Le programme présidentiel de 2012 de François Asselineau (8/10)
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« 40% des enfants scolarisés ont des difficultés importantes pour lire et écrire à l'issue de l'école primaire. »
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La politique, puisqu'actuellement, il n'a plus de sens, puisque tout est décidé par l'UE et les syndicats financés par la CES font tourner les Français, comme ça, dans quelques villes de France, pour ensuite dire « Écoutez, malheureusement, on ne peut pas faire autrement
». Le
point numéro 16, c'est de permettre à tous les enfants d'avoir accès à la culture la plus développée et promouvoir une élite dont non de naissance, mais de mérite.
C
'était
telle
qu'elle
la
formulation du programme du Conseil national de la résistance.
Alors
moi, je n'hésite pas – pourtant, Dieu sait si j'aime mon pays – à parler ici d'une honte nationale. C'est qu'en France, 40% des enfants scolarisés ont des difficultés importantes pour lire et écrire à l'issue de l'école primaire.
Ces
difficultés conditionnent tout – leur avenir scolaire, évidemment, mais aussi leur bien-être, leur accès à la culture et leur intégration dans la société.
Il
n'est pas tolérable que dans un pays comme la France, en 2012, il y ait 40% des enfants scolarisés qui aient de grosses difficultés pour lire et écrire quand ils sortent de l'école primaire.
Ce
pourcentage est d'autant plus scandaleux que la France, justement, avait été à l'origine de ce que l'on a appelé les hussards noirs de la République, la grande troisième République française à laquelle ma famille doit tant, puisque mes arrières-grands
-parents
étaient des paysans du Loiret. J'ai rappelé dans d'autres cercles que j'ai un de mes ancêtres qui s'appelait François Asselineau, qui était un paysan qui savait quand même, semble-t-il, écrire son nom, qui a signé le cahier de doléances d'un petit village de Saint-Denis-de-l'Hôtel, dans le Loiret, face à la ville de Jargeau, d'ailleurs, qui avait été libérée par Jeanne d'Arc en 1429. Et donc, eh bien, cet ancêtre avait signé ce cahier de doléances le 21 avril 1789. Alors, je vous dis tout ceci parce que, eh
bien,
je suis comme le résultat de beaucoup de familles françaises,
c
'est-à-dire de gens qui ont bénéficié de la Troisième République et, justement, de ce que l'on a appelé ces hussards noirs, c'est-à-dire ces instituteurs. Et regardez, cette photo est assez extraordinaire, où l'on voit sur ce tableau noir le peuple qui a les meilleures écoles est le premier peuple.
«
S'il ne l'est pas aujourd'hui, il le sera demain
». Écrit.
Vous avez vu comment c'est écrit sur ce tableau noir devant ses petits-enfants. C'est une photo qui doit dater à peu près de 1910.
Voilà.
Donc il n'est pas normal que la France, qui avait atteint tel degré d'alphabétisation au milieu du XXe siècle, ou en 1960, 95% des jeunes français en 1960, sortant du système primaire, savait lire et écrire parfaitement. Maintenant, si nous sommes tombés à 40%, c'est qu'il y a un problème.
C
'est d'autant plus scandaleux qu'en ce moment même, des centaines de millions de jeunes Chinois, de jeunes Japonais, de jeunes Taïwanais font l'apprentissage d'une lecture et d'une écriture infiniment plus complexes, je vous prie de me croire, puisque je me suis frotté à ça et je me suis parvenu, après bien des études, enfin quelques années, qui a arrivé à lire et à déchiffrer environ 350 caractères, parce que j'ai fait ça quand j'avais 24 ans et 25 ans. Et que vous savez qu'il faut savoir en lire et en écrire 1850 pour pouvoir lire un journal.
Donc comment se fait-il que des centaines de millions de jeunes enfants à l'autre bout du monde, dans ces pays justement qui sont en pleine ascension économique et industrielle, comment se fait-il qu'eux parviennent à ce que nous, nous avons de moins en moins de facilité à parvenir ? Donc il n'y a pas de fatalité. La montée de l'illettrisme en France est le symptôme d'une société en crise, ayant perdu ses repères. D'où la revalorisation de l'instruction publique, qui sera l'une des grandes priorités du quinquennat,
avec
d'abord le lancement d'un plan d'urgence qui sera le plan « Lecture pour tous ».
Ce
plan national aura pour objectif que tout élève scolarisé en France bénéficie à court terme d'un enseignement efficace de la lecture et que le taux de difficulté de lecture à l'issue de
l
'école primaire tombe de 40% à moins de 10% en l'espace de 5 ans. Et là, il va falloir prendre le mort aux dents. Et en particulier, les professeurs d'école recevront une formation spécifique, incluant les dernières avancées dans l'enseignement de la lecture, car la liberté pédagogique ne peut s'exercer que de manière éclairée.
Et
puis les parents, puisque nous sommes en démocratie, les parents, quant à eux, doivent avoir la liberté de choisir l'enseignement qui leur paraît le mieux adapté à leur enfant.
L
'instruction publique doit également lutter contre ce que j'appelle la misère culturelle, affective et psychique. Il faut rétablir la force de l'idée de l'ascenseur social au mérite. Il faut rétablir la puissance de l'instruction publique, qui est la solution décisive pour affaiblir les menaces qui pèsent sur la cohésion nationale. Le système, il est là. Et c'est là que nous devons porter le feu.
Il
faut donc endiguer le cycle de violence par un programme ambitieux à la hauteur de la France, qui comprendra d'abord la rénovation nécessaire de nombreux établissements, en particulier des lycées et des universités, qui parfois sont dans un état déplorable.
Il
faut placer
la
maîtrise non seulement de l'écriture en primaire, comme je viens de le dire avec ce grand plan d'urgence, mais aussi plus généralement la maîtrise de la langue française et l'enseignement approfondi de l'histoire comme objectif principaux avant le Collège.
Un
peuple à qui on vole son histoire est un peuple auquel on vole sa liberté.
L
'éducation doit redevenir un droit sacré qui doit porter toute notre attention.
Nous
devons également procéder à la revalorisation de la fonction enseignante, avec une amélioration des conditions de travail et de rémunération, avec la titularisation de certains personnels, des qualifications revalorisées, un accès facilité à la formation pour les enseignants et porter un effort particulier, évidemment, dans les zones dites « sensibles », vers lesquelles il ne faut pas envoyer des jeunes enseignants, mais plutôt des enseignants qui ont déjà de la maturité, et avec des programmes qui permettront de faire comprendre que la seule façon de s'en sortir quand on est dans un quartier sensible, eh bien c'est l'école de la République.
Encore faut-il pour cela – et j'y reviendrai à la fin de cette conférence – que l'exemple vienne d'en haut. Encore faut-il pour cela – vous connaissez ce proverbe chinois qui dit que le poisson pourrit par la tête. Encore faut-il que pour que les jeunes dans tous les quartiers, y compris les quartiers sensibles et foie dans l'ascenseur social et dans la République. Encore faut-il que cet ascenseur social, en effet, marche. Et encore faut-il qu'en effet, il y ait à la tête de l'État des gens qui méritent le respect.
Bien
entendu, avec une répression sans faille de toute agression physique ou morale contre les enseignants.
Et
puis il faut une instruction publique qui forme des adultes autonomes et réfléchis, et pas prioritairement des salariés consommateurs.
Le
temps
de
l'enfance et de l'adolescence doit demeurer prioritairement celui de l'apprentissage de la vie
et
de la culture,
un
peu aussi celui de l'idéalisme
et
de la gratuité. Nous sommes tous passés par là. C'est quand même un des grands moments de la vie. Il ne faut pas violer cette période-là. La formation au monde de l'entreprise et à l'univers marchand
n
'a pas sa place jusqu'à la fin de la classe. de troisième.
Et
puis maintenant, vous me permettrez de parler aussi de quelque chose qui me tient à cœur, puisque, comme vous le savez, d'abord, je crois que je suis un homme de cœur et je suis quelqu'un d'honnête et de droit, et j'aime bien clarifier les choses.
Je
voudrais vous parler maintenant d'un des gros problèmes de notre société et qui découle
un
peu de ça, mais de beaucoup d'autres choses. Mais ça, c'est quand même l'allégorie.
C
'est la signature de la clore Bloom Burns le 28 mai 1946 à Washington.
De
quoi s'agissait-il ? Eh bien vous savez que selon cet accord, eh bien les Américains donnaient à la France les fonds marchals pour redresser le pays, quelques centaines de millions de dollars.
Et
en échange, eh bien qu'est-ce que faisaient les autres ? Qu'est-ce qu'a accepté la France
? Elle
a accepté
d
'ouvrir l'ensemble de ses salles de cinéma aux films américains.
Et
alors ceci a été déterminé, vous voyez, par cet accord entre, ici, James Byrne, secrétaire d'État américain du président Truman, qui signe l'accord. Ici, Léon Bloom, le chef de la délégation française, qui n'était pas ministre, c'était chef de la délégation française. Entre les deux, vous avez l'interprète. Le 28 mai 1946, je rappelle que Charles de Gaulle avait démissionné en janvier 1946. Donc ce n'était plus lui qui était le chef du gouvernement provisoire de la République. Enfin d'ailleurs, ensuite, c'était devenu la 4e République. Et puis est-ce que vous avez remarqué sur cette photo
quel
est le dernier larron ?
Jean
Monnet, commissaire au plan, organisateur de toute l'opération. Jean Monnet, si proche décidément des intérêts américains à toutes les périodes fatales de notre histoire.
Eh
bien selon ces accords, c'est quoi ? Eh bien c'est l'ouverture délibérée. Pourquoi les Américains ont-ils demandé contre de l'argent qu'ils nous prêtaient ? Pourquoi, à votre avis, ont-ils demandé que l'on diffuse massivement les films américains ? C'est parce que ça participe d'une réflexion absolument stratégique de tous les think tanks, de tous les stratèges américains, que d'ailleurs Zbigniew Zezinski a précisé dans « Le Grand Échiquier », qui est une stratégie de domination par la séduction.
Et
donc depuis lors, voici ce qu'est devenu la France. C'est-à-dire que la France, comme d'ailleurs beaucoup de pays, sont devenus désormais la cible d'un jet continu et constant de films américains, pour ne pas parler des séries américaines, des films et des chansons américaines. En d'autres termes, nous n'avons pas affaire en ce moment à une ouverture sur le monde. Nous avons affaire à un verrouillage mental conçu expressément à des fins de domination géopolitique. La mondialisation,
ça
n'est pas la mondialisation. C'est un mot truqué, la mondialisation. Le vrai mot, c'est « américanisation ».
Eh
bien comme je suis ambitieux pour le programme que je vous présente et comme je suis ambitieux pour mon pays, qui est notre pays bien-aimé à tous, eh bien moi je dis qu'il y en a assez de cette stratégie délibérée de domination dont Zezinski parlait dans « Le Grand Échiquier ». La domination culturelle des États-Unis a jusqu'à présent été un aspect sous-estimé de sa puissance globale. Quoi que l'on pense de ses qualités esthétiques, la culture de masse américaine exerce sur la jeunesse en particulier une séduction irrésistible. Malgré l'hédonisme superficiel
–
tout est calculé au millimètre, hein –, l'hédonisme superficiel et les styles de vie stéréotypés qu'elle vante, son atrène en demeure pas moins irréfutable. Les programmes américains alimentent les trois quarts du marché mondial de la télévision et du cinéma. Eh bien ça n'est pas tolérable qu'il en soit ainsi. Donc mon ambition pour la France, c'est que de désincarcérer les Français de cette prison mentale.
Et
comment faire pour les désincarcérés de cette prison mentale ? Eh bien nous allons leur opposer quelque chose qui est typiquement français. La France a le goût d'un... C'est typiquement ce que
tous
les peuples du monde le savent. Quand on pense à la France, on pense à l'universel. Eh bien nous, la France doit refuser la mondialisation anglo-saxonne, mais promouvoir l'universalité des peuples et des cultures. Parce que figurez-vous que le monde ne se résume pas aux États-Unis d'Amérique. Il y a des films prodigieux. Ici, vous voyez le festival panafricain de cinéma de Ouagadougou. Il y a tout un cinéma au Sénégal, au Mali, etc., qui mérite d'être connu, d'autant plus qu'il est francophone. Il y a Bollywood,
avec
les productions indiennes qui peuvent faire sourire. Mais là, j'y mis spécialement pour vous un film qui s'appelle Jodha Akbar, que je suis allé acheter sur un DVD pour tout vous dire, pour regarder avec mes enfants, et qui est un film formidable. Évidemment, ça a un côté un petit peu exotique avec des... Ça se passe au temps de l'empereur moghol Akbar. Mais c'est un film qui est prodigieux. D'un seul coup, en l'espace de 3 heures de temps, vous vous sentez propulsé dans une civilisation qui n'a rien à voir. Et c'est un film qui se regarde avec un très grand plaisir. Vous avez « Central d'Obrasio
»,
qui est un des grands films brésiliens récents. Vous avez « La momie » de Shadi Abdessalam. Je l'ai mis parce que c'est un film qui m'avait fait rêver quand j'étais encore lycéen, quand j'étais à Paris, qui est un film des années... Donc du début des années 70 de l'égyptien Shadi Abdessalam. Vous avez « Tokyo Monogatari », qui a été traduit en français par « Le voyage à Tokyo » de Ose, qui est un des grands réalisateurs japonais. Vous avez le film « Qu'est-ce qui se passe l'été prochain ? ». C'est un film russe. Vous avez des films chinois comme « Une famille chinoise
».
En bref, en bref, comment se fait-il qu'on ne voit jamais ces films à la télévision française et que l'on ne voit qu'en permanence que des séries américaines ? Alors je ne suis pas anti-américain.
Mais
je dis qu'il faut que chacun ait sa place. Il faut qu'il y ait de la place pour tout le monde, y compris d'ailleurs pour les films français. Donc la revalorisation de l'instruction publique, pas seulement de l'éducation, c'est l'instruction de tout le peuple français, ça doit être aussi un coup d'arrêt à l'américanisation subliminale délibérée des cerveaux, avec la fixation par la loi de quotas maximaux de films et de chansons par pays d'origine diffusés dans les médias. Après tout,
il
suffit d'ailleurs d'aller sur une radio française
de
la bande FM, a fortiori, après 8 heures du soir, à l'exception de Chante France et peut-être de Radio Nostalgie, il n'y a que des chansons américaines, sur toutes les bandes et la bande FM. Donc ça pose quand même un véritable problème. Et d'ailleurs, ce qui est très intéressant en termes culturels, c'est que vous avez... C'est un vraiment... Quand vous allez en Inde, ça n'est plus le cas. Quand vous arrivez dans le monde arabo-musulman, ça n'est plus le cas. Donc vous voyez qu'il y a vraiment des stratégies de domination.
Alors des quotas maximaux, ma foi, si on disait qu'il ne peut pas y avoir plus de 30% de films américains à la télévision française et 30% de chansons américaines à la radio française, ça serait quand même déjà pas mal, et pas plus de 30% d'ailleurs de quelques pays que ce soit. Mais du coup, ça favoriserait naturellement
l
'expression et la diffusion de films venant d'autres coins de la planète. Que l'on ne vienne pas nous dire que nous sommes des nationalistes ou des je ne sais pas quoi. C'est tout le contraire. Nous sommes en faveur de l'universalité.
L
'enseignement aux Français de leur propre culture doit également être un élément décisif.
Nous
devons maintenir et approfondir l'exception culturelle avec une aide des pouvoirs publics à la création artistique française, aux films et aux chansons françaises. S'il y a encore une industrie du cinéma en France, c'est justement parce que dans le monde du spectacle, on s'est opposé justement à la loi uniquement du marché pour faire prévaloir d'autres intérêts. Il est donc tout à fait essentiel de maintenir cette exception culturelle que je propose d'élargir à bien d'autres secteurs uniques, pas seulement culturelles, parce qu'en matière culturelle, ils ont eu des réseaux d'influence qui leur ont permis de faire passer cette idée.
Puisque l'ADF1 sera renationalisé, une obligation de qualité culturelle sur les grandes chaînes de radio et de télévision publiques, à commencer par la première chaîne. Il faut qu'il y ait quand même un minimum de quotas, un minimum donc de programmation, par exemple, de pièces du théâtre français classique.
Je
ne
veux
pas jouer les vieilles barbes, mais quand même, est-ce qu'il est normal que jamais les Français ne puissent voir à la télévision française une pièce de Molière ou une pièce de Racine de temps en temps ? Je ne dis pas tous les jours, mais de temps en temps, qu'il y
en
ait une par mois, est-ce que ce serait trop demandé
? De
la même façon, est-ce qu'on ne peut pas avoir des opéras ? Est-ce qu'on ne peut pas avoir des films classiques comme je, que je présentais tout à l'heure, ou des films classiques français des années 30, des années 40, des années 50, des années 60 ? Et puis des documentaires historiques, géographiques, des documentaires scientifiques de bonne vulgarisation, par exemple en s'inspirant de documentaires qui sont souvent bien faits de la BBC britannique. Et puis l'ouverture indispensable sur les cultures du monde, je le disais tout à l'heure, obligation devra être faite aux grandes chaînes de radio et de télévision publiques, dont TF1 renationalisée.
On ne touchera pas si les gens veulent absolument écouter Lady Gaga toute la journée, et ça sera leur droit, ou je ne sais pas quoi. Mais sur les grandes chaînes de télévision publiques, eh bien, diffuser des informations, pas seulement des films, mais aussi des informations, représentant des points de vue et des sensibilités d'autres civilisations. Chine, Japon, le cinéma japonais, chinois, indien, russe, égyptien, africain, brésilien, etc. Je vous en ai déjà parlé.
Le
17e point.
Il
y en a 20.
Ah,
écoutez, il faut savoir.
On
m'a dit pendant 4 ans et demi, « Vous êtes un monomaniaque.
Vous
ne voulez qu'une chose, c'est sortir de l'Europe. Il n
'y a
rien de rire.
»
Alors moi, maintenant, je présente mon programme. Ne vous plaignez pas si ce programme comporte un certain nombre d'éléments de réflexion. Le 17e point,
c
'est rétablir... De toute façon, je vous assure qu'être président de la République, ça n'est pas une sinecure, et qu'il faut s'occuper de beaucoup de choses à la fois. Donc le 17e point, c'est rétablir la France dans sa puissance, dans sa grandeur et dans sa mission universelle. Ça n'est pas moi qui l'ai écrit.
Ce
sont les résistants français qui ont écrit ça. Rétablir la France dans sa puissance, dans sa grandeur et dans sa mission universelle. Alors il y a au moins 4 volets. Le premier volet, c'est ce que j'appelle le volet diplomatique. La prétendue construction européenne vise à rayer l'influence mondiale de la France de deux façons. Premièrement, par l'absorption.
L
'absorption, c'est ce qu'on a vu, par exemple, avec le Conseil de sécurité des Nations unies. Vous savez que la France, grâce au fait que Charles de Gaulle a fait que la France faisait partie des puissances victorieuses de l'Allemagne nazie. Charles de Gaulle a obtenu que la France soit membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies avec droit de veto. Eh bien, ce poste-là, c'est ce qui nous a permis, comme vous le savez, de nous opposer de temps en temps à l'impérialisme, notamment à l'impérialisme américain.
De
plus en plus d'européistes, et c'est un exemple significatif, et je pense tout particulièrement
à
EELV, à M. Cohn-Bendit et à Mme Duflo, demandent que la France cède son siège de membre permanent au Conseil de sécurité de
l
'Organisation des Nations unies, soit au profit d'un siège mixte franco-allemand, – ça, c'est la proposition de M. Cohn-Bendit
–
soit au profit de l'UE.
Alors avant
de dire « ouh
», je
voudrais quand même attirer l'attention sur le fait –
j
'y reviendrai dans un instant – qu'il y a une deuxième façon de rayer l'influence de la France au niveau mondial. C'est le démembrement délibéré à l'insu des Français.
L
'exemple le plus significatif,
ce
sont les groupements européens de coopération transfrontalière, qui s'appellent les GECT, dont là aussi, peut-être on ne vous en a sans doute pas beaucoup plus parlé que du système INDECT.
C
'est quoi les GECT ? Eh bien vous voyez, il s'agit de plus en plus de développer des régions qui sont délibérément transnationales, pour favoriser le développement de politiques communes, à cheval ici, par exemple, sur la France, la Belgique, le Luxembourg et l'Allemagne. Ça s'appelle « grosse région ». C'est la grande région. Et puis ici, par exemple, dans le domaine en pays catalan. Donc vous avez par exemple ici un premier projet GECT autorisé en Italie, avec la région Provence-Alpes-Côte d'Azur-Ligurie.
Tout
ceci, évidemment, étant piloté par l'Europe de façon parfaitement préméditées, l'idée étant de faire éclater les schémas nationaux, en fait de détruire les États.
Voici
un autre exemple. Et tout ceci, j'ai le regret de le souligner, tout ceci se fait avec le soutien de l'appareil d'État en France,
qui
donc, et le président de la République, viole l'article 5 de la Constitution, puisqu'il est le garant de l'intégrité du territoire. Alors on va dire « Oh, vous exagérez ! Ce ne sont que des coopérations transfrontalières ». C'est ça, oui. À qui veut-on le faire croire ? Vous voyez ici, par exemple – c'est un exemple – l'Assemblée générale de la mission opérationnelle transfrontière La Motte se tiendra à la mairie de Reims le 16 juin 2011 à l'invitation du Conseil régional Champagne-Ardennes, adhérente à La Motte depuis plusieurs années.
Donc
vous avez d'ailleurs de plus en plus de régions qui viennent, qui organisent des quasi-ambassades à Bruxelles, un bureau de représentation à Bruxelles, tout ça pour contourner les États-nations. Donc vous voyez que la France est attaquée à la fois, comme je le disais, par l'absorption – on veut lui piquer ses attributs pour les donner à l'UE – ou bien on veut la démembrer, c'est-à-dire par le démembrement.
Alors
moi, je pose une question.
À
qui l'absorption et le démembrement de la France profite-t-il
?
Qui servent au fond tous les Français qui se moquent de la grandeur de la France ?
On
n'ose plus en parler. Quand je parle de la grandeur de la France, les gens se disent « Mais qu'est-ce que c'est que ce ringard ? Quelle idée de réa ! » Comme dirait M. Cohn-Bendit ou Mme Duflo, la grandeur de la France. Arrêtons d'en parler.
Mais
ils servent quoi ? Quels sont les intérêts que servent ces gens
?
Eh bien les intérêts, on l'a vu en février 2003, au moment du débat sur la guerre en Irak au Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations Unies. Vous avez eu ici le secrétaire d'État de l'époque, M. Colin Powell, secrétaire d'État américain, qui a osé agiter au Conseil de sécurité une fiole en disant que c'était à l'intérieur le bacille du charbon.
Si
ça avait été vraiment le bacille du charbon qu'il
y
avait à l'intérieur de sa fiole en plastique, il aurait fallu dégager les environs dans un rayon de 2 km et tous les gens de l'ONU seraient morts dans les secondes qui suivent.
Et
il n'y a eu qu'un seul État qui s'est opposé
à
ces mensonges et à ces manipulations. C'était la France, représentée à l'époque par M. De Villepin, ministre des Affaires étrangères, dont vous savez qu'il a fait un discours qui s'est opposé
de
façon tout à fait argumentée contre la position américaine, en disant notamment que les armes de destruction massive prêtées, paraît-il, dont on prêtait l'existence à l'Irak, en fait, n'existaient pas, ou du moins que la preuve n'en avait pas été apportée. Ceci a eu pour effet quoi ? Eh bien il
a
eu pour effet que les Américains n'ont pas obtenu le feu vert du Conseil de sécurité des Nations unies. Et donc ceux qui, comme M. Cohn-Bendit ou comme Mme Duflo, disent qu'il faut céder le siège permanent au Conseil de sécurité, le céder à l'UE. Ils le céderont à qui ? Ils le céderont à la baronne Ashton, vous savez, celle qui est la ministre des Affaires étrangères. Ils le céderont à une Union européenne qui est entièrement dans la main des États-Unis et d'Amérique, puisque la grande majorité des États sont alignés. Donc en réalité, ceux qui se gaussent de la grandeur de la France, ils se moquent de ça. Ceux qui se moquent de la grandeur de la France, ils font le jeu de qui ?
Eh bien il suffit de regarder ce camembert statistique. Au moment de la guerre en Irak, la France était toute seule contre la guerre. Il y avait deux États d'Europe, qui étaient la Belgique et l'Allemagne, qui s'étaient déclarés neutres. Et puis il y avait tous les autres États de l'Europe, c'est-à-dire les 12 autres, plus ceux qui étaient en voie d'adhésion, qui sont entrés quelques mois après, qui avaient déjà la voie au chapitre, notamment les pays de l'Est. Ils étaient tous pour.
Et
donc en vertu notamment du traité de Maastricht et du deuxième pilier concernant la politique étrangère, eh bien nous aurions dû participer à la guerre en Irak. Et en attendant, si nous n'avions pas eu notre siège permanent, eh bien l'Europe aurait voté en faveur des Américains.
Ce
qu'il faut donc bien comprendre, c'est qu'en 2003, la France a empêché les États-Unis d'Amérique d'avoir le feu vers de l'ONU pour mener une guerre néocoloniale en Irak.
Ce
qu'il faut donc bien comprendre, c'est que cette opposition française, certes, n'a pas suffi à empêcher les Américains d'intervenir militairement, puisqu'ils l'ont fait.
Mais
ils l'ont fait de façon illégale. C'est une guerre illégale qui a eu lieu en Irak depuis maintenant 8 ans. C'est une guerre illégale au regard du droit international. La France, elle a sauvé le droit international et elle a préservé un peu
de
la confiance en l'ONU que 80% des pays du monde ont encore et ont de moins en moins, à vrai dire.
Si
la France n'avait pas eu son siège de membre permanent au Conseil de sécurité en février 2003, si ce siège avait été donné à l'Union européenne, les États-Unis d'Amérique auraient obtenu le feu vert du Conseil de sécurité pour aller faire la guerre en Irak au motif prétendu qu'il y avait des armes de destruction massive, ce que les Américains eux-mêmes ont reconnu avoir été faux deux ans après.
Ils
auraient donc totalement décrédibilisé l'Organisation des Nations Unies.
Donc
ceux qui se moquent de la grandeur de la France, comme M. Cohn-Bendit et Mme Duflo, ils ne se moquent jamais du nationalisme guerrier des États-Unis. Ceux qui fustigent le défilé militaire sur les Champs-Élysées, comme Mme Eva Joly, elle approuvait qu
'au
même moment, 3 000 km au sud, les mêmes avions qu'elle ne voulait pas voir au-dessus des Champs-Élysées, était en train de bombarder les femmes et les enfants en Libye. Elle l'approuvait.
Donc
je n'hésite pas à dire que ceux qui sont dans ce camp-là sont des traîtres, en fait, à la République française. Ceux qui se moquent de la mission universelle de la France dont parlait le Conseil national de la résistance ne crachent pas seulement au visage des milliers de Français résistants qui sont morts pour ces idéaux, parce que c'est ça qu'ils font
quand
ils se moquent de la grandeur de la France et de la mission universelle. Ils se moquent de ce qu'ont écrit nos aïeux qui se sont battus avec leurs points et pratiquement sans moyens contre la Gestapo et les nazis. C'est de ça qu'ils se moquent. Mais pas seulement.
En
réalité, de façon consciente ou inconsciente, ils agissent en fait pour donner tout pouvoir à l'empire euro-atlantiste dirigé depuis Washington pour dominer l'univers. Voilà ce qu'ils font. Et moi, je dis à M. Cohn-Bendit et à Mme Duflo, vous qui voulez donner le siège de la France au Conseil de sécurité qui voulait le donner à l'Union européenne, qui est entièrement dans la main des États-Unis, vous vous faites les complices de ça, de ces enfants qui, en ce moment, sont couverts de sang des armées de l'OTAN en Irak ou en Libye.
Alors
rétablir la mission universelle de la France,
c
'est être... Oh, ce n'est pas être cocardier, patriote ou colonialiste. Ça, c'est fini.
Ce
sont des choses qui sont passées.
On
a eu ça dans notre histoire. C'est vrai. Il faut assumer toute l'histoire. Mais ce n'est pas que ça, la France. J'explique longuement dans ma conférence sur l'histoire. Le rôle historique de la France, c'est d'être le porte-parole de l'émancipation des peuples et de la liberté du monde. C'est à chaque fois que la France a été comme celle-ci, qu'elle a été grande dans l'univers. Donc, eh bien nous allons d'abord inscrire dans la Constitution le principe de l'incessibilité du siège permanent de la France au Conseil de sécurité des Nations Unies. Remarquez bien d'ailleurs que ceci est déjà écrit dans notre charte du 25 mars 2007, comme quoi j'ai de la suite dans les idées. Pourquoi ?
Eh bien parce que ce siège est la garantie que le monde occidental ne se résume pas à l'impérialisme anglo-saxon. Deuxièmement, nous allons redonner vigueur à l'organisation des Nations Unies et à la primauté du droit international.
De
ce point de vue-là, je ne suis pas... Ça m'arrive. C'est déjà arrivé plusieurs fois. Je l'ai souligné. Je ne suis pas d'accord avec ce que disait Charles de Gaulle dans les années 60, où il traitait l'ONU de machin, parce que l'ONU, avec tous ses inconvénients, c'est vrai, participe quand même d'un principe fantastique en matière d'émancipation et en matière de civilisation, c'est de traiter sur un plan d'égalité comme membre des Nations Unies, eh bien par exemple, le royaume de Tonga
ou
bien les Samoas
avec
la Chine populaire ou les États-Unis d'Amérique. Et ça, c'est un principe que je crois très important. Nous devons redonner vigueur à cette organisation des Nations Unies parce qu'elle est la détentrice. C'est elle qui fixe également la primauté du droit international positif. Je rappelle d'ailleurs que l'ensemble de l'action de l'Union populaire républicaine se place précisément dans le cadre du pacte des Nations Unies du 16 décembre 1966 sur les droits civils et politiques des peuples du monde, qui reconnaît dans son article 2 que le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes est un droit inaliénable.
C'est d'ailleurs la raison pour laquelle il a fallu introduire dans les traités européens ce droit de sécession qui a été introduit en traînant des pieds par les européistes. Mais ils ont bien été obligés de le faire avec l'article 50 dont nous nous prévalons.
Il
faut également dénoncer les dérives du prétendu droit d'ingérence humanitaire.
Et
nous devons nous faire les défenseurs de la stricte égalité de traitement entre les nations et refuser le double standard. La dénonciation des violations des droits de l'homme, c'est bien. Mais la dénonciation des violations des droits de l'homme dans un pays et pas dans un autre qui les persécute bien davantage, ça n'est pas bien.
La
dénonciation de la détention d'armes de destruction massive, d'accord. Mais quand c'est le pays au monde qui détient le plus d'armes de destruction massive, qui le reproche à celui qui n'en a aucune, eh bien c'est mal. La dénonciation de projets de programmes nucléaires, d'accord. Mais quand ce sont des pays qui eux-mêmes ont l'arme nucléaire, en vertu de quoi ont-ils le droit de se poser en donneur de leçons ? Tout cela ne peut pas se faire
sur
la base d'un deux poids deux mesures.
Parce
que l'opinion de l'humanité ne se résume pas à ce que l'on entend sur TF1 et parce que la communauté internationale ne se résume pas à ce qui se passe entre Washington, Bruxelles, Rome, Berlin, Paris et Londres. Ce n'est pas vrai. Il n
'y
a que lorsque Dominique de Villepin avait fait son discours inspiré à l'Organisation des Nations Unies en 2003. Malheureusement, ça s'est arrêté là. Mais lorsqu'il avait fait ce discours, eh bien force est de constater, comme je le rappelle souvent, que dans les semaines qui se vivirent, dans les jours qui se vivirent, il y avait des files d'attente qui se sont créées dans les alliances françaises à Buenos Aires,
à
Caracas, Mexico, New Delhi, Moscou, Tokyo, Pékin, Sydney, le Caire, etc., de gens qui voulaient apprendre le français. Parce que d'un seul coup, ils retrouvaient la France qu'ils aimaient.
Le
volet diplomatique, je viens d'en parler, le volet militaire maintenant.
François Asselineau