en lui donnant un rôle
Jean-Luc Mélenchon il incarne une opposition ça c'est sûr je crois qu'il n'y a pas de doute sur le fait qu'il est dans l'opposition une opposition bruyante ça ne fait pas de doute non plus à une époque il disait du bruit et de la fureur
et parfois
par de multiples provocations qu'elles soient verbales populistes parfois ou tout court dans l'hémicycle je peux même vous en parler en effet de certains députés après d'une certaine façon c'est la vie du débat démocratique et on verra bien en prochaines élections ce que les uns et les autres auront réussi à convaincre les français Karim
après vos trois mandats de député vous étiez engagé à arrêter il y aura une vie en dehors de la politique pour François de Rugy vous ferez quoi ?
j'espère bien qu'il y a une vie pour les uns et pour les autres en dehors de la politique en dehors de la vie politique ou dans la vie politique en faisant autre chose que député quoi par exemple ? j'ai pris cet engagement devant les électeurs c'était mon troisième et dernier mandat quel que soit ce qui sera voté en la matière c'est à dire que même si je pouvais par la loi continuer moi je me l'appliquerais à moi-même
l'émission se termine merci d'avoir été notre invité François de Rugy je vous souhaite un bon dimanche merci à toutes les trois je vous retrouve à 13h15 pour le grand face à face de France Inter le temps pour moi de monter trois étages de la maison de la radio à tout de suite donc c'est très bien
c'est très bien c'est très bien
François De Rugy