Corinne Lepage
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 50 %Défensif 40 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:31OuverteRéponse directe
Que craignent précisément les Suisses de cette centrale française ?
- 1:14OuverteRéponse partielle
Vous réclamez donc la fermeture de cette centrale de Bugé ou autrement un aménagement du site ?
- 1:28OuverteRéponse directe
EDF voudrait transformer ce site en centre de stockage des déchets nucléaires des autres sites français ?
- 1:38RelanceRéponse directe
Ça a commencé absolument. Vous vous y êtes opposé à cette évolution ?
- 1:50OuverteÉludée
Et que vous répond-on quand vous vous mettez comme ça en évidence quelques défaillances qui inquiètent les Suisses ?
- 2:27OuverteRéponse directe
Est-ce que vous y serez ? Et qu'est-ce que vous attendez de cette réunion ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:39Invité politiqueFait
« Les Suisses sont inquiets du vieillissement de cette centrale, des dysfonctionnements en répétition, des fuites de tritium »
- 0:47Invité politiqueFait
« du fait que le réacteur numéro 5 est maintenant à l'arrêt depuis de longs mois, à la suite de la demande de l'autorité de sécurité nucléaire qui a fait son travail »
- 0:56Invité politiqueFait
« Sauf que l'exploitant a laissé fonctionner durant des mois ce réacteur »
- 1:07Invité politiqueFait
« Et les Suisses sont inquiets parce qu'effectivement c'est à 70 kilomètres à vol d'oiseau de Genève, 35 kilomètres de Lyon au passage »
- 2:45Invité politiquePromesse
« Je la félicite de l'avoir dit, mais je suis pour ma part persuadée que ça ne fermera pas en 2016 »
- 2:55Invité politiqueFait
« Parce qu'il faut un certain temps entre le moment où on décide et le moment où on ferme »
- 3:03Invité politiqueFait
« En plus, dans le guépier dans lequel le gouvernement s'est mis vis-à-vis de Fessenheim, EDF peut réclamer une indemnité confortable pour arrêter plus tôt »
- 3:14Invité politiqueFait
« Parce qu'il a l'autorisation de continuer jusqu'en 2022 »
- 4:10Invité politiqueFait
« Non, ce qui m'a étonné, c'est les propos de Mme Royal, parce que juridiquement, c'est M. Chevet qui décide »
- 4:21Invité politiqueFait
« Et je pense qu'il doit être vraiment soutenu, parce qu'il y a des pressions certainement extrêmement sévères qui s'exercent sur lui »
- 4:50Invité politiqueChiffre
« EDF, 37 milliards de dettes déjà aujourd'hui »
- 4:56Invité politiqueChiffre
« Inckley Point, c'est 24 milliards »
- 4:57Invité politiqueChiffre
« La capitalisation boursière d'EDF, 20 milliards »
- 5:00Invité politiqueChiffre
« Il y a entre 50 et 100 milliards pour le grand carénage »
Temps de parole
- Présentateur50 %
- Corinne Lepage46 %
- Locuteur non identifié5 %
≈ 3,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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France Inter, Catherine Boulet, Eric Delvaux, le 5-7.
Votre invité ce matin, Eric Delvaux, c'est l'avocate Corinne Lepage, spécialiste des questions environnementales.
Oui, vous défendez en ce moment les intérêts suisses, car la ville et le canton de Genève viennent de déposer une plainte contre X à propos de la centrale vieillissante de Bugé. C'est une centrale qui est en France, dans l'Ain, à quelques dizaines de kilomètres seulement de Genève. Une centrale française dont la vétusté est régulièrement décriée par les écologistes. Bonjour Corinne Lepage. Bonjour. Une plainte suisse pour mise en danger de la vie d'autrui et pollution des eaux. Que craignent précisément les Suisses de cette centrale française ?
Les Suisses sont inquiets du vieillissement de cette centrale, des dysfonctionnements en répétition, des fuites de tritium, du fait que le réacteur numéro 5 est maintenant à l'arrêt depuis de longs mois, à la suite de la demande de l'autorité de sécurité nucléaire qui a fait son travail. Sauf que l'exploitant a laissé fonctionner durant des mois ce réacteur. Le réacteur numéro 3 est dans une situation juridique un peu hybride. Et les Suisses sont inquiets parce qu'effectivement c'est à 70 kilomètres à vol d'oiseau de Genève, 35 kilomètres de Lyon au passage.
Vous réclamez donc la fermeture de cette centrale de Bugé ou autrement un aménagement du site ?
Ce n'est pas l'objet de la plainte. L'objet de la plainte c'est de voir s'il y a une infraction, de chercher les responsabilités. Ensuite c'est aux autorités d'en tirer les conséquences.
Mais EDF voudrait transformer ce site en centre de stockage des déchets nucléaires des autres sites français ?
C'est déjà autorisé depuis plusieurs mois.
Ça a commencé absolument. Vous vous y êtes opposé à cette évolution ?
Personnellement non. Mes clientes, oui, elles ont été rejetées par le Conseil d'État pour défaut d'intérêt pour agir. Ce qui est évité au Conseil d'État de se prononcer sur le fond de l'affaire.
Et que vous répond-on quand vous vous mettez comme ça en évidence quelques défaillances qui inquiètent les Suisses ? Qui vous répond d'ailleurs ? C'est le ministère français ?
Pour l'instant personne ne m'a répondu. La plainte vient d'être déposée. Donc il faut rappeler que c'est une plainte entre les mains du procureur. Que c'est lui qui décidera d'une instruction ou non. Et ensuite, plainte à la constitution de parti civil si rien n'est fait par le procureur de la République.
Cela dit dans le calendrier. Ce sera dans un mois. Il y aura près de budget une réunion de la commission locale d'information avec l'autorité de sûreté nucléaire. Ségolène Royal, la ministre de l'Environnement et de l'Écologie, invite les représentants suisses à y participer. Est-ce que vous y serez ? Et qu'est-ce que vous attendez de cette réunion ?
Si mes clients sont invités et c'est eux qui décideront, moi je ne suis que leur avocate dans cette affaire-là.
Concernant Fessenheim, maintenant Emmanuel Kos a déclaré que la centrale fermera en 2016. Est-ce que vous êtes rassuré ? Est-ce que vous vous félicitez de cette décision et de cette date surtout, Corinne Lepage ?
Je la félicite de l'avoir dit, mais je suis pour ma part persuadée que ça ne fermera pas en 2016.
Pour quelles raisons ?
Pour toutes les raisons de la terre. Des raisons juridiques, des raisons techniques. Parce qu'il faut un certain temps entre le moment où on décide et le moment où on ferme.
Ce que dit Ségolène Royal, c'est qu'on ne ferme pas une centrale nucléaire en tournant un bouton.
Non, mais elle a raison. Elle a raison. En plus, dans le guépier dans lequel le gouvernement s'est mis vis-à-vis de Fessenheim, EDF peut réclamer une indemnité confortable pour arrêter plus tôt. Parce qu'il a l'autorisation de continuer jusqu'en 2022. Tout ça fait que, à mon sens, ça ne fermera pas en 2016. Mais j'espère me tromper.
Est-ce que vous y voyez un couac gouvernemental ? Quand on a entendu Ségolène Royal dire Fessenheim, fermeture, pas avant 2018. France Hollande avait fait une promesse en disant, ce sera 2016, mais finalement on aurait du mal à tenir les délais. On ne comprend pas grand-chose à ce calendrier.
Non, mais parce qu'il y a une promesse qui a été faite, que le gouvernement est visiblement mal à l'aise. Mais je pense que je suis une des premières dès 2013 à avoir dit que ça ne fermerait pas en 2016. Et je maintiens ce point de vue.
Cet iraillement franco, suisse-allemand à l'égard des centrales françaises, au moment où Ségolène Royal se dit prête à allonger de 10 ans la durée de vie des centrales françaises, sauf Fessenheim d'ailleurs, au passage, comme l'a rappelé le président de l'autorité de sûreté nucléaire, ce n'est pas le ministre qui décide dans ces questions-là. Non, c'est la SN. C'est la SN. Est-ce que ça vous a rassuré les propos de Pierre-Franc Chevet, le patron de la SN ?
Non, ce qui m'a étonné, c'est les propos de Mme Royal, parce que juridiquement, c'est M. Chevet qui décide. Et je suis quelqu'un qui fait confiance à Franck Chevet, je le trouve courageux. Et je pense qu'il doit être vraiment soutenu, parce qu'il y a des pressions certainement extrêmement sévères qui s'exercent sur lui, et que c'est le garant que nous avons en France d'une sûreté nécessaire.
Une question d'actualité sur la démission du directeur financier de EDF. Il claque la porte, il estime impossible de tenir les délais pour la création de deux centrales françaises EPR en Angleterre. Trop cher, dit-il. Et ça pourrait même mettre EDF dans le rouge financier. Quel commentaire, Corinne Lepage, sur cette démission ?
Je pense qu'il a complètement raison. Il faut regarder les choses en face. EDF, 37 milliards de dettes déjà aujourd'hui. Inckley Point, c'est 24 milliards. La capitalisation boursière d'EDF, 20 milliards. Il y a entre 50 et 100 milliards pour le grand carénage. Une trentaine de milliards pour Bure. 2,7 milliards déjà payés pour Areva plus la suite. C'est une équation totalement impossible. Et ce qui arrive à Areva risque d'arriver à EDF si on continue avec des politiques pareilles.
EDF détenu par l'État à 85%, je crois. Merci, Corinne Lepage. Merci à vous. Invité ce matin du 5-7 de France Inter. C'est parti.
Corinne Lepage