Reconfinement en Italie, situation en Île-de-France, vaccin AstraZeneca... Le "8h30 franceinfo" de Roland Lescure
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France Info. Bienvenue à tous dans le 8.30 France Info sur France Info Radio et le canal 27 de la TNT avec Myriam Ancawa de la chaîne parlementaire. Bonjour Myriam.
Bonjour Hercine, bonjour à tous.
Notre invité est député des Français d'Amérique, porte-parole de La République En Marche et président de la commission des affaires économiques de l'Assemblée, Roland Lescure. Bonjour. Bonjour. La barre des 90 000 morts a été dépassée en France. Le cap de 4000 malades en réanimation est franchi. L'Île-de-France est au bord de la saturation des hôpitaux. Le Premier ministre était à la Pitié-Salpêtrière à Paris hier, Jean Castex, qui n'exclut aucun scénario. On l'écoute.
Il y a ici à l'Île-de-France une situation particulière qui est extrêmement tendue. Donc c'est aussi l'occasion pour moi de m'assurer que l'on déploie tous les moyens pour y faire face. Donc nous suivons au jour le jour cette situation.
Roland Lescure, l'Île-de-France pourrait être reconfinée. Le gouvernement est-il en train de perdre le pari qu'il a fait sur ce point ?
Non, on va tout faire pour essayer d'éviter le reconfinement. C'est clairement le défi des jours, des quelques semaines qui viennent. On a une course poursuite entre le vaccin qui s'accélère. On est sur des rythmes au quotidien de l'ordre de 300 000. Donc ça va comme on avait prévu, de manière à vacciner tout le monde, en tout cas toute la population majeure d'ici cet été. Et de l'autre, des nouveaux variants qui circulent, qui circulent vite, qui circulent fort, notamment en Île-de-France. On voit que les services de réanimation ne sont pas loin de la saturation, qu'on commence à transférer.
Mais le dernier recours, c'est quoi ? Parce qu'on y est là, plus de 1000 personnes en réanimation, dans les services de réanimation en Île-de-France. Il y a des déprogrammations d'opérations, il y a des transferts de patients en province. Le mur, il est là ? Ou il faut encore attendre ?
On n'est pas dans le mur, mais on est sur une île de Crète extrêmement, extrêmement fine. Il ne faut pas oublier quand même que chaque jour gagné où on ne reconfine pas, est un jour où nos enfants peuvent aller à l'école, est un jour où on peut se déplacer, je ne vais pas dire normalement, mais quand même profiter un peu des quelques rayons de printemps qui commencent à pointer. Donc on essaye vraiment de tenir cette ligne fine, mais vous avez raison, le temps s'accélère.
Mais vous comprenez que c'est compliqué à comprendre quand vous avez des taux d'incidence similaires, je pense évidemment au Pas-de-Calais. Pourquoi ce traitement différencié avec l'Île-de-France ?
Parce que l'Île-de-France est une région extrêmement dense, parce qu'on sait qu'un confinement pour des gens qui vivent souvent assez nombreux dans des petits logements, c'est plus difficile. Je ne dis pas que les gens du Pas-de-Calais vivent dans des palais, c'est le cas de le dire, mais on a quand même une région où on a plus de 12 millions d'habitants.
C'est l'activité économique aussi qui influe sur ce choix ?
Non, pas seulement, parce qu'il y a de l'activité économique dans le Pas-de-Calais aussi. C'est vrai qu'on essaye de trouver l'équilibre entre les écoles, c'est l'exception française dont je pense qu'on peut être fier, l'activité économique, mais aussi les conséquences psychologiques. On essaye d'équilibrer ça en échangeant avec les élus locaux, et puis on essaye d'équilibrer tout ça et de tenir au maximum sur cette ligne de crête, en espérant qu'on évitera un reconfinement.
Est-ce qu'on fait mieux que l'Italie ? L'Italie a une forme de méthode, région par région, avec un système de couleurs, elle organise son reconfinement.
D'abord, moi j'aime pas trop cette vision un peu concurrentielle, c'est pas les Jeux Olympiques de la Covid, il faut être extrêmement modeste quand on regarde ce que font les uns les autres. Il y a des choses qui sont mieux faites ailleurs, il y a des choses qui sont bien mieux faites ici. Les enfants italiens, ils sont pas allés à l'école depuis, pour certains d'entre eux, un an. Maintenant, c'est vrai que l'Italie aujourd'hui fait face à une troisième vague, ils ont décidé de reconfiner dès lundi une bonne partie des régions.
La moitié du pays quasiment sera reconfinée, donc la stratégie de confinement régionaux successifs n'a pas réellement fonctionné, puisque l'ampleur du virus augmente sans cesse.
En tout cas, l'Italie fait aussi face à une situation épidémiologique extrêmement difficile, donc ils ont décidé effectivement de reconfiner. Ils avaient fait le choix d'ouvrir les bars et les restaurants dans l'Italie du Nord, visiblement ce choix n'a pas été couronné de succès. Bon, ça montre qu'il faut être à la fois extrêmement prudent, extrêmement humble, et puis, je dirais, continuer dans une stratégie aussi disciplinée que possible. Je pense que le Premier ministre l'a redit tout à l'heure.
Il y a une question que beaucoup de Français se posent, c'est pourquoi, par rapport au premier confinement, on n'a pas réussi à augmenter nos capacités en nombre de lits, en nombre de places en réanimation, en nombre de respirateurs ? L'Espagne l'a fait.
Non, on l'a fait. On l'a fait. Et on a une capacité aujourd'hui bien plus importante. On a aussi des délais de traitement du fait de protocoles améliorés qui ont été raccourcis. Donc, on est dans une situation, je dirais, un peu moins difficile qu'au printemps dernier, mais ça reste une situation extrêmement tendue.
Alors, il y a un autre sujet qui préoccupe, c'est la vaccination. D'abord, la liste des pays qui suspendent par précaution l'utilisation du vaccin AstraZeneca s'allonge. Le Danemark, la Bulgarie, la Norvège, l'Italie, d'ailleurs, sur un lot précis. Olivier Véran a expliqué qu'il n'y avait pas de quoi s'alerter. N'empêche que, quand on regarde les sondages, Harris Interactive, 57% des Français n'ont pas confiance dans ce vaccin AstraZeneca. Comment les rassurer ?
D'abord, avec de la transparence. Olivier Véran l'a très bien dit hier. Il n'y a pas de quoi s'inquiéter. La Haute Autorité de Santé, donc ce n'est pas un politique, c'est bien des experts qui nous rassurent. Au niveau européen également, je rappelle que l'Angleterre, qui a vacciné des dizaines de millions de personnes, alors avec une dose seulement, utilise essentiellement l'AstraZeneca et ça a l'air de fonctionner. On voit les taux d'incidence qui baissent. Donc voilà, il faut continuer à rassurer, continuer la méthode qui est la nôtre, qui est une méthode finalement assez disciplinée, assez progressive. On nous l'a suffisamment reproché.
Et puis, continuer les études, évidemment, qui se poursuivent. Et cette fois-ci, l'avantage qu'on a, c'est que les études, je dirais, c'est du réel. On a aujourd'hui vacciné des millions de personnes. Il y a eu quelques cas un peu inquiétants, vous l'avez dit, au Danemark.
Donc il y a un excès de précaution de ces pays du Nord ?
Non, on n'est jamais trop prudent. Après, chaque pays a sa procédure pour valider les protocoles. Je pense que la nôtre est extrêmement sérieuse. On nous a même parfois reproché qu'elle le soit un peu trop. Donc moi, je suis extrêmement confiant. J'attends mon heure. Et dès que je pourrai, je me ferai vacciner et avec l'AstraZeneca si possible.
Alors, la deuxième difficulté, c'est que les doses promises n'arrivent pas. Trois semaines de disette en perspective en AstraZeneca. Olivier Véran, jeudi soir. Je constate que le laboratoire AstraZeneca réduit, semaine après semaine, actuellement, les livraisons de vaccins qui nous étaient promises et pour lesquelles nous étions contractuellement engagés. Ainsi, la semaine prochaine, nous aurons peu de doses. La semaine suivante, nous aurons peu de doses. Et il est à craindre que la semaine suivante, nous ayons peu de doses également.
Un petit mot là-dessus, Roland Lescure, avant le fil-info ?
Je trouve qu'AstraZeneca, je dirais, n'est pas tout à fait au rendez-vous dans la capacité de production. Donc ça, c'est décevant. C'est pour ça qu'il faut multiplier la production, y compris en France, dans des usines de Sanofi notamment, qui est prête à embouteiller un certain nombre de vaccins. Il ne faut vraiment rien lâcher. Et puis, on a un quatrième vaccin qui arrive. Tant mieux, le Johnson. Donc voilà, continuons, continuons.
Roland Lescure, invité du 830 France Info. Voici le fil-info. Diane Ferschit à 9h moins 20.
C'est la cacophonie. Ce qui est déplorable, c'est que ces décisions soient prises de manière unilatérale, sans réciprocité. La réaction sur France Info de la députée européenne, Nathalie Collin-Osterlet, alors que les travailleurs frontaliers de la Moselle doivent présenter des tests PCR datant de moins de 48 heures pour se rendre en Allemagne depuis le début du mois. Une manifeste aujourd'hui à Styrin-Vindel. Quatrième vaccin anti-Covid pour la France. La Haute Autorité de Santé recommande l'utilisation du vaccin Jensen pour les patients de tous les âges. Ce vaccin, Jensen, s'injecte en une seule dose et se conserve au réfrigérateur. Un nouvel espoir avec ce vaccin.
Alors que la France franchit la barre des 90 000 morts du Covid depuis le début de l'épidémie, la circulation du coronavirus et de ses variants inquiètent tout particulièrement en Ile-de-France. Le Premier ministre, Jean Castex, affirme qu'il faut se tenir prêt à prendre toutes les mesures que la situation appellerait. L'Italie, de son côté, se reconfine à partir de lundi. Le pays confronté à une nouvelle vague de la pandémie. Confinement très strict avec fermeture des écoles pour les régions les plus peuplées. Meilleur film, meilleur réalisateur. Sept prix au total pour Radio Les Condes. Albert Dupontel, la 46e cérémonie des Césars hier soir, les récompenses du cinéma français.
On distinguait aussi Jean-Pascal Zaddy. Meilleur espoir masculin pour son film Tout Simplement Noir.
Roland Lescure, député des Français d'Amérique et porte-parole de La République En Marche et l'invité du 8.30 France Info. On était en train de parler des vaccins. On voit bien que depuis le début de cette crise, les fabricants de vaccins ont plutôt la main sur les quantités, sur les dates de livraison aussi. Est-ce qu'on a manqué de fermeté envers eux ? Est-ce que les contrats ont été mal ficelés au départ ?
Non, je ne pense pas que les contrats étaient mal ficelés. La question, c'est est-ce qu'ils respectent les contrats ? Et aujourd'hui, c'est vrai qu'il y a une petite interrogation sur la capacité d'AstraZeneca à livrer ce qu'ils nous avaient promis. Enfin, un contrat bien ficelé ne peut pas être respecté. Non mais bien sûr, mais n'oublions pas aujourd'hui qu'on est dans une situation, on l'a dit, sanitaire extrêmement complexe et que ce n'est pas en lançant des procès contre qui que quoi qu'on va régler le problème.
Thierry Breton commence à être menaçant. Exactement. Le commissaire à l'industrie, est-ce qu'il faudrait poursuivre les labos ?
On n'en est pas là. Aujourd'hui, ce n'est pas devant les tribunaux qu'on va régler des problèmes de capacité de production.
On a l'impression de se faire balader, franchement. Non, je ne pense pas. Depuis qu'on a fait cette commande commune en Union.
Non, je ne pense pas. Alors attention, sur la commande commune, vraiment, il faut en être fier. Si aujourd'hui, les 27 pays se tiraient la bourre, si je peux m'exprimer cette expression, pour récupérer des vaccins avec une situation en plus dans laquelle ces vaccins étaient difficiles à produire, ça serait absolument désastreux. Il faut comprendre que ce combat, on le gagnera ensemble ou on ne le gagnera pas. Donc on a besoin de vacciner l'ensemble de l'Union Européenne. En fait, on a besoin de vacciner l'ensemble de la planète.
Mais quand vous voyez que le Royaume-Uni a commandé seul et que le bilan est nettement positif, ça fait réfléchir.
Bien sûr, c'est la stratégie du cavalier seul. N'oublions pas que le Royaume-Uni a eu un certain nombre de défis. Là encore, ils viennent d'ouvrir leurs écoles. Ils ont passé Noël confinés. Donc on a des choses qui sont bien faites au Royaume-Uni et tant mieux pour eux, j'allais dire.
Est-ce qu'on aurait pu faire les deux ? Avoir des commandes communes et puis des commandes en solo ?
Certains disent que ça serait possible. Moi, je pense que c'était le pire des deux mondes. C'est-à-dire que vous jouez à la fois perso et collectif. Dans ce cas-là, ça aurait été extrêmement simple pour les fabricants de vaccins de jouer l'un contre l'autre. Non, il fallait rester groupé à partir du moment où ce choix avait été fait. Moi, je considère que c'est un excellent choix qui a d'ailleurs été porté par la France et par l'Allemagne qui auraient pu, eux, jouer solo. La France et l'Allemagne, qui sont plus grands que les autres, auraient pu dire, nous, on y va solo. Vraiment, je pense qu'on peut s'en féliciter.
Ça n'empêche pas que d'un point de vue, je dirais, opérationnel, il faut, c'est le cas de le dire, livrer la marchandise. Et ça, c'est notre rôle de mettre la pression sur les fabricants.
Autre argument qu'on a entendu ici même dans la bouche de certains de nos invités, l'idée de rapatrier la fabrication de vaccins en France et de les faire nous-mêmes, pour nous-mêmes et par nous-mêmes.
Oui, on a commencé à le faire. Je pense qu'Agnès Pannier-Runacher a signé des ententes, avec Sanofi notamment, pour qu'ils embouteillent des vaccins qui ne sont pas ni inventés, ni créés, ni produits chez eux. C'est quand même, je dirais, presque une économie de guerre qui est en train de se mettre en place, mais de manière collaborative plutôt que de manière coercitive. C'est vrai que certains, à cette chaise, ont dit, il faudrait tout rapatrier, tout confisquer, tout produire nous-mêmes. On n'est pas dans un monde fermé. On est dans un monde dans lequel, en un an, on a pu inventer quatre vaccins contre un virus qu'on ne connaissait pas il y a un an.
Ça, c'est aussi grâce aux laboratoires qu'on l'a fait.
Un tout petit mot avant de parler d'économie. On a appris, c'est le New York Times qui le révèle, que 34 millions de doses produites en Europe ont été exportées, notamment vers le Royaume-Uni. Est-ce que vous trouvez ça normal ? Est-ce qu'on peut bloquer ces exportations ?
Alors, on l'a fait, l'Italie l'a fait dans un certain cas la semaine dernière, et c'était un cas visiblement acceptable. C'était des exportations vers l'Australie.
Parce que quand on manque de doses, c'est incompréhensible de se dire qu'on les donne aux autres.
Oui, mais si vous voulez, on est aujourd'hui dans des contrats de mise en production progressive qui concernent tout le monde. Donc on ne va pas non plus confisquer aujourd'hui toutes les doses pour nous, avec un risque du coup que demain, d'autres nous en fassent autant. Non, il faut quand même rester dans un monde de coopération. Sans la coopération, ce virus, on ne l'aurait pas maîtrisé autant qu'on le maîtrise, on n'aurait pas les vaccins qu'on a.
Et l'idée de la gratuité des brevets ?
Dernier mot là-dessus ? Écoutez, la gratuité des brevets, c'est un fusil à un coup. C'est-à-dire qu'effectivement, au moment où vous le faites, vous dites, voilà, c'est tant pis, votre brevet, c'est terminé, on vous le prend. La prochaine fois, vous n'aurez pas un vaccin en un an parce que les entreprises de pharmacie vous diront, écoutez, si ça doit évidemment être une raison de perte pour mon entreprise, je laisserai les autres le faire. Donc, je pense qu'il faut garder raison dans ce cadre-là. Je pense qu'on peut être extrêmement fier de la manière dont ce virus a été combattu. Il y a encore un dernier coup de collier de quelques mois, il faut qu'on le fasse ensemble.
Vous êtes sûr que c'est le dernier ? J'espère, j'espère. Oui, on n'est pas sûr. Oui, mais vous savez qu'on est en train quand même, on est dans une phase assez un peu paradoxale. En fait, ça a été dit dans le cadre de votre journal, on est en train par exemple d'alléger le protocole dans les EHPAD. Dans les EHPAD, il y a la lumière au bout du tunnel. Les Césars ont eu lieu hier, on est en train de réfléchir à des protocoles de réouverture dans les cinémas. Donc, il y a quand même un certain nombre de signes qui montrent que le bout du tunnel arrive à sa fin.
Alors, on va voir si le bout du tunnel arrive en attendant. Le gouvernement continue d'aider les entreprises et il explique que d'ailleurs, les aides ne s'arrêteront pas d'un coup, mais de façon déprogressive. Et Bercy cherche à déconfiner l'épargne des Français. Il y a 200 milliards d'euros. C'est l'estimation de la Banque de France pour l'épargne des Français. Faciliter les donations en argent pour booster l'investissement. Ça, c'est l'idée de Bruno Le Maire. La gauche est vent debout. Est-ce que c'est franchement égalitaire de faire ça maintenant ?
Moi, personnellement, je ne suis pas sûr que ce soit la priorité. Aujourd'hui, on a aidé l'économie, vous l'avez dit, comme nulle part ailleurs au monde mais comme ça n'a jamais été fait. On a focalisé les aides sur ceux qui en avaient le plus besoin. Les jeunes, les personnes en situation de précarité, évidemment ceux dont les entreprises sont fermées, les restaurateurs, etc.
Donc, ce serait une mauvaise mesure que de défiscaliser, de faciliter les donations de grands-parents à enfants.
Non, mais je comprends qu'on veuille faciliter la circulation de l'épargne. Mais attention à ne pas envoyer des messages potentiellement contradictoires. Je vais vous donner un exemple. Nous sommes contre toute hausse d'impôts. Et ça, c'est un message qu'il faut marteler face à d'autres qui disent il suffit, comme toujours en France quand on a un problème, de monter un impôt et tout se passera bien. Mais je ne suis pas sûr qu'aller jusqu'à finalement baisser les impôts pour ceux qui sont les mieux aisés, soit la meilleure manière de faire nation. Il faut aujourd'hui s'assurer qu'on sortira de cette crise ensemble. Alors oui, cette épargne doit se dégonfler.
Moi, je pense qu'avec la reprise, ça va se faire progressivement. Mais attention à bien examiner les effets de ce genre de mesures sur la cohésion nationale.
Alors, il y a une autre idée, y compris dans vos rangs marcheurs. C'est une grande mesure de gauche, notamment pour la jeunesse, où les plus modestes, on parle d'un revenu de base, on parle d'un chèque alimentaire. Est-ce que vous souhaitez aussi une grande mesure de gauche avant la fin du quinquennat ?
Moi, je ne souhaite pas des mesures de gauche ou de droite. Je souhaite des mesures utiles, efficaces, pour contribuer à sortir la France de l'ornière, économique et sociale, dans laquelle on est. Le chèque alimentaire, par exemple, c'est une excellente idée. Elle est portée par La République En Marche. J'espère qu'on va progresser. On a quelques discussions avec...
Mais ça avance lentement.
Oui, mais ça avance quand même. Entre le ministère de l'Agriculture, qui pousse beaucoup, et Bercy, qui tient les cordons et qui se méfie un peu. C'est normal. On est, je pense, dans le dernier kilomètre de cette discussion. Et j'espère qu'on va progresser très vite, parce que c'est une mesure utile.
Alors, côté plan de relance, en ce moment, tout le monde observe celui de l'Amérique. Le plan Biden, 1900 milliards de dollars, plus les 900 milliards que Donald Trump avait déjà votés. C'est énorme, 10% du PIB. Est-ce qu'on devrait s'inspirer de cet exemple ?
D'abord, il s'inspire un peu de nous, parce que nous, le plan de relance, on l'a voté il y a 4 mois quand même. Par ailleurs, on est, vous le savez, dans une économie française dans laquelle les filets de sécurité, les filets sociaux sont bien plus maillés, je dirais, qu'aux Etats-Unis. Ils doivent inventer un modèle social qu'ils n'avaient pas à un moment où ils font face, comme nous, à une récession historique.
Mais ils sont moins nombreux que nous en Europe et ils ont, ça fait plus de 2000 milliards de relances et nous, on est à 750 milliards. Donc on se dit que le plan de relance européen n'est pas forcément calibré.
Non, attention, les 750 milliards, c'est le plan de relance européen auquel il faut ajouter les plans de relance nationaux. Donc quand on ajoute tout ça, on n'est pas très loin. Mais surtout, ils n'ont pas les filets de protection sociale qu'on a en Europe qui doivent inventer. Donc dans les 1900 milliards, il y a un certain nombre de choses autour de l'assurance chômage, par exemple de revenus minima, de revenus de remplacement, comme on dit, qui ne sont pas assurés là-bas, alors qu'on les a en France. Non, mais d'abord...
Ils mettent le paquet quand même.
Là encore, ce n'est pas les Jeux Olympiques de la relance. Je suis très content que les Etats-Unis relancent leur économie parce qu'on en a besoin. Je pense qu'ils sont aussi très contents que l'Europe en fasse d'eux-mêmes. On sortira de cette crise ensemble, y compris sur le sanitaire, mais aussi sur l'économique et sur le social. En France, qui remboursera la facture du Covid ? Nous tous. D'abord et avant tout avec la croissance. Et si elle n'est pas là ? Non, mais justement. Alors, la meilleure manière qu'elle ne soit pas là, c'est faire ce qu'on a fait en 2009-2010. On resserre la ceinture tout de suite et le reste ira bien.
Donc, d'abord, restaurer la croissance, sortir la France de l'ornière dans laquelle on est. Ensuite, s'assurer que chaque euro public dépensé est efficace. Chaque euro compte. On a fait le quoi qu'il en coûte et on continue parce qu'on est aujourd'hui dans la crise. Quand on sortira de la crise, il faudra s'assurer que les dépenses publiques sont efficaces. On a aussi un certain nombre de leçons à tirer de cette crise sur la manière dont on gère l'action publique. On nous le reproche assez. Donc, il faudra tirer les bilans de cette crise. Moi, je ne pense pas que l'impôt, là encore, méthode assez française soit la meilleure manière de sortir de tout ça.
Ensuite, n'oublions pas qu'une partie du plan de relance français est payée par l'Europe et qu'en Europe, on a la présidence française de l'Union européenne début 2022 qui permettra, on espère, d'avancer sur la taxe des GAFA et sur la contribution CO2 aux frontières, l'éco-taxe aux frontières pour aller vite.
Bien, on marque une pause dans cette discussion. Roland Lescure pour le Filinfo à 9h10. Diane Ferschit.
Allègement du protocole sanitaire dans les EHPAD. Les résidents vont pouvoir sortir. C'est la conclusion logique de la réussite de la vaccination dans les maisons de retraite. Salut sur France Info l'association des directeurs au service des personnes âgées. 87% des résidents dans ces établissements ont reçu au moins une dose de vaccin. Et après l'Agence européenne du médicament, la Haute Autorité de Santé autorise l'utilisation du vaccin à Janssen en France. Un bon vaccin, selon elle, efficace à 85% contre les formes graves du Covid. Facile à conserver, il convient pour tous les patients.
La situation préoccupante de l'île de France, selon les mots du Premier ministre, 365 cas de contamination pour 100 000 habitants dans la région. Jean Castex affirme se tenir prêt à prendre des mesures supplémentaires en fonction de l'évolution de l'épidémie. Aux Etats-Unis, la famille de George Floyd obtient 27 millions de dollars de dédommagement de la part de la mairie de Minneapolis. Un accord qui met fin aux poursuites aux civils. Le procès au pénal de l'un des policiers mis en cause se tient depuis le début de la semaine. George Floyd est mort asphyxiée lors d'une interpellation en mai dernier.
Et son décès a entraîné un mouvement inédit de colère contre le racisme et les violences policières dans le pays. Jour de vote à la Fédération Française de Football. L'enjeu, le mandat de président de la FFF. Trois candidats en liste, dont le sortant Noël Legrette. Il vise un quatrième mandat. Et Frédéric Thirier, l'ancien président de la Ligue de Football Professionnel, vote ce matin. Résultat attendu aux alentours de midi et demi. France Info.
Le député des Français d'Amérique et porte-parole de la République en marche, Roland Lescure, et l'invité de France Info, Myriam Ancawa.
Oui, on va parler des échéances électeurs à l'avenir, les régionales, la présidentielle 2022. Mais d'abord, Gérald Darmanin a été confronté à son accusatrice hier. Ça a duré près de 8 heures. L'effet remonte à 2009. Et à l'issue, le ministre reste sous le statut de témoin assisté. Il n'est donc pas mis en examen. Mais l'enquête va se poursuivre. Est-ce que ce n'est pas un peu compliqué pour le ministre de l'Intérieur, pour son image, aujourd'hui, cette situation-là ?
Je suis sûr qu'il s'en passerait bien. Mais j'évite de commenter les décisions de justice. J'évite de commenter les commentaires sur les décisions de justice. Et a fortiori, j'évite de commenter une enquête en cours. La seule chose que je veux dire, c'est que ça montre, pour lui, vous l'avez dit, sa date de 2009, comme pour tous les Français, que la justice est trop longue en France. Et ça, la réforme de la justice d'Éric Dupond-Moretti, elle vise notamment à ça. Il faut qu'on puisse régler les enquêtes judiciaires et que la justice, dans son ensemble, aille plus vite en France. Il y a plus de moyens donnés à la justice. Et j'espère que...
Ce serait tenable s'il était mis en examen ou pas ?
Pardon ?
Est-ce qu'il pourrait rester au gouvernement s'il était mis en examen ?
Je ne commande pas les enquêtes en cours, mais je ne commande pas, a fortiori, des décisions hypothétiques.
Alors, on va parler peut-être de la majorité, de vos alliés, et notamment de François Bayrou. François Bayrou, il n'est pas content. Pas content parce qu'il n'a pas eu gain de cause sur la proportionnelle. Pas content parce que, même au régional, c'est compliqué. Certains de ses élus modem soutiennent Valérie Pécresse. Est-ce que vous craignez pas qu'il reprenne sa liberté en 2022 ?
Je ne suis pas sûr que François Bayrou ne l'ait jamais perdu. Il contribue activement et positivement. Et d'ailleurs, en partie du fait de cette liberté qu'il a acquis avec une longue carrière politique, liberté de parole, liberté de ton, il contribue à la majorité.
Mais il a l'air très fâché, là. Donc, vous savez bien que vous ne pouvez pas gagner sans lui.
Je pense que sur la proportionnelle, évidemment, il préférait qu'on y aille et qu'on y aille vite. Sur ce que vous dites des élections régionales, c'est un peu plus compliqué. Au contraire, lui, il fait alliance avec nous, il veut y aller, son état-major veut aller avec lui. Et quelques élus qui sont dans les majorités présidences de régions sortantes souhaitent rester dans la majorité sortante.
Sur la proportionnelle, il n'a plus aucune raison d'espérer ? C'est pas la peine, vous lui dites ce matin ?
Non, je pense que le processus suit son cours. Mais je dirais que chaque jour qui passe nous éloigne quand même d'une capacité à faire ça. Écoutez, il y a quelques semaines, le gouvernement a essayé de moderniser un peu les processus électoraux en disant on va faire du vote anticipé. Brande-bas de combat, en 24 heures, on était des tricheurs qui allaient manipuler les élections. Le problème, c'est ça.
Vous n'avez prévenu personne aussi.
Non, mais quand on est... Il a prévenu du monde, c'est sûr. Mais quand on est si proche de l'élection, le risque, sauf si on crée un vrai consensus de tous les partis, c'est que ceux qui sont contre taxent ceux qui sont pour de manipulation. Donc c'est vrai que le temps s'accélère et c'est de plus en plus compliqué, à mon avis, d'aller là. Et pour autant, la proportionnelle, je suis pour. Et la réforme des institutions en profondeur qu'on avait portée, je suis pour aussi.
Mais pour après l'élection, hein ?
C'est trop tard pour vous. J'ai peur qu'on se soit un peu trop tard, oui, quand même.
Le front républicain au régional, on sait que, voilà, ce n'est pas forcément votre élection. Vous n'avez que très peu de chances de remporter une région. Mais le front républicain, dès les régionales, vous l'appliquerez partout, là où les candidats de Marine Le Pen peuvent l'emporter entre les deux tours ?
Alors, on ne se trompera pas de combat, ça, ça a été très clair. Mais attention, moi, je suis toujours un peu gêné par cette controverse qui enjambe le premier tour, que ce soit pour les présidentielles ou les régionales, d'ailleurs, en disant, c'est joué, Marine Le Pen sera au second tour ou c'est joué, le Front National sera au second tour. Donc attention, il y a un premier tour à jouer et c'est l'essentiel. Ensuite, le front républicain, comme vous dites, il peut prendre différentes formes. Il peut être le retrait, il peut être le rassemblement et l'union et on verra, ceux qui arrivent en tête au premier tour, leur capacité à faire le rassemblement et l'union.
J'ai bien noté qu'un certain nombre d'entre eux se rêvent président de la République et voient finalement ces régionales comme un galop d'essai. Président de la République, ça doit rassembler la nation. On verra déjà s'ils sont capables de rassembler leur région.
Puisqu'on parle de Marine Le Pen, qu'avez-vous pensé de son débat face à Gérald Darmanin et notamment de cette phrase de Gérald Darmanin disant qu'elle était trop molle ?
On a beaucoup commenté la phrase. Moi, ce qui m'importe surtout, c'est l'essentiel. Elle est peut-être molle en surface. En tout cas, elle essaye de se banaliser, mais elle n'y arrive pas. Quand on regarde la réalité de ce qu'elle propose. D'abord, sur l'économie, on n'y comprend plus rien. Un jour pour l'euro, un jour contre. Elle nous a sorti des théories fumeuses avant hier soir que je n'ai pas compris. Et puis, franchement, je ne suis pas xénophobe. Regardez les voix que je fais dans les dom-toms. C'est une insulte à nos compatriotes des départements d'outre-nerre. Puis c'est un absus un peu révélateur quand même. Confond xénophobie et racisme, confond des dom-toms et l'étranger.
Là, je pense qu'on a un vrai sujet de clarté et puis chasser naturel et revient au galop.
Elle n'a pas changé, donc ?
Elle a changé en façade. On peut changer la façade. Ça plaira l'assemblement national plutôt que le Front National. In fine, l'arrière-boutique, c'est toujours la même. C'est celle de son père, c'est la sienne, c'est nauséabond. C'est dans la colère, dans la division, absolument pas dans le rassemblement et dans la raison. Moi, je continuerai à la combattre jusqu'au bout.
Merci Roland Lescure, député des Français d'Amérique,
porte-parole de La République En Marche,
invité du 8.30 France Info ce matin.
Roland Lescure