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Podcast / conversationrtl-fr· 15 septembre 2026 10 minComplaisantActualité / polémiqueSolidarités & familleÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergieInstitutions & élections

Quel est l'héritage des "gilets jaunes" ?

Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:49OuverteRéponse partielle

    On a l'impression que les mêmes causes provoquent les mêmes effets. La raison de la colère il y a huit ans, c'était la hausse des prix des carburants.

  • 1:47OuverteRéponse directe

    Mais il y avait une colère plus profonde qui couvait dans une partie de la France ?

  • 2:23OuverteRéponse directe

    Et alors, quelle a été l'ampleur de ce mouvement ?

  • 3:21OuverteRéponse directe

    Ça a duré des semaines, des mois. Pourquoi si longtemps ?

  • 4:01OuverteRéponse directe

    Alors, il y a eu finalement des réponses du gouvernement. Il y a eu des réponses sonnantes et trébuchantes.

  • 4:30OuverteRéponse directe

    Alors, on va voir quelles étaient quand même ces concessions du gouvernement.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:14PrésentateurChiffre
    « Puis, un appel a bloqué les routes. Le 17 novembre avait mobilisé 300 000 personnes. »
  • 3:01InvitéChiffre
    « Le ministère de l'Intérieur dénombre plus de 2 200 manifestants blessés. 46 grièvement, 700 policiers blessés sur l'ensemble du mouvement. »
  • 4:06PrésentateurChiffre
    « L'État a débloqué 10 milliards d'euros en décembre 2018. »
  • 4:42PrésentateurChiffre
    « Avec cette hausse de la taxe carbone, ça devait quand même rapporter 4 milliards. »
  • 5:11AuditeurFait
    « Il y avait une trajectoire de hausse de la taxe carbone qui a été d'abord annulée dès la première année. Mais les augmentations suivantes aussi ont été supprimées. »
  • 6:11PrésentateurChiffre
    « la hausse de 100 euros par mois du SMIC via la prime d'activité, la défiscalisation des heures sup, la prime Macron. »
  • 7:02AuditeurChiffre
    « Ce qu'il ne faut pas oublier, c'est que le gain, là-dessus, il est près de 11 milliards par an. »
  • 7:22PrésentateurChiffre
    « En tout, effectivement, on a parlé de 15 à 17 milliards. »
  • 8:25InvitéChiffre
    « Quelques 20 000 cahiers ouverts physiquement dans les mairies, ce qui donne 200 000 contributions. »
  • 8:40InvitéChiffre
    « 2 millions de contributions en ligne. »
  • 9:30InvitéChiffre
    « 92 heures de débat. »

Temps de parole

  • Invité30 %
  • Auditeur28 %
  • Présentateur25 %
  • Invité 214 %

≈ 4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:09
Locuteur

C

0:09
Présentateur

'était il y a huit ans. Une pétition en ligne contre le prix du carburant avait rassemblé des centaines de milliers de signatures. Puis, un appel a bloqué les routes. Le 17 novembre avait mobilisé 300 000 personnes. Le mouvement des Gilets jaunes était né. Il allait durer des mois, être marqué par des violences et aboutir à une série de mesures pour le pouvoir d'achat. À l'heure où les appels à retourner sur les ronds-points le 17 octobre se multiplient, on va se poser la question, que reste-t-il des Gilets jaunes ? Trois interviews de journalistes témoins experts pour répondre à cette question. C'est la preuve par trois. Bonsoir, Mourad Javari. Bonsoir Anne-Sophie, bonsoir à tous.

Vous êtes reporter à la rédaction d'RTL et vous avez suivi les Gilets jaunes en 2018. On a l'impression que les mêmes causes provoquent les mêmes effets. La raison de la colère il y a huit ans, c'était la hausse des prix des carburants.

0:57
Invité

Oui, une décision du gouvernement, celle de l'augmentation d'une taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques. À ce moment-là, le diesel est à 1,50€, l'essence à 1,48€. Après cette annonce du gouvernement, très vite sur les réseaux sociaux, des pétitions, des appels à manifester pullulent. Nous sommes en mai 2018, mais il ne se passe rien. Puis en octobre 2018, les premiers blocages, certaines personnes investissent les ronds-points. Le Gilet jaune apparaît comme objet de ralliement, un symbole enfilé sur le dos ou posé sur le tableau de bord. Mais la mobilisation reste timide.

1:29
Locuteur

C

1:29
Invité

'est en novembre 2018 que les premières manifestations d'ampleur apparaissent avec 280 000 personnes à Paris, selon la préfecture. C'était le 17 novembre. Ensuite, chaque samedi, des milliers de personnes défilent en région et à Paris. Un mouvement spontané, sans direction locale ou nationale.

1:44
Présentateur

Les prix des carburants et cette taxe, c'était l'intincelle. Mais il y avait une colère plus profonde qui couvait dans une partie de la France ?

1:50
Invité

Oui, le point de départ, c'est la hausse du prix des carburants avec cette taxe. Dans le cortège, on rencontre surtout des salariés, des retraités. En tout cas, au tout début, une partie de la France qui dépend de sa voiture pour aller travailler, aller chez le médecin ou faire ses courses. On parle de ces Français, des zones périurbaines, des campagnes. Et très vite, d'autres colères s'agrègent à ce mouvement. Le pouvoir d'achat, les inégalités, le sentiment d'abandon dans les zones rurales. Bien souvent, les manifestants nous disaient que les politiques sont à Paris. Et ils sont déconnectés de la vie des Français, déconnectés de leur réalité, de leur quotidien.

2:23
Présentateur

Et alors, quelle a été l'ampleur de ce mouvement ?

2:25
Invité

Eh bien, très suivi, de décembre à février 2019, à Paris et en région. Chaque manifestation du samedi est appelée acte, acte 1, acte 2, acte 3, etc. Lors de ces premiers actes, il y a une violence qui surprend et qui choque. La dégradation de l'Arc de Triomphe, des magasins pillés, des voitures calcinées. Les manifestants arrivent devant les grilles de l'Elysée, même lors d'un samedi de manifestation. Plusieurs semaines de suite, des centaines de milliers de personnes se rassemblent. Donc, le samedi, crient leur colère dans la rue et s'affrontent aussi avec les forces de l'ordre. Le ministère de l'Intérieur dénombre plus de 2 200 manifestants blessés.

46 grièvement, 700 policiers blessés sur l'ensemble du mouvement. Où le maintien de l'ordre pose encore question aujourd'hui. Les forces de l'ordre, c'est vrai, sont exposées à une situation exceptionnellement violente. Mais est-ce que la réponse était proportionnée, adaptée face à l'ampleur et la gravité des blessures ? Notamment avec l'utilisation du LBD, le lanceur de balles de défense.

3:21
Présentateur

Ça a duré des semaines, des mois. Pourquoi si longtemps ?

3:24
Invité

Parce que chaque manifestant avait une revendication différente. Et il pouvait l'exprimer, il pouvait exprimer sa colère dans ce mouvement des Gilets jaunes. Et puis, au fur et à mesure, des figures ont émergé, comme Jérôme Rodriguez par exemple. Mais il n

3:37
Locuteur

'y

3:37
Invité

a pas eu de représentant pour négocier avec le gouvernement. C'est un mouvement apolitique, pas de parti ni syndicat dans les cortèges. Le samedi, c'est jour de manif, jour de colère. Et le reste de la semaine, on se retrouve sur les ronds-points. Et même s'il y a eu de moins en moins de monde dans les cortèges au fil des semaines, le soutien sur les réseaux sociaux reste large, massif. Et donc, les manifestants avaient le sentiment de représenter la colère d'une grande partie des Français.

4:01
Présentateur

Alors, il y a eu finalement des réponses du gouvernement. Il

4:04
Locuteur

y a

4:04
Présentateur

eu des réponses sonnantes et trébuchantes. L'État a débloqué 10 milliards d'euros en décembre 2018. Mais à l'époque, ça n'avait pas vraiment convaincu. Écoutez une réaction de Gilets jaunes.

4:14
Auditeur

Nous ici, ce qu'on veut, c'est le pouvoir d'achat. Je suis dans la classe moyenne et je n

4:18
Locuteur

'ai

4:18
Auditeur

rien obtenu. Et les 100 euros pour le SMIC, ça ne me concerne pas. Avec deux salaires à la prime d'activité, on n'a pas le droit. On veut tout simplement vivre de nos salaires. Parce que sinon, demain, je me mets au chômage,

4:27
Locuteur

j

4:27
Auditeur

'aurai le droit à tout. Il n'y

4:28
Locuteur

a

4:28
Auditeur

pas de souci.

4:29
Présentateur

Alors,

4:30
Locuteur

on

4:30
Présentateur

va voir quelles étaient quand même ces concessions du gouvernement. Avec Mathieu Plannes, économiste et directeur adjoint du département analyse et prévision de l'OFCE. Bonsoir.

4:38
Locuteur

D

4:39
Présentateur

'abord, il y

4:39
Locuteur

a

4:39
Présentateur

eu le renoncement à cette ambition écologique. Avec cette hausse de la taxe carbone, ça devait quand même rapporter 4 milliards.

4:48
Locuteur

Oui,

4:49
Auditeur

tout à fait. C'est d'ailleurs un des gains importants dans les revendications. C'était d'annuler la hausse des prix des carburants. Avec cette hausse de la fiscalité écologique et ça représentait près de 4 milliards sur une seule année. Mais il était inscrit normalement une augmentation successive sur plusieurs années jusqu'à la fin du premier quinquennat. Il y avait une trajectoire de hausse de la taxe carbone qui a été d'abord annulée dès la première année. Mais les augmentations suivantes aussi ont été supprimées. Donc, ça a été déjà un point important dans le gain, en tout cas,

5:25
Locuteur

et

5:25
Auditeur

les revendications des Gilets jaunes.

5:26
Présentateur

Donc, cette taxe n'a plus jamais bougé, en fait. Elle n'a plus jamais augmenté.

5:30
Auditeur

Non, elle n

5:31
Locuteur

'a

5:31
Auditeur

plus augmenté. D'ailleurs, elle est un peu tabou aujourd'hui. Dès qu'on parle de taxe carbone, on pense aux Gilets jaunes. Alors même qu'effectivement, il y

5:36
Locuteur

a

5:36
Auditeur

des propositions autour de ça. Alors, certainement moins en ce moment, vu les prix de l'essence et de

5:40
Locuteur

l

5:40
Auditeur

'énergie, des carburants. Mais de dire, voilà, l'idée de fiscalité plus, ce qui pollue plus, donc avec une zone de taxe carbone, est une idée qui circule quand même beaucoup. Mais par contre, on voit que ça a un impact quand même très rapide sur le pouvoir d'achat de certains ménages, notamment ceux qui sont très dépendants de leur voiture, de leur véhicule, et qui ont cette dépense contrainte. Donc, c'est toujours compliqué, parce qu'il y

6:03
Locuteur

a

6:03
Auditeur

toujours la question de la fin du mois versus la fin du monde dans cette histoire-là.

6:06
Présentateur

Et puis,

6:07
Locuteur

il

6:07
Présentateur

y a eu, par ailleurs, la hausse de 100 euros par mois du SMIC via la prime d'activité, la défiscalisation des heures sup, la prime Macron. Les mesures ont avant tout porté sur les salaires. Pourquoi ? C'était un mouvement de travailleurs pauvres

6:20
Locuteur

?

6:22
Auditeur

Oui, alors je pense que c'était quand même d'abord une revendication plutôt de... C'est vrai qu'il y avait des retraités dans les cortèges, mais il y avait quand même aussi beaucoup de salariés qui disaient qu'ils n'arrivaient pas à terminer les fins de mois. Donc, plutôt des actifs, mais du bas, on va dire, de la catégorie des travailleurs,

6:40
Locuteur

c

6:40
Auditeur

'est-à-dire une partie de la classe moyenne, mais pas plutôt bas de la classe moyenne. Et donc, voilà, je pense que les mesures fiscales, elles ont visé à cibler ça, c'est-à-dire la revalorisation de la prime d'activité. Donc, c'est plutôt les personnes qui sont autour du SMIC, la défiscalisation des heures sup, notamment. Voilà, il y

6:57
Locuteur

a

6:57
Auditeur

eu la prime exceptionnelle de pouvoir d'achat, la prime Macron qui a été mise en place. C'est quand même assez conséquent. Ce qu'il ne faut pas oublier, c'est que le gain, là-dessus, il est près de 11 milliards par an.

7:08
Locuteur

D

7:08
Auditeur

'ailleurs, ça a été un peu une surprise, parce qu

7:10
Locuteur

'on

7:10
Auditeur

ne s

7:10
Locuteur

'y

7:10
Auditeur

attendait pas forcément. Et d'ailleurs, ça n

7:12
Locuteur

'a

7:12
Auditeur

pas été non plus financé. D'où, aujourd'hui, une grande question sur les déficits.

7:16
Présentateur

Oui, justement. Et

7:17
Locuteur

puis,

7:17
Présentateur

il y a eu 5 milliards de plus en baisse d'impôts et de revalorisation des petites retraites. Donc, ça, c'était en avril 2019, en fait. Donc, en tout, effectivement, on a parlé de 15 à 17 milliards. C'est là qu'on a creusé définitivement le trou du budget.

7:33
Auditeur

Donc, ça a commencé là. Ça a commencé là. C'est-à-dire que ce n'était pas du tout prévu dans le programme d'Emmanuel Macron. C'est-à-dire qu'il y avait une espèce d'idée d'une trajectoire budgétaire avec certaines mesures fiscales, dont la hausse de la taxe carbone. Il y avait d'autres choses. Mais ça, ce n'était pas prévu. Et effectivement, ces 17 milliards, alors, on redonnait quand même un peu de pouvoir d'achat à ces catégories de personnes. Peut-être pas suffisant. Mais en tout cas, c

7:55
Locuteur

'est

7:55
Auditeur

un effet. Mais c'est vrai que la question du financement ne s'est pas posée. Et aujourd'hui, elle se pose un peu plus. Et d'ailleurs, on le voit dans les revendications actuelles. La question, c'est que le gouvernement, désormais, a du tout de marge de manœuvre.

8:07
Présentateur

Merci beaucoup, Mathieu Plannes. Alors, la réponse n'a pas été seulement financière, car le mouvement des Gilets jaunes a aussi exprimé un malaise profond. Emmanuel Macron a imaginé un grand débat national et l'ouverture de cahiers de doléances. Bonsoir, Arthur Bélier. Bonsoir. Vous êtes journaliste au service politique d'RTL. D'abord, est-ce que les Français ont joué le jeu et rempli ces cahiers de doléances

8:23
Locuteur

?

8:23
Invité

À l'époque, oui,

8:24
Locuteur

ça

8:24
Invité

avait été un vrai succès. Quelques 20 000 cahiers ouverts physiquement dans les mairies, ce qui donne 200 000 contributions.

8:30
Locuteur

Donc,

8:30
Invité

200 000 personnes qui, physiquement, se sont déplacées dans les mairies pour 450 000 pages qui ont toutes été numérisées et qui sont aujourd'hui dans les archives départementales.

8:40
Locuteur

Je

8:40
Invité

rajoute les 2 millions de contributions en ligne. Ça donne le plus grand exercice, en fait, de paroles citoyennes depuis les cahiers de doléances de 1789 au moment de la Révolution. Et ça servit à quoi ? Alors, à remplir les étagères des archives départementales, déjà. Non, il y a eu des cabinets privés de consultants qui en ont fait des synthèses dont on n'a jamais eu connaissance. Emmanuel Macron devait rendre compte lors d'une grande conférence de presse le 15 avril 2019. Mais ce soir-là, Notre-Dame a pris feu. La conférence de presse a été décalée. Et, en fait, on n'en a jamais vraiment eu de conclusion au niveau de l'État.

Emmanuel Macron avait promis, le 1er mai de cette année, qu'il ouvrirait, dans le courant de l'année, la consultation facilement en ligne de ses cahiers de doléances. Mais on attend toujours.

9:22
Présentateur

Et puis, il

9:22
Locuteur

y a eu

9:22
Présentateur

le grand débat. On se souvient que le président a un peu mouillé la chemise. Il allait, dans les différentes provinces, débattre directement avec les citoyens.

9:30
Invité

Oui, 92 heures de débat. J'ai repris un décompte de BFM TV cumulé pour le président face beaucoup à des maires dans une dizaine de villes. Donc, face à des maires, l'exercice était plutôt républicain, plutôt courtois, plutôt maîtrisé. Mais parfois, il a quand même fait face à de la vraie colère. Et ça a permis quand même de refroidir la machine. Même si aujourd'hui, c'est devenu pour le président un exercice de communication à l'Élysée. Dès qu'on met Emmanuel Macron au milieu d'une scène avec des gens autour et un micro, on appelle ça un format grand débat. Donc, ça a un peu fini sur un exercice de communication.

9:57
Présentateur

Merci beaucoup, Arthur Berlier. Merci à vous trois. C'était la preuve par trois.