L'invitée d'Apolline Matin : Eléonore Caroit - 09/03
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez RMC. Il y a encore plusieurs milliers de Français qui sont bloqués à l'étranger et qui cherchent à revenir. Un casse-tête pour les rapatriements. C'est vous qui vous en occupez, Eleonore Carroix. Vous êtes la ministre déléguée, chargée notamment des Français à l'étranger. On en est où ? Combien sont coincés là-bas ? Combien veulent revenir ? Combien allez-vous aider à revenir ?
Alors on avance, et ça c'est la bonne nouvelle. Contrairement à il y a quelques jours où les perspectives étaient très incertaines, là on a réussi à rapatrier plus de 1500 de nos ressortissants. Et il s'agit là de personnes vulnérables qui ont pu être mises sur des vols affrétés par la France, sur des places bloquées dans des vols commerciaux par la France, ou alors sur des vols militaires. Et ça continue. On en a encore un qui part de Mascate, qui va arriver à Roissy. Moi j'en ai accueilli deux cette semaine avec le ministre Tabarro. Et nous en avons un autre qui est en préparation aussi de Charmelscher, avec des passagers qui viennent d'Israël. Donc ça s'accélère.
L'autre bonne nouvelle, entre guillemets, parce que tout ça c'est une situation de crise, mais l'autre bonne nouvelle c'est qu'on a des vols commerciaux qui s'accélèrent aussi. Jeudi vous aviez un seul vol commercial en provenance des Émirats Arabes Unis. Hier vous en avez eu 6, aujourd'hui vous en avez 6 à nouveau. Et là aussi c'est des vols commerciaux, et on entend les gens qui nous disent que ça reste cher. Mais la France négocie déjà pour qu'il y ait des vols qui viennent en France, et pas à Rome ou à Madrid en priorité. Enfin, on veut aussi qu'ils viennent, mais pour qu'ils puissent rentrer en France en priorité. Parce que j'imagine que tous les pays font pareil.
Tous les pays font pareil. Donc là c'est une grosse négociation. Et au-delà de ça, pour que dans certains vols, et notamment avec Etihad, mais avec d'autres aussi, on puisse avoir un certain nombre de places avec des prix bloqués, pour permettre à nos ressortissants...
Quand vous dites vulnérables, comment est-ce que vous sélectionnez ceux dont vous dites qu'ils sont vulnérables ?
C'est un système assez complexe, mais qui nous permet d'identifier les personnes qui ont, disons, une urgence. Qui ont, soit les femmes enceintes, des enfants bas âge, des personnes qui ont besoin d'un médicament qu'ils n'arrivent pas à trouver. Et tout cela, ça se fait grâce à une mobilisation exceptionnelle du Centre de Crise et de Soutien, qui est ouvert 24h sur 24, 7 jours sur 7, qui prend les informations des personnes vulnérables qui nous appellent, et qui ensuite permet de les diriger vers différents vols. Et ça c'est un numéro unique, je vais le rappeler. C'est le 01 43 17 51 00. Vous pouvez appeler si vous avez une vulnérabilité.
Et puis il y a des informations qui sont données par 19 postes consulaires dans 15 pays, qui permettent aux Français de savoir quelle est l'actualité du pays où ils se trouvent.
On va accueillir tout de suite Céline, qui est concernée par cette question. Parce que Céline, vous êtes à Dubaï, me semble-t-il, en vacances avec vos deux enfants et une amie. Vous êtes bloquée donc depuis huit jours. Est-ce que vous avez trouvé une solution ?
Bonjour. Effectivement, depuis hier, on a réussi à obtenir un vol pour demain matin. Mais du coup, en passant par l'Allemagne, dans un premier temps. Et puis après, un autre vol pour aller en France. Pour l'instant, il n'y a pas encore de certitude, mais on s'accroche un petit peu à ça. Comment ça s'est passé ?
Qui vous a aidé ? À qui vous vous êtes adressée ? Et comment vous avez fini par trouver ces billets ?
Écoutez, c'est par rapport à la mère de mon amie qui est en France, qui a appelé tous les jours pendant des heures et des heures à Air France pour essayer de changer, de trouver un autre vol en fait et nous proposer d'autres choses. Parce que sinon, on a eu des propositions, mais l'autre jour à minuit, pour dans quatre heures ou pour aller jusqu'à Mascate, mais dans des conditions un peu compliquées. Avec les deux enfants en bas âge, clairement, c'était... Déjà, quand j'arrivais à masquer un petit peu leur anxiété, leur stress, mais là, ça aurait été compliqué en pleine nuit. Voilà, pour les ramener, ça se trouve, au point de départ.
Est-ce que vous avez eu des interlocuteurs du ministère des Affaires étrangères ?
On a eu quelques personnes. Alors, je pourrais plus vous reciter le nom. Suite à un passage, je ne sais plus sur quelle chaîne. Après, on m'a demandé de remplir des documents, d'expliquer effectivement que j'ai deux enfants en bas âge, qui, en plus, en fait, on a un traitement. Enfin, moi, personnellement, j'ai un traitement. J'ai dû me rendre à l'hôpital en expliquant bien ça dans le mail. Mais du coup, depuis, on n'a pas de retour. Vous n'avez pas eu de retour.
La ministre, la ministre, vous répondez. Si je peux me permettre. Bonjour, Céline. Non, mais lorsque, Céline, par exemple, vous explique qu'on lui a proposé un vol jusqu'à Mascate, ça, c'est les vols du ministère. Et effectivement, c'est compliqué, parce que ça veut dire prendre un transport terrestre mis aussi en place par le ministère des bus. C'est un trajet assez long. Les personnes que j'ai accueillies dans la nuit hier... Elles ont fait ce trajet-là ? Elles ont fait ce trajet. C'est un trajet qui dure plusieurs heures, une attente à la frontière. Mais ça a permis, y compris à des familles, y compris à des personnes vulnérables, d'être rapatriées. Et ça, depuis plusieurs jours.
Ça veut dire que vous avez fait le choix, Céline, de ne pas faire ce trajet-là. Mais il vous a tout de même été proposé.
Alors, ce n'est pas que je n'ai pas fait le choix. En fait, ce message a été envoyé à minuit, donc heure locale. Et on avait 30 minutes pour répondre. Et à minuit, clairement, on était tellement épuisés qu'on dormait. Et le temps de se réveiller, c'était trop tard parce qu'on n'avait que 4 heures, en fait, pour pouvoir atteindre le lieu de rendez-vous.
Et effectivement, ce dont vous témoignez, Céline, c'est aussi ce que vous dites, c'est qu'il faut être proactif. Alors, parfois, on ne peut pas toujours l'être. Mais ça veut dire qu'il faut être proactif pour ceux qui sont là-bas ?
Bien sûr, il faut être proactif. Il faut chercher ces informations. Nous les donnons. Nous comprenons évidemment que tout le monde ne peut pas réagir rapidement. Mais ces propositions sont mises en place. Et puis surtout, ce qu'il faut comprendre, parce que certains ont pu reprocher le fait que ces opérations prennent du temps, c'est que notre priorité absolue, c'est la sécurité. Un vol devait partir jeudi, a dû être reporté à ce week-end, parce qu'au moment où il devait atterrir, la sécurité ne pouvait pas être garantie. Et donc, il est reparti. Donc, il est reparti. Donc, il faut s'adapter. On est dans un environnement changeant, y compris pour les vols commerciaux.
Les vols peuvent être décalés, parce qu'évidemment, il faut qu'ils puissent décoller à un moment donné où c'est en toute sécurité. Et la sécurité, c'est notre priorité absolue.
Il reste combien ? Vous avez dit, il y en a 1500 qui ont été rapatriés. Il en reste combien que vous espérez rapatrier dans les heures ou les jours qui viennent ?
Alors, c'est une situation qui est très évolutive, parce que comme votre auditrice, il y a beaucoup de personnes qui se signalent à nous qu'on peut placer sur des vols de rapatriement et qui ensuite réussissent à rentrer par leurs propres moyens. Donc, c'est une situation qui est mise à jour. Et là, on parle uniquement des Émirats arabes unis. Mais il y a d'autres pays dans lesquels nous avons des ressortissants, des communautés peut-être moins importantes, parce qu'il y avait moins de vacanciers. Là, on est vraiment dans une période de vacances scolaires, mais qui souhaitent aussi pouvoir rentrer. Donc, ce travail s'étend sur 15 pays. Et c'est important de le dire.
15 pays, et y compris d'ailleurs beaucoup plus loin, parfois depuis la Thaïlande, le Vietnam, qui se retrouvent bloqués parce que leur avion devait faire escale dans cette zone. Je rappelle le numéro que vous nous avez donné, Eléonore Carrois, 0143 17 51 00. Eléonore Carrois, vous êtes la ministre en charge des Français de l'étranger. Merci à Céline pour son témoignage. Et vous nous avez donné ce chiffre ce matin. 1500 Français qui ont donc été rapatriés, alors qu'il est...
Éléonore Caroit