"Il ne faut plus réagir dans la catastrophe" : les pompiers sont en grève ce jeudi
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Questions et réponses
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- 0:36OuverteRéponse directe
Ce cri d'alarme des pompiers à l'échelle de la France est-il partagé aussi ici au Pays Basque pour le SDI-64 ?
- 2:37OuverteRéponse directe
On parle beaucoup d'incendies, mais avec le changement climatique, il y a aussi les tempêtes et inondations. Comment anticiper ?
- 3:17OuverteRéponse directe
À travers cette crise et ses manquements, quelles sont les conséquences humaines ?
- 3:51OuverteRéponse directe
Pourquoi la profession ne bénéficie-t-elle pas du statut superactif lié aux risques particuliers ?
- 4:31OuverteRéponse directe
Après tant d'années d'activité, avez-vous toujours la flamme pour ce métier ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:02Locuteur 4Fait
« Ça fait déjà plusieurs années qu'on tire la sonnette d'alarme, que ça va être difficile sur le manque de moyens à l'avenir. »
- 1:26Locuteur 4Fait
« Le nerf de la guerre, c'est l'argent, l'argent public. »
- 1:41Locuteur 4Fait
« On est quand même obligé de pallier un gros manque de pompiers volontaires sur les petits centres de secours. »
- 2:01Locuteur 4Chiffre
« L'âge des pompiers en général situe un département à une moyenne d'environ 45 ans. »
- 3:22Invité politiqueChiffre
« l'intersyndical rappelle notamment que quatre pompiers sont morts dans l'exercice de leur fonction récemment. »
- 3:55Invité politiqueFait
« aujourd'hui, la profession ne bénéficie pas du statut superactif qui est lié à des risques particuliers ou à des fatigues exceptionnelles »
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Il est 7h44, Céline place à l'invité de la rédaction ce matin. On va voir qu'ils sont en colère et qu'ils le feront savoir aujourd'hui.
Les pompiers se disent à bout et ils sont appelés à faire grève par leurs neuf syndicats. Les pompiers réclament plus de moyens, plus de matériel, plus de personnel. Eux qui ont dû faire face par exemple au méga-feu en Gironde et dans les Landes au mois de juillet. Ils sont mobilisés également dans le sud-est de la France et se sentent abandonnés par les pouvoirs publics. On en parle avec notre invité donc, Franck Damestoy, pompier professionnel à Anglette, délégué UNSA pour le Pays Basque. Il répond à Stéphane Garcia.
Bonjour Franck Damestoy. Bonjour. Et merci d'être avec nous. Ce cri d'alarme des pompiers à l'échelle de la France, est-ce qu'il est partagé aussi ici au Pays Basque pour le SDI-64 ?
Oui, évidemment. Au SDI-64, on était très impliqué sur les derniers événements en Gironde ou même partout au sud-est. Donc le cri d'alarme national est évidemment partagé avec des problématiques. vocales et qui se répercute aussi nationalement. Ça fait déjà plusieurs années qu'on tire la sonnette d'alarme, que ça va être difficile sur le manque de moyens à l'avenir. Donc maintenant qu'on a un peu la lumière sur nous, forcément c'était le moment de tirer cette sonnette d'alarme et de prévenir les autorités et l'État que ce n'était plus possible pour les stapeurs-pompiers en général. Le nerf de la guerre, c'est l'argent, l'argent public.
Donc cet argent public, on va voir comment il est dispaché et utilisé, puisque le manque de pompiers professionnels, alors localement, pas mal d'embauches depuis 2019, c'est un gros combat, mais on est quand même obligé de pallier un gros manque de pompiers volontaires sur les petits centres de secours. Donc les gros centres mixtes, comme Anglette, pallient à ce manque la journée. Et donc ces moyens humains qui manquent, quand il faut partir en colme de renfort, soit en Gironde, sur des gros événements comme il s'est passé cet été, il faut aussi courir sur notre secteur. Donc ces moyens manquants étaient prévisibles.
L'âge des pompiers en général situe un département à une moyenne d'environ 45 ans. Donc quand il y a une quinzaine d'années qui commence à vieillir, à se blesser plus facilement ou à être plus fatigué, il va falloir pallier à tout ça et prévoir ce avenir, ces embauches et pouvoir anticiper aussi ces futurs départs à cause des catastrophes climatiques. Parce que l'été prochain, peut-être qu'il y aura encore d'autres départs, sûrement. Cet hiver, ce sera peut-être des tempêtes qu'on va pallier. Enfin, c'est cyclique. Donc tous les trois mois, on va oublier la catastrophe d'avant et réagir dans la catastrophe.
Parce que c'est ça, on parle beaucoup d'incendies en ce moment parce que logiquement, c'est de saison. Mais il y a aussi, avec le changement climatique, cette lutte récurrente contre les tempêtes et les inondations.
La planète change, c'est faire avec son climat, c'est indéniable. Donc on va tous le subir, on le sait, on sait ce qui va arriver. Il faut qu'on anticipe les moyens publics pour la sécurité des agents et de la population, ce sont une priorité. Donc il faut forcément anticiper, se mettre autour de la table comme il faut et pas toujours réagir quand on a le nez dedans en mettant un peu du scotch juste sur les déchirures.
Franck Damesteuil, pompier à Anglette, délégué UNSA à l'échelle du Pays Basque et l'invité d'ici matin.
À travers cette crise et ses manquements, c'est aussi des conséquences humaines puisque l'intersyndical rappelle notamment que quatre pompiers sont morts dans l'exercice de leur fonction récemment.
Oui, ça a été un gros déclencheur. Toute l'année, les pompiers meurent dans leur travail, ce qui n'est déjà pas normal. Les quatre décès de nos collègues ont des dates assez rapprochées. C'est pour ça que toute l'intersyndicale était d'accord pour ne pas les oublier, pour marquer le coup, pour faire aussi qu'en sorte que ce n'est pas normal que les pompiers meurent au goulot quand il y a des manques de moyens. On dit si on arrive à 45 ans de moyenne d'âge.
Oui, parce que c'est ça. Pour rappeler aux auditeurs pour qu'ils comprennent, aujourd'hui, la profession ne bénéficie pas du statut superactif qui est lié à des risques particuliers ou à des fatigues exceptionnelles qui vont jusqu'à une usure prématurée.
C'est une prématurité de partir un peu plus tôt à la retraite. Mais pour l'instant, on n'a pas encore ce statut-là. C'est-à-dire que quand on veut vivre, contracter un crédit ou une assurance, on surcotise parce qu'on est considéré comme métier à risque. Mais sur nos statuts professionnels et concrètement, on n'est pas du tout considéré comme un métier à risque ni au salaire ni dans notre catégorie de retraite. Donc, nous, c'est ce qu'on demande aussi d'être un peu plus considéré.
Sans mauvais jeu de mots, est-ce qu'après tant d'années d'activité, vous avez toujours la flamme pour ce métier, pour cette passion probablement initialement d'ailleurs ?
Oui, bien sûr. Tous les sabres-pompiers qui exercent, on est tous impressionnés. D'abord pour le métier, d'abord pour le service public parce qu'on est quand même là pour faire une action de service public. C'est ce qu'on... Donc ça, on l'a, on a toujours, on a les difficultés. Maintenant, on aimerait être quand même considéré par ceux qui gèrent un peu le fonctionnement, qui gèrent l'argent public justement, pour mettre à disposition du public. Et qu'on ne soit pas dans... Parce qu'on sait aussi que tous ces catastrophes vont se répéter. Dans 20 ou 30 ans, on va constater qu'il y a 30% de plus de cancers chez les sabres-pompiers. On le sait, ça aussi c'est un constat.
Donc c'est des choses aussi à prévoir pour notre santé, notre condition de travail et notre condition de vie. Qu'on ait toujours la flamme, n'empêche pas qu'on puisse être un peu considéré, reconnu.
Merci Franck Damestoy d'avoir été avec nous. Bonne journée et à très vite sur les antennes d'ici Pays Basque. Très bien, merci à vous. Radio.
Franck Damestoy, pompé à Anglette, délégué UNSA à l'échelle du Pays Basque, invité d'ici matin aujourd'hui. Rappelle qu'un rassemblement est annoncé devant le ministère de l'Intérieur à Paris. Aujourd'hui, une délégation doit même être reçue à la mi-journée par le ministre Laurent Nunez.