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InterviewFrance Inter — L'invité du week-end (sur Site radio)· 18 septembre 2026 22 minContradictoireActualité / polémiqueBudget & impôtsÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergieTravail & emploi

"Ce n'est pas un budget d'austérité" mais un "budget difficile dans une situation difficile", affirme Maud Bregeon

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 35 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 50 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:01OuverteRéponse directe

    Comment qualifiez-vous cette situation ?

  • 2:37RelanceRéponse partielle

    Est-ce que cela signifie qu'Emmanuel Macron est ouvert à baisser les taxes sur le carburant ?

  • 3:22OuverteRéponse partielle

    Est-ce que le doublement des aides ciblées vous semble intéressant ?

  • 4:34FerméeRéponse partielle

    Est-ce que c'est une option qui vous semble intéressante ?

  • 6:27RelanceRéponse directe

    Au-delà du 30 septembre, qu'est-ce qui va se passer ?

  • 7:18RelanceRéponse partielle

    Est-ce qu'on est dans un état d'austérité ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:49Invité politiquePromesse
    « On a fait le choix de ne laisser personne sur le carreau. »
  • 3:27Invité politiqueChiffre
    « Plus d'1,4 milliard d'euros depuis le début de cette crise, pour les pêcheurs, les agriculteurs, le secteur du BTP, les transports, pour les Français qui travaillent, pour les Français les plus précaires. »
  • 3:41Invité politiquePromesse
    « On a annoncé la prolongation de ces aides jusqu'au 31 décembre. »
  • 4:57Invité politiqueChiffre
    « C'était 25 centimes. Ça passera à 35 centimes. »
  • 5:19Invité politiqueChiffre
    « Ça coûte 15 milliards d'euros. C'est plus que le budget de la justice. »
  • 7:57Invité politiqueChiffre
    « On a un déficit qui, de toute évidence, en 2026, sera supérieur à 5%. On vise un déficit inférieur ou égal à 5%. »
  • 9:12Invité politiqueChiffre
    « Les aides pour le carburant, c'est 1,4 milliard. Les aides déployées pour les agriculteurs, suite à ce qu'on a vécu cet été, c'est 1,3 milliard. »
  • 10:56Invité politiquePromesse
    « Le fonds vert sera en augmentation. »
  • 20:18Invité politiquePromesse
    « Le soutien au carburant, l'aide grand rouleur, ces dispositifs-là seront d'une manière ou d'une autre prolongés après le 30 septembre. »
  • 21:26Invité politiqueChiffre
    « La surtaxe d'impôt sur les sociétés, qui devait être exceptionnelle, sera en partie prolongée à hauteur de 4,5 milliards d'euros. »

Temps de parole

  • Maud Bregeon70 %
  • Invité17 %
  • Présentateur11 %
  • ?2 %

≈ 8,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Au lendemain des annonces budgétaires de Sébastien Lecornu, annonces qui interviennent en pleine crise énergétique. Grand entretien ce matin avec la ministre déléguée à l'énergie et porte-parole du gouvernement. Chers auditeurs et auditrices, n'hésitez pas à intervenir en appelant le standard au 01-45-24-7000 ou en passant par l'application Radio France. Bonjour Maud Bréjon.

0:18
Maud Bregeon

Bonjour à tous. Bonjour.

0:19
Présentateur

Merci d'être sur France Inter ce matin. Nous avons beaucoup de questions à vous poser avant de parler du budget et des annonces du Premier ministre. Cette semaine a été marquée par des blocages de raffinerie, des blocages des dépôts de carburant, par la mobilisation des pêcheurs, des rassemblements de gilets jaunes qui sont prévus, notamment à Marseille samedi. Et ce matin à 10h30, Emmanuel Macron réunit à l'Elysée les chefs de parti et les candidats à l'élection présidentielle avec un objectif, évoquer la dégradation rapide du contexte international et ses conséquences en France sur la sécurité et l'énergie.

Mercredi, le Président de la République demandait au gouvernement une totale mobilisation sur l'approvisionnement et les prix des carburants. On a l'impression, on sent en tout cas une urgence inédite dans ce discours. Comment vous qualifiez-vous aujourd'hui cette situation

1:03
Locuteur

?

1:04
Présentateur

Écoutez,

1:05
Maud Bregeon

beaucoup de Français vivent une situation qui est très difficile. Très difficile parce que les prix sont hauts, très difficile parce que cette situation dure depuis mars maintenant. et que petit à petit, l'usure se fait sentir sur le pouvoir d'achat, sur les fins de mois. Donc je pense qu'il faut aborder encore une fois cette situation, ce contexte avec beaucoup de compréhension. Il faut aussi rappeler que cette situation ne tombe pas du ciel. C'est la conséquence directe de ce qui se passe au Moyen-Orient, du blocage du détroit d'Hormuz, dit autrement de décisions prises par d'autres,

1:39
Locuteur

ce

1:39
Maud Bregeon

qui nous ramène au coût de notre dépendance. Et pour autant, ces difficultés, elles sont bien là. On en parlera peut-être tout à l'heure. Mais nous, on a fait le choix de ne laisser personne sur le carreau. Parce que les pêcheurs, on en parlait, les pêcheurs, le prix du carburant, c'est jusqu'à 20-25% de leur chiffre d'affaires. Et donc, ça pèse sur leur activité, ça pèse sur leurs emplois, ça pèse sur leur salaire.

2:04
Invité

La situation aujourd'hui, concrètement, Maude Bréjean, c'est un choc

2:07
Maud Bregeon

pétrolier qu'on vit

2:07
Locuteur

? C

2:08
Maud Bregeon

'est une crise énergétique.

2:09
Locuteur

D

2:10
Maud Bregeon

'abord parce que ça ne touche pas uniquement le pétrole. Ça touche les prix du carburant. Les Français le voient bien quand ils passent devant une pompe à essence. Ça touche le gaz, par exemple. Et donc, c'est sur l'ensemble de ces fronts, si je puis dire, qu'on se doit d'apporter des solutions. Dans un contexte budgétaire qui nous amène, particulièrement lorsque vous êtes en responsabilité, à de la lucidité.

2:31
Invité

Alors, on l'a dit, aujourd'hui Emmanuel Macron réunit à l'Elysée les chefs de parti et les candidats à

2:35
Locuteur

l

2:35
Invité

'élection

2:35
Locuteur

présidentielle.

2:37
Invité

Notamment un représentant du Rassemblement national, Jordan Bardella et Marine Le Pen déclaraient ce matin que la solution, c'était nécessairement de baisser les taxes sur le carburant. Il n'y a que ça à faire, dit-elle sur ICI Gironde. Est-ce que cela signifie qu'Emmanuel Macron est ouvert à ce type de propositions ?

2:54
Locuteur

D

2:55
Maud Bregeon

'abord, le président de la République, il a fait le choix, et ce n

2:57
Locuteur

'est

2:57
Maud Bregeon

pas la première fois, de réunir les forces politiques pour échanger avec elles et leur transmettre les informations qui sont en sa possession sur la situation internationale. Parce que dans un moment exceptionnel, en démocratie, on estime normal que ceux qui représentent les Français, quelle que soit leur sensibilité, puissent être informés.

3:18
Invité

Donc c'est pour transmettre des informations, pas pour s'inspirer des propositions des autres partis.

3:22
Maud Bregeon

Une fois qu'on s'est dit ça, on a fait un choix. C'est celui des aides ciblées. Plus d'1,4 milliard d'euros depuis le début de cette crise, pour les pêcheurs, les agriculteurs, le secteur du BTP, les transports, pour les Français qui travaillent, pour les Français les plus précaires. On en parlera peut-être tout à l'heure, mais on continuera à le faire. On a annoncé la prolongation de ces aides jusqu'au 31 décembre, et je peux vous dire ce matin que nous travaillons à un nouveau dispositif d'aide pour les Français qui travaillent, à compter du 1er octobre. Quel type de dispositif ça pourrait être

3:55
Locuteur

?

3:56
Maud Bregeon

Encore une fois, on aura l'occasion de préciser les modalités dans les jours à venir. Il y

3:59
Locuteur

a

3:59
Maud Bregeon

un dispositif qui est le dispositif grand rouleur, qui est en place jusqu'au 30 septembre. C'était 100 euros pour 3 millions de Français. On voit que les difficultés perdurent. On a toujours dit qu'on adapterait les dispositifs en fonction d'une situation géopolitique qui évolue. De toute évidence, les prix restent hauts. Ça peut durer plusieurs semaines. Ça peut durer plusieurs mois. Et donc, nous proposerons aux Français, encore une fois, avec l'objectif de ne pas laisser tomber les Français les plus précaires qui travaillent, pour les aider au quotidien.

4:29
Invité

Édouard Philippe, que vous soutenez dans la campagne à l'élection présidentielle, propose, lui, le doublement des aides ciblées pour compenser la flambée des prix des carburants. Est-ce que c'est, par exemple, une option qui vous semble intéressante ?

4:44
Maud Bregeon

En tout cas, on se rejoint parfaitement sur la philosophie d'aides ciblées. Mais

4:48
Locuteur

sur le doublement, alors, est-ce que

4:49
Invité

vous le soutenez ?

4:49
Maud Bregeon

On a augmenté, par exemple, les aides pour les pêcheurs. Vous savez qu'ils ont manifesté ces derniers jours. C'était 25 centimes. Ça passera à 35 centimes. Et ce sera indexé, en quelque sorte, sur l'évolution des prix du carburant. Si les prix du carburant augmentent, nous les aiderons davantage. Moi, je voudrais revenir sur ce que vous

5:08
Locuteur

avez

5:09
Maud Bregeon

mentionné sur la proposition de Mme Le Pen et de la baisse des taxes. Mme Le Pen, elle propose la baisse des taxes sur l'énergie, sur tous les produits énergétiques, de 20 à 5,5%. Ça coûte 15 milliards d'euros. C'est plus que le budget de la justice, pour que vos éditeurs comprennent. Avec quel argent Mme Le Pen finance les aides qu'elle propose ? Elle n'en a pas, elle-même, la moindre idée. Et puis, si je regarde de manière plus générale la philosophie qui est la sienne. Quand on s'oppose au gouvernement sur la troisième programmation pluriannuelle de l'énergie qui vise à sortir des énergies fossiles.

Lorsqu'on demande la suppression des C2E, qui sont des contributions payées par les énergéticiens pour financer la transition énergétique vers l'électricité des particuliers. On a en fait une politique qui va à l'encontre de la sortie des dépendances aux énergies fossiles. Quand Mme Le Pen propose, je termine là-dessus, de subventionner le gaz, le pétrole, mais d'arrêter les éoliennes et le photovoltaïque, elle promeut indirectement le gaz algérien, hier, le gaz russe, le GNL américain et le pétrole importé du Moyen-Orient. C'est extrêmement grave et ça va à l'encontre des intérêts français.

6:19
Présentateur

Je voudrais juste vous demander une petite précision parce que vous évoquez les aides ciblées, notamment pour les grands rouleurs, jusqu'au 30 septembre. Au-delà du 30 septembre, qu

6:28
Locuteur

'est

6:28
Présentateur

-ce qui va se passer ? Est-ce que vous prolongez ces aides jusqu'à la fin de l'année notamment ?

6:32
Maud Bregeon

Nous proposons un nouveau dispositif d'aide à destination des Français qui travaillent. Le dispositif grand rouleur tel qu'il existe aujourd'hui fait partie des pistes étudiées. Il y en a d'autres. Encore une fois, on est dans une situation exceptionnelle et on s'adapte, mais moi je veux dire ce matin aux Français qui nous écoutent que nous ne les laisserons pas tomber.

6:52
Invité

Sur le budget, Sébastien Lecornu a annoncé hier après-midi dans un entretien au Figaro un effort budgétaire de 54 milliards d'euros tout en garantissant, je cite, que les ministères de la Justice, de l'intérieur de la recherche et de l'écologie, afficheront des crédits en hausse. Et il précise, je le cite, nous sommes très très loin de l'austérité. Ce n'est pas ce que pensent, ce que déclarent notamment les partis de gauche comme la France Insoumise ou le Parti Socialiste. Alors est-ce qu'on est dans un état d'austérité, Maude Bréjon ?

7:21
Locuteur

En

7:21
Maud Bregeon

tout cas, on est lucide. Ce n'est pas un budget d'austérité ou un budget de rigueur comme ce que j'ai pu entendre ici ou là. En revanche, c'est un budget difficile. Dans une situation difficile. Avec un contexte international qui s'impose à nous, ce qui se passe au Moyen-Orient impacte l'économie internationale et impacte l'économie française. Ce que nous avons vécu cet été avec les sécheresses, qui impactent encore une fois les récoltes agricoles, pèse sur notre production de richesses, sur le pouvoir d'achat des Français. Et donc face à ça, on est amené à prendre un certain nombre de décisions, à proposer un certain nombre de choix.

On a un déficit qui, de toute évidence, en 2026, sera supérieur à 5%. On vise un déficit inférieur ou égal à 5%. C'était exactement le même

8:08
Invité

objectif que vous avez affiché

8:10
Locuteur

l'an dernier.

8:11
Invité

On a le sentiment, pardonnez-moi en vous écoutant, que du fait de la situation internationale, du fait des sécheresses en France, vous subissez en permanence. Et au fond, la réduction de ce déficit que vous appelez de vos voeux, n'avance pas année après année ?

8:26
Locuteur

D

8:27
Maud Bregeon

'abord, il y a une situation internationale qu'on ne maîtrise pas complètement.

8:30
Locuteur

Il faut avoir,

8:31
Maud Bregeon

je crois, l'humilité de le dire. Ce qui se passe au Moyen-Orient n'était pas parfaitement prévisible il y a 12 ou 14 mois. Les sécheresses de cet été et leur impact, leur amplitude, ce qu'on a vécu en Gironde et dans les Landes notamment, s'est également imposé à nous. Donc, il est normal qu'on y fasse face. Il faut expliquer

8:52
Locuteur

en quoi ça impacte l'économie

8:54
Maud Bregeon

française. Et

8:55
Locuteur

ça amène des

8:56
Invité

dépenses de crise. Quand on regarde les dépenses qui augmentent sur le long terme, c'est d'abord et avant tout les dépenses de santé, les dépenses liées au système de retraite. Tout cela a peu à voir avec la situation internationale et les sécheresses.

9:11
Locuteur

Oui

9:11
Invité

et

9:12
Maud Bregeon

non, puisque si vous regardez les dépenses de cette année, les aides pour le carburant, c'est 1,4 milliard. Les aides déployées pour les agriculteurs, suite à ce qu'on a vécu cet été, c'est 1,3 milliard. Ça pèse dans le budget de l'État. Et donc, on va avoir à faire des choix pour effectivement réduire ce déficit. Pourquoi est-ce qu'on veut réduire ce déficit ? Pas par dogmatisme, mais parce que c'est ce qui nous permet d'une part, à long terme, d'investir dans les secteurs tels que l'école, la sécurité, la santé, vous en parliez. Et puis, c'est des choix qu'on fera ensemble avec les parlementaires.

Nous avons un cap, nous avons une doctrine, j'espère qu'elle sera partagée, ce n'est pas d'augmentation d'impôts, c'est la

9:52
Présentateur

stabilité fiscale. Alors, parmi les choix que vous faites, 2,5

9:56
Locuteur

milliards

9:56
Présentateur

en moins au ministère du Travail, qu'est-ce qui disparaît

9:59
Locuteur

?

9:59
Maud Bregeon

Là, encore une fois, ce sera précisé dans les jours et dans les semaines à venir. Je ne

10:03
Locuteur

vais

10:03
Maud Bregeon

pas présenter le budget avant que ce soit le cas lors du Conseil des ministres de début octobre. Mais c'est un effort qui est important, qui est demandé à l'ensemble des ministères. Au total, il faudra une stabilité sur le budget des ministères entre l'année 2026 et l'année 2027. Il y a des ministères qui sont mis à contribution. Le ministère du Travail est un exemple. Vous savez qu'on a, par exemple, fait une réforme en lien avec les partenaires sociaux de l'assurance chômage sur les ruptures conventionnelles qui rapportera plusieurs centaines de millions d'euros l'année prochaine. Je voudrais aussi dire ici qu'il y a des budgets qui sont préservés et c'est important. Je voudrais en citer

10:43
Locuteur

notamment deux.

10:45
Maud Bregeon

L'apprentissage, ça concerne le travail, ça concerne les jeunes. Les crédits à l'apprentissage seront préservés. Et je cite un deuxième sujet qui est important, c'est le fonds vert. Après ce qu'on a vécu cet été, le fonds vert sera en augmentation. Et donc, c'est ça un budget aussi. C'est faire des choix dans l'investissement, pour les travailleurs, dans les secteurs d'avenir.

11:05
Invité

Et parmi les choix que vous faites, 6 milliards d'euros d'efforts devraient être portés par les retraités. Qu'est-ce que vous allez leur demander concrètement aux retraités ?

11:14
Locuteur

D

11:14
Maud Bregeon

'abord, ce que je veux leur dire ce matin, c'est que les retraités ne seront pas la vache à lait ou le bouc émissaire de ce budget. Il y a un débat qui me met un peu mal à l'aise et qui s'est installé depuis quelques semaines, consistant à faire croire aux retraités qu'ils porteraient l'effort central de ce budget

11:33
Invité

et qu

11:34
Maud Bregeon

'ils seraient au fond désignés par le gouvernement ou d'autres comme une cible. Ce n'est pas le cas. Les retraités, certains, pas tous, notamment pas les retraités les plus modestes, seront probablement, dans la copie présentée par le gouvernement, amenés à contribuer à l'effort national,

11:53
Locuteur

à l'effort global. De quelle façon ? Par la

11:54
Invité

désindexation des retraites sur l'inflation ? Par quels moyens concrètement ?

11:59
Locuteur

D

11:59
Maud Bregeon

'une part, ils ne seront pas les seuls. D'autre part, ils ne porteront pas l'effort central. L'effort central sera porté par l'État. D'accord, mais

12:05
Locuteur

comment parle des retraités alors ? Le

12:07
Maud Bregeon

ministère du Travail. Il y a différentes pistes qui sont encore à l'étude. Là, encore une fois, qui seront précisées. Vous savez que ce budget, il est présenté et déposé au Parlement début octobre. Nous sommes le 17 ou le 18 septembre. Donc, il y a encore un cheminement à porter. David Amiel, le ministre de l'Action et des Comptes Publics, est en lien avec les formations politiques pour trouver le dispositif, encore une fois, le plus adéquat, de mettre le curseur au bon endroit. Mais je crois que chacun comprend aujourd'hui que face aux difficultés auxquelles nous sommes confrontés, la question centrale, au fond, c'est celle de la répartition de l'effort.

Il y a les retraités, il y a les entreprises, il y a les actifs. Est-ce qu'on estime normal que les actifs supportent l'ensemble de l'effort au détriment des autres ? Probablement pas. Est-ce qu'on estimerait normal que les entreprises supportent l'intégralité de l'effort au risque de mettre en péril l'emploi et la production de richesses ? Non plus.

12:58
Locuteur

Et donc, c'est cette

12:59
Maud Bregeon

équation qu'il faut qu'on arrive à résoudre.

13:01
Locuteur

L

13:01
Invité

'autre question centrale, Maude Bréjon, concerne la méthode et les voies et moyens de faire voter ce budget. Là aussi, comment est-ce que vous allez vous y prendre très concrètement ? On a vu que la gauche était vent debout contre ce budget. Marine Le Pen et le Rassemblement National, on ne sait pas encore s'ils le voteraient. Alors voilà, quelle sera la méthode et la voie de passage ?

13:22
Locuteur

D

13:22
Maud Bregeon

'abord, ce qu'on proposera, ce sera une copie de départ, pas un point final. On discutera, il y aura des semaines au Parlement ou à l'Assemblée Nationale et au Sénat comme on l'a vécu l'année dernière. Nous prendrons

13:34
Locuteur

tout

13:35
Maud Bregeon

le temps nécessaire. Il n'est pas question d'imposer brutalement un 49-3 dès les premières semaines de débat. Nous prendrons tout le temps nécessaire pour discuter avec les forces politiques,

13:48
Invité

ce que semble dire le

13:49
Locuteur

Premier

13:49
Invité

ministre qui incite notamment de manière indirecte la France Insoumise à aller un peu vite, à ne pas discuter trop longtemps. Il utilise le terme d'obstruction parlementaire. Il aimerait éviter l'obstruction

14:02
Locuteur

parlementaire.

14:03
Maud Bregeon

Le Premier ministre, au contraire, dit la chose suivante. Il dit nous prendrons

14:09
Locuteur

tout

14:09
Maud Bregeon

le temps nécessaire. Nous souhaitons aller au vote. Pour ça, bien sûr, il faut que le dépôt, ce qu'on appelle le dépôt d'amendement, que les débats puissent se tenir dans les temps impartis parce que vous savez que tout ça est jalonné. Vous avez 70 jours pour le projet de loi de finances et 50 pour le projet de loi de finances de la sécurité sociale. Enfin, à la fin, ce que je veux vous dire sans rentrer dans des débats de procédure qui n'intéressent probablement pas beaucoup vos auditeurs, nous présenterons une copie de départ. Nous sommes ouverts à discussion avec toutes les forces politiques qui souhaitent trouver un compromis.

Ce n'est pas dans l'intérêt des Français de priver ce pays d'un budget à l'année prochaine. Ce n'est pas dans l'intérêt des partis politiques. Ce

14:49
Locuteur

n'est pas dans l'intérêt

14:52
Maud Bregeon

des candidats à la présidentielle. Je vous renvoie vers le rapport de l'Inspection Générale des Finances qui expliquait qu'en l'absence de budget, c'est 15 milliards d'euros que coûterait cette absence de budget, pardonnez-moi, à la France et un déficit qui avoisinerait les 6%.

15:08
Locuteur

C

15:08
Présentateur

'est ça qui est en jeu. Ce que vous dites fait évidemment réagir nos auditeurs et nos auditrices. On a notamment un message de Jean-Baptiste sur l'application de Radio France qui nous dit est-ce que le réchauffement climatique n

15:17
Locuteur

'est

15:17
Présentateur

pas plus urgent que la dette

15:18
Locuteur

?

15:20
Maud Bregeon

La lutte contre le réchauffement climatique passe en partie par des mesures de soutien, des mesures budgétaires et tout ça se réfléchit dans le cadre des discussions qu'on a en ce moment. Donc, je crois que l'un ne s'oppose pas au l'autre quand on décide par exemple d'augmenter le fonds vert à hauteur de plus d'un milliard d'euros l'année prochaine pour adapter les écoles, pour adapter encore une fois tous les dispositifs qu'on a besoin de mettre en place, c'est une réponse concrète à la question qui est posée.

15:49
Invité

Un mot, Maud Bréjean, sur la campagne, évidemment, dans son interview au Figaro hier, Sébastien Lecornu déclarait que ceux qui souhaitent participer activement à une campagne devront partir. Vous avez déclaré soutenir Édouard Philippe, alors est

16:02
Locuteur

-ce

16:02
Invité

que vous allez partir ?

16:03
Maud Bregeon

Alors d'abord, vous savez, en politique, on n'est jamais propriétaire de son mandat et encore moins de son portefeuille ministériel. Moi, ce que je peux vous dire, c'est que comme l'ensemble de mes collègues...

16:13
Invité

On peut choisir un parti en revanche, s'agissant justement

16:15
Locuteur

du

16:15
Invité

poste ministériel. Je

16:17
Maud Bregeon

vous réponds. D'abord, on n'est pas propriétaire ni de son mandat ni de son portefeuille ministériel, donc il faut être extrêmement humble.

Ensuite, j'ai fait un choix, le choix de soutenir Édouard Philippe, parce que je considère, sur votre plateau d'ailleurs, c'était ici même, je considère que c'est le plus à même de mener le pays dans la bonne direction, de rassembler notre famille politique, celle de la droite et du centre, parce que je pense que le combat contre un second tour RN-LFI n'est pas juste un sujet de parti, ça concerne l'avenir du pays, quand on aime la politique, quand on aime l'État, quand on aime l'État, on se doit de s'intéresser à ce sujet-là et ce n'est pas contradictoire avec ce qu'on fait au gouvernement.

Ça ne m'empêche pas, comme je le fais ce matin, comme je le fais chaque jour, de porter mes dossiers, de travailler sur les sujets énergétiques, sur les sujets

17:05
Locuteur

de porte-parole. Donc vous ne suivrez pas la

17:06
Maud Bregeon

demande du Premier ministre ? Je n'aurai pas de rôle opérationnel dans la campagne et je pense que Sébastien Lecornu a raison de poser des règles, encore une fois, parce que ce

17:15
Locuteur

n

17:15
Maud Bregeon

'est pas la même chose d'être ministre, d'être parlementaire ou d'être militant. Pour autant, j'estime que ce qui se joue l'année prochaine, c'est l'avenir du pays et que l'avenir du pays, c'est plus grand que nous.

17:26
Présentateur

Alors justement, vous êtes membre de Renaissance, le parti de Gabriel Attal. Ce dernier propose un vote pour départager les deux candidats, ce que Edouard Philippe refuse. Plus de 200 élus réclament une primaire ouverte de la droite et du centre. Est-ce que cette guerre entre Gabriel Attal et Edouard Philippe n'a pas duré trop longtemps ? Pourquoi vous mettez autant de temps à choisir votre candidat ?

17:47
Maud Bregeon

Moi, je considère qu'elle dure trop longtemps. Je considère que...

17:52
Locuteur

Il faut

17:52
Présentateur

choisir. Il faut choisir.

17:53
Locuteur

Je

17:54
Maud Bregeon

considère que le rassemblement créera notre force et créera de la dynamique et que le plus tôt il arrivera, le mieux ce sera.

18:03
Locuteur

Donc attendre l'hiver pour les départager, c'est bien trop tard. Je

18:06
Maud Bregeon

l

18:06
Locuteur

'ai

18:06
Maud Bregeon

toujours dit. Je pense qu'Edouard Philippe est aujourd'hui indéniablement le mieux placé pour rassembler nos familles politiques, pour rassembler les Français, pour rassembler les Français de droite, de gauche, du centre, les Français qui doutent. Il parlait hier de transition écologique par exemple, un sujet qui est important, je crois, dont on a parlé ce matin. Voilà. Donc, ensuite, si les débats doivent perdurer un peu et qu'ils perdurent, mais je le redis, il y a un risque majeur. Ce risque, c'est celui de laisser aux Français le choix d'un second tour entre le Rassemblement National et la France Insoumise.

18:41
Invité

Gabriel Attal a déclaré, Maud Bréjean, qu'il avait le sentiment d'être le seul aujourd'hui à faire campagne. Est-ce que vous avez le sentiment vous-même qu'Edouard Philippe ne fait pas campagne actuellement

18:50
Locuteur

? Ce

18:51
Maud Bregeon

n

18:51
Locuteur

'est

18:51
Maud Bregeon

pas mon impression, mais je, encore une fois, n'ai pas à commenter les sentiments de Gabriel.

18:59
Invité

Non, mais comment qualifiez-vous la campagne d'Edouard Philippe ?

19:00
Locuteur

C

19:00
Invité

'est une campagne discrète, c'est une campagne de soutien. On n'a pas le sentiment, effectivement, qu'il est toujours aux avant-postes de cette campagne.

19:09
Maud Bregeon

Écoutez, moi, je vois un homme d'État qui, sujet par sujet, département par département, rencontre après rencontre et ce, non pas depuis quelques semaines, mais depuis des mois, pose une vision, déroule petit à petit son programme. Vous savez, une campagne, c'est long, ça va prendre du temps, les Français commencent à s'y intéresser et moi, je sais à quel point il est, encore une fois, motivé ou en tout cas, pleinement déterminé à porter les idées qui sont les siennes, mais comme je crois tous les candidats, et en fait, c'est sain, y compris ceux avec qui je ne suis pas d'accord, ça fait partie d'un moment démocratique important.

19:49
Présentateur

Là, vous avez raison,

19:49
Locuteur

c

19:49
Présentateur

'est que les Français s'intéressent effectivement à cette campagne, on le voit au nombre de messages qu'on reçoit ce matin, dans les mesures que vous avez annoncées, du moins Sébastien Lecornu a annoncé, il a évoqué le gel du point d'indice des fonctionnaires, on a une réaction de Anne-Marie qui nous demande par exemple, certains fonctionnaires ne pourront plus aller travailler, est-ce que vous avez conscience du salaire des catégories C s'ils ne peuvent plus mettre d'essence dans leur voiture, comment feront-ils ?

20:12
Maud Bregeon

Il y a deux choses, d'abord, je le redis, le soutien au carburant, l'aide grand rouleur, ces dispositifs-là seront d'une manière ou d'une autre prolongés après le 30 septembre. Ensuite, on a parfaitement conscience de l'effort qui est demandé avec cette proposition qui n'est qu'une proposition du gel du point d'indice des fonctionnaires. Ça nous ramènera au débat parlementaire. Tout effort est difficile à supporter et on en a bien conscience. Pour autant, il y a cette nécessité absolue dans un contexte économique, dans un contexte géopolitique très difficile d'arriver à réduire progressivement ce déficit. et

20:55
Locuteur

c'est le

20:55
Maud Bregeon

débat qu'on aura au Parlement. Mais

20:57
Locuteur

vous l'avez dit, pardonnez-moi, vous l'avez dit, tout ça n'est pas

20:59
Maud Bregeon

figé.

20:59
Locuteur

Ce

20:59
Invité

n'est pas figé, mais c'est quand même, c'est tout de même une proposition politique du gouvernement que de geler ce point d'indice des fonctionnaires, donc c'est bien un choix. Vous décidez de faire porter de faire

21:09
Locuteur

porter

21:09
Invité

cet effort sur les individus, les particuliers, plutôt que sur les entreprises, par exemple, qui, elles, verront, c'est encore une proposition, leur niveau de fiscalité diminuer dans ce budget.

21:22
Maud Bregeon

Vous verrez que dans quelques semaines, on nous reprochera de trop faire contribuer les entreprises. La surtaxe d'impôt sur les sociétés, qui devait être exceptionnelle, sera en partie prolongée à hauteur de 4,5 milliards d'euros. C'est une somme importante qui ne concerne par ailleurs que 300 grandes entreprises. Donc c'est une somme importante répartie sur un petit nombre d'entreprises. Les entreprises contribueront, et vous le verrez, à ce budget. Nous proposerons une contribution qu'on estime acceptable des retraités. Nous proposons une contribution qu'on estime acceptable dans la fonction publique.

Et nous, je le redis, commencerons d'abord et avant tout par baisser, baisser les dépenses de l'État.

22:04
Présentateur

Merci beaucoup, Maud Bréjon. Merci d'avoir été au micro de France Inter aujourd'hui et bonne journée.