Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Interviewyoutube.com· 19 juin 2024ContradictoireActualité / polémiqueJusticeInstitutions & électionsSécuritéÉducation & recherche

L'interview de la porte-parole du gouvernement, Prisca Thevenot, en intégralité

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 20 %Attaque 45 %Défensif 35 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 61 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • OuverteRéponse directe

    Est-on à un tournant dans la campagne, à 11 jours du premier tour ?

  • RelanceRéponse partielle

    N'est-ce pas aussi, d'une certaine manière, votre échec de ne pas parvenir à endiguer l'antisémitisme ?

  • RelanceRéponse directe

    Vous mettez donc la France insoumise et le Rassemblement national au même niveau, tous deux aussi responsables de la montée de l'antisémitisme ?

  • RelanceÉludée

    Comment faites-vous pour que ça stoppe ? Vous n'avez aucune responsabilité dans ces chiffres ?

  • RelanceRéponse partielle

    Qu'est-ce qui pêche dans votre action, alors que les actes antisémites progressent depuis neuf mois ?

  • RelanceRéponse partielle

    Un sondage IFOP montre que les Français juifs ne désignent plus le même camp comme moteur de l'antisémitisme : la peur a-t-elle changé de camp ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • prisca-thevenotChiffre
    « plus 300% de faits antisémites. »
  • prisca-thevenotChiffre
    « 366 faits commis, effectivement, dans ce premier trimestre 2024 »
  • prisca-thevenotFait
    « La France insoumise est un parti antisémite. »
  • prisca-thevenotChiffre
    « Ils sont 92% à dire que la France insoumise est un moteur de l'antisémitisme en France. »
  • prisca-thevenotChiffre
    « Ils sont 60% à dire que Europe écologie les verts d'eux-mêmes. »
  • prisca-thevenotChiffre
    « ils ne sont plus que 49% à penser que le Rassemblement national est un moteur de l'antisémitisme »

Modèle claude-sonnet-5 · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Pour en parler ce soir, notre invité Prisca Thévenot, bienvenue à vous sur ce plateau porte-parole du gouvernement et candidate Renaissance dans la 8e circonscription des Hauts-de-Seine. Merci à vous d'avoir accepté notre invitation et face à vous, Bruno Jeudy. Bonsoir Bruno.

Bonsoir Julie, bonsoir Alice. Et Charles Sapin. Bonsoir Charles.

Bonsoir. Allons sur le terrain. C'est donc l'information de la soirée.

On va aller retrouver David Hunal qui est donc au rassemblement devant l'hôtel de ville à Paris contre l'antisémitisme après ce drame à Courbevoie. David, est-ce qu'il y a encore du monde ? Est-ce que le rassemblement est toujours en cours ?

Le rassemblement est maintenant terminé. Mais il y a eu entre 2000 et 3000 personnes, nous disent les organisateurs. On est justement avec le coprésident du collectif Nous Vivrons qui avait appelé au rassemblement.

Ça vous rassure de voir qu'il y avait 2000, 3000 personnes ? Alors ça me rassure oui et non. Ça me rassure parce qu'on voit des politiques et des partis qui sont venus en nombre dire non à l'antisémitisme.

Maintenant ça ne me rassure pas parce qu'on ne devrait pas se réunir et que ça ne devrait pas exister. Et 2, 3000, ça reste encore un chiffre faible. Je veux que les 68 millions de personnes françaises réagissent.

Et à un moment, c'est à la société civile de prendre les choses en main. Il y a beaucoup de personnes avec lesquelles on a échangé ici qui nous ont parlé spontanément dans ce contexte électoral de la France insoumise, de députés sortants de la France insoumise, de certaines déclarations. Qu'est-ce que vous notez, vous, là-dessus ?

On va parler clairement. La France insoumise est un parti antisémite. Même ceux qui étaient bons, qui étaient M.

Ruffin, qui ont participé à une marche contre l'antisémitisme ou qui ont dénoncé le ramasse comme mouvement terroriste, ont été éjectés de ce parti-là. On a gardé les pourris et on a éjecté les bons. Donc oui, Mélenchon est antisémite.

Oui, Guiraud est antisémite. Oui, ces gens sont antisémites et sont responsables de ce qui se passe. Ils portent une responsabilité.

Merci. A noter que le garde des Sceaux était présent. Il s'est exprimé à la tribune.

Il a notamment fait référence à un propos de Jean-Luc Mélenchon, le garde des Sceaux, qui a assuré que l'antisémitisme n'est pas résiduel en France. Merci beaucoup, David Unal. On va donc revenir, Prisca Thévenot, sur ce qui s'est passé à Courbevoie.

Cette jeune fille de 12 ans qui dit avoir été violée par des adolescents et avoir été traitée de sale juive, je cite. Deux adolescents ont été mis en examen pour ce viol. Un troisième placé sous le statut de témoin assisté.

On sent que tous les partis politiques s'en emparent. Est-ce qu'on est à un tournant dans la campagne, à 11 jours, donc, de ce premier tour ? Déjà, permettez-moi d'avoir un mot pour cette jeune fille.

Et puis, bien évidemment, à ses parents, à ses amis, sa famille. Je ne suis pas sûre que toutes les familles politiques s'en emparent de la même façon. Je vous le dis franchement.

On n'est pas en train de se rendre compte que l'antisémitisme prend de plus en plus de place en France et avance à visage découvert. Pardon. On l'a dit à de nombreuses reprises sur ces plateaux, sur d'autres plateaux, dans l'hémicycle à l'Assemblée nationale, au Sénat, sur différentes prises de parole, même en compte rendu du Conseil des ministres, sur le premier trimestre de cette année, plus 300% de faits antisémites. – 366 faits commis, effectivement, dans ce premier trimestre 2024. – C'est monstrueux.

Et c'est une réalité. C'est des gens qui ont peur, c'est des jeunes qui ne veulent plus assumer leur religion, qui ne rentrent plus dans des débats, sur certains débats, que ce soit au collège, au lycée. Et j'entends, moi, des familles qui me disent, quand il y a certains débats, je dis à mes enfants de ne pas y participer. – Oui, oui, vous avez raison de pointer ce chiffre pris catégorieux. – Mais j'imagine que vous allez ensuite nous parler de la France insoumise.

Mais est-ce que ça n'est pas aussi, d'une certaine manière, votre échec ? Vous n'arrivez pas à mettre un terme à cette tendance ? – Attendez, déjà d'une, je pense que l'enjeu que nous avons, c'est, effectivement, je pourrais vous parler de la France insoumise, comme du Rassemblement national, pardonnez-moi, vous savez, sur ça, il n'y a pas de jaloux entre les deux.

Que ce soit la LFI ou le Rassemblement national, ils sont main dans la main sur ce sujet, main dans la main. Et les faits d'actualité aujourd'hui l'ont rappelé. Et ce n'est pas une erreur, la personne qui a été investie avec ses propos antisémites aujourd'hui au Rassemblement national, et que Jordan Bardella voulait faire siéger à l'Assemblée nationale à partir du 8 juillet, avait déjà été investie en 2022.

Donc je pense que c'est important de le rappeler aussi. – Cette candidature-là a été retirée. – Oui, mais elle avait été quand même soutenue dès 2022, c'est un militant actif.

C'est bon, stop, je ne vois pas pourquoi d'un côté on devrait pointer du doigt en permanence, et c'est très bien, et condamner, et de l'autre côté trouver des excuses. Non. L'antisémitisme doit être condamné de part et d'autre.

C'est de l'antisémitisme. – Vous mettez donc la France insoumise et le Rassemblement national au même niveau, tous les deux autant responsables selon vous de la montée de l'antisémitisme ? – Mais regardez factuellement les choses, factuellement les choses.

Quel est le groupe politique qui a été incapable de nommer le Hamas ? Quel est le groupe politique qui a été incapable de condamner les attaques terroristes du Hamas du 7 octobre ? Qui a passé son temps à ignorer les otages retenus à Gaza ?

Et quel est le groupe politique qui, encore aujourd'hui, nous explique qu'ils veulent, comme représentants à l'Assemblée nationale, des personnes qui ont des propos antisémites ? – D'accord, mais ça, désolé, mais on l'a déjà entendu, 25 fois, vous ne nous dites toujours pas, comment vous faites pour mettre un terme à cela ? Vous n'avez aucune responsabilité dans ces chiffres-là ? – Mais ce n'est pas ce que je suis en train de vous dire. – Mais non, mais est-ce que ce n'est pas ça qui compte aujourd'hui ?

Comment on fait pour que ça stoppe ? – Attendez, attendez, moi je veux bien, il n'y a pas de « je suis désolé », « pas désolé », etc. Il y a des faits qu'il faut rappeler aussi, parce que la responsabilité des personnes politiques, c'est aussi de s'ancrer et de s'installer dans les valeurs de notre République, et de ne pas minimiser ce qui se passe dans notre pays.

Et aujourd'hui, oui, effectivement, nous sommes les seuls, ce bloc central, à avoir une ligne extrêmement ferme sur les valeurs que nous défendons, et sur le regard que nous portons, aussi bien sur l'antisémitisme que sur le racisme. – Mais qu'est-ce que vous mettez en place ? Parce qu'Emmanuel Macron demande aujourd'hui un temps d'échange dans les écoles sur le racisme et l'antisémitisme dans les prochains jours.

Déjà, ça va consister en quoi ? Et au-delà de ça, est-ce que c'est vraiment une réponse à la hauteur de ce qui est en train de se passer ? – Il faut pouvoir, alors il y a plusieurs choses déjà, effectivement il y a des condamnations, je rappelle que c'est un délit.

Ensuite, sur l'affaire qu'on vient de voir, effectivement, la justice s'est saisie, et ça c'est important de le rappeler, et il n'y aura pas d'impunité, je pense que c'est important de le dire, mais sur plein d'autres sujets qui ne sont pas de cet ordre-là, attention, je ne suis pas en train de parler du drame qui a eu lieu à Courbevoie, mais nous devons pourvoir parler à des jeunes, nos jeunes aujourd'hui sont en manque de repères sur un certain nombre de sujets, des très jeunes, je ne parle pas des 20 ans, 25 ans, etc., des très jeunes, 11 ans, 10 ans, 9 ans, qui passent leur temps à scroller sur TikTok et sur les réseaux sociaux, et qui ont l'impression que tout se vaut, et que tout se dit, et que tout est normal, et que dénoncer, pointer du doigt un camarade, voire même d'aller plus loin pour la raison de sa couleur de peau, ou de sa religion, ou même de son prénom, ou peu importe, c'est normal et ça fait rire. Eh bien non, ça il faut pouvoir en parler.

Et qui va assurer ces échanges ? Et donc là, c'est pour ça qu'en fait, là, il y a une circulaire qui va partir à l'endroit du monde éducatif, de la part de la ministre de l'Éducation nationale, ça a été discuté ce matin au Conseil des ministres, et il va falloir aussi laisser le temps au corps éducatif de se saisir de cela, et de le faire au regard aussi, de ce qu'ils pourront, vous faites les gros vieux, mais c'est hyper important. Mais pas facile, mais je fais les gros vieux, parce que je me dis que la mission qui les attend sera difficile, c'est simplement pour ça, et on fera réagir nos éditorialistes.

Oui, mais c'est pour ça que je le dis aussi, parce que je suis aussi mère, je vois, j'ai mes enfants, etc. Il faut qu'on puisse permettre ce temps-là, mais le respecter aussi dans le cadre du temps scolaire et des professeurs. Mais c'est quasiment la fin de l'année scolaire, là ?

En fait, ça va durer combien de temps, du coup, ce dispositif ? Mais vous avez tout à fait raison de souligner ça. On a tous aussi notre responsabilité par ailleurs.

Le sujet peut être abordé aussi à la maison. Le sujet peut être aussi abordé là, en ce moment. Il y a peut-être des enfants qui sont peut-être en train de regarder et d'écouter dans un coin de salon, la télé allumée, ce qui se passe.

Oui, mais en fait, cette mesure annoncée par le président, je veux dire, dans deux semaines, ce sont les grandes vacances. Non, mais ça va arriver dans les prochains jours. Oui, dans deux semaines, c'est les grandes vacances.

C'est pas parce que dans deux semaines, c'est les grandes vacances que d'un seul coup, ils vont toujours au Monopoly à l'école. Mais Briska Thévenot, ça fait neuf mois que les faits, les actes, les paroles antisémites se multiplient dans le pays, jusqu'à 300 %, je n'ai pas le chiffre exact. Il y a eu beaucoup de paroles ministérielles, la vôtre, d'autres, les ministres de l'Éducation qui se sont succédés, les premiers ministres qui se sont succédés depuis le 7 octobre.

Et au fond, ces actes continuent de progresser. Qu'est-ce qui pêche dans votre action ? Qu'est-ce qui pêche dans notre action ?

Déjà, c'est de rappeler la fermeté qui est la nôtre et de faire en sorte que la justice arrive très rapidement et puisse se prononcer. Ça, c'est un premier point sur lequel nous travaillons inlassablement. Et là, nous le voyons aussi sur différents sujets.

À chaque fois qu'il y a eu effectivement des actes antisémites, des faits d'antisémitisme, la justice a été mobilisée et de façon très rapide et très ferme. Maintenant, ce que je dois rappeler aussi, c'est qu'on ne va pas passer de notre temps à essayer de vider l'océan avec une cuillère. Nous devons aussi avoir cette capacité à nous lever en tant que nation, en tant que Françaises et Français pour le dénoncer.

Mais il y a eu une marche au mois de novembre. Mais c'est pour ça que je vous dis, moi j'ai vu plein de responsables politiques aller marcher. Je crois que j'ai vu plein de responsables politiques aller marcher de tous bords.

Ils vont marcher, mais après ils investissent des candidats aux législatifs qui ont des propos antisémites. Donc je pense qu'aujourd'hui, je ne suis pas en train de dire que c'est la faute. Ah, nous devons tous avoir une responsabilité au regard du pays qui est le nôtre et de l'histoire qui est la nôtre.

Et je ne suis pas en train de dire que ce serait la faute d'un tel ou d'une telle. Nous devons tous avoir cette responsabilité collective. Sauf qu'aujourd'hui, force est de constater, nous sommes les seuls aujourd'hui à être fermes et droits sur ce sujet.

Et donc au-delà de ce qui a été annoncé, ce temps d'échange qu'il va y avoir dans les écoles, est-ce que d'autres mesures pourraient suivre ? Déjà, il y avait...

Alors, d'autres mesures pourraient suivre. Déjà, vous le dites très justement, c'est bientôt la fin de l'école, mais c'est surtout bientôt aussi la fin des résultats des élections législatives. Ça n'a échappé à personne qu'en ce moment, l'Assemblée nationale et le Sénat sont fermés.

Ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas agir, on continue de le faire. Je préfère rassurer les personnes qui nous écoutent et nous regardent. Mais il y avait, par exemple, sur le sujet des mineurs, parce que là, ce sont des très jeunes, des ultra-jeunes, il y avait aussi le sujet du texte qui est arrivé, du travail qui est arrivé, qui est arrivé à ses conclusions et à son terme, sur la justice des mineurs.

Et ce texte, ça devra pouvoir aussi passer par un débat parlementaire. Mais ça, c'est quand même le fait. Justement, oui, mais vous ne pouvez pas me dire...

Vous ne pouvez pas me dire...

Non, mais je ne fais que le souligner. Typiquement, là, on le voit, on a, je crois, si vous m'arrêtez si je me trompe, 11 ans, 12 ans, 13 ans, il y a un sujet sur l'excuse de minorité, par exemple. Il va falloir aussi qu'on puisse le travailler, le regarder et en débattre.

Peut-être remettre fin à cette excuse de minorité qui, on le rappelle, permet de diviser par deux la peine encourue quand vous s'agiriez là. Il y a aussi des sujets qu'on voulait mettre sur la table dans le cadre d'un débat parlementaire. Ça avait été annoncé d'ailleurs par le Premier ministre, Gabriel Attal.

Madame la ministre, à vous écouter, vous mettez sur le même niveau la France insoumise et le Rassemblement national. Sur l'antisémitisme, oui. Alors, sur l'antisémitisme, précisément, Le Pont a publié un sondage de l'IFOP, il y a une semaine, qui montre que les Français de confession juive ne sont pas de votre avis.

Ils sont 92% à dire que la France insoumise est un moteur de l'antisémitisme en France. Ils sont 60% à dire que Europe écologie les verts d'eux-mêmes. Et ils ne sont plus que 49% à penser que le Rassemblement national est un moteur de l'antisémitisme.

Est-ce que la peur n'est plus suscitée par le même camp ? Mais là, je vais rejoindre votre sondage. Est-ce que la LFI est un moteur de l'antisémitisme en France ?

Oui, oui et encore oui. Je le dis aujourd'hui ici sur votre plateau, mais je pouvais aussi en témoigner en étant parlementaire à l'Assemblée nationale et en ayant fait un certain nombre de débats d'ailleurs ici sur votre chaîne. Si je me souviens bien, avec vous Alice, il y avait eu, je me souviens avec une candidate LFI, un gros débat houleux sur le sujet.

Mais je le dis, la solution et la protection ne viendra pas du Rassemblement national. Encore une fois, je le dis, quand on a un parti politique qui veut faire siéger une personne à l'Assemblée nationale qui tient ouvertement des propos antisémites et ce n'est pas une erreur, je veux arrêter, arrêtons de dire que c'est une erreur. C'est vrai Madame Thénault.

Mais on ne peut pas minimiser. Madame Thénault, c'est vrai. Et dans le même temps, Serge Klarsfeld apporte parrain ou soutien.

Il dit que le RN est devenu le parti pro-juve. Je voulais vous lire justement à nouveau. Serge Klarsfeld, en ex-chasseur de nazis, qui dit la chose suivante, peut-être qu'on peut voir la déclaration.

Entre le RN et LFI, je n'aurai pas d'hésitation, je voterai pour le Rassemblement national. C'est ce qu'il dit, au second tour. Le RN soutient les Juifs, soutient l'État d'Israël.

C'est normal qu'entre un parti antisémite et un parti pro-juif, je vote pour un parti pro-juif. Et son fils, Arnaud Klarsfeld, était l'invité de BFM TV cet après-midi. Et il en remet une couche, on écoute.

Je pense qu'en démocratie, il faut choisir. Et entre un parti qui est un front populaire dominé par la France insoumise, qui est un parti antisémite, comme je l'ai rappelé derrière un voile d'antisionisme, et Marine Le Pen qui a changé, qui a évolué, qui a condamné la rafle du Veldiv, qui a condamné...

Il n'y a plus d'antisémite au RN ? En tous les cas, pas Marine Le Pen. Elle a fait évoluer son parti.

On est face à un parti qui est un parti que je considère comme antisémite et un parti qui était d'extrême droite et qui est devenu un parti de droite populiste et populaire. Et entre les deux, je choisis Marine Le Pen. Ça vous choque, ces propos d'Arnaud Klarsfeld, de Serge Klarsfeld également ?

Je vais être d'accord avec lui sur un point. C'est qu'en démocratie, on peut choisir. Il a raison.

En démocratie, on peut choisir. En l'occurrence, là, moi, ce que je vois, c'est que le choix lui a été posé sur soit la LFI, soit le RN. C'est tout ce qu'il y a comme choix.

Mais malheureusement, on se dirige vers des...

Non, stop, s'il vous plaît. Vous savez, j'en ai fait alliance de gauche, alliance de droite. Oui, mais justement, est-ce qu'on peut essayer d'être dans une prophétie ?

Enfin, je pense que laissons les Français s'exprimer déjà sur le premier tour. J'ai l'impression...

Non, mais je veux bien attendre. Il y a beaucoup de Français qui se mettent déjà dans cette configuration-là. On l'entend beaucoup autour de nous.

Non, il y a beaucoup de débats. Oui, je l'entends. Qui imaginent que face à ce choix, ils essaient d'imaginer ce qu'ils feront.

Je sais. Je sais bien. Et on a déjà eu ces mêmes débats sur d'autres élections électorales, sur les présidentielles en l'occurrence en 2022. où on nous disait entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen.

On n'était même pas encore arrivés à la veille du premier tour qu'on nous demandait déjà de choisir entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. Il faut s'est constaté que ça n'a pas été le final. On sort d'élection.

Là, les Français ont eu un choix très large. Ce n'est pas les mêmes élections. C'était une élection proportionnelle.

On sort d'une élection européenne. Et qu'est-ce qu'on a vu ? Une liste Rassemblement National, qui était donc dirigée par Jordan Bardella, qui arrivait très largement en tête.

Et lorsqu'on regarde les sondages, et vous avez raison, il faut être prudent, les Français ne sont pas allés aux urnes, on voit que le Rassemblement National est encore favori pour ces élections. Et quand on regarde le détail des sondages, on voit que ce qui est moteur dans ce vote Rassemblement National, c'est le rejet que suscite le chef de l'État. Est-ce que selon vous, Emmanuel Macron est devenu un boulet dans cette campagne ?

Deux choses. Je vais répondre sur votre premier point. On peut parler d'Emmanuel Macron toute la journée, si vous voulez.

Je suis à votre disposition pour le faire. Il est sur vos affiches ? Vous êtes en campagne.

Gabriel Attal est sur mon affiche en tant que chef de la majorité. Pourquoi ? Mais pourquoi ?

Il ne faut pas mentir aux Français sur une élection. Quelle est la question qui est posée pour le 30 juin et le 7 juillet ? Qui pour gouverner la France ?

Qui comme prochain Premier ministre à partir du 8 juillet ? Pardon, Emmanuel Macron est président de la République. On ne va pas se tromper dans le fonctionnement de nos institutions.

Donc il y a effectivement trois choix aujourd'hui. Gabriel Attal, Jordan Bardella ou Jean-Luc Mélenchon. Et donc oui, je, en responsabilité et en transparence, je mets Gabriel Attal sur mon affiche.

C'est tout à fait normal. Maintenant, sur ce que vous disiez...

Donc il restera un Premier ministre après ces élections ? Il faudra voir la composition de l'Assemblée nationale. Évidemment, si vous obtenez la majorité à ce point, oui, il sera encore l'homme de la situation.

Il a la confiance du Président de la République. Il a la confiance du Président de la République. Et vous le disiez aussi sur les élections européennes.

Ce qui est provenant que s'il se réinstalle à Matignon, il suivra les directives du Président de la République. Je crois que vous n'avez pas oublié le discours de politique générale de Gabriel Attal que nous sommes en train de continuer à mettre en place avec un certain nombre de sujets, je pense, qu'il est en train de détailler sur une autre chose. Précisément.

Mais attendez, je voulais juste revenir sur ce que vous disiez sur les européennes. Ici, il y a quand même quelque chose de différent, fondamentalement différent. C'est que sur les élections européennes, nous avions un candidat Les Républicains assez clairement identifié avec une ligne extrêmement claire pour l'ensemble des personnes qui votent Les Républicains et qui croient profondément aux valeurs des Républicains.

Ce n'est pas le cas aujourd'hui. Ce n'est absolument plus le cas aujourd'hui. De la même façon, côté du PS, des sociodémocrates, nous avions un candidat parfaitement identifié qui avait des lignes très claires d'ailleurs sur lesquelles je pouvais être d'accord sur un certain nombre de sujets.

Raphaël Glucksmann. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas puisque la LFI a tout absorbé. Moi, ce que je peux dire aujourd'hui à ces deux catégories d'électeurs, c'est que tout n'est pas perdu et tout n'est pas mis à la poule.

Donc vous les appelez à vous rejoindre. Mais bien sûr. Mais vous y croyez vraiment que vous allez pouvoir former une majorité avec les socialistes déçus, les Républicains déçus ?

Est-ce que je crois qu'aujourd'hui, quelqu'un qui a voté Raphaël Glucksmann aux Européennes va voter Jean-Luc Mélenchon aux législatives ? Je ne crois pas. En tout cas, Raphaël Glucksmann, même s'il le dit, il le fait un peu à contre-cœur, il regarde plutôt du côté du Front populaire que du côté de la majorité présidentielle.

Vous parliez des déclarations de Gabriel Attal. Il donne une interview ce soir. Quelques déclarations nous parviennent.

Il confirme qu'effectivement, en réagissant au drame de Courbevoie, qu'il veut revenir et atténuer l'excuse de minorité qui, on le disait tout à l'heure, permet de diviser la peine d'un mineur par deux. Mais il dit pour ça qu'il faudra une loi, la voter. Donc il faudra une majorité.

Il faudra aussi convaincre Éric Dupond-Moretti. Et sur l'antisémitisme, il dit aussi qu'il appelle les responsables politiques à mettre des digues sur l'antisémitisme. Mais le fait qu'une famille comme les Karsfeld, aujourd'hui, appelle à voter Rassemblement National, est-ce que ça n'est pas justement la preuve qu'il n'y a plus de digues ?

Je veux bien. Moi, ce que je dis simplement, c'est regardons aujourd'hui les prises de position des uns et des autres. J'ai l'impression que c'est...

Je ne sais pas pourquoi, on a l'impression qu'on passe sous silence ou que c'est qu'on minimise le Rassemblement National, voulait faire siéger, si on ne s'était pas tous mobilisés pour dénoncer, voulait faire siéger à l'Assemblée Nationale un homme qui tient des propos antisémites. Il faut quoi comme autre preuve ? Et ça ne veut pas dire que ça minimise l'antisémitisme de la LFI.

Pas du tout. Pas du tout. L'antisémitisme, point, doit être condamné.

D'où qu'il vienne ? D'où qu'il vienne. Mais ne nous cachons pas les yeux sur les uns pour mieux dénoncer les autres.

Les deux sont à dénoncer. Et je pense qu'aujourd'hui, ceux qui se pincent le nez ou qui disent qu'ils vont se pincer le nez peut-être en votant les uns pour combattre les autres se trompent parfaitement. Au final, ils auront les deux.

Au final, ils auront les deux. Prisca Thévenot, le principe de l'émission, c'est que les téléspectateurs puissent vous interpeller directement, poser des questions en scannant des QR codes. Il y a une question de Mohamed qui dit la chose suivante.

Vu l'exigence et les opinions très diverses des Français, notre pays n'est-il pas devenu ingouvernable ? Et n'est-ce pas la fin du système de la Vème République ? Merci pour cette question qui, effectivement, nous a tous un peu percuté au lendemain du choix de la dissolution faite par le Président de la République.

Je suis effectivement aujourd'hui membre du gouvernement, mais j'étais hier députée. Et je dois le dire, au respect du travail parlementaire qui a été fait à l'Assemblée nationale, l'Assemblée nationale a fonctionné. Des textes ont été votés.

Les textes sont passés aussi avec des outils constitutionnels que nous connaissons, le 49-3. Mais à quel prix ? Au prix d'une institution qui a été épuisée, fatiguée et abîmée.

Donc oui, nos institutions fonctionnent. Oui, le pays continue à rester gouvernable. Mais aujourd'hui, nous avons vu que d'avoir une majorité relative, ça reste quand même compliqué.

Quand nous avons effectivement des extrêmes extrêmement puissants qui sont là non pas pour essayer de faire avancer un certain nombre de propositions, mais qui sont là pour présenter et proposer un programme pour d'autres échéances qui ne sont pas celles d'aujourd'hui. Et c'est ça aujourd'hui que nous avons. Donc oui, nos institutions fonctionnent.

Elles fonctionnent d'autant plus fort et d'autant plus vigoureusement. Mais nous devons aussi accepter que la majorité relative qui a été donnée en 2022, on a essayé, ça a fatigué fortement, fortement l'Assemblée nationale. Mais malgré tout, on est quand même dans une grande période de confusion.

On sent quand même que les choses sont extrêmement fébriles, alors qu'on est à un mois des Jeux olympiques. Et cette période de confusion, vous le savez mieux que moi, ne fait que commencer. En fait, je pense qu'on est dans une période de confusion depuis maintenant un petit moment.

Ça fait deux ans, en fait, qu'on a des oppositions politiques, donc surtout à l'Assemblée nationale, qui se sont unies dans l'adversité. L'adversité, c'est nous. Et qui n'ont eu que de cesse d'essayer de faire.

Soit tomber le gouvernement, soit tomber l'Assemblée nationale, soit les deux. Nous sommes au contraire aujourd'hui, par la décision du président de la République, dans un temps de clarification. Nous sommes justement, et ce temps de clarification, la conclusion sera apportée par les seuls qui comptent, les Français.

Mais Théveno, vous avez vraiment compris pourquoi le président avait décidé de dissoudre au lendemain d'une élection européenne, en estimant que les Français qui venaient de voter allaient re-voter. Et il y a quelque chose d'assez étonnant. Au fond, c'est l'argument de Nicolas Sarkozy.

Il vote le 9 juin. Pourquoi voulez-vous qu'il change d'avis le 30 et le 7 juillet ? Je vous pose la question différemment, si vous me permettez.

Du coup, j'y réponds comme ça. Non, vous vous posez à la mienne, c'est mieux. Mais voilà, vous allez voir, vous allez voir et vous allez tout à fait comprendre.

Si au lendemain des élections européennes, même voire le soir même des élections européennes, avec les scores qui ont été ceux que nous connaissons aujourd'hui, le président n'avait rien fait. Vous auriez été les premiers à me dire, mais c'est une blague, vous ne faites rien ? Vous n'avez pas entendu l'appel des urnes ?

Vous n'avez pas entendu ce qui s'est primé dans les urnes ? Vous ne faites rien ? Vous vous dites, circulez, il n'y a rien à voir et on continue comme ça ?

Il y a peut-être un entre-deux. Mais il n'y a pas d'entre-deux quand il y a un tel niveau de vote extrême. Il n'y a pas d'entre-deux.

Quand on donne la voix aux Français, ce n'est jamais insensé, au contraire. C'est plein de bon sens. Merci à vous.

Merci Pris-Katevnaud d'être venue sur le plateau répondre à nos questions. Merci Pris-Katevnaud d'être venue sur le plateau.