Aller au contenu
Tous les transcripts
Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 3 novembre 2021 30 minFond programmatiqueSantéTravail & emploiEnvironnement & énergieLogement

Compte rendu du Conseil des ministres du 3 novembre 2021

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 75 %Attaque 10 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 63 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 25:01FerméeRéponse partielle

    L'exécutif était-il au courant du retour de Sophie Pétronin au Mali avant les médias ?

  • 26:00OuverteRéponse directe

    Réaction du gouvernement à la campagne du Conseil de l'Europe sur le hijab ?

  • 28:00RelanceRéponse partielle

    Réduction des visas pour l'Algérie, Maroc et Tunisie : aucune OQTF exécutée en un mois ?

  • 30:01FerméeRéponse directe

    Masque obligatoire dans les écoles primaires dès lundi dans les départements concernés ?

  • 32:00OuverteRéponse partielle

    Conditionner le pass sanitaire à la troisième dose pour les plus de 65 ans ?

  • 35:00OuverteRéponse partielle

    Relations France-Royaume-Uni sur les licences de pêche post-Brexit ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:00Chiffre
    « Le taux d'incidence atteint désormais 60 pour 100 000 habitants et le nombre de cas quotidiens a augmenté d'environ 20 % sur la semaine écoulée. »

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Mesdames, Messieurs, bonjour. Comme chaque semaine, ce Conseil des ministres a d'abord été l'occasion de faire un point sur la situation sanitaire. Nous observons depuis plusieurs semaines, partout en Europe, une dégradation de la situation, avec des hausses particulièrement marquées dans un certain nombre de pays.

Je pense notamment à l'Allemagne, je pense aux Pays-Bas, à la Belgique et à d'autres. En France, la dégradation est plus limitée à ce stade mais la tendance n'est clairement pas bonne et reste à la hausse. Le taux d'incidence atteint désormais 60 pour 100 000 habitants et le nombre de cas quotidiens a augmenté d'environ 20 % sur la semaine écoulée.

La tension hospitalière repart elle aussi légèrement à la hausse, dans ce contexte difficile que chacun connaît à l'hôpital. Chaque semaine, de nouveaux départements repassent au-dessus du seuil de 50 cas pour 100 000 habitants. Il y en a désormais plus d'une soixantaine dans ce cas, c'est-à-dire plus de la moitié des départements qui sont concernés.

Cependant, soyons clairs, nous sommes aujourd'hui sur une montée et non une envolée du nombre de cas. Par rapport à nos voisins que j'évoquais à l'instant, la situation reste, à ce stade, relativement contenue. Nous restons entre 5 et 6 000 cas par jour, avec un taux d'incidence qui excède seulement de peu le seuil d'alerte.

Mais nous savons très bien que cette épidémie peut s'accélérer très rapidement et que la situation reste fragile. Nous devons donc collectivement rester mobilisés. Et, comme chaque semaine, je veux vous le répéter, la seule voie pour contenir durablement cette reprise c'est la vaccination de toutes et de tous.

Si nous tenons aujourd'hui, c'est parce que neuf Français éligibles sur dix ont reçu au moins une dose du vaccin et que les trois quarts de la population française ont un schéma vaccinal complet. C'est notre meilleur bouclier face au virus et maintenir notre immunité à haut niveau est le seul moyen de nous protéger durablement contre une vague hospitalière. J'appelle donc une nouvelle fois toutes les personnes fragiles, et notamment les personnes âgées de plus de 65 ans, à faire leur dose de rappel.

Le rappel, c'est l'immunité renforcée, c'est l'immunité dans la durée. Les plus fragiles seraient les premières victimes d'une reprise épidémique. Avec la dose de rappel, ils détiennent la clé pour l'éviter.

Chaque dose de rappel est un barrage de plus contre le virus et une protection de plus pour l'hiver et, surtout, chaque piqûre de rappel c'est une personne de plus qui est pleinement protégée contre les formes graves de la maladie. Cette semaine est également marquée par des engagements pour la jeunesse et pour notre avenir. Hier, le président de la République a annoncé les contours de l'ambitieux Contrat d'engagement jeune, qui permettra d'offrir un chemin vers le travail à 500 000 jeunes de moins de 26 ans qui sont aujourd'hui loin d'une formation ou d'un emploi.

Dès le début de la crise, nous avions pris l'engagement qu'il n'y aurait pas de génération sacrifiée. Dès l'été 2020, nous avions redoublé d'efforts pour eux avec le plan " Un jeune, une solution " qui a offert des solutions de formation, d'emploi et d'apprentissage à plus de 3 millions de jeunes de notre pays. Et les résultats sont là.

Lors de la dernière crise 2008 - 2010, le chômage des jeunes avait augmenté de 30 %. Aujourd'hui, non seulement il n'a pas augmenté mais il a baissé. Les jeunes sont même les moteurs de la reprise, avec près de 2 millions d'embauches entre mai et septembre 2019 et un taux de chômage revenu non seulement à son niveau d'avant crise Covid mais aussi à son niveau d'avant crise financière de 2008.

Nous pouvons aller encore plus loin. Pour l'emploi comme pour le reste, nous ne serons jamais dans le camp de la résignation. Nous voulions aller chercher tous les jeunes loin de l'emploi et c'est précisément ce que va nous permettre ce Contrat d'engagement jeune, offrir à des jeunes une voie vers l'insertion, leur permettre de trouver leur place dans la société autour d'un pacte de droits et de devoirs.

Nous ne pourrons pas accepter d'avoir d'un côté des centaines de milliers d'emplois vacants et de l'autre côté des centaines de milliers de jeunes sans emploi ni formation. D'ici au 1er mars, tout jeune de moins de 26 ans, sans emploi et sans formation depuis plusieurs mois, pourra souscrire à un Contrat d'engagement jeune. On lui offrira ainsi 15 à 20 heures de formation par semaine, de mise en situation professionnelle.

Ces jeunes toucheront jusqu'à 500 euros en échange du suivi de ces formations, et cela pour une durée maximale de 12 mois. Il ne s'agit pas d'une aide inconditionnelle mais bien d'un engagement à se former et à apprendre et, en cas de manquement, il n'y aura évidemment pas d'accompagnement financier pour les jeunes concernés. Il s'agit d'une innovation majeure pour l'emploi, avec un suivi sur mesure effectué par une seule et même personne du parcours des jeunes.

Nous leur ôtons toutes les barrières à leur réinsertion. Nous leur proposons un chemin vers le travail. Nous leur donnons une opportunité mais surtout une responsabilité.

L'État soutiendra toujours ceux qui veulent s'en sortir, ceux qui se donnent une chance pour s'en sortir. Et, puisque je parle de jeunesse, je dois parler d'un sujet qui la concerne et qui la touche tout particulièrement. L'actualité de cette semaine mais aussi de ce siècle, c'est la lutte internationale contre le réchauffement climatique, avec la COP 26 qui débutait dimanche à Glasgow.

Le constat est extrêmement clair : nous devons redoubler d'efforts. Les attentes de nos concitoyens, et notamment de la jeunesse qui a eu un moment dédié d'échanges avec le président de la République, sont extrêmement fortes parce que nous savons que chaque minute compte quand il s'agit de la planète. L'accord de Paris a constitué un point de bascule historique.

Depuis, beaucoup a été fait et la France, avec l'Europe, ont été en tête de ce combat au niveau international. Cependant le constat est clair, il reste encore du chemin à faire, du chemin à faire pour que le monde s'inscrive dans la trajectoire des Accords de Paris pour limiter à 1,5 °C la hausse de la température mondiale; du chemin à faire pour accompagner les pays en développement dans la transition écologique; du chemin à faire pour que chacun prenne sa part et que chacun agisse. L'heure n'est plus à la prise de conscience, elle est à la prise de nouvelles actions collectives car nous refusons le fatalisme et, à cet égard, la France est à la hauteur de ses responsabilités.

Elle respecte ses engagements et elle joue à ce titre un rôle moteur pour convaincre ceux qui ne le font pas encore dans le monde. Il n'y a pas de fatalité parce que nous pouvons, par des transitions nationales ambitieuses, résolues, réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Sous ce quinquennat, nous avons défini une trajectoire à la hauteur de notre responsabilité et, par des investissements massifs dans l'économie verte, par la décarbonation de notre industrie, par la fermeture de nos centrales à charbon, nous avons montré que des solutions existent.

Il n'y a pas de fatalité parce que nous mettons les moyens pour accompagner les pays en développement dans leur propre transition. Nous soutenons et nous participons à l'objectif d'investir 100 milliards d'euros par an pour la transition de ces pays. La France y prend déjà toute sa part avec plus de 7 milliards d'euros qui ont déjà été engagés à ce stade.

Il n'y a pas de fatalité tant qu'il y a une volonté. Sous ce gouvernement, la France sera toujours au rendez-vous du climat. Nous nous battrons au cours des prochaines semaines pour porter nos engagements collectifs toujours plus haut.

Nous nous battrons pour rendre nos résultats plus transparents, plus tangibles. Nous nous battrons enfin aussi longtemps qu'il le faudra et nous ne baisserons jamais les bras contre le réchauffement climatique. Mesdames, Messieurs, ce Conseil des ministres a également été l'occasion d'adopter plusieurs textes.

D'abord le ministre de l'Économie, des Finances et de la Relance et le ministre délégué chargé des Comptes publics ont présenté un projet de loi et de finances rectificatif pour 2021. Ce budget rectificatif oeuvre à mettre en place les mesures de protection que le gouvernement porte pour les Français. Ce texte, c'est l'emploi, avec 900 millions d'euros investis pour la formation des salariés et des chômeurs.

Ce texte, c'est la relance, avec des investissements dans le cadre de France Relance. Ce texte, c'est la responsabilité, avec une prévision de déficit public pour 2021 à 8,1 % du PIB. C'est en nette baisse par rapport à 2020 et c'est même en baisse par rapport à nos prévisions initiales pour l'année 2021, ce qui montre que la responsabilité est au rendez-vous.

Portée par l'embellie économique, la situation de nos finances publiques s'améliore dès maintenant. Enfin, ce texte c'est la protection face à l'inflation. Grâce aux dispositions de ce projet de loi, les Français qui gagnent moins de 2 000 euros par mois pourront toucher une indemnité de 100 euros pour les aider à faire face à l'inflation.

L'indemnité inflation, c'est une aide directe et une aide utile. Une aide qui permettra à 38 millions de Français de faire face à la montée des prix. Venait ensuite un projet de loi à portée historique très importante.

Vous le savez, la démarche du président de la République est d'avoir toujours le courage du dialogue et le courage de la vérité face à notre histoire. Ainsi, comme promis par le président de la République le 20 septembre dernier, nous avons adopté ce matin un projet de loi qui porte reconnaissance de la nation et réparation des préjudices subis par les harkis et autres personnes rapatriées d'Algérie. Nous avons déjà, au cours de ce quinquennat, revalorisé les allocations des anciens harkis de 600 euros et institué un fonds dédié pour 2 000 enfants à hauteur de près de 8 000 euros en moyenne.

Ce projet de loi traduit notre reconnaissance des services rendus par ceux qui ont servi la France et qui ont été abandonnés. Nous reconnaissons aussi notre responsabilité dans l'accueil indigne qui leur a été réservé et nous prévoyons une réparation financière conséquente. Une commission dédiée à la mémoire et aux demandes de réparation des harkis sera ainsi instituée.

C'est un texte fort. C'est la mise en actes des mots du président de la République. C'est la juste réparation du passé et de notre dette envers les harkis.

Enfin, et c'était notre texte à la portée mémorielle majeure, la ministre de la Culture a présenté ce matin un projet de loi relatif à la restitution de certains biens culturels à leurs ayants droit, victimes de persécutions antisémites durant la Seconde Guerre mondiale. Cette action porte sur 14 tableaux, dessins ou sculptures qui ont été, comme on dit, mal acquis durant cette période. Là encore, nous tenons à être à la hauteur de notre histoire et à réparer dûment et pleinement les torts causés par le passé.

Quand la spoliation est établie, la restitution doit être faite quelle que soit la valeur de l'œuvre. Et il y a notamment une œuvre, dans celles qui seront restituées, d'une valeur majeure. Nous regardons notre passé avec lucidité et c'est ce que ce texte traduit une nouvelle fois.

Enfin, nous avons entendu une communication relative aux résultats des réformes prioritaires dans le domaine du logement. La première priorité liée à notre politique pour l'autonomie des personnes âgées et pour favoriser leur maintien à domicile, comme ils le souhaitent massivement, est d'améliorer l'offre de logement spécifiquement dédiée à nos aînés. Depuis 2017, 190 000 logements ont fait l'objet d'une aide de l'État, pour financer des travaux d'adaptation.

Un effort que nous allons poursuivre et que nous allons amplifier, face à la hauteur du défi démographique qui est devant nous. Notre deuxième priorité, c'est d'offrir un logement aux sans abri dans le cadre du Plan Logement d'abord. Là aussi, depuis 2018, ce sont 190 000 personnes sans abri ou hébergées qui ont eu accès à un logement social et même 300 000 qui ont trouvé un logement pérenne.

Et, derrière ce chiffre, ce sont autant d'insertions favorisées, de drames évités et de destins retrouvés que nous permettons. Enfin notre troisième priorité, vous le savez, porte sur la rénovation thermique des bâtiments. Et, à ce titre, nous disposons d'un outil majeur, Ma Prime Rénov, qui a été mis en place en 2020 et qui est un très grand succès.

Rénover les logements, c'est un succès évidemment pour le pouvoir d'achat des Français concernés. C'est un succès pour l'activité économique et pour les entreprises, notamment les PME et TPE du bâtiment qui travaillent à cette rénovation. C'est un succès aussi pour l'environnement puisque nous réduisons ainsi la consommation d'énergie et nous avons des chiffres extrêmement positifs sur Ma Prime Rénov.

En 2020, il y a eu 200 000 demandes qui ont été formulées par les Français. En 2021, nous serons entre 700 et 800 000 demandes Ma Prime Rénov. Je rappelle que Ma Prime Rénov, c'est jusqu'à 20 000 euros qui sont financés par l'État pour aider à la rénovation thermique de votre logement.

C'est un montant financier qui s'adapte selon évidemment les ressources de votre logement. Tous les ménages peuvent y accéder. Le montant de l'aide s'adapte aux ressources du ménage et aux travaux qui sont prévus pour l'isolation mais c'est entre 700 et 800 000 cette année, 200 000 l'an dernier, soit près d'un million de ménages qui ont demandé une prime.

Déjà 350 000 primes Rénov qui ont été versées et les autres qui sont engagées. Voilà, Mesdames et Messieurs, ce que je pouvais vous dire du Conseil des ministres qui s'est tenu ce matin et je me tiens maintenant à votre disposition pour répondre à vos questions. Bonjour Monsieur le porte-parole, Florian Tardif pour Cnews Canal+.

Est-ce que l'exécutif était au courant du retour de Sophie Pétronin au Mali avant que cette information ne soit relayée par les médias ? Si oui, depuis combien de temps ? Quelle a été la réaction du gouvernement et quelle est votre position dans ce dossier ?

Écoutez, la position est claire. Évidemment que nous déplorons le retour de Sophie Pétronin au Mali. Il y a une forme d'irresponsabilité vis-à-vis de sa sécurité à elle mais aussi vis-à-vis de la sécurité de nos militaires.

Je rappelle que, lorsque nous avons des ressortissants qui sont pris en otage à l'étranger, ce sont nos militaires qui vont les secourir au péril de leur vie. Nous avons des soldats qui ont été tués dans le cadre d'opérations pour aller secourir des otages qui avaient été faits prisonniers dans des pays étrangers. Il faut avoir donc du respect aussi pour nos soldats et c'est la position que je vous communique aujourd'hui.

Concernant un tout autre dossier, quelle est la réaction du gouvernement au sujet de cette campagne du Conseil de l'Europe sur le hijab ? D'abord, le gouvernement n'était pas informé de cette campagne. Ensuite, on peut considérer que cette campagne a été faite en dépit du bon sens, parce qu'il ne faut pas confondre la liberté religieuse avec la promotion de facto d'un signe religieux et donc évidemment que nous ne sommes pas en accord avec cette démarche identitaire qui est à l'opposé de la liberté de conviction que la France défend dans toutes les enceintes européennes et internationales.

Ce que je veux dire ensuite, c'est que la France est le premier et je crois le seul pays à être intervenu auprès du Conseil de l'Europe sur cette campagne et que cette campagne a été retirée, et que donc nous sommes satisfaits que cette campagne ait été retirée conformément à ce que nous avons demandé. Dernièrement, selon nos informations, depuis votre annonce de réduire les visas de ressortissants algériens, marocains et tunisiens pour obtenir des laissez-passer consulaires pour que les OQTF qui sont prononcées sur notre territoire soient exécutées, il n'y a eu aucune OQTF exécutée supplémentaire en un mois. D'abord, je veux rappeler quelle est la situation.

On a adopté en 2018 un texte, une Loi Asile immigration qui permet d'améliorer nos procédures pour être plus efficaces sur nos politiques d'immigration. Être plus efficace, ça veut dire mieux intégrer les personnes qui ont vocation à rester en France, c'est-à-dire ceux qui bénéficient de l'asile, les réfugiés qui sont persécutés dans leur pays et que nous accueillons et, à ce titre, d'augmenter les heures de français dont ils bénéficient, les aider à trouver un logement et un emploi. Et être plus efficace, ça veut aussi dire que celles et ceux qui n'ont pas vocation à rester sur notre sol soient expulsés et effectivement reconduits dans leur pays d'origine.

Cette loi, elle avait permis des avancées. Notamment, entre 2018 et 2019, le nombre d'expulsions qui ont été effectivement réalisées avait augmenté je crois de l'ordre de 20 %. Ensuite il y a eu la crise sanitaire.

Et la crise sanitaire, vous le savez, elle a quand même gelé toutes les politiques migratoires dans le monde. Il y a eu effectivement moins d'expulsions. Il y avait moins de transferts internationaux, moins d'avions, mais il y a eu aussi moins d'arrivées.

On sort de la crise sanitaire, les échanges internationaux ont repris et donc on souhaite que les expulsions puissent reprendre. Pour pouvoir expulser quelqu'un qui n'a pas vocation à rester sur notre sol, nous avons besoin de ce qu'on appelle une OQTF. Cette OQTF, pour être exécutée, a besoin d'un laissez-passer consulaire produit par le pays d'origine de la personne.

Nous avons des difficultés avec certains pays à obtenir ces laissez-passer consulaires depuis la crise sanitaire. Ce sont notamment les pays Algérie, Tunisie et Maroc. Il y a eu des discussions qui ont eu lieu, une escalade diplomatique entre les pays, des discussions qui ont eu lieu entre les gouvernements.

Le Premier ministre s'est rendu sur place. Les différents ministres, et notamment Gérald Darmanin, se sont rendus sur place aussi. Comme ça ne progressait pas, on a annoncé une mesure forte que nous assumons, qui est de réduire les visas accordés aux ressortissants de ces pays dès lors que la situation ne progresserait pas.

Je crois que ça fait à peine un mois qu'on a annoncé cette mesure. Les discussions se poursuivent et je peux vous dire qu'il y aura de nouvelles réunions entre les ministres concernés et leurs homologues dans les jours qui viennent, des échanges y compris avec le Premier ministre. Je ne dirais pas que rien n'a bougé depuis que cette mesure a été annoncée, je pense notamment à la Tunisie avec laquelle les choses ont progressé.

Il y a eu plusieurs dizaines voire plusieurs centaines de laissez-passer consulaires qui ont été produits et donc de reconduites à la frontière qui ont pu effectivement avoir lieu. C'est vrai que les choses restent, à ce stade, toujours difficiles avec l'Algérie et le Maroc mais les discussions se poursuivent, les échanges se poursuivent. Bonjour Monsieur le Ministre, Matthieu Desmoulins pour TF1 et LCI.

Je me permets de revenir sur le propos liminaire que vous avez tenu sur la situation sanitaire. Vous avez évoqué vous-même le nombre croissant de départements qui dépassent ce seuil que vous avez fixé à 50 cas pour 100 000 habitants. On se rappelle que c'était aussi le seuil au-delà duquel le masque devait redevenir obligatoire dans les écoles primaires.

C'est le cas aujourd'hui dans la moitié des départements où il n'est plus obligatoire. Est-ce que vous nous confirmez que, dès la rentrée lundi prochain, il sera obligatoire dans les écoles primaires et est-ce que vous en avez déjà la liste et le nombre ? Vous savez qu'on a une boussole depuis le début de cette crise.

C'est que, dès lors qu'on peut alléger des mesures de contrainte évidemment qui rendent très difficile la vie quotidienne des Français, nous le faisons. Et donc, quand la situation sanitaire s'améliore, que les autorités sanitaires nous donnent un avis favorable, on allège les mesures que nous pouvons alléger. Et il y a notamment eu cet allègement pour le port du masque obligatoire à l'école pour les enfants, les plus jeunes enfants, parce qu'on sait très bien que pour les plus jeunes enfants, en termes de confort élémentaire mais aussi et peut-être surtout en termes d'apprentissage, en termes d'éveil à l'autre, le port du masque est loin d'être anodin.

Et donc effectivement, dès lors que la situation sanitaire s'était améliorée très fortement, nous avions pris des mesures territorialisées. Ça veut dire que, pour les départements où le taux d'incidence se stabilisait en dessous de 50 pour 100 000 habitants, nous avons levé l'obligation du port du masque pour les enfants dans les écoles de ces départements. Évidemment que ce principe vaut dans les deux sens et que, dès lors que la situation se dégrade, évidemment pour des raisons de sécurité sanitaire, et j'ai envie de dire malheureusement, nous devons réactiver un certain nombre de mesures qui avaient été levées quand ça s'était amélioré.

C'est la raison pour laquelle, à partir de la semaine prochaine et de la rentrée scolaire, dans les départements où le taux d'incidence s'est malheureusement restabilisé au-dessus de 50 pour 100 000 habitants, le protocole scolaire va repasser du niveau 1 au niveau 2, c'est-à-dire que le masque va à nouveau être rendu obligatoire pour les enfants des écoles concernées. Ce que je peux vous dire, c'est que cela concerne pour lundi prochain 39 départements où le masque avait été rendu optionnel, en tout cas le masque n'était plus obligatoire pour les enfants, où malheureusement le masque redeviendra obligatoire à compter de la semaine prochaine. Le ministère de l'Éducation nationale communiquera la liste des départements concernés dans les prochaines heures.

Encore une fois, évidemment, dès lors que la situation s'améliore et qu'on peut le faire, on allège les contraintes et, quand la situation se redégrade, et c'est le cas en ce moment, c'est notre responsabilité que de prendre les mesures de protection vis-à-vis de l'épidémie. Je me permets une autre question sanitaire. Vous avez lancé, dans votre propos liminaire toujours, un appel aux plus de 65 ans à venir bénéficier d'une troisième dose.

On voit pourtant que le taux de vaccination de ce rappel vaccinal reste quand même relativement bas. Où en est votre réflexion sur le fait de conditionner le pass sanitaire au fait d'avoir bénéficié de cette troisième dose ? D'abord je veux redire l'importance de cette troisième dose du rappel vaccinal, comme on l'appelle.

Il faut bien mesurer que la France est un des pays qui a une couverture vaccinale la plus élevée et que, grâce au vaccin, nous avons érigé une muraille contre le virus, contre les formes graves du virus, et qu'il faut éviter que cette muraille se fissure. Cette muraille se fissurerait si nous avions les personne fragiles, notamment, vaccinées depuis un certain temps avec un schéma complet, les deux doses, dont l'immunité conférée par le vaccin diminuait. Or les études scientifiques nous le disent : à compter d'environ 6 mois, l'immunité conférée par le vaccin a tendance à diminuer, d'où la nécessité de faire le rappel vaccinal.

Il est donc très important que, notamment les personnes âgées de plus de 65 ans et les personnes qui ont une maladie qui les rend plus fragiles vis à vis des formes graves de l'épidémie, fassent leur rappel vaccinal. On est toujours à un peu plus d'un tiers de la population éligible qui a eu recours au rappel, je crois que c'est globalement 3,1 millions de Français. C'est beaucoup !

D'ailleurs, quand on compare à l'international, puisque nos voisins ont les mêmes difficultés que nous, la même volonté que le rappel soit effectué, ça nous place dans le peloton de tête en termes de rappels qui ont été réalisés dans notre pays. Mais ce n'est pas suffisant, il faut continuer à aller plus loin. La question que vous posez est une question qui m'a été posée régulièrement à l'occasion de ce compte-rendu, à savoir si, pour inciter davantage au rappel vaccinal les personnes qui sont concernées, je rappelle que c'est un public limité, ça ne concerne pas tous les Français aujourd'hui, il faudrait éventuellement intégrer la troisième dose ou le rappel au pass sanitaire.

J'ai eu l'occasion de vous dire que c'était une idée qui faisait son chemin, sur laquelle on travaillait. On a saisi les autorités sanitaires, on attend encore un certain nombre de retours. Aujourd'hui, il n'y a pas de décision prise, mais sans attendre cela, il faut que les personnes concernées fassent leur rappel.

Il y a notamment des personnes âgées concernées qui attendaient que la campagne de vaccination contre la grippe démarre pour faire les deux vaccins en même temps. Je rappelle que les autorités de santé considèrent que nous pouvons faire les deux vaccins, c'est-à-dire le vaccin contre la grippe et le rappel vaccinal du Covid, en même temps. Ce que l'on constate, c'est qu'il y a de plus en plus de personnes qui vont faire le rappel.

Ça progresse, et c'est tant mieux. Mais il faut que ça aille encore plus loin, et je renouvelle mon appel au rappel, notamment pour les personnes âgées de plus de 65 ans. Il est vraiment important, pour elles et pour notre pays, qu'elles aient recours au rappel vaccinal. [INAUDIBLE] [INAUDIBLE] Quelques jours plus tôt, la France a laissé planer la menace de sanctions au sujet d'une douzaine de licences de pêche.

Il y a plus que les licences de pêche en jeu, n'est-ce pas ? Pourquoi les relations avec la Bretagne et le Brexit sont-elles si compliquées ? En vérité, la situation est plutôt simple.

Nous attendons que le Royaume-Uni respecte l'accord du Brexit, cet accord qu'il a signé et dont il a négocié les clauses pendant 4 ans. C'est ce que nous attendons de tous les accords internationaux, leurs clauses doivent être respectées et les licences de pêche font partie de ces clauses. Lorsqu'un accord mondial est conclu, il ne s'agit pas d'un menu dont on choisit l'ordre des plats.

Il s'agit d'un accord mondial et il doit être respecté. Actuellement, les négociations concernant les licences de pêche sont toujours en cours. Demain, mon collègue Clément Beaune doit rencontrer Lord David Frost à Paris, afin de dialoguer à ce sujet et une autre réunion est prévue vendredi avec la Commission Européenne.

Nous verrons ce qu'il ressortira de ces réunions. Comme vous le savez, les mesures de contrôle que nous avions annoncées sont toujours suspendues mais toutes les options sont sur la table et il nous sera peut-être nécessaire d'appliquer ces mesures si nous ne parvenons pas à un accord. Admettez-vous que cette fois, le rapport de force n'a pas fonctionné ?

Je ne souhaite pas faire davantage de commentaires à ce sujet car des réunions importantes vont se tenir à Paris demain, et vendredi avec la Commission Européenne. Je souhaite rappeler une bonne fois pour toutes, qu'il s'agit d'un sujet Européen. Dès lors, les réunions qui se tiendront avec la Commission Européenne sont très importantes et nous devons attendre que ces réunions aient lieu.

Qu'attendez-vous concrètement de ces réunions, qui puisse vous permettre d'annuler les sanctions ? Je viens de vous le dire. Tout ce que nous voulons c'est que le Royaume-Uni respecte l'accord qu'il a signé.

Un accord mondial a été signé. Cet accord comprend diverses mesures, dont les licences de pêche. Nous souhaitons que le Royaume-Uni respecte l'accord qu'il a négocié et signé.

Mais cet accord était vague, n'est ce pas ? S'agit-il uniquement d'une incompréhension technique ? Non, pas du tout, je ne crois pas du tout que l'accord soit si vague.

J'estime que l'accord peut être respecté et c'est pour cela que les réunions qui auront lieu demain et vendredi sont très importantes. Bonjour, Monsieur le ministre, Alexis Cuvillier de BFMTV. Si je peux me permettre de revenir rapidement sur le sort de Sophie Pétronin, plusieurs petites questions.

Vous n'avez pas dit, je pense, si les autorités françaises avaient bien connaissance depuis huit mois de la présence de Sophie Pétronin au Mali. Est-ce qu'on peut avoir une réponse là-dessus ? Avez-vous des éléments sur son état de santé, savez-vous la localiser ?

Et disposez-vous, avec nos partenaires maliens, de moyens de la faire éventuellement rentrer en sécurité en France ? Merci. Je n'ai pas d'autres commentaires ou informations à donner par rapport à ce que j'ai dit tout à l'heure de ce qui est notre position, et qui est un message que je crois assez fort.

Évidemment, le Quai d'Orsay suit cette situation de très près, et je n'ai pas d'autre commentaire à faire. Bonjour, Monsieur le Ministre, Benjamin Mathieu, FranceInfo. Petite question sur le contrat d'engagement.

Est-ce qu'on peut revenir avec vous sur les chiffres qui ont été annoncés ? On parlait d'un million de jeunes concernés l'été dernier, puis de 500 000. Puis Jean Castex a annoncé qu'il concernerait 400 000 personnes cette année.

Dans le détail, on a l'impression que... [INAUDIBLE] On a l'impression que 300 000 jeunes sont déjà concernés par d'autres dispositifs, et que finalement, ça ne concernerait que 200 000 jeunes.

Est-ce que vous pouvez nous préciser combien de jeunes vont vraiment en bénéficier ? D'abord, le Contrat d'engagement jeune est un dispositif nouveau. On peut le comparer avec la Garantie jeunes, avec l'accompagnement intensif des jeunes qui est proposé par Pôle emploi, la garantie jeunes qui est proposée par les missions locales et d'autres dispositifs.

C'est un dispositif nouveau qui va permettre de faire du sur mesure, qui va durer 12 mois, ce qui n'est pas le cas des autres dispositifs que vous évoquez, avec un vrai parcours d'insertion et une vraie logique de droits et devoirs, avec 15 à 20 heures par semaine d'insertion, de formation et de mise en situation professionnelle, en contrepartie d'une allocation financière jusqu'à 500 euros pour les accompagner. Donc, ce ne sont pas les mêmes dispositifs. Ensuite, il y a des jeunes qui sont en difficulté dans notre pays.

Je vous ai rappelé que, grâce aux mesures que nous avons mises en place avec le plan " 1 jeune, 1 solution ", on a accompagné 3 millions de jeunes vers une formation ou vers l'emploi, ce qui nous permet aujourd'hui d'avoir un taux de chômage des jeunes qui est au plus bas depuis 15 ans dans notre pays. Ce que je vous ai dit ensuite, c'est qu'il reste des jeunes qui sont aujourd'hui éloignés de l'emploi et des formations. Certaines études les chiffrent à un million.

Ce qu'on veut, c'est qu'à travers ce nouveau dispositif du Contrat d'engagement jeunes qui va se déployer progressivement d'ici au 1er mars, on soit en mesure, au 1er mars, d'accompagner 500 000 jeunes via ce dispositif. Parce que quand vous me parlez d'objectifs chiffrés, l'objectif, c'est qu'il n'y ait plus de jeunes qui soient sans emploi et sans formation. On a pris des mesures sur ce sujet-là depuis 2017 pour y parvenir, notamment l'obligation de formation entre 16 et 18 ans, le renforcement du plan d'investissement dans les compétences, les prépa apprentissage.

Pendant la crise, on a revalorisé, augmenté les budgets du service civique, de la Garantie jeunes, des parcours d'insertion. Donc l'objectif, c'est qu'on arrive à accompagner tous les jeunes qui en ont besoin vers l'emploi, dans un contexte où il y a en plus une reprise économique très forte et des centaines de milliers d'emplois vacants. C'est donc ce que va permettre ce dispositif : d'ici au 1er mars, on sera en mesure de proposer cet accompagnement à 500 000 jeunes.

Ça va ensuite se déployer. On a pour cela prévu de renforcer aussi les capacités humaines des missions locales, de Pôle emploi, avec des agents supplémentaires qui puissent accueillir et accompagner ces jeunes. Voilà pourquoi cela prend quelques semaines ou mois à se mettre en place progressivement, mais c'est notre objectif.

Est-ce qu'il y a d'autres questions ? Je n'en vois pas, je vous dis donc à la semaine prochaine.