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InterviewLCI (sur YouTube)· 5 octobre 2025 45 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesEurope & internationalSolidarités & famille

Gouvernement, Gaza, Thomas Portes, RN ...Manuel Bompard invité de LCI |LCI

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 23 %Attaque 57 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:16OuverteRéponse directe

    Quelles conséquences politiques tirez-vous du coup de poker de Sébastien Lecornu qui a renoncé vendredi matin au 49.3 ?

  • 0:48FerméeRéponse directe

    Est-ce que vous déposez toujours une motion de censure dans la foulée du discours de la politique générale ?

  • 1:00FerméeRéponse partielle

    Des militants qui insultent Olivier Faure pendant la manifestation syndicale de jeudi en le traitant de collabo. Ça vous choque ? Est-ce que le PS est pétainiste ?

  • 1:10FerméeÉludée

    Le Hamas doit-il au plus vite libérer les otages, rendre les armes et renoncer à un rôle politique pour contribuer à la fin de la guerre à Gaza ?

  • 2:06OuverteRéponse directe

    Manuel Bompard, on va entrer dans le vif du sujet de la politique française. Un gouvernement est annoncé ce soir ou ce sera peut-être demain, la veille du discours de politique générale. Bon, vous l'attendez ?

  • 3:36RelanceRéponse directe

    Est-ce qu'il n'y a pas quand même une rupture ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:25Invité politiqueFait
    « M. Lecornu a déjà battu le record du nombre de jours le plus important entre le moment où il est nommé Premier ministre et le moment où il constitue son gouvernement. »
  • 2:55Invité politiqueFait
    « Je pense qu'il y a une forme d'ambiance de fin de règne. »
  • 3:06Invité politiqueFait
    « Les images que vous montriez tout à l'heure, y compris du socle commun, qui est censé quand même être à la base politique de ce gouvernement qui est en train de se déchirer, je pense que c'est la conséquence d'une forme d'entêtement aujourd'hui du président de la République, Emmanuel Macron. »
  • 3:28Invité politiqueFait
    « J'ai entendu ce message et je vais mettre en place des ruptures. »
  • 6:47Invité politiqueFait
    « Chaque année, depuis, moi, personnellement, j'ai été élu à l'Assemblée nationale en 2022. »
  • 6:54Invité politiqueFait
    « La taxe Zucmane, dont on a beaucoup parlé, nous l'avions fait voter l'année dernière à l'Assemblée nationale. »
  • 7:01Invité politiqueFait
    « Sauf qu'à la fin du processus, le gouvernement décide de s'asseoir sur les amendements qui ont été votés par une majorité des députés à l'Assemblée nationale. »
  • 11:35Invité politiqueFait
    « M. Lecornu, qui a commencé en disant « Je vais mettre en place des ruptures avec Emmanuel Macron » »
  • 11:41Invité politiqueFait
    « La prime Macron. »
  • 11:50Invité politiqueFait
    « La suppression d'une nouvelle tranche de la CVAE, la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises. »
  • 11:59Invité politiqueFait
    « La défiscalisation des heures supplémentaires, qui d'ailleurs sont déjà défiscalisées, qui est une proposition de M. Sarkozy. »
  • 12:36Invité politiqueChiffre
    « C'est un milliard 5. »
  • 13:19Invité politiqueChiffre
    « Il y a sept milliards d'euros d'économies sur la santé et sur le gel des prestations sociales. »
  • 13:29Invité politiqueChiffre
    « Il y a six milliards pour les retraites et cinq milliards pour la santé aussi. »
  • 22:22Invité politiqueFait
    « Elle a été déposée par plus de 100 députés à l'Assemblée nationale, l'ensemble des députés de la France Insoumise et une majorité de députés des groupes écologistes et communistes. »
  • 32:14Invité politiqueChiffre
    « M. Glucksmann propose d'augmenter la CSG, parce que c'était une de ses propositions, là, je suis en radical désaccord avec M. Glucksmann quand il propose d'augmenter la CSG. »
  • 34:10Invité politiqueFait
    « il semble que pour l'instant, il y ait au moins la possibilité de trouver un accord qui passe par l'arrêt des bombardements israéliens à Gaza, la libération des otages et la libération de prisonniers palestiniens. »
  • 36:03Invité politiqueFait
    « C'est le cessez-le-feu immédiat, la libération des otages, la libération des prisonniers palestiniens. C'est la fin de la colonisation en Cisjordanie et c'est la possibilité d'avoir deux États, l'État israélien et l'État palestinien, qui vivent en paix et en sécurité. »
  • 36:26Invité politiqueFait
    « la fin de la colonisation en Cisjordanie, le retrait par Israël des territoires occupés, évidemment de la vente de Gaza, mais y compris le démantèlement d'un certain nombre de colonies illégales aujourd'hui et qui ont été constituées en violation totale du droit international. »
  • 40:15Invité politiqueChiffre
    « Parce que là, on parle de 60 à 100 milliards d'euros par an. Vous voyez la proportion entre les deux ? »
  • 41:32Invité politiqueFait
    « Il y a quand même des abus. Et franchement, j'ai vu la déclaration de la maire du 7e arrondissement, qui remercie les gens. »
  • 41:52Invité politiquePromesse
    « Il faut réduire, renforcer les contrôles et réduire ses frais de représentation. »

Temps de parole

  • Manuel Bompard68 %
  • Présentateur15 %
  • Intervenant8 %
  • Intervenant 27 %
  • Intervenant 32 %

9,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:03
Présentateur

Et bienvenue en effet dans Toutes Franchies sur LCI, l'émission politique dominicale de la chaîne avec le Parisien. Soyez le bienvenu Manuel Bompard. Bonjour. Vous êtes député et coordinateur de la France insoumise. Quelles conséquences politiques tirez-vous du coup de poker de Sébastien Lecornu qui a renoncé vendredi matin au 49.3 ? On va en parler longuement avec Arlette Chabot. Bonjour à vous Arnès, éditorialiste LCI. Bonjour Olivier Beaumont. Bonjour. Chef de service adjoint du service politique du Parisien. Et tout à l'heure Julie Arnaud nous rejoindra pour ces questions du tac au tac. D'abord trois interrogations. Je vous demande Manuel Bompard de jouer le jeu. On va les développer.

Ne vous en faites pas. Je vous demande de répondre par oui ou par non. Sébastien Lecornu abandonne le 49.3 pour faire vivre le débat parlementaire sur le budget. Est-ce que vous déposez toujours une motion de censure dans la foulée du discours de la politique générale ? Oui. Des militants qui insultent Olivier Faure pendant la manifestation syndicale de jeudi en le traitant de collabo. Ce qui est quand même très insultant. Ça vous choque ? Est-ce que le PS est pétainiste ?

1:12
Manuel Bompard

Non.

1:13
Présentateur

Le Hamas doit-il au plus vite...

1:15
Manuel Bompard

A la deuxième question, je réponds. Non.

1:17
Présentateur

Ça vous choque ?

1:18
Manuel Bompard

Je ne suis pas d'accord avec le fait qu'on insulte des gens de manière générale. Mais on aura l'occasion d'y revenir, je crois.

1:23
Présentateur

Mais ça vous choque ? Non. Oui. Non, il n'est pas pétainiste.

1:25
Manuel Bompard

Vous m'avez demandé si le PS est pétainiste. Je vous réponds non.

1:30
Présentateur

Le Hamas doit-il au plus vite libérer les otages, rendre les armes et renoncer à un rôle politique pour contribuer à la fin de la guerre à Gaza ?

1:37
Manuel Bompard

Voilà, c'est difficile de répondre par oui ou par non. Évidemment que je souhaite que les otages soient libérés. Ça nécessite aussi, évidemment, la fin du génocide en cours à Gaza et en cessez-le-feu. Mais ça, on aura l'occasion de développer, j'imagine.

1:48
Présentateur

On y reviendra. Mais donc, c'est plutôt non si on prend les trois conditions. Libérer les otages, rendre les armes et renoncer à un rôle politique dans la reconstruction des armes.

1:57
Manuel Bompard

Alors, si vous voulez, on rentre dans le détail maintenant.

1:59
Présentateur

Non, on ne va pas rentrer dans le détail.

2:00
Manuel Bompard

Donc, libérer les otages, évidemment.

2:03
Présentateur

Mais pas forcément le reste. Manuel Bonpart, on va entrer dans le vif du sujet de la politique française. Un gouvernement est annoncé ce soir ou ce sera peut-être demain, la veille du discours de politique générale. Bon, vous l'attendez ?

2:15
Manuel Bompard

Enfin, ça serait peut-être bien qu'on passe à l'étape de la constitution du gouvernement et de la présentation concrète du projet de budget de M. Lecornu. Je crois que M. Lecornu a déjà battu le record du nombre de jours le plus important entre le moment où il est nommé Premier ministre et le moment où il constitue son gouvernement. Donc, je pense que c'est important qu'on puisse maintenant regarder précisément quelles sont les propositions qu'il va mettre sur la table pour pouvoir se prononcer sur ce sujet.

2:40
Intervenant

Vous la comprenez, cette méthode, malgré tout. Vous venez de le rappeler. Ça va faire trois semaines. Trois semaines qu'on attend la nomination de ce gouvernement. Ils voulaient privilégier le quoi avant le qui pour un résultat très incertain, puisqu'on nous a annoncé ce soir que ça peut encore être demain. On est un peu perdus.

2:55
Manuel Bompard

Ah ben oui. Je pense qu'il y a une forme d'ambiance de fin de règne. Les images que vous montriez tout à l'heure, y compris du socle commun, qui est censé quand même être à la base politique de ce gouvernement qui est en train de se déchirer, je pense que c'est la conséquence d'une forme d'entêtement aujourd'hui du président de la République, Emmanuel Macron, a continué à essayer d'imposer la même politique alors qu'elle a été largement rejetée par les Français, alors que deux gouvernements ont déjà été censurés par l'Assemblée nationale. Et malgré tout, il continue à essayer de nous imposer cette même politique. Et M.

Lecornu a eu des premiers mots juste après sa nomination pour dire « J'ai entendu ce message et je vais mettre en place des ruptures », c'est le terme qu'il a employé. – Alors justement, on y va. – Là, on voit que les propositions qui sont sur la table ne sont pas du tout des propositions de rupture.

3:36
Présentateur

– Est-ce qu'il n'y a pas quand même une rupture ?

3:38
Intervenant

– Oui, il y a une rupture, c'est-à-dire qu'il s'est engagé, ça a surpris tout le monde vendredi, à ne pas utiliser le 49-3. Alors vous-même, vous disiez, alors, tant qu'il ne renonce pas, gouvernement, quel qu'il soit, à employer le 49-3, c'est même pas la peine de continuer, effectivement, à s'intéresser à ce qu'il fait. Donc là, vous dites au moins, oui, il a bougé.

4:00
Manuel Bompard

– Non, alors, il a bougé, évidemment, il a fait une annonce qu'il n'avait pas faite précédemment. Mais Mme Chabot, vous connaissez assez bien le fonctionnement de la vie politique française, et notamment le fonctionnement des débats parlementaires, pour savoir que même en se privant volontairement de l'article 49-3, le gouvernement dispose d'un certain nombre d'outils constitutionnels pour continuer à imposer sa politique et à imposer son budget au parlementaire.

4:23
Intervenant

– Oui, mais quand vous vous dites ça à gauche, nous, on n'utilisera pas le 49-3.

4:27
Manuel Bompard

– Attendez, attendez, Mme Chabot, si on est précis, moi, j'ai jamais dit, c'est vrai que certains l'ont dit, ce soir, M. Roussel, on dit au gouvernement, si vous vous engagez à ne pas utiliser le 49-3, on s'engagera à ne pas censurer. Moi, j'ai jamais fait cette annonce, parce que je savais bien que si le 49-3 n'était pas utilisé, ça ne changeait rien au problème.

4:44
Présentateur

– Ce que vous avez dit, il y a quelques jours, tout le monde pourra le retrouver, vous brandissiez la censure en disant, mais le débat est inutile, puisque M. Lecornu n'a pas renoncé au 49-3. Ce sont vos mots, il y a renoncé, donc le débat peut être utile.

4:58
Manuel Bompard

– Mais le débat, il est toujours utile, Mme Martichoux. – Mais alors, laissez-le vivre. – Mais est-ce qu'à la fin du processus parlementaire, est-ce qu'à la fin du processus parlementaire, le gouvernement s'engage à faire en sorte que ce soit les députés qui aient le dernier mot ?

5:12
Présentateur

– Le débat est inutile, ciel 49-3, il est utile. Est-ce que vous le laissez vivre jusqu'à la fin ?

5:17
Manuel Bompard

– Là, vous êtes en train de me demander si, oui ou non, on va proposer de censurer le gouvernement immédiatement. Je vous ai répondu oui tout à l'heure, et je vous le confirme à cet instant.

5:24
Présentateur

– Vous dites pourquoi, puisque le débat est utile ?

5:26
Manuel Bompard

– Mais parce que, regardez, Mme Martichoux, si vous voulez avoir la réponse à la question que vous me posez. Je vous prends un exemple. Il existe dans la Constitution quelque chose qui s'appelle le vote bloqué. C'est-à-dire qu'au milieu du débat parlementaire, le gouvernement peut dire, bon, je prends les amendements qui m'intéressent, les autres, je les balaye, et puis je propose aux députés de voter pour le paquet complet, le texte plus les amendements. C'est-à-dire que l'ensemble des autres amendements que nous aurions déposés, par exemple, ne seraient pas examinés.

Il existe dans notre Constitution le principe, il y a deux chambres, l'Assemblée nationale et le Sénat, et à la fin, il y a ce qu'on appelle une commission mixte paritaire. Même si l'Assemblée nationale mettait en place, par exemple, le budget dont je rêve, imaginez, et bien à la fin, en commission mixte paritaire, dans lequel le socle commun est majoritaire, il pourrait réimposer le même budget que celui du gouvernement. Donc vous voyez, il ne faut pas prendre les gens pour des imbéciles.

6:10
Intervenant

Oui, à ceci près que tous les interlocuteurs qui ont pu rencontrer Sébastien Lecornu ces dernières heures, ils sembleraient s'engager à ne pas jouer avec les articles de la Constitution. Il n'aura pas recours à 49.3, comme il ne s'engagerait à ne pas recourir aux autres recours qui lui permettraient des procédures accélérées. On ne va pas rentrer dans le détail des articles. On verra. Malgré tout, le fait de ne pas recourir à cet article 49 aliné à 3, vous offre une fenêtre de tir intéressante politiquement. Ça vous permet d'avoir une surface politique dans l'hémicycle, de faire avancer certains sujets. Pourquoi ne pas profiter de cette fenêtre de tir-là ?

6:40
Manuel Bompard

En fait, chaque année, depuis, moi, personnellement, j'ai été élu à l'Assemblée nationale en 2022. Chaque année, je mène avec mes collègues le débat parlementaire. J'essaye de faire voter des amendements. D'ailleurs, l'année dernière, nous avions fait voter un certain nombre d'amendements. La taxe Zucmane, dont on a beaucoup parlé, nous l'avions fait voter l'année dernière à l'Assemblée nationale. Sauf qu'à la fin du processus, le gouvernement décide de s'asseoir sur les amendements qui ont été votés par une majorité des députés à l'Assemblée nationale. Précédemment, il le faisait en utilisant l'article 49.3. Et aujourd'hui, je ne le crois pas et je pense qu'il le fera.

7:12
Présentateur

Vous n'avez aucune confiance, en fait, en la volonté de Sébastien Lecornu de faire vivre et donc d'avoir des parlementaires qui feront le budget.

7:20
Manuel Bompard

Aucune. Non, aucune. Je pense que c'est un... Tout le monde a compris. C'est un piège qu'il a tendu au Parti Socialiste qui s'était avancé en disant « Si vous vous engagez à ne pas utiliser le 49.3 », ce qui était une erreur de dire ça, « On s'engagera à ne pas censurer le gouvernement », il leur tend le piège et maintenant le Parti Socialiste est bien embêté. Voilà, tout le monde a compris la manœuvre politicienne qu'il y a derrière.

7:39
Intervenant

Si on fait une petite... On va parler du Parti Socialiste. C'est des naïfs, c'est des idiots utiles...

7:46
Manuel Bompard

Pourquoi vous voulez à tout prix que j'ai des propres désoblisants pour le Parti Socialiste ?

7:50
Intervenant

Non, non, mais... Ce ne sera pas la première fois, enfin... Je veux dire, celui que Mélenchon dit des petites choses aussi sur le Parti Socialiste. Donc ils sont naïfs, c'est les idiots utiles du macronisme, c'est des alliés de... Ils sont allés à Matignon, ils sont allés à Matignon. C'est des traîches.

8:06
Manuel Bompard

J'ai suivi tout ça. Écoutez, le Parti Socialiste a six reprises cette année à refuser de censurer le gouvernement de François Bayrou. Donc le Parti Socialiste est comptable, d'un certain point de vue, du budget qui a été mis en place par François Bayrou.

8:18
Présentateur

Ce matin, Olivier Faure donne une interview.

8:20
Intervenant

Exactement. Dans nos colonnes, dans Le Parisien Aujourd'hui en France, Olivier Faure dit qu'on se déclare, c'est lui qui le dit, tout droit vers la censure.

8:27
Manuel Bompard

Vous comptez sur eux pour faire valider cette... Moi, je souhaite que la motion de censure que nous allons déposer, donc normalement c'est mardi soir qu'elle devrait être examinée à l'issue du discours de politique générale du gouvernement, je souhaite qu'elle soit votée par une majorité de députés et donc évidemment par l'ensemble des députés de gauche, évidemment. Et d'ailleurs, nous-mêmes, nous avons proposé aux députés écologistes, aux députés communistes et même aux députés socialistes, vous voyez, de revenir en quelque sorte dans le camp de la raison et de la censure. Vous leur avez proposé de co-signer avec nous cette mention de censure.

8:54
Présentateur

Vous lui parlez, Olivier Faure, vous l'avez évoqué.

8:57
Manuel Bompard

Là, je vous le dis, on leur a proposé, on a proposé au Parti Socialiste de co-déposer avec nous cette motion de censure.

9:02
Présentateur

Il a dit quoi ?

9:03
Manuel Bompard

Pour l'instant, nous n'avons pas eu de réponse. Et j'ai cru lire dans votre interview du Parisien de ce matin que M. Faure, dans l'hypothèse où il devrait censurer, voulait déposer sa propre motion de censure. Et alors ? Motion de censure de division. Moi, je ne comprends pas.

9:17
Présentateur

De division ? Pourquoi de division ?

9:19
Manuel Bompard

Parce qu'on lui propose de signer une motion tous ensemble. Pourquoi il en dépose une à côté ? Mais attendez, après moi je ne le dis pas.

9:23
Présentateur

Et pourquoi, votre avis ?

9:24
Manuel Bompard

Je ne sais pas, c'est à lui qu'il faut poser la question. Mais attendez, je ne vais pas polémiquer. Mais s'il la dépose ? Je ne vais pas polémiquer. S'il la dépose ? S'il la dépose, on votera la nôtre et la sienne. Voilà. Et puis j'espère que lui, il fera pareil.

9:34
Intervenant

Le problème, c'est qu'il faudrait par exemple que les députés du Rassemblement national votent aussi une motion de censure de la gauche pour que le gouvernement soit renversé.

9:43
Manuel Bompard

Mathématiquement, il faut qu'il y ait une majorité de députés. Ça, c'est vrai.

9:45
Intervenant

Donc, il faut que le Rassemblement national fasse alliance d'une certaine manière dans la censure avec vous.

9:52
Manuel Bompard

Non, ce n'est pas faire alliance, Mme Chabot.

9:53
Intervenant

Je dis dans la censure, je n'ai pas dit que...

9:55
Manuel Bompard

Il faudrait qu'il y ait à la fois un vote de la motion de censure des députés de gauche et de l'ensemble des députés d'opposition inclut les députés du Rassemblement national. Ça, c'est vrai. Ça ne veut pas dire qu'on serait d'accord sur le projet alternatif qu'il faudrait mettre en place dans ce pays.

10:08
Présentateur

Mais vous allez libeller, vous allez formuler cette motion de façon à ce que le Rassemblement national puisse s'y associer ?

10:14
Manuel Bompard

Non, on décrit toujours les motions de censure en fonction de ce qu'on pense juste. Ensuite, le Rassemblement national prendra ses responsabilités. Là aussi, cette année, il a laissé passer le budget de M. Bayrou. Donc, il est comptable, par exemple, des coupes qu'il y a eu dans un certain nombre de ministères. Il est comptable de l'augmentation du prix des abonnements sur le gaz et l'électricité qui étaient inclus dans le budget de M. Bayrou. Donc là, après, ça va être d'un certain point de vue un moment qui est un moment d'éclairage politique.

Le Rassemblement national apparaîtra soit comme la béquille de la continuité de la politique macroniste en France, soit sera fidèle à la parole qu'il a donnée à ses électrices et à ses électeurs d'être un parti d'opposition.

10:51
Intervenant

Même chose pour les socialistes que vous diriez.

10:53
Manuel Bompard

Oui, bien sûr.

10:53
Intervenant

Soit censure, soit la béquille.

10:56
Manuel Bompard

Évidemment que tous ceux qui ne censureront pas le gouvernement cette semaine, ça veut dire qu'ils laisseront ou ils prendront le risque de laisser le gouvernement de M. Lecornu en place. Oui, c'est assez logique, ça. Le texte est déjà prêt ? Vous avez déjà rédigé le texte de la motion de censure ? On avait proposé, effectivement, il y a une semaine à peu près, aux autres groupes, un texte de motion de censure. Ensuite, évidemment, il était indiscutable. Et depuis une semaine, il y a eu un certain nombre de nouvelles propositions. Parce que là, vous avez beaucoup insisté sur un peu l'esbrouf du 49-3. Mais ce qui est quand même important, c'est de savoir ce que M.

Lecornu a l'intention de mettre en place sur le fond. Et là, je veux quand même vous dire que la plaisanterie est quand même totale. C'est-à-dire, M. Lecornu, qui a commencé en disant « Je vais mettre en place des ruptures avec Emmanuel Macron », nous propose la prime Macron. C'est comme rupture avec Emmanuel Macron, c'est quand même assez amusant. La prime porte le nom de M. Macron. La prime Macron. La suppression d'une nouvelle tranche de la CVAE, la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises. Je rappelle que les deux premières tranches ont été supprimées par des gouvernements de M. Macron.

La défiscalisation des heures supplémentaires, qui d'ailleurs sont déjà défiscalisées, qui est une proposition de M. Sarkozy. Bon, honnêtement, comme rupture...

12:05
Présentateur

Il y a aussi des taxes sur les plus riches. Il y a un an, vous m'auriez dit que pour Emmanuel Macron, c'était impensable.

12:10
Manuel Bompard

Mme Martichoux, franchement, on nous propose... Il y a eu un grand débat depuis des semaines et des semaines sur la taxe qu'on a appelée la taxe Zuckmann, qui visait à mettre à contribution les personnes qui disposent d'un patrimoine supérieur à 100 millions d'euros. et on nous dit, là, on fait une sorte de bricolage par une micro-taxe qui rapporterait 500 millions d'euros parce qu'on exonère...

12:33
Intervenant

Oui, bien sûr. Si, si, si, 500 millions d'euros.

12:35
Manuel Bompard

C'est un milliard 5, c'est un milliard 5. Alors, vous verrez. Mais moi, je vous dis que la recette estimée de la taxe de laquelle on exonère ce qu'eux appellent les biens professionnels, c'est une manière, en fait, de... Mais sur les holdings... C'est un milliard 5, pardon, mais c'est un milliard 5 et c'est quand même un premier bouquet... Vous comptabilisez, si je peux me permettre, plusieurs mesures.

12:51
Intervenant

Mais allez-y. Sébastien Lecornu fait que ses prédécesseurs n'ont pas fait sur un sujet de la taxation des revenus du patrimoine des plus riches, des revenus financiers, de lignes familiales. Donc, ça n'est pas rien, quand même. Sur la justice fiscale et sociale, Sébastien Lecornu, il y a un certain nombre de points qu'il fait, qu'il essaie de vous donner. On a l'impression que quoi qu'il puisse faire, de toute façon, la France insoumise et la gauche ne lui donnera aucun crédit et qu'il est condamné d'avance.

13:11
Manuel Bompard

Mais non, mais ce n'est pas quoi qu'il puisse faire. C'est que, honnêtement, vous me parlez d'un million cinq en additionnant un certain nombre de mesures. Un milliard cinq. Un milliard cinq, pardon. Dans le même budget, si on n'a pas la version finale, mais en tout cas, si on en croit les fuites qui sont dans la presse, il y a sept milliards d'euros d'économies sur la santé et sur le gel des prestations sociales. Donc, vous voyez bien l'équilibre entre les...

13:29
Présentateur

Il y a six milliards pour les retraites et cinq milliards pour la santé aussi.

13:32
Manuel Bompard

Alors, vous voyez, on va... Non, non, mais ça, pareil, madame... Enfin, après, on va perdre peut-être un peu les gens dans les chiffres, mais faites attention quand vous évaluez des augmentations de postes budgétaires si vous ne les ramenez pas à ce qu'on appelle l'augmentation des dépenses de santé, c'est-à-dire l'augmentation due à l'inflation. Donc, en fait, c'est des baisses dans le budget de la santé qui sont prévues, c'est des baisses dans le budget de l'éducation nationale qui sont prévues, c'est un gel des prestations sociales qui est prévu.

Et l'équilibre entre des petits éléments, parce qu'il a compris qu'il fallait qu'il fasse semblant de donner un signal, et la réalité des sacrifices qui vont être demandés aux Françaises et aux Français est totalement du côté des sacrifices qui vont être demandés aux Françaises et aux Français.

14:10
Intervenant

Mais vous pourriez quand même, par exemple, profiter du débat, s'il y avait un débat et que la censure, la vôtre ou d'autres, ne sont pas votées, pour par exemple déposer un texte pour l'abrogation de la réforme des retraites ? Madame Chabot, vous savez que ce n'est pas possible. Madame Chabot... Non mais il demande ça, je dis ça, parce qu'Olivier Faure est sorti de Matignon en disant, on a dit au Premier ministre, on veut la réforme, l'abrogation de la réforme des retraites.

14:35
Manuel Bompard

Évidemment, moi aussi d'ailleurs, j'ai déposé dans chacune des niches parlementaires du groupe insoumis depuis deux ans, on a déposé une proposition de loi pour l'abrogation de la réforme des retraites. Et les macronistes ont fait de l'obstruction parlementaire toute la journée pour qu'ils ne puissent pas être votés. Maintenant, Madame Chabot, si vous connaissez bien, et je sais que vous le connaissez, le fonctionnement du système parlementaire, dans un débat sur le budget de la sécurité sociale qui va avoir lieu, il n'est pas possible pour nous de déposer un amendement d'abrogation de la réforme des retraites.

C'est l'article 40 qui dit que vous ne pouvez pas créer d'amendement qui crée une charge financière, ce qui est le cas.

15:06
Intervenant

Non mais vous pouvez demander au gouvernement de s'engager à remettre la suspension, un minima, la suspension de la réforme des retraites dans le débat, sous condition de non-censure, par exemple.

15:14
Manuel Bompard

Mais ça c'est...

15:15
Intervenant

Vous n'avez pas le pouvoir de remettre le sujet des retraites dans le débat, mais le gouvernement a le pouvoir de le faire.

15:18
Manuel Bompard

Qu'il le fasse. Mais enfin pardon, le Parti Socialiste demande ça depuis un mois. Non mais il a même demandé il y a trois jours. Ils ont été très entendus. Et déjà, à l'époque de M. Bayrou, le Parti Socialiste avait commencé la négociation en disant « Notre condition pour ne pas censurer, c'est l'abrogation de la réforme. » Puis il a dit « Bon, on se contendra de la suspension, ça veut dire la retraite à 63 ans. » Pour finalement, à la fin, déboucher sur un conclave dont tout le monde a compris qu'il n'avait servi à rien.

15:44
Présentateur

Manuel Bampard, la censure, vous voulez censure, censure, censure, si vous me permettez. Mais ça ne fait pas bouger l'âge légal de la retraite à 64 ans. Ce n'est pas parce que vous censurez le gouvernement qui a tout d'un coup la progression à la réforme de la retraite. Alors que vous pourriez, dans le cadre d'un débat parlementaire, par exemple, faire avancer, faire voter des avancées pour les femmes, pour le calcul de leur pension, de retraite, sur la pénibilité, ça ce serait possible et ça ce serait contraire pour les Français.

16:17
Manuel Bompard

Vous vous donnez du mal pour essayer de faire passer les annonces de M. Cornu. Pour l'intérêt des Français ? Mais madame, l'intérêt des Français, les retraites des femmes en particulier...

16:28
Présentateur

Plutôt que de censurer et de...

16:29
Manuel Bompard

Les retraites des femmes en particulier, madame Martichoux, les femmes ont été les plus impactées par le report de l'âge de départ à la retraite de 69 ans.

16:35
Présentateur

D'accord, mais ça c'est fait, parlons de l'avenir. Non, mais c'est pas fait.

16:38
Manuel Bompard

Mais non, mais moi je ne suis pas d'accord pour dire que c'est fait. Cette réforme, elle est illégitime. Je ne dis pas que c'est irréversible.

16:42
Présentateur

C'est irréversible, je dis que ça n'est pas la censure qui abrogera la réforme des retraites non plus.

16:47
Manuel Bompard

Mais une fois que la censure est votée, madame Martichoux, il y a peut-être ensuite la possibilité soit d'avoir un gouvernement qui s'engagera à abroger la réforme des retraites, soit...

16:56
Présentateur

Un gouvernement LFI, un gouvernement du socialisme ?

16:58
Manuel Bompard

Pourquoi ? Puisque tout le monde à son tour... Mais attendez, après moi je ne raconte pas d'histoire. Je ne sème pas d'illusions. Je sais bien que M. Macron n'a pas l'intention de faire ça. C'est la raison pour laquelle nous on a été très clair. Au moins vous pouvez nous reconnaître ça depuis le début. On a dit, de notre point de vue, on a besoin d'un moment de respiration démocratique dans ce pays. Et ce moment de respiration démocratique dans le pays, il passe, de mon point de vue, par l'organisation d'une élection présidentielle anticipée et par le départ du président de la République. Et alors on pourra avoir un débat sur la retraite dans la compagnie présidentielle.

17:27
Présentateur

Donc il n'y a que la présidentielle qui permettra de trancher ?

17:29
Manuel Bompard

Je le crois. Et regardez franchement l'image que vous avez montrée tout à l'heure du socle commun qui est en train de se fracturer, de se diviser. Franchement démontre que même ce bloc-là, il ne tient plus ensemble. Et ce n'est pas grave, c'est la démocratie. Et il y a un moment, il faut que les Françaises et les Français puissent choisir leur avenir.

17:43
Intervenant

D'accord, c'est la démocratie. On entend vos arguments, mais malgré tout, s'il y a une censure, c'est-à-dire qu'on peut quasiment acter aujourd'hui qu'on n'a pas de budget au 31 décembre. Ça veut dire qu'on retourne en loi spéciale. Et donc on revient sur un budget qui était celui qui avait été voté l'année dernière, qui d'ailleurs n'avait pas été voté déjà. Et donc là, tout le monde est perdant dans cette configuration-là, parce qu'on repart sur une année blanche.

18:01
Manuel Bompard

– Mais attendez, d'abord, ce n'est pas parce que le gouvernement serait censuré cette semaine qu'on n'aurait pas la possibilité d'ici… – Il y a des règles quand même dans la Constitution. – Oui, oui, il y a des règles. – Il y a des cas, il y a des règles. – Il faut un petit voté au 31 décembre. – Évidemment. – Il y a des règles qui…

18:17
Intervenant

– Mais là, si on repart, si on censure, si un nouveau ministre, si on va sur une dissolution…

18:21
Manuel Bompard

– Attendez, monsieur, soit il y a la possibilité, et je crois honnêtement qu'en trois mois, on est capable de produire un budget pour la France. Donc il y a un calendrier parlementaire pour pouvoir produire ce budget. – Mais il faut qu'il y ait un débat.

18:33
Intervenant

Et là, ce débat, pour le moment, c'est une censure, il n'y a pas de débat.

18:36
Manuel Bompard

– Je vous ai parlé d'un processus électoral. Je vous ai parlé de rendre le pouvoir aux Français, de donner le dernier mot au peuple. – Mais l'élection, ça ne se fait pas en 15 jours. – Non, pas en 15 jours, non, c'est vrai. – Ça s'organise au milieu. – La dernière fois, ça s'est fait en trois semaines, je n'ai pas entendu protester sur ce sujet. – Oui, ben voilà, donc ça nous emmène, on est déjà au mois de décembre. – Eh ben ensuite, il y a deux hypothèses qui sont sur la table. La première hypothèse, c'est que le calendrier permette d'aboutir sur un budget.

La deuxième hypothèse, c'est qu'on produit ce qu'on appelle une loi spéciale qui permet de renouveler les crédits de l'année précédente pendant quelques semaines, le temps d'avoir un débat parlementaire pour élaborer un nouveau budget.

19:07
Intervenant

– Si c'est la première hypothèse, il ne faut pas censurer.

19:09
Manuel Bompard

– Mais si, je vois pourquoi vous avez le sentiment que si on censure le gouvernement la semaine prochaine, ça nous empêcherait d'avoir le budget. Et puis s'il vous plaît, vous n'allez pas à moi me faire ce reproche, alors que ça fait depuis maintenant quatre semaines que j'attends de M. Lecornu qui pose sur la table le budget. Pourquoi il a attendu aussi longtemps si on est si pressé ? – Pourquoi ? – Ben, posez-lui la question à lui. Pourquoi on ne l'a pas fait tout de suite ?

19:29
Présentateur

– Il essaye de trouver les voies d'un compromis qui lui permettraient de rester au gouvernement, c'est ça ?

19:36
Manuel Bompard

– Oui, ben ils essayent de manipuler tout le monde pour permettre de garantir la continuité de la politique d'Emmanuel Macron en France. Franchement, on nous a fait… Vraiment, je ne m'en prends pas à vous, mais je vous promets, toutes les questions que vous êtes en train de me poser, vous m'avez posé à peu près les mêmes au moment de la mise en place de M. Barnier et au moment de la mise en place de M. Bayon. – Oh, il va faire un effort, il va faire un effort, regardez, il va taxer les plus riches alors qu'avant il ne le faisait pas, et puis tout le monde a vu que ce n'était pas le cas. – Mais c'est le problème, c'est la situation est la même.

– Oh, regardez les retraites, on a quand même obtenu le conclave sur les retraites, vous pourriez quand même vous en satisfaire, ça n'aboutit sur rien du tout. Je ne m'en prends pas à vous, c'est normal, c'est la vie politique, elle est comme ça.

20:09
Intervenant

– Mais à un moment, pardonnez-moi… – Mais à un moment, pardonnez-moi…

20:14
Présentateur

– Mais c'est, pardon Manuel, c'est bloqué, mais parce qu'effectivement c'est un jour sans fin puisqu'il y a une censure, un gouvernement censuré, un gouvernement qui est responsable.

20:21
Manuel Bompard

– Vous avez la question au président de la République, invitez-le, le président de la République, totalement. C'est-à-dire qu'il a perdu les élections législatives l'année dernière, il a quand même essayé de mettre en place M. Barnier, il a été censuré, on aurait pu se dire, bon là il a peut-être compris le message, non mais M. Bayrou, il a été censuré, on se dirait, bon allez, deux fois, il a peut-être réalisé.

Non, non, il continue, il continue, et après vous venez me dire à moi, « Ah, vous êtes responsable de la situation de blocage, mais pardon, les gens, ils ont voté pour un changement de politique, et vous me demandez d'être d'accord avec la continuité de la politique d'Emmanuel Macron, je ne peux pas être d'accord avec ça ? »

20:51
Intervenant

– Mobilisation, journée d'action de l'intersyndicale jeudi dernier, pas une mobilisation extraordinairement réussie, non, mais ça nous donne quoi ? Une idée de l'absence de colère aussi importante que vous l'imaginez ? Non, non, mais attendez, je peux vous poser la question. – Je vous écoute. – Les Français sont moins en colère que vous ne l'imaginez, ou bien les Français sont inquiets et pensent que ce n'est pas la peine de manifester aujourd'hui parce qu'ils sont inquiets, il y a des problèmes de pouvoir d'achat. Quel est votre jugement, votre regard sur la moins forte mobilisation ?

21:23
Manuel Bompard

– Il y a eu trois journées de mobilisation.

21:24
Présentateur

– Oui, bref, parce qu'on va…

21:25
Manuel Bompard

– Je vais essayer de court. Il y a eu trois journées de mobilisation au mois de septembre. La plus importante a réuni plus d'un million de personnes dans la rue. Sans budget, sans proposition de loi posée sur la table. C'est inédit dans l'histoire de la Ve République, il y a une mobilisation aussi puissante qui ne s'accroche pas sur une proposition gouvernementale. Donc je fais le diagnostic totalement inverse du vôtre. C'est précisément le fait qu'il y a une colère très importante et qu'il y a une colère très politique en fait. Elle n'est pas sur un sujet concret, elle est sur le rejet de la politique d'Emmanuel Macron et sur la volonté de tourner la page.

21:54
Présentateur

– Comment vous expliquez qu'on soit passé en deux ans d'un front républicain contre l'ERN au front républicain contre LFI, si envers les sondages ? C'est une question qu'on va vous poser dans un instant. A tout de suite ! Dans quelques instants, Julien Arnault va nous retrouver pour ces questions du tac au tac à Manuel Bompard. Merci encore d'être avec nous Manuel Bompard. Où en est la motion de destitution que la France Insoumise a déposée pour destituer le président de la République ?

22:22
Manuel Bompard

– Elle a été déposée par plus de 100 députés à l'Assemblée nationale, l'ensemble des députés de la France Insoumise et une majorité de députés des groupes écologistes et communistes. Et maintenant elle est en attente d'un examen par le bureau de l'Assemblée nationale. Vous savez que la semaine dernière, on renouvelait le bureau de l'Assemblée nationale. Donc manifestement, il fallait attendre ce renouvellement. En tout cas, Mme Brunne-Puvé a décidé d'attendre ce renouvellement pour qu'on puisse examiner en bureau cette motion de destitution. J'espère que si elle est examinée en bureau, elle pourra ensuite être examinée dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale.

22:50
Intervenant

– Et dans ce cadre-là, Emmanuel Macron n'aura pas d'autre choix que de dissoudre l'Assemblée nationale dans un premier temps ?

22:54
Manuel Bompard

– Ah ben non, il a plein d'autres choix. Par exemple celui de s'en aller lui-même. – Mais il n'y fera pas. – Mais ça, bon, vous savez, je ne connais pas un seul président de la République qui avant d'annoncer son départ vous dit qu'il va partir. Si vous en connaissez un, vous me le présentez. Je veux rappeler quand même que dans l'histoire de la Ve République, même le fondateur de la Ve République, le général De Gaulle, a été capable à un moment, parce qu'il considérait qu'il avait perdu une élection et donc qu'il était plus légitime d'en tirer les conséquences et de dire, bon, en démocratie, c'est le peuple qui est souverain.

Si la politique qui est la mienne, elle n'est plus majoritaire, il n'y a plus de soutien populaire suffisamment important pour qu'elle puisse être mise en œuvre, je m'en vais, j'organise une élection présidentielle.

23:37
Présentateur

– Oui, ça c'est vrai, ça a été beaucoup dit, mais à partir de quel stade vous estimez qu'Emmanuel Macron sera acculé à dissoudre ?

23:43
Manuel Bompard

– Mais moi, mon objectif, ce n'est pas qu'il soit acculé à dissoudre, mon objectif, c'est qu'il soit acculé à partir.

23:48
Présentateur

– Oui, on a bien compris, mais il y a plusieurs étapes avant.

23:50
Manuel Bompard

– La première étape, c'est de faire tomber le gouvernement de M. Lecornu, la deuxième étape, c'est que la motion de destitution continue à progresser et franchisse des étapes supplémentaires à l'Assemblée nationale. Regardez, l'année dernière, on n'était que 71 à avoir demandé la destitution du président de la République. Aujourd'hui, on est plus de 100 députés. Les choses progressent, il y a des nouvelles personnes qui commencent à dire, effectivement, le problème, c'est le président de la République et il doit s'en aller.

Et quand vous interrogez les Françaises et les Français sur ce sujet, vous avez cité un sondage tout à l'heure, s'il y a des sondages qui ne souffrent pas d'ambiguïté, c'est bien ceux qui demandent le départ du président de la République. C'est très largement majoritaire.

24:25
Présentateur

– Alors justement, tous les sondages démontrent aussi, c'est constant, la poussée du Rassemblement national. S'il y avait une dissolution ou même un départ d'Emmanuel Macron, donc une présidentielle, vous ouvrez la porte à la victoire du Rassemblement national. Ça n'a pas d'importance pour vous ?

24:41
Manuel Bompard

– Mais madame, évidemment que ça a de l'importance pour moi. Mais je veux vous rappeler que l'année dernière, après la dissolution de l'Assemblée nationale par le président de la République, 27 sondages sur 27 pendant la campagne des élections législatives disaient que le Rassemblement national allait gagner.

24:55
Présentateur

– Vous ne pensez pas qu'il y a quelque chose qui a changé depuis ?

24:58
Manuel Bompard

– Attendez, je vais répondre totalement à votre question. Le Rassemblement national n'a pas gagné. – Pourquoi le Rassemblement national n'a pas gagné ? Parce qu'il y a eu une mobilisation populaire très puissante, dans la Genèse, dans les quartiers populaires, des gens qui se sont mobilisés. Et donc ça sera la même chose s'il y a une élection. Une élection, le résultat n'est jamais déterminé par avance.

25:15
Présentateur

– Vous voyez, ce que vous dites, ce sera la même chose qu'en juillet 2024 ?

25:20
Manuel Bompard

– Oui, je dis, ça sera la même chose. Il peut y avoir une mobilisation populaire très puissante qui déjoue les sondages et les résultats prédits par avance. Et ça s'est souvent produit comme ça dans notre histoire. Ou alors, madame, si vous êtes en train de me dire, comme c'est possible que vous ne gagnez pas les élections, vous ne devriez pas souhaiter qu'il y ait des élections. Le seul système politique dans lequel vous êtes sûr de ne pas perdre les élections, c'est quand il n'y en a pas. Mais je crois qu'ici, personne n'est partisan d'un système dans lequel il n'y a pas d'élection.

25:45
Intervenant

– Le Front républicain avait, comme vous le venez de le rappeler, évité, je mets les guillemets, évité des victoires du Rassemblement national. Mais aujourd'hui, il y a un phénomène que m'a mis en lumière cette semaine une enquête d'opinion. Le Doxa, l'Institut de sondage, disent pas qu'il y ait une espèce de front républicain anti-France insoumise. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, les Français redoutent les insoumis, n'aiment pas Jean-Luc Mélenchon qui fait peur. Et du coup, il y a 58% de ceux qui ont été interrogés qui disent qu'ils sont prêts, effectivement, à faire barrage à des candidats de la France insoumise.

Ça ne vous inquiète pas, cette image qui se dégrade de votre parti et de votre leader.

26:32
Manuel Bompard

– Ça aussi, ça fait partie des questions que j'ai l'impression qu'on me pose à chaque fois que je viens sur un plateau.

26:36
Présentateur

– Parce que ça continue, c'est pour ça. – Discréditer les questions, c'est un peu court comme réponse.

26:42
Manuel Bompard

– Mais je ne discrédite pas les questions, je proacte du fait que j'ai déjà répondu, mais je n'ai pas de problème, je vais y répondre, Mme Martichot, vous allez voir. Vous êtes en train de me dire, oui, la France insoumise, etc., en citant un sondage. Mais cette semaine, il y a aussi eu des sondages sur les élections présidentielles. La France insoumise, elle est tellement détestée qu'elle est aux portes du deuxième tour en cas d'élection présidentielle, selon des sondages. Donc, vous voyez, il faut faire attention, parce qu'il faut que les sondages soient un peu cohérents. Donc, sur la question du Front républicain, à un moment, j'attire votre attention sur un point quand même.

C'est que si vous sondez l'ensemble de la population sur le fait de savoir s'il faut avoir un Front républicain contre le Rassemblement national, il n'est pas très surprenant que les électeurs du Rassemblement national qui sont inclus dans ce sondage soient contre l'idée qu'il y a un Front républicain contre le Rassemblement national. La seule question qui vaille, ce n'est pas ça, c'est de savoir, est-ce que dans l'espace politique qui l'année dernière s'est mobilisé contre l'arrivée au pouvoir de l'extrême droite, est-ce qu'encore cette idée-là est majoritaire ? C'est le cas aujourd'hui.

Quand vous regardez les sondages et que vous ne considérez pas dans ces sondages les électeurs du Rassemblement national, il y a encore l'idée que, majoritairement, il faut être en capacité au deuxième tour d'une élection d'empêcher l'extrême droite de s'emparer du coup.

27:47
Intervenant

D'accord, mais ça ne vous amène pas comme un peu d'introspection, un peu de réflexion quand même sur la perception que les Français ont de vous, de votre formation politique aujourd'hui ? Ça dit des choses quand même.

27:57
Manuel Bompard

Non, je ne crois pas. Moi, je crois que ce qui dit des choses, c'est le résultat des élections. Vous voyez ? Et comme je vous l'ai dit tout à l'heure, l'année dernière, après la dissolution de l'Assemblée nationale, c'est l'extrême droite qui allait gagner. Et c'est la gauche qui dispose aujourd'hui, en tout cas, qui a gagné, qui a eu la coalition parlementaire la plus nombreuse à l'Assemblée nationale. Non, mais d'accord, mais elle a d'abord bénéficié, au premier tour, d'une mobilisation beaucoup plus importante, d'un certain nombre d'électrices. Parfois, parfois, les Français votent par défaut. Oui, mais au premier tour, ils ne votent pas par défaut.

28:24
Intervenant

Ce n'est pas forcément ce qu'ils pensent ou ce qu'ils ressentent, mais c'est pour éviter... L'année dernière, il y a eu une mobilisation... Ce n'est pas tout à fait la même chose.

28:30
Manuel Bompard

Il y a eu une mobilisation très puissante des électrices et des électeurs qui, au premier tour, se sont prononcés sur la base de projets politiques qui étaient posés sur la table. Et vous avez raison, certains, au deuxième tour, se sont mobilisés parce qu'ils ne voulaient pas que l'extrême droite s'empare du pouvoir. Il y avait les deux éléments dans l'élection de l'année dernière.

Ce qui est vrai, c'est que ce principe-là, cette idée-là, elle a été complètement bafouée, notamment par un certain nombre de députés macronistes qui ont été élus dans cette configuration et qui, depuis, font des accords avec le Rassemblement national, à l'Assemblée nationale, comme on a pu le voir cette semaine, par exemple, sur les postes internes de l'Assemblée nationale. Ça, c'est vrai. Il y a eu un deal ?

29:04
Présentateur

Pour vous ?

29:04
Manuel Bompard

Évidemment.

29:05
Présentateur

De quelle nature ? On avait des preuves. Les preuves ? Oui.

29:08
Manuel Bompard

J'ai des preuves. C'est-à-dire ? Le Rassemblement national et les macronistes se sont accordés pour que le Rassemblement national fasse élire des vice-présidents de l'Assemblée nationale avec les voix des macronistes. Les macronistes ont voté pour les vice-présidents du Rassemblement national. Les preuves, vous pouvez les retrouver. C'est le bulletin de vote qu'ont utilisé les députés macronistes. Et, en échange, le Rassemblement national a voté pour les candidats macronistes à la présidence des différentes commissions de l'Assemblée nationale. Et là aussi, si vous voulez les preuves, il suffit de faire le calcul du nombre de voix dont ont disposé les candidats macronistes.

Et vous verrez que ça allait bien au-delà des rangs des simples députés macronistes.

29:41
Intervenant

Juste, petite question sur le front républicain. Vos candidats se sont retirés pour faire élire des personnalités, même des membres du gouvernement ou des premiers ministres. Vous referiez la même chose dans un futur législatif ? Vous diriez, on va faire élire Mme Borne ?

29:58
Manuel Bompard

Je pense que Mme Borne, là, elle serait battue au premier tour, si vous voulez mon avis. Non, mais d'accord. Et pour le reste, madame, je ne tourne pas au tour du pot, contrairement à d'autres. Moi, j'ai toujours dit qu'au deuxième tour d'une élection, oui, je faisais tout ce qu'il fallait faire pour empêcher l'extrême droite de s'emparer du pouvoir. Même si c'est un anachroniste. Et quand je vois les idées qui sont proposées aujourd'hui par le Rassemblement national, franchement, je ne regrette pas de l'avoir fait.

30:22
Présentateur

On va aller vite, parce qu'on voudrait évidemment vous parler de l'avenir de Gaza, parce que j'imagine que ça vous intéresse. Mais un mot quand même sur un sondage IFOP que vous avez fait allusion tout à l'heure sans citer, qui situe Raphaël Luxman, de Place Publique, devant Jean-Luc Mélenchon. Vous auriez pu accueillir ça avec flègme ? Après tout, on est peut-être encore loin d'après. Non, alors ça vous a beaucoup inquiété ? Il y a eu des réactions ? Inquiété ? Vous avez attaqué l'IPOP pour sa méthode ? Parfois, vous pouvez l'être, j'imagine ?

30:50
Manuel Bompard

Non, je ne le suis pas du tout. Mais évidemment, ça n'empêche pas, madame, de s'interroger sur la crédibilité de ce sondage. Et je veux dire, ce n'est pas parce qu'on s'interroge sur la crédibilité d'un sondage ou qu'on s'étonne sur un certain nombre d'éléments de sa méthodologie qu'on est inquiet. Je ne suis pas inquiet, mais je ne sais pas. Ça devrait quand même vous interpeller. D'ailleurs, il y a eu plusieurs saisines, pas seulement de la France Insoumise, de la Commission des sondages sur ce sondage. Mais ça vous intéresse de savoir les critiques que j'ai sur ce sondage ou pas ?

31:14
Présentateur

Oui, mais franchement, vous fichez mentir que s'il avait été bon, vous ne me diriez pas ça. C'est tout.

31:19
Manuel Bompard

Mais madame, vous pouvez penser ce que vous voulez. Mais moi, je lis la notice des sondages pour savoir s'ils ont un peu de crédibilité. Et je sais qu'un échantillon doit être représentatif de la population. Et que quand vous sondez un échantillon comme celui du sondage IFOP et que le score de Jean-Luc Mélenchon à l'élection de 2022 est de 14%, alors qu'il a fait 22%, je me dis qu'il y a un problème dans cet échantillon. Et d'ailleurs, puisque j'ai des outils pour le faire, j'ai saisi avec mes collègues la Commission des sondages pour dire qu'il y a un problème. On a quand même le droit de demander à ce que les sondages respectent quelques règles méthodologiques.

31:49
Intervenant

C'est un bon adversaire pour vous, Raphaël Glucksmann ? Si c'était lui qui était choisi par la gauche pour porter les couleurs ?

31:56
Manuel Bompard

Mais ce n'est pas un adversaire, ce serait un concurrent. Moi, mes adversaires, c'est l'extrême droite, c'est la Macronie.

32:02
Intervenant

Non, mais il est parfois soupçonné de dilettantisme, c'est une formule un peu sur la gauche molle. Mais ce n'est pas mon problème, ce n'est pas son dilettantisme, mon problème, c'est ce qu'il propose.

32:10
Manuel Bompard

Et j'ai des désaccords politiques sérieux avec les propositions de M. Glucksmann. Par exemple, quand là, dans la discussion budgétaire, M. Glucksmann propose d'augmenter la CSG, parce que c'était une de ses propositions, là, je suis en radical désaccord avec M. Glucksmann quand il propose d'augmenter la CSG.

32:25
Intervenant

Il est d'accord avec la taxe Zuckmann, par exemple.

32:27
Manuel Bompard

Ça veut dire que sur ce point-là, on a un point commun, et c'est très bien.

32:30
Intervenant

– Je peux mordre sur votre électorat, quand même. C'est un concurrent sérieux.

32:35
Manuel Bompard

– Monsieur, il y a des élections, et dans les élections, vous faites campagne, vous essayez de convaincre les électrices et les électeurs de voter pour vous. Ce que je reconnais à Raphaël Glucksmann, c'est d'un certain point de vue au moins une forme de franchise. C'est-à-dire que lui, il ne fait pas semblant qu'il pourrait soutenir un candidat de la France insoumise à l'élection présidentielle. Ça, je trouve qu'au moins, ça a le mérite de la franchise. Mais pour le reste, sur le projet politique qui est le sien, évidemment, il est très largement opposé au nôtre.

33:03
Intervenant

– Vous parlez de la présidentielle, quand est-ce que Jean-Luc Mélenchon va se déclarer avant ou après les municipales ? C'est un mystère pour personne, on sait déjà qu'il est en campagne, ça se voit, ça se lit sur ses blocs.

33:11
Manuel Bompard

– Si vous le savez, vous n'avez pas besoin d'attendre sa déclaration.

33:13
Présentateur

– Nous confirmez, nous confirmez.

33:15
Manuel Bompard

– Mais non, je ne le confirme pas. Jean-Luc Mélenchon, il dit les choses, vous savez, quand il est candidat à une élection, il dit « je suis candidat à cette élection ». Je ne crois pas qu'il ait dit ça pour l'instant. – Non, mais il se prépare en tout cas. – Mais tout le monde se prépare. – Là non, ce sera avant ou après les municipales ? – Mais on verra, on ne sait même pas s'il va y avoir encore un gouvernement dans deux jours. Alors pardonnez-moi, mais peut-être que l'élection présidentielle elle va avoir lieu dans six mois.

33:35
Présentateur

– Vous demandez une présidentielle anticipée, il vaut mieux se préparer, et donc il se prépare.

33:37
Manuel Bompard

– Et on se prépare, collectivement. La France Assoumise se prépare, et évidemment, quelle que soit la date de l'élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, il jouera un rôle majeur dans cette élection présidentielle. Donc je crois qu'il se prépare aussi. Mais la France Assoumise, elle se prépare. On a un programme qu'on a réactualisé depuis 2022. On a engagé des recherches de parrainage présidentielle. On fait le travail parce que nous, on pense que c'est un moment important et qu'il faut être prêt dans l'hypothèse de l'élection présidentielle.

33:58
Présentateur

– Un moment important aussi pour le Proche-Orient. Le Hama s'est prêt à négocier en vue de la libération des otages israéliens. Est-ce que vous soutenez ce plan pour arrêter la guerre ?

34:07
Manuel Bompard

– Attendez, le plan de Donald Trump, c'est 20 points. D'accord ? Là, il semble que pour l'instant, il y ait au moins la possibilité de trouver un accord qui passe par l'arrêt des bombardements israéliens à Gaza, la libération des otages et la libération de prisonniers palestiniens. Puisque ça, c'est certains éléments qui étaient dans le plan que Donald Trump a mis sur la table. Alors là, je vais vous le dire franchement. Si ça, ça peut voir le jour, mais alors je signe tout de suite le plus rapidement possible pour que ça, ça puisse voir le jour. Parce qu'il faut que ces massacres s'arrêtent, parce qu'il faut que les otages puissent rentrer chez eux.

Et on a besoin que ça s'arrête le plus vite possible. Après, il va y avoir des négociations. Dans ces négociations, il y a des points qui, pour l'instant, ne font manifestement pas accord. Ce n'est pas à moi de décider à la place de la partie palestinienne ou de la partie israélienne quels sont les points qui peuvent faire accord ou ne pas faire accord. Ce que je dis, moi, c'est qu'il me semble qu'il doit y avoir un principe de base, c'est que les populations concernées doivent être consultées sur le sujet. C'est quand même un principe de base et qu'on ne leur impose pas une tutelle qui soit une tutelle de l'État.

35:06
Intervenant

Mais qu'est-ce qu'il veut dire consulter ? Vous imaginez des élections par des palestiniens, des gens...

35:13
Manuel Bompard

Il me semble que dans un processus normal, il peut y avoir peut-être une phase de transition, mais à la fin, ça doit se traduire, évidemment, par des élections. Enfin, quand même...

35:21
Présentateur

Pour valider le plan ou pas ?

35:22
Manuel Bompard

Peut-être d'abord pour valider le plan et puis après, à l'issue du processus, il faut peut-être que les...

35:26
Présentateur

La question d'Arlette, c'est comment on organise ? Comment c'est ? Rapidement, pour permettre la libération des otages israéliens qui sont depuis deux ans.

35:33
Intervenant

D'abord, on libère les otages.

35:34
Présentateur

D'abord, on libère.

35:34
Manuel Bompard

Et ensuite ? Non, d'abord, on fait un cessez-le-feu, on libère les otages et on fait en sorte qu'il y ait des prisonniers, puisque ça participe des conditions de l'accord, qui puissent être libérés.

35:42
Présentateur

C'est sur l'avenir du Hamas qu'il faut consulter les palestiniens ?

35:44
Manuel Bompard

Non, peut-être sur le fait que de savoir si c'est M. Donald Trump qui doit présider, en quelque sorte, la bande de Gaza, puisque c'est à peu près le sens de sa proposition. Admettez que ça puisse faire débat, qu'on puisse quand même en parler, en discuter. Donc, il va y avoir des négociations sur ce sujet. Moi, ce que je souhaite, c'est simple, c'est le respect total du droit international. C'est le cessez-le-feu immédiat, la libération des otages, la libération des prisonniers palestiniens. C'est la fin de la colonisation en Cisjordanie et c'est la possibilité d'avoir deux États, l'État israélien et l'État palestinien, qui vivent en paix et en sécurité.

Et il faut trouver le chemin pour aller vers cette solution. Et elle passe par le respect plein et entier du droit international.

36:20
Intervenant

Oui, alors, qu'est-ce que vous mettez dans le respect droit et entier du droit international ? Qu'est-ce que vous mettez sur les frontières ?

36:26
Manuel Bompard

Par exemple, la fin de la colonisation en Cisjordanie, le retrait par Israël des territoires occupés, évidemment de la vente de Gaza, mais y compris le démantèlement d'un certain nombre de colonies illégales aujourd'hui et qui ont été constituées en violation totale du droit international. Et ça, par exemple, vous voyez, ça ne participe pas des points qui sont dans le plan de M. Trump. C'est pour ça que je dis que s'il peut y avoir un accord rapide avec un cessez-le-feu et des libérations, c'est très bien, qu'après, la question de l'avenir de la situation va sans doute nécessiter des discussions.

36:52
Présentateur

Je le disais, Julie Arnaud nous rejoint. Une question, Olivier, d'abord.

36:54
Intervenant

Oui, dans ce contexte, on va parler de s'arrêter quelques instants sur Thomas Porte, un député de la France Insoumise, votre formation politique. Il s'est rendu ces derniers jours au Liban, à Beyrouth, et il s'est recueilli devant la tombe d'un des organisateurs du massacre des JO de Munich de 1972. C'est faux, monsieur. C'est un massacre, quand même, par un commando palestinien. Pourquoi c'est faux ?

37:12
Manuel Bompard

Mais parce que c'est faux. Enfin, franchement, faites attention. Vraiment, je vous le dis avec beaucoup de gentillesse, mais reprenez pas les informations de CNews et de...

37:21
Intervenant

Non, non, non, c'est CNews du tout.

37:23
Manuel Bompard

Alors, je vais vous dire très bien, Thomas Porte, d'ailleurs, vous auriez dû consulter son compte Twitter. Il a répondu...

37:26
Intervenant

Oui, il a même posé avec Georges Ibrahim Abdallah, effectivement.

37:28
Manuel Bompard

Attendez, attendez. Il est allé dans un cimetière, un cimetière qui est installé au Liban et dans lequel il y a les dépouilles d'un certain nombre de figures, qu'elles soient palestiniennes ou... Pas palestiniennes, d'ailleurs, mais qui ont été engagées dans la solidarité avec le peuple palestinien. Il est allé visiter un cimetière. Il n'a pas du tout rendu hommage à la tombe d'un ou d'une personne. Si maintenant, quand vous allez dans un cimetière...

37:52
Intervenant

Mais c'était opportun ? Est-ce que c'était opportun dans cette séquence-là, justement ? Est-ce que ça peut être perçu comme de la provocation ?

37:56
Manuel Bompard

C'est un cimetière dans lequel sont enterrées des personnes qui ont été engagées dans le soutien avec le peuple palestinien. Il a tout à fait la possibilité d'aller visiter ce cimetière. Mais si maintenant, quand vous allez visiter un cimetière, M. Beaumont, vous devez faire en sorte de vérifier que toutes les tombes qui sont dans ce cimetière sont des gens qui sont 100% recommandables, je vous dis, faites attention, vous n'allez plus aller dans beaucoup de cimetières. Donc, s'il vous plaît, ne dites pas des choses fausses. Il n'est pas allé rendre hommage à une personne comme vous êtes en train de le dire. Ce n'est pas vrai. Il est allé visiter un cimetière.

Il l'a dit d'ailleurs sur son compte Twitter. Et moi, j'engage tout le monde et j'invite tout le monde à quand même vérifier un petit peu les informations et notamment les polémiques qu'on essaye de constituer contre la France insoumise parce que bien souvent, elles sont sur des bases... Donc, il est allé dans un cimetière

38:38
Présentateur

mais vous dites qu'il ne s'est pas recueilli devant la tombe.

38:40
Manuel Bompard

C'est ce que lui-même a dit d'ailleurs.

38:41
Présentateur

Il est allé dans un cimetière pas pour se recueillir sur une tombe. D'habitude, quand on est dans un cimetière,

38:45
Manuel Bompard

c'est pour rendre hommage à une personne. Mais pas sur la tombe dont vous êtes en train de parler. C'est juste ça que je suis en train de vous dire, moi.

38:52
Présentateur

Julien Arnaud, vos questions du tac au tac à Manuel Bompard.

38:55
Intervenant

Bonjour Manuel Bompard. Cédric Brun, qui était conseiller régional de la France insoumise et de la France... Vous avez fait la collection, là. Oui, oui, vous allez me dire. A quitté le parti, estimant, je cite, qu'il y avait une dérive idéologique majeure avec l'arrivée de profils proches des frères musulmans. Fin de citation. Il ment. Vous lui dites quoi, ce matin ?

39:13
Manuel Bompard

Je lui dis que quand on lance des accusations aussi graves contre une formation politique, il faut être capable de donner au moins un exemple. J'ai entendu hier, il était invité à la télévision, il n'est pas capable d'en donner un seul. Donc pour vous, il ment ? Non seulement il ment, mais je pense, parce que je suis assez fin maintenant, connaisseur de la chose politique, qu'on verra dans quelques semaines ou dans quelques mois que sans doute qu'il se retrouvera dans une autre formation politique ou candidat sur une liste d'une autre formation politique que la nôtre. Vous verrez, on en reparlera. À suivre.

Donc juste, il a le droit d'avoir des désaccords politiques avec la France insoumise, mais qu'il évite de jeter des accusations aussi graves contre nous sans être capable d'en démontrer, ne serait-ce qu'une seule. C'est le principe de base. Vérifiez-le, par exemple. Vous voyez ? Il n'a pas donné un seul nom, un seul cas concret, deux cas comme ça. Donc il ne faut pas dire des choses inexactes.

40:00
Intervenant

Le gouvernement partirait à la chasse à la fraude sociale, c'est-à-dire dans la tribune dimanche, sécuriser la carte vitale, renforcer les conditions de versement pour objectif récupérer 2,3 milliards d'euros en 2026. Pas négligeable, non ?

40:15
Manuel Bompard

Alors il pourrait aussi partir à la chasse de la fraude fiscale, non ? Parce que là, on parle de 60 à 100 milliards d'euros par an. Vous voyez la proportion entre les deux ? C'est pareil, on nous l'a déjà fait 4 fois, quoi. On va aller chercher de l'argent dans la fraude sociale et puis M. Attal avait un grand plan pour lutter contre la fraude fiscale. Vous avez eu des résultats de ce grand plan de la fraude fiscale ? On a récupéré combien ? Donc les annonces comme ça qui ne sont pas suivies d'effet, franchement, c'est...

40:39
Présentateur

Ça augmente chaque année. Alors, Julien ?

40:41
Intervenant

Un syndicat d'enseignants a proposé de laïciser les noms des vacances scolaires de la Toussaint de Noël en vacances d'automne et de fin d'année. Bruno Retailleau parle d'un appauvrissement culturel. Il a raison, non ?

40:51
Manuel Bompard

Je ne sais pas, je ne connais pas la nature de la proposition de ce syndicat d'enseignants, mais si M. Retailleau pouvait éviter de chercher n'importe quelle proposition...

40:58
Présentateur

Les vacances de Noël, ça vous va ?

41:00
Manuel Bompard

Moi, ça me dérange. Les vacances à tous, on peut appeler ça aux vacances de Noël, on peut appeler ça autrement. Je ne sais pas, peut-être que leur proposition est intéressante, je ne sais pas, il faut en parler avec eux. Au nom de la laïcité. Je n'ai pas l'impression que ça nécessite que le ministre de l'Intérieur réagisse sur ce sujet. Vous voyez, je trouve qu'à un moment, peut-être qu'il s'occupe de son travail, ce serait mieux.

41:20
Intervenant

Deux autres petites questions. De nombreux élus sont fustigés pour leurs dépenses effectuées avec leur enveloppe de mandat. Vous dites choqués, la morale plus forte que la loi, ou faut-il tout simplement les supprimer ?

41:29
Manuel Bompard

C'est clair que là, il y a quand même des abus. Et franchement, j'ai vu la déclaration de la maire du 7e arrondissement, qui remercie les gens. À un moment, il faut arrêter. Les gens, ils galèrent.

41:43
Présentateur

Il faut arrêter quoi, alors ?

41:44
Manuel Bompard

Il faut arrêter d'abord de dire ça. Et puis deuxièmement, évidemment, qu'il faut réduire, renforcer les contrôles et réduire ses frais de représentation. Quand tout le monde est en train de tirer la langue pour finir les fins de mois, je pense que personne ne peut comprendre. Vous savez, il y a par exemple les étudiants aujourd'hui qui galèrent, qui vont aux aides alimentaires. Et là, vous avez quelqu'un qui vous dit « Moi, j'ai 1000 euros pour m'acheter des habits chaque mois. Merci, merci beaucoup. »

42:07
Présentateur

Anne Hidalgo, elle a forcé la...

42:09
Manuel Bompard

Bah, j'ai l'impression, moi, après, selon les notes de frais qui sont ressorties, j'ai l'impression qu'il y a eu des abus, oui. Et moi, je crois que tout ça doit... Il faut arrêter avec ça, parce que franchement, après, on s'étonne que les gens, ils aient une image de la politique qui soit une image à distance, ou que les gens aient l'impression que vous êtes engagés en politique pour vos propres intérêts. Donc oui, il faut davantage d'encadrement de tout ça.

42:30
Intervenant

Un dernier mot, juste rapidement, Emmanuel Bompard. Dernier mot, vous parliez du futur gouvernement, du casting. Juste un mot, ça m'intéresse. Vous attendez à des surprises. On parle de Roland Lescure, député macroniste, ancien ministre de l'Université, pour remplacer Éric Lombard à Bercy.

42:42
Manuel Bompard

Incroyable ! Quelle rupture ! Un macroniste pour remplacer un macroniste. Non, enfin, vous voyez bien. Pardon, mais la question même que vous posez démontre qu'il n'y a aucune rupture à attendu dans la composition de ce gouvernement.

42:53
Présentateur

Dernière question, tiens, qu'est-ce que vous faites aujourd'hui ?

42:55
Intervenant

Oui, il y a une manifestation cet après-midi pour réclamer la libération des otages en Israël, manifestation au rassemblement à Paris, et aussi, parce qu'on est à quelques jours, deux jours, effectivement, de la commémoration du massacre du 7 octobre. Vous pourriez y participer ? Est-ce que la France Insoumise y participe ?

43:11
Manuel Bompard

Madame Chabot, vous savez très bien que les organisateurs de cette manifestation sont des personnes qui polémiquent à longueur d'antenne et à longueur de journée contre la France Insoumise. Donc, pardon, moi, je souhaite la libération des otages. Je pense que je l'ai dit de manière assez précise et assez claire. Mais là, bon, n'allons pas...

43:29
Intervenant

Parce que vous ne seriez pas accepté cette manifestation ?

43:31
Manuel Bompard

Non, mais parce que moi, je ne participe pas à toutes les manifestations. Ça dépend de qui les organise. Et là, en l'occurrence, je suis en désaccord frontal avec les organisateurs et les organisatrices, qui sont des gens qui passent leur temps à calomnier la France Insoumise de manière totalement honteuse. Et cet après-midi, s'il y a des gens qui manifestent pour la libération des otages, ils en ont tout à fait le droit, évidemment. Je souhaite cette libération le plus rapidement possible. Je l'ai dit. Et il y a d'autres manifestations aussi cet après-midi. Vous me permettez d'en dire un mot.

Notamment des familles, des personnes que je ne mets évidemment pas sur le même plan, mais qui ont été sur la flottille de la liberté qui est allée pour briser le blocus humanitaire de Gaza, qui sont aujourd'hui encore détenues. Il y a plus de 30 ressortissants français qui sont aujourd'hui détenus. Et peut-être que ce serait bien que la France dise quelque chose sur ce sujet.

44:18
Présentateur

Vous ne les mettez pas sur le même plan.

44:20
Manuel Bompard

Je l'ai dit, madame. Je peux le redire une deuxième fois, si vous voulez. Je fais la différence.

44:24
Présentateur

Parce que la comparaison, effectivement, serait...

44:26
Manuel Bompard

Mais je fais la différence entre des gens qui sont évidemment détenus depuis plusieurs mois, voire plusieurs années. Mais ça n'enlève rien au fait que la situation qui est réservée...

44:36
Présentateur

Il y a des personnes qui vont être expulsées, mais qui ne sentent aucun dommage physique. Ah bon ?

44:41
Manuel Bompard

Vous avez cette information, vous ? Vous savez comment ça se passe dans les prisons israéliennes quand madame Greta Thunberg dénonce des violences qu'on lui a fait subir ? Vous trouvez ça bien ?

44:52
Présentateur

Merci.

44:53
Manuel Bompard

Donc vous voyez, on peut ne pas mettre sur le même plan et en même temps considérer que les conditions de détention dans les prisons israéliennes sont tout à fait inacceptables.

44:59
Présentateur

Merci Manuel Bampard d'avoir participé à l'émission Dans toute franchise. Dans un instant, les vérificateurs avec Anne-Cloé-Botté sur LCI. Merci Olivier Arlette et Julien. La semaine prochaine, bonne journée. Sous-titrage Société Radio-Canada

45:10
Locuteur

Sous-titrage Société Radio-Canada

Gouvernement, Gaza, Thomas Portes, RN ...Manuel Bompard invité de LCI |LCI — Manuel Bompard · Pourquijevote