Échange entre le Ministre Jean-Noël BARROT et les étudiants
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:21Chiffre
« Ce sont près de 30 millions de personnes au Soudan qui sont en situation de malnutrition, d'insuffisance alimentaire. »
- 5:05Chiffre
« 15 millions de personnes qui ont déjà dû fuir leur foyer pour échapper aux violences et aux exactions. »
Temps de parole
- ?100 %
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Il y a des États qui ne sont pas membres ou pardon qui sont membres des Nations- Unies qui ne sont pas des démocraties comme la France ou d'autres pays européens. Mais ça ne les exonère pas ça ne les exonère pas de respecter un certain nombre de principes auxquels ils se sont engagés au moment où ils ont fait leur entrée dans l'Organisation des Nations- Unies. D'accord. Et donc sur euh tout ce sujet des droits de l'homme puisque vous savez la mission, les trois missions des Nations- Unies, c'est les droits de l'homme, le développement, développement durable et la paix et la sécurité. Donc surtout le volet d' droit de l'homme, on va pas renoncer. Nous qui sommes nation fondatrice, pays des droits de l'homme, on va pas renoncer à ça. Et d'ailleurs, on on je veux dire on
ça n'est pas un hasard si nous avons ce qu'on appelle une diplomatie féministe, c'est-à-dire une diplomatie qui à la fois plaide la cause des femmes à l'étranger, qui s'assure, vous saz, je vous ai parlé du service public des Français de l'étranger, que une protection particulière soit apportée à nos concitoyennes établies à l'étranger parce que quand on est victime de violence par exemple, bah C'est encore plus difficile quand on est loin de chez soi et qu'on vit à l'étranger. Donc ça, on a un dispositif particulier. Et enfin diplomatique féministe pas seulement parce qu'on plaide la cause des femmes, parce qu'on est attentif au sort de nos concitoyennes à l'étranger, mais aussi au sein du ministère où on veut atteindre la parité et on lutte contre
toutes les formes de discrimination, de violentes fêes aux femmes. Ça c'est ce qu'on appelle une diplomatie féministe. Bien, la France porte ce concept de diplomatie féministe et accueillera à Paris à la fin du mois d'octobre la conférence internationale sur les diplomaties féministes. C'està-dire qu'on on emmène un certain nombre de pays à faire la même chose que nous. Qu'est-ce que tu fais pour plaider la cause des femmes ? Qu'est-ce que tu fais pour venir en soutien, en assistance à à tes concitoyennes en danger à l'étranger ? Qu'est-ce que tu fais pour promouvoir les femmes dans ton propre ministère ? Vous voyez, on a une logique proactive de défense des valeurs. Ensuite, et c'est le deuxième point, j'apporte en réponse à votre question.
Dans le monde qui se brutalise aujourd'hui, il est illusoire de penser que nous serons entendus lorsque nous portons ces messages si nous ne sommes pas forts et donc en en défendant nos intérêts quelque part, on se renforce. Alors, c'est pas la seule manière de se renforcer, mais ça en fait partie. Et c'est en étant fort, en étant indépendant que vous serez entendu sur les droits des filles et des femmes si on parle de ce chapitre là. C'est pourquoi je suis toujours un petit peu mal à l'aise quand on me dit "Alors, vous défendez les valeurs et les intérêts ou juste les valeurs ou juste les intérêts." En fait, c'est un tout petit peu moins schématique que ça. Il faut défendre les
intérêts pour que la France soit forte. Et il faut que la France soit forte parce qu'elle a une vocation particulière qui est celle qu'exprimait le général de Gaulle quand il disait "La grandeur de la France a un pacte 20 fois séculaire, un pacte de 2000 ans avec la liberté du monde." Et c'est très intéressant de voir comment dans cette phrase vous retrouvez les deux notions, la grandeur. Et c'est en étant grande euh que la France peut œuvrer à la liberté du monde, à la défense des droits partout dans le monde. Mais je crois pas qu'il faille opposer les deux.
Et la parité dans les prises de parole, c'est pas mal aussi. Bonjour. Euh, j'aimerais savoir au sein du ministère des affaires étrangères, dans les années à venir, il y aurait une place pour les pour la médiation dans les conflits qui sont un petit peu moins médiatisés. Par exemple, au Soudan, est-ce que la France envisage un jour de de jouer un rôle de médiateur ? Parce qu'on sait que au Soudan notamment, il y a enfin la les principaux médiateurs sont les puissances du Moyen-Orient, Qatar, Arabie Saoudite et cetera. Et j'aimerais juste savoir voilà si la France envisage de jouer un rôle de médiateur dans des conflits dont on parle un peu moins. Merci d'évoquer le Soudan dans une des
toutes premières questions. Ça me fait ça me rassure de savoir que qu'on se préoccupe de cette crise qui est la plus grave crise humanitaire dans le monde. La plus grave crise humanitaire dans le monde. Ce sont près de 30 millions de personnes au Soudan qui sont en situation de malnutrition, d'insuffisance alimentaire. 30 millions 30 millions proche de 15 millions de personnes qui ont déjà dû fuir leur foyer pour échapper aux violences et aux exactions 15 millions. Et ce sont des violences dont on mesure à peine l'intensité parce que pour des journalistes,
une équipe du monde y était il y a quelques mois, c'est presque dangereux. C'est presque c'est presque risquer sa vie. que d'aller euh d'aller rapporter, si je puis dire, ce qui s'y passe. Moi, j'y suis allé allé à la frontière du Soudan avec le Tchad où se trouve installer les travailleurs humanitaires, les organisations des Nations- Unies. Je suis allé à Adré. Adré, c'est à l'ouest du Soudan, c'est une des voies de sortie du pays et c'est un camp humanitaire de 200000 personnes. 200000 personnes. Et dans la tente d'accueil des personnes
qui littéralement franchissent la frontière, j'ai échangé avec des femmes, des hommes et des enfants qui arrivaient tout droit du Soudan. échanger est une exagération. tant leur visage, leur esprit et leur âme étaient noirci et marqué par la violence des combats auxquels ils ils essayaient d'échapper. Jamais de ma vie, je n'ai vu des yeux aussi désespérés, aussi noirs que ceux qui étaient en face de moi ce jour-là au soudain. sur cette frontière avec entre le Soudan et le Tchad, j'ai tenu des propos pour appeler les puissances les puissances extérieures au conflit à cesser de l'alimenter en fournissant des armes au belligérant puisqu'on est dans le contexte d'une guerre civile qui oppose deux factions qui auparavant étaient ensemble et formaient l'armée du Soudan si l'on on résume et et tenter ainsi de placer les puissances extérieures face à leur responsabilité euh face à cette situation absolument dramatique. Votre question est portée sur la médiation. La médiation, il y a en principe un lieu
tout à fait adéquat pour qu'elle puisse s'organiser. Ça s'appelle le Conseil de sécurité des Nations- Unies. Le Conseil de sécurité des Nations-Unies, c'est l'instance, disons suprême des Nations- Unies qui est chargée des questions de paix et de sécurité. Il est formé de 15 membres dont cinq membres permanents, la France, le Royaume-Uni, la Russie, la Chine et les États-Unis qui étaient là à la fondation des Nations Unies et eux ont le siège en permanence et ont un droit de véto comme vous le savez. Les 10 autres membres sont élus par rotation tous les 2 ans. C'est dans ce conseil que la communauté internation ou c'est à ce conseil que la communauté internationale en sortant de la deuxème guerre mondiale a confié la résolution
des conflits. Mais de toute évidence, ce conseil est bloqué et de toute évidence ce conseil est insuffisamment représentatif des puissances qui depuis 1945, depuis la signature de la charte des Nations Unies il y a 80 ans ont émergé. Et il y a en particulier un absent notable parmi les membres permanents du conseil de sécurité, c'est le continent africain. Et nous plaid donc pour que deux pays africains puissent entrer au côté des cinq membres permanents avec toutes les prérogatives associées à ce siège pour que la voix de l'Afrique puisse être entendue. Et puis en parallèle et en attendant nous soutenons les médiations qui sont conduites par l'Union africaine, l'Union des pays africains pour tenter au Soudan, comme dans les Grcs à l'est de
la République démocratique du Congo, de trouver les voix de la concorde, du Cesser le feu et de la paix juste et durable. Oui, bonjour monsieur le ministre, merci de votre intervention. Euh il me semble que dans votre propos, vous n'avez pas abordé le secteur de la coopération culturelle et de la coopération technique et scientifique que nous exerçons avec euh un certain nombre de pays. Euh je pense que c'est important en particulier pour les étudiants qui sont parmi nous. Euh je voulais savoir quelle place vous réservez à ce à ce volet. Merci. Merci de le rappeler. Je crois que Didier l'a fait tout à l'heure dans son introduction.
Il y a le porte-avion, le qu d'ors les postes et les ambassades. Et puis vous avez entendu Didier Lebré parler des opérateurs. Et dans les opérateurs, il y a dans le domaine culturel, scientifique, économique et cetera des leviers d'action très puissants et très importants dans notre relation bilatérale avec les pays concernés et on y est extrêmement attaché. Prenez le réseau culturel en particulier. Vous avez sans doute franchi le seuil d'un institut français ou d'une alli l'alliance française lorsque vous vous trouviez à l'étranger.
Et bien ce réseau extraordinaire que peu de pays peuvent mobiliser nous permet de faire rayonner la culture française, nos valeurs et cetera nous permet aussi de faire passer un certain nombre de messages. Et dans un moment, on parlait de l'Afrique à l'instant où en Afrique ailleurs, on accuse la France en permanence d'avoir une une une posture datée en Afrique par exemple, d'avoir un double standard ou un depoid de mesure. Et bien notre présence au travers de ce réseau culturel qui est une autre manière de porter la voie de la France par le par l'intermédiaire des symboles de l'art de
la culture joue aussi un rôle important pour équilibrer les perceptions que nos interlocuteurs peuvent avoir de ce que c'est que la France et de ce que fait la France à l'étranger. Bien sûr, il y a l'expertise technique, l'expertise scientifique qui vient lorsque nous discutons avec les pays, notamment les pays qui sont en voie de développement u utilement compléter la palette de nos outils de négociation puisque dans la relation bilatérale, évidemment chacun réfléchit à son intérêt et la manière de le maximiser. Nous venons avec l'intention de par exemple trouver avec le pays en question des projets qui correspondent à nos intérêts mutuels. Nous avons une expertise
française dans tel domaine qu'elle soit scientifique ou économique. Nous la mettons à disposition d'un pays qui a besoin pour ses réseaux d'eau ou d'énergie de faire appel à des partenaires sérieux et crédibles. Et évidemment pour nos entreprises françaises, c'est l'occasion de se développer à l'international. Donc tout ça est évidemment très utile pour que la relation que nous avons avec les pays ne se cantonne pas à la relation entre les deux chefs d'étail de gouvernement ou la relation entre les deux ministres des affaires étrangères mais qu'elle se noue en permanence par des coopérations très concrètes. Allez-y, on va changer, on va faire la parité. Voilà. OK. Bah merci pour la parité. Je vous remercie d'avoir présenté
l'émission du qu d'Oré, notamment de défendre les intérêts de la France. Donc moi, ma question c'était de savoir comment la France s'y prend-elle pour défendre ses intérêts notamment à l'étranger par rapport à ce que vous avez dit, la présence de la France en Afrique. Alors, je vais pas répondre à votre question parce que ça c'est une question qu'il faut poser à nos ambassadrices et nos ambassadeurs qui vont s'exprimer devant vous tout au long de ces de jours pendant la fabrique de la diplomatie. Si je puis dire, je ne suis pas diplomate, je suis le ministre des affaires étrangères. Donc, j'essaie de donner quelques orientations et j'espère qu'elles sont suivies. Mais c'est c'est un art et c'est une science aussi que de que de
savoir défendre les intérêts de la France et des Français quand on est diplomate. C'est une J'ai pas tout à fait terminé. C'est d'abord il y a quelque chose, je vous invite à à les interroger là-dessus. Il y a quelque chose de tout à fait particulier qui est la la l'appréhension et la définition de l'intérêt national parce que bien sûr un ambassadeur, il va avoir des consignes qui lui viennent de ses directeurs au qu d'ors du ministre président de la République. Mais il y a plein de choses ou il y a plein de situations dans lesquelles il va devoir se positionner. Comment il se positionne ? Et ben, il se demande quel est l'intérêt national tout
compris, pas l'intérêt du quedé, l'intérêt de mon pays parce que je suis le visage, la voix, la main de mon pays dans le pays où j'ai été envoyé. Définir d'abord l'intérêt national pour pouvoir le défendre. Parfois, les instructions sont données, je l'ai dit, parfois il y a une latitude qui est donnée. Appréhendez définir l'intérêt national. Premier élément. Deuxème élément, comprendre la manière dont je peux obtenir des choses de la part de mes interlocuteurs. Bon, il y a la relation bien connue du cadre bilatéral. C'est une comme le nom l'indique une relation bilatérale où il faut bien sûr
cheminer sur une ligne de crête entre la prise en compte des réalités du point de départ de son interlocuteur sans dévier par rapport à la nécessité de défendre nos intérêts. Et puis je le disais tout à l'heure sur le podium, il y a la nécessité de comment dire d'utiliser sa propre humanité pour éveiller en l'autre une part de la sienne. Et tout ça évidemment ça se travaille, ça s'apprend et c'est pour ça qu'on a une académie diplomatique et consulaire en particulier. Mais il y a d'autres enceintes, l'Europe par exemple, savez-vous savez-vous comment la France défend ses positions en Europe ? C'est très différent. de la manière
dont la France défend de manière bilatérale au travers de ses ambassades, ses intérêts. Quand une question est posée à la France, êtes-vous pour ou contre le Mercosour par exemple ? Êtes-vous pour ou contre les droits de douanes américains ? Qu'est-ce qui se passe très concrètement ? Bien, la question va faire l'objet d'un débat entre tous les ministères qui est préparé, articulé par un service qu'on appelle le secrétariat général aux affaires européennes placé auprès du Premier ministre et doté de 250 personnes. Il y a 250 personnes qui matin, midi, soir, nuit, weekend compris, c'est d'ailleurs l'une des équipes qui a le plus de mal à
recruter tant le rythme est soutenu, traite des très nombreuses questions qui sont posées à la France par l'Europe pour définir la position. Il y a déjà un travail de pour définir la position. Très beau métier parce qu'il faut là aussi essayer de définir ce que c'est que l'intérêt national. Comment je soupèse les intérêts de tel ministère par rapport à tel autre, de tel secteur par rapport à tel autre ? Et on arrive à la décision qui est arbitrée par l'exécutif. Une fois qu'elle est arbitrée, il faut la faire, faut la défendre, faut gagner parce que tous les pays d'Europe ne sont pas systématiquement d'accord avec nous. Comment ça marche ? Bah là aussi, on a un ambassadeur, on l'appelle le représentant permanent qui est placé à
Bruxelles et qui a une fois récupéré l'arbitrage, la décision à Paris qui a la mission de faire aboutir la décision, d'entraîner l'adhésion des autres européens. Cet ambassadeur, il y a 200 personnes qui travaillent avec lui jour, nuit, matin, midi et soir dans des réunions techniques, dans des réunions politiques constamment pour que nos intérêts soient défendus. Et là, c'est évidemment une une science tout à fait différente. Il faut connaître toutes les astuces, toutes les procédures pour réussir à à entraîner la Commission européenne à prendre les bonnes décisions et puis ensuite les autres pays à nous accompagner. Donc il y a plein de d'enceintes dans lesquelles on négocie et chacune en quelque sorte a
ses règles et vous avez OK. Dorsé bien sûr meilleur diplomate du monde. Donc des gens qui excellent dans cet art et dans cette science et qui parviennent à pas toujours. On n pas toujours des succès mais on essaie quand même de se défendre et je trouve qu'on n'y arrive pas si mal.
Bonjour monsieur le ministre. Je souhaitais vous parler de cette politique de nonalignement, cette politique qui fut la caractéristique, la force même de la France pendant la guerre froide et qui fut la stratégie du général de Gaul. Est-ce que vous pensez que cette cette politique, cette posture de la France Donalement a encore sa place, peut encore trouver sa place dans le contexte géopolitique actuel ? Oui, c'est ce que j'appelle la voix singulière de la France euh qui a, je dirais, euh une longue histoire derrière elle qui est ancrée dans des grands principes, les principes des
Lumières qui ont été euh traduits euh dans la déclaration des droits de l'homme, dans la charte des Nations- Unies auquell nous sommes profondément attachés, pas seulement parce que nous sommes des romantiques ou des idéalistes, mais parce que nous considérons qu'il n'y a pas de paix sans la justice, pas de justice sans la vérité et qui est illusoire d'imaginer pouvoir résoudre les grands poèmes du monde si l'on ne respecte pas ces grands principes. Cette voie, elle peut elle doit elle peut continuer à être entendue dans le concert des nation à condition bien sûr de n'accepter jamais les doubles standards et à condition
ensuite d'être beaucoup plus fort. Je le disais en creux dans la en réponse à la première question. C'est bien beau d'être non aligné, si je puis dire, d'avoir une voix singulière, mais si vous êtes faible, si vous êtes perçu comme quantité négligeable, alors ça ne sert à rien. Et notre force, notre poids à l'extérieur, c'est pas compliqué. Ça dépend de notre force à l'intérieur, notre force militaire. C'est pourquoi président de la République a voulu relever le niveau de nos de nos investissements dans ce domaine, de notre force économique.
C'est pourquoi de plus en plus nombreux les gouvernements européens appellent à un allègement des normes pour que se libère l'énergie créatrice en Europe. Et puis la force morale, celle qui consiste à dire "Je ne me laisse pas intimider par qui que ce soit. des nouveaux empires qui voudraient imposer leur vision par la force. Donc la France conservera, en tout cas, je l'espère de tout mon cœur au-delà de de de ces mois et de ces années qui viennent, cette voix singulière qui lui permet encore aujourd'hui le tour de force sur l'océan à Nice, le tour de force cet été sur la reconnaissance de
la Palestine. Et parce que les pays du monde savent que nous avons cette cet attachement à nos principes, cette indépendance que nous sommes entendus et que nous parvenons à entraîner d'autres avec nous. Mais si nous voulons la préserver cette voix singulière, il faut nous renforcer. Pour ça, tout à l'heure, je parlais aussi de notre capacité à parler dans le champ des perceptions, dans le champ informationnel aujourd'hui fragmenté. Et moi, je veux que ceux qui aujourd'hui s'amusent s'amusent à dénigrer la France sur les réseaux sociaux comprennent rapidement que ça va leur causer de gros problèmes. Nous allons relever notre niveau de jeu
et nous allons devenir dissuasifs parce que beaucoup de pays pour fragiliser la France justement veulent voudrait faire croire que la France n'est plus non alignée, que la France a des doubles standards, que la France n'a pas changé de rapport avec l'Afrique et c'est inacceptable pour moi alors même que tout ce que nous faisons contredit ces affirmations. Donc les équipes le savent pas uniquement à la direction de la communication et de la presse du Kedorsé mais dans l'ensemble du ministère. Et je salue la présence de la secrétaire générale qui est là à mes côtés ce ce matin, qui est en quelque sorte garante de ce projet de transformation avec nous. Relever le niveau de jeu pour être dissuasif, pour qu'on cesse de dénigrer en permanence ce que ce qu'est la
France, ce que fait la France dans le reste du monde. Mesdemoiselles, mesdames, allez-y. Monsieur le ministre, bonjour. Je suis Anna Furtuna, jeune journaliste de 16 ans et je tiens à un podcast culturel. Alors, j'aimerais vous poser deux trois questions très courtes si vous le voulez bien. Donc, la première serait la suivante : pensez-vous que la culture peut-être un facteur de rapprochement entre les jeunes européens ? Et si oui, comment pouvons-nous l'encourager ? Bien sûr que la culture est un point de rapprochement de de recollement entre les Européens. Pourquoi ?
Et bien parce que j'en parlais tout à l'heure, euh l'Europe n'est pas tombé du ciel. Euh elle a elle a elle est née au qu d'ors quand je dis l'Europe, c'est pas l'Europe au sens continental du terme parce que le continent européen, ça fait bientôt ça fait ça fait longtemps qu'il existe en tant que tel. C'était l'organisation politique. Comme vous le savez, un certain nombre d'observateurs à raison nous expliquent que ce qui a manqué à à cette construction européenne, comme le disait Jacques Delor lui-même, ce sont les émotions partagées, le fait qu'on qu'on ait le sentiment réel et profond d'appartenir
à à un même ensemble, à une même communauté. Je pense que ce sentiment est appelé à grandir puisque dans ce monde qui se brutalise ou naissent des empires qui nous ont pris pour cible parce que nous sommes des défenseurs inlaassables de la démocratie de la liberté, tout ça va nous rapprocher. Mais vous avez raison de citer la culture parce que quand on s'interroge vraiment au-delà des questions d'organisation politique comme l'Union européenne ou quoi que ce soit à ce qui fait qu'on est européen plutôt qu'Américain plutôt que asiatique ou africain, mais on s'aperçoit que tout autour de nous, il y a un certain nombre de choses que nous avons en commun qui font que si vous voyagez un peu et bien on se sent on se
sent un peu plus à la maison lorsqu'on est à Madrid. à Rome, même à Berlin, que lorsqu'on est aux États-Unis, en Amérique du Sud, en Afrique ou en Asie. Pourquoi ? Bah, ça n'a rien de vraiment étonnant. Nous avons en partage une histoire commune avec les autres peuples européens. On a connu toutes les grandes convulsions de de l'histoire au même moment, Moyen-Âge, Renaissance et cetera. et nous avons une géographie commune. Nous sommes un finistère au bout du continent eurasien qui subit ou qui vit avec le même climat. Il y a beaucoup de choses qui en fait structurellement nous rapprochent et qui ont fini par se traduire dans nos modes de vie.
Et si on prend l'apéritif en Europe et sur la partie méditerranéenne de l'Europe si possible avec un peu de boisson à base d'anice, quel que soit le pays et quel que soit le nom qu'on lui donne, ça n'est pas tout à fait un hasard. Si autour de Noël, quel que soit le nom qu'on donne à ce moment du solstice, on voit apparaître des personnages comme le Saint-Nicolas, comme le Père Noël et cetera, ça n'est pas tout à fait un hasard. Ce sont des réponses qui ethnologiquement ont été apportées par des peuples qui vivaient au même endroit au même moment et qui se cherchaient une forme de de panthéon ou d'architecture culturelle. Donc oui, la réponse est oui.
Nous nous avons une géographie, une histoire commune, nous avons un destin en partage et tout cela se traduit en partie dans nos modes de vie et ça sera le cas de plus en plus à mon sens. Parce que cette culture qui est la nôtre, elle est imprégnée des grandes valeurs, notamment celle des lumières que nous allons avoir à défendre ensemble contre tous ceux qui ont décidé de les éteindre. Merci. Et enfin, quel message pourriez-vous partager avec les jeunes qui souhaitent promouvoir la culture française à l'étranger ? Culture sous toutes ses formes, qu'elle soit sous son aspect artistique ou traditionnel. Rapprochez-vous euh des représentants pendant ces deux journées de la fabrique de la diplomatie.
Euh où est Didier Lebray ? Je fais la promo, je je prendrai une commission euh de tous les représentants de notre diplomatie culturelle présents ici qui sauront à mon avis vous donner des pistes pour que puisque c'est leur mission, leur vocation pour pour que vous puissiez mettre à profit ou en tout cas concrétiser vos vos projets et vos rêves. Mais c'est très important pour nous que je le disais tout à l'heure, plus dense et la relation que nous avons avec un pays sur le plan culturel, sur
le plan économique, sur le plan humain et meilleur sont les relations diplomatiques. Et vous savez, il y a des moments avec avec certains pays, on est obligé de refermer un peu la porte parce que les tensions sont trop vives ou trop importantes. On ne le fait pas pour toujours. On espère qu'un jour la porte pourra se réouvrir. Et bien la porte se réouvrira beaucoup plus facilement si entre les deux peuples ont continuer de se tisser à l'écart à distance des tensions qui peuvent s'installer entre les gouvernements des relations humaines fondées sur des coopérations et des solidarités concrètes et la culture en fait partie évidemment. Merci monsieur le ministre.
derrière. Merci. Bonjour, monsieur le ministre. Euh, vous avez évoqué tantôt les catastrophes naturelles qui sont directement liées au dérèglement climatique. Euh, j'aimerais savoir, étant donné la situation de plus en plus préoccupante, euh comment est-ce que la place qui est accordée à ces questions va évoluer concrètement dans ces prochaines années ? Vaste question. Sortez-moi ma boule de cristal, s'il vous plaît. J'aurais du mal évidemment à vous répondre. Ce que je peux relever néanmoins, comme je l'ai dit tout à l'heure, c'est que si
la France est en première ligne de la mobilisation de la communauté internationale sur ces sujets, c'est c'est parce que c'est sa voix singulière, c'est parce que ça sa responsabilité vis-à-vis de l'avenir du monde, mais c'est aussi parce que c'est notre intérêt bien compris. Vous avez vu les incendies cet été ? Peut-être pas. Pour ma part, pendant mes vacances, je suis passé sur le bassin d'Arcachon. Vous vous souvenez des incendies qui ont ravagé, dévasté tout l'arrière de la de la dune du Pilat. J'ai été frappé à titre personnel par
les inondations d'il y a 1 an et demi qui qui ont eu lieu en en région parisienne. Je suis élu à Versailles. Nous avions l'habitude des inondations puisque l'ivette qui est un influent de la scène serpente dans la vallée de Chevreuse et régulièrement on assiste à des crues. Et cette fois-ci, les inondations ont commencé presque sur les plateaux en haut pour ensuite se déverser dans la vallée avec une puissance, une vitesse, une rapidité qui qui a affolé les élus et qui et qui nous a tous fait réaliser que les solutions auxquelles on avait pu imaginer, même les plus ambitieuses, ne suffiraient pas. J'ai été frappé par les inondations dans les Haut de France, chacun s'en souvient, qui pendant des
mois ont empoisonné la vie de nos compatriotes là-bas. Je suis sûr qu'il y a dans cette salle ou dans la salle d'à côté euh un certain nombre d'entre nous qui ont de la famille, des connaissances, qui ont été directement affecté, qui ont dû évacuer leur maison, qui ont dû quitter le lieu où ils vivent. Je pense à Dckerc où je me suis rendu récemment menacé doublement d'une part par l'élévation du niveau des eaux. Il y a autour de Dquer 400000 personnes qui vivent en dessous du niveau de la mer et menacé doublement parce que de la même manière les inondations le ruissellement venant des plateaux euh du plateau territorial ben peuvent eux aussi peuvent eux aussi les les placer dans des situations impossibles.
On pourrait multiplier les exemples, mais si rien n'est fait, que va-t-il se passer ? et bien de plus en plus de françaises et de Français seront contraints de quitter leur lieu de vie, d'abandonner leur maison, leur foyer sans autre solution du fait des conséquences du dérèglement climatique. Don nous le faisons aussi parce c'est notre intérêt bien compris. Votre question c'était plutôt est-ce que vous pensez que la mobilisation va se poursuivre ? Écoutez, l'espérance est un risque à courir comme le disait Bernanos parce que parce que nous aurions pu nous aussi baisser les bras quand la nouvelle
administration aux États-Unis a dit "Je ne veux plus entendre parler de climat" alors que nous nous étions en train de travailler avec beaucoup de d'ardeur à la préparation du sommet de Nice sur la préservation des océans. On s'est demandé tiens, est-ce que est-ce qu'avec la nouvelle administration, avec la nouvelle ambiance générale sur le climat, est-ce que cette conférence sur l'océan a été un échec sera un échec ? Est-ce qu'il faut vraiment qu'on investisse autant de notre temps et de nos ressources ? On s'est dit qu'on allait le faire, on n pas eu tort. On n'a pas été déçu parce que la mobilisation populaire, diplomatique, politique autour de cet événement est gigantesque. Donc j'ai envie de dire que en réponse à votre question, c'est que les Françaises, les Français, les
Européennes, les Européens, les citoyens du monde sont lucides sur la nécessité d'agir et ce sont eux qui détermineront si oui ou non les dirigeants au 21e siècle prendront les décisions qui s'imposent. Et c'est pourquoi vous jeunes femmes, jeunes hommes qui vous apprêtez à prendre à votre tour des responsabilité dans le monde, vous avez une responsabilité si particulière parce que c'est l'élan que vous donnerez, ce sont les impulsions voir les injonctions que vous donnerez aux dirigeants du monde dans lequel nous vivons qui détermineront si oui ou non la mobilisation sera à la hauteur de l'enjeu. Ce sera le mot de la fin. Monsieur le
ministre, j'ai pas doute que vous auriez adoré passer toute la matinée avec nos nos jeunes étudiants et étudiantes. Euh en votre nom à tous, je me permets de remercier le ministre qui va maintenant déambuler dans le l'université pour rencontrer les différents partenaires que nous évoquions ce matin pour leur rendre hommage et échanger avec eux. Merci infiniment de votre Merci à vous toutes et tous.
Jean-Noël Barrot