Xavier Bertrand, invité du Grand Jury, dimanche 25 janvier 2015 - Partie 2 - RTL - RTL
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 50 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:34FerméeRéponse partielle
Est-ce que vous y êtes favorable ? Est-ce que c'est possible ?
- 3:58OuverteRéponse partielle
La ministre de la Justice, Christiane Taubira, est souvent accusée par l'opposition de mener une politique laxiste. Est-ce que vous la considérez comme la personne qu'il faut aujourd'hui pour mener les réformes nécessaires ?
- 5:47OuverteRéponse directe
J'aimerais vous interroger sur cette question qui pose une question d'alliance de la France avec un certain nombre de pays du Moyen-Orient.
- 7:28RelanceRéponse directe
Est-ce que ça, à vos yeux, c'est tenable ? Ou bien est-ce qu'il faudra se dire un jour, finalement, si notre ennemi c'est Daesh, il faut peu ou prou se rapprocher de Bachar ?
- 8:08OuverteRéponse directe
Notamment, est-ce que ce pays, le Qatar, pour lesquels il y a quelques fantasmes sur son financement ou pas du terrorisme, est un pays tabou lorsqu'on est à l'UMP ou pas ?
- 8:44ComplaisanteRéponse directe
Que ce soit les avions décollent, que leurs avions décollent aussi, et que leurs bombes atteignent les combattants de Daesh.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:40Invité politiquePromesse
« je pense qu'il faut engager ce combat. »
- 0:43Invité politiquePromesse
« Je pense qu'il faut pouvoir retirer la nationalité française, entendons-nous bien, même quand il ne s'agit pas de binationaux. »
- 2:19Invité politiqueFait
« L'Angleterre a mis en place, notamment avec les Control Orders, voilà quelques années, des mesures qui leur ont permis de mieux se protéger face au terrorisme. »
- 2:35Invité politiquePromesse
« je demande à ce que l'on fasse exactement la même chose en France. »
- 2:40Invité politiquePromesse
« si vous partez, vous ne reviendrez pas en liberté. »
- 4:58Invité politiquePromesse
« est-ce qu'elle aura sa place ? »
- 5:10Invité politiquePromesse
« Nous ne pourrons pas avoir de politique en matière de sécurité forte si nous n'avons pas à l'avenir davantage de places de prison. »
- 5:35Invité politiquePromesse
« Quartiers spéciaux, dans un premier temps, je pense qu'à l'avenir, il nous faudra des quartiers avec davantage de places que ce qui est prévu aujourd'hui par le gouvernement. »
- 9:11Invité politiquePromesse
« tout cela doit être condamné, et on doit vraiment faire preuve d'une tolérance zéro vis-à-vis de tous ceux qui commettent de tels actes. »
- 10:19Invité politiquePromesse
« La laïcité coercitive, comme dit mon ami Alain Marceau, voilà ce qu'il nous faut. »
- 12:02Invité politiqueFait
« Trop d'austérité en Grèce. »
- 12:12Invité politiqueFait
« Quasiment les mêmes familles qui sont partagées le pouvoir, qui ont menti sur la réalité des chiffres du budget en Grèce. »
- 15:51Invité politiqueFait
« Ce sera leur choix. »
- 17:45Invité politiquePromesse
« je ne voterai pas cette loi. »
- 18:24Invité politiquePromesse
« Je voterai contre. »
- 24:06Invité politiqueFait
« Le PNR, le fameux programme qui permet d'avoir des informations sur les passagers. Elle ne veut pas le voter. »
Temps de parole
- Xavier Bertrand64 %
- Présentateur12 %
- Présentateur 211 %
- ?9 %
- Invité3 %
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Suite du grand jury. RTL, le Figaro LCI. Invité ce soir, Xavier Bertrand, député maire UMP de Saint-Quentin. Le débat est dirigé par Jérôme Chapuis. Nous sommes de retour dans le grand studio d'RTL avec Xavier Bertrand. Encore un mot, Xavier Bertrand, sur les suites des attentats,
les
nombreuses mesures qui ont été évoquées. Parmi celles qui divisent la droite et la gauche, il y
a
la question de la déchéance de nationalité, notamment pour les personnes qui n'ont qu'une seule nationalité, la nationalité française. Est-ce que vous y êtes favorable ? Est-ce que c'est possible
? Je
sais que c'est compliqué,
mais
je pense qu'il faut engager ce combat.
On
acquiert bien la nationalité française. Je pense qu'il faut pouvoir retirer la nationalité française, entendons-nous bien, même quand il ne s'agit pas de binationaux.
On
se pose toujours des questions existentielles par rapport au droit. Je préfère gérer des problèmes juridiques que de gérer des phénomènes de guerre sur notre territoire. La question précise, c'est qu'on crée des apatrides. Est-ce que c'est légal
du
point de vue du droit international ? Alors on fait bouger le droit international. Le terrorisme, c'est quelque chose de très particulier.
Le
terrorisme s'en prend au droit international,
s
'en prend à notre mode de vie, s'en prend à notre société. Alors la société et le droit international doivent évoluer. Parce que vous dites qu'ils sont apatrides,
mais
quand ils vont se former aux techniques de guerre du djihad au Yémen, pourquoi ce n
'est
pas le Yémen qui les accepte dans ces conditions-là, de la même façon pour la Syrie ou de la même façon pour la Libye ? On
parle en l'occurrence de pays
où les États sont extrêmement faibles, voire quasi inexistants. Eh bien, dans ces cas-là, ce que je veux vous dire, c'est qu'il y a bien des pays pour les accueillir, pour préparer les massacres futurs. Alors dans ces conditions, je demande à la communauté internationale, je demande à la France de porter ce débat. Parce que c'est toujours commode de dire, vous savez, on ne peut pas. Et eux, ils se gênent avec le droit. Donc moi, je ne dis pas qu'il faut ne pas s'embarrasser du droit, je dis qu'il faut faire évoluer le droit.
Avec ses voies-elles
? Donc ça suppose de faire évoluer ou de
sortir d'un certain nombre de dispositions de la Convention européenne des
droits
de
l
'homme ? Bien sûr.
Et
ça,
c
'est possible ? La Convention européenne des droits de l'homme, on peut avoir la lecture qui nous empêche de tout faire, mais dans ces cas-là, excusez-moi, n'invitez plus de responsables politiques, que plus personne ne s'engage en politique. C'est pour dire, vous savez, nous, on aimerait bien, mais on ne peut pas. Ça va bien. L'Angleterre a mis en place, notamment avec les Control Orders, voilà quelques années, des mesures qui leur ont permis de mieux se protéger face au terrorisme.
Il
y avait la Convention européenne des droits de l'homme.
Mais
l'article 15 permet, quand il y a un péril imminent pour la nation, de pouvoir prendre des mesures, même temporaires. Je demande à ce que l'on fasse exactement la même chose en France. Parce que je crois qu'il faut, d'une certaine façon, une présomption de culpabilité.
Dans
le procès, on sait bien que c
'est
la présomption d'innocence. Mais avant qu'il y ait un procès, c'est de dire, si vous partez,
vous
ne reviendrez pas en liberté.
Surveillance de
la résidence, bracelets électroniques, d'autres mesures, comme des centres de rétention. D'autres pays l'ont fait, qui étaient aussi soumis
à
la lecture, à l'application de la CEDA. Je demande exactement la même chose en
France. C'est une
présomption de culpabilité pour les djihadistes. Mais quelqu'un qui va faire le djihad, il y va pour quoi
? Il
y va pour s'entraîner et ramener la guerre dans notre pays. C'est bien pour nous faire la guerre. Nous le savons. Ne les laissons pas revenir. Et ceux qui sont sur le territoire aujourd'hui,
il
faut en permanence les harceler.
Il
faut les convoquer au commissariat pour quelques motifs que ce soit. Et il faut les débusquer pour leur permettre d'éviter ce qu'ils sont en train de
préparer. Nous avons des bons barotins de mort. Ça veut
dire quoi ? Un djihadiste,
soit
on le déchoie de sa nationalité, on ne le laisse pas revenir sur le territoire national. Une possibilité.
Soit on
le laisse rentrer. Et là, vous
dites, si on le laisse rentrer, il faut quoi ? Il faut le mettre en prison. Résidence surveillée,
brasse
électronique ou centre de rétention. Privation de sa liberté telle qu'il entendait. Nous savons pourquoi il revient. Nous savons pourquoi il est parti. Et on va laisser faire. Je ne veux plus détourner le regard
de cette réalité
que nous connaissons.
Je sais
que c'est dur, mais je l
'ai
dit tout à l'heure. C'est leur liberté ou c'est la nôtre ? Alors c'est la nôtre qu'il faut préserver.
Xavier Bertrand, une question politique. La ministre de la Justice, Christiane Taubira, est souvent accusée par l'opposition de mener une politique laxiste. Est-ce que vous considérez qu'elle est la personne qu'il faut aujourd'hui pour mener les réformes nécessaires
dans la lutte contre le terrorisme ? Dans les mesures qui vont être annoncées complètement par le gouvernement, et on verra si le gouvernement entend aussi les arguments, les propositions de l'opposition,
on
verra si Mme Taubira écoute ou pas, et si elle suit le Premier ministre ou pas.
Elle a écrivé des réserves sur une mesure. Ce
n
'est
pas probable. Écoutez, ton Premier ministre aussi de faire preuve d'autorité dans son gouvernement, on
ne
peut pas imaginer qu'une ministre ne mette pas en application le plan gouvernemental, même si je souhaite que le plan gouvernemental aille plus loin encore. Elle a déjà dit qu'elle ne pensait
pas
que du bien de l'idée de l'indignité nationale, proposée par l'UMP, examinée par Manuel Valls.
Moi,
si j'étais à la tête de l'État et du gouvernement, je sais ce que je ferais. C'est-à-dire
? Dans
ces cas-là, si elle ne suit pas ce plan aussi essentiel, sur un sujet aussi essentiel, est-ce qu'elle aura sa place ? Maintenant, j'ai une vraie différence de fond avec Mme Taubira sur deux aspects.
Nous
ne pourrons pas avoir de politique en matière de sécurité forte si nous n'avons pas à l'avenir davantage de places de prison.
Que
nous isolions les imams qui, en prison, ceux qui sont emprisonnés, mais qui continuent
à
professer
justement
le djihad. Je pense à tous ces salafistes djihadistes, les salafistes djihadistes, qui eux ont clairement décidé
de
nous anéantir. Tout cela en prison. Vous pouvez en mettre certains à
l
'écart. Je pense que ça ne suffira pas. Il faudra des places supplémentaires à l'avenir. Il faut des prisons spéciales ou des quartiers spéciaux ? Quartiers spéciaux, dans un premier temps, je pense qu'à l'avenir, il nous faudra des quartiers avec davantage de places que ce qui est prévu aujourd'hui par le gouvernement. Mais il nous faudra davantage de places en prison. C'est une évidence dans les années qui
viennent.
Xavier Bertrand, vous avez effleuré la question. J'aimerais vous interroger dessus, sur cette question, qui pose une question d'alliance de la France avec un certain nombre du pays du Moyen-Orient. J'aimerais juste vous citer une phrase d'Edgar Morin dans le journal Le 1, qui résume la chose ainsi. Cette guerre comporte des aspects qui paraîtraient grotesques s'ils n'étaient tragiques. L'Occident combat le régime d'Assad, met son allié contre Daesh et bénéficie de ses services de renseignement. L'Occident est hostile à l'Iran, mais est son allié objectif, puisque l'Iran soutient militairement le pouvoir chiite irakien.
Et puis la Turquie, dit le philosophe, est plus hostile aux Kurdes de Syrie, frères des Kurdes de Turquie, qu'à Daesh. Est-ce qu
'il
ne faut pas, lorsqu'on pointe ces manquements de la diplomatie occidentale et sans doute française, se poser la question de revoir nos alliances au Moyen-Orient, révision dans laquelle peut-être on pourrait même englober le Qatar
? Notre
ennemi premier,
c
'est Daesh.
Ils
veulent nous anéantir, il faut les anéantir.
Et
ce que je demande,
c
'est à tous les pays que vous venez de citer, vous parlez de Qatar,
l
'Arabie Saoudite, la Turquie, d'être au premier plan, d'être au premier rang pour les combattre. Que ce soit leur bombe à eux aussi qui frappe Daesh.
Ce
que je leur demande, c'est d'être non pas derrière nous,
mais
c'est d'être devant nous,
de
façon à bien montrer que ce combat est international.
Voilà
ce que je demande pour qu'il
y
ait une clarification.
Il y a
de l'ambiguïté aujourd'hui de la part de ces pays ? J'entends régulièrement les questions posées, notamment sur la Turquie. Vous l'avez dit vous-même, qu'à un moment donné, on aurait pu davantage stopper l'offensive de Daesh.
Mais
que les Turcs, visiblement, ne l'ont pas fait comme il le faudrait. Donc là, nous avons besoin d'une clarification totale. Et vis
-à
-vis de la Syrie, aujourd'hui, la position de la France, c'est ni Bachar, ni Daesh. Est-ce que ça, à vos yeux, c'est tenable ? Ou bien est-ce qu'il faudra se dire un jour, finalement, si notre ennemi c'est Daesh, il faut peu ou prou se rapprocher de Bachar ? Bachar est un boucher
qui
a exterminé son peuple.
Je
ne l'oublie pas, je ne l'oublierai pas.
Mais
l'ennemi premier, c'est Daesh. Donc
?
Éric Revelle
? Je
viens de vous le dire clairement. Éric Revelle ? On a besoin d'éradiquer Daesh.
Pardonnez-moi, je reviens sur la question du Qatar, parce que Nicolas Sarkozy avait fait de ce pays la pierre angulaire, le pays pivot de sa politique au Moyen-Orient. François Fillon, dans Le Monde, estime que l'engagement de Doha, donc du Qatar contre le terrorisme, doit être éclairci. Bruno Le Maire, il faut réexaminer les relations avec le Qatar. Notamment,
est
-ce que ce pays, le Qatar, pour lesquels il y a quelques fantasmes sur son financement ou pas du terrorisme, est un pays tabou lorsqu'on est à l'UMP ou pas ?
Je
vous l'ai dit tout à l'heure, j'ai cité moi-même le nom du Qatar, comme de l'Arabie Saoudite, comme d'autres pays.
Le
problème, c'est qu'ils doivent être très clairement devant, en premier, pour frapper Daesh. C'est comme ça que la clarification, ce que certains appellent de leur vœu, sera effective.
Un
mot pour clore ce débat sur
la suite des
attentats.
Que
les avions décollent, que leurs avions décollent aussi, et que leurs bombes atteignent les combattants de Daesh. Voilà ce que je demande.
Un mot sur ce qui se passe chez nous, et sur les populations musulmanes, ici en France. On a beaucoup dit qu'elles pouvaient être victimes d'amalgame. Qu'est-ce que vous répondez à celles et ceux qui dénoncent les actes très nombreux, les actes anti-musulmans qui ont été commis depuis une quinzaine de jours,
et qui demandent des actes
? Tous
les actes racistes, tous les actes antisémites, tous les actes islamophobes, tout cela
doit
être condamné, et on doit vraiment faire preuve d'une tolérance zéro
vis
-à-vis de tous ceux
qui
commettent de tels actes.
Maintenant, il
y
a
aussi autre chose
qui
est importante.
Je
veux entendre en France,
de
la part de responsables musulmans,
la
même phrase que celle que j'ai entendue de la part d'un responsable politique musulman qui met en avant sa religion,
c
'est le maire de Rotterdam.
Le
maire de Rotterdam, M. Aboutaleb, a dit la chose suivante.
Les
musulmans qui ne goûtent pas à la liberté d'expression doivent retourner en Orient. Il faut comprendre que la République française,
c
'est aussi la liberté, et c'est donc la liberté d'expression. Il n'y a aucune restriction à cela. Cette
phrase, vous la
reprenez à votre compte.
Les
musulmans
doivent...
Je veux l'entendre.
Je
veux l'entendre. De la part des responsables musulmans de France,
dont vous trouvez qu'aujourd
'hui, ils n'expriment pas assez ce genre de...
La phrase, elle est forte, elle est très forte. Je veux l'entendre également. Parce que c'est la seule condition pour bien comprendre
qu
'entre les salafistes djihadistes
et
les musulmans, ça n'est pas la même chose. Comme je souhaite également qu'il n'y ait plus du tout la moindre ambiguïté, que tout le monde soit sur la même ligne pour lutter contre le port de la burqa sur le territoire national. Que plus personne ne cherche d'excuses ou d'explications quand il y a aujourd'hui encore des ambiguïtés sur le refus de soins par un médecin. C'est-à
-dire,
en clair, qu'un médecin homme ne peut pas soigner une femme. C'est insupportable dans notre pays. Plus de certificats de complaisance pour éviter que des jeunes filles aillent à la piscine et encore moins d'auraient réservé dans les piscines. La laïcité coercitive, comme dit mon ami Alain Marceau, voilà ce qu'il nous faut. C'est-à-dire une laïcité qui permet de comprendre qu'il n
'y a
aucune loi religieuse, ni au niveau ni au-dessus des lois républicaines. C'est la seule façon que nous pourrons avoir cette offensive
républicaine que j'ai appellue. Benoît Paru dénonce lui à l'inverse
le totalitarisme laïc à Rapparu, qui est un proche d'Alain Juppé.
Ça n'est pas la même chose dont parle mon ami Alain Marceau. Oui, c
'est
même le contraire, en l'occurrence. Non, non, mais il n
'est
pas visé par ce que dit Benoît Paru. Ce n
'est
pas la même chose.
Non, mais il dit qu'il faut assouplir la laïcité, il faut
sortir de la
loi
de 1905.
On n'aura pas le temps d'ouvrir le débat sur les religions dans l'espace public. Aucune exception.
En France, on accepte les lois de la République française. C'est aussi simple que cela. Et ça s'applique à tous. Xavier
Bertrand,
on clôt ce débat. Évidemment, on pourrait en parler encore pendant des heures. Je voudrais qu'on évoque avec vous l'actualité de ce week-end, qui est la victoire très probable du parti de gauche Syriza en Grèce. On n'a pas encore de résultat définitif, mais les projections laissent penser que si ce n'est pas une majorité absolue, on en est tout proche. Est-ce que vous faites partie de ceux dans la classe politique française qui ont peur de Syriza ?
On
va attendre les résultats, mais si Syriza gagne, ce n'est pas une surprise.
Tout
le monde l'annonçait. Pourquoi
? Trop
d'austérité en Grèce.
Et
puis aussi la faillite d'une classe politique complètement discréditée. Quasiment les mêmes familles qui sont partagées le pouvoir, qui ont menti
sur
la réalité des chiffres du budget en Grèce. Il ne
faut
pas s'étonner
que
là-bas,
les
électeurs, les Grecs, aient eu envie de faire un autre
choix.
Ça, ce sont les causes. Mais les conséquences, les conséquences pour la France notamment, qui détiennent 50 milliards d'euros de
dettes
grecques ? Les conséquences, elles sont
déjà
à mesurer à l'aune de ce qu'a dit M. Tsipras.
Il
ne
veut
pas sortir de l'Europe et il ne veut pas sortir de l'euro. Et il veut rembourser la dette ? De façon négociée. Mais une chose est certaine. Il faut effacer la dette ? Ce n'est pas le contribuable français qui paiera à la passe des contribuables grecs. Ça, c'est une chose qui, pour moi, est une évidence. Maintenant, pour le reste, ça montre aussi un point important.
C
'est que vous pouvez demander des réformes structurelles. C'est évident, c'est important. Mais seulement vous ne pouvez pas donner le sentiment d'en demander trop et de saigner un peuple. Voilà aussi quel est le message, à mon sens, de l'élection, si elle se confirme, de M. Tsipras.
L
'analyse économique,
puis
l'analyse plus politique, peut-être, sur laquelle j'aimerais vous entendre. Pour la vie politique française, la victoire de l'extrême-gauche en Grèce, est-ce que ce n'est pas la deuxième bonne nouvelle de la semaine pour François Hollande, après celle de la BCE qui injecte massivement
de
l'argent dans le système économique européen ? Parce qu'en réalité,
la
victoire de l'extrême-gauche en Grèce, c'est sans doute, pour la Banque centrale européenne et pour Bruxelles, l'idée très précise que l'austérité, que le débat sur l'austérité et sur les réformes structurelles est en train de s'éloigner.
Est
-ce que pour François Hollande, ce n'est pas une bonne nouvelle ?
Écoutez, si on pense que parce qu'il y a cette décision, ce pas important de la BCE, on peut s'endormir, c'est qu'on n
'a
rien compris. C'est qu'on n'aurait strictement rien compris. La politique de la BCE aujourd'hui, ce plan ambitieux, important, c'est déjà pour nous éviter le pire, l'effondrement
dû à la déflation. Ça vous l'approuvez.
Bien sûr. Sauf que, vous savez, je plaide depuis des années pour qu'on ait un changement dans le traité. C'est-à-dire que la BCE soit là pour
lutter
contre l'inflation, mais qu'elle soit là aussi et que ce soit clairement écrit,
favoriser l'emploi.
Si vous voulez me faire dire que je préfère M. Draghi et M. Trichet, ah oui, évidemment. Mais il va aux limites de ce qu'est aujourd'hui son mandat. Et d'ailleurs, ce que je voudrais... Il va au-delà même, disent les Allemands. Ils disent, la BCE
a outre passé son mandat. Vous
voyez
bien que la
force de la proposition est inversée. Avant, l'Allemagne donnait le ton. Il disait, faites de l'austérité, faites des réformes, et ensuite on verra comment on peut vous aider, y compris, en recyclant nos excédents commerciaux. Et avec la décision de M. Draghi,
c
'est exactement le contraire qui est en train de se mettre en place. C'est, j'injecte des liquidités, et n'oubliez pas de faire les réformes. La proposition allemande vient de s'inverser.
Non,
mais en ce qui concerne le message de la BCE,
c
'est de dire, j'évite le pire, j'évite la déflation, j'évite l'effondrement, mais il faut aussi bien comprendre qu'on ne peut pas en permanence avoir une austérité budgétaire. Faites aussi les réformes. Ce message-là, je l'entends. La seule chose, ce qui manque à mon avis, dans le plan de la BCE aujourd'hui, c'est de fixer un objectif, pas de durée d'étalement du plan, mais de fixer un objectif sur notamment l'emploi ou plutôt un taux de chômage. C'est ce qu'ils font aux États-Unis. Et là, en définitive, aujourd'hui, vous retrouvez les limites du mandat de la BCE européenne qui, à la fois, lutte contre l'inflation ou la déflation, la stabilité des prix, mais qui ne regarde pas assez, qui
ne se mobilise pas assez encore
pour la croissance
et pour l'emploi. C'est ça que j'attends aujourd'hui.
Vis-à-vis des Grecs, qu'est-ce qu'il faut faire ? Est-ce qu'il faut passer les ponts sur la dette pour qu
'ils
restent dans l'euro ?
Ou
bien est
-ce
qu'il faut dire « Vous payez vos dettes, sinon vous sortez de l'euro, ce n
'est
pas grave ». Écoutez, s'ils veulent sortir de
l'euro, ce sera leur choix. Voilà.
Donc vous vous dites « Ce n'est pas grave ».
Ce sera leur choix. Moi, j'ai une règle, claire. Ce n
'est
pas le contribuable français qui paiera à la place des Grecs.
Qui doit payer. Il y a un risque
qui paye si on efface la dette. Mais vous savez, M. Tsipras,
a
continué en matière d'immigration ce que l'Europe a laissé faire pendant des décennies. Mais pour le reste, plus il approchait des responsabilités et d'une victoire, moins il a parlé de sortir de l
'euro. Il n'en parle pas de ce programme. Ça reste quand même un
programme. 13e mois pour tous les retraités. 300 000 familles pauvres qui ont l'électricité, les coupons repas, hausse du SMIC et de 10%. Tout ça est quand même un programme de
gauche.
Lui, il n'a pas compris
que le
plus important n'était pas la conquête du pouvoir.
Mais
c'est l'exercice du pouvoir. Mais ça, les semaines et les mois qui viennent vont le ramener à cette dure réalité.
On ne peut pas promettre n'importe quoi en politique.
Ça a marché par le passé.
La
gauche
française,
Jean-Luc Mélenchon, le Parti communiste, ont raison de se réjouir de cette victoire
quand
ils disent que ça peut nous pousser, nous, en
France. Mais il n
'y a
pas que la gauche et l'extrême gauche qui l'ont dit.
Il
y a aussi l'extrême droite, il y
a
aussi Mme Le Pen qui s'en est réjouie par avance de l'élection de M. Tsipras.
Ce
n
'est
pas la première fois que Mme Le Pen fait le choix de
la
gauche ou de
l
'extrême gauche.
En
matière de programme, elle aussi est sur ses propositions folles, impossibles à réaliser sur la retraite à 60 ans. Aux élections présidentielles, elle a choisi la gauche.
Aux
élections législatives, dans ma circonscription,
elle
voulait me faire battre. Elle a fait le choix
d
'appeler à voter pour la gauche, pour le Parti socialiste. Ce n
'est
pas la première fois pour Mme Le Pen.
Vous
avez parlé des réformes tout à l'heure. Quand on évoquait la BCE, il y a une réforme, et même plusieurs réformes, qui arrivent cette semaine au Parlement avec la loi Macron. Question très simple. Cette loi qui prévoit notamment de réformer le travail de dimanche. Est-ce que vous la voterez
? Non,
je ne voterai pas cette loi.
Je
l'ai regardée de près.
Je
voulais savoir s'il y avait ce qui me semble le plus essentiel, c'est-à-dire tout ce qui touche au droit du travail, au code du travail. J'avais plaidé pour qu'il y ait un contrat de travail unique,
qu
'on touche réellement aux conditions du licenciement, ce qui permettait, même sans reprise économique, de pouvoir permettre aux employeurs d'avoir moins de réticences. Il n'y a rien de tout cela. Vous savez, cette loi, son titre, c'est loi pour la relance et la modernisation de
l
'économie. L'activité croissance, je crois.
Vous
trouvez vraiment qu'il
y a ce qu'il faut pour
relancer l'activité ? En raison de ce qu'il n'y a pas dedans. Bien sûr. Elle n'est pas de nature à relancer l'économie. Et même pour
le reste... Je veux de mots
précisions, c'est une abstention ou un vote contre ? Je voterai contre.
Je
voterai contre. Il y a deux points sur lesquels je veux insister. Les professions réglementées. Il y a tellement de choses qui ne marchent pas dans notre pays qu'on pourrait réformer. Là, ce qui marche, le gouvernement veut le casser. Les professions réglementées étaient vraiment prêtes, je pense notamment aux notaires, à avancer dans le sens de la modernisation, de l'adaptation. Mais non. Non.
On
a voulu faire un exemple et casser ce qui fonctionne avec le notariat.
Et
vous avez aujourd'hui deux risques. Le premier risque, c'est que vous allez avoir des déserts notariaux qui vont se constituer dans les années qui viennent.
Et
il n
'y a
pas en France que les grandes métropoles et le désert autour. Vous avez ce vrai risque. Et puis, on veut ouvrir
à
la finance le capital des études de notaires. Je ne savais pas que les études notariales avaient besoin de tellement d'argent. Je voudrais savoir quel est le lobby qui est derrière tout ça pour que M. Macron prenne une
telle décision. C'est à lui
de le dire. Comment se fait-il qu'on ouvre
à
ce point qu'on ait besoin d'ouvrir le capital des études notariales ? Je ne savais pas qu'il y avait un besoin. M. Macron devra répondre à cette question. Qu'est-ce qu'il y a ? Ce n
'est
pas l'Europe qui est derrière.
Bien souvent
à
l
'abandon, mais ce n
'est
pas l
'Europe. Et ensuite, le
travail du dimanche. Sur le travail du dimanche... Ça,
ça
va quand même plutôt dans le sens de ce que vous vouliez ? C'est un recul en arrière. M. Macron donne le sentiment de faire un pas en avant et en fin de compte, il fait un pas en arrière au moins. Vous savez, les fameuses, on les appelait comme ça, excusez le nom, les puces, c'est-à-dire plan de campagne. Plan de campagne. Aujourd'hui, plan de campagne ouvre le dimanche. Nous avons fait voter les dispositions avant 2012, M. Revelle. C'est parfois critique sur la période d'avant. On l'a fait. Et ça a permis de maintenir des emplois et d'en créer. Aujourd'hui, même plan de campagne, il faudrait un accord collectif pour pouvoir ouvrir plan de campagne.
Et moi, j'étais notamment pour un droit de tirage pour les commerçants. Non, non. Il faudra le feu vert du maire. Ce qui veut dire qu'aujourd'hui, des zones qui ouvrent le dimanche sont menacées
Il y en aura moins demain
que hier. C'est possible.
C
'est hélas possible. Et encore une fois, pourquoi ? Parce que M. Macron a voulu tout simplement faire plaisir à la frange à gauche de sa majorité et de ne pas avoir de problème. Xavier
Bertrand,
question politique pour terminer. Il y
a
des élections régionales à la fin de l'année. On parle de vous pour la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Ce matin, sur RTL, le porte-parole de l'UMP Sébastien Huig, qui est député du Nord, disait qu'il fallait que ce soit vous qui alliez mener ce combat. Est-ce que vous serez candidat au régional de 2015
?
Cette nouvelle grande région, c'est une formidable chance pour tourner le dos au déclin que nous connaissons depuis des décennies en Picardie et dans le Pas-de
-Calais. Mais répondez à la question.
Première des choses, c'est qu'il y a d'autres candidats qui sont possibles. Sur ce plateau, prenez par exemple Gérald Darmanin, Philippe Rapneau peuvent
être aussi des candidats. Gérald Darmanin
et Marc-Philippe D'Aubresse
ont dit si c'est Bertrand, on n'y va pas, on le laisse
y aller. Je vous dis qu'ils
sont des candidats possibles. La deuxième chose, c'est qu'il faudra une liste d'union pour
pouvoir remporter UMP,
UDI, notamment également CPNT,
les
chasseurs. Et que pour le reste,
je
vais vous dire aussi une chose, c'est qu'il faudra bien montrer que cette région a un avenir. Et clairement, ce n
'est
pas le moment aujourd'hui.
Est-ce
que c
'est
exclu
que vous soyez candidat pour
poser la question différemment ? Je peux vous le
dire dans tous les sens, toutes les façons. Le problème est simple. Il
y a
aujourd'hui des candidats qui sont mobilisés sur les départementales. Il est important aussi d'aller en soutien de ces candidats. La victoire aux départementales est importante, notamment dans cette nouvelle grande région.
J'ai une
petite question perfide sur le sujet avec Xavier Bertrand. Vous
dites ça avec une gourmandise M. Revelle. Oui, parce
que comme le député maire de Tourcoing est ici, ça s'adresserait peut
-être
à lui. Quand on voit que des proches de Manuel Valls poussent Mme Aubry à aller dans cette campagne, quand on voit que certains proches de Nicolas Sarkozy vous poussent à aller dans cette campagne, avec peut-être l'hypothétique candidature de Mme Le Pen, est-ce que ce n
'est
pas une formidable
peau
de banane qu'on va vous mettre sous les pieds si vous êtes candidat ? Oui, c'est perfide.
Ça fonctionnerait comme ça la politique ? Oh, ben ça serait la première fois alors. Non, écoutez, je sais bien qu'en ce moment on est tenté de revenir dans nos travers, les petites phrases, tout ça, la politique politicienne. Vu ce que l'on a connu, ce que l'on connaît encore, si on était capable de se mettre à la fois au niveau des circonstances et de l'exigence des Français, ça ferait du bien à la politique et je pense que ça ferait du bien aussi
à
la République. Il y a parfois
des dernières pensées en politique. Il s'agit d'élire le successeur de Pierre Moscovici. Vous évoquiez tout à
l
'heure le Front National et Marine Le Pen. Est-ce que vous pensez que le climat actuel, les attentats, peuvent profiter au Front National
? Madame
Le Pen, elle a voulu se différencier. Elle a échoué.
Elle
s'est placée en dehors de ce grand
mouvement
populaire national qu'il y a eu à Paris.
Elle
a préféré faire sa manifestation
dans
son coin et tenir un meeting.
Je
pense que c'est cela aujourd'hui que les Français regardent. et le regardent aussi d'autres choses.
C
'est que Mme Le Pen essaye de faire un exemple avec M. Choprade à qui elle a retiré ses responsabilités.
Qu
'est-ce qu'elle attend
pour
retirer ses responsabilités à Jean-Marie Le Pen
? M.
Le Pen a eu des propos injurieux
à
l'égard de nos services de renseignement, ceux dont on parlait tout à l'heure. Il a dit que tout ce qui s'est passé pouvait être un coup monté des services secrets. C'est une insulte à nos services.
Et
il faut absolument
qu
'elle en tire les conclusions. Ce sont
des propos
pour être précis dont elle s'est démarquée.
Quand on n'arrive pas à mettre de l'ordre dans sa famille politique, je ne
vois
pas comment on pourrait mettre de l'ordre dans notre pays. Qu'est
-ce
que vous lui
demandez ?
Vous imaginez que Jean
-Marie
Le Pen puisse exclure Jean-Marie Le Pen du Front National ? Un tel désordre qu'elle tolère dans son parti, dans sa famille politique, ça montre bien qu'elle serait incapable de remettre de l'ordre contre à moi ce qu'elle dit dans notre pays. Et je veux même plus loin. Il y a des mesures qui sont importantes pour la sécurité des Français. Le PNR, le fameux programme qui permet d'avoir des informations sur les passagers. Elle ne veut pas le voter.
Vous
avez aussi le contrôle des sites djihadistes. Elle ne veut pas qu'on les contrôle ou qu
'on
les ferme. Pourquoi ? Parce qu'elle est dans une logique.
Elle
est dans la logique où aujourd'hui, les libertaires, ceux qui ne veulent aucune restriction aux libertés, même au nom de la sécurité, elles veulent les voix. Et dans ce moment où je pense que les responsables politiques ont montré qu'ils attachaient plus d'importance aux pays qu'aux partis, ça n'a pas été le cas de Mme Le Pen.
Xavier Bertrand, merci d'avoir été l'invité de ce grand jury.
C
'est la fin de cette émission. Dans un instant, sur RTL, RTL en direct de l'équipe avec Ludovic Vandekarkov. Une édition spéciale sur LCI pour commenter les élections en Grèce. On attend encore les résultats officiels. On va se retrouver pour le grand jury et le débrief sur RTL.fr, lefigaro.fr et MyTF1 News. Très bonne soirée, très bonne semaine.
Xavier Bertrand