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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 28 août 2023 25 min

Interdiction de l'abaya à l'école, violences après la mort de Nahel, trafic de drogue...le "8h30 franceinfo" de Sabrina Agresti-Roubache

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

France Info. Bonjour Sabrina Agastiroubache. Bonjour. Vous êtes l'un des nouveaux visages du gouvernement après le remaniement de cet été. Bienvenue sur France Info. Merci. Votre collègue de l'éducation nationale, Gabriel Attal, a annoncé hier soir voulant interdire les abayas et les camis dans les établissements scolaires, ces longues robes traditionnelles venues du Moyen-Orient. Elles sont une atteinte à la laïcité pour vous ?

0:21
Sabrina Agresti Roubache

Alors, la première chose, c'est que c'est l'interprétation qu'on peut en faire. Dans la loi de 2004, que je rappelle, tous les signes ostentatoires, absolument, religieux, sont interdits. Et en fait, ça devient un objet par destination ostentatoire d'une religion. C'est-à-dire, l'abaya en elle-même, on peut philosopher, à n'en plus finir, sur est-ce que c'est ou pas un vêtement religieux. Ce qu'il faut savoir, c'est que quand une jeune fille arrive avec son voile et sa abaya devant l'établissement et qu'elle enlève son voile, par destination, l'abaya devient un signe ostentatoire d'une religion ou d'une appartenance à une religion et la circulaire de l'établissement.

1:02
Présentateur

Mais ça, c'est vous qui le décrétez, parce que si on écoute le Conseil français du culte musulman, il dit les abayas, les camis, ce n'est pas religieux. Alors, sur quel fondement le gouvernement dit qu'on interdit ces tenues-là ?

1:16
Sabrina Agresti Roubache

C'est-à-dire, sur l'interprétation qu'on en fait. C'est-à-dire, quand les élèves arrivent avec une abaya, il y a une volonté de vouloir montrer une appartenance religieuse et c'est justement ce phénomène-là qu'il faut absolument interdire. C'est l'interprétation du gouvernement ? Non, c'est l'interprétation parfaite de la circulaire. Je reviens sur la circulaire. Il y a eu une loi en 2004 qu'on avait appelée la loi dite du voile.

Et, quelques mois après, une circulaire qui expliquait justement, qui faisait vraiment l'exégèse de cette loi en disant, c'est les signes ostentatoires d'une religion ou d'une appartenance à une religion, mais ce n'est pas arrivé, je vais faire court, une croix, une kippa ou un voile. C'est quand on décide que la abaya, par exemple, quand les élèves arrivent avec cette abaya et qu'elles ont, je le répète, un voile devant le lycée et qu'elles enlèvent, ou devant le collège, et qu'elles mettent cette grande robe. Vous pensez que c'est quoi ? C'est évidemment la volonté de vouloir montrer une appartenance religieuse.

Et moi, je pense, de toute façon, je l'avais dit, la abaya à l'école, c'est non, c'est interdit.

2:21
Présentateur

Mais qu'est-ce qui va se passer concrètement à l'entrée des établissements scolaires ?

2:25
Invité

Vous n'avez pas peur qu'on crée plus de problèmes qu'on en résout ?

2:29
Sabrina Agresti Roubache

Pas du tout. Au contraire, je pense que de vouloir nier le problème, c'est le problème. Donc, je pense que Gabriel Attal, le ministre de l'éducation, a eu complètement raison d'être ferme et surtout d'être ferme pour aider aussi les proviseurs. Parce que laisser peser la charge et la responsabilité sur les proviseurs est une mauvaise idée.

2:47
Présentateur

Non mais, pardon, il y a juste quelque chose que je ne comprends pas, c'est concrètement, on va mesurer les robes à l'entrée du établissement.

2:53
Sabrina Agresti Roubache

Justement, ce n'est pas pour ça. Justement, c'est pour éviter de mesurer les robes. La abaya est un... Je répète, c'est d'ailleurs... Non, non, non, mais j'ai bien compris, votre interprétation, c'est juste... Ce n'est pas mon interprétation.

3:05
Invité

C'est l'interprétation du gouvernement, quand même.

3:06
Sabrina Agresti Roubache

Non, non, non, ce n'est pas mon interprétation. Vous savez, j'arrive d'un milieu où, justement, on a eu, bien sûr, affaire à tous ces sujets-là.

3:16
Invité

Vous en avez vu beaucoup à Marseille, vous, des abayens ?

3:18
Sabrina Agresti Roubache

Non, en fait, assez peu. Il me semble que sur le rectorat et sur l'académie d'Aix-Marseille, il y a eu à peu près, sur 100 000 lycéens, à peu près 80 faits signalés. Non, non, Marseille, ce n'est pas quelque chose d'important. Mais je reprends quand même sur le fait de mesurer ou pas les abayas. C'est là où vient la difficulté. Est-ce que vous voyez, vous, des proviseurs à l'entrée mesurés ? On dit que du moment qu'une jeune fille ou un jeune homme, parce qu'il y a aussi le camis pour les jeunes hommes, arrive avec une tenue qui va être pour eux l'occasion de dire et de prononcer une appartenance religieuse, en fait, c'est non.

4:03
Invité

Solution de simplicité ? Mais on va vous dire que finalement, sur ce chemin-là, la solution de simplicité, à la fin, c'est l'uniforme.

4:10
Sabrina Agresti Roubache

La simplicité, non, je ne dis pas que c'est l'uniforme. Alors, moi, je suis plutôt une pro-uniforme, mais plutôt dans les quartiers très défavorisés parce que pourquoi ? Quand on est... Il faut juste aller dans les écoles, en fait. Il faut aller dans les écoles et discuter avec des directeurs. Moi, je suis restée très copine avec ma directrice d'école, de mon école, à Félix Fiat, et elle est plutôt très favorable. Pourquoi ? Parce que pour les parents, ça fait une charge en moins. C'est-à-dire que ça leur permet quand même de ne pas avoir ce souci. Sur le harcèlement scolaire, il y a des résultats. C'est-à-dire qu'on est capable d'endiguer, en partie, le harcèlement scolaire par...

Alors, moi, ce n'est pas l'uniforme, je vous parle de tenue scolaire. C'est-à-dire qu'on se ressemble tous, on met tous le même t-shirt, on met tous le même pantalon. Les parents, ça les soulage. Les enfants, ça les met tous au même niveau. Et à un moment donné, moi, je ne veux pas de faux débat sur oui, on est libre, on n'est pas libre. Moi, je pense que ça facilite la vie aux parents et surtout, ça facilite aussi la vie au directeur d'école sur le fait d'endiguer le phénomène du harcèlement scolaire sur lequel je suis hyper engagée.

5:06
Présentateur

J'avais créé la délégation à la région. Nous devons tirer des leçons de ce qui s'est passé et apporter des réponses solides. C'est ce qu'avait déclaré Emmanuel Macron après les émeutes qui ont suivi la mort du jeune Naël tué par un policier. Deux mois plus tard, on en est où ?

5:17
Sabrina Agresti Roubache

Deux mois plus tard, on en est où ? On en est que le président de la République était venu à Marseille, juste avant les émeutes. Vous savez, fin juin. Et il avait annoncé des choses qui étaient importantes. Et le mercredi, le jour où il finit sa visite, le jeune Naël meurt la veille. Et il annonce quartier 2030. Il annonce plein de mesures. L'extension, par exemple, de 8h-18h. Donc l'accueil au collège des élèves, des collégiens, de 8h à 18h en disant quoi ? Je veux que chaque collégien, dans les QPV, dans les quartiers prioritaires de la ville, ait un adulte et un professeur en face de lui pour faire ses devoirs, pour faire la lecture, pour rattraper tout le travail qu'il a fait.

Donc la réponse, elle est sur l'éducation ? Moi, je pense qu'elle est énormément sur l'éducation, sur la sécurité aussi, parce que la double, je vais en parler avant, la double tutelle de mon ministère est aussi une partie de la réponse. Parce que dans les quartiers défavorisés, dans les quartiers prioritaires de la ville, les gens veulent plus de police. Moi, on ne me demande pas. Vous savez, je suis très bien accueillie de partout et je l'ai toujours été, et je le suis encore plus depuis que je suis secrétaire d'État en charge de la ville. C'est de nous dire, mais protégez-nous. Les gens veulent être protégés. Les gens ne veulent pas qu'on sorte la police des quartiers.

Ils en veulent plus. C'est quoi vos solutions ? Les solutions ?

6:28
Présentateur

Parce que là, vous m'avez parlé de ce qu'avait proposé Emmanuel Macron avant les émeutes, après les émeutes. Mais ça compte.

6:34
Sabrina Agresti Roubache

Il s'est passé des proposés avant, ça veut dire qu'il avait quand même un petit peu, on avait un petit peu anticipé, ça veut dire qu'il avait quand même senti qu'à un moment donné, le besoin était là. Sur l'éducation, l'accueil des enfants à partir de deux ans. Pourquoi ? Parce qu'une fois, on avait fait des visites où les mamans avaient beau, on s'était rendu compte que les mamans avaient beaucoup de mal à laisser les enfants à la crèche et l'école, pour elles, ce n'était pas pareil. Dans les quartiers prioritaires, moi je l'ai vu puisque je viens de là, la crèche c'est compliqué, l'école c'est plus facile. Donc l'accueil des enfants à partir de deux ans par exemple.

Et pour revenir rapidement, si vous permettez, sur la sécurité, il y a quelque chose, il y a un dispositif qui a été lancé qui s'appelle les forces d'action républicaines. Et en gros, c'est on met de la police, on met des magistrats, on met des travailleurs sociaux, on met des citoyens, on met des habitants. Tout ça travaille ensemble sur des heures décalées, dans la journée, et on ne quitte plus le territoire. C'est-à-dire, on reste sur place.

On reste sur place dans ces quartiers prioritaires qui ont tant besoin de parler à un magistrat, de parler à un policier, d'avoir un médiateur, d'avoir un éducateur, d'avoir justement, nous à Marseille, on a des CIQ, ce sont des comités d'intérêt de quartier, c'est-à-dire où les habitants se réunissent entre eux et surtout, moi je crois aussi à l'autonomie. C'est-à-dire, il faut aussi laisser les gens décider par eux-mêmes, pour eux-mêmes.

7:49
Invité

Sabrina Agresti-Roubach, secrétaire d'État chargé de la Ville, invitée de France Info ce matin, on vous retrouve dans une minute juste après le fil Info à 8h40 avec Diane Ferschit. L'autoroute et la voie ferrée entre la France et l'Italie coupées ce matin dans la vallée de la Morienne en Savoie, en cause un impressionnant éboulbon, 700 mètres cubes de roches tombées sur les voies. Selon le ministre des Transports, il faudra plusieurs jours pour un retour à la normale. Pour Gabriel Attal, les Abaillats sont contraires à la laïcité. Le ministre de l'Éducation nationale annonce l'interdiction à l'école de ces longues robes portées par certaines élèves musulmanes.

Les modalités de cette interdiction ne sont pas encore connues. Gabriel Attal donne une conférence de presse à partir de 9h. Après l'accident du minibus d'une colonie de vacances dans le Lot-et-Garonne, le conducteur est mis en examen pour homicide et blessures involontaires. Un adolescent a été tué, quatre autres sont grièvement blessés. L'Ukraine affirme ce matin avoir repris un village sur le front sud alors que Moscou, de son côté, dit avoir à nouveau déjoué des attaques de drones ukrainiens cette nuit aux alentours de la capitale et dans l'ouest de la Russie. Des attaques qui n'ont pas fait de dégâts ni de victimes selon les autorités. France Info

8:57
Présentateur

Le 8.30 France Info Jérôme Chapuis Salia Brachia

9:02
Invité

Sabrina Agresti-Roubach toujours avec nous, secrétaire d'État chargé de la ville. Je voudrais qu'on vienne avec vous sur cette controverse autour d'une décision du préfet du Val-d'Oise qui est au cœur des critiques. Il a ordonné l'expulsion d'une famille qui vit dans un HLM au motif que l'un des enfants a participé aux émeutes il y a deux mois et vous, vous approuvez cette décision. Vous dites condamnation égale expulsion.

9:23
Sabrina Agresti Roubache

Non, parce que ce que vous dites est faux.

9:26
Invité

Corrigez-nous.

9:27
Sabrina Agresti Roubache

Non, non, vous avez fait un truc. Allons-y. Non, il exécute une décision de justice. En fait, ce que vous...

9:32
Invité

Lui, lui-même a fait le raccourci entre les émeutes et l'expulsion.

9:37
Sabrina Agresti Roubache

Moi, je vais vous répondre en tant que ministre de la ville. Vous répondez sur le droit. Déjà, ce ne sont pas les préfets qui expulsent. C'est une décision de justice qui expulse. Pourquoi on peut... Comment est-ce qu'on peut expulser ou pas quelqu'un, notamment de l'HLM ? La première chose, c'est, par exemple, les impayés. Les impayés, dans le code des HLM, on a le... Enfin, on peut... Les bailleurs sociaux, pardon, peuvent saisir la justice et obtenir une décision qui a pris sur l'expulsion. Absolument. Merci beaucoup. Voilà, merci de le rappeler. Donc, on n'expulse pas des gens parce qu'ils ont participé aux émeutes. Vous imaginez, Jérôme, ce que vous êtes en train...

Ce que les gens sont en train de dire... Non, mais c'est ce que le préfet a dit sur les réseaux sociaux.

10:15
Présentateur

Et c'est ce que vous avez validé aussi. Pardonnez-moi... Non, je ne l'ai pas. Non, non. Mais rappelez-vous, vous avez dit, il a participé aux émeutes. Il doit se tenir bien.

10:21
Sabrina Agresti Roubache

C'est pas ça. C'est pas ça que j'ai dit. J'ai dit... Le préfet a raison. Non, j'ai accéléré la... Je parlais de tranquillité publique. Non, mais encore une fois, comment prendre toujours que la moitié de mes interviews... Je vous ai écouté en totalité. Non, mais l'explication totale, c'était... On m'a posé plusieurs questions en même temps. Donc, j'ai essayé de répondre le plus clairement possible. Ce sont des décisions de justice qui expulsent les gens. Ce n'est pas les préfets qui décident de manière arbitraire d'expulser les gens. De deux, moi, je soutiens les préfets. Tout le temps.

Parce qu'à un moment donné, le corps préfectoral, quand on a des soucis en France, c'est quand même ceux sur qui on s'appuie pour pouvoir maintenir la République telle qu'elle est. L'autre chose, c'est que ce que je disais sur le jeune... Enfin, donc la famille qui a été expulsée. On me parlait de responsabilité. C'est-à-dire, on m'a parlé de responsabilité. Et j'ai juste répondu sur la responsabilité. La responsabilité, elle est sur ceux qui commettent, justement, des délits et sur ceux qui ne prennent pas soin de leur famille. Elle n'est pas sur l'État. Il n'a pas été expulsé parce qu'il est émeutier. Il a été expulsé parce qu'il y a eu une décision de justice.

Et comme, pareil, on m'a posé 10 000 questions en même temps, je disais juste que la responsabilité de la famille n'était pas sur l'État mais bien sur les responsables de famille, les chefs de famille. Donc, qu'on vous comprenne bien,

11:30
Invité

vous êtes pour l'application du droit, rien que le droit. Absolument. Rien que le droit.

11:34
Sabrina Agresti Roubache

Quel qu'il soit. Et surtout, j'ai parlé de tranquillité publique parce qu'un bailleur social, sur la tranquillité publique, il peut saisir la justice si quelqu'un pourrit la vie au reste des voisins. Et moi, je serai toujours

11:45
Présentateur

du côté des voisins. Non, mais donc, qu'on soit bien clair, vous n'avez pas approuvé, du coup, la publication du préfet de police qui a mis la photo des cartons de déménagement en disant j'ai pris cette décision car l'un des enfants était un émeutier. Ça, vous ne l'approuvez pas ?

11:59
Sabrina Agresti Roubache

Non, mais moi, déjà, je ne suis pas pour les pires. Alors, je vais vous dire, moi, si vous me permettez, je déteste les réseaux sociaux. Je n'aime pas ça. J'avais même écrit un chapitre dans mon livre. C'est je tweet, donc je suis. Je pense qu'il faut rester absolument sobre. J'appelle à la plus grande sobriété sur ces sujets-là parce que ce ne sont pas des sujets simples. Et juste pour revenir sur l'expulsion, regardez tout ce que ça a donné derrière. C'est-à-dire un espèce de truc où tout le monde a dit tout et n'importe quoi et on en a oublié le droit commun.

12:28
Invité

Je voudrais qu'on revienne sur les émeutes deux mois après. C'était il y a deux mois tout juste. Pendant les émeutes, 90% des personnes interpellées étaient françaises. Alors, pourquoi est-ce qu'on parle de manque d'intégration quand il s'agit de délinquants français ?

12:42
Sabrina Agresti Roubache

Alors, d'intégration, c'est d'intégration à la République, c'est-à-dire à l'adhésion aux valeurs de la République. Et quand on parle d'intégration, enfin, pour moi, selon moi, là, je vous donne, c'est mon sentiment à moi, c'est que ces jeunes, et on l'a vu, ils ne sont pas d'ici, ils ne sont pas d'ailleurs, parce qu'ailleurs, ils ne se sentent pas chez eux et ici, ils ne se sentent pas chez eux. Donc, on a un problème, un énorme problème. Ils sont nés en France, ils sont français. Donc, c'est d'intégration aux valeurs de la République, à tout ce que la République peut représenter de meilleur, de meilleur pour eux.

et je pense que le sujet, ce n'est pas l'immigration, parce que je l'ai entendu comme vous.

13:15
Invité

Emmanuel Macron, il veut réduire drastiquement l'immigration, ce qu'il a dit. Vous, il a contrôlé,

13:21
Sabrina Agresti Roubache

il a contrôlé, comme tous les pays en Europe, il a contrôlé, faire quelque chose de décent, faire quelque chose de... Vous savez, j'ai été de celles qui avaient hurlé, mais pareil, comme on entend que ce qu'on veut bien entendre quand c'est moi qui parle, j'avais parlé de la situation des Chibani. J'avais un ami producteur qui avait fait un magnifique documentaire qui s'appelait les Chibani. Et les Chibani, c'est quoi ? C'est nos anciens qui vivent dans des foyers, à l'époque, qui s'appelait Sonakotra, maintenant, je ne sais plus comment ça s'appelle, mais soit. Et ils vont faire la queue pendant 24 heures pour renouveler leur titre de séjour. Est-ce qu'on pense que c'est digne de faire ça ?

Je l'ai dit, personne n'a repris. J'ai été l'une de celles qui a dit très tôt, mais attendez, on ne peut pas traiter tout le monde de la même manière. Les gens qui ont 80 ans, qui ont construit le pays comme mon père. Mon père a construit tous les métros de Marseille. On doit les traiter comme, voilà, dînement. Là, on parle des jeunes. Non, mais justement, et je reviens sur les jeunes, ça veut dire que maintenant, on a des jeunes qui sont nés en France et qui ne se sentent pas français. Et qui ne se sentent même pas français, qui ne se sentent rien.

C'est-à-dire, ils ne savent pas ce que c'est la nation, ils ne savent pas ce que c'est le pays, ils ne savent pas ce que ce sont les valeurs d'éducation.

14:28
Invité

On leur dit qu'on fait quoi avec eux ?

14:29
Sabrina Agresti Roubache

Alors, on fait quoi ? Déjà, on responsabilise les parents. Parce que moi, j'ai été de celle, pareil, qui a dit très tôt, on est responsable de ce qu'on fabrique. Quand on fait des enfants, on est responsable. Et après, il y a des particularités, des spécificités.

14:39
Présentateur

Ça veut dire quoi ? On responsabilise les parents ?

14:41
Sabrina Agresti Roubache

Responsabiliser les parents, ça veut dire que je ne sais pas comment font les parents qui ont un cadre normal. Là, on parle d'une famille normale, papa, maman, ou de maman, ou de papa. Un cadre normal de famille où son enfant, et on l'a vu au tribunal parce que moi, je me suis intéressée à ce qui s'est passé au tribunal de Marseille où il y avait pas mal de parents ensemble qui sont venus assister au procès de leur enfant. Vous savez ce qu'il disait à l'extérieur ? Il a mérité quand même. Mais comment eux ont-ils fait pour dormir tranquille avec leurs enfants dehors ? Moi, je suis maman d'une enfant de 14 ans. Oui, mais d'accord, on responsabilise comment les parents ?

Alors, on responsabilise... Il y a un truc qui s'appelle... Je ne sais pas... La loi, la justice. Vous savez, hier, on me rappelait, c'était l'article 374 alinéa 1, je crois, quand, vous savez, les mères maris des gens, on est responsable de ses enfants, c'est-à-dire on leur doit assistance, on doit les éduquer, on doit en prendre soin. Donc, responsabiliser les parents, c'est leur rappeler leurs devoirs, leur rappeler leurs devoirs vis-à-vis de leurs enfants, ça, c'est la première chose.

15:40
Invité

Et on les sanctionne ?

15:41
Sabrina Agresti Roubache

Quand ça ne va pas, oui. Moi, je suis quand même... Mais comment ? Les parents qui n'ont pas de difficultés particulières et qui laissent leurs enfants vont faire n'importe quoi, oui, je pense que c'est bien. Mais comment on les sanctionne ?

15:53
Présentateur

La loi, moi, je... Enfin, on applique la loi, tout simplement. Du coup, il n'y a pas de sanctions. Alors, comment on les sanctionne ? Non, il y a des sanctions, il y a des amendes qui sont mises. Il y a eu l'idée, le don de la droite et de l'extrême droite, de supprimer les allocations familiales. Mais pas du tout,

16:04
Sabrina Agresti Roubache

mais ça, pareil, mais enfin, franchement, par pitié, c'est un truc, c'est quand même dingue qu'on continue à parler de ça. Si ça avait été une bonne idée, je pense que tout le monde l'aurait su autour de cette table. C'est une très mauvaise idée. C'est même pas une fausse bonne idée. C'est une... Je ne peux pas dire de mots trop vulgares sur votre plateau, mais comment est-ce qu'on peut penser que couper les allocations familiales va régler un problème ? Non. Par contre, qu'un juge, qu'un magistrat parle aux parents en disant vous êtes responsable de votre...

16:31
Invité

Ça se fait déjà, ça, pardon.

16:32
Sabrina Agresti Roubache

Non, il faut le faire plus. Peut-être que ça ne se fait pas assez parce que la preuve sur les émeutiers. Et quand vous voyez l'âge moyen des jeunes, entre 13 et 17 ans, ça, en 13 et 17 ans, vous êtes un enfant encore.

16:44
Invité

Juste, tout à l'heure, on entendait sur France Info qu'on était à Montpellier toujours deux mois après les émeutes et les habitants disent ça peut repartir à tout moment. C'est votre sentiment ?

16:52
Sabrina Agresti Roubache

Non, moi, ce que je sens... Non, non, je ne sens pas que ça peut repartir. Je ne sais pas, en fait. Mais je ne sens pas ça. J'étais à l'île Saint-Denis juste après l'incendie dramatique qui a coûté la vie à deux adolescents et à une maman. Qu'est-ce que vous disent les habitants ? Les habitants vous parlent de leur vie, de leur quotidien vous disent il faudrait peut-être améliorer ça. Vous savez, ils sont très pragmatiques. Et non, je n'ai pas senti... Je ne sens pas sur le terrain. Moi, je n'ai pas eu de vacances. Je n'ai pas pris un seul jour de congé. J'ai été dehors.

17:22
Invité

Ce n'est pas ce que vous ressentez sur le terrain.

17:24
Sabrina Agresti Roubache

Non, pas du tout. Je ne sens pas ça. Par contre, je sens que quand vous allez voir les gens et que vous leur parlez, ils sont remplis de bon sens. Et je pense que le politique ferait bien de s'inspirer plus du bon sens de la rue.

17:34
Invité

Sabrina Agresti-Roubach, secrétaire d'État chargé de la Ville. Toujours l'invité de France Info. On vous retrouve dans une minute, juste après le fil info d'Yann Verschit. Changement de calendrier pour les épreuves de spécialité du baccalauréat. Dès 2024, elles se tiendront au mois de juin et non plus en mars. Gabriel Attal, le ministre de l'Éducation nationale, qui annonce également l'interdiction de l'Abbaya, cette longue robe portée par certaines élèves musulmanes. Une décision nécessaire, estime sur France Info le directeur de l'Observatoire de l'Éducation à la Fondation Jean Jaurès. Depuis plusieurs mois, les chefs d'établissement réclamaient des consignes claires sur cette tenue.

Pendant les émeutes urbaines, il y a deux mois, 2700 signalements ont été envoyés à la plateforme Faros, plateforme du ministère de l'Intérieur, des vidéos des pillages, des incendies ou encore des dégradations, des signalements qui ont conduit à 32 arrestations. Au Niger, l'ultimatum lancé par les putschistes à Paris a expiré l'ambassadeur de France est toujours sur place et une nouvelle manifestation a réuni il y a près de 20 000 des soutiens des militaires qui ont pris le pouvoir il y a un mois dans le pays. Manifestation près d'une base militaire française de Niamé, la capitale. I have a dream, le célèbre discours de Martin Luther King pour les droits civiques des Afro-américains.

C'était il y a 60 ans les Etats-Unis où les inégalités raciales persistent. Un enfant noir sur trois vit dans la pauvreté. France Info

18:55
Présentateur

Le 830 France Info Jérôme Chapuis Salia Braclia Toujours avec Sabrina Agresti-Roubage secrétaire d'Etat à la ville. Ces derniers jours ont été marqués par des fusillades des règlements de comptes liés au trafic de drogue à Nîmes. Encore ce week-end Marseille, Amiens, Villeurbanne, Grenoble, Toulouse. Les victimes sont de plus en plus jeunes. Pour vous, les consommateurs vous dites sont responsables, ont une responsabilité dans ces trafics. Votre formule elle est simple pas de consommateurs, pas de trafiquants, pas de trafiquants, pas de morts.

19:22
Sabrina Agresti Roubache

Au sens de la rue, parler avec les habitants de ces quartiers-là, j'en viens. Ceux qui viennent acheter et toucher leur shit dans les quartiers sont responsables. Bien sûr que oui. C'est une évidence. Et les habitants le disent. Les habitants, les gens, allez interviewer. Je pense qu'il faut juste parfois... On y va, on va sur le terrain. Oui, je sais. Vous l'entendez. La dernière fois, j'écoutais juste un reportage où une dame disait il faut qu'ils arrêtent de venir acheter leur drogue chez nous. C'est ça le truc. C'est pas rigolo de fumer un joint. Moi, ça ne me fait pas un mot. C'est pas cool. C'est devenu cool de fumer un joint. C'est pas cool.

Parce que quand on achète de la drogue, derrière, il y a des conséquences dramatiques pour ceux qui vivent. Donc on fait quoi ? On augmente la manque

20:00
Présentateur

forfaitaire de 200 euros qui est déjà à 200 euros ?

20:03
Sabrina Agresti Roubache

C'est absolument. Mais surtout, on a augmenté de 22% le budget de la sécurité du ministère de l'Intérieur. J'ai beaucoup travaillé sur la LOCMI, la loi d'orientation et de programmation du ministère de l'Intérieur. On fait des choses comme on a fait à Marseille. Par exemple, dans le Marseille en grand, 300 policiers en plus, 3 compagnies de CRS et une stratégie de la préfète de police qui s'appelle le pilonnage, dit du pilonnage. 70 points de deal complètement stoppés. 70 points de deal complètement stoppés. Bon, on n'a pas tout gagné mais on commence à gagner un peu la bataille. Et quand je dis on ne va plus laisser dormir les trafiquants de drogue, c'est ça la réalité.

C'est qu'on est capable, on a les moyens. Et Gérald Darmanin a beaucoup travaillé. J'étais commissaire aux lois quand cette loi de programmation est passée. augmenter le budget comme il a été fait, c'est inédit. Mais vous voyez

20:48
Présentateur

que les amendes, ça ne marche pas.

20:49
Sabrina Agresti Roubache

Seuls 35% des amendes sont payées. Parce qu'il faut travailler. Alors, parce que, bien sûr, si le sujet n'était que le ministère de l'Intérieur, pareil, encore une fois, ça se saurait. Dans ma première question au gouvernement, j'avais parlé de désarmement massif financier des trafiquants de drogue. Mais ça, c'est quelque chose qui doit se faire à l'échelle internationale, européenne en premier et à l'échelle internationale. Donc, aller taper, là où ça fait très mal, mais ça veut dire une coordination européenne sans faille. Donc, il faut commencer par là et sur le terrain et sur le terrain ne pas lâcher. Je pense que la présence policière rassure les gens de toute manière.

On ne pourra pas les empêcher. Vous savez, des gens qui ont décidé et c'est la Marseillaise qui vous parle, c'est même plus la ministre, ils ont décidé de s'entretuer. On fait tout ce qu'on peut pour essayer de les en empêcher. Malheureusement, on n'y arrive pas toujours. Mais la réalité, c'est que s'il n'y avait pas d'argent et s'il n'y avait pas de quoi se bagarrer à ce point,

21:40
Invité

dépénalisation à l'image de ce que vont faire nos voisins allemands ?

21:43
Sabrina Agresti Roubache

Non. Non, non. Moi, parce que je l'avais, alors je vais vous répondre, Jérôme, j'avais dit que sans désarmement financier massif des réseaux de stupes, le fait de parler de dépénalisation ou de légalisation était un renoncement. Ça aggrave le problème. Absolument.

21:57
Présentateur

Mais c'est une position de principe parce que comment vous allez expliquer, pardon, quand les Allemands vont légaliser le cannabis à but récréatif, comment vous allez expliquer à un frontalier français que c'est légal d'aller chercher du shit à côté ? C'est bien aussi de parler de la frontière et que c'est interdit de pouvoir le consommer en France. On va parler de prévention. On est en Europe.

22:15
Sabrina Agresti Roubache

Oui, d'accord. Mais alors moi, il y a quand même un mot qui a disparu de la sémantique journalistique et aussi politique. La prévention. Moi, j'appartiens à une génération où il y a eu beaucoup de prévention et j'ai l'impression que ça a un peu marché. Donc oui, on va peut-être travailler sur la prévention et justement sur l'éducation, sur le fait de dire à nos jeunes préservez-vous, faites attention à vous. Moi, c'est ce que je leur dis. Quand on te demande t'arrêtez, tu t'arrêtes. Fumer, c'est pas rigolo. Se droguer. Ça marche. En tout cas, moi, j'ai fait du soutien scolaire.

Il y a quelques jeunes que j'ai eus et que je revois et qui ont réussi leur vie et pourtant qui viennent d'un quartier très compliqué comme moi.

22:47
Invité

Sabrina Grestirouba, je suis curieux de savoir comment vous avez vécu la journée d'hier. Vous étiez comme une dizaine de ministres présentes à Tourcoing. On a beaucoup parlé de Gérald Darmanin. C'était le rassemblement organisé par le ministre de l'Intérieur. Il y avait Elisabeth Borne qui était là. Ce n'était pas tout à fait prévu. Vous qui étiez là-bas, vous l'avez ressenti comment ? C'était pour le garder à l'œil ou pour l'empêcher de briller ? Pour prendre le soleil. Pour prendre le soleil de Tourcoing. Il y a un autre soleil de Tourcoing. C'est pas une blague. C'est la Marseillaise qui dit.

23:08
Sabrina Agresti Roubache

J'ai laissé Marseille plus vieux. Je suis arrivée à Tourcoing. Il faisait beau. Donc, ça m'a fait rire toute la journée. Donc, non, non. C'était un grand rassemblement de la majorité présidentielle. Tout le monde était là. Enfin, vraiment, beaucoup, beaucoup de monde, beaucoup de parlementaires, c'était, pour moi, pareil, d'une normalité absolue.

23:30
Invité

Ça paraissait pas évident au départ. C'était pas...

23:32
Sabrina Agresti Roubache

Écoutez, c'était peut-être pour vous. Alors, pour moi, c'était... Enfin, quand je l'ai lu, vous savez, je l'ai appris, moi, comme vous. J'ai ouvert le journal. Voilà, elle est là. C'est notre chef du gouvernement. C'est notre première ministre. Donc, tout le monde était là hier. On a passé un très, très bon moment parce que les tables rondes étaient très intéressantes. Vous misez sur Gérald Darmanin pour 2027 ? Moi, je mise sur la réussite de la France en 2027. Ça passe par lui ? Ça va passer par toutes les forces. Vraiment, là, c'est l'engager. Vous savez, j'ai démarré avec le président de la République. C'est mon seul engagement politique. Et je l'avais dit. J'ai commencé avec lui.

Je suis là pendant avec lui. Je serai là après si on a besoin de moi. Mais ce qui est sûr, c'est que les combats politiques ne se mènent pas en philosophie. Ça se mène sur le terrain. Sur le terrain, il y a beaucoup de combats, notamment contre le Rassemblement National. Il ne faut pas se leurrer. Vous savez, il y a des zones comme Paris qui ne sont pas exposées au Rassemblement National. Nous, à Marseille, on sait ce que c'est. Et nous, dans le Sud, on sait ce que c'est. Moi, j'ai battu une candidate au Rassemblement National qui n'a pas fait campagne. Et voilà. Donc, il y a des combats à mener. J'irai au bout. Moi, je pense que le pays peut y arriver. On peut y arriver.

Après, je ne suis pas catastrophiste. Pardon. Je suis une grande optimiste devant l'éternel. Et voilà. Donc, le meilleur est toujours devant nous.

24:39
Invité

Merci Sabrina Agresti Roubache, secrétaire d'État chargée de la Ville, d'avoir été l'invité de France Info ce matin.