Aides en Gironde : « On nous promettait l’artillerie lourde, c’est un pistolet à eau »
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instant, mais tout d'abord, on va avec vous évoquer le déplacement de Sébastien Lecornu, le Premier ministre qui estime alors les chiffres ont varié, hein, on a parlé de 12 millions d'euros et puis maintenant on parle de 100 millions d'euros d'aide au total consacré à la région, on ne sait plus très bien qui croire et comment sont fait les additions. Qu'est-ce que vous avez pensé de cette de cette visite vous, monsieur le maire ? Ben écoutez, sur les chiffres 12 millions, ça concerne en réalité l'aide aux collectivités locales et le chiffre de 100 millions, c'est euh la prise en compte de d'allègement de cotisation sociale ou d'impôts pour euh pour les entreprises qui ont été impactées.
Mais euh voilà, on voit bien que c'est un un pistolet à eau. On nous on nous promettait l'artillerie lourde. C'est ce qu'a dit monsieur le cornuyer. [grognement] Mais en réalité, on a des mesurettes d'urgence qui permettent certes d'accompagner les sinistrés.
Donc ça c'est plutôt positif mais qui permettent pas d'envisager l'avenir avec sérénité, de faire les investissements dont on a on aurait besoin. C'est une question de sécurité nationale aujourd'hui. Les canicules, les incendies, la pollution de l'air qui s'en est suivie, l'évacuation de ville entière, de site industriel.
Voilà, c'est ça à quoi nous sommes confrontés aujourd'hui dès cet été. Et l'avenir s'annonce quand même difficile si on écoute les scientifiques et ce qu'ils imaginent pour pour les les 30 années qui arrivent. Donc on attend autre chose de l'État quand même qu'un comportement d'assureur qui accompagne les gens pour remplir leur déclaration de sinistre.
C'est bien. Mais 12 millions pour les collectivités concernées Girondlandes, c'est l'équivalent de mon budget d'entretien des des bâtiments si vous voulez. Donc ça vous donne un ordre de grandeur.
Effectivement Stéphane Delpera Vincent, je rappelle que vous êtes maire de Saint-Médangal, vous dites "On attend autre chose qu'un comportement d'assureur." Euh quelles sont les aides précises ? On a parlé de délivrance de permis de construire de moins d'un mois.
Euh bon ça, j'imagine que c'est positif mais ça n'enlève pas toute la période durant laquelle il va falloir dépolluer, nettoyer et puis ensuite et toute cette période incompressible euh dont les assureurs sont responsables. C'est-à-dire que tant toutes les expertises ne sont pas faites, de toute façon le début des travaux ne peut pas commencer et et ça ce temps-là bah il va durer probablement au moins une année. Oui, c'est ça. parce qu'en réalité le permis sur un mois, toutes les mairies savent faire ça.
Si l'État en effet ne prend pas 6 mois pour pour nous répondre ou ou met pas des bâtons dans les roues, c'est quelque chose de très facile. Mais vous avez raison de dire qu'il y a des choses très lourdes à faire. D'abord, la forêt, il va falloir couper 42000 hectares pour que les pertes soient soient les plus limitées possibles et réutilisé en énergie bois par exemple ou pour les les papéteries, mais ça suffira pas.
On risque d'avoir des inondations. [grognement] Euh cet hiver est importante notamment du côté du bassin d'Arcachon avec le bassin Verson. Pourquoi ?
Parce qu'en pas maritime, ça consomme 125 L d'eau par jour. Vous multipliez par 42000 hectares et vous voyez [grognement] le résultat que ça peut donner. Si on a des pluies abondantes en plus cet hiver, ça va être catastrophique.
Donc c'est des investissements énormes et puis surtout pour préparer la sécurité. C'est intéressant ce que vous nous dites, Stéphane Delpera Vincent sur ce point précis parce que vous nous prévenez de possibles inondations. Ça veut dire quoi ?
Ça veut dire qu'il faudrait faire des investissements tout de suite pour éviter ces inondations. Quel type d'investissement ? Ben, il faudrait euh évidemment entretenir les fossées, mais il va falloir prévoir également des travaux plus importants pour essayer de de conduire l'eau sans qu'elle aille polluer euh par exemple les austréciculteurs du bassin d'Arcachon, voir qu'elle déboule dans certaines communes du bassin d'Arcachon.
Donc, il va falloir euh creuser, modifier les fossées, faire des tranchées, s'assurer que l'eau reste au maximum sur place. C'est ça, c'est des travaux très importants. Ce sont des travaux d'aménagement en réalité.
Est-ce que le département peut le faire ? Est-ce que la région peut le faire ? Ou bien est-ce que il aurait fallu que des investissements plus lourds proviennent de de Paris comme on dit ?
Bah c'est qu'il faut que les sylviculteurs dont c'est la responsabilité le fassent mais vous imaginez qu'ils ne peuvent pas faire ça dans la situation économique dans laquelle ils se trouvent. Donc, il faut qu'en effet l'État soit au rendez-vous et qu'il soit au rendez-vous pour préparer la suite, la reconstitution de cette forêt alors qu'il peut pas se reconstituer à l'identique même si ça restera du pain maritime. Il faut aussi des zones agricoles, des zones tampon pour protéger les villes.
Il faut faire en sorte que l'eau soit gardée dans les sols. Voilà, c'est des investissements très importants. De manière générale, la nous ne sommes pas prêts euh aux événements climatiques auxquels nous allons faire face dans les prochaines années.
Vous savez quand on quelque chose que je comprends pas Stéphane Delpera. Vincent, vous en avez parlé avec le premier ministre ou avec les services de l'État de cela hier ? Oui, mais on parlait écrit euh depuis depuis euh déjà des années puisque en 2020, bon si vous voulez, en 2022, on nous avait annoncé des Canadaires dans le Sud-Ouest, on les attend toujours.
Donc si vous voulez, moi je crois plutôt euh plus trop à ce genre de de discours, de promesse, de communication gouvernementale. Hier, [grognement] on avait cinq ministres avec le premier ministre. Tout ça pour annoncer 12 millions d'euros pour les collectivités si vous voulez.
Non, il faut vraiment prendre le taureau par les cornes parce que encore une fois c'est une question de sécurité pour les Françaises et les Françaises qui vont pouvoir vivre dans un pays en sécurité qui préserve leur santé avec une autre qualité avec un air respirable des températures supportables, des bâtiments publics adaptés. C'est ça l'enjeu tout simplement des années qui viennent. C'est pas avec 12 millions d'euros si vous voulez qu'on va arriver à faire ça quoi.
Ouais. Stéphane Delpera, Vincent, maire de Saint-Medangal. Il y a aussi un autre enjeu, c'est les aménagements autour de la forêt parce que il y a un certain nombre d'interlocuteurs, rédacteurs locaux qui nous disent il faut créer des parfeux beaucoup plus larges.
Ça nécessite peut-être des destructions et des réaménagements. Est-ce qu'on est prêt à ça dans les environs ? Oui, bien sûr.
Moi, j'en parle avec les civiculteurs si vous voulez. On a eu un mégafeu qui avançait à 1 km par qui s'est arrêté à 7 km de ma ville, ville dans laquelle j'ai des sites industriel extrêmement sensible, y compris un site nucléaire puisque on on fait partir les missiles pour pour Bress depuis depuis Saint-Mainal. Donc vous imaginez la situation.
Donc évidemment qu'il faut des bandes notamment d'exploitation agricole autour des villes. Il faut restaurer des zones humides parce que la lutte contre les incendies dépend beaucoup de l'igrométrie. Dans les périodes de sécheresse, si on a des sols comme ils sont aujourd'hui, les pompiers peuvent pas travailler.
Ils sont ils sont face à des feux absolument monstrueux, des pyrocumulonbus par exemple. Et donc c'est des travaux d'aménagement importants mais c'est vrai aussi pour isoler nos écoles, nos épades, changer les systèmes de chauffage climatiser bien sûr pour pour les plus fragiles. Enfin voilà, sont des travaux absolument énormes.
Il faudrait un Moi, je parlais d'effort de guerre, c'est-à-dire qu'il faut qu'on mobilise nos ingénieurs, nos agriculteurs, nos entreprises, bref que tout le monde s'y mette pour préparer le pays comme les les Hollandais l'ont fait après avoir été noyé sous le sous la mer après-guerre. Il y a eu des milliers de morts, ils ont fait l'épaule d'or, ils ont travaillé sur sur leur paysage, sur l'eau pour éviter de nouvelles catastrophes. Bon bah, c'est c'est à ça que nous sommes aujourd'hui confrontés.
Rendez-vous compte, il y a même des feux en Belgique. Donc, il faut vraiment que l'Europe se réveille et se mette en tête de protéger ses citoyens parce que l'enjeu, il est là. Vous citez l'Europe justement, Stéphane Delpera, Vincent et d'ailleurs vos propos nous font vraiment mesurer l'ampleur des investissements qu'il faudrait consacrer à la à la région.
Est-ce qu'avec la région aquitaine vous pourriez porter le fer justement auprès de l'Union européenne ? Parce que j'ai envie de dire c'est un peu peine perdu Paris en ce moment. Donc est-ce qu'il y a pas peut-être un coup à jouer avec l'Europe ?
Parce que là les investissements sont plus lourds, sont plus importants et puis on peut planifier sur un certain nombre d'années. Ah oui, je partage complètement votre avis. C'est vrai que la France aujourd'hui a des difficultés budgétaires, même si elle se les fabrique parfois elle-même, mais en tout cas l'Union européenne a des capacité d'intervention.
D'abord, ça sera nécessaire pour la protection civile. Il va falloir doubler les moyens parce que vous l'avez vu cet été, la Grèce, l'Espagne, la France, l'Allemagne, la Belgique, les feux sont partout. Donc à un moment nos nos moyens seront limités et puis le l'Europe, elle doit choisir son avenir. parce qu'elle veut devenir un continent qui décline, un continent dont le climat change, dont qui qui en manque d'eau, qui est qui est face à des canicules, à des mégafeux où est-ce qu'elle se réveille et elle fait les investissements qui vont bien pour assurer la sécurité de sa population et sa compétitivité parce que l'économie, l'agriculture, moi j'ai une pensée pour nos agriculteurs qui vivent des moments absolument terribles avec les la sécheresse que nous connaissons de depuis maintenant quelques semaines et qui se demandent quel sera leur avenir.
Est-ce qu'on veut rester un [grognement] continent où c'est possible de travailler, c'est possible d'investir, d'avoir une économie qui fonctionne, une agriculture qui fonctionne ? C'est ça les vraies questions à se poser pour l'Union européenne aujourd'hui. Plutôt que de multiplier les règlements qui fatiguent tout le monde et qui compliquent la vie de tout le monde, il faut que l'Europe devienne le faire de lance de l'investissement pour garder un continent habitable, compétitif et qui reste un continent où on peut vivre et travailler.
Monsieur le maire de de Saint-Médangal, pour finir, vous diriez que la visite de Sébastien Lecnu hier, c'était une opération de communication parce que à vous entendre là, on a l'impression qu'on est quand même très loin du compte. Ah oui, moi je suis dégoûté et et je suis vraiment en colère quand j'ai vu ce matin qu'il en faisait un argument de chantage pour le vote du budget à l'Assemblée nationale. Quand j'ai ouvert mon quotidien régional ce matin, j'ai vu une déclaration de monsieur le cornu.
Ces aides sont valables à condition que le budget soit voté. Non mais franchement refuser d'aller voir les habitants du Porsche hier comme il l'a fait, je les ai eu, je peux vous dire qu'ils sont très remontés et nous dire le lendemain après avoir annoncé quelques mesurettes, "Ah non, mais c'est pas sûr pour ça, il faut que le budget soit voté. Je sais pas si c'est de l'incompétence ou si c'est du cynisme mais franchement ça m'a fait mal au cœur ce matin." Et en plus, ça c'est quelque chose qu'il ne vous a pas dit sur place.
Vous l'avez découvert vous dans les journaux ce matin ? Oui, on l'a découvert ce matin dans la presse que c'était en réalité une opération politique avec quelques mesurettes pour nous dire après mais attention il faut bien voter à l'Assemblée nationale sinon vous ne le l'aurez pas. Franchement on est tombé bien dans ce pays.
On vous sent écuré Stéphane Delper à Vincent. Oui franchement je suis écœuré parce que moi ce qui me préoccupe dans la vie vous savez c'est pas les petites polémiques, c'est la sécurité de mes concitoyens. Moi, j'ai vu les évacuations dans des épades.
J'ai vu le retour des personnes âgées dans des états de souffrance importants. Je vois la détresse psychologique, les problèmes de santé, les difficultés auxquelles nous devons faire face nos agriculteurs aujourd'hui qui sont en train de mourir. Et tout ça pour avoir des petites opérations de com et des menaces sur sur les votes à venir à l'Assemblée nationale.
Franchement, c'est pas la hauteur. Merci infiniment Stéphane Delpera, Vincent, maire de Saint-Méang de nous avoir consacré du temps sur Sudr.