Face à Face : Aurore Bergé - 01/06
Audio original de l'émission.
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Vous écoutez RMC RMC jusqu'à 9h Apolline Matin Face à face
Apolline de Malherbe Il est 8h33 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV Bonjour Aurore Berger Merci d'être venue dans ce studio répondre à mes questions Vous êtes la présidente du groupe Renaissance Le groupe macroniste à l'Assemblée Nationale Vous êtes également députée des Yvelines Et alors on a vu hier toute cette énergie Toute cette énergie pour contrer la loi Liot Mais vous avez peur de quoi ?
On n'a peur de rien On n'a surtout pas peur de la démocratie et du vote Et c'est exactement ce qui s'est passé hier Ce qui s'est passé c'est des scènes assez ahurissantes Formes d'intimidation Je ne parle même pas des hurlements, des cris Des tentatives d'obstruction Qui étaient manifestes de la part de la France insoumise Parce qu'en vérité Quand la démocratie parle, quand un vote a lieu Mais qu'il ne leur convient pas Alors ils considèrent qu'il n'y a pas de démocratie C'est systématiquement ça avec les mélanchonistes Quand la démocratie parle mais ne va pas dans leur sens Ça voudrait dire qu'il n'y a pas de démocratie Nous il y a eu un vote Et la seule chose qu'on voulait hier C'était pouvoir avoir un débat Espérer avoir un jour peut-être un débat serein Sur la question des retraites à l'Assemblée nationale On en a été privé pendant des semaines Vous l'avez vu, vous l'avez commenté très largement Au Sénat il y a eu un débat Avec des points de vue qui étaient contraires Mais il y a eu un débat A l'Assemblée on ne peut pas dire qu'il y a eu réellement un débat Puisque du fait de l'obstruction Du fait de la manière avec laquelle il y a eu une tension permanente Au sein de l'hémicycle On n'a pas réussi à avoir une qualité de débat Qui à mon avis était importante pour les Français Hier on l'espérait
Et hier on a eu malgré tout un vote Vous avez quand même dit cette phrase Quand je vous ai dit vous avez peur de quoi Vous m'avez dit certainement pas de la démocratie et du vote Bah non, on se pose quand même la question
Encore heureux quand on est parlementaire Qu'on n'ait pas peur ni du débat ni du vote
On n'a jamais eu de vote sur cette réforme des retraites Ça ne vous paraît pas un problème ?
Mais attendez, déjà Si on veut refaire l'histoire On peut le refaire encore et encore Et on peut dans ces cas-là partir du point de départ Qui est une obstruction parlementaire Massive, orchestrée, organisée Avec une intention qui a d'ailleurs été décrite Et revendiquée par Jean-Luc Mélenchon lui-même Qui était de dire Il ne faut surtout pas voter Ce qui était le fameux article 7 C'est-à-dire il ne faut surtout pas voter Le report de l'âge légal à la retraite Nous, nous avons dit quoi pendant ces semaines de débat Pendant ces longues heures de débat systématiquement Allons-y Allons au vote Sachons concrètement ce qui se passe à l'Assemblée nationale C'était l'occasion Mais c'est ce qu'on a fait hier Non, non, non
C'est un vote dans l'Assemblée
Un vote dans l'hémicycle Mais moi, je suis désolée Vous ne pouvez pas me demander à moi Qui suis députée Qui suis présidente du groupe Renaissance De dire Écoutez, vous venez en commission des affaires sociales Mais vous ne votez pas selon vos convictions Moi, j'ai voté Nous avons voté selon nos convictions On n'allait quand même pas voter On n'allait quand même pas voter Pour la brogation de la réforme Vous dites contre la brogation de la réforme
On n'a pas peur de la démocratie et du vote Et en même temps, vous faites tout Pour empêcher ce vote dans l'hémicycle la semaine prochaine
Moi, ce que j'ai fait hier C'est d'être en commission des affaires sociales Pendant, encore une fois, de longues heures Malgré de l'obstruction manifeste Parce qu'on a eu des dépôts De centaines, voire plusieurs milliers De sous-amendements pour faire quoi ?
Pour empêcher qu'on ait un vote hier En commission des affaires sociales C'est ça qui a été organisé Qui a été fomenté hier De manière très claire Par la France Insoumise Et nous, on a voté Et on a voté, en effet, selon nos convictions Vous ne pouvez quand même pas, encore une fois Me demander à moi De dire, écoutez, vous auriez dû venir Vous n'auriez pas dû participer au vote Pour attendre ce qui potentiellement Pouvez se passer en hémicycle Ben non, moi, j'ai voté J'ai voté selon mes convictions J'ai voté pour protéger notre modèle social Et donc, j'ai voté Contre, évidemment L'abrogation de la réforme
Si je vais au bout de votre logique Puisque vous dites que vous n'avez rien à craindre d'un vote Ça veut dire que Yael Brunpivet Ne va pas censurer L'article 1 qui va revenir Alors, tout ça est très technique C'est compliqué Mais en même temps, c'est l'occasion aussi De se plonger dans notre Constitution Et c'est assez passionnant De voir tous les outils Que vous avez à votre portée Vous en avez d'ailleurs trouvé certains Dont on avait un petit peu oublié Les uns comme les autres Mais ce que l'on comprend C'est que cet article Pour abroger Pour revenir à une retraite à 64 ans Qui a donc été supprimé en commission hier Il peut revenir sous la forme d'un amendement Rétabli le jour J C'est-à-dire la semaine prochaine Dans l'hémicycle Mais encore faudrait-il Que Yael Brunpivet Ne le censure pas à nouveau dans l'hémicycle Si je vous comprends bien Yael Brunpivet ne censurera pas cet article Elle n'a pas vocation à empêcher ce vote
Non mais la question Elle ne se pose pas comme ça A la présidente de l'Assemblée nationale Elle n'est pas là pour garantir un vote Ou pour empêcher un vote Elle est là pour faire respecter Des institutions Et faire respecter la Constitution Et c'est d'ailleurs Ce que nous avons fait A toutes les étapes De la réforme des retraites Et ce n'est pas moi qui le dis C'est le Conseil constitutionnel Qui l'a dit Il y a eu une procédure Qui a été respectée Il y a eu une Constitution Qui a été respectée Donc la présidente de l'Assemblée nationale Elle n'a pas à se prononcer En disant Je veux favoriser un vote Ou je veux l'empêcher Elle a juste à examiner Les amendements Qui seront déposés En disant Est-ce qu'ils ont le droit D'être examinés ou pas Est-ce que juridiquement Constitutionnellement Moi président de l'Assemblée nationale Je peux autoriser des choses Qui sont contraires A notre Constitution Pour vous l'article 1 C'est-à-dire le fait De repasser C'est elle qui se prononcera
Le fait de repasser La retraite à 64 ans Serait anticonstitutionnel
Les députés Et c'est une règle Dont on peut discuter d'ailleurs Si on a demain Une réforme constitutionnelle Les députés normalement N'ont pas le droit D'avoir des propositions Que ce soit une proposition loi Que ce soit un amendement Qui crée une charge supplémentaire Pour l'État C'est-à-dire concrètement Que ce soit des dizaines de milliers Des centaines de milliers Ou des milliards Puisque là on parle évidemment En milliards Quand on parle de la réforme Des retraites Normalement nous n'avons pas Cette prérogative C'est une prérogative du gouvernement Alors Et là c'est la différence
Entre les projets de loi Et les propositions de loi Un projet de loi C'est-à-dire une loi Qui vient du gouvernement Elle a le droit De rajouter de l'argent Une proposition de loi C'est-à-dire une loi Qui vient des députés Du Parlement Ne peut pas le faire N'a pas le droit
Mais on peut contester ça On peut dire On souhaite une réforme constitutionnelle Abroger cela Qu'il faudrait que les parlementaires Aient encore plus de liberté Et plus d'initiatives parlementaires Je ne suis pas favorable Pour une raison Non mais J'adore Mais oui mais enfin Moi je vous le dis Mon point de vue Et ma conviction
Non mais attendez
Il y a des gens Qui sont très cohérents Qui disent Cette règle Elle ne devrait plus exister Il y a ceux Qui sont aussi cohérents Et qui disent Pourquoi cette règle existe Elle existe pour une raison simple C'est que vous ne pouvez pas M'interroger régulièrement Sur la question des finances publiques Sur la question de nos impôts Sur la question de notre dette Et dire Bah écoutez c'est pas grave Les députés peuvent déposer Proposition loi Après proposition loi Amendement après amendement Qui coûteront à chaque fois Des milliards et des milliards d'euros Sans jamais dire Comment ça pourrait être financé Cela dit Moi ce que je dis
A cela Le groupe Piot dit On sait comment ça serait financé Ils appuient en l'occurrence Leur proposition Sur une augmentation de la taxe Sur le tabac Donc eux ils disent La balance budgétaire est équilibrée
Vous connaissez quand même Suffisamment bien ces sujets Pour bien voir à quel point C'est un jeu de dupe C'est grotesque Et c'est un jeu de dupe Vous le savez bien C'est à dire on est en train Sérieusement de dire aux français Que pour financer le retour La retraite pour tous A 62 ans Avec tous les éléments supplémentaires Qu'on a ajouté dans la réforme Notamment sur la retraite minimale Sur les femmes Sur les carrières hachées On dit qu'on va financer ça Sur le fait de fumer plus Ils proposent aussi Une conférence de financement Non mais très bien Une conférence de financement Mais du coup on ne dit pas Comment financer Donc on va arrêter Les jeux de dupe A un moment il y a Ceux qui sont pour la réforme Des retraites J'en fais partie Parce que je considère Que c'était le seul levier Qu'on avait pour protéger Notre modèle social Et nos retraites Il y a ceux qui sont Contre la réforme des retraites Et au milieu Il y a la constitution Il y a nos institutions Il y a notre état de droit C'est ce qu'on a fait hier On n'a rien truqué On n'a pas manœuvré On a siégé à l'Assemblée nationale Nous dans le calme Et on a voté Et ce vote hier En commission des affaires sociales A dit que dans cette commission Qui représente Tous les groupes politiques Qui représente Toutes les sensibilités politiques A proportion de leur nombre A l'Assemblée nationale Ne souhaitait pas Abroger la réforme des retraites Et je siégerai Avec mon groupe Le 8 juin prochain En hémicycle Et s'il doit y avoir un vote Et bien nous voterons S'il doit y avoir un vote Vous voterez Vous ne vous opposerez pas A la possibilité de ce vote Je n'ai pas Déjà moi je n'ai pas les moyens D'empêcher quoi que ce soit J'ai par contre La responsabilité qui est la mienne Qui est de dire la vérité Et dire la vérité C'est que non On finance pas nos retraites En disant aux Français Qu'on va juste fumer plus Et que c'est comme ça Qu'on paye 15 milliards d'euros Supplémentaires
Au-delà de ce que vous pouvez Ou ne pouvez pas faire Au fond de vous Aurel Berger Est-ce que vous vous dites pas quand même Sur un sujet Qui a tant divisé la France Arrivé au bout de cette procédure Sans qu'il n'y ait eu le moindre vote C'est un problème
Un sujet qui a tant divisé la France Et ceux qui surtout veulent continuer A ce que ça divise la France Parce qu'ils y voient un intérêt politique Mais à la fin Qui y gagne ? A la fin depuis ces longues semaines Qui y a gagné ? Est-ce que l'Assemblée nationale Y a gagné en termes d'image De manière évidente ? Non L'image de l'Assemblée nationale A été dégradée Par la manière avec laquelle Les débats se sont déroulés
Si je regarde les images d'hier Qui sont effectivement des images Où on peut les voir d'ailleurs Sur BFM TV Il y avait vraiment une cacophonie telle Certains ont dit Qu'ils avaient failli en venir aux mains Parmi les députés D'un côté comme de l'autre Vous vous renvoyez quand même Chacun la balle Non
Il n'y a pas d'un côté comme de l'autre Ça n'est pas vrai Ça n'est pas vrai Parce que les députés de la majorité Ne sont pas ceux qui ont vociféré Qui ont hurlé Qui ont intimidé Qui ont insulté Ça n'est pas vrai Et ça vient systématiquement D'un seul groupe Qui s'appelle la France Insoumise Et qui est un marche-pied Extraordinaire pour l'extrême droite Parce qu'à la fin De ce fameux combat Sur la réforme des retraites Qu'est-ce qui se passe ?
La seule qui en sort Renforcée et gagnante Elle s'appelle Marine Le Pen Et elle s'appelle L'extrême droite française Et ça c'est un problème Pour nous C'est un problème collectif Donc nous On tient sur le fait Qu'on dit la vérité Sur une réforme Qui encore une fois Demande des efforts aux Français Qui n'était pas donc La plus facile A faire accepter Et qui n'était pas La plus facile A faire promulguer Pour le Président de la République Et à assumer Pour notre majorité Mais nous l'avons fait Parce que combattre L'extrême droite C'est combattre Leur démagogie C'est combattre Leur absence de proposition C'est combattre Tout simplement Le risque Qu'ils feraient prendre A notre pays Si demain Ils arrivaient au pouvoir Ça n'est pas hurler Vociférer Et intimider Parce qu'à la fin Le comportement De l'extrême gauche Favorise Je le dis bien Favorise La montée de l'extrême droite Dans notre pays Aurore Berger Est-ce que le Rassemblement National Est l'héritier de Pétain ?
Il y a une donnée historique Il y a une donnée historique Sur ce qu'est l'extrême droite Sur comment l'extrême droite française A été fondée Dans notre pays Et il y a La manière avec laquelle Il faut la combattre Aujourd'hui Et les deux Ne sont pas incompatibles Rappeler historiquement Ce qu'elle est Et j'aimerais Que ce seul argument suffise La vérité C'est qu'aujourd'hui Ce seul argument Ne suffit pas A faire en sorte Qu'il y ait encore Une forme de cordon sanitaire Comme ça pouvait exister Pendant des années Moi j'ai fondé Mon engagement politique Comme beaucoup de gens De ma génération Sur le 21 avril 2002 21 avril 2002 C'est pour la première fois L'extrême droite Qui est au second tour L'élection présidentielle C'est Jean-Marie Le Pen Ça soulève le pays C'est 82% Que réalise Jacques Chirac Au second tour De la présidentielle Vous voyez bien Qu'aujourd'hui On n'en est plus là Et donc il faut combattre L'extrême droite Aujourd'hui En montrant L'efficacité
De notre politique Vous dites Ça fait partie Quand même Des arguments Fallait-il Recadrer sa première ministre En plein conseil des ministres Et le faire savoir A toutes les rédactions De France Parce qu'elle avait dit Que le RN Était l'héritier de Pétain Moi j'ai pas A me prononcer
Non j'ai pas A me prononcer Vous êtes à la tête Des députés Du rassemblement Justement des Macron C'est pas des ondis C'est pas des ondis Je peux vous le dire Moi précisément Le premier ministre Et le président de la république Il s'est exprimé hier Non non le président de la république Il s'est exprimé hier Là c'est très important Pour l'expliquer
Et que tous ceux Qui nous écoutent Sachent comment ça se passe Moi j'y étais pas Au conseil des ministres Et vous non plus Donc pourquoi je le sais ? Pourquoi je le sais ? Parce que l'équipe Du président de la république A appelé toutes les rédactions De France pour dire Que le président de la république Avait recadré sèchement La première ministre Donc oui Ça se sait Mais ça se sait Parce qu'ils ont voulu
Que ça se sèche Moi vous me posez la question Concrètement sur l'extrême droite Moi je veux vous répondre Sur l'extrême droite Non non moi je vous pose pas La question sur l'extrême droite Est-ce qu'il fallait qu'Emmanuel Macron
Recadre Elisabeth Borne Parce qu'elle avait dit Que le RN était l'héritier de Pétain
Moi je n'ai pas à répondre Vous refusez Mais j'ai pas à répondre A ce genre de sujet Parce que j'ai pas à répondre Parce qu'ils le mettent Sur la table publique J'ai pas à faire du commentaire Sur le commentaire Ça m'intéresse pas grand-midi Mais dites-le à l'Élysée Mais écoutez Vous leur direz C'est pas le sujet C'est pas le sujet Moi ce que je sais Je pense que vous avez plus De courroies de transmission Avec l'Élysée Que comment en l'occurrence Mais ce que je sais C'est que le président de la République Il s'est exprimé hier Dans une conférence de presse De manière donc publique Et pas de manière Calfeutrée Parce qu'il avait besoin De redire sa confiance Il avait besoin de redire Il choisit ce qu'il dit Et quand il le dit Et je crois qu'il est suffisamment libre De sa parole Et qu'il est président de la République Ce que je sais C'est le combat Qu'on a à mener Face à l'extrême droite Et on est souvent bien seul A mener ce combat Face à l'extrême droite Je vois peu de gens Venir sur vos plateaux de télévision Pour dénoncer Ce qu'est l'extrême droite française Je vois peu de gens Dans l'hémicycle Combattre l'extrême droite française Je vois peu de gens Sur le terrain À part nous Combattre l'extrême droite française Pour le coup Vous pouvez être d'accord
Ou pas d'accord Avec leur stratégie Mais du côté des FI Ils disent en tout cas Eux être dans le combat Contre l'extrême droite Mais qu'ils le démontrent Il y a une partie de la droite également Mais à quel moment A quel moment ils le font ? Je ne sais pas justement Si ce combat est si important Je suis surprise Et vous semblez surprise aussi Il faut être quand même honnête En tout cas au minimum Malalaise Par le fait que Ça puisse enfoucer un biais Entre le président et la République
Sur un sujet qui vous paraît aussi crucial Le président de la République Est celui qui par deux fois A empêché l'extrême droite D'arriver au pouvoir Dans notre pays C'est celui qui par deux fois A été qualifié par les Français Au second tour d'une présidentielle Et qui a gagné L'élection présidentielle C'est celui qui a permis Que l'extrême droite N'arrive pas au pouvoir Dans notre pays Notre responsabilité C'est de démontrer Par la politique que nous menons Que cette politique Est plus efficace Que l'extrême droite Ne le sera jamais Si elle devait arriver au pouvoir C'est ça qu'on doit faire C'est ça qu'on doit faire Mais recadrer sa première ministre Devant les ministres Arrêtez d'essayer de me faire dire Quelque chose que je ne dirais pas Vous pouvez me leur poser Dis-moi cette question Non non j'ai bien compris
Que vous ne vouliez pas Vous exprimer là-dessus
Mais parce que c'est pas mon rôle Parce que c'est pas mon rôle De m'exprimer sur du commentaire Je suis pas commentateur politique Je suis députée Je suis présidente d'un groupe À l'Assemblée nationale Moi je suis là pour expliquer C'est un fait politique Ce qu'on fait à l'Assemblée nationale C'est un fait politique Expliquer les lois que nous votons Je suis là pour expliquer Pourquoi nous les votons Et je suis là pour expliquer Le combat que nous menons Face à l'extrême droite Vous choisissez les faits politiques
Que vous acceptez
De commenter ou non C'est ma liberté aussi De répondre ou pas
Mais en tout cas On peut voir que C'est un sujet qui au minimum Vous met mal à l'aise Sinon vous réagiriez Mais j'ai réagi Sur ce qui me paraît être essentiel
Le combat qu'on a mené Face à l'extrême droite
Et en tout cas vous n'avez pas dit Que le RN n'était pas l'héritier De Pétain Ça j'ai bien compris Là-dessus on est bien d'accord Il y a évidemment cette histoire Il y a deux combats Que vous avez décidé De mener avec le gouvernement L'un c'est contre la fraude sociale Et l'autre c'est ce matin Sur les places en crèche Et la petite enfance Et l'accompagnement des parents Pour qu'ils puissent travailler Sur la fraude sociale Il y a des pistes Qui ont été lancées Mais pour l'instant Assez peu de concrétisation Sur cette histoire De carte vitale Et de carte d'identité Est-ce que vous en savez plus Est-ce que vous pouvez nous dire Ce matin Si ce qui a été annoncé Comme l'une des solutions Va devenir une solution Effective Si les français vont avoir Cette carte vitale Carte d'identité dans la poche
C'est l'un des leviers De lutte contre la fraude sociale La fraude sociale C'est environ 8 milliards d'euros Donc c'est pas une paille Pour le budget de l'État Et frauder socialement Ça veut dire des recettes en moins Pour l'État Et donc ça veut dire Des engagements que l'État Ne peut pas prendre Sur des sujets importants Que vous évoquez typiquement La question du nombre De places en crèche L'accompagnement des femmes Donc c'est ça qu'on doit faire Il y a beaucoup de sujets Qui avaient été évoqués Au cours de la carte vitale On avait posé la question Beaucoup trop cher Environ 250 millions d'euros par an Donc on voit bien Qu'il y a des solutions Qui paraît très intéressantes Mais qui en vérité Ne sont pas faciles A mettre en oeuvre Le rapprocher avec La carte d'identité Et je sais bien Les délais sur la tension A carte d'identité Et la nécessité surtout De raccourcir ces délais C'est faire en sorte Qu'il n'y ait plus de fraude Qu'on ne puisse pas Prêter sa carte vitale A quelqu'un Alors qu'en vérité Ça n'est pas la même personne Qui bénéficie de la carte vitale Une question encore Sur l'efficacité
Les annonces Qui vont être faites tout à l'heure Probablement 200 000 places En crèche de plus D'ici 2030 200 000 places En crèche de plus
Mais combien de postes en plus ?
De toute façon C'est corrélé Vous savez très bien Qu'en fonction du nombre de berceaux Donc en fonction du nombre d'enfants Que vous accueillez en crèche Il y a un nombre de personnel en crèche Qui est évidemment requis Il y a aussi l'idée De mieux accompagner les parents Qui choisissent Des modes de garde Qui sont différents Pas forcément en crèche Mais des assistants maternels Parce qu'on est dans un pays Où vous êtes extrêmement accompagnés Par rapport à vos modalités De garde d'enfants La CAF aide directement Les crèches Elles aident directement Aussi les familles On a relevé C'était une proposition De mon groupe C'est mis en oeuvre Le crédit d'impôt aussi Pour la garde d'enfants C'était 2300 euros maximum par an Maintenant c'est 3500 euros par an Que les parents peuvent donc Déduire de leurs impôts Pour faire garder leurs enfants Donc il y a L'accompagnement des parents Il y a le soutien Aux professionnels de la petite enfance Ils sont beaucoup attaqués En ce moment Et à force d'attaquer Les professionnels de la petite enfance De les montrer du doigt Je crois qu'on crée aussi Un climat qui est extrêmement négatif Alors ce sont des gens Qui sont engagés Qui sont courageux Dans des métiers Qui sont aussi difficiles Et pénibles Et qui méritent beaucoup de reconnaissance
Donc des places Et du personnel qui va avec Je voudrais vous interroger aussi Aurore Berger Sur l'affaire Mohamed Awas C'est donc cet international de rugby Qui a été condamné A un an de prison ferme Aménageable Aménageable Ça veut dire qu'il n'est pas en prison Au moment où on se parle Pour avoir frappé sa femme Imad Awas Le tort de sa victime D'après Mohamed Awas Et son avocat Ce serait d'avoir osé Fumer une cigarette Et d'avoir surtout Voulu travailler Et avoir une vie sociale La victime elle-même N'a pas osé porter plainte Elle a dit avoir refusé De porter plainte Elle a même refusé D'être examinée par un médecin Et alors que Le jugement est tombé Et qu'elle a compris Que son mari Allait rentrer à la maison Elle a été à la sortie de la prison Et elle s'est dit Soulagée De le voir rentrer à la maison Comment vous réagissez ?
Déjà je Alors il y a une séparation des pouvoirs Et la justice est indépendante Le parquet est indépendant Mais en tant que femme Et en tant que citoyenne Je ne peux pas Ne pas être interpellée Par la décision de justice Qui a été prise Il n'y a aucun doute Sur le fait Qu'il y a eu un fait De violence conjugale Il n'y a aucun doute Les images qu'il démontre Et il l'a même reconnu Qu'il a tabassé sa femme Qu'il l'a frappée Et elle-même d'ailleurs Ne nie pas Qu'elle a été Violentée Et à la fin Cet homme Qui a donc tabassé sa femme Qui a donc tabassé sa femme Est remis en liberté Est remis en liberté Donc il rentre chez lui Auprès de sa femme Et auprès de ses enfants Donc je considère Que la justice Ne protège pas cette femme Qu'est-ce qui garantit Que demain Elle ne sera pas à nouveau Victime de violences conjugales ?
Qu'est-ce qui garantit Qu'un homme Qui a déjà frappé N'avait pas déjà frappé Par le passé Ou ne refrappera pas demain ? Et ce qui pourrait se passer Pour elle Donc la question C'est comment on fait Pour mieux protéger les victimes Même parfois malgré elle Parce qu'elle ne souhaite pas Porter plainte Parce qu'elle ne souhaite pas Être accompagnée Parce qu'elles ont peut-être Aussi peur qu'à la fin De toute façon Il y ait une forme de défaillance Qui fera qu'elle ne peut faire pas
Le procureur a dit Cette femme Dans son témoignage Lorsqu'elle a fini Par être retrouvée Par la police Elle avait donc été vue Tabassée Comme vous le dites Traînée de force Et enfermée dans la voiture De Mohamed Awas Il a fini par être arrêté Quelques minutes plus tard Et dans la déposition Elle a même dit Devant les policiers Et je n'ai pas osé crier Je me suis retenue de crier Parce que j'avais peur Qu'il tape plus fort Et pourtant cette femme Décide de ne pas porter plainte Et dit Qu'elle est soulagée De le voir rentrer A la maison Qu'est-ce que ça dit ça Aussi aujourd'hui Dans notre monde Du phénomène d'emprise
Ce qu'il ne faut pas C'est qu'à la fin Ça se retourne contre elle La victime c'est elle C'est pas ses propos à elle Qu'il faut mettre en accusation C'est pas le fait Qu'elle n'ait pas voulu Porter plainte Qu'il faut mettre en accusation C'est lui le bourreau C'est elle la victime Il faut replacer Les choses au bon endroit Et la question C'est comment la société Comment l'Etat Qui lui doit protection Parce que nous savons Qu'elle est victime Et bien garantit Qu'elle soit bel et bien protégée Garantit aussi Que ses enfants Soient bel et bien protégés Parce que quand vous tabassez Votre femme On peut difficilement considérer Que vous êtes un bon père de famille Donc c'est tout ça Qu'on doit mettre en place Et ce qu'on souhaite mettre en place Aussi auprès des tribunaux On a travaillé sur le sujet C'est Émilie Chandler Dans notre groupe Qui a travaillé sur le sujet Pour faire en sorte Que dans chaque tribunal Il y ait des pôles spécialisés Pour mieux accompagner aussi Justement celles et ceux Qui doivent juger Pour qu'ils soient mieux formés
Vous-même en remerger Vous vouliez aller plus loin Sur les peines d'inéligibilité Notamment pour les élus Condamnés pour violences conjugales C'était en mars dernier Vous aviez pleuré Dans l'hémicycle Vous aviez dit Je sais de quoi je parle Est-ce que vous voulez nous en dire plus ?
Non je ne vais pas en dire plus C'était une séance D'une violence inouïe Que j'ai vécu ce jour-là Et j'ai vécu Ce que vivent trop souvent des femmes C'est-à-dire qu'à partir du moment Où elles parlent C'est elles qui sont mises en accusation Et c'est ça qui ne devrait plus Se passer dans notre société On devrait pouvoir se dire Qu'après tout ce qu'on a Enfin révélé Sur la question des violences familiales Des violences conjugales Des violences sexuelles Ce ne sont pas les femmes Qui doivent être mises en accusation Ce sont les femmes Qui doivent être écoutées Qui doivent être respectées Qui doivent être protégées Et notre société Qui doit être à la hauteur De la parole des femmes Et là La société Par cette décision de justice N'est pas à la hauteur De la protection qu'elle doit A cette femme
Aurore Berger Présidente du groupe Renaissance Le groupe macroniste A l'Assemblée Merci d'avoir répondu à mes questions 8h54 sur MCBFM TV
Aurore Bergé