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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 8 mars 2016 5 minContradictoireActualité / polémiqueEnvironnement & énergieÉconomie & entreprises

Corinne Lepage

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 50 %Défensif 40 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:31OuverteRéponse directe

    Que craignent précisément les Suisses de cette centrale française ?

  • 1:14OuverteRéponse partielle

    Vous réclamez donc la fermeture de cette centrale de Bugé ou autrement un aménagement du site ?

  • 1:28OuverteRéponse directe

    EDF voudrait transformer ce site en centre de stockage des déchets nucléaires des autres sites français ?

  • 1:38RelanceRéponse directe

    Ça a commencé absolument. Vous vous y êtes opposé à cette évolution ?

  • 1:50OuverteÉludée

    Et que vous répond-on quand vous vous mettez comme ça en évidence quelques défaillances qui inquiètent les Suisses ?

  • 2:27OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous y serez ? Et qu'est-ce que vous attendez de cette réunion ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:39Invité politiqueFait
    « Les Suisses sont inquiets du vieillissement de cette centrale, des dysfonctionnements en répétition, des fuites de tritium »
  • 0:47Invité politiqueFait
    « du fait que le réacteur numéro 5 est maintenant à l'arrêt depuis de longs mois, à la suite de la demande de l'autorité de sécurité nucléaire qui a fait son travail »
  • 0:56Invité politiqueFait
    « Sauf que l'exploitant a laissé fonctionner durant des mois ce réacteur »
  • 1:07Invité politiqueFait
    « Et les Suisses sont inquiets parce qu'effectivement c'est à 70 kilomètres à vol d'oiseau de Genève, 35 kilomètres de Lyon au passage »
  • 2:45Invité politiquePromesse
    « Je la félicite de l'avoir dit, mais je suis pour ma part persuadée que ça ne fermera pas en 2016 »
  • 2:55Invité politiqueFait
    « Parce qu'il faut un certain temps entre le moment où on décide et le moment où on ferme »
  • 3:03Invité politiqueFait
    « En plus, dans le guépier dans lequel le gouvernement s'est mis vis-à-vis de Fessenheim, EDF peut réclamer une indemnité confortable pour arrêter plus tôt »
  • 3:14Invité politiqueFait
    « Parce qu'il a l'autorisation de continuer jusqu'en 2022 »
  • 4:10Invité politiqueFait
    « Non, ce qui m'a étonné, c'est les propos de Mme Royal, parce que juridiquement, c'est M. Chevet qui décide »
  • 4:21Invité politiqueFait
    « Et je pense qu'il doit être vraiment soutenu, parce qu'il y a des pressions certainement extrêmement sévères qui s'exercent sur lui »
  • 4:50Invité politiqueChiffre
    « EDF, 37 milliards de dettes déjà aujourd'hui »
  • 4:56Invité politiqueChiffre
    « Inckley Point, c'est 24 milliards »
  • 4:57Invité politiqueChiffre
    « La capitalisation boursière d'EDF, 20 milliards »
  • 5:00Invité politiqueChiffre
    « Il y a entre 50 et 100 milliards pour le grand carénage »

Temps de parole

  • Présentateur50 %
  • Corinne Lepage46 %
  • Locuteur non identifié5 %

3,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter, Catherine Boulet, Eric Delvaux, le 5-7.

0:05
Locuteur non identifié

Votre invité ce matin, Eric Delvaux, c'est l'avocate Corinne Lepage, spécialiste des questions environnementales.

0:10
Présentateur

Oui, vous défendez en ce moment les intérêts suisses, car la ville et le canton de Genève viennent de déposer une plainte contre X à propos de la centrale vieillissante de Bugé. C'est une centrale qui est en France, dans l'Ain, à quelques dizaines de kilomètres seulement de Genève. Une centrale française dont la vétusté est régulièrement décriée par les écologistes. Bonjour Corinne Lepage. Bonjour. Une plainte suisse pour mise en danger de la vie d'autrui et pollution des eaux. Que craignent précisément les Suisses de cette centrale française ?

0:39
Corinne Lepage

Les Suisses sont inquiets du vieillissement de cette centrale, des dysfonctionnements en répétition, des fuites de tritium, du fait que le réacteur numéro 5 est maintenant à l'arrêt depuis de longs mois, à la suite de la demande de l'autorité de sécurité nucléaire qui a fait son travail. Sauf que l'exploitant a laissé fonctionner durant des mois ce réacteur. Le réacteur numéro 3 est dans une situation juridique un peu hybride. Et les Suisses sont inquiets parce qu'effectivement c'est à 70 kilomètres à vol d'oiseau de Genève, 35 kilomètres de Lyon au passage.

1:14
Présentateur

Vous réclamez donc la fermeture de cette centrale de Bugé ou autrement un aménagement du site ?

1:19
Corinne Lepage

Ce n'est pas l'objet de la plainte. L'objet de la plainte c'est de voir s'il y a une infraction, de chercher les responsabilités. Ensuite c'est aux autorités d'en tirer les conséquences.

1:28
Présentateur

Mais EDF voudrait transformer ce site en centre de stockage des déchets nucléaires des autres sites français ?

1:36
Corinne Lepage

C'est déjà autorisé depuis plusieurs mois.

1:38
Présentateur

Ça a commencé absolument. Vous vous y êtes opposé à cette évolution ?

1:42
Corinne Lepage

Personnellement non. Mes clientes, oui, elles ont été rejetées par le Conseil d'État pour défaut d'intérêt pour agir. Ce qui est évité au Conseil d'État de se prononcer sur le fond de l'affaire.

1:50
Présentateur

Et que vous répond-on quand vous vous mettez comme ça en évidence quelques défaillances qui inquiètent les Suisses ? Qui vous répond d'ailleurs ? C'est le ministère français ?

1:59
Corinne Lepage

Pour l'instant personne ne m'a répondu. La plainte vient d'être déposée. Donc il faut rappeler que c'est une plainte entre les mains du procureur. Que c'est lui qui décidera d'une instruction ou non. Et ensuite, plainte à la constitution de parti civil si rien n'est fait par le procureur de la République.

2:13
Présentateur

Cela dit dans le calendrier. Ce sera dans un mois. Il y aura près de budget une réunion de la commission locale d'information avec l'autorité de sûreté nucléaire. Ségolène Royal, la ministre de l'Environnement et de l'Écologie, invite les représentants suisses à y participer. Est-ce que vous y serez ? Et qu'est-ce que vous attendez de cette réunion ?

2:30
Corinne Lepage

Si mes clients sont invités et c'est eux qui décideront, moi je ne suis que leur avocate dans cette affaire-là.

2:35
Locuteur non identifié

Concernant Fessenheim, maintenant Emmanuel Kos a déclaré que la centrale fermera en 2016. Est-ce que vous êtes rassuré ? Est-ce que vous vous félicitez de cette décision et de cette date surtout, Corinne Lepage ?

2:45
Corinne Lepage

Je la félicite de l'avoir dit, mais je suis pour ma part persuadée que ça ne fermera pas en 2016.

2:51
Présentateur

Pour quelles raisons ?

2:51
Corinne Lepage

Pour toutes les raisons de la terre. Des raisons juridiques, des raisons techniques. Parce qu'il faut un certain temps entre le moment où on décide et le moment où on ferme.

2:58
Présentateur

Ce que dit Ségolène Royal, c'est qu'on ne ferme pas une centrale nucléaire en tournant un bouton.

3:01
Corinne Lepage

Non, mais elle a raison. Elle a raison. En plus, dans le guépier dans lequel le gouvernement s'est mis vis-à-vis de Fessenheim, EDF peut réclamer une indemnité confortable pour arrêter plus tôt. Parce qu'il a l'autorisation de continuer jusqu'en 2022. Tout ça fait que, à mon sens, ça ne fermera pas en 2016. Mais j'espère me tromper.

3:21
Présentateur

Est-ce que vous y voyez un couac gouvernemental ? Quand on a entendu Ségolène Royal dire Fessenheim, fermeture, pas avant 2018. France Hollande avait fait une promesse en disant, ce sera 2016, mais finalement on aurait du mal à tenir les délais. On ne comprend pas grand-chose à ce calendrier.

3:36
Corinne Lepage

Non, mais parce qu'il y a une promesse qui a été faite, que le gouvernement est visiblement mal à l'aise. Mais je pense que je suis une des premières dès 2013 à avoir dit que ça ne fermerait pas en 2016. Et je maintiens ce point de vue.

3:47
Présentateur

Cet iraillement franco, suisse-allemand à l'égard des centrales françaises, au moment où Ségolène Royal se dit prête à allonger de 10 ans la durée de vie des centrales françaises, sauf Fessenheim d'ailleurs, au passage, comme l'a rappelé le président de l'autorité de sûreté nucléaire, ce n'est pas le ministre qui décide dans ces questions-là. Non, c'est la SN. C'est la SN. Est-ce que ça vous a rassuré les propos de Pierre-Franc Chevet, le patron de la SN ?

4:10
Corinne Lepage

Non, ce qui m'a étonné, c'est les propos de Mme Royal, parce que juridiquement, c'est M. Chevet qui décide. Et je suis quelqu'un qui fait confiance à Franck Chevet, je le trouve courageux. Et je pense qu'il doit être vraiment soutenu, parce qu'il y a des pressions certainement extrêmement sévères qui s'exercent sur lui, et que c'est le garant que nous avons en France d'une sûreté nécessaire.

4:33
Présentateur

Une question d'actualité sur la démission du directeur financier de EDF. Il claque la porte, il estime impossible de tenir les délais pour la création de deux centrales françaises EPR en Angleterre. Trop cher, dit-il. Et ça pourrait même mettre EDF dans le rouge financier. Quel commentaire, Corinne Lepage, sur cette démission ?

4:50
Corinne Lepage

Je pense qu'il a complètement raison. Il faut regarder les choses en face. EDF, 37 milliards de dettes déjà aujourd'hui. Inckley Point, c'est 24 milliards. La capitalisation boursière d'EDF, 20 milliards. Il y a entre 50 et 100 milliards pour le grand carénage. Une trentaine de milliards pour Bure. 2,7 milliards déjà payés pour Areva plus la suite. C'est une équation totalement impossible. Et ce qui arrive à Areva risque d'arriver à EDF si on continue avec des politiques pareilles.

5:15
Présentateur

EDF détenu par l'État à 85%, je crois. Merci, Corinne Lepage. Merci à vous. Invité ce matin du 5-7 de France Inter. C'est parti.

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