ISF climatique, économies d'énergie et lobbies... Le "8h30 franceinfo" spécial présidentielle de Yannick Jadot
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France Info. Bonjour Yannick Jadot. Bonjour. Cinquième invité des matins présidentiels de France Info, vous répondrez tout à l'heure à partir de 9h aux questions des auditeurs et des téléspectateurs. Je rappelle le numéro du standard, c'est le 0809 40 41 42, c'est le prix d'un appel local. L'actualité tout d'abord avec la Russie qui promet de mettre fin aux livraisons de gaz, peut-être dès aujourd'hui pour tous les acheteurs qui refusent de payer ce gaz en rouble. L'Allemagne et la France ont déjà dit qu'elle ne le ferait pas parce que ce serait une manière de contourner les sanctions économiques.
Vous vous dites depuis des semaines qu'il faut un embargo sur le gaz russe, par quoi est-ce qu'on le remplace ?
Pourquoi il faut un embargo ? Toujours rappeler qu'on n'est pas là pour se créer des contraintes, des difficultés, juste pour se faire plaisir. Pourquoi il faut un embargo ? Parce qu'il faut arrêter les atrocités en Ukraine, il faut arrêter les crimes de guerre qui s'y déroulent tous les jours, et que cette guerre, elle est aujourd'hui financée par les ventes de gaz et de pétrole de la Russie, notamment à l'Union Européenne. On est sur 700 millions de dollars par jour de recettes liées à ces ventes de gaz et de pétrole. Donc comment on fait ? Toujours rappeler aux Françaises et aux Français que l'impact de l'embargo, s'il devait durer, ce serait pour l'hiver prochain.
On peut parfaitement aussi déjà imaginer que l'embargo est efficace, c'est l'objectif, que le cessez-le-feu s'impose en Ukraine, que les Russes retirent leurs chars, et qu'on reprenne des relations, au moins sur le gaz et le pétrole, normal.
Il faut toujours rappeler le cadre. Ok, pour le contexte. Par quoi vous le remplacez aujourd'hui ? Question toute simple. Est-ce que la France, si vous êtes élu président de la République, achètera du gaz aux Etats-Unis qui est du gaz de schiste aux Etats-Unis ? Non. C'est clair.
Alors, on met en place un acheteur européen unique. Vous savez que ça fait des semaines que je fais cette proposition. La Commission est en train d'y travailler pour faire comme les vaccins, qu'il n'y ait pas de concurrence, de compétition entre les Etats membres, qu'on ait un acheteur unique de gaz et qu'on renforce nos liens avec la Norvège, avec l'Algérie.
La Norvège a déjà dit qu'elle n'en fournirait pas plus.
Avec la Norvège, oui, mais on est dans ce moment-là où on construit. On organise la solidarité au sein de l'Union Européenne. C'est essentiel parce qu'il y a effectivement des pays qui sont plus exposés que d'autres. Et on essaye à la fois d'ouvrir notre approvisionnement et évidemment, on agit pour substituer le gaz quand c'est possible et pour l'économiser quand c'est possible.
Quand je propose depuis au moins deux mois, on le propose depuis 20 ans, mais quand je propose dans cette situation de réunir autour de la table, dans chaque pays, tous les acteurs du bâtiment pour prioriser tous les travaux de rénovation des bâtiments, dans les logements comme dans les bâtiments publics, sur les bâtiments qui consomment le plus de gaz et qui sont des passeurs énergétiques.
Comme vous l'avez dit, si on est en pénurie de gaz, c'est l'hiver prochain, donc c'est demain en fait.
On est demain. On n'a pas le temps de tout rénover. Non, on ne va pas tout rénover. Mais l'objectif, c'est d'économiser 10% de notre gaz. Attention, c'est d'économiser 10% de notre gaz. Un petit peu plus. Il ne faut pas faire peur aux Français. Non, il y a encore des experts qui, encore ce matin, disaient 10%. Le gaz russe, c'est 18% de notre consommation.
Si on n'en a plus, il faut remplacer les 18%.
Comme le réaménagement de nos approvisionnements, en fond, il faut économiser 10%. Ce n'est pas rien, mais c'est 10%. Donc, on priorise les travaux de rénovation. Deuxièmement, et c'est ce que je propose, évidemment, on a aujourd'hui en file d'attente des projets d'énergie renouvelable dans notre pays. Pour le gaz qui sert à produire de l'électricité. On a l'équivalent de 30% de substitution du gaz russe par des projets qui sont déjà validés et qui attendent simplement la signature. C'est du photovoltaïque. Mettons du photovoltaïque sur tous les parkings, sur les grandes surfaces, sur les écoles.
Et si enfin les préfets signent ces projets, qu'on les met en place rapidement, on remplace 30% du gaz utile pour l'électricité.
Ça, vous dites, dans 6 mois, c'est OK, si on prend la décision. Si vous êtes élu, vous prenez la décision, c'est OK dans 6 mois.
Exactement. Et puis, il y aura peut-être, que ce soit, parce que c'est le gaz et le pétrole, sur lequel on veut faire l'embargo, il peut y avoir des mesures d'économie. Alors, justement, on y va. Ou des mesures de comportement. Les mesures de comportement.
Alors, si vous le remettez, Yannick Jadot, soit vous donnez tout votre programme pendant 20 minutes. Je réponds à cette crise-là. On avait des questions très précises, si vous le permettez, sur les mesures d'économie.
Alors, justement, j'enchaîne sur les mesures de comportement. Pour faire des économies en termes de carburant, par exemple, qu'est-ce que vous dites aux Français ? Il faut moins se déplacer, moins utiliser la voiture ? Comment vous faites ?
Je dis que je mets en place les transports en commun gratuits pour les transports locaux, les TER, les bus. On met ça gratuit pendant six mois, compensé par l'État. Pour que celles et ceux... Transpiration pour tout le monde. Ça, c'est nouveau dans votre programme ? C'est une mesure d'urgence.
Oui, ce n'était pas dans votre programme. Non, non, tout à fait. Le transport public gratuit partout dans toute la France. Exactement.
Les TER, les transports locaux, pas les TGV, les TER, les transports locaux, gratuits, compensés par l'État, pour favoriser les transports collectifs quand on peut utiliser des transports collectifs. Semaine comme week-end, il n'y a pas d'horaire. Absolument, absolument. On met en place ces transports. Deuxièmement, vous le savez que je porte un grand plan sur le covoiturage, parce qu'il y a 43% des Françaises et des Français qui n'ont pas d'alternative à la voiture. C'est considérable. Je viens de Picardie, c'est le cas dans pas mal de coins, en Picardie et ailleurs.
Pour ça, à la fois, il y a la prise en charge par l'entreprise des frais de carburant, mais souvent le problème du covoiturage, c'est l'organisation des flux, c'est la logistique. Eh bien, vous avez des exemples aujourd'hui à Bourgouin-Jailleux, dans d'autres villes, où en fait, on met en place des lignes régulières de covoiturage. Vous arrivez sur votre parking covoiturage, vous attendez maximum 10 minutes en utilisant une appli, et il y a quelqu'un qui va vous emmener jusqu'à votre destination. C'est le bénéfice...
Ça, c'est possible dans les petites communes rurales, dont les habitants doivent faire des kilomètres pour se rendre dans les grandes villes ?
Bien sûr, la question, c'est l'organisation des flux, notamment à travers des applis, qui permettent... Vous avez un déplacement, eh bien, rapidement, vous vous organisez pour faire du covoiturage. C'est bon pour le pouvoir d'achat, c'est évidemment bon pour la réduction de nos importations de carburant. Et puis, il peut y avoir des réductions de vitesse.
Si, à un moment donné... Vous aviez émis l'hypothèse pendant la campagne de réduire la vitesse sur autoroute. Vous le ferez ou pas ?
Imaginons, imaginons, c'est pas dans mon programme aujourd'hui, mais que pour supporter la réduction des importations, ou l'embargo des importations de pétrole, il faut réduire pendant quelques mois de 10 km heure la vitesse... De manière provisoire. Provisoire. Franchement, vu ce que prennent les ukrainiennes et les ukrainiens, les bombes qui prennent sur la tête, je pense que c'est une contribution que les françaises et les français peuvent faire.
Restez avec nous Yannick Jadot, le Filinfo, 8h40, Diane Ferchit, on poursuit dans un instant.
La neige ce matin dans les Hauts-de-France, les Pyrénées, le Limousin, le Massif Central, Vigilance Orange pour 22 départements, les transports scolaires sont suspendus dans l'ensemble des Hauts-de-France. L'Allemagne et la France disent se préparer à un arrêt des livraisons de gaz russe, alors que le décret exigeant le paiement en rouble du gaz par les pays jugés inamico par Moscou entre en vigueur aujourd'hui. Vladimir Poutine lâché par ailleurs par Gérard Depardieu, l'acteur dénonce à présent les folles dérives inacceptables du président russe.
Ce sont des proches de Delphine Jubilard, son oncle, sa tante, ses cousins, qui vont être entendus à partir de ce matin dans l'affaire de la disparition de la femme de 33 ans, entendue pour la première fois par les juges en charge du dossier. Dans cette affaire, le mari de Delphine Jubilard est mis en examen. Ses quatre demandes de remise en liberté ont été rejetées. Et puis cette remise, bienvenue pour les automobilistes, 18 centimes par litre d'essence, promesse du gouvernement et pour contrer la hausse des prix. Une remise à la pompe qui va s'appliquer pour les quatre prochains mois. France Info.
Élysée 2022, les matins présidentiels.
On toujours avec Yannick Jadot, candidat Europe Écologie Les Verts à l'élection présidentielle. Je vous rappelle que vous pouvez lui poser toutes vos questions à partir de 9h au standard de France Info 0809 40 41 42. Yannick Jadot, c'est à partir d'aujourd'hui que les automobilistes peuvent bénéficier de la baisse de 18 centimes par litre à la pompe. Si vous arrivez à l'Élysée dans un mois, est-ce que vous maintiendrez cette disposition ?
Non. Non, parce que je la trouve injuste. Je la trouve injuste parce qu'une caissière, une infirmière, un enseignant qui a une 308, une Clio, avec cette mesure, quand il va faire le plein, ça va être 6-7 euros sur son plein. Quelqu'un qui a un gros 4-4, ça va être 10, 12, 15 euros sur son plein. Donc en première mesure, ça sera d'augmenter les prix du carburant ? Non. Si vous dites je supprime la baisse, ça veut dire j'augmente. J'y arrive, j'y arrive. Donc cette mesure, je la considère, elle est injuste. Moi, ce que je mettrais en place, c'est, notamment premièrement, la TIPP flottante. On remet en place la TIPP flottante.
C'est-à-dire qu'en fait, en fixant un maximum à 1,80 euros le prix de l'essence, et on baisse les taxes quand ça va au-delà.
Avec le même inconvénient que la mesure que vous dénoncez, Yannick Jadot, c'est qu'elle profite davantage au 4-4 qu'aux petites voitures.
Troisièmement, je fais le chèque énergie de 400 euros qui, au regard de la situation, bénéficiera à toutes les familles dont les revenus sont non-imposables. C'est-à-dire qu'au fond, aujourd'hui... C'est-à-dire la moitié des Français, à peu près. Voilà. C'est-à-dire qu'au fond, aujourd'hui, vous avez toute une partie de la population qui est très impactée par la hausse des carburants. Très impactée dans leur capacité à se déplacer. Très impactée dans leur capacité à se chauffer, à s'éclairer. Et dans leur capacité à s'alimenter.
Mais c'est un chèque énergie de 400 euros, mais une fois ?
Ah là, aujourd'hui, on le met en place une fois. Parce qu'il existe déjà le chèque énergie, aujourd'hui. C'est entre 50 et 277 euros. Moi, je veux... 277 euros maximum, aujourd'hui. Je veux 400 euros pour, aujourd'hui, les familles qui sont non-imposées. Et vous voyez, mon projet, il est à la fois de compenser les hausses des prix des carburants, les hausses des prix des chauffages, et de faire aussi de la justice sociale. En n'oubliant jamais, en n'oubliant jamais, qu'on a à la fois à résoudre la question de la hausse des carburants, la question de nos dépendances aux énergies fossiles, et la question du climat.
Parce que quand j'entends le gouvernement, ou un certain nombre de candidats et de candidats, au fond, qui veulent revenir à la situation intérieure en pire, en allant, par exemple, chercher du gaz de schiste, en voulant s'affranchir des contraintes environnementales sur l'agriculture, c'est le monde d'avant, en pire, qui nous créera encore plus de problèmes après. Si, à un moment donné, c'est ça la force du projet écologiste, c'est d'anticiper, c'est d'isoler les logements, ce qui n'a jamais été vraiment fait. C'est de favoriser les transports en commun, l'écovoiturage, la voiture électrique, ce qui n'a jamais été fait.
C'est de déployer les énergies renouvelables, ce qui n'a pas suffisamment été fait.
Il y a un autre outil, Yannick Jadot, dans votre programme, pour l'environnement et pour la justice sociale, c'est l'ISF climatique. Un impôt sur la fortune qui toucherait tous les patrimoines supérieurs à 2 millions d'euros, qui est censé rapporter beaucoup d'argent, 4 milliards d'euros par an. Question toute simple, il est censé taxer ce qui n'est pas bon pour la planète. Si j'ai un patrimoine supérieur à 2 millions d'euros, et que j'achète massivement des actions... Tiens, Renault, par exemple, qui est un constructeur qui pollue, parce qu'il a des voitures avec des moteurs thermiques, et qui en même temps promettent se mettre au tout électrique bientôt. Vous me taxez ou pas ?
Eh bien, on intégrera... Il faudra mettre en place une taxonomie, c'est-à-dire, au fond, évaluer les patrimoines financiers. Qui va évaluer ça ? Chaque action, chaque patrimoine ? Vous savez, et les banques et les entreprises comme Renault, aujourd'hui, ont l'obligation de fournir une feuille de route de réduction de leur empreinte carbone. C'est sur cette base-là, et sur la réalisation de cette feuille de route, qu'on taxera, qu'on mettra un malus ou pas. Dans le cas de Renault, on taxe ou pas ? Quand Renault va vers la décarbonation de son parc automobile à 2030, ce qui est mon objectif pour notre pays, pour les véhicules neufs, eh bien, on regardera, et a priori, on ne taxera pas.
Mais si on prend l'exemple de Total... Mais si on prend Total...
Total développe les énergies renouvelables aussi.
Ah bon ?
Bah oui.
Ah bon, attendez, c'est peanuts. Enfin, il faut arrêter. Là, franchement, la com' de Total, je dois dire que là, moi, je suis arrivé à un point de colère face à l'indécence de Total depuis des mois, depuis des années, qui est quand même incroyable. On a même l'Agence internationale à l'énergie, qui dit pour le climat, il ne faut plus aller extraire, chercher une toute nouvelle goutte de pétrole. Vous avez Total, qui pendant des années et des mois, a été complice de la dictature en Birmanie.
Mais là, vous voyez que Total fait des efforts sur les énergies renouvelables.
Mais non, c'est de la blague. C'est rien par rapport à ce qu'ils investissent dans les énergies fossiles. Le sujet, ce n'est pas d'en faire un peu. Le sujet, c'est qu'un grand groupe comme Total doit porter, y compris parce que Total a des ouvriers, des techniciens, des ingénieurs d'une grande qualité, qui pourraient emmener notre pays dans la transition énergétique. Et qu'est-ce que fait Total ?
Ce n'est pas suffisant, là.
Mais attendez, ils sont en train, en Ouganda, ils sont en train d'installer un pipeline de pétrole dans une réserve naturelle très protégée. Ils déplacent 30 000 personnes. Total, qui, je l'ai dit, est toujours en Russie, à la différence de toutes les autres majors internationales... Et qui est, au fond, je l'ai dit, complice de crimes de guerre dans la mesure où Total a des partenaires qui sont très proches de Poutine et dont certains dirigeants sont sous sanctions internationales.
Et moi, je ne peux que répéter ma demande à Emmanuel Macron qui a, en permanence, à chaque fois qu'il était responsable, ministre de l'économie, président de la République, à favoriser les activités gaz-pétrole de Total en Russie. Je lui demande, au nom des Ukrainiennes et des Ukrainiens, de notre indépendance énergétique et au nom du climat, de demander à Total de sortir de Russie.
Yannick Jadot, vous dites, si je suis élu à l'Élysée, l'une des premières mesures que je prendrais, c'est une loi de séparation des lobbies et de l'État. C'est quoi un lobby ?
Un lobby, aujourd'hui, c'est un groupe constitué pour défendre son intérêt. Est-ce que le MEDEF est un lobby ? Bien sûr. Est-ce que Greenpeace est un lobby ? Mais d'une certaine façon, oui.
Donc, on interdit Greenpeace ? Non. On interdit le MEDEF ?
Là, ce n'est pas ce que j'ai dit, en fait. Une loi de séparation des lobbies et de l'État, c'est protéger les politiques publiques de l'influence des lobbies. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu'un groupe économique ou qu'une association porte des revendications, et je fais quand même la différence, pardonnez-moi, entre l'intérêt des actionnaires que peuvent représenter certains groupes économiques, certains lobbies, et l'intérêt général que peut porter Greenpeace de protection de l'environnement. Mais ce sont des groupes qui portent, auprès de la décision publique, des idées, des revendications, des propositions. La séparation, ça veut dire quoi ?
Qu'est-ce qu'ils n'auront plus le droit de faire ?
C'est un, transparence absolue sur les processus de décision. Toute loi, toute personne impliquée dans l'élaboration d'une loi doit avoir la transparence absolue sur ses rendez-vous. C'est déjà ce que nous faisons au Parlement européen.
C'est-à-dire qu'on doit savoir quand un député rencontre un membre de Greenpeace ou un membre du MEDEF, pour reprendre ces exemples. Bien sûr. On doit savoir ce qu'ils se sont dit également. Écoutez, non.
On doit juste savoir qu'ils ne sont pas les vrais. Oui, là, on ne va pas registrer les conversations. Mais il faut qu'il y ait transparence absolue. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire la fin des pantouflages et rétro-pantouflages. C'est quoi, les pantouflages ? C'est quand, par exemple, le conseiller spécial de Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères et ministre des Armées, devient directeur des affaires publiques de Total. C'est-à-dire qu'au fond, il met...
Mais la question est de savoir, Yannick Jadot, si vous mettez tous les lobbies, comme vous dites, au même niveau. Est-ce que vous mettez au même niveau la FNSEA, le MEDEF, le L214, par exemple ?
Est-ce qu'il y a des mauvais ou des bons lobbies ? Non, la question, la question là, c'est pas de qualifier les lobbies. Ben si, puisque vous voulez les encadrer, il faut savoir ce qu'il y a un lobby, parce qu'on n'est pas un... Oui, mais là, l'enjeu, c'est de protéger les politiques publiques. Quand, par exemple, vous avez François Fillon, Premier ministre, combien de fois ministre, qui devient, qui va au conseil d'administration d'un groupe russe, vous voyez bien que c'est l'intérêt... Ça s'appelle du pantouflage.
Mais c'est a posteriori, il n'est pas en fonction. Bien sûr. Comment vous interdisez un ancien homme politique qui a pris sa retraite d'aller travailler pour un groupe étranger, quel que soit ce que vous pensez, d'ailleurs, de ce groupe ? Il faut une loi pour ça, on va lui interdire. Mais bien sûr, il y a déjà des lois. Au nom de quoi ? Au nom de l'intérêt supérieur de la nation ?
Bien sûr. Au nom de la protection des politiques publiques, au nom de la protection de l'intérêt général. Quand, en ce moment, vous avez je ne sais pas combien de membres des cabinets ministériels qui se sont fait leur répertoire, leur réseau, et qui vont vendre ça à des groupes privés, en disant, comme je connais tout le monde dans l'administration, quand j'arriverai dans votre groupe privé, je défendrai votre intérêt dans l'administration, c'est inacceptable. Parce qu'au fond, on a vu avec ce quinquennat, jamais un quinquennat n'a été aussi gangréné par les lobbies.
Vous avez même un patron d'une fédé de chasse qui annonce le programme du président sortant, Emmanuel Macron, avant même qu'il le fasse, en appelant à voter pour lui, en revendiquant qu'à chaque fois qu'il interpellait Emmanuel Macron, Emmanuel Macron a fait plier ses ministres, et notamment les ministres de l'écologie. Et quand vous avez McKinsey, qui est venu avec sa logique managériale d'entreprise, du secteur privé, pour régler nos problèmes d'allôpitaux, il nous faut une loi de séparation des lobbies et de l'État. On en parle dans un instant, c'est promis.
Dans notre pays, ceux qui doivent gouverner sont les élus, au nom du peuple, ce ne sont pas des représentants des VRP des lobbies qui sont aujourd'hui à la tête de l'État.
Le fil info 8h52, Diane Ferch, c'est la suite dans un instant.
Les pays qualifiés dynamico par Moscou doivent payer le gaz russe en rouble, entrée en vigueur de la menace de Vladimir Poutine. En cas de refus, ce sera à la fin des contrats en cours. La France et l'Allemagne se préparent à un potentiel arrêt des importations. Les entreprises sont prêtes à encaisser le choc, affirme sur France Info le président de l'Union des entreprises utilisatrices d'énergie. L'essence un peu moins chère ce matin avec la baisse des prix à la pompe, promise par le gouvernement, 18 centimes moins par litre. Une baisse qui ne sera pas visible tout de suite dans toutes les stations. Elles doivent d'abord écouler leur stock. Plus de coupures de courant pour cause d'impayés.
EDF réduit la puissance de l'électricité pour assurer un service minimum. La trêve hivernale prend fin. Aujourd'hui, les associations craignent un nombre d'expulsions record. La Ligue des Championnes et Lyon accèdent à son tour au demi-finale en battant la Juventus 3 buts à 1. L'OL affrontera le PSG en demi-finale.
France Info Élysée 2022 Les matins présidentiels
0809 40 41 42 pour interroger Yannick Jadot. Ça, ce sera dans une dizaine de minutes. On parlait de l'influence des cabinets privés Yannick Jadot et notamment du cabinet McKinsey. Dans le journal L'Opinion, vous l'avez lu ce matin ? Non. Non ? On apprend que votre porte-parole, Delphine Bateau, qui fait donc campagne à vos côtés, a dépensé 70 millions d'euros en cabinet de conseil.
Elle le conteste totalement. Elle le rejette totalement. Et d'ailleurs, l'administration... Ah ben, vous l'avez lu en fait ? Non, j'ai lu, j'ai eu Delphine Bateau. D'accord. Alors, je termine simplement.
L'Opinion affirme qu'elle a dépensé 68 millions d'euros en cabinet de conseil lorsqu'elle était ministre de l'écologie pendant un peu plus d'un an. Ce sont des chiffres qui sont faux.
Oui, elle le conteste totalement parce qu'y compris l'administration est bien en peine parce qu'on n'avait pas de règles d'ailleurs qu'elle avait demandées justement sur la comptabilité du travail des cabinets de conseil avant 2015. Elle n'a donc jamais fait appel
à des cabinets privés ?
Écoutez, c'est ce qu'elle m'a dit. Et connaissant Delphine Bateau et sa rigueur absolue sur justement l'ingérence des lobbies et des cabinets privés dans la décision publique, je peux sacrément la croire, je peux vous le dire. Bon, on entend votre démentir. Si ce n'était pas le cas, ça change de quoi ? Mais quand vous savez que Delphine Bateau est quelqu'un d'extrêmement rigoureux du point de vue de ce type de relation, vous savez combien elle porte depuis des années justement l'expulsion des lobbies de la décision publique parce qu'elle a eu à les subir en permanence. Ce n'est pas un lobby,
c'est un cabinet de conseil. Parfois, on fait appel, vous le savez, à des cabinets de conseil pour rénover son système informatique. Ce n'est pas à proprement parler dans tous les cas de figure, un lobby. Oui, mais là, vous voyez que...
Non, mais vous avez raison. Mais là, vous voyez bien que la question de McKinsey, ce n'est pas simplement on fait appel à un cabinet de conseil pour organiser la protection de ses ordinateurs. Vous voyez bien que là, ils sont de fait, et c'est encore les articles qui le disent, les enquêtes journalistiques qui le font. Heureusement que les journalistes travaillent. Merci à vous. Vous les interdisez, les cabinets. à quel point McKinsey a été lié à la campagne d'Emmanuel Macron quand il était ministre de l'économie. Il travaillait comme par hasard gratuitement pour lui. Et ils n'ont jamais été autant récompensés dans ce quinquennat que de ce travail. Mais là, Emmanuel Macron dit
que les appels d'offres ont été respectés, ont été faits dans les règles.
Mais oui, et bien évidemment, parce qu'on a vu aussi dans ce quinquennat comment, au fond, je parlais du pantouflage comme du rétro-pantouflage. C'est-à-dire ces gens qui vont dans le privé, qui reviennent dans le public, combien aujourd'hui la haute autorité sur la transparence de la vie publique est en permanence contournée justement sur ces personnes de la fonction publique, ces élus qui passent dans le privé. Maintenant, ce sont les supérieurs et c'est plus systématiquement la haute autorité de la vie publique. Donc, vous avez eu l'organisation dans ce quinquennat de la collusion avec les cabinets de conseil. Pourquoi c'est grave ?
Pas parce que, encore une fois, de temps en temps, on fait appel à des consultants. C'est parce que, McKinsey, comme le président Macron, ils ont été, pour les services publics, adeptes, obsédés par une vision d'entreprise des services publics. C'est comme ça qu'on a mis notre hôpital à genoux. Ça n'a pas commencé avec Macron. Ça a commencé avec Sarkozy et avec Hollande. Ils ont fait la même chose sur l'école. Ils ont fait en permanence l'idée que les services publics, ça n'était qu'un coût, une dépense qu'il fallait réduire et non pas un bénéfice extraordinaire. Une question sur votre programme
de sécurité. Vous souhaitez mettre en place des récipicés pour les contrôles d'identité. Les récipicés, ça a déjà été évoqué sous le quinquennat Hollande, justement.
Il ne l'a pas fait.
Et ça a provoqué la colère des syndicats de police, car ça la stigmatise comme étant une police raciste.
C'est pour ça qu'il faut en sortir. C'est pour ça qu'il faut en sortir. Vous savez, moi, je veux apaiser la relation entre la police et la société. Vous savez, quand je parle avec des policières et des policiers et leurs représentants syndicaux, qu'est-ce qu'ils me disent en permanence ? On a perdu le sens de notre mission, ce pour quoi on s'engageait, parce qu'on nous fait faire tout et n'importe quoi. On n'est pas sur la voie publique, on aimerait être sur la voie publique. Quand on nous envoie sur la voie publique, c'est pour faire de la politique du chiffre. Ce n'est pas pour faire de la prévention, ce n'est pas pour faire de l'enquête, ce n'est pas pour arrêter les délinquants.
On nous envoie pour faire de la politique du chiffre. Et le contrôle, le contrôle d'identité est un des aspects de la politique du chiffre. Vous savez que le défenseur des droits a dit lui-même si vous êtes arabe, noir, vous avez 5 fois plus de risque d'être contrôlé. Ça choque et c'est indigne pour toute une partie, notamment de notre jeunesse. Alors oui, on peut avoir à contrôler des personnes, mais on le fait avec un récipicé qui dit pourquoi on a voulu contrôler ces personnes et que les jeunes, notamment, ne soient pas contrôlés parfois 3-4 fois dans la même journée.
Dernière question, Yannick Jadot, avant de laisser la parole aux auditeurs et aux téléspectateurs. Réponse en oui ou non, si vous voulez bien. Jean-Luc Mélenchon, 15 points aujourd'hui dans les sondages aux portes du second tour. Est-ce que son élection serait oui ou non une bonne chose pour la France ? Oui ou non ? Non. Non, c'est pas le sujet. Franchement,
est-ce que l'élection de Jean-Luc Mélenchon serait une bonne chose pour la France ? Non, c'est l'écologie qui serait une bonne chose pour la France. Il a un programme écologique, c'est ce qu'il dit lui aussi. Mais non, attendez. Un, franchement, on a eu une campagne confisquée, confisquée de fait par une guerre en Ukraine qui évidemment sidère tout le monde et a un peu écrasé cette campagne présidentielle. On a un président de la République qui est tellement fébrile sur son bilan qu'il ne veut pas débattre. Et on nous fait déjà, on n'est pas encore au premier tour, on nous fait déjà le second tour.
25 secondes sur 25 minutes, Yannick Jadot. 25 secondes sur 25 minutes et on est reparti. Moi, j'en ai parlé
du premier tour. Pourquoi il faut voter écologiste ? Parce qu'aujourd'hui, vous voyez, la météo, elle est totalement fracassée par le dérèglement climatique. Parce que j'étais sur les algues vertes. J'étais encore, cette semaine, sur les déserts médicaux. Parce que j'étais hier sur la pollution de l'air.
On va parler de ça, on va continuer d'en parler. Parce que c'est ça le vote.
Le seul vote pour sauver notre avenir, c'est le vote écologiste. Et c'est à ça que les Françaises et les Français doivent s'emparer de cette élection. Ils doivent savoir pourquoi ils votent et notamment ce qui est essentiel à leur vie. La vie, la santé, le climat, la nature et la justice sociale
derrière tout ça. Ça, c'est le vote écologiste. Et les questions des auditeurs dans trois minutes. Si vous aimez le 830 France Info, on vous conseille Élisez la bataille, le podcast du service politique de France Info pour tout savoir sur la présidentielle et ses coulisses. À découvrir sur votre appli de podcast préféré et sur franceinfo.fr. et sur le 530 France Info.
Yannick Jadot