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Discours / meetingyoutube.com· 21 octobre 2026 17 minAutoproduitActualité / polémiqueInstitutions & électionsSolidarités & familleÉconomie & entreprisesSécurité

Juan Branco : "Manifester. Rester dignes, fermes, droits."

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:05Invité politiqueFait
    « le pouvoir annonce la mobilisation des effectifs militaires pour protéger les lieux qu'ils occupent »
  • 0:44Invité politiqueFait
    « on a créé ce mouvement à partir de l'hypothèse d'une candidature à la présidentielle mais aussi de l'accompagnement de mouvements sociaux comme celui-ci afin de les encadrer »
  • 1:24Invité politiqueFait
    « une fenêtre historique s'est présentée ce samedi où le pouvoir n'était absolument pas préparé à la mobilisation à ce point massive, pacifique »
  • 2:40Invité politiqueFait
    « les forces de l'ordre dans ce pays ne sont pas du tout insuffisantes pour faire face à des mobilisations massives et surtout elles ne manquent ni de scrupules, ni de moyens »
  • 3:50Invité politiquePromesse
    « nous devons être présents et nous devons être présents de façon organisée de façon à protéger les plus vulnérables, les primo-manifestants, les lycéens notamment »
  • 10:17Invité politiqueFait
    « ces foules-là étaient distraites par des personnes qui sont peut-être des antifascistes, qui sont peut-être des agents provocateurs et des policiers infiltrés »
  • 10:52Invité politiqueFait
    « Bernard Arnault va gagner doublement dans cette affaire »
  • 14:19Invité politiqueFait
    « le gouvernement est minoritaire et il est dans l'incapacité aujourd'hui de faire adopter un budget »

Temps de parole

  • Juan Branco99 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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Non speech

[musique]

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Juan Branco

Bonjour à tous, merci d'être présent en ce moment qui sont importants et potentiellement historique et cela va dépendre dépendre en partie de votre comportement à tous individuellement et collectivement. Comme vous le savez, le pouvoir annonce la mobilisation des effectifs militaires pour protéger les lieux qu'ils occupent, ce qui montre une fébrilité très importante et surtout la compréhension qu'en réalité au-delà des discours médiatiques sur le pillage et les atteintes aux biens, nous sommes dans une dynamique qui vise véritablement à obtenir une révolution politique.

Pour ceux qui me suivent de façon détaillée, ils savent que depuis les gilets jaunes, j'anticipe un moment politique comme celui-ci et je cherche à former les instruments qui permettent de nous préparer tous à ce que ils permettent tout simplement de d'offrir aux Français les instruments de leur souveraineté. Donc, on a créé ce mouvement à partir de l'hypothèse d'une candidature à la présidentielle mais aussi de l'accompagnement de mouvements sociaux comme celui-ci afin de les encadrer, de les former et de leur permettre d'arriver à leur terme.

Ce sont les deux branches sur lesquelles on marche depuis le premier jour et nous retrouvons donc dans cet instant historique après avoir échoué ce 17 octobre à accompagner les masses qui s'étaient mobilisées. Et je vais essayer d'expliquer brièvement pourquoi. Une fenêtre historique s'est présentée ce samedi où le pouvoir n'était absolument pas préparé à la mobilisation à ce point massive, pacifique et son doublement par des forces d'ordre économique. Cette dernière force d'ailleurs a allié des antifascistes qui se sont attaqués à ce qu'ils considéraient des symboles du système économique et productif existant et ce que les marxistes qualifient de lumpenprolétariat.

C'est-à-dire des personnes qui se sont glissées dans le mouvement de façon à en tirer profit et à en tirer quelques quelques bénéfices. Nous nous sommes trouvés euh en tant qu'organisation dans une situation qui était celle qui était annoncée décrite dans plusieurs de mes ouvrages et le premier constat est le suivant. Notre organisation, pour des raisons diverses et variées, n'a pas été capable de prendre le relais, n'a pas été capable d'orienter ses forces et ses mobilisations sociales, mais ses populations. Et ce alors qu'elles étaient certaines à certains instants à quelques pas de l'Élysée et qu'une bascule politique majeure aurait pu intervenir.

Et ce alors que si nous avions disposé des forces d'encadrement suffisantes, et bien le destin de cette journée aurait pu tourner tout autrement. Évidemment samedi prochain, le 31 et le 5 novembre, nous serons pas du tout face à la même configuration. Les forces politiques qui ont été à l'origine d'une tentative d'instrumentalisation de ce mouvement tout d'abord lycéen puis citoyen et de la jonction des appels des gilets jaunes, de la jeunesse dont une partie des quartiers et finalement de ces forces politiques traditionnelles de gauche sont désormais pilonnées par le pouvoir qui cherche un bouc émissaire, mais qui cherche surtout à à jouer d'avance le sort de l'élection présidentielle.

Les forces de l'ordre dans ce pays ne sont pas du tout insuffisantes pour faire face à des mobilisations massives et surtout elles ne manquent ni de scrupules, ni de moyens et elles vont être chauffées à blanc par l'espace médiatique pour quelque part venger le déshonneur, venger ce qui est perçu comme une catastrophe massive de la part du pouvoir.

Donc il ne faut pas avoir de naïveté et les images d'ailleurs que l'on voit ces derniers temps et ces derniers jours suffisent à le montrer où ils essaient de transformer Paris en une sorte de Gotham City et les annonces qu'ils font, il n'y aura pas la possibilité comme c'était le cas pour nous samedi de marcher tout simplement jusque jusqu'au pas de l'Élysée et d'essayer de sortir du pouvoir les personnes qui se trouvent sur place. Cependant, ça ne met pas fin du tout à la dynamique insurrectionnelle. Nous sommes sur une crise au temps long et la révolution ne se fait qu'en une journée mais en 5 ans disons.

Elle naît, elle grandit des éléments déclencheurs inattendus peuvent t'amener à des bascules particulièrement soudaines et aussi dangereuses parce qu'elles peuvent t'amener à une captation du pouvoir par des forces factieuses qui qui visent non pas à restaurer notre souveraineté ni à redistribuer le pouvoir, mais à le capter et à le confisquer. Donc on a une responsabilité très importante parce que on doit non seulement s'assurer que la possibilité d'une révolution politique existe dans ce pays par tout moyen. Ça a toujours été notre position. Elle était claire depuis le premier jour.

Elle a été décrite de façon détaillée dans ces textes fondateurs, mais aussi protéger le peuple français et sa souveraineté de comportements opportunistes qui chercheraient à s'immiscer dans ces institutions et aggraver en réalité une crise qui est déjà particulièrement sévère.

Donc nous devons être présents et nous devons être présents de façon organisée de façon à protéger les plus vulnérables, les primo-manifestants, les lycéens notamment, les mineurs, nous interposer à chaque fois que cela sera nécessaire pour les protéger, pour éviter qu'ils soient le fruit de violence, pour ordonner l'action de ces cortèges, ce qu'on fait un certain nombre d'abeilles samedi, les orienter vers les lieux qui nous semblent les plus stratégiques, essayer de distraire les forces de l'ordre afin de permettre au mouvement de durer le plus longtemps possible parce que leur objectif sera d'essayer de l'éteindre et de le pourrir dès le premier jour, premier instant pardon, et d'éviter en conséquence qu'il y ait une expression populaire suffisamment massive pour imposer au pouvoir des changements radicaux.

Et évidemment, nous affirmer pendant cette période pour faire connaître nos idées, faire connaître à la fois nos propositions et les difficultés auxquelles on est confronté, l'impossibilité qui nous est faite de participer à un quelconque mouvement démocratique réel, le verrouillage de la présidentielle, nous faire voir symboliquement. Et enfin, le cas échéant, si jamais les choses venaient à déraper, être en mesure non seulement de témoigner, mais d'essayer d'inhiber les comportements d'accaparement que je décris. Cela requiert une coordination, une préparation de toutes les ruches sur l'ensemble du territoire.

C'est la possibilité aussi pour nous de nous affirmer, de montrer notre aux conséquences et la différence que l'on a à l'égard de certaines forces politiques qui se disent révolutionnaires, mais qui cherchent à imposer leur regard sur le monde, leur clivage interne au sein de la société, que ce soit des forces que l'on dit d'extrême droite ou d'extrême gauche, au détriment de notre camp et non pas pour essayer de permettre au peuple français de délibérer de ces questions et de décider par lui-même souverainement, que ce soient les questions identitaires à droite, que ce soient les questions sociales, économiques principalement dans cette gauche que l'on dit radicale.

Donc nous avons un rôle très important à ce niveau-là qui doit nous amener à prendre au sérieux la situation et et à nous mettre en ordre de marche. Dans les grandes villes, dans les lieux où il y aura des cortèges massifs, il faut qu'il y ait des chefs de section qui soient désignés, qui soient chargés de prendre part aux différentes mobilisations qui qui sépareront du cortège principal et de tenir informé de façon régulière des référents qui auront pour tâche de répercuter à l'échelle nationale ce qui est en train de se passer.

Ils devront signaler évidemment tout incident, toute difficulté, nous donner un retour sur ce qui se passe et contribuer autant que possible à la réussite de cette mobilisation. De façon générale, nous avons à disposition du matériel de campagne de toute sorte et de toute nature qui peut être récupéré pour ceux qui ont des moyens à Paris, que ce soit des t-shirts, des casquettes des livres et cetera qui nous permettront justement de profiter de ce moment pour essayer de faire connaître notre engagement, nous mettre au côté de ceux qui sont en vulnérabilité et les appeler à rejoindre nos actions.

À l'échelle locale, il est important que il y ait une autonomisation de la production de ce matériel que l'on dit de propagande parce que tout simplement les difficultés qui nous sont faites à l'échelle nationale pour ouvrir des comptes en banque et cetera et le contexte électoral font que nous n'avons pas le droit de mettre en œuvre des dépenses politiques à ce stade qui permettent massivement d'alimenter l'action des territoires. Nous n'avons obtenu la possibilité de recevoir des dons il y a que deux jours et nous avons un plafond de dépenses de 2000 euros par mois par carte bancaire et de 4500 euros par virement.

Et donc il faut mesurer que nous sommes obligés de nous organiser dans ces circonstances-là, c'est-à-dire donc vous le comprenez très bien à ce stade sans pouvoir recruter de bénévoles et cetera. Notre engagement doit nous amener évidemment à contribuer chacun comme on le peut mais notamment aujourd'hui pour ceux qui le peuvent financièrement pour nous permettre de recruter des permanents qui à leur tour nous aideront à coordonner les territoires, donner des moyens d'action et à ne pas nous retrouver confrontés à des hémorragies de personnes qui souhaiteraient nous rejoindre et qui lassent de ne pas avoir de réponse ou des moyens d'action effectifs repartiraient.

Il est fondamental, et j'insiste sur ce terme, fondamental, que les textes dont je parlais, notamment Comment fabriquer une guillotine, Coup d'État manuel insurrectionnel et cetera, qui sont en libre accès, dont on a fait des versions plus courtes, soient lus, soient travaillés, soient transmis à l'ensemble des personnes à fin de sensibilisation qui cherchent à se mobiliser. Il est fondamental de s'approprier cette matrice d'analyse politique qui est celle qui nous permet d'être en amont des événements, de les anticiper, de nous y préparer et d'y contribuer.

Si on ne se discipline pas, si on ne fait pas ce travail qui n'a pas été fait au sein du mouvement parce que à ce stade, du fait notamment de notre organisation horizontale, le guide des ruches qui avait pourtant été élaboré après de moultes efforts et qui de façon détaillée sur 40 pages permettait d'établir comment devaient s'organiser à l'échelle locale ces ruches pour permettre au mouvement de grandir mais surtout de se trouver en mesure d'agir dans des circonstances comme celui-ci, il est essentiel que ce travail soit fait rattraper désormais dès que possible, qu'il y ait des ateliers, des séminaires qui soient partagés, des lectures orales, des discussions, des commentaires qui s'ajoutent au travail que l'on doit faire sur la question des parrainages et du projet à la fois pour continuer à le nourrir et l'améliorer mais aussi pour se l'approprier, le disséminer et pouvoir se faire les porteurs de ces 825 propositions qui nous permettent aujourd'hui d'avoir comme un mouvement politique légitime dont la participation aux échéances démocratiques est légitime et qui en cela nous protège des offensives que pourraient mener à bien le pouvoir à notre égard en considérant que nous serions à notre tour, puisque c'est visiblement l'ambiance dans laquelle se trouvent Laurent Nunez, Monsieur Le Cornu et Monsieur Macron, des personnes qui chercheraient qu'à semer la zizanie.

Nous avons des propositions qui, si elles étaient entendues, que ce soit leur cœur sur la démocratie directe ou de façon beaucoup plus large des questions sur l'éducation et cetera, non seulement répondraient aux attentes qui sont actuellement exprimées mais éviteraient toute la situa- catastrophe qu'elle enfante et notamment la commission de violences multiples. Tout d'abord, à l'égard des manifestants, parce qu'il faut résister à cet air du temps et à cette façon qu'ont les médias oligarchiques dans le continuum de pouvoir qu'ils ont à l'égard de l'État qui consiste à mettre en avant les vitres cassées, à faire oublier les mains arrachées.

Il ne faut pas minorer le choc psychologique qui, notamment pour les personnes dépolitisées, peut être généré du fait d'avoir été d'avoir vu son instrument de production autant mais il faut refuser toute hiérarchisation, toute justification d'une violence par l'autre dans les deux sens et nous, en tant que êtres politiques qui avons la chance d'avoir des instruments de mobilisation qui avons la chance de nous être retrouvés collectivement au sein d'un instrument comme celui-ci, au sein de ce mouvement, et bien de donner à ceux qui ont eu moins de temps, qui n'ont pas eu la possibilité de se politiser avec la profondeur qui est la nôtre, qui n'ont pas forcément les instruments à la fois d'organisation, de théorisation, de proposition programmatique, et bien d'orienter leur action, d'inhiber à chaque fois qu'il est possible qu'ils rentrent dans des registres de déviance.

Je donne un exemple très simple, quand nous étions près de l'Élysée vers 21h vendredi et que la majorité des petits cortèges auxquels nous participions criaient de façon régulière à l'Élysée, qu'ils étaient déterminés à y aller et qu'il était possible d'y aller, d'y rentrer et ce faisant d'infliger une défaite majuscule non seulement à l'égard de monsieur Macron, mais à l'égard de tous ceux qui prétendent que cette France est une démocratie dans laquelle le pouvoir aurait une quelconque légitimité, qu'en conséquence toutes les violences que l'on subit économiques, sociales, policières, judiciaires seraient légitimes parce qu'appartenant à un ordre qui lui-même l'est, et bien ces foules-là étaient distraites par des personnes qui sont peut-être des antifascistes, qui sont peut-être des agents provocateurs et des policiers infiltrés, peut-être un mélange des deux et en toute circonstance accompagnés de piafs qui s'arrêtaient et arrêtaient le cortège pour essayer de briser des vitres de Burberry, de Dior et cetera et qui fixaient les cortèges et qui retenaient l'impulsion révolutionnaire qui est évidemment la seule légitime parce que l'attaque symbolique à l'égard de magasins oligarchiques, vous imaginez bien que elle génère qu'une tristesse surtout relativement moins, d'autant plus qu'elles sont non seulement assurées, mais prises en charge par l'État, ce qui me fait un peu plus mal parce que c'est cela veut dire que chacun d'entre nous sommes aujourd'hui en train de rembourser des sacs Louis Vuitton qui ont été volés par par des gamins qui par ailleurs ont été arrêtés.

Donc Bernard Arnault va gagner doublement dans cette affaire. Mais il y a une double difficulté, d'une part c'est qu'elle dépolitise et d'autre part, contrairement à ce que pensent les antifascistes à nous Français, et d'autre part, elle dévie cette énergie politique qui avait un objectif légitime et surtout atteignable qui était l'évidement du lieu de pouvoir qui ne suffit pas à lui seul à provoquer une bascule, mais qui suffit en toute circonstance, et pardonnez-moi de l'utilisation de ce terme, à l'émasculer et à lui retirer une partie de sa puissance.

Ne soyons pas innocents, mais surtout ne soyons pas des idiots utiles dans un moment politique où tout ce que nous avons construit est fécondé. Parce qu'il y a des personnes en dehors de ce mouvement qui ont lu ce texte et qui les ont mis en application sur un certain nombre de territoires. Mais faisons attention au fait que l'on nous vole, comme c'est trop souvent le cas dans des instants de révolution politique, que l'on nous vole le fruit de nos sacrifices, de ces vies que nous avons vouées à la lutte, à l'engagement, à la recherche d'une harmonie, d'un équilibre au sein de cette société française. Pour des bonnes raisons.

Faisons attention à ce qu'on ne se voit pas dépouiller par des êtres mauvais qui, profitant d'espaces que nous aurons ouverts, s'y infiltreront pour le dévaster, pour l'accaparer. Il y a des forces sociales aujourd'hui qui sont organisées, contrairement à nous. Et ce que j'attends de nos ruches, c'est qu'on soit capable samedi prochain de démontrer que l'on l'est aussi. Que du coup on a une légitimité à peser à toutes les échelles, à la fois sociale, politique, médiatique, démocratique, électorale, mais aussi populaire et donc au sein des manifestations et des cortèges qu'il nous faut occuper.

Il est fondamental qu'on le fasse pour être en mesure demain de peser sur des événements qui, de toute façon, s'inscriront dans une dynamique collective qui va s'inscrire sur une durée qui est de l'ordre de la décennie. Il y a ce citation apocryphe d'un dirigeant chinois qui, lorsqu'il est interrogé sur son bilan de la Révolution française, dans les années 70, 200 ans après donc, répond qu'il est un peu trop tôt pour juger. En réalité, il n'avait pas compris la question. C'était un quiproquo, mais qu'importe. L'idée que véhicule cette réponse est importante. Je sais l'urgence à laquelle beaucoup d'entre nous se trouvent.

Maxime Nicole aujourd'hui s'est vu voler le fruit de son travail pendant qu'il était en manifestation. Probablement pas le fruit d'une opération politique de déstabilisation, mais qui ? En toute circonstance, le fruit de ce que la paresse ici politique fait que les forces de l'ordre, dans ce qu'elles ont de positif, c'est-à-dire de protéger les intérêts des particuliers, ne sont pas en mesure de le faire aujourd'hui, trop débordées qu'elles sont du fait de leur instrumentalisation politique. Ces situations vont faire naître une exaspération grandissante dans la société parce qu'elles sont appelées à se multiplier.

Donc il faut qu'on fasse attention à ne pas apparaître comme alimentant légitimement le camp du désordre, procès qu'on veut chercher à me faire. Mais il faut aussi résister à toute tentative d'inhibition ou de désolidarisation à l'égard des personnes qui aujourd'hui essaient de se faire entendre, pour certaines pour la première fois de leur histoire. Pour le comportement dans les manifestations, il faut qu'on identifie les personnes qui d'entre nous sont les plus expérimentées, les plus fortes, qu'elles soient en mesure d'accompagner et de structurer ces mobilisations où beaucoup de primo-manifestants interviennent.

Il y a beaucoup de saccages, de pillages qui peuvent être évités par quelques mots, par quelques comportements. Et il y a beaucoup de reculades, beaucoup de violences policières, politiques qui peuvent être évitées si nous avons les bons comportements. Une chose fondamentale évidemment, c'est de ne pas se mettre en danger, de ne pas atteindre au corps ni aux biens.

Une autre cependant est de conseiller à toutes les initiatives policières qui viseraient à nous priver de l'exercice de nos droits, c'est-à-dire notamment par l'utilisation d'une force disproportionnée, que ce soit des grenades assourdissantes qui peuvent être mutilantes, que ce soit par des lacrymogènes excessifs, que ce soit par des bombes offensives comme ils les appellent, des manœuvres qui visent à nous priver de l'occupation d'un espace public, éventuellement d'institutions parce que force devrait rester ce qui nous dirige. Ce qui nous dirige n'a plus de légitimité politique. Le gouvernement est minoritaire et il est dans l'incapacité aujourd'hui de faire adopter un budget.

Nous sommes à la veille d'une crise systémique majeure. Notre mouvement a ses deux jambes, on le sait, électorale et sociale. Il faut dans les rues qu'il y ait une distribution qui n'a pas besoin d'être rigide mais qui tout de même doit amener ceux qui ont tendance à plutôt s'intéresser à l'une ou à l'autre à s'organiser de cette façon. Parce qu'il ne faut pas abandonner la volonté de participer aux échéances politiques qui viendront, potentiellement à des législatives anticipées, potentiellement à des présidentielles anticipées. Il faut se donner les moyens d'être en mesure d'y contribuer. C'est à cette condition que nous apparaîtrons légitimes dans l'espace social.

Et dans le même temps, on ne peut pas évidemment être absent de moments comme celui que l'on est en train de vivre. Donc ne pas reculer quand il y a des charges qui visent à intimider, contourner les gaz lacrymogènes, certes, mais ne jamais se désolidariser de celui qui se retrouverait de façon injuste pris dans l'étau d'une arrestation arbitraire et avancer pour essayer de l'en extraire et de le protéger.

Entamer un rapport de force réel qui n'a pas besoin d'être violent avec les forces de l'ordre qui sont habituées des manœuvres d'intimidation auxquelles beaucoup d'entre nous aujourd'hui avons eu à faire la connaissance et dont les résultats peuvent être inhibés par tout simplement un sang-froid, ne pas commencer à courir en suivant les mouvements de foule qui le plus souvent sont liés à des paniques injustifiées, tenir bon, appeler à tenir bon et à continuer à avancer. Orienter des mobilisations vers les objectifs qui ont été dessinés dans les ouvrages que je vous ai indiqués.

Bref, contribuer à ce que sans se mettre en danger d'un point de vue juridique, sans se mettre en danger d'un point de vue physique, à un moment donné, l'épuisement et la fatigue gagnent ceux qui sont face à nous. Ça c'est un point fondamental et je tiens vraiment à insister sur cette nécessité et les liens vous ont été partagés, le sont encore, ils sont sur la bibliothèque de notre mouvement sur ruche.org.

Il est fondamental que l'on procède à partir de ces piliers, à partir de ces ouvrages non seulement de théorisation mais de praxis politique qui seule nous permettront de dessiner dans ces obscures ténèbres que nos dirigeants nous promettent un espace pour la lueur et pour un devenir qui permette à chacun des Français de sortir des angoisses et des terreurs dans lesquelles on ne cesse de nous plonger.

Voilà, je tiens à vous dire que j'ai beaucoup d'espoir en nous et dans le fait qu'après ce chemin qui est né des gilets jaunes d'engagement et pour moi auparavant après de WikiLeaks et d'autres, nous commencions à apparaître comme une force collective qui génère de la fierté auprès de ceux qui s'y trouvent et de l'envie auprès de ceux qui ne l'ont pas encore rejoints. Nous avons cet espace, j'ai sacrifié ma vie avec quelques autres pour tenter de l'ouvrir. C'est à partir de nous donc collectivement et individuellement de l'occuper. Je vous embrasse très fort et sachez que vous êtes très profondément dans mes pensées.

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