L'invité de Bourdin Direct : Delphine Batho - 05/07
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Jean-Jacques Bourdin. Delphine Bateau, bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous. Présidente de Génération Écologie, ancienne ministre de l'Écologie, députée des Deux-Sèvres, la deuxième circonscription. Je vais vous parler évidemment du Covid, de l'actualité politique, réforme des retraites ou pas réforme des retraites. Je vais vous parler climat, la maison brûle, pour reprendre les mots de Jacques Chirac. Que faire ? Vous êtes présidente de Génération Écologie. L'élection présidentielle aura lieu les 10 et 24 avril 2022. Les écologistes auront sans doute plusieurs candidats et candidates. Alors, présidentielle en avril, est-ce que vous serez candidate à cette élection ?
Oui, je suis candidate à la primaire des écologistes, parce que protéger les Français et les Françaises du réchauffement climatique, des effets, des impacts liés à la destruction de la nature, est désormais une question de sécurité nationale, dont il faut tirer toutes les conséquences et qui implique, à mes yeux, une autre écologie. Et donc, le sens de ma candidature, c'est de vouloir préparer les écologistes à l'exercice des responsabilités pour convaincre les Françaises et les Français d'essayer le bonheur de l'écologie.
Le bonheur de l'écologie. Alors, quelle écologie ? On a tellement opposé l'écologie punitive à une écologie constructive, à la croissance et la défense de l'environnement. Est-ce compatible ? Est-ce qu'il faut de la décroissance pour préserver notre planète ? Je vais développer tout cela, Delphine Bateau, mais il y a plusieurs candidats, déjà, à cette primaire.
Qui aura lieu en septembre.
Oui, qui aura lieu en septembre. Sandrine Rousseau, Jean-Luc Governatori, Éric Piolle, Yannick Jadot, et maintenant vous-même. Vous êtes cinq sur la ligne de départ. Il y en aura peut-être d'autres, je ne sais pas. Je rappelle que les Verts ont obtenu 13,48% aux Européennes de 2019. Je rappelle aussi que vous n'avez pas gagné de région lors des dernières départementales et régionales, ce que vous avez déploré. Pourquoi, d'ailleurs, selon vous ?
Parce qu'en fait, même si l'écologie progresse, cette progression est trop lente. Elle est plus lente que la fonte des glaciers. Elle est plus lente que les incendies, que les cataclysmes, que les catastrophes telles qu'on l'a vu, par exemple, actuellement au Canada, en Sibérie, au Japon et ailleurs. Et souvent et parfois en France, chez nous. Donc, il faut que les écologistes soient en capacité de prendre rapidement les responsabilités. À mes yeux, cela implique une autre écologie qui s'adresse à toutes et à tous, qui assume sa dimension régalienne et républicaine, qui assume la décroissance et qui est aussi indépendante par rapport aux anciens clivages partisans.
C'est le sens de l'autre écologie que je propose, qui est un choix différent de celui qui est proposé par toutes les autres candidates et candidats.
Je vais revenir sur la défense de l'environnement, mais je voudrais parler politique, quelques mots, avec vous Delphine Bateau. Cela veut dire quoi, l'indépendance ? Cela veut dire que les alliances des dernières départementales et régionales n'ont pas été efficaces. Je parle des alliances à gauche. C'est cela ? L'écologie doit être l'écologie et doit partir sain au combat.
Mon point de vue est extrêmement simple. On est sur des enjeux de vie ou de mort. La bataille du climat est en train d'être perdue. Cela veut dire que l'espèce humaine est menacée ? L'espèce humaine est menacée. Et donc, il ne doit pas y avoir de tri à l'entrée de l'écologie. Quand on met un bulletin de vote écologiste, on vote pour l'écologie et que pour l'écologie. On ne vote pas pour le Parti Socialiste, on ne vote pas pour Jean-Luc Mélenchon, on ne vote pas pour Les Républicains, on ne vote pas pour En Marche, on ne vote pas pour le Modem. Et donc, moi, je m'en fous en fait de savoir quel est le parcours des électrices et des électeurs avant.
S'ils sont pour le climat, s'ils sont pour la biodiversité, s'ils sont contre le consumérisme, contre les pesticides, ils ont vocation à voter pour les écologistes et à être les bienvenus. Et donc, il faut être extrêmement clair sur notre stratégie pour créer en fait une dynamique nouvelle dans le paysage politique français qui a besoin d'un choc d'espérance, qui a besoin d'un choc démocratique et ne pas confondre en fait la clarté de ce vote avec la question des coalitions de deuxième tour. Et donc, oui, le sens de ma candidature, c'est de garantir qu'il y aura un bulletin de vote écologiste au premier tour de l'élection présidentielle.
Et je considère que les écologistes sont en situation d'être au deuxième tour s'ils s'en donnent les moyens et s'ils font le travail de crédibilité, de culture de gouvernement que j'évoquais.
J'imagine Delphine Bateau, vous gagnez cette primaire, vous êtes donc candidate à l'élection présidentielle. Pas question de vous retirer au profit de tel ou tel autre candidat de gauche. Il y aura, si vous gagnez, une candidate écologiste à la présidentielle.
Il y aura une candidate écologiste à l'élection présidentielle. Il n'y aura pas de troisième mi-temps, il n'y aura pas de retrait. Et je ne comprends même pas qu'on puisse envisager, on sera en 2022, dans le contexte du monde que j'ai rappelé au début, avec l'accélération dramatique du changement climatique, que les Françaises et les Français ne puissent pas voter pour cette espérance.
Delphine Bateau, Yannick Jadot, qualifié de trop centriste par certains écologistes, qui est favorable à l'économie de marché. Est-ce que vous êtes favorable à l'économie de marché ?
Je suis pour la régulation écologique de l'économie de marché.
Mais vous êtes favorable à l'économie de marché ?
Je ne suis pas pour une économie administrée, je suis pour qu'il y ait des règles nouvelles. Et je vous l'ai dit tout à l'heure, j'assume, je sais que ça va provoquer des tirs de barrage, d'être pour la décroissance, d'être pour un équilibre, la nécessité d'un équilibre entre les nécessités humaines et les nécessités de la préservation du vivant. Le sens de l'écologie politique, elle est née parce que jamais on ne tient compte dans les décisions des nécessités du climat, des nécessités de la biodiversité. Donc, le chemin de l'autre écologie, c'est un chemin d'équilibre entre ces nécessités.
Delphine Bateau, vous n'êtes pas non plus proche d'Éric Piolle, qui lui est assez favorable, par exemple, aux réunions non mixtes, à une forme de genre... Comment... défend... D'une vie en société genrée... Est-ce que vous... Non, non, mais... Est-ce que vous vous sentez très proche de cela ?
Je vais vous dire ma position sur... Que vous dites, je suis républicain universaliste. Sur ces questions, mais avant, pardon, je voudrais dire quelque chose d'important.
Allez-y, allez-y.
Je souhaite gagner cette primaire et je souhaite être en capacité d'emporter l'élection présidentielle. Donc, je porte l'intérêt de l'ensemble des écologistes. J'ai de l'amitié et du respect pour toutes les candidates et les candidats. Ce sont mes amis. Et je veux que nous ayons une primaire du fair play, de la bienveillance. Une primaire exigeante sur le fond du débat, mais qui ne perd jamais à l'esprit, parce que j'ai cette expérience, Jean-Jacques Bourdin, que toute attaque ciblée contre une candidate ou contre un candidat dans une primaire devient ensuite une attaque qui est reprise par nos adversaires dans la campagne électorale.
Autrement dit, ça revient à se tirer une balle dans le pied. Donc, moi, je souhaite une belle primaire, de la qualité du débat, de la bienveillance. Est-ce que vous aurez ? Voilà, donc le sens de ma candidature, ce n'est pas de commenter les autres candidats. Je propose un choix différent de toutes les autres candidatures qui sont proposées.
Bon, mais Delphine Bateau, vous auriez observé une minute de silence en souvenir d'Adama Traoré ? Franchement, je vous pose la question.
Je ne veux pas rentrer dans cette logique.
Vous ne voulez pas rentrer dans cette logique ?
Je ne veux pas rentrer dans cette logique, Jean-Jacques Bourdin, de commenter. Je ne commenterai pas. Ne comptez pas sur moi. C'est important, excusez-moi. Ne comptez pas sur moi dans cette campagne de primaire pour passer mon temps à commenter les propositions ou les décisions des autres candidats et candidats. Je veux parler de ce que je propose.
Alors, de ce que vous portez, puisque nous parlons de sécurité. Quelques mots à propos de sécurité. Est-ce que vous étiez à la récente manifestation de soutien aux policiers devant l'Assemblée nationale ? Vous y étiez, pourquoi ?
Parce que je suis attachée au service public de la police nationale. Parce que je considère que les représentants de la nation, je suis députée, doivent exprimer leur reconnaissance aux femmes et aux hommes qui consacrent leur vie à protéger celle des autres. Et donc, oui, je me suis rendue à cette manifestation dont je n'ai pas approuvé tous les discours. Mais je me suis parfaitement retrouvée, par exemple, dans le discours du leader de la CFDT police qui s'est exprimé et qui a dit des choses extrêmement justes sur le fait que la police ne peut pas être la seule à se préoccuper de la montée de la violence dans la société.
Delphine Bateau, je vais revenir sur la décroissance, votre idée d'une économie qui doit faire attention, finalement, à sa folie consumériste. Mais Delphine Bateau, devant la menace du variant Delta, on va parler de Covid, j'ai vu, vous avez lu comme moi, que 96 médecins renommés exigent l'obligation vaccinale pour les soignants. Vous aussi ?
Moi, d'abord, mon message, c'est de dire à toutes et tous qui nous écoutent, allez vous faire vacciner. On redoute sérieusement une quatrième vague. Je sais bien qu'actuellement, on souffle un peu, il y a un peu de relâchement, mais allez vous faire vacciner et vite pour être immunisés dans les meilleurs délais. La deuxième chose, c'est que pour moi, que les soignantes et les soignants, auxquels d'abord je dis notre reconnaissance, c'est le bon sens qu'ils doivent être vaccinés. Mais je préfère qu'on y arrive par la conviction. Mais je ne suis pas fermée au débat sur l'obligation, si on n'y arrive pas par la conviction. Vous savez, dans les Deux-Sèvres, on a 498 morts du Covid.
On a eu énormément de clusters dans les EHPAD. On a une campagne de vaccination. D'ailleurs, je remercie les bénévoles qui se passent très bien, qui montent en puissance. On a quand même énormément de soignants et de personnels des EHPAD qui sont vaccinés. Mais effectivement, c'est par protection de soi-même et des malades. Il faut être vacciné quand on travaille dans le système de soins.
Alors, certains vont même plus loin. Il faut vacciner toutes celles et ceux qui sont au contact avec du public. Ou même, encore plus loin, rendre la vaccination obligatoire pour tous les Français de plus de 12 ans.
Je propose, jusqu'à présent, le gouvernement a, il me semble, eu sur cette question-là la bonne position. Qui était de redouter qu'en mettant sur la table la question de l'obligation, on provoque des levées de boucliers qui déstabilisent la campagne de vaccination. Donc, ce qu'il faut, c'est vraiment convaincre. Et c'est ce qui se passe sur le terrain. Écoutez, pendant toute une période, on n'avait pas assez de rendez-vous disponibles dans les centres de vaccination. Donc, actuellement, il y a de la place. Allez-y, faites-vous vacciner. Moi, je suis vacciné. Tout le monde est vacciné et se porte très bien.
Oui, mais si ça ne va pas plus vite, il va falloir obliger. Et c'est au pouvoir public de prendre des décisions.
Ce sera au Parlement.
Au Parlement.
De prendre la décision.
Vous allez être consulté demain, je crois.
Les parlementaires vont être consultés. Il reste 15 jours pour que les choses bougent. Si dans 15 jours, elles n'ont pas bougé, pour les soignants, il faudra se poser la question de l'obligation.
Bien. Delphine Bateau, revenons donc à cette idée de la maison brûle. Je le disais, elle brûle vraiment. On voit ce qui se passe, ce qui s'est passé au Canada. Plus de 500 morts avec un village entier, une petite ville même, brûlée, ravagée par un incendie de 49 degrés, enfin bon, etc. Les conséquences économiques et sociales seront terribles d'un réchauffement climatique parce qu'on en parle peu. On parle peu. On parle du dégât sur la nature. Mais peu, peu, les conséquences économiques et sociales seront terribles. Le pire est à venir, dit le GIEC. Le pire est à venir. Vous parliez tout à l'heure, vous disiez que l'espèce humaine en elle-même était menacée. Bien. Alors, comment faire ?
Beaucoup s'expriment. J'ai vu Louis Gallois, par exemple. Vous avez lu ? Non, je n'ai pas lu. Louis Gallois, que vous connaissez bien, nous dit « Notre politique énergétique est étouffée par l'écologie politique sans rationalité. Il défend le nucléaire. Vous défendez le nucléaire ou vous combattez le nucléaire ? »
Je ne défends pas le nucléaire. Le nucléaire n'est pas la question prioritaire. Bon. La question prioritaire, le nucléaire, en fait, pose des problèmes de sûreté. C'est essentiellement un problème de risque et de sûreté, le nucléaire. La priorité, c'est la sortie des énergies fossiles, mais c'est surtout d'en finir avec…
Le nucléaire permet de sortir des énergies fossiles.
Non, le nucléaire, il est là, en même temps qu'aujourd'hui, la principale énergie en France consommée, c'est du pétrole. Il faut quand même le rappeler, parce que le nucléaire, on ne parle que de l'électricité. C'est vrai. Donc, revenons à l'essentiel. L'essentiel, c'est qu'en fait, qu'est-ce qu'avait dit la Convention citoyenne pour le climat ? Elle a dit, le principal obstacle à l'action pour le climat, c'est l'obsession de la croissance.
Et en fait, quand on prend toutes les décisions qui ne sont pas prises aujourd'hui, pour protéger le climat, pour préserver le vivant, à chaque fois, ça nous ramène à cette obsession de la croissance économique, alors même que les Françaises et les Français savent très bien que la croissance ne fait pas le bonheur, qu'elle est souvent synonyme d'explosion des inégalités. Donc, ce qu'on doit faire aujourd'hui, c'est que toutes les décisions sur tous les problèmes soient prises en fonction de la nécessité d'un équilibre entre les nécessités humaines et la nécessité de la préservation du vivant.
Et on peut prendre des exemples très concrets, parce que la décroissance, en fait, les Français la pratiquent déjà. Quand vous allez à un vide-grenier ou dans une brocante où on trouve de tout, de la carte Pokémon au meuble de la grand-mère, c'est la décroissance. Et en général, d'ailleurs, quand les gens vont dans les vide-greniers ou dans les brocantes, ils ressortent avec plus le sourire que dans le caractère harassant des grands magasins. Le Bon Coin, où vous pouvez trouver, par exemple, une poussette d'occasion, parce qu'une poussette, ça ne sert que quelques mois, on n'a pas besoin d'en avoir une neuve, on peut la revendre après. C'est des millions de visiteurs chaque mois.
Le bénévolat... Enfin, la décroissance, les circuits courts, le Made in France...
Mais la décroissance, c'est aussi synonyme d'emploi sacrifié, synonyme d'un niveau de vie qui baisse. Est-ce que les Français accepteraient un niveau de vie qui baisse ?
La décroissance, ce n'est pas la récession. La décroissance, c'est plus d'emplois, plus de bien-être, plus d'éducation, plus de culture. Et on va prendre un exemple... Mais comment plus d'emplois en produisant moins ? Expliquez-moi. On va prendre un exemple, parce que la question qui est posée, c'est celle des limites. Aujourd'hui, je porte une proposition pour interdire le démarchage téléphonique. Les gens n'en peuvent plus du harcèlement moral que représentent les appels téléphoniques incessants pour leur vendre tout ou rien alors qu'ils sont tranquilles chez eux et que chacun dans notre pays doit avoir droit à la tranquillité quand il est à son domicile.
En fait, le gouvernement refuse d'interdire le démarchage téléphonique au nom de la croissance, au nom de l'emploi. Eh bien, moi, je suis désolée. Ces emplois-là, je pense qu'ils seraient beaucoup plus utiles ailleurs qu'à enquiquiner les gens non-stop, parfois même la nuit. Et j'ai, moi, dans les Deux-Sèvres, des personnes âgées, par exemple, qui ne décrochent plus le téléphone, qui ne répondent plus au téléphone. Ça pose même des problèmes de sécurité à cause de ce harcèlement consumériste constant. Les gens débranchent complètement. Décroissance, il faut interdire le démarchage téléphonique.
Bien. Interdiction du démarchage téléphonique, très bien. Mais décroissance, j'en reviens à ma question. Comment compenser les emplois perdus ?
Il y a énormément d'emplois.
Parce que l'indécroissance, ça veut dire moins de production. Vous êtes d'accord avec moi ? Ça veut dire moins d'emplois.
Ça veut dire plus d'innovation. Oui. Ça veut dire moins d'énergie et moins de matières premières. La vélorution, par exemple. C'est-à-dire le fait que massivement, aujourd'hui, dans les grandes villes, les gens décident de passer au vélo pour aller au travail. Donc, ils remplacent, en fait, le fait de pédaler par rapport à l'utilisation d'énergie fossile pour la voiture. On a la possibilité de créer une industrie française du vélo. Vous savez qu'aujourd'hui, si vous commandez un vélo, il y a un temps d'attente incroyable que la plupart des pièces viennent du bout du monde.
Donc, la décroissance, elle va, en fait, avec une logique de relocalisation de l'économie et de choix sur ce qui est vraiment utile. Par exemple, on doit multiplier par deux ou trois le nombre d'emplois dans le secteur agricole et de la transformation agricole par rapport à la situation aujourd'hui où nous n'avons cessé de perdre et de réduire le nombre d'agricultrices et d'agriculteurs.
Si je résume votre candidature à l'élection présidentielle, c'est une écologie, tout pour l'écologie, aucune alliance politique, on est bien d'accord ? Au premier tour. Au premier tour, aucune alliance politique. C'est la décroissance qui permet à la fois la défense de l'environnement, du climat, et en même temps... De vivre mieux. De vivre mieux. Et de créer des emplois, ça, c'est... Oui, non ?
Oui, de créer des emplois. Moi, il y a, dans le tir de barrage qu'il y a contre cette idée de décroissance, il y a quelque chose d'infondé, qu'elle a été assimilée à une logique de fin du travail, mais pas du tout. Au contraire, beaucoup de travail.
Beaucoup de travail. Delphine Bateau, sur les questions républicaines, là, vous êtes intransigeante. La police, la justice, vous êtes intransigeante.
J'inscris la République écologique comme une nouvelle étape de la construction républicaine qui revendique l'héritage de la Révolution française, l'héritage des Lumières, des combats pour la laïcité, l'héritage du Conseil National de la Résistance. Donc, c'est un prolongement, c'est une nouvelle étape vers laquelle nous voulons emmener le pays.
Universalisme ?
Bien sûr. Bien sûr. Pour moi, plus que l'universalisme, je suis 100% laïque. 100% laïque. La laïcité, pour moi, c'est la liberté des libertés. C'est quelque chose de fondamental. C'est le droit, pour toutes et pour tous, de penser par soi-même et d'être entièrement libre, sans aucune forme de pression de ses opinions. Je la relis complètement, la laïcité, à l'émancipation des femmes. Et je trouve que, oui, le combat laïque doit être porté aujourd'hui.
Loin du communautarisme ? Bien sûr.
Mais vous savez, ce qui permet de lutter contre le communautarisme, c'est de donner une perspective au pays aussi. Un sens collectif, en fait, à la nation. Et le statu quo, le conservatisme, qui est la politique du gouvernement actuel, ne donne pas cet horizon. Et je crois qu'on arrive à transcender un pays aussi en lui donnant, en lui ouvrant un nouvel horizon, qui est celui de la société de l'écologie. Je crois aussi qu'en parlant, en fait, dans la montée des peurs ou des replis identitaires que l'on constate aujourd'hui, il y a une part de quelque chose qui est liée à l'éco-anxiété qu'on ressent tous.
Parce qu'en fait, quand on voit les images du Canada, je pense que vous les avez vues, que toutes celles et tous ceux qui nous regardent les ont vues, ça nous plonge dans une angoisse existentielle, en fait, dans une inquiétude profonde. Et qu'il y a même parfois un réflexe qui est de nier ce danger, en fait, de vouloir l'occulter. Et tout ça est porteur d'une logique de basculement, en fait, dans des replis à laquelle l'écologie apporte une issue qui est une issue positive. Et moi, je suis convaincue que si on parle au cœur de chacune et de chacun, on peut emmener l'ensemble des Français sur le chemin de l'écologie et de l'équilibre.
Merci Delphine Batou d'être venue nous voir ce matin. On vous retrouvera à l'occasion des primaires, donc des écologistes primaires. Cette primaire qui aura lieu au mois de septembre. Il est 8h54, RMC et BFM TV.
Delphine Batho