"On est obligé de couper l'eau", le Béarn manque d'eau potable et alerte
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Défensif 90 %
Questions et réponses
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- 0:35OuverteRéponse directe
Est-ce que vous aviez déjà connu par le passé une situation aussi grave ?
- 1:45OuverteRéponse directe
Je crois savoir qu'encore hier soir, vous parliez avec la maire d'une commune voisine pour l'aider à avoir un peu d'eau pour ses habitants, c'est ça ?
- 2:59OuverteRéponse partielle
Ça veut dire aujourd'hui que par endroit, dans cette vallée de Barretous, on n'a plus d'eau, on ne peut plus boire l'eau du robinet, on n'en a plus assez ?
- 3:44RelanceRéponse directe
Ces restrictions d'eau n'ont pas suivi pour vous sortir de là ?
- 5:24OuverteRéponse directe
Solution ? Quelle solution alors, concrètement ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:44Invité politiqueFait
« En 2003, nous avons connu un épisode difficile à vivre, mais de bien moindre ampleur que ce que nous vivons aujourd'hui. »
- 2:14Invité politiqueChiffre
« Et hier soir, pour la première fois, la commune d'Arrette a livré 15 mètres cubes d'eau à la commune d'Aramitz. »
- 4:31Invité politiqueFait
« il y a aussi le comportement des gens, vous l'avez signalé, on était en crise, et ça n'a pas empêché certaines personnes de remplir les piscines, d'autres de laver leur véhicule, d'autres d'arroser leur jardin. »
Temps de parole
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Il
y
a
un sujet beaucoup plus sérieux, la guerre de l'eau a-t-elle déjà débuté ? Cette année, la France connaît son épisode de sécheresse le plus sévère jamais observé. Et ce n'est pas fini. Dans les Pyrénées-Atlantiques, l'accès à l'eau est devenu critique. Cela fait déjà deux mois que le département est placé en alerte. Là où nous nous rendons, on est même au seuil le plus élevé, le seuil de crise en l'occurrence. Bonjour Pierre Casabonne. Bonjour. Et merci d'être avec nous sur Sud Radio ce matin. Vous êtes le maire du village Bernet d'Arrête qui compte 1000 habitants avec d'autres communes voisines. Vous devez aujourd'hui vous entraider pour ne pas manquer d'eau.
Est-ce que vous aviez déjà connu par le passé une situation aussi grave, j'ai envie de dire, M. le maire
?
En 2003, nous avons connu un épisode difficile à vivre, mais de bien moindre ampleur que ce que nous vivons aujourd'hui. En 2003, effectivement, la canicule s'était invitée durant le mois d'août et nos cours d
'eau
étaient très asséchés et les sources ont commencé à souffrir. Mais là, il y a des cours d
'eau
qui ont disparu et beaucoup de sources sont totalement taries, ce qui nous oblige à être très solidaires. On est si communes sur la vallée de Barretous et évidemment,
on
s'approvisionne là où il y a de l'eau en croisant les doigts pour que les dernières sources qui donnent de l'eau continuent à produire dans les semaines qui viennent parce que malheureusement, il n'y a pas de précipitation à l'horizon, donc aucune raison pour que nos sources reprennent un petit peu de débit. Et donc,
grosse inquiétude pour la suite, vous l'avez dit en tout cas,
d
'ici là, solidarité maximale entre ces différentes communes, ces villages de la vallée de Barretous. Je crois savoir qu'encore hier soir, vous parliez avec la maire d'une commune voisine pour éventuellement l'aider à avoir un petit peu d'eau pour ses habitants, c'est ça
? Oui,
c'est ça. Donc hier soir, nous nous sommes retrouvés, tous les élus de la vallée de Barretous, la commune de Férasse, qui a une nappe phréatique qui apparemment est à un bon niveau, alimente par voie de transport de camions la commune de Lannes. Et hier soir, pour la première fois, la commune d'Arrette a livré 15 mètres cubes d'eau à la commune d'Aramitz. Voilà, donc on n
'a
pas d'autre alternative que de jouer la solidarité, tant qu'on peut la jouer, parce que moi-même sur la commune d'Arrette, j'ai quelques difficultés. On a quatre réservoirs, une source qui pour l'instant donne comme il faut, comme d'habitude, je vais dire un peu moins de débit que d'habitude, mais nous permet, tout au long de la journée, de faire des transports d'eau sur d'autres réservoirs, dont les sources sont quasiment à sec. Donc, beaucoup de transports, et à l'heure où le carburant est à son prix le plus haut, évidemment, ça complexifie encore davantage la suite des événements.
Ça rajoute aux difficultés que vous rencontrez déjà, ça veut dire aujourd'hui que par endroit, dans cette vallée de Barretous, on n'a plus d'eau, on ne peut plus boire l'eau du robinet, on n'en a plus assez ?
Alors, il
y a effectivement des moments où on est obligé de couper l'eau, parce que ces transferts mettent à mal le réseau, mais pour l'instant, on arrive encore à faire face, mis à part peut-être une ou deux maisons qui sont des résidents secondaires, où le fait de changer de réservoir, on n
'a
plus la gravité pour pouvoir amener l'eau jusqu'à ces maisons-là, mais sinon, jusqu'à présent, on passe grâce à
cette
solidarité, à ces transports d'eau, on arrive encore à satisfaire la demande de tout le monde, et j'espère que ça va durer.
Je rappelle, vous avez été placé sur votre territoire en crise, c'est le seuil le plus élevé en matière de sécheresse, ça implique des restrictions d'eau quand même assez strictes, ça veut dire que ces restrictions d'eau, elles n'ont pas suivi finalement à vous sortir de là, d'une certaine manière
? Oui,
effectivement, alors je dois dire que jusqu'à présent, on pensait tous que la montagne,
c
'était le château d'eau, les Pyrénées, le château d'eau de la Plaine, et peut-être qu'on n'a pas vraiment anticipé ces moments difficiles de changement climatique. Aujourd'hui,
c
'est clair que la donne a changé, il va falloir qu'on se penche sérieusement sur la ressource, il y
a
peut-être des fuites aussi qui ont mis en mal nos réserves, il y a aussi le comportement des gens, vous l'avez signalé, on était en crise, et ça n'a pas empêché certaines personnes de remplir les piscines, d'autres de laver leur véhicule, d'autres d'arroser leur jardin, parce que, évidemment, quand il fait très très chaud, on a tendance peut-être à abuser un petit peu de l'eau, et on en a convenu hier soir lors de notre réunion, nous sommes un territoire d'élevage, avec des troupeaux qui sont redescendus de l'estive beaucoup plus tôt, on a beaucoup beaucoup de bétail, et ce bétail, évidemment, comme nos cours d'eau sont à sec, ça breuve avec l'eau potable, et en plus, comme on leur donne à manger de l'herbage qui est sec, donc ça augmente encore leurs besoins d'eau, donc on a une très grande difficulté, parce qu'aussi nous sommes dans cette configuration, à savoir, aujourd'hui, des troupeaux qui sont redescendus beaucoup plus tôt, et qui consomment beaucoup beaucoup d'eau.
Solution ? Quelle solution alors, concrètement ? Vous avez
déjà mis en place
des choses pour tenir, parce que là, solidarité, ok, mais c'est vrai, on parle de guerre de l'eau, c'est jusqu'à quand cette solidarité peut tenir, si je ne parle pas que sur votre territoire, mais globalement ?
Globalement, la solidarité, ça va dépendre de la capacité de nos sources qui ont encore du débit de tenir. Alors, on commence à regarder plus loin, sur Oloron, par exemple, on nous a dit que si on voulait, on pouvait venir se servir.
La solidarité qui est aujourd'hui réelle sur la vallée de Barretous, on commence à regarder autour de Barretous, à l'extérieur, si jamais la crise devait s'aggraver, qu'on puisse trouver quelques réponses un peu plus loin, mais ça passera forcément par les transports d'eau, ce qui, évidemment, n'est pas la meilleure des solutions, donc ça nous oblige aussi à réfléchir dans les mois à venir, comment être interconnecté, comment peut-être être plus professionnel dans notre approche par rapport à la gestion de l'eau, parce que c'est le cas de toutes les communes, des petites communes de France. Bien sûr. Les élus jouent un grand rôle de bénévoles. On surveille les sources, il y
a
des services techniques quand il y en a pour rechercher les fuites, mais peut-être qu
'il
va falloir qu'on change de braquet, et qu'on ait peut-être un regard plus professionnel sur nos réseaux, sur l'investissement, sur le suivi de nos ressources, ce qui n'est peut-être pas forcément la priorité jusqu'à présent, parce qu'on se croyait vraiment à l'abri de ce genre de crise.
Merci en tout cas d'avoir été avec nous ce matin sur Sud Radio, Pierre Casabonne,
je
rappelle maire d'Arette, donc un village qui est situé dans les Pyrénées-Atlantiques, dans la vallée de Barretous. C'était important effectivement de vous entendre, forcément ce que vous racontez va faire réagir, et c'est une prise de conscience aussi que vous avez, et qu'on aura peut-être un jour aussi à voir rapidement. Merci beaucoup, monsieur.