Handicap : mettre fin à l’inaction politique | #Amfis2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour à toutes et tous. C'est vraiment un plaisir d'être parmi vous cet après-midi pour cette conférence sur le handicap et l'inaction politique. Je suis Anaïse Belloisa Sheriffi, députée du Rône de Lyon, membre de la commission des affaires sociales et à l'Assemblée, je traite en priorité des questions liées au handicap.
En tout cas, j'essaye. Euh je suis accompagnée aujourd'hui et merci à eux d'être d'être présent de Belinda Puget qui est enseignante en primaire à Lyon et ancienne à ESH et de Pierrive Baudau qui est politiste et spécialisée des politiques publiques liées au handicap. Ce que je vous propose en terme d'échange, c'est que on va dans un premier temps faire une petite introduction.
Ensuite, je vais donner la parole à Pierre Yve pour qu'il puisse parler un peu des politiques qui sont liées au handicap des politiques publiques. Je reviendrai brièvement ce qui s'est passé ces derniers temps à l'Assemblée nationale avec la loi sur l'école inclusive mais aussi sur la mission d'évaluation de la loi de 2005. Et ensuite, Belinda nous fera un point d'étape sur ce que c'est aujourd'hui l'école inclusive, c'est-à-dire une promesse que nous a fait ce gouvernement et qui est pas du tout la réalité.
Je vous propose que on fasse vraiment peu de temps d'intervention. En tout cas, on s'est fixé des temps d'intervention assez réduit. Euh vous êtes nombreux et nombreuses et j'en suis très euh très heureuse puisque ça fait bien longtemps qu'à la France insoumise on n' pas eu une conférence sur le handicap et je vois que voilà vous êtes très intéressé sur la question et l'objectif euh pour nous c'est d'avoir un temps d'échange conséquent de questions et de réponses euh sur euh sur ce thème parce que il est évidemment très important pour nous d'avoir 30 minutes voire 35 40 minutes pour répondre à l'ensemble de vos questions si vous en êtes d'accord.
Est-ce que ça vous va ? Parfait. Alors, commençons.
Euh donc, du coup, je disais tout à l'heure que à l'Assemblée nationale, je traite des questions qui sont liées au handicap. En tout cas, j'essaye. Je je en toute honnêteté, je suis pas ni un j'ai jamais travaillé dans le milieu du handicap.
J'ai dans mon entourage des personnes qui sont en situation de handicap. C'est la raison pour laquelle j'ai voulu traiter de ces questions à l'Assemblée nationale puisque c'est évidemment en fait une question d'égalité des droits. C'est une une question d'humanisme et du universaliste.
Et du coup ben j'ai repris un peu les fondamentaux. C'est-à-dire que je me suis attaquée à des textes législatifs et on dit souvent l'un des fondateurs en tout cas pas celui 78 mais la loi de 2005 c'est vraiment la grande loi de l'égalité de la citoyenneté pour les personnes en situation d'handicap. Alors voilà j'ai j'ai je me suis dit bah tiens c'est cette grande loi apparemment mais Cuid qu'en est-il d'aujourd'hui ?
Quelle est son application ? Quelle est la vision de la France sur le handicap ? Et on, j'en ai conclu que ça a été 20 ans d'inaction, 20 ans de non mise en place des politiques publiques qui étaiit dédié à l'handicap et que notre cadre législatif est dépassé et insuffisant.
Donc j'ai décidé avec une de nos collègues Alma Dufour de travailler en premier lieu sur la question du logement et du handicap parce que je travaille aussi sur les questions de logement et de sansabrisme et j'avais et du coup une des choses qui était beaucoup revenue sur les auditions de collectifs de personnes concernées qu'on a pu faire avec mon équipe, c'est que le logement qui est le point de tout heit respecté pour les personnes qui sont en situation d'handicap. On a eu la loi 2005 qui a fixé à 100 % d'accessibilité sur les nouvelles constructions et la loi 2018 qui est venue à baisser ce seuil à 20 %. C'est la raison pour laquelle donc du coup on a écrit la loi qui abroge ces 20 % et qui rétablit les 100 % d'accessibilité.
Donc voilà dans l'accessibilité on est loin de la réalité des faits. On est loin de l'accessibilité universelle. En ce qui concerne aujourd'hui la vision de la France, je vais jusqu'à dire que la vision de la France, elle est euh bien en de la réalité, qu'elle respecte pas le droit et que c'est la raison pour laquelle à la fois la Commission européenne, enfin par la Commission européenne, euh les Nations- Unies, j'allais venir la Commission européenne et les Nations- Unies ont condamné la France à plusieurs reprises pour non application du droit et pour non respect du droit des personnes handicapées.
Donc je dis dans tous les secteurs de la société éducation, emploi, accessibilité, logement, cette proposition de loi, enfin pas cette proposition de loi, cette loi, elle est pas mise en place, elle est pas respectée et donc du coup ça conduit à des situations inhumaines et qui entachent en réalité la dignité de l'ensemble des personnes qui sont en situation d'handicap. On parlera d'éducation plus précisément tout à l'heure, mais OK, aujourd'hui, on voit une forte hausse du nombre d'élèves handicapé à l'école en milieu ordinaire. OK, mais dans quelles conditions ?
Quels sont le temps de scolarisation ? Avec quel accompagnement ? Et on reviendra avec Belinda sur cette question.
Sur l'emploi, les personnes handicapées sont très précaires. Ils sont deux fois plus précaires que l'ensemble de la population. Aujourd'hui, on a des milieux qui sont des milieux ségrégatifs, qui sont des milieux fermés, qui sont les exates qui en réalité sont des endroits où on exploite à bas coup les personnes en situation de handicap et qu'on dit à la fin ben en fait le c'est pour insérer professionnellement les personnes qui sont en ESAT.
En réalité seul 1 % des travailleurs en ESAT sortent travailler en milieu ordinaire. Donc en matière encore une fois d'emploi, on n'est pas à la hauteur. L'accessibilité, j'en ai parlé spécifiquement sur le logement, mais on peut le réduire à l'ensemble des bâtiments publics.
C'est 60 % des gares seulement qui sont accessibles. Ne parlons même pas des équipements sportifs, de même de la voirie en réalité. Donc encore une fois, tout ça n'est pas respecté.
L'objectif un peu de cette conférence, c'est de poser ensemble un cadre et puis de d'avoir des secteurs spécifiques aujourd'hui sur l'éducation, mais beaucoup avoir un temps d'échange, un temps d'échange pardon. Et j'aimerais aussi revenir sur une chose qui est pourquoi on en est là. Parce que la France a adopté une vision médicalisante du handicap parce qu'elle ne respecte pas les conventions internationales et le droit international.
Et nous, notre volonté c'est d'aller plus loin la France insoumise sur ces questions de se perfectionner. Et en toute honnêteté et franchie, je vais vous dire une chose, notre mouvement politique en fait, il est pas imperméable à la société et donc il reproduit les systèmes de domination à nous ensemble de faire mieux et justement de trouver de trouver et la force ensemble de de mettre en place des choses, de réfléchir à des nouvelles choses, toujours avec notre colonne vertébrale idéologique et l'émancipation individuelle par l'autonomie. Je vous remercie. [Applaudissements] Je vais donc du coup passer la parole à Pierre Yve Bodo pour son intervention sur justement on va revenir un peu sur les politiques publiques qui sont mises en place dans le cadre du handicap et un peu l'historicité mais en tout cas je vais te laisser faire à ta sauce.
Merci à toi. Merci euh merci Anaïs, merci de l'invitation euh aujourd'hui. Merci à vous euh de votre présence pour cette discussion importante.
La thématique du handicap est euh une thématique qui a longtemps été considérée comme n'étant pas réellement politique, donc ne nécessant pas nécessairement une discussion au sein des organisations partisanes, des organisations politiques notamment par exemple ici. Donc moi, je suis je parle en tant que chercheur, en tant qu'enseignant chercheur, spécialiste des politiques publiques du handicap. Je ne représente personne, pas même moi-même.
Et je viens donc simplement voilà apporter un certain nombre d'éléments de connaissances sur sur cette question là. Euh je me présente donc comme une personne valide, globalement valide, à peu près valide. Euh euh et donc comme un chercheur euh pour être bien sûr de que tout le monde parle de la même chose, je pense qu'il faut rappeler un certain nombre de de points et notamment une première définition du handicap euh qui est pas forcément celle qui est présente dans la loi du 11 février 2005 dont on vient de de parler Anaïs, mais plutôt celle qui est produite par un certain nombre de de chercheurs.
Et là, je vais reprendre celle que donne une chercheuse américaine qui s'appelle Carole Thomas, TH Mas, euh qui distingue deux dimensions, la dimension déficience et la dimension handicap. La dimension déficience, c'est celle qui est liée à la pathologie, le fait de ne plus avoir des jambes qui permettent de marcher, le fait d'avoir un cerveau qui fonctionne de façon différente des autres. Et cette pathologie va produire des effets comme par exemple la fatigue, euh la difficulté à marcher et cetera.
Bon, donc ça, on va parler d'effets de déficient. Ce sont des effets qui sont spécifiques à la pathologie et qui ont besoin d'être pris en considération. Ça veut dire que voilà, cette déficience là, à priori, elle ne partira pas, elle ne bougera pas.
À côté de cette déficience, Carole Thomas identifie et les effets du handicap. Le handicap dans ce cas-là n'est donc pas une propriété individuelle. C'est quelque chose qui est produit par la société, produit par ses mode d'organisation, produit par ses modes de circulation.
La présence de marche à l'entrée de bâtiment par exemple va très fortement limiter les possibilités d'accessibilité aux 10 bâtiments. Et donc là, Carole Thomas va parler d'effets de handicap. OK ?
Euh les politiques publiques peuvent travailler à la fois sur des effets de déficience. comme par exemple et là on a des débats qui sont conséquents, comme par exemple le le diagnostic prénatal de la trisomie 21 qui va placer les parents face à un choix souvent très douloureux sur le fait de garder ou non le fétus qui est porteur d'une trisomie 21. Donc on peut travailler sur des effets d'efficience en politique publique et on peut aussi et c'est plutôt là-dessus que je vais parler aujourd'hui sur des effets de handicap.
Ça veut dire par exemple surtout ce qui va dans nos modalités d'organisation sociale euh dans les bâtiments, dans l'architecture mais aussi dans nos modes de conversation. Par exemple, cette conférence est certes accessible en terme PMR, mais elle n'est pas accessible en terme par exemple de de LSF, de surdité puisqu'il n'y a pas de traducteur ou de traductrice euh pour traduire nos nos propos. Euh et donc euh ça ce sont des choses qui peuvent être mises en place pour euh pour réduire les effets de handicap et si possible abolir ces effets de handicap.
Bon, une fois qu'on aura aboli les effets de handicap, on n'ura pas aboli les effets de la déficience, OK ? Mais on aura au moins aboli une partie du aboli une partie du problème. Je précise que je parle essentiellement aujourd'hui des effets de handicap et pas des effets de de déficience.
Voilà, une fois que c'est cette définition est posée, je voudrais revenir ensuite sur le c'est un vieux tic de chercheur, revenir sur le la question qui est posée inaction politique, inaction publique en matière de handicap. À mon avis, présenter les choses comme ça est une erreur. Il ne se passe pas rien en matière de politique du handicap.
Il se passe peut-être des choses dont on n pas envie qu'elle se passe mais il ne se passe pas rien. C'est-à-dire que pendant que nous sommes en train de parler et pendant que nous sommes en train de ne pas agir, d'autres agissent et il se passe bien quelque chose. Il se passe quelque chose.
Il se passe, Anaïs l'a dit, un processus long répété, permanent de ségrégation des personnes handicapées. Ségrégation qui a lieu dans des établissements spécialisés, les instituts médicaux-éducatifs qui ne sont pas des lieux de scolarisation mais qui sont des lieux d'accueil d'enfants handicapés qui ne sont donc pas scolarisés. Et ce nombre d'enfants handicapés accueillis en Institut médico-éducatif IME, ce nombre n'a pas bougé depuis 2003.
Il les établissements sont pleins. On est aujourd'hui donc comme en 2003 à 79000 80000 enfants accueillis accueilli et pas scolarisé accueilli en institut médico-éducatif. Ségrégation dans les établissements et services d'accompagnement par le travail. 150000 150000 personnes accueillies pour travailler dans ces établissements qui travaillent pour un montant qui est aux environs de 55 % du SMIC.
Le reste étant financé par une partie de leur allocation adulte handicapé. Ça veut dire que ces personnes utilisent comme revenu du travail une prestation qui leur est accordée. L'allocation adulte handicapé est accordée en raison d'une restriction substantielle et durable d'accès à l'emploi.
Donc c'est parce que ces personnes ne peuvent pas travailler qu'on leur donne une allocation qui va leur permettre de servir de salaire quand elle travaille. Là, moi je reste depuis que j'ai découvert ça, je reste ça fait déjà longtemps, mais je reste quand même ptoi et j'ai jamais trouvé quelqu'un capable de m'expliquer pourquoi on payait des gens avec des allocations, on on salariait, enfin on on payait le produit d'un travail avec une allocation de prestation sociale. Donc, il se passe ça, il se passe institutionnalisation et ségrégation, il se passe des dynamiques de paupérisation. le taux de pauvreté monétaire, c'està dire quand il est mesuré uniquement par rapport au niveau de ressources monétaires dont disposent les personnes, le taux de pauvreté monétaire est de 28 % chez les personnes handicapées.
Il est de 12 % en population de pardon de 17 % en population générale. Ce taux de pauvreté monétaire ne tient pas compte ne tient pas compte des surcouts liés au handicap. Plusieurs études américaines, françaises ont et italiennes ont montré qu'il fallait rajouter alors le le pourcentage varie d'un état à l'autre mais en gros c'est entre 28 et 33 % donc on va consid on va dire 1/3 de ressources supplémentaires pour financer les surcoups liés au handicap.
Les fauteuils roulants ne sont pas financés intégralement et il y a souvent un reste à charge très important pour tout ce qui est compensation des coûts du handicap. Donc si on voulait réellement mesurer un taux de pauvreté monétaire, il faudrait abaisser d'un/3, enfin augmenter d'un tiers le seuil à partir duquel on va mesurer cette pauvreté monétaire et on aboutirait à des chiffres qui seraient bien plus catastrophiques que ce chiffre déjà inquiétant de 28 %. Et puis il se passe troisème chose des éléments de discrimination et de minorisation de ces de ces populations en terme de chance inégale d'accès aux biens sociaux.
Qu'est-ce qu'un bien social ? l'emploi, la vie affective et sociale, le logement, l'accès à la cité, au bien culturel et cetera. Et dans toutes dans tous les domaines que l'on a pu mesurer statistiquement, je pourrais vous faire les notes de bas de page un peu plus tard si vous le souhaitez, mais dans tous ces domaines, on mesure effectivement des chances inégales d'accès à l'ensemble des biens sociaux considérés à partir du moment où la personne est handicapée et ce quelle que soit la nature de la déficience ou le type de handicap.
D'accord ? C'està dire que le simple fait d'avoir quelque chose qui dysfonctionne dans votre organisme limite vos chances d'accéder à un logement, un emploi, un salaire, à une vie affective et sexuelle. Donc ces trois ces dynamiques là, institutionnalisation, ségrégation, paupérisation et minorisation sont des choses qui se déroulent en ce moment.
Ça, c'est ce qui se passe. Pourquoi les choses se passent de cette façon-là ? Elles se passent de cette façon-là parce que en face de groupes qui ne sont pas mobilisés sur cette questionlà, il y a des groupes qui sont bien effectivement mobilisés sur ces questions-là.
Parmi ces groupesl, j'en citerai quelques-uns, par exemple sur l'abrogation enfin sur le le ce qui s'est passé en 2018, donc l'adoption de la loi élan, l'article 64 de la loi élan qui transforme une obligation d'accessibilité généralisée en un quotat de 20 % de logement. Alors ça veut dire quoi 20 % de logement accessible ? Ça veut dire par exemple sur le département de Paris par an construire 6 1 2 3 4 5 6 06 logement accessible par an.
C'est ça que ça veut dire. D'accord. Évidemment le gouvernement Macron n'est pas arrivé à cette à ce résultat comme ça.
Il s'est pas levé un matin en disant tiens, on va faire un quota. Euh il y a eu des acteurs extrêmement puissants, des le lobby du bâtiment pour l'essentiel, la Fédération française du bâtiment, la Fédération des promoteurs immobiliers, la Fédération française des ascensoristes et cetera qui se sont mobilisés, tellement mobilisés d'ailleurs que pour une partie, c'est eux qui ont écrit cet article. le en face de nous, on a aussi euh enfin en face de nous, je dis nous euh en face de de cette revendication de droit, on a aussi un certain nombre de mobilisations.
Je pense notamment notamment à des mobilisations euh conservatrices catholiques comme celle euh des cafés joyeux. Euh même si ça m'a valu une un entretien un peu un peu tendu avec le avec le patron des cafés joyeux, mais le le les cafés joyeux ou dans le matière dans en matière de logement une association qui s'appelle Fratri qui sont des mobilisations conservatrices catholiques alors elle qui viennent de différentes dimensions du catholicisme traditionnel français mais qui sont en train de créer des solutions de sécurité sociale mais de sécurité sociale entre eux pas de sécurité sociale publique mais de sécurité sociale privée euh qui vise donc à assurer le destin, la transmission du patrimoine de ces grande famille évidemment au détriment des euh du commun, c'estàdire au détriment de de ce qui fait une société, c'est-à-dire le fait que des formes de solidarité sociale collective. Donc il y a bien une action politique.
En fait, elle va pas dans le sens peut-être que nous souhaiterions voir mener, mais en tout cas, il y a bien une action politique. On constate à gauche quand même une relative inertie. Là, on peut parler d'inaction.
On constate à gauche une relative inertie sur ces questions de handicap. Pourtant, le handicap est bien une question de gauche. C'est quelque chose que j'essaie de de faire passer à différents endroits, pas toujours avec succès.
On va voir ce que ça donne aujourd'hui. Déjà, il faut le rappeler, le le handicap a parti lié avec le capitalisme. D'accord ?
Le handicap est une question de capitalisme. La révolution industrielle et son utilisation à la fois de matière première fossile mais aussi de matière première humaine a eu pour effet d'augmenter la cadence des accidents du travail et d'obliger l'État en avril 1898 à l'adoption de la première loi sur les assurances en matière d'accident du travail. le une grande partie des enfin une une tout un courant de recherche sur le handicap date l'émergence de la question du handicap de l' de la révolution industrielle au 19e siècle.
D'accord ? en montrant qu'avant cette révolution industrielle, la question du handicap était pas enfin n'existait pas de cette façon-là, mais qu'elle était pas non plus prise en considération de cette façon-là et qu'il n'y avait pas non plus des proportions telles de personnes handicapées. Martha Russell qui est une une autre sociologue du handicap anglaise parle à propos des personnes handicapées d'armée de réserve du capital.
Euh c'est-à-dire que par exemple, c'est ce qui s'est passé dans la loi plein emploi euh euh qui a été adoptée en 2021 22 23 chose comme ça. Dans la loi donc plein emploi euh les personnes handicapées sont automatiquement inscrites euh à France Travail. Le but du jeu est de faire augmenter, enfin en tout cas c'est comme ça qu'on peut l'interpréter, de faire augmenter le nombre de travailleurs disponibles pour contraindre les travailleurs valides à accepter des propositions d'emploi à un niveau de salaire plus bas.
Plus il y a de travailleurs sur le marché, plus la pression s'effectue sur les salariés et plus ceux-ci sont enjoints ou incités à accepter des niveaux de salaires plus bas. C'était une façon d'arriver à faire tenir ensemble un objectif de euh de plein emploi. C'estàdire quand il y a du plein emploi, c'est le travailleur qui choisit son salaire parce que c'est lui qui peut faire pression en disant "Moi je vais pas travailler là parce que je suis pas payé assez cher." C'est ce qu'on a appelé la grande démission.
Euh alors qu'en fait, il s'agit juste de négocier son salaire quoi. Aux États-Unis, certains travailleurs de de chaînes de fast food ont obtenu 25 % d'augmentation de salaire de ce fait-là. Bon, donc pour éviter que les travailleurs se mettent à demander des salaires qui nuisent à la rentabilité des activités économiques, pour éviter cela, on va mettre sur le marché du travail des travailleurs qui enfin des personnes qui n'y étaient pas et qui n'étaient pas considérées comme travailleurs.
Parmi ces personnes qui ne sont pas considérées comme travailleurs et qu'on pourrait faire rentrer sur le marché du travail, il y a évidemment tous les bénéficiaires du RSA et il y a toutes les personnes handicapées. Et c'est cet objectif-là que vise la loi pleine emploi, c'est-à-dire obtenir une société française à 5 % de taux de chômage tout en maintenant des niveaux de salaires très bas. C'est ça que Martha Russell appelle dans un texte qui date de 2002 quand même, appelle armée de réserve du capital, reprenant la vieille formule de quelqu'un que vous devez connaître, j'imagine, Carl Marx.
Euh on on voit aussi que les personnes handicapées On voit aussi que les personnes handicapées, quand on leur pose la question, quand on fait des entretiens qualitatifs, les personnes handicapées ont un rapport contrarié au travail. Et ça veut dire elle se positionne toujours, elle s'identifie toujours, elle se qualifie toujours comme des travailleurs et des travailleuses. Travailleurs et travailleuse empêché, travailleurs et travailleuses qui sont privés d'accès à l'emploi parce que l'emploi n'est pas accessible mais elle se pensent toujours comme des travailleuses.
Donc un c'est bien une question de gauche parce que c'est lié au capitalisme. De c'est une question de domination c'est une question de domination de la même façon de la même façon que d'autres rapports de domination. la race, la classe, le genre.
D'accord ? Et si on était euh à gauche réellement inclusif, on devrait dire race classe genre handicap. D'accord ?
Juste un exemple, un/art des noirs américains tués par la police sont des personnes en situation de handicap. sont des personnes handicapées, sourdes ou présentant des troubles de santé mentale. Dans un exécutive order qu'il a pris euh début juillet, Donald Trump a ordonné l'institutionnalisation de tous les sans-abris et de toutes les personnes présentant des troubles de santé mentale.
OK ? C'est la même question, c'est les mêmes mécanismes. Il présentent, il y a une analogie très forte, il y a des intersections très fortes entre ces entre ces différentes questions et pour l'instant aujourd'hui en France, elles ne sont quasiment pas posées à part dans quelques lieux de recherche.
Et puis dernier élément qui en fait une question de gauche, c'est une question de droit fondamental. Il y a une convention, la Convention internationale des droits des personnes handicapées qui a été euh euh signée à l'ONU en 2006 et ratifié par la France en 2010 qui a établi un certain nombre de droits fondamentaux. C'est un texte de compromis, c'est un texte qui mériterait certainement qu'on qu'on aille plus loin.
Mais en tout cas, il y a dans cette affaire de handicap une question de droit, d'affirmation de la dignité, de la citoyenneté et de l'accessibilité des sociétés humaines à tout individu. Alors, lutter contre l'inaction politique à gauche, ça pourrait dire ça pourrait passer par quoi ? trois idées.
La première, elle est essentielle, elle est compliquée, ce serait d'arriver à articuler les forces organisées à gauche à un mouvement social qui est le mouvement social antivalidiste euh qui s'est développé en France depuis 15 ans au moins, en tout cas, qui s'est fortement structuré depuis 15 ans. Euh et pour l'instant, les interactions sont extrêmement complexes entre ce mouvement antivalidiste et les forces organisées et les organisations politiques de gauche. Cette articulation au mouvement des personnes handicapées consisterait à laisser parler les personnes concernées et à leur donner une pleine voix au chapitre.
Et puis et c'est peut-être là où ça devient vraiment très compliqué, c'est que pour qu'une organisation politique à gauche puisse prendre en charge la question du handicap, il faudrait que le reste du programme de la dite organisation soit compatible, convergant, aligné sur ces objectifs d'accessibilité. Et on a vu notamment au au moment des débats sur la loi fin de vie à quel point euh ces deux objectifs pouvaient être radicalement opposés notamment ici. Euh donc première question, s'articulait un à un mouvement social. 2è euh 2è modalité pour lutter contre l'inaction politique, rendre les mobilisations accessibles.
Rendre les mobilisations accessibles. La Gap Ride euh laisse aujourd'hui un espace euh sonore euh calme pour les personnes autistes. Euh un certain nombre de mouvements féministes aujourd'hui ont appris à laisser la place et laisser la parole à des à des femmes handicapées.
Il est absolument essentiel que les mobilisations des forces de gauche sur la question du handicap soient rendu accessible. 3ème modalité, il faut représenter le handicap. représenter le handicap, ça peut passer par exemple notamment à l'occasion des prochaines élections municipales de 2026 par la promotion dans les listes municipal d'un certain nombre de personnes de candidats et de candidates handicapées et qui se présentent comme tel et qui se revendiquent comme tel et qui ne seraient pas laissé aux dernières places de la liste pour simplement remplir un quota ou euh ou donner un un token, un jeton euh de présence euh mais au contraire leur laisser toute la place.
Et puis dans les organisations politiques promouvoir aussi, mais on remarquera que il y a un député handicapé, enfin deux, mais il y a deux députés handicapés à à l'Assemblée nationale. Il est absolument essentiel que il y ait davantage de personnes handicapées dans les dans les organisations politiques, ce qui place par une transformation des règles de la discussion euh des de l'élaboration des plannings et cetera. La dernière minute n'est pas acceptable.
Et puis euh voilà donc trois points s'articuler au mouvement social, représenter le handicap et euh euh accessibiliser les accessibiliser les mobilisations. Je vais m'arrêter là-dessus. Il y a plusieurs en donnant quelques peut-être quelques points sur lesquels on pourrait faire porter le faire porter le combat politique.
Anaïs en parlera, j'imagine dans quelques instants. Donc un supprimait l'article 64 de la loi élan, ce qui obligerait donc à construire accessible pour tous. C'est quelque chose qui a l'air de rien mais c'est quelque chose qui est en fait extrêmement complexe à faire passer.
Deuxième chose, c'est euh mettre dans la loi euh la fermeture des établissements euh spécialisés pour personnes handicapées IME et ESAT. Et notamment dans le cas des ESAT. cesates pourraient être remplacés par des scopes euh c'est-à-dire rendre les personnes handicapées euh non pas esclaves de leur de leur outil de production mais propriétaire de leur outil de production, ce qui serait une transformation majeure.
Et puis une troisème dimension qui est euh euh trop peu euh enfin qui a été bloquée hein dans les débats de l'Assemblée nationale sur le le statut de l'Ucale, mais obliger l'État à une prise en charge des frais de campagne et des frais de représentation euh des personnes handicapées. Voilà, je vous remercie. et je laisse la parole à Anaïs. [Applaudissements] [Musique] [Applaudissements] [Musique] [Applaudissements] Merci beaucoup Pierre pour ton intervention et je crois qu'on dans la continuité de ce que tu essayé de de finaliser en terme de travaux à l'Assemblée nationale, je vais intervenir sur ces questions sur ce qui s'est passé dernièrement à l'Assemblée nationale en en terme de handicap et de politique publique qui sont mené sur les questions de handicap.
Peut-être déjà pour dire que j'en parlais en introduction, cette année sont les 20 ans, l'anniversaire des 20 ans de la loi de 2005 et à cet effet, l'Assemblée nationale a décidé de mettre en place une mission d'évaluation de la loi de 2005, 20 ans trop tard qu'on se qu'on se le dise. Et en réalité, on n pas attendu cette mission d'évaluation pour comprendre et pour savoir que cette loi de 2005, elle est pas appliqué, mal appliquée, dépassée. Et je vais vous dire un peu près pourquoi ensuite sur l'école avec Belinda, on l'a dit tout à l'heure, la France, elle ne respecte pas le droit international, elle ne respecte pas la convention internationale de l'ONU qui y compris définit concrètement ce qu'est le handicap, le replace dans son espace et parle notamment d'environnement, de ce qui exclut les gens, c'est un environnement qui n'est pas adapté et donc qui ne permet pas une autonomie et donc une émancipation.
Donc la France a été condamnée pour grave violation des droits des personnes handicapées. Et donc tout à l'heure, je vous parlais de la définition que je veux vous donner parce que l'une des recommandations, une des 86 recommandations de ce rapport de la mission d'évaluation, c'est d'intégrer pleinement cette définition dans le droit, dans le droit français et dans l'application de nos politiques publiques et la constitution de nos politiques à l'Assemblée nationale et au Sénat, en tout cas dans les deux chambres. Donc je vais vous la lire.
Les person alors les personnes qui représentent des incapacités physiques, mentales, intellectuelles ou sensoriel durable dont l'interaction avec diverses barrières peut faire obstacle à leur pleine et effective participation à la société sur la base de l'égalité avec les autres. Et vraiment, je m'arrête sur égalité avec les autres parce que je pense que ici en plus à gauche à la France insoumise dans notre mouvement politique, la colonne vertébrale, notre colonne vertébrale idéologique, c'est l'égalité des droits, c'est l'universalisme, c'est le fait que on ne considère pas qu'une personne est supérieure à une autre ou vice-versa et que le fil conducteur des politiques publiques qu'on doit amener sur la table ou même en tant que parlementaire qu'on constitue, elle doit être l'égalité des droits, toujours l'égalité des droits. Donc cette mission d'évaluation euh elle a été faite par deux parlementaires à l'Assemblée nationale, une du groupe majoritaire et Sébastien Bétavi qui est un élu, un député écologiste avec qui notamment on a travaillé sur le logement 100 % accessible et qui est en situation de d'handicap.
Ils ont fait cette mission d'évaluation et je crois que la chose la plus intéressante dans les 86 recommandations et ce sur quoi je pense qu'on doit toujours mener notre action politique et publique, c'est sur la question de la désinstitutionnalisation. Il faut aller vers la désinstitutionnalisation et pour cela, il faut qu'on mette en place, il faut qu'on on soit faire de lance sur cette question un programme pluriannuel de la désinstitutionnalisation pour faire en sorte de revenir à l'égalité des droits et puis à des effets de ségrégation, de mise de côté, de de stigmatisation permanente. Et ça, je pense que si à gauche, si à la France insoumise, on a ce fil conducteur, on pourra après faire en sorte que les politiques qu'on va proposer, que ce soit l'Assemblée nationale ou dans notre programme l'avenir en commun, ce soit reposé sur notre doctrine, notre ADN politique qui est l'universalisme.
Je vais pas parler plus longtemps, je vais juste vous parler de la dernière actualité à l'Assemblée nationale en ce qui concerne le handicap. Alors, on a eu une superbe loi sur l'école inclusive. Alors, ça a été la bataille, hein, je vous le dis.
Euh moi, je je suis pas spécialisée sur les questions d'école, mais du coup, je me suis mise sur ce texte parce que je me suis dit "Oh là là, euh, j'ai commencé à lire, alors c'est une proposition de loi sur l'école inclusive. Il y avait allez trois mesures phare." En réalité, c'est un vide absolu, hein.
Il y avait la question du LPI, du livret euh d'inclusion. Il y avait la question d'un observatoire national sur les questions éducatives et d'insertion professionnelle pour les personnes handicapées. Il y avait la question de la formation des enseignants.
Et qu'est-ce qu'on a oublié dans tout ça ? L'accompagnement humain. À aucun moment dans cette loi n'était mentionné l'accompagnement humain et donc les AESH.
Donc bon, on se dit moi quand j'étais à la tribune, je me suis dit bon, on va essayer de leur faire comprendre quelques petits trucs quand même. En commission, on est passé d'un observatoire national à un rapport annuel et on sait très bien qu'à l'Assemblée nationale, les rapports annuels, on en voit pas trop trop la couleur. Et donc après, je me suis battu dans l'hémicycle pour faire en sorte de rétablir cet observatoire.
Pourquoi ? parce qu'on est dans l'incapacité d'avoir des données statistiques sur les questions par exemple de scolarisation des élèves en situation d'handicap à savoir que la rentrée s'est fait avec 20000 enfants handicapés qui n'ont pas pu aller à l'école et qui ont été déscolarisés parce que il y avait pas de place pour eux. Est-ce que c'est ça l'école de la République ?
En fait, c'est juste la rupture de notre contrat républicain. Et ça en fait à aucun moment dans cette loi, ils l'ont compris. à aucun moment ça n'était posé comme débat dans la loi.
La continuité de l'enseignement, par exemple, combien d'heures et notifié en accompagnement par la MDPH est vraiment effectué quand l'élève est accompagné ? Personne n'est en capacité de nous le dire. et la formation.
Donc nous, on avait déposé un amendement pour que les enseignants aient une formation initiale massive sur la question du handicap parce que dans le master MEF, il y a quand même pas beaucoup d'heures et une formation continue et on avait aussi proposé un amendement pour quand même parler des AESH que ce soit pas simplement sur la question de la formation initiale et continue de 60 he où souvent en fait ils sont balancés avant sans avoir eu la formation nécessaire et j'ai entendu des oui là et donc juste reposer aussi la question de les AESH sont essentiels à l'école inclusive. On ne peut pas faire 100 et c'est la raison pour laquelle il faut créer un corps de fonctionnaire des AESH. Il faut les intégrer dans les équipes pédagogiques.
Il faut faire en sorte que elles aient un statut parce que très souvent ce sont des femmes, elles sont payées en moyenne 900 € par mois. Et là aussi, il y a une question en réalité de dignité en fait humaine. Et donc ça ça n'était pas du tout posé par la loi.
Bon et puis est arrivé un amendement du gouvernement 3h avant le début de la séance. 3h bon 3h avant le début de la séance ça veut dire qu'on l'a pas du tout exam examiné en commission. Et donc c'était un amendement qui venait généraliser une expérimentation, les pôles d'appui à la scolarité, les passes.
Donc d'habitude le gouvernement, il veut des mesures d'impact, il veut il veut que tout soit calé avant, il veut que l'expérimentation soit terminée. C'est toujours leur bonne excuse quand ils veulent pas mettre des trucs que nous on veut qu'ils mettent en place, quoi. Et là 6 mois, on suffit, même pas l'essen, enfin même pas l'année scolaire en réalité.
Ben nous en parlera tout à l'heure parce que c'est appliqué dans le département du Rô en terme d'expérimentation. Mais c'est quoi ce ce pass ? Ça veut dire que les enfants qui étaient notifiés avant par la MDPH vont être notifiés par le directeur d'établissement et plus par la MDPH.
Donc au-delà de de créer des droits différents, ce queon souhaite pas, ça veut dire que le budget de l'éducation nationale, s'il baisse, à votre avis, qu'est-ce qui va se passer pour les élèves handicapés ? et ben on va arrêter de notifier des heures et donc on va continuer la ségrégation, continuer l'exclusion et continuer cette rupture d'égalité des droits. Et donc il voulait nous faire ça passer en cati comme ça.
Donc à un moment bah nous la France insoumise on était le seul groupe de l'Assemblée nationale à s'être opposé à cette loi et d'ailleurs Born m'a dit "Vous allez quand même pas voter contre les enfants handicapés quoi." Ben en fait, vous faites vous êtes en train de de détruire leur avenir quoi. Donc oui, on va le faire.
Et donc voilà ce qui s'est passé dernièrement à l'Assemblée nationale sur la question et ce qui m'amène à faire la transition parfaite avec Vinda qui va nous parler donc de l'école en tant qu'enseignante et ancienne à [Musique] merci. Je C'est bon, vous m'entendez ? Bonjour.
Bonjour. Donc je suis Binda Punier, ancienne AVS exactement. J'étais du coup assistante de vie scolaire avant que le statut d'Ash n'existe et depuis 10 ans, je suis enseignante sur le quartier de Gerland à Lyon en réseau prioritaire.
Euh c'est une très grande école qui accueille euh également des enfants en situation de handicap avec euh la mise en place d'une d'une uliss donc une unité locale si je me trompe pas d'inclusion scolaire. Merci. Voilà. et puis d'autres dispositifs aussi d'inclusion notamment pour les enfants hallophones et les effives également, c'est les enfants itinérants du voyage.
Euh donc je suis également en situation de handicap donc dans mon dans mon statut professionnel, je rencontre aussi pas mal de difficultés, on dira mais bon ça c'est peut-être aussi un autre sujet à aborder les personnels enseignants en situation de handicap. un un gros chantier aussi. Euh je je n'ai euh je je vais parler de du vécu de mon vécu de travailleuse de l'éducation.
Euh je je sais qu'il y aurait plein de manières de l'aborder et je suis sûre que vous avez aussi plein de choses à dire. Donc j'ai hâte de pouvoir échanger avec vous sur ce sujet. Euh concernant l'école et l'inclusion, très très gros sujet.
Euh l'accueil des enfants en situation de handicap dans l'école, c'est quelque chose de de d'extrêmement comment on pourrait dire vaste et et c'est quelque chose qui est en chantier en fait. On se rend compte qu'il y a rien qui est réellement abouti dans le dans le projet. Donc globalement, on a eu une une charge administrative qui est extrêmement lourde pour tout le monde à commencer par les parents euh des élèves en situation de handicap euh avec du coup l'établissement de dossiers pour pouvoir faire des des dossiers MDPH, enfin des notifications MDPH.
Et donc nous les enfants quand ils arrivent dans l'école, ils ont normalement une notification MDPH et on est censé ensuite constituer un dossier d'accompagnement scolaire pour pouvoir justement les accompagner au mieux au sein des établissements. Euh il y a des rencontres qui sont fait avec les parents avec un enseignant référent aussi qui est coordinateur euh et les personnels qui sont concernés pour l'accueil de l'enfant en situation de handicap. Euh ce dossier donc c'est il est assez conséquent, il est remis à jour chaque année.
Euh c'est un guide d'évaluation qui s'appelle un GVCO. Je sais pas si ça vous parle. Voilà, c'est les termes techniques.
On adore les cycles dans l'éducation nationale. Donc voilà. Euh, on établit ensuite des objectifs pédagogiques, des objectifs d'apprentissage pour répondre au mieux aux besoins de de l'enfant et euh on établit du coup ensuite des préconisations, on pourrait dire, pour que l'enfant soit accompagné soit d'une aide humaine, soit non, enfin, ça dépend du profil. et puis qu'il y ait éventuellement du matériel qui soit mis à disposition aussi pour que cet enfant soit au mieux enfin corresponde au mieux à ses besoins.
C'est un un dossier également qui permet ensuite de gérer l'orientation. Donc censé être un vrai suivi d'année en année. Voilà pour le côté un peu administratif.
Donc quand on regarde ça comme ça, on a l'impression qu'il y a une vraie volonté d'adaptation finalement et et une vraie volonté de suivi de de et enfin personnalisé de l'enfant. On pourrait se dire que du coup les besoins de l'enfant sont pris en compte voilà et qu'en fonction des besoins, on va du coup éventuellement générer des moyens. C'est ce que normalement, me semble-t-il, préconise la loi 2005.
Voilà. Et en réalité euh c'est pas réellement comme ça que ça se passe. C'est-à-dire que on est confronté, j'ai un un collègue à SH qui me disait "Maintenant que que l'enfant est déposé à l'école et qu'on a géré toute la paperace, toute l'administration, bah finalement débrouillez-vous avec ça quoi." Et c'est un peu le ressenti qu'on a à l'école.
Enfin, c'est c'est en tout cas c'est mon ressenti et celui des collègues avec qui je discute, c'est que tout le monde suffoque de cette de cette situation parce que on se rend compte qu'on met tout le monde en souffrance et a commencé l'enfant à commencer par l'enfant pardon. euh parce que euh on gère des situations dans l'urgence parce que même si sur le papier c'est marqué que cet enfant a besoin de telle ou telle prise en charge, ben en réalité c'est pas réellement ce qui se passe et que du coup on est démuni et on est confronté à des situations euh où euh parfois euh voilà, on n' pas de moyens, donc on est tout seul à devoir gérer la situation soit en tant qu'enseignant, soit parfois la ESH qui essaie de gérer comme il peut aussi avec ces formations qui sont extrêmement maigres. Euh mais voilà, c'est c'est très compliqué.
Donc un manque de moyen, on va dire de manière générale, un manque de moyens concernant l'espace parce qu'on on accueille des enfants qui auraient besoin éventuellement de salles sensorielles ou bien de s de décompression. Donc les locaux sont pas du tout adaptés, pas du tout adaptés. euh un manque de moyen matériel évidemment parce que il y a il y a très peu de matériel spécifique euh adapté pour à la manipulation ou bien euh voilà toutes sortes de choses qui permettent d'amener les enfants euh euh bah juste à atteindre les objectifs d'apprentissage.
Voilà. Et puis ben évidemment un manque de moyen humain parce que on a très peu de personnel spécialisés, très peu de personnels formés. Il y a un manque considérable d'AESH euh donc c'est voilà et un manque considérable aussi de structures comme les les Ulisses qui sont pas suffisamment nombreuses euh du tout.
Euh je voudrais faire un point avec vous sur justement les conditions de de travail des AESH. Donc AESH c'est accompagnant d'élèves en situation de handicap. Euh c'est un statut qui est extrêmement précaire comme tu le disais euh Anaïs tout à l'heure.
Euh ce sont des agents qui sont contractuels déjà, enfin il y en a certainement parmi vous hein euh et euh ce sont donc des agents contractuels de la fonction publique qui ne sont pas fonctionnaires. Donc déjà là ça pose problème en terme de reconnaissance de de ce métier. leur nombre d'heures est imposé quelque part parce que ils ne peuvent pas être sur 35h.
Donc c'est soit un des contrats de 20h, de 26h ou de 31h dans le secondaire. Moi comme je suis dans le dans le primaire, je connais pas pas trop le secondaire avec des salaires comme tu le disais qui sont autour de 960 € nets parce que forcément c'est le SMICORire et que bah ils atteignent pas le taux plein. Donc voilà euh une formation initiale comme tu le disais de 60h qui voilà en général arrive pas du tout la première année.
Il y a pas de formation continue. Euh parfois même très difficile d'avoir un interlocuteur direct avec qui communiquer. Donc parfois certains AV ne savent même pas vers qui se tourner au niveau hiérarchique parce que ils ont pas de voilà, c'est quelqu'un qui est pas dans l'établissement ou voilà compliqué de communiquer et parfois ce sont des personnels qui n'ont pas d'espace pour eux dans les salles de classe ou même au sein des équipes éducatives.
Donc ça c'est un un vrai on voit bien qu'il y a pas de du tout de prise en compte de ce métier tout simplement. encore moins depuis la création des piales qui sont les des pôles donc un peu dans la même idée que le pass he mais c'était on va dire voilà c'est celui d'avant donc c'est un pôle d'inclusion non pardon pôle inclusif d'accompagnement localisé donc c'est un c'est c'est comment on pourrait dire un secteur comme si c'était un secteur et en gros les AESH sont ne sont plus rattachés à une école mais sont amenés à aller dans plusieurs établissements différents sur parfois même une seule journée hein donc il des pions. Je sais pas comment le dire autrement, ils sont vu comme des pions.
Et d'ailleurs, le témoignage d'un des avessages de l'école où j'étais disait "Je me sens comme un pion sur un échiquier, incapable de réaliser correctement ma mission en laquelle je crois pourtant profondément." Et c'est euh ça montre un petit peu la souffrance de de du personnel, quoi. Euh donc il y a encore moins de considération, il y a plus du tout d'équipe euh d'équipe fixe.
Donc c'est encore moins facile de s'intégrer justement dans une équipe éducative. Euh avec des plannings souvent mouvants, au milieu d'année, on peut vous changer un petit peu les les enfin les élèves dont vous vous occupez. Donc pour l'élève, c'est c'est absolument atroce parce que du coup, il a plus son son adulte référent, quoi.
C'est je trouve ça c'est horrible. Euh donc on on a là la crainte même au niveau syndical hein, je crois que c'est en train d'un peu bouger, mais il y a la il y a vraiment la crainte que ce soit des choses qui soient empirées avec la création des passes euh parce que donc les pôles d'appui à la scolarité, c'est globalement la même idée en fait hein. C'est mais c'est juste que ça va être plus large.
Il y en a sep donc il y a sep passes à la rentrée qui vont être mis en place dans le Rô par exemple parce que le Rô fait partie de du comment on pourrait dire d'un pôle test quoi. Donc voilà. Donc ce serait des secteurs plus élargis, donc comme le disait Anaïs avec du coup le chef d'établissement qui deviendrait un petit peu responsable de ça.
Il y a eu des recrutements donc qui ont été faits pour être coordinateur pass. et bien n'importe quel personnel enseignant peut prétendre à être coordinateur de passe. Et a priori d'après ce qu'on comprend, c'est aussi c'est aussi des pôles où serait un petit peu mêlé toutes sortes de de de d'enfants en inclusion.
Donc c'est-à-dire qu'on pourrait mélanger un petit peu et hallophone et les enfants en difficulté scolaire et ceux qui pourraient être perturbateurs et ceux qui pourraient donc du coup être en situation de handicap. Voilà donc c'est un peu un fourtou euh absolument terrible où il y a plus personne qui est pris en considération en fait. C'est très très vaste.
Et voilà. Donc euh ben on attend la suite. On espère que ça va changer peut-être.
Voilà euh pour les les conditions des enseignants dans toute cette histoire, bah finalement nous plus on n' pas de formation obligatoire. Donc on espère pareil que ça change aussi au niveau des formations des enseignants euh soit pour le master, soit au moins à l'INSP au moment où on a le concours et on a la formation un petit peu en interne. Euh a priori, il y a déjà un module qui existe mais qui est assez maigre.
Donc voilà. Euh pour les enseignants, bah évidemment une charge administrative qui est très intense avec une multitude de dossiers euh et de réunions à fournir par élève euh de manière générale, mais euh par élève aussi en situation euh de handicap avec des on nous demande un surinvestissement et on a l'impression d'être un petit peu quelque part parfois pas à même de répondre aux demandes qui sont enfin On a l'impression d'être à côté, quoi. Voilà.
Euh, il faut toujours arriver, l'objectif est d'arriver à trouver un équilibre entre les besoins spécifiques de l'enfant de manière générale et surtout spécifique ben de l'enfant en situation de handicap et les besoins du groupe classe. Donc voilà, c'est c'est tout l'enjeu aussi de trouver un équilibre. Il faut savoir aussi que donc pour pour les enseignants que je côtoie en tout cas, c'est on est aussi amené à faire énormément d'achat de matériel spécifique justement pour les les enfants en situation de de handicap notamment avec nos nos sous personnels.
C'est-à-dire qu'il y a il y a tellement pas de budget qui est prévu et qui est alloué à ça que on en vient à utiliser notre budget personnel. Voilà. Donc certes, on n'est pas obligé de le faire, mais du coup, on met encore plus en souffrance les enfants qu'on est censé accueillir correctement et dignement.
Donc c'est très compliqué. Il n'y a pas de remplacement d'AESH, ça n'existe pas. Il y a pas de service de remplacement d'AESH.
Donc quand un un AESH ou une AESH est en est en arrêt maladie par exemple, on se retrouve seul dans la classe euh à devoir gérer des situations complexes et justement à devoir toujours trouver cet équilibre entre euh et bien le groupe classe et l'individu quoi, on pourrait dire de manière générale. Et puis faut pas oublier que les AVSH ne peuvent pas être sur en temps plein sur avec nous. Donc des fois, on se retrouve juste seul.
Voilà. Euh, on est amené à gérer des urgences permanentes quoi. Enfin, c'est des modifications d'emploi du temps tout le temps et des fois en dernière minute parce qu'on n pas le on n pas le choix et on est tout seul.
Voilà. quelques petites situations vécues et j'espère que vous allez pouvoir en partager aussi avec nous. Mais euh on a eu euh nous des situations par exemple d'enfant euh un enfant qui était 90 % euh sur une Ulisse et 10 % du coup dans sa classe d'inclusion avec des gros gros troubles du langage et qui avait par exemple un niveau grande section et qui se retrouve dans une classe de CM1 parce que sa classe d'âge c'est le CM1 et qu'on doit le scolariser en CM1 en souffrance totale parce que il se sent complètement décalé des des autres enfin avec les autres enfants.
Donc on a des crises fortes toute la journée, des bureaux retournés, des des des cahillett déchirés, des élèves et des adultes qui sont tapés. On sent que cet enfant, il fait comme il peut avec avec ses capacités et ses possibilités et ce qu'on lui offre surtout. Donc il fuit euh il se met en danger, il peut aller jusqu'à monter sur le toit de l'école, sortir de l'école, euh passer les escaliers, enfin vous imaginez un un un enfant qui est en souffrance en fait parce qu'on lui on lui donne pas on lui donne pas la possibilité de faire autrement.
Et ben à ce moment-là, forcément l'enseignante est seule ou l'enseignant est seul. Donc là, il y a une gestion du groupe qui est impossible. Il y a une gestion de l'élève en crise qui est impossible.
Et donc concrètement, bah on est nous pénalement responsable de l'enfant à ce moment-là euh et ce qui et de ce qui peut arriver en cas de en cas de crise. Donc ce qui se passe, c'est qu'on a comme seul recours le fait d'appeler le SAMU ou le fait d'appeler la police. Donc vous imaginez bien la situation où on est nous juste enseignant et on se retrouve à devoir appeler la police pour un enfant qui est en situation de handicap et qui juste manifeste sa souffrance.
C'est absolument terrible et c'est pas des cas isolés he je crois pas. D'autres cas également où on a des enfants qui ont enfin un enfant scolarisé à 100 % dans dans une classe de CE2. euh un dossier MDPH qui est en cours, donc il y a rien qui est fixé en terme administratif et nous, tant qu'il y a rien qui est fixé administratif, ben c'est un peu comme si c'était bloqué quelque part, la situation est bloquée et donc avec une AESH présente, mais un enfant qui ne communique et qui exprime ses émotions que par cri et par son euh et qui se retrouve finalement ben en souffrance aussi parce qu'il est dans une dans une classe euh voilà qu'on on appelle ça une classe ordinaire, je sais pas comment je sais pas si c'est le bon terme hein euh et qui n'a pas de zone de décompression, qui n'a pas de de salle sensorielle pour pouvoir exprimer ses émotions.
Donc c'est des situations où tout le monde est tout le monde est en souffrance. Donc c'est absolument terrible. aucune facilité pour gérer ça et pour mener du coup les apprentissages, ce pourquoi on est à la base à l'école et peu importe les apprentissages, c'est-à-dire que tout est adaptable en terme d'apprentissage quelque part, on fixe des objectifs mais là il y a aucun objectif qui peut être atteint dans de telles conditions de travail et de telles conditions scolaires. d'autres enfants aussi qui sont parfois mis comme ça dans une uliss alors qu'en fait il y a différents types d'uliss c'est-à-dire que on a des ulisses TSA donc pour les troubles du spectre du spectre autistique et des Ulisses TFC donc pour le trouble des des fonctions cognitives et ben donc nous on a eu un enfant donc qui relève normalement d'une liste TSA qui a été inscrit dans l'Uliss TFC parce que bah il y avait pas de place ailleurs quoi.
Donc on vous met là en attendant quoi. Donc c'est c'est enfin je sais pas comment on peut appeler ça mais c'est pas je sais pas c'est aucune prise en cons c'est de la maltraitance. Ouais c'est c'est vraiment de la maltraitance.
Une prise en charge qui est donc du coup extrêmement lacunaire et qui ne prend absolument pas en compte les besoins les besoins de l'enfant. Donc pour conclure, ben c'est un constat très amer, très très frustrant pour tout le monde euh et très maltraitant. Je crois qu'il y a pas d'autres mots.
Euh l'inclusion scolaire, ben oui, alors l'école inclusive c'est euh telle qu'elle est présentée actuellement ne répond absolument pas aux besoins des enfants en situation de handicap. C'est une très une très belle idée. On a tous envie évidemment que ce soit mené à bien, mais là clairement c'est un projet qui est inachevé. inabouti et euh tout est brouillon, tout est en suspend.
Il y a rien qui est réellement fait pour que pour que les enfants soient euh dans le bien-être et puissent apprendre correctement. Euh la direction que que prend l'école inclusive avec notamment les passes, ben c'est clairement, j'ai l'impression, l'inverse de ce qui avait été proposé au départ. C'est-à-dire que on va faire en fonction des moyens qu'on a.
Donc on a une petite enveloppe, tac et puis finalement peu importe ce que les enfants ont besoin, ben c'est pas grave, on va faire en fonction de ce qu'on a quoi. Euh ouais, centrer sur limite une coupe budgétaire, j'ai l'impression plus que centrer sur le bien-être de l'enfant. Donc c'est désolé, c'est pas très glorieux comme résumé.
Je sais pas s'il y a des bonnes nouvelles à apporter, mais voilà. En tout cas, c'est euh selon moi l'école inclusive actuelle est maltraitante. Voilà.
Merci de [Musique] Merci beaucoup Belinda pour ce ce cette intervention et ces témoignages qui nous fait dire que il y a évidemment l'école dite inclusive qui n'est qu'une promesse mais qui nous fait dire aussi que dans tous les secteurs de la société le handicap n'est pas pris en compte et mal pris en compte et nous devons en tant que force force politique. Ah voilà, être ambitieux, avoir une colonne vertébrale, celle de l'égalité des droits, faire en sorte que les personnes qui sont concernées par le handicap puissent porter leurs paroles et puissent nous dire la réalité des choses. Nous, on peut enfin moi je le dis tout le temps et pour n'importe quelle thématique ou secteur dans lequel j'interviens, je je j'essaie de toujours être ancré dans le réel, dans la réalité pour être au plus proche dans mes dans mes interventions des choses que je vais défendre, des choses que je vais dire parce que sans sans vous en fait, on peut pas on peut pas porter de bonnes politiques publiques et efficaces.
On peut pas faire en sorte de de transformer la société. Donc euh ce que je vous propose maintenant, si on on a on a 30 minutes 32 minutes devant nous, d'avoir comme promis au début de cette conférence un temps d'échange assez large. Euh je vous propose de faire passer un micro dans la salle et on va répondre euh Ouh là !
Est-ce que si c'est possible à chaque fois que vous prenez la parole euh question enfin question courte s'il vous plaît euh parce que là je vois une quinzaine demain euh parce qu'il nous reste 30 minutes et nous on va faire très court dans nos réponses et juste euh si vous pouvez dire vos prénoms comme ça je m'écris. Merci. Bonjour, merci pour ces interventions.
Elsa, je suis médecin généraliste avec un temps d'intervention en IME. Alors, je suis 100 % d'accord. L'IME, c'est c'est de la ségrégation.
Ça devrait plus exister aujourd'hui en 2025. Maintenant, il y a de vraies expertises en IME concernant le handicap. Je je pense à la structure où je je travaille.
On a des infirmières en permanence, psychomotricien, psychologue, neuropsychologue, orthophoniste, ergothérapeute kiné. Et ce sont des enfants qui ont aussi besoin de tous ces soins médicaux. et euh et voilà, je pense que comment on fait du coup pour inclure aussi cette expertise sur l'école, sachant que infiné, ce serait vraiment parfait.
Il me semble que tous les enfants en situation de handicap qui sont dans les IM soins inclus en milieu scolaire mais qui puissent bénéficier de leurs soins. Voilà. Merci.
Plusieurs questions. Merci. Bonjour, je me présente, je suis instit donc dans le premier degré et syndicaliste et donc remplaçant, c'est-à-dire que je tourne depuis des années dans les écoles et au au sein de notre syndicat, on a fait une enquête sur le sur l'inclusion scolaire que nous on appelle systématique et forcé parce que malheureusement c'est une inclusion sans moyen et sans personnel et le constat est unanime.
C'estàd tous les collègues sont en souffrance par rapport à cette à ces politiques d'inclusion sans moyen, sans personnel. Bon, la loi de Montchamp de 2005, c'est une catastrophe parce qu'évidemment euh c'est elle est pas du tout euh elle a pas été budgétisée, hein. C'est-à-dire qu'un gamin en classe normale, c'est 8000 € par an.
Euh dans une structure spécialisée, c'est 24000 €. Donc le gouvernement de Macron et ses ses gouvernements précédents ont tout fait pour faire des économies là-dessus. Donc ma question pour la France insoumise, c'est euh est-ce que à l'Assemblée, il y a un projet pour abroger cette loi Monchamp et pour faire une vraie loi pour pour l'école inclusive avec la restauration des structures médicales et médico-sociales de tous des enseignants spécialisés, c'est-à-dire des Razed, le rétablissement des RAZ, ce que nous on avait à l'époque, des maîtres à G et cetera.
Voilà. Bonjour euh Corentin. Du coup, moi je suis étudiant en situation de handicap.
Moi j'ai une question toute simple, c'est euh faut savoir que en ce moment, je suis en train de préparer mon un dossier de enfin mon premier dossier pour pour être reconnu en tant que personne en situation de handicap. Est-ce qu'il serait peut-être pas temps peut-être de réformer peut-être le système parce que c'est une catastrophe. On est obligé de prendre plein de documents.
C'est une horreur administrative. [Musique] [Applaudissements] Euh, bonjour, je m'appelle Laura. Euh en fait, c'est pas tellement une question, c'est plus une proposition par rapport à des difficultés rencontrées.
Je me disais que les professeurs le les le les le personnel enseignant devrait être un peu formé sur la détection des de certains signes, de certains handicaps parce que c'est ça peut freiner la scolarité et les parents ils ont pas forcément les les clés pour repérer ce genre de choses et les enseignants, ils voient souvent plus les enfants et enfin les élèves. Et euh moi pour mon exemple euh j'ai un TDH et mon mon conjoint est enseignant et quand en découvrant ce que le TDH, il a pu repérer des signes chez un élève et adapté son enseignement son pour pour ses difficultés. [Applaudissements] Bonjour.
Alors, merci pour votre intervention déjà. Euh alors moi mon dans mon cas, je m'appelle Camille. Alors, déjà Camille, voilà.
Euh j'ai aussi un TDAH euh que Laura ici présente et euh moi ma question ça serait euh par rapport que vu qu'on sait que le TDAH, l'autisme, ce sont des handicaps aussi invisibles pour euh certains pour certains aspects et moi ma question ça serait euh est-ce qu'est-ce que la France insoumise ferait pour euh tout ce qui est handicap invisible pour reconnaître en tout cas tous les handicaps invisibles pour euh pour la reconnaissance AirQTH et potentiellement la la pour les difficultés [Applaudissements] fait 2 et après on fait 2 ça vous va ? Bonjour, moi je m'appelle Tom. Euh j'ai été élève en situation du handicap et moi je voulais poser la question de s'il y a pas aussi quelque chose à faire sur l'inclusion des élèves en situation de handicap au sein même de la classe et l'acceptation par les autres élèves.
Si on ne pouvait pas voir quelque chose sur en fait expliquer aux élèves qu'est-ce qu'une personne en situation d'handicap et ne et comme ça ils ne considéront pas que c'est une personne différente et bizarre comme ça a été le cas pour moi. Je voulais juste poser cette question. [Applaudissements] [Musique] [Applaudissements] Merci.
Euh, bonjour, moi c'est Charlotte. Euh, j'ai un double handicap et être ici c'est très très compliqué. C'est pour ça que je suis assez d'accord quand monsieur disait que il y a une relative inertie à gauche et je suis vraiment d'accord avec ça et je le constate ici même ici aux Amphi euh il y a beaucoup de manquement pour les handicaps autres que PMR.
Euh voilà, c'était plutôt un constat. Après pour les enfants euh je trouve ça aussi alors je suis complètement OK. Mais je suis très étonnée que dans cet enfi, il y a absolument pas de d'entretien de sur le handicap adulte.
J'ai quand même souvent l'impression qu'on est invisibilisé. Merci. On va on va faire une première salle de réponse et après on reprendra 2 de de pour essayer de par bloc. pour tu veux répondre en premier ou sur H euh donc sur la question de l'IME, alors c'est sûr que le système existe depuis euh au moins 1975 en fait en réalité bien avant dès les années 50 donc depuis les années 50 l'expertise s'est développée au sein de ces instituts.
Donc un corps de professionnel, des savoir-fairs, des recrutements, des carrières entières réalisées dans ces instituts et que forcément désinstitutionnalisé, ça veut dire fermer ses établissements mais ça veut pas dire se passer des personnels. il y aura pas de désinstitutionnalisation et et même au confin de la droite macroniste, personne ne parle de supprimer le travail médico-social et de priver les enfants de cet accompagnement de soins et de cet accompagnement éducatif. Donc le après ça, c'est quelles sont les conditions auxquelles on va greffer l'école et le médico-social, à quelles conditions on va leur apprendre à travailler ensemble.
C'est ça l'enjeu. D'accord ? Mais en tout cas, il est absolument pas question de de lâcher des enfants handicapés dans des écoles ordinaires sans sans sans accompagnement. sur les pôles d'accompagnement spécialisés dont il a été beaucoup question ici. l'un des enjeux, c'est l'une des difficultés, mais c'est aussi l'une l'un des éléments qui peut être désirable, c'est que le médicocial est désormais intégré à l'éducation nationale dans grâce à ses passes, même si sur le sujet, moi j'ai un avis plutôt négatif, mais le l'avancée qui est réalisée, c'est de faire rentrer le médico-social dans l'école auprès des enseignants, là où les enseignants n'en voulaient pas.
Donc euh c'est quand même une une invention. Voilà, quelque chose d'important et le le mais c'est l'enjeu, c'estàdire comment on fait pour passer cette expertise des établissements aux établissements scolaires. Euh inclusion systématique et forcée, je reconnais le vocabulaire de FO je pense.
Euh le alors 1 c'est un droit 2 il est dans la convention internationale 3, il faut pas restaurer les IME, il faut les fermer. Voilà. Euh et donc et alors je le le l'un des problèmes à gauche, c'est qu'évidemment il y a beaucoup d'enseignants qui sont à gauche et qui sont dans des situations de souffrance importante y compris des amis personnels.
Voilà, donc le qui sont des du fait de la présence d'un enfant handicapé. Mais l'enfant handicapé est pas l'adversaire. L'adversaire à la rigueur, c'est le ministère de l'éducation nationale.
L'adversaire c'est le gouvernement mais l'adversaire c'est pas l'enfant. Euh et donc euh pardon. D'accord.
J'ai certainement j'ai j'ai du mal lire. Très certainement. Très certainement.
Je suis désolé. Voilà. Euh donc le le donc l'objectif c'est d'arriver en fait à réussir l'inclusion.
Il y a des dispositifs, il y a des expérimentations qui sont en cours. Je pense à l'école de monquartier ou euh aux écoles d'autorégulation qui sont en cours, qui sont des dispositifs à dont dont l'idée est relativement intéressante mais dont la mise en œuvre comme souvent pêche pêche très largement mais qui permettrait en fait d'intégrer deux adultes dans une classe, c'est ce qu'on appelle le modèle italien euh dans toutes les classes qu'il y ait un enfant handicapé ou qu'il n'y ait pas d'enfant handicapé dans cette classe. Et donc on aurait deux enseignants par classe.
Vous comprenez bien évidemment les limites budgétaires à la question. Euh euh mais c'est en fait sur cette idée-là qu'il faudrait qu'il faudrait se se s'orienter. Voilà, je m'arrête là-dessus pour pas euh je vais répondre sur l'école aussi.
Quelles sont les propositions de la la France insoumise sur l'école inclusive ? On va travailler à à potentiellement une proposition de loi sur la question parce que la question de l'école, elle est évidemment transversale et elle touche quand même beaucoup de secteurs et beaucoup de degrés. Et donc je pense que c'est un travail de fond à faire euh pour vraiment travailler sur l'école inclusive euh parce que ça ça implique les IME, ça implique le médico-social, le pluridisciplinaire aussi.
Euh il y a quelqu'un qui a dit tout à l'heure et je trouvais ça assez juste, euh les enseignants en réalité sur les questions de handicap sont souvent les premiers lanceurs d'alerte. C'est eux qui identifient euh assez vite euh les troubles que peut avoir l'enfant et ça dès son plus jeune âge. Et souvent en fait c'est lui qui intervient auprès des parents pour expliquer.
Et souvent moi, j'ai rencontré des enseignants qui m'ont dit "Ça m'est arrivé de de dire à des parents que il y avait des troubles. souvent les parents sont dans une forme de déni compliqué quand vous êtes enseignant et que vous avez pas entre guillemets la légitimité pour parler des questions de ces questions là. Euh et donc du coup voilà aussi travailler la question de comment on on annonce, comment on prend en considération, comment en réalité euh euh l'enseignant accompagne aussi euh les parents et ce qui me fait faire le pont avec euh euh la MDPH, j'ai entendu que ça avait suscité des applaudissements euh la MDPH, on est tous d'accord pour dire que ça fonctionne pas.
Euh on est tous d'accord pour dire que euh c'est des délais interminables dans le dans dans le rô, c'est 9 mois de délai pour être notifié. Donc il y a des bons départ enfin il y a des bons il y a des départements qui sont des bons élèves et il y a des départements qui sont des mauvais élèves. Et c'est ça qui est dramatique et vraiment je reprends ce que je disais au début sur l'égalité des droits.
Il y a une différenciation du droit par rapport au département par rapport aux logiques de territoire et je vous parle même pas des outresem et par exemple pourquoi c'est a été mis en place ces passes là ? Bah parce que quand même il y a beaucoup de délais dans les MDPH pour notifier les enfants. Mais au lieu de se poser la question de pourquoi il y avait des du délai dans les MDPH et ben on crée un autre dispositif adoc. on remet de la difficulté supplémentaire au lieu de de prendre le problème à la racine et se dire "OK, on va remettre des moyens, on va mettre un accueil physique, on va faire en sorte de suivre les dossiers, on va remettre des des du personnel dans les commissions aussi parce que moi ce qu'on a dit, on m'a dit dans la commission du rô, c'est qu'il y a plus personne qui fait partie du médico parce que en fait on a plus les moyens.
Donc du coup, on a quelqu'un qui vient remplacer une scène contractuelle. Elle a pas tout à fait suivi tous les dossiers. C'est ça la réalité.
Donc il y a évidemment la la nécessité de refonder ces MDPH, de remettre de l'accueil physique de l'humain dans tout ça. Il y a quelqu'un qui a posé aussi la question. Je suis désolée, je vais vite mais c'est pour reprendre des questions après.
Euh quelqu'un a posé la question RQTH Aah. Il y a quelque chose qui m'a interpellé. Alors déjà la France insoumise, on s'est battu pour déconjugaliser la hache.
C'est notamment Adrien Clou qui a qui a lancé un peu le la bataille sur cette question à l'Assemblée nationale. Mais nous, on n'irait même plus loin, c'est-à-dire mettre la hache au niveau du SMIC. Mais attention, ça c'est vous pouvez considérer que c'est un effet d'annonce.
Pourquoi je dis ça ? Parce que lorsque j'ai discuté de cette question avec des personnes handicapées, m'ont dit "Mais attention, nous si vous mettez la hache à un certain seuil, ça va nous faire perdre de l'argent." Donc il y a évidemment une question à se poser sur la hache au niveau du SMIC, tout en considérant que il y a une des dépenses de 30 %, tu l'as dit tout à l'heure Pierre Yve, qui sont liées à l'handicap et donc comment on fait en sorte de redonner du pouvoir d'achat aux personnes handicapées ? parce qu'elle elle représente deux fois plus en terme de de population de personnes précaires dans notre pays.
Donc il y a évidemment cette question, il y a la question du travail. Malheureusement, on le voit beaucoup sur le prismeat, mais en fait ce que j'aime bien expliquer sur sur le travail, c'est que on avait une obligation dans le privé de 6 %. C'est loin de d'être le cas.
Du coup, les entreprises préfèrent payer euh une amende. Une amende qui va à quoi ? À la GFIP.
La GFIP qui aide des entreprises à faire de l'insertion professionnelle. En fait, c'est c'est un serpent qui se mort la queue sur des dispositifs qui doivent pas être des dispositifs satellite de l'État, mais une politique étatique. Là encore, c'est c'est vraiment symptomatique du désengagement de l'État sur cette question.
Voilà, je te laisse. Oui, oui, je veux bien. Et après, comme ça, on reprend les questions.
Je voudrais juste répondre à Tom. C'est ça. Enchanté.
Euh c'est euh je suis d'accord avec toi hein sur le fait que effectivement c'est une question dont on doit parler euh au aux enfants et c'est d'autant plus facile à faire justement quand il y a de l'inclusion parce que c'est euh je trouve qu'il y a il y a de il y a de la vie, c'est concret. euh on pose la question aux personnes qui sont directement concernées, donc c'est très bien et euh et ça soulève le questionnement, ça entraîne de la solidarité. Euh et là pour le coup, on est réellement dans un vivre ensemble, chose qu'on est censé euh enfin on est censé tendre à ça en tout cas et euh et puis en plus c'est entendable parce que c'est inscrit dans les programmes scolaires aussi hein.
Si on veut vraiment se être dans la dans la légalité, c'est fait partie du programme de MC. Donc l'enseignement moral et civique, le vivre ensemble, c'est quelque chose qui a inscrit. Donc ça peut totalement passer par ça.
Euh par contre, c'est sûr que c'est un peu libre, enfin c'est l'enseignant qui est libre finalement de faire intervenir ou non des associations, enfin du moins qu'il y ait des intervenants extérieurs pour pouvoir en parler davantage. Voilà. Mais c'est en tout cas ce sur quoi enfin il faut tendre.
Je je pense aussi. Voilà, j'ai vu. Alors, depuis tout à l'heure, il y a deux mains là qui se lèvent.
Euh euh là là, non mais oui. OK. Euh bonjour.
Euh alors, moi je suis militant antivalidiste et je trouve ça dommage que le terme validisme n'ait pas trop été évoqué. Euh juste si vous êtes si vous êtes formé aux questions féministes, aux questions antiracistes, c'est à peu près le même principe, c'est-à-dire qu'on pose une norme euh et on punit les déviations à la norme. Euh voilà.
Et c'est et c'est c'est quand même un un peu le le ce qui doit soutendre, je pense, ce qui peut structurer l'action euh et l'action politique autour du handicap. Euh je voulais aussi dire que j'ai été un peu déçu euh quand madame vous avez parlé de ce qui se passait au niveau du handicap à l'Assemblée nationale dernièrement euh que la loi fin de vie ne soit pas évoquée. Il y a beaucoup beaucoup de militants, quasiment tous les militants antivalidistes alertent et hurlent dans le vide depuis des mois sur le fait que c'est une loi eugéniste qui n'a d'autre but que de faire des économies sur la sécurité sociale et sur les prestations sociales. que les critères sont bien plus larges que simplement des gens en fin de vie ou en souffrance physique extrême que il y a des termes qui sont pas très bien définis et qui et qui et si vous voulez vous en convaincre, je vous suggère d'aller sur Twitter ou Blue Sky de chercher le hashtag je suis éligible.
C'est des témoignages de personnes qui se reconnaissent comme éligible à l'euthanasie ou au suicide assisté et qui pourtant ne demandent qu'une chose, c'est qu'on leur donne les moyens de vivre. Je termine sur la sur l'affaire Karine Braay qui était une militante et artiste peintre handicapée avec la maladie de Charco qui a essayé pendant des années d'obtenir des aides à domicile. On lui a refusé et elle a préféré, elle n'avait d'autre choix en fait que soit la vie à l'hôpital, soit la sédation profonde jusqu'à la mort.
Et c'est ce genre de situations qui vont se reproduire encore et encore. C'est-à-dire que là, on l'a bien vu, Bairou veut serrer la vie sur les ALD. Euh donc ça va aller de pire en pire pour les handicapés dans ce pays si on fait rien.
Euh et donc il y aura de plus en plus de gens qui avec qui on va refuser des aides dont ils ont absolument besoin et qui n'auront comme alternative que de choisir la mort. Voilà. [Applaudissements] Oui, bonjour.
Donc moi, c'est Lilia. Je suis maman de trois garçons en situation de handicap. Donc des handicaps différents, de l'autisme, un handicap plus lourd.
Alors effectivement tout ce que vous avez cité dans le milieu scolaire, je pense qu'on on le connaît pour beaucoup. Les enseignants sont en souffrance, les AH, les enfants, on peut plus accepter cette maltraitance pour nos enfants, mais vraiment on peut plus l'accepter, c'est plus possible. Euh on a des enfants qui sont euh euh psychologiquement détruits euh et dès le plus jeune âge.
Euh toutes les enquêtes sur le handicap euh en fait ça manque d'action. Ça manque d'action concrètement. Il faut faire des choses.
Euh toutes les enquêtes, les chiffrages et cetera, il faut des actions, on en voit pas beaucoup. Il faut vraiment que les choses elles bougent. on en a marque, on nous demande on voit pas de choses concrètes qui soient faites.
Euh il faut sensibiliser dès le plus jeune âge au handicap euh parce que les enfants euh ce sera les employeurs de demain et que il y a un problème dès aujourd'hui effectivement pour inclure les personnes handicapées dans le milieu professionnel. Mais ça dès maintenant il faut sensibiliser parce que ce sera les employeurs de demain de plus tard. On sait tous que euh pour que ce soit pour les loisirs des personnes handicapées, pour le travail, pour l'accès sur la voirie, c'est catastrophique.
J'ai dû me déplacer et me former moi-même euh pour aider mes enfants en Suisse, en Pologne, au Canada parce que en France, c'est catastrophique. Je vais vous dire que même en Algérie, contrairement à ce qu'on pourrait croire, on est beaucoup plus avancé qu'en France. Je suis allée de moi-même avec mes enfants.
Euh, j'ai dû payer mes formations et les faire moi-même parce que aussi les professionnels en France ne sont pas formé ou très peu. Les ergothérapeutes, les psychomotriciennes, les orthophonistes sont pas formés aux troubles de l'oralité. Trouble de l'oralité, c'est 90 % des enfants autistes.
On a très peu de personnel formés et disponible. Il y a un problème, le handicap, c'est lié avec le les problèmes de le groupement avec la santé. Il y a beaucoup de soins qui sont très peu accessibles malgré les allocations handicapées.
L'ergothérapie, c'est pas remboursé et même pas per les mutuels. La psychomotricienne, c'est pareil. Pourtant, c'est vital pour nos enfants.
Les IME, c'est pire que de la maltraitance. C'est catastrophique. Moi, mon enfant, il est déscolarisé depuis tout le temps.
Il a 6 ans et demi. J'ai dû m'arrêter de travailler. J'avais une très bonne situation.
J'ai dû m'arrêter de travailler pour m'occuper de mes enfants. Et les allocations, ça ne suffit pas à payer, ça ne suffit pas à les aider. Euh, j'ai dû moi me serrer la ceinture pour me former et apprendre à mes enfants parce que ici il y a pas de professionnel.
Les formations à peut-être que ça perle à certains macon, Snoweline et cetera. Je l'ai fait moi-même à la maison pour mes enfants. Mais c'est pas la portée de tout le monde.
Et les parents ils sont démunis face au handicap. Ils en peuvent plus autant que les enseignants, les AUSH. Les AUSH, je me suis retrouvé avec des AUSH qui ne savent même pas ce que c'est que l'autisme, qui ne sont elles sont elles rentrent elles-mêmes en dépression et en pleurant à leur fin de leur journée à la maison.
On peut plus accepter ça. On peut plus. Alors, les enquêtes c'est bien beau, le chiffrage c'est bien beau.
Il faut du concret. Il faut que ça avance, il faut qu'il y ait des choses qui soient faites. On est trop en retard par rapport au monde entier en France.
C'est pas possible, on est en France quand même. Euh voilà, il faut qu'il y ait des choses qui bougent. J'en profite juste pour dire à tous ceux qui sont là que nous avec d'autres camarades à Marseille, on a créé un collectif où on se bat pour le les droits des handicapés et que des choses soient appliquées et qu' soient changé.
Donc le collectif s'appelle hand résistance handicap, handist résistance handroit, pardon, excusez-moi. Euh on a un petit flyer qu'on pourra donner à la fin. Ceux qui veulent nous écrire, il y a un mail parce qu'on a besoin de gens qui se mobilisent.
Comme je vous le dis, les enquêtes, les chiffrages, c'est bien beau. Mais tout ce que vous avez cité, madame dans le milieu scolaire ou autres, on le sait. Même les personnes qui sont pas handicapées, elles le vivent, elles le voi par elle-même.
On a tous pris le bus ou sur le trottoir et vu quelqu'un qui galère et qui on remarque tout ce qui n'est pas fait. Donc on a besoin de gens qui se bougent, qui se mobilisent, qu'on fasse des actions parce que pour ma part, moi par exemple, mes enfants, ils sont petits mais je suis catastrophée pour leur avenir. Comment ils vont faire ?
C'est pas possible. Moi, j'ai encore la force de me former et de les aider. Voyez, par exemple, on parlait des aides à la maison.
J'ai droit des aides à la maison, je ne les prends pas parce qu'elles ne sont pas formées pour aider mes enfants. C'est pas possible. tout ce que moi j'avance, quand elles ont avec leur bonne volonté, elles essayent de venir aider mes enfants et m'accompagner, ben ça détruit ce que moi je cré parce qu'ell elles sont démunies, elles ne sont pas formées, c'est plus possible.
Voilà, tout ce que je veux dire, c'est que là maintenant, il faut du concret, il faut avancer de manière beaucoup plus croquette que de que de parler en fait. [Musique] Bonjour, je suis Joël. Je vais aborder rapidement un sujet lié aux adultes en situation de handicap en me gardant bien de tout validisme, c'est l'accès au droit à vivre son intimité pour une certaine partie de personnes d'handicap que j'accompagne.
Je suis un accompagnant de l'intime. Ils n'ont pas l'accès, ils n'ont pas le droit à vivre leur intimité, leur plaisir et au-delà leur sexualité. Et je posais la question sur où on en est.
J'ai été moi-même un des responsables de la passe où le chemin et j'ai assisté au aux assises du comité interministériel du handicap qui ont posé cette question là sur l'évolution de notre position par rapport à une forme de reconnaissance ou d'institutionnalisation de l'accompagnement que j'appellerai de l'intime. [Musique] [Applaudissements] Bonjour dyslexique. Je suis peut-être pas à jour sur tout ce qui a été fait ces dernières années vis-à-vis de la question, mais où en est-on vis-à-vis des troubles 10, c'est-à-dire bah dyslexie, discasculi, dispraxie sont-ils encore considérés comme de simples troubles ou reconnus comme handicap et tout ce que cela pourrait leur apporter en prise en charge ?
Merci. [Applaudissements] Il reste 5 minutes. On va en prendre une dernière et il reste 5 minutes et je suis désolée après je dois enchaîner avec une conférence de l'autre à l'autre bout du site.
Donc je vais essayer de parler en retard et plutôt de se compter Constant parce qu'on a déjà fait plusieurs fois. Désolé. Non non mais ne retire pas le micro quand même.
Laisse poser la question et après on on compense de l'autre côté parce qu'on les a oublié les pauvres. C'est fini. Oui, c'est bon.
Oui. Oui. Simplement, je pense qu'il faut pas jeter le bébé avec l'eau.
Euh, j'ai entendu des formules qui m'ont glacé. Les établissements spécialisés, c'est la ségrégation. Moi, je viens du secteur médico-social.
Les mes collègues sont intérêts d'entendre ces chosesl. C'est les c'est la politique de Macron. C'est la conférence du handicap de 2023.
Il faut fermer les établissements spécialisés. D'ailleurs, il y a des circulaires. Il y a une circulaire de l'ONU, hein.
Bon, là-dessus, faut faire très attention à ce qu'on dit et ce qu'on fait à LFI. On est pour la rupture avec cette politique de destruction et on ne peut pas isoler, séparer le fait qu'il détruisent l'école publique républicaine et qu'il détruisent la sécurité sociale. Les établissements spécialisés, c'est le produit direct de la SQ 45.
Avant 45, il n'y avait pas d'établissement spécialisés prenant en charge. La question qui nous est posée, c'est quelle prise en charge spécialisé correspondant aux besoins de l'enfant en situation de handicap ? Quelle prise en charge spécialisée en fonction de la situation de la personne adulte en en situation d'handicapé ? ces questions auxquelles on il faut qu'on réponde nous comme Léfi sur une ligne de rupture et on peut pas dire simplement comme tu l'as dit il s'agit de mettre en place des structures dans l'école qui seraient issu du secteur spécialisé ça c'est ce qui nous explique tous les jours.
Ce sont des menteurs. Nous le savons que ce sont des menteurs. Un chiffre imparable.
Un chiffre imparable. Un enfant situation de handicap coûte sep fois plus cher dans un établissement spécialisé. Pourquoi ?
Parce que il a une prise en charge spécialisée. Il a un orthophoniste encore que maintenant de moins en moins entre nous, hein. Et c'est ça qu'on veut rétablir.
Commençons par ça. Commençons politiquement par ça. Et j'ai une proposition à faire.
Moi, je pense que LFI est en dessous de la discussion que nous devrions avoir pour intervenir à l'Assemblée nationale et pour combattre, pour aider les parents, les enseignants, les personnels à combattre pour un rétablissement plein et entier d'une prise en charge spécialisée pour tous. [Applaudissements] prer rang et deè ron quand je vois que les difficultés de tout le monde pour aller à l'école et vous bon moi je c'est un peu plus moi moi j'ai eu de la chance j'ai pu faire mes études en fauteuil moi j'ai travaillé pendant 35 an mais un truc on en parle pas beaucoup en fait c'est le droit au loisirs alors un truc tout con par exemple c'est beaucoup plus facile de trouver sur les sites si on accepte les chiens que les handicapés. Vous avez des filtres comme ça.
Si je veux réserver en fait dans un hôtel, dans enfin où que ce soit, c'est enfin bon en 40 ans, j'ai réussi à me démerder mais c'est super compliqué. Voilà, le droit au loisir et je parle même et moi encore je suis assez autonome avec ma femme, le droit au loisir pour des personnes qui en plus ont besoin d'une aide sur place dans pour leur loisirs, c'est juste l'enfer quoi. [Applaudissements] Oui, bonjour.
Alors moi c'est Pierre donc j'ai j'ai un TDH et je voudrais parler parce qu'on a évoqué tout à l'heure l'insertion professionnelle mais aussi enseignant et handicap. Donc à titre personnel, je suis enseignant et euh c'est je vrais faire une intervention aussi en ce qui concerne l'accès euh à l'emploi euh dans la fonction publique, notamment aussi dans à l'école avec l'intermédiaire des concours que je trouve particulièrement validisiste et qui ne permettent pas aux personnes en situation de handicap de préparer avec un cadre qui sont complètement inadaptés, hein. les concours sont complètement validistes qui permettent pas de de d'entrer dans la fonction publique et qui les sort en fait de de des postes titulaires, qui les plonge dans des postes contractuels très précaires qui les stressent encore plus et euh donc voilà qu'est-ce que fait les filles par rapport à ça ?
Moi pour l'instant, j'ai lu le livret éducation et handicap et je trouve que c'est particulièrement inquiétant parce que les parent vraiment aussi en dessous de de ce qu'on devrait attendre en tant que personnation handicap. Moi, j'ai passé un un concours, je l'ai eu en catégorie A, mais j'ai j'ai demandé pour la préparation une aide, un encadrement, m'a dit "Bah non, c'est comme tout le monde, c'est à distance, vous aurez un tiers-temps comme tout le monde." Sinon, on m'a dit "Vous faites le processus BOE, bon bénéficiaire de l'obligation d'emploi." Et là, on m'a demandé d'étaler tout mon dossier médical devant un jury en plus de mes connaissances scientifiques.
C'était absolument dégueulasse. Et là-dessus vraiment je suis je suis pourtant je milita à la France insoumise he mais je suis vraiment pas content de la France insoumise parce que le livre handicap est vraiment en dessous de ce qui devrait être proposé et les concours devraient franchement être abrogés pour les personnes en situation de handicap et leur permettre de s'insérer et d'être au moins des fonctionnaires titulaires de catégorie A et non pas comme on me l'avait proposé ah ben vous êtes handicapé faites-vous catégorie B. [Applaudissements] Merci à à toutes et tous pour ces ces questions, ces interpellations.
Peut-être avant tout est peut-être avant tout pour dire que très sincèrement, je le sais hein que à la France insoumise, on n'est pas à la hauteur sur ces questions qu'il y a beaucoup de questions qui restent en suspend, des choses queon pas tranché, des choses dans lesquelles il faut qu'on aille plus loin. Et je sais que par là, on a le sentiment que le handicap, c'est un sous-sujet à la France insoumise. Mais sachez que par mon arrivée entre guillemets à l'Assemblée nationale et mon interpellation au à l'équipe programme, on a décidé de de reprendre correctement le le livret handicap qui était longtemps laissé à à l'abandon par les coanimateurs.
On a renouvelé l'équipe des coanimateurs. On a fait en sorte aussi avec mon équipe de travailler comme on l'avait fait en 2022. Vous savez, le programme, ils avaient fait un plan, enfin, ils avaient fait des plans pour chaque secteur de de chaque secteur.
Et avec mon équipe cet été, on a on a travaillé à un plan handicap dans lequel on balaye vraiment tous les secteurs. Alors, par contre, c'est vrai que nous n'avions pas pensé à l'accompagnement de l'intimité, mais je serais très heureuse d'en discuter avec vous. Je vais pas me prononcer sur le sujet parce que c'est un sujet que je connais pas autant je je suis très honnête sur la question.
Mais ce qu'on peut se proposer pour pour essayer d'avancer collectivement sur ce thème qui est le handicap, c'est que à l'issue de la validation de ce plan, il soit proposé en discussion au groupe thématique et qu'on puisse collectivement travailler sur ce plan handicap euh au sein du groupe thématique pour enfin sortir avec un document programmatique ambitieux. avec des mesures et peut-être si chacun si certains sont spécialisés sur des thématiques, aller plus loin sur certains secteurs, l'éducation. Alors oui, sur l'IME, on va pas être d'accord et je suis profondément désolée que mes propos vous vous choquent, mais je vais pour autant pas les retirer parce que c'est ce que je pense.
Et voilà, en fait, il faut aussi qu'on ait qu'on ait en fait un débat idéologique, un débat de fond sur ces questions et ce que je vous propose c'est que ce plan sur sur ce qu'on a fait avec mon équipe soit la base de nos discussions pour cette prochaine année et on se retrouve aux anf en parler. [Applaudissements]
Anaïs Belouassa-Cherifi