Hervé Marseille : « Je suis favorable à l’état d’urgence »
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:55OuverteRéponse directe
Est-ce que l'exécutif a mal géré, mal anticipé la situation ?
- 1:46OuverteRéponse partielle
Vous, personnellement, vous vous attendiez à ce qu'il y ait une mobilisation aussi forte le 17 octobre ?
- 3:56RelanceÉludée
C'est quoi, c'est des défaillances politiques de la part du gouvernement ou c'est une volonté de pourrissement de la situation ?
- 4:23OuverteRéponse directe
À votre avis, cette connexion entre des mouvements ultra-gauches et les jeunes de banlieue, elle s'est faite de manière spontanée ou les choses sont organisées ?
- 5:46OuverteRéponse directe
Est-ce que vous pensez que le mouvement auquel on a assisté en France et les violences qui se sont développées ont pu être amplifiées par le biais d'ingérences numériques étrangères ?
- 6:44OuverteRéponse directe
Mais est-ce qu'il faut suspendre les réseaux sociaux pendant ces mouvements ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:41InvitéFait
« on a vu qu'on l'a fait en Calédonie, que le Conseil constitutionnel a mis en garde. On ne peut pas faire ça impunément. »
- 3:47InvitéFait
« Il y a eu une espèce de connexion un peu bizarre entre des gens très politisés et puis des voyous de banlieue. »
- 9:43InvitéPromesse
« l'état d'urgence, moi, je suis favorable à l'état d'urgence. »
- 12:56InvitéFait
« Si vous allez même huit jours en prison, en général, ça calme. »
- 13:45PrésentateurChiffre
« Gérald Darmanin parlait hier soir de 67 personnes incarcérées, c'est 23 ce matin, c'est ce qu'il dit. »
- 14:10InvitéPromesse
« Oui, on va le durcir et puis on va mieux le cadrer, quoi, voilà. »
- 15:13InvitéPromesse
« Quand il y en a, oui, pourquoi pas ? »
- 16:12InvitéChiffre
« il y a des travaux qui avaient été faits, il y avait eu plusieurs millions de travaux faits sur la mairie de Limoges »
- 16:52InvitéChiffre
« l'Assemblée nationale s'en donne à cœur joie, puisqu'à l'Assemblée, ils viennent de recréer une dizaine de milliards de dépenses. »
- 18:42InvitéFait
« moi, je trouve effectivement que c'est un peu baroque de faire une élection comme celle-là le lendemain du 1er mai »
Temps de parole
- Invité70 %
- Présentateur12 %
- Hervé Marseille11 %
- ?5 %
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Public
Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous.
Et
on va revenir sur ce qu'il s'est passé ces derniers jours de 1513. Garde à vue, 67 personnes incarcérées, l'exécutif qui veut durcir la réponse pénale. Et Sébastien Lecornu qui annonce que de nouveaux couvre-feux pourraient être décidés ce soir. Couvre-feux qui, selon lui, ont permis le calme cette nuit.
Le
Parlement, lui, qui lance des commissions d'enquête pour comprendre les responsabilités. On va parler de tout ça avec Hervé Marseille. Bonjour.
Bonjour.
Merci beaucoup d'être notre invité Hervé Marseille, sénateur des Hauts-de-Seine, président du groupe Union Fentriste et Indépendant. Désormais, président également de l'UDI, interview en partenariat avec la presse régionale, représentée par Stéphane Vernet de Ouest de France. Bonjour Stéphane.
Bonjour Ariane, Hervé Marseille. Bonjour. Bonjour.
Hervé Marseille, je veux rappeler les chiffres. On a vu les violences, les casses, les pillages ces derniers jours. Est-ce que l'exécutif a mal géré, mal anticipé la situation
?
Je crois que oui. D'ailleurs, il l'a avoué lui-même.
Je
crois que l'exécutif a fini par avouer qu'il y avait eu des faillances.
Des
faillances dans l'estimation des mouvements, des faillances du renseignement, et donc sous-estimation et sous-dimensionnement des dispositifs policiers, à tel point que le ministre de l'Intérieur, qui est un homme responsable, a présenté sa démission qui a été refusée, parce qu'on ne change pas de chef en plein milieu de la crise.
Donc il a eu raison, Emmanuel Macron. Vous auriez aussi votre
place comme
ça. Oui, oui, oui, voilà. Je veux dire, à l'évidence, il y
a
eu des faillances. Bon, maintenant, il faut faire le sursaut nécessaire, mais c'est clair qu
'il
y
a
eu des faillances.
Vous, personnellement, vous vous attendiez à ce qu'il y ait une mobilisation aussi forte le 17 octobre, et un tel déferlement de violence ?
Non,
non. Et comment est-ce que vous expliquez que les renseignements territoriaux soient complètement passés à côté du truc
?
J'ignore. J'espère que, justement, les missions d'information vont permettre de tirer au clair cette affaire, non pas pour, à tout prix, chercher des responsables. Il ne
s
'agit pas de faire, j'allais dire, l'autopsie un peu de ce qui s'est passé. C'est plutôt pour tirer des leçons et voir ce qui n
'a
pas marché. J'ai été étonné, par exemple, à Paris, de ne pas voir la brave en action, parce que ce sont des gens très mobiles. Or, avec des manifestants très jeunes et très mobiles, il faut pouvoir aller vite. J'ai été étonné de voir qu'il n'y
a
pas eu d'action préventive. D'habitude, quand on voit des grosses manifestations, on sait très bien que les services de police font des arrestations préventives parce qu'ils connaissent un certain nombre de meneurs, etc. Et ils vont les chercher au petit matin pour éviter qu'on les retrouve sur le champ de bataille. Donc, il y a tout un tas d'actions, les hélicoptères, etc. On est un peu étonné que partout en France, pas seulement à Paris, partout en France, on a vu Limoges, on a vu Marseille,
on
a vu Lille, etc. Il y a eu,
manifestement,
un grave sous-dimensionnement des dispositifs sécuritaires.
–
Mais comment vous l'expliquez, pardon, comment on en est arrivé là ?
–
Ça, c'est justement les enquêtes qui vont nous le dire et peut-être les autorités qui pourront nous le préciser. C'est comme ça. Il y
a
eu un sous-dimensionnement.
–
C
'est quoi, un affaiblissement de nos renseignements territoriaux
? Des services du ministère
de l'Intérieur ?
–
Oui, le renseignement n
'a
pas été bon. En même temps, on a vu qu'il y avait des conjonctions un peu compliquées de l'ultra-gauche, des groupuscules à caractère révolutionnaire, comme le NPA, comme Révolution Permanente, etc., qui sont des gens très professionnalisés, très mobiles, très actifs, qui se sont joints aux banlieues.
Il
y a eu une espèce de connexion un peu bizarre entre des gens très politisés et puis des voyous de banlieue.
– Mais c'est quoi, pardon, je vous donne la parole, Stéphane,
mais
c'est quoi, c'est des défaillances politiques de la part du gouvernement ou c'est une volonté de pourrissement de la situation ?
– Ah non, je ne crois pas, il ne
faut
pas, moi, je ne
suis
pas complotiste. Les théories selon lesquelles on aurait volontairement sous-dimensionné, de toute façon, ça profite à qui
?
Le crime profite à Mme Le Pen, clairement. Donc, je veux dire, je ne pense pas qu'on puisse imaginer des choses pareilles.
–
Vous évoquez une connexion entre des mouvements ultra-gauches, des mouvements révolutionnaires et les jeunes de banlieue. À votre avis, cette connexion, elle s'est faite de manière spontanée ou les choses sont
organisées
? – Non, il y a eu, on commence à détecter ça, justement, il y a eu des connexions. Je veux dire, à la base, il y a quoi ? Il y a quand même un mouvement de jeunes.
Le
mouvement de jeunes, les lycéens,
qui
n
'est
d'ailleurs pas propre à la France puisqu'on voit les mêmes phénomènes en Belgique, en Italie, dans certains pays baltes, etc. Donc, il y
a
un malaise.
Bon,
il n
'a
pas été pris
suffisamment
en considération.
–
Là,
il
y
a
eu une erreur du gouvernement,
du
premier
ministre en particulier. – Oui, mais l'éducation nationale,
il ne manque pas de gens. Je veux dire, il y a des rectorats, des inspections d'académie. Chaque fois, on va accueillir le ministre en disant, mais qu'est-ce qu'il fait ? Mais il
n'est
pas tout seul, le ministre. Et les recteurs, ils font quoi ? Et les inspecteurs d'académie, et les inspecteurs d'éducation ? Enfin, il y a un tas de types qui sont supposés avoir des responsabilités et s'intéressaient au sujet. On se demande comment tout ça a pu rester, j'allais dire, en jachère. Et les sujets, en plus, ce n
'est
même pas budgétaire. Parcoursup, les temps scolaires, le téléphone, qui a sûrement joué, le sevrage téléphonique en disant, du jour au lendemain, vous n'utilisez plus les téléphones. Bon, enfin, il y a tout un tas de sujets. Le seul sujet qui pourrait coûter, c'est le problème des locaux,
qui
me paraît assez subsidiaire, parce que quand on voit les investissements des régions, on pourrait faire un bilan avec les régions.
– Juste, vous évoquez le fait qu'il y a des manifestations similaires, avec des modes opératoires similaires dans d'autres pays européens, notamment en Italie, ce week-end.
Est
-ce que vous pensez que le mouvement auquel on a assisté en France et les violences qui se sont développées ont pu être amplifiées par le biais d'ingérences numériques étrangères ? Est-ce qu
'il
peut y avoir une intervention coordonnée,
extérieure ?
–
Je
ne vais pas utiliser des méthodes complotistes. Je pense
qu
'il y a sûrement des ingérences, elles sont perpétuelles à travers les réseaux. – Mais
elles n'ont
pas été motrices dans cette histoire ?
– Les
réseaux sociaux jouent un rôle. C'est évident, tout le monde l
'a
remarqué, on l'avait déjà vu au moment des Gilets jaunes. Bon, il y a un dispositif qui s'appelle le Digital Service Act, au plan européen, le DSA. Il y a un article, l'article 34 ou 35, qui permet de ralentir, j'allais dire, les prescriptions numériques, c'est-à-dire l'accélération, qui fait que, quand il y a des vues, ça amplifie et les gens, j'allais dire, voient des scènes qui les attirent. –
Mais est-ce qu'il faut suspendre les réseaux sociaux pendant ces mouvements ?
Parce
que demandent
certains élus locaux.
–
Oui, d'accord, mais enfin, on a vu qu'on l'a fait en Calédonie, que le Conseil constitutionnel a mis en garde. On ne peut pas faire ça impunément. Je veux dire, il faut vraiment des actes, des situations extrêmement graves.
– Et ça, ça ne justifie
pas
? – Non. Et donc, en revanche,
on
peut avoir des méthodes techniques, elles existent, on a voté des textes, il y
a
des textes européens. Et donc, là, j'ai vu que le gouvernement réunissait les plateformes. Il y a des choses à faire sur le plan algorithmique pour ralentir. Et puis, il
y
a les communications entre jeunes ou entre factieux sur le terrain qui font qu'on doit pouvoir trouver des méthodes pour empêcher ces communications.
–
Sébastien Lecornu qui annonce qu'il recevra les syndicats demain. Vous, quand vous serez reçu par le Premier ministre
?
– Je ne sais pas. Pour l'instant, on n'a pas été invité. Je pense que dans le milieu de la semaine, on me dit, peut-être, mercredi ou jeudi, après-midi, je n'en sais rien. –
Mais vous n'avez pas eu d'invitation,
pas de lettre ? –
Non, pas pour l'instant.
–
Rien ?
Pas d'ordre du jour ? – C'est de carton pour un
petit goûter à Matignon. J'ai vu que Mme Le Pen et M. Bardella avaient déjà refusé les granolas et le chocolat chaud. – Vous iriez, vous ? – Oui, bien sûr, moi j'irais, parce que je trouve normal de répondre dans ces situations.
– Qu
'est
-ce
que vous allez lui dire au Premier ministre ? Et qu'est-ce que vous attendez qu'il… –
J'attends déjà qu'il nous raconte un petit peu comment il voit les choses, qu'il nous donne des explications rapides, peut-être, sur ce qui s'est passé, et tire des conséquences et nous dise, voilà ce qu
'on
va faire.
– Et
qu'est-ce qui pourrait calmer la situation à ce stade, selon vous
? –
Je pense qu'il n'y
a
pas 36 solutions. S'il y avait une seule solution, je pense que ça se saurait et que le gouvernement l'utiliserait. Je pense que d'un côté, il
y
a le dialogue, parce qu'il y a toujours le problème, même si on n'en parle plus, parce qu'il y
a
le problème sécuritaire qui a pris le dessus.
Je
pense qu'il faut quand même continuer à discuter avec les représentants des licencières, parce qu'à la base, s'il y a des défilés, c'est parce que c'est eux qui les organisaient. Donc, les autres se sont greffés comme l'éthique et les puces sur le chien. Donc, je veux dire, il faut… –
Il y avait aussi la contestation contre le pouvoir d'achat,
la licencière, et relancer le mouvement des Gilets jaunes.
– Je pense qu'il faut, à la base, recommencer à dialoguer, d'un côté, puis encore une fois, je vous ai dit, ce qui m'étonne, c'est que tout ça
n
'est pas budgétaire. On ne peut pas dire qu'on n'a pas les moyens, on ne
va
pas… Bon, il y a des sujets dont les jeunes veulent parler, et je pense qu'il faut parler avec eux. De l'autre côté, il faut s'occuper de la situation sécuritaire. Voilà, moi, j'ai trouvé que, malheureusement, le président de la République n'avait apporté aucune solution, aucun cap. – C'était une
allocution pour rien, Dimanche Orpont ?
– Oui,
d'ailleurs, unanimement, tout le
monde
a reconnu. Il y a une forme de vide. –
Et
comment
vous l'expliquez ?
– Là aussi, je ne
suis
pas… –
Qu'est-ce que vous attendez ? – Est-ce qu'il aurait fallu qu'il décrète l'état d'urgence ?
– Mais l'état d'urgence, moi, je suis favorable à l'état d'urgence. –
Il
aurait dû dire ça, Dimanche
Orpont ?
–
Alors,
l
'état d'urgence, je lis beaucoup de choses là-dessus. Ce n
'est
pas tellement, pour ce que ça apporte, ça permet une police administrative renforcée. Le problème, c'est qu
'il
faut l'utiliser avec parcimonie. Il y a déjà des instruments, on voit bien qu'on utilise le couvre-feu, on peut interdire certains déplacements. C'est d'abord une forme de, comment dire, c'est un indicateur,
c
'est une espèce d'atmosphère. On dit maintenant, ça suffit, on crée un cadre sécuritaire. Le problème, c'est que ça dure 12 jours. C'est ça le sujet.
– Mais est-ce que vous savez, vous qu'il
y a
dans le bloc central, est-ce que vous savez si cette piste de l'état d'urgence était sur la table de l'exécution
?
– Je
n
'en
sais strictement rien. –
Vous m'avez fait un problème. – Je pense que ça doit être
réfléchi. Je vous répète, on peut gloser tout ce qu'on veut, au sujet de tout ce qu
'on
veut sur l'état d'urgence. Le problème, c'est ces 12 jours. Ça veut dire que si vous faites l'état d'urgence maintenant, dans 12 jours, il faut aller devant le Parlement pour faire voter la prolongation. Bonjour, parce qu
'à
l'Assemblée nationale, vous connaissez la situation. Je ne
suis
pas convaincu qu'on arrive à la voter. Et puis on perd du temps parce qu'il faut faire les… Bon, et donc, quand vous voyez les dates annoncées et les successions de manifestations, je pense qu
'il
y
a
un problème de calendrier et que le gouvernement, pour l'instant, essaie de tenir avec les moyens juridiques.
– Et ça va être comme ça jusqu'à la
présidentielle, selon vous
? –
J'espère que non. Je veux dire, là, on est dans une phase un peu aiguë de crise. Il y a tout un ensemble de crises. Je crois qu'il y a assez peu de gouvernements qui ont dû faire face à une crise climatique, les incendies de cet été, une crise budgétaire, une crise financière, une crise sécuritaire et une crise internationale. Non, je ne t'ai plus. Je veux dire, il y a tout ce qu'il faut. Et donc, parce que pendant ce temps-là, on a toujours un budget à faire voter.
– On va dire,
mais juste pour finir sur la question sécuritaire, est
-ce
qu'il faut en passer par l'armée, comme le dit par
exemple
Gabriel Attal ? – Je
ne crois pas. Je veux dire, l'armée peut être utilisée de façon subsidiaire, j'allais dire, par exemple, pour remplacer des policiers sur des gardes statiques, par exemple, comme on fait pour, vous voyez, quand vous allez dans les gares et les aéroports, vous voyez des patrouilles de l'armée, ces sentinelles. Bon, très bien. Mais l'armée, elle n'est pas
entraînée
pour faire du maintien de l'ordre. Je veux dire, qu'est
-ce
qu
'ils
vont faire ? Les gars, ils vont arriver avec des mitraillettes, place de
la République. – Donc il va trop loin
Gabriel Attal, quand tu composes ça ? C'est
pas raisonnable ? – Non, mais
c'est parce que l'opinion réclame une parole forte. Et Gabriel Attal…
– Donc c'est peut-être
démagogique.
– Il dit, voilà, on va…
– L'opinion réclame une parole forte. Une des réponses, une des toutes premières réponses du gouvernement, de
l
'exécutif, c'est aussi la sévérité judiciaire, les consignes données au parquet. On a parlé du couvre-feu. Est-ce que ça, c'est de nature ? C'est une bonne réponse ? Est-ce que c'est une solution ? Est-ce que ça peut apaiser ? Ou au contraire, il faudrait aller sur le fond des revendications ?
– Bien sûr que… – Est-ce qu'on peut faire les deux en
même temps ?
–
La
sévérité judiciaire et la réponse judiciaire à la fois rapide et forte, elles concourent
à
l'impression… –
Ça,
ça
fonctionne ?
– Si vous allez même huit jours en prison, en général, ça calme. Le problème, c'est que les magistrats, ils sont libres. D'abord, il
y
a le droit, il y a des avocats qui défendent les prévenus et il faut prouver que les gens qui sont là ont commis des actes, on est dans un pays de droit. Donc il ne s'agit pas de dire, allez hop, on embarque tout le monde, on les emmène et puis on les condamne. Je veux dire, donc je comprends la réaction populaire qui consiste à dire, il faut les faire payer,
il
faut qu'ils soient condamnés. Mais oui, d'accord, mais encore, faut-il prouver qu'ils ont été impliqués et les magistrats, jusqu'à preuve du contraire. C'est pour ça que certains militent pour des peines planchées, c'est-à-dire pour qu'on oblige quelque part à des peines. Donc… –
Gérald Darmanin
parlait hier soir de 67 personnes incarcérées,
c'est 23
ce matin, c'est ce qu'il dit. – Il
y a quand même, voilà, il y a des réponses. – C'est quand même quasiment le loup
entre hier et ce matin. La loi Casseur-Payeur, vous allez l'examiner mardi prochain ici au Sénat, vous allez la voter, elle est suffisante ou vous allez l'amender, il faut rajouter
? –
Il va y avoir des amendements parce qu'au départ, c'était un texte qui arrivait comme ça, qui était ancien, comme c'est un peu le bazar
dans
la
gendarme parlementaire.
– C'est après les violences, après le sac du préagé en Ligue des champions.
– Et puis là, ça tombe à point nommé, donc on va s'intéresser de plus près au
dossier. –
Vous allez le reformuler
en fonction du contexte, le densifier, sur
quel point par exemple ? Vous allez le
durcir en fait ?
– Oui, on va le durcir et puis on va mieux le cadrer, quoi, voilà. –
Parce qu'il n
'est
pas assez cadré ?
– Il était léger au départ, c'était un texte qui arrivait comme ça et là, vu les circonstances maintenant, j'allais dire, on a de quoi nourrir le dossier.
–
Stéphane ?
– Il y
a
un point qui pose problème sur cette loi, en fait, c'est la notion de responsabilité collective, ça c'est une façon, en fait, c'est une forme d'atteinte aux libertés publiques et notamment aux droits de manifester. – Oui,
c
'est vrai, c'est vrai. – Et ça, ça fait partie des choses que les sénateurs pourraient corriger ?
– Il faut qu
'on
corrige ça de façon beaucoup plus précise et juridique, quoi, parce que sinon on risque de voir
le contexte constitutionnel
réagir.
– Qui doit payer Hervé Marseille et de quelle manière
?
– J'entends le bon sens et, j'allais dire, la réponse politique consiste à dire « Ceux qui cassent doivent payer, mais ont-ils les moyens de payer
? »
On sait qu'il y en a beaucoup. Alors aujourd'hui, on dit, on va prendre sur les dotations sociales, ceux qui touchent des allocations. –
Vous êtes favorable, vous
? –
Écoutez, quand il y en a, oui, pourquoi pas ? Simplement, là aussi, c'est pas comme ça, à la louche, de façon très générale, il faut regarder les situations. Mais je crois qu'il va falloir imaginer des systèmes de financement, à la fois pour la casse, les entreprises, les commerces, les services qui sont abîmés, l'indemnisation pour les personnels, parce que moi, je pense à tous ces pauvres gens qui se retrouvent du jour au lendemain avec le fruit de leur travail, à leur magasin,
à
proximité de Noël.
Ils
avaient entreposé pour beaucoup des produits pour la Noël, et tout ça a été volé, pillé, etc. Vous imaginez, pour des petits commerçants, c'est considérable.
–
On a une idée de ce qu'une journée d'émeute, comme celle du samedi 17 octobre, coûte à la collectivité, en fait, en termes de bâtiments détruits, mais aussi les commerçants, les dégâts sont énormes.
– Énorme, pour les
collectivités, moi, je pense à tous ces élus qui regardaient Limoges, c'est affreux, quoi, il y a des travaux qui avaient été faits, il y avait eu plusieurs millions de travaux faits sur la mairie de Limoges, qui est un… –
Mais vous allez
prendre des mesures dans le budget ? De voter un fonds pour les collectivités touchées
? – Le budget,
on va prendre des mesures, avec quel argent ? Je veux dire, il va falloir essayer de trouver des formules, c'est-à-dire trouver de l'argent ailleurs, parce qu'on sait très bien que notre budget, il est absolument épouvantable, puisqu'il n
'y
a plus d'argent. Donc, on est sur des économies absolument dramatiques, et d'ailleurs, vous voyez que l'Assemblée nationale s'en donne à cœur joie, puisqu'à l'Assemblée, ils viennent de recréer une dizaine de milliards de dépenses. Donc, moi, je ne sais pas comment tout ça fonctionne, mais on marche sur la tête,
quoi. – Est-ce que le Président de la République, dimanche, aurait pu dire les choses telles qu'elles sont ? C'est-à-dire qu'il n'a pas de majorité, on n'a pas de budget, il n'a pas de marge de manœuvre financière, on est à six mois de l'élection présidentielle, qu'en réalité, le gouvernement ne peut rien ? – Oui, mais quelque
part, vous décrivez son échec. Je ne pense pas que le Président, il soit à ce point d'auto-flagellation, pour dire qu'on a failli. Bon, en clair, je pense que ce qui a manqué, c'était un cap fort, comme l'a souligné Édouard Philippe, qui a eu des mots assez durs, mais vrais, qui consistaient à dire, on attend du Président qui rassure et qui donne un cap. Là, il a commenté. – Mais finalement, quand il
termine son allocution en nous souhaitant une belle élection, c'est ça qu'il est en train de dire ? Que de toute façon, il ne se passera rien avant l'élection présidentielle, et qu'il faut attendre cette échéance-là ? Vous êtes d'accord avec ça ?
– Oui, je ne sais pas comment on fait pour atteindre l'élection présidentielle, ni même la fin
de l'année, le budget.
On ne sait pas de quoi… Je veux dire, c'est au jour le jour. Le gouvernement peut tomber sur la moindre motion de censure dans les jours ou semaines qui viennent. –
Dans
le cadre du débat budgétaire, vous voulez dire ?
–
Oui, dans le cadre du débat budgétaire. On a un, comment dire, parce qu'il
y a
une situation toujours absolument dantesque à l'Assemblée nationale, un pays fracturé politiquement.
Et
à l'approche des élections présidentielles, plus que jamais, chacun est sur ses positions et ses postures.
– Juste pour faire le lien, pardon, Hervé Marseille, entre ce qui se passe et la présidentielle et le contexte de mobilisation. La présidentielle, le second tour, a été fixé le 2 mai, au lendemain des grandes mobilisations du 1er mai. Il faut changer sa date, selon vous ?
– Je crois que c'est fait, c'est fait. Je veux dire, moi, je trouve effectivement que c'est un peu baroque de faire une élection comme celle-là le lendemain du 1er mai, parce qu'imaginez, ce qui n
'est
pas totalement absurde, que vous vous retrouviez avec un deuxième tour, Mme Le Pen, M. Mélenchon. Je ne
sais
pas si vous voyez à quoi va ressembler le 1er mai
et
comment on va tenir l'ordre public. –
Mais
vous allez faire
revoir ce calendrier ?
– C'est à l'exécutif d'y réfléchir, et il l'a fait. Donc s'il a pris cette décision, j'imagine qu'il avait des raisons, mais je m'inquiète, parce que je vous rappelle quand même qu'on a vu ce que c'était samedi, on a beaucoup de gendarmes en Calédonie,
vous
avez vu les événements qui sont en train de se greffer aux Antilles,
où
il
y
a des problèmes d'ordre public, on a Mayotte, etc. On va les prendre où, les forces de police
? On
va les prendre où ?
– Un dernier mot, Hervé Marseille, qui l'UDI va soutenir cette présidentielle
? –
Écoutez, on verra, pour le moment c'est un peu confus. Ce qui serait bien, c'est que
tous
ceux qui concourent à exprimer leur opinion pour l'élection présidentielle, et c'est légitime, ils sont à un certain nombre, commencent à réfléchir à la façon de converger, parce
que… –
Mais la convergence, elle doit aller jusqu'à Bruno Retailleau ? D'Edouard Philippe à Bruno Retailleau
? –
Le plus large possible, parce que, excusez-moi, mais aujourd'hui, on a la certitude que Mme Le Pen est au deuxième tour, en face, pour l'instant,
c
'est plutôt M. Mélenchon qui va se retrouver en face d'elle. Qui est capable de battre M. Mélenchon pour être face à Mme Le Pen ? –
Qui selon vous
?
– Justement, je ne
vois
pas grand monde aujourd'hui, parce qu'il y
a
une telle division dans le bloc central,
dans
la social-démocratie, dans la droite républicaine, que chacun dit, on verra plus tard, à la fin de l'année, au début de l'année prochaine, pourquoi pas ? Mais, j'allais dire, le plus vite sera le mieux. – Très vite, Stéphane.
– La crise en cours, elle est nature à accélérer le mouvement vers l'Union, en fait, un rassemblement qui irait du centre droit, du centre jusqu'à la droite républicaine ? –
Écoute, ça serait souhaitable que les gens prennent conscience qu'il faut faire quelque chose. Encore une fois,
chacun a le droit… – Vous dites qu'il faut aller
vite ou pas
? –
En tous les cas, vite, on y est presque à la fin de l'année. On va arriver en novembre, il faut que décembre-janvier, on solutionne. Sinon, il y
a
à peu près ce qui va se passer.
– Merci beaucoup. Merci Hervé Marseille d'avoir été notre invité à la Ligue de West France, des couvre-feux dans plusieurs villes après les violences. Merci Stéphane. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous a proposé Bonjour Chez Vous. Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat. à
la suite. – Sous-titrage ST' 501
Hervé Marseille