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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 5 janvier 2022 26 min

Éric Ciotti à Emmanuel Macron : "C'est une stratégie électorale indigne d'un président de la République."

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Il est 8h22, France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-9. Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien du 7-9, le député LR des Alpes-Maritimes. Il est aujourd'hui monsieur autorité dans l'équipe de campagne de Valérie Pécresse. Questions et réactions au 01 45 24 7000 sur les réseaux sociaux et l'application mobile de France Inter. Eric Ciotti, bonjour. Bonjour. Bonjour. Et bienvenue sur France Inter. Le président de la République donne ce matin une longue interview au quotidien Le Parisien. Il y a question d'Europe, de laïcité. Il fait par ailleurs un pas très clair vers sa future candidature à la présidentielle.

On va revenir sur tous ces sujets évidemment, mais c'est sur la vaccination qu'Emmanuel Macron lâche ses coups. S'il refuse l'obligation vaccinale parce qu'elle n'est pas possible à mettre en œuvre, il dit clairement avoir envie d'emmerder les non-vaccinés et de continuer à le faire jusqu'au bout, emmerder les non-vaccinés. C'est ça la stratégie. Comment avez-vous reçu ces mots, Eric Ciotti ?

1:05
Éric Ciotti

C'est une stratégie électorale qui est indigne d'un président de la République. On a vu il y a quelques semaines cette émission assez étrange de communication pendant deux heures où le président de la République s'était déguisé en bisounours avec une forme de mea culpa. Et puis là, le candidat qui apparaît dans cette interview, parce que l'information de cette interview, c'est que M. Macron est quasiment depuis aujourd'hui officiellement candidat. Et il place sa candidature sous le signe de la violence verbale qui est assumée. Ce n'est pas un dérapage. C'est une interview écrite, donc relue par M. Macron, en tout cas par ses collaborateurs. C'est une stratégie de rupture et de division.

Et quand on est président de la République, président-candidat ou candidat-président, on n'a pas cette attitude de fracture et de division.

2:02
Locuteur 2

Christophe Castaner, lui, assume, il dit qu'Emmanuel Macron a le mérite de la franchise et il relaie ce que ressentent beaucoup de soignants voyant les services de réanimation asphyxiés par beaucoup de malades Covid non vaccinés. Est-ce que ça s'entend, ça, qu'il a le mérite de la franchise ?

2:17
Éric Ciotti

Ce n'est pas de la franchise, c'est de la provocation et c'est de la stratégie électorale. Moi, ce que je souhaite, c'est qu'on aille vers ces 5 ou 6 millions de Français qui ne sont pas encore vaccinés, donc qui sont menacés, qui prennent un risque, qui prennent un risque pour eux-mêmes, qui exposent notre système de soins et nos soignants à des tensions qui sont insupportables, mais qu'on fasse tout pour qu'ils soient vaccinés.

2:43
Locuteur 2

Pourquoi vous dites que c'est une stratégie électorale ? En quoi c'est une stratégie électorale ?

2:46
Éric Ciotti

C'est une stratégie électorale parce que quand on est président de la République, on a le souci de rassembler les Français. Emmanuel Macron veut cliver, veut diviser, veut apparaître...

2:57
Locuteur 2

Et ça, c'est payant électoralement, vous dites ?

2:59
Éric Ciotti

Je ne crois pas à terme, je ne crois pas à terme. On voit bien ce qu'il veut faire. Il veut être celui qui apparaît comme protecteur de ceux qui ont fait le choix de la vaccination, en opposition aux autres. Mais quand on est président de la République, on ne dénie pas la fonction de citoyen à une partie à près de 10% de la population.

3:23
Présentateur

La phrase, je la cite, quand ma liberté vient menacer celle des autres, je cite le président de la République, je deviens un irresponsable, un irresponsable n'est plus un citoyen.

3:34
Éric Ciotti

Je rappellerai, c'est peut-être une analogie hasardeuse, mais en 2016, il n'était pas encore président de la République, il avait refusé la déchéance de nationalité pour les terroristes islamistes, justement sur cette base, en disant tout le monde est citoyen. Et là, les non-vaccinés seraient peut-être plus dangereux que les terroristes. C'est quand même un raisonnement qui, pour moi, est extrêmement choquant et qui va montrer, finalement, ce quinquennat aura été un quinquennat de fracture, de violence.

Nous avons eu les Gilets jaunes, nous avons la violence dans la rue, nous avons un président qui, en permanence, recherche la tension, la provocation, on a eu ces phrases, ce mépris social, quelque part, les illettrés de Gade, ceux qui ne seraient rien, c'est du mépris, quelque part, de la condescendance hautaine qui traduit ce qu'est au plus profond de lui-même Emmanuel Macron qui, quelque part, n'aime pas ceux qui ne pensent pas comme lui.

4:45
Locuteur 2

Alors, il y a une semaine, vous avez dit Emmanuel Macron n'aime pas la France, là vous dites qu'il n'aime pas les Français qui ne pensent pas comme lui. Vous regrettez cette phrase sur Emmanuel Macron n'aime pas la France ?

4:54
Éric Ciotti

Non, je l'assume, non seulement je l'assume, mais je crois qu'elle correspond à une profonde réalité. C'est un président qui considère qu'il y a des valeurs qui sont supérieures à ce que notre histoire, notre identité, notre culture incarne, représente. Ça a commencé avant son élection, il faut bien le reconnaître. C'était depuis Alger, le crime contre l'humanité dont la France eut été coupable, c'est la déconstruction de l'histoire de France, c'est l'absence de culture française. C'est tout ça qui me fait dire qu'au fond, pour Emmanuel Macron, il y a au-dessus de la France une approche, là en conséquence c'était l'Europe, mais qui est supérieure à notre nation, à son histoire, à son âme.

Et cette phrase, je l'assume et j'y crois profondément.

5:49
Locuteur 2

En tout cas, on va y revenir sur l'Europe et les drapeaux européens, mais si on revient à la situation sanitaire et à ce qui se passe au Parlement, Charline Vanhoenacker tout à l'heure disait qu'on avait l'impression d'être dans une pièce de fait d'eau où on claque les portes, etc. Ça fait quand même trois jours que c'est étonnant ce qui se passe à l'Assemblée nationale, convenaisant entre les coups de l'opposition, les députés La République En Marche qui ne sont pas présents. Et puis hier, les mots du président de la République qui font que la séance a été une nouvelle fois interrompue, alors que quand même, pardon, vous votez un texte très important sur le pass vaccinal.

6:21
Éric Ciotti

Et personnellement, je le voterai.

6:22
Locuteur 2

Vous, vous le voterez, mais alors pas tout le monde le votera à droite, vous allez nous expliquer. Mais juste, qu'est-ce qui se passe ? Vous ne trouvez pas ça un peu ridicule, ce qui se passe à l'Assemblée nationale depuis deux jours ?

6:31
Éric Ciotti

Ce qui est ridicule, c'est l'organisation de ce débat, tel qu'il a été conçu par l'exécutif. Là aussi, d'une façon un peu provocante, voilà, on ne peut pas examiner 500 à 600 amendements en quelques heures. Donc on sait très bien que ça ne tient pas, donc soit c'est une provocation, soit c'est de l'amateurisme, peut-être sans doute un peu des deux, mais c'est au gouvernement d'assumer ce choix. Et quand le président de la République, au cœur du débat, pose cette phrase, c'est aussi une provocation. A nous de ne pas tomber dans la provocation. Avec Valérie Pécresse, nous avons toujours eu une attitude de responsabilité.

Dans quelques semaines, Valérie Pécresse, j'en suis convaincue, sera présidente de la République. Nous aurons à gérer la crise sanitaire. Oui, ça n'a pas fini. Malheureusement, cette crise va durer. Donc il faut une attitude de responsabilité. Moi, je crois aux vaccins, j'y ai toujours cru, je crois au progrès, à la science. Je récuse les arguments complotistes qui sont totalement insupportables de certains et qui ont induit les Français qui ne se sont pas fait vacciner dans le doute. Et il faut lever ce doute, il ne faut pas les insulter. Il faut expliquer, il faut convaincre. Il faut démontrer que sur des faits statistiques...

7:57
Locuteur 2

Mais ça fait des mois de vous expliquer que ça ne marche pas. Il y a toujours 5 millions de personnes qui ne veulent pas se faire vacciner.

8:01
Éric Ciotti

Il ne faut pas se résigner.

8:02
Présentateur

Valérie Pécresse et vous-même, vous l'avez dit à l'instant, être favorable au vaccin et au pass vaccinal. Aurélien Pradier, porte-parole de Valérie Pécresse, voulait voter contre lui. Il semble avoir été rappelé à l'ordre. Si on lit le Figaro ce matin, il devrait s'abstenir, avoir le droit de s'abstenir. Est-ce normal ? C'est Gabriel Attal qui le soulignait, qui avait quand même des écarts chez vous sur la ligne sanitaire. Est-ce normal qu'il y ait autant de voix sur un sujet aussi important ?

8:33
Éric Ciotti

On n'est pas des plaies mobiles. On n'est pas comme les députés marcheurs qui, sur ordre, lèvent ou baissent la main. Voilà, il y a des sensibilités. C'est un sujet grave, c'est un sujet important qui touche aux libertés publiques. De quoi s'agit-il ? C'est l'arbitrage entre la sécurité sanitaire et les libertés publiques. Les libertés publiques sont mises en cause de façon provisoire et dans un cadre légal, mais elles sont mises en cause pour mieux protéger. C'est cet arbitrage.

Certains, moi je considère que la sécurité sanitaire doit primer, comme je considère que sur d'autres sujets, mais c'est toujours le même débat, la sécurité globale doit quelquefois contraindre à limiter des libertés publiques pour mieux nous protéger. C'est cet arbitrage un peu traditionnel qui pose débat. On a ce débat, mais vous verrez une très grande majorité.

9:28
Locuteur 2

C'est quoi une très grande majorité ? Vous serez combien à le voter ?

9:31
Éric Ciotti

Nous ne nous opposerons pas à ce texte dans une très grande majorité.

9:35
Présentateur

Question directe de Pierrick sur l'application de France Inter. Vous au pouvoir avec Mme Pécresse. Comment gérez-vous les non-vaccinés, vous aujourd'hui ?

9:44
Éric Ciotti

Je pense qu'il y a 600 000 personnes, je crois de plus de 80 ans, qui ne sont pas vaccinées. Il faut systématiquement, de façon individuelle, les contacter. Il faut que les services sociaux des départements, notamment, moi j'ai été président d'un département, on a la compétence de la gestion des personnes âgées, notamment des personnes âgées en perte d'autonomie, il faut aller vers elles, il faut aller à leur domicile, il faut que des travailleurs sociaux, des assistantes sociales, des médecins leur parlent.

10:15
Présentateur

Mais sur le bloc de 4 400 000 qui restent ?

10:18
Éric Ciotti

Exactement, déjà, il y a les personnes âgées, parce que ce sont elles les plus vulnérables. Si elles sont touchées, on sait que leur vie est immédiatement mise en cause. J'ai vu, j'étais dans le service de réanimation du CHU de Nice vendredi, j'ai passé deux heures avec le professeur Hichet, il me disait, sur 13 lits de réanimation, 12 étaient, 13 lits Covid occupés, parce qu'il y a d'autres pathologies, 12 n'étaient pas vaccinés. Donc la réalité, elle est là, il faut le dire et il faut le marteler.

10:49
Locuteur 2

Éric Souty, vous êtes pour l'obligation vaccinale, est-ce que ce ne serait pas plus simple ? Par exemple, Édouard Philippe vient de dire qu'il était pour.

10:59
Éric Ciotti

Je crois que c'est totalement impossible à mettre en œuvre. Donc on peut, par le principe, on pourrait être pour, et moi c'est une idée qui ne me choque pas, mais on sait que dans les faits, c'est totalement impossible. Voilà, la réalité, elle est là. Mais je veux aussi dénoncer des propos terriblement dangereux et irresponsables de certains politiques qui ont induit des Français pour des basses raisons politiciennes.

11:30
Locuteur 2

Lesquelles ? De quoi vous parlez ?

11:31
Éric Ciotti

Je pense aux philippots et consorts qui sont dans le délire le plus complet.

11:37
Présentateur

On passe au standard. Martine nous y attend pour réagir à ce verbe qu'on écoute beaucoup, qu'on entend beaucoup depuis ce matin. Bonjour Martine, bienvenue.

11:46
Locuteur 5

Oui, bonjour, bonjour à tous. Oui, je suis un petit peu agacée par le comportement de l'opposition qui joue les Vierges et Farouchers pour ce mot, enfin ce verbe. Maintenant, moi j'aurais aimé qu'on pose la question aux médecins, chirurgiens, réanimateurs, savoir si eux, en off, ils n'emmerdent pas les gens qui occupent les lits de personnes qui attendent en urgence des opérations. On nous parle depuis quelques semaines, enfin, on va dire quelques jours pour ne pas dire quelques semaines, d'un jeune homme qui est atteint d'une tumeur au cerveau qui ne peut pas être opéré. Ça ne les dérange pas ? Ça ne les emmerde pas, l'opposition, de savoir ça ?

12:27
Présentateur

En tout cas, vous, le mot ne vous choque pas et le débat qui le sous-tend, vous l'entendez aussi ?

12:36
Locuteur 5

Alors, je vais vous dire, non seulement le mot ne me choque pas, mais moi, ce qui me choque, c'est de s'emparer de ce verbe pour taper sur l'exécutif. Franchement, non. En plus, un président de 40 ans, c'est tous les jours qu'on emploie le mot emmerdé. Tout le monde l'emploie, ça ne choque personne. Ce qui me choque, c'est les vierges et farouchés.

12:59
Présentateur

Merci, merci Martine. Un mot de réaction, Éric Ciotti, vierges et farouchés ?

13:05
Éric Ciotti

Je crois que quand on est, la différence avec chaque citoyen que nous sommes, c'est que M. Macron est président de la République et qu'il a une responsabilité un devoir, c'est de ne pas faire de la base politique politicienne. C'est d'essayer de ne pas élargir les fractures qui sont extraordinairement dangereuses dans notre pays. On est au bord de l'explosion sur beaucoup de sujets et là, M. Macron essaie d'éteindre l'incendie avec des barils de kérosène qu'il jette au-dessus.

13:36
Présentateur

Le Premier ministre Jean Castex a dénoncé hier des violences inadmissibles contre des élus. Il veut punir des actes ignobles. D'où vient Éric Ciotti ? Cette violence, agression, menace de mort, comment lutter contre ?

13:49
Éric Ciotti

La violence, elle est dans la rue, elle est dans la société. Aujourd'hui, il y a 800 agressions gratuites chaque jour. Donc, il y en a contre les élus et naturellement, je les condamne. J'ai eu personnellement des menaces. Bon, ce n'est pas le sujet. Le sujet, c'est la violence d'une société, aujourd'hui, qui en perte de repères, d'autorités, de sanctions, parce qu'il y a une forme d'impunité qui s'est généralisée, mais ce que subissent des élus, chaque citoyen, malheureusement, le subit chaque jour dans sa vie quotidienne. Et c'est ça que nous voulons réparer avec Valérie Pécresse.

Nous voulons restaurer l'ordre républicain dans la rue, dans les quartiers, lancer un message d'impunité parce que ceux qui se croient autorisés à menacer les élus ou à agresser des citoyens, ils vivent dans un régime d'impunité. La réalité, elle est là.

14:42
Locuteur 2

Éric Ciotti, Emmanuel Macron dit beaucoup de choses dans cet entretien et pas seulement qu'il emmerde les antivax. Il parle aussi d'un sujet qui vous est cher qui est celui de l'héritage. Alors, on sait que vous plaidez depuis le début pour faciliter les donations des parents vers les enfants. Il dit, il dit, je pense qu'il y a des choses à améliorer sur cette question-là, notamment sur la transmission populaire, c'est-à-dire lorsqu'on n'est pas sur des montants exorbitants, on le sent qu'il ouvre la porte à éventuellement pouvoir faciliter ces donations-là. Qu'est-ce que vous en pensez ?

15:15
Éric Ciotti

Là encore, c'est sans doute le candidat qui parle. Le président de la République a agi à l'inverse. Il y a encore un rapport du Conseil d'analyse économique qui dépend directement de Matignon qui est sorti la semaine dernière qui propose de taxer beaucoup plus les successions, ce que personnellement j'appelle l'impôt sur la mort. J'avais porté cette proposition.

15:37
Locuteur 2

Il dit qu'il y a des favorables dans l'entretien.

15:39
Éric Ciotti

J'en prends acte, mais nous, nous aurons avec Valérie Pécresse des propositions très fortes, très responsables pour diminuer cet impôt confiscatoire qui est injuste, qui prive des familles et des entreprises. Puisque le Conseil d'analyse économique proposait même de revenir sur le pacte du TREI qui favorise la transmission

16:02
Locuteur 2

des entreprises. Vous voulez, et c'est la proposition de Valérie Pécresse qu'elle a clarifiée hier, le père, la mère, le grand-père, la grand-mère ont le droit de donner 100 000 euros tous les 6 ans, c'est ça, à leurs enfants ou à leurs petits-enfants ?

16:14
Éric Ciotti

Moi, j'avais proposé d'aller plus loin et nous irons plus loin avec le projet de Valérie Pécresse.

16:19
Locuteur 2

N'est-ce pas une mesure qui concerne très peu de Français au fond ? Les gens qui ont 100 000 euros à donner à leurs enfants ou à leurs petits-enfants ?

16:26
Éric Ciotti

Ça concerne beaucoup de familles. Il y a aujourd'hui de l'épargne financière qui est stérilisée dans le pays, 5 700 milliards d'euros. Il faut favoriser la transmission. Moi, je crois en ce mot de transmission. C'est un beau mot. Transmission de patrimoine immobilier, mobilier, mais surtout patrimoine immatériel aussi. La transmission, c'est important pour conserver une nation.

16:53
Présentateur

Allez, ouvrons un chapitre politique avec Jean-François au Standard. Bonjour et bienvenue.

16:58
Locuteur 1

Oui, bonjour France Inter. Bonjour M. Ciotti. Bonjour. Voilà, moi j'ai une question sur les droites françaises qui vont donc de Emmanuel Macron jusqu'à Éric Zemmour arrivent dans un ordre complètement dispersé finalement et atomisé à cette élection et on ne sent pas de rassemblement comme celui qui est intimé à la gauche. On nous dit il faut se rassembler à gauche mais on n'a pas cet appel à une union, à une candidature unique à droite. Pourquoi ? Est-ce que vous y travaillez vous ?

17:27
Présentateur

Merci Jean-François pour cette question. Éric Ciotti vous répond.

17:31
Éric Ciotti

Je crois que la situation de la gauche est un peu différente puisque l'objectif c'est de rassembler aujourd'hui à gauche des miettes. Nous, nous travaillons pour gagner cette élection présidentielle. Mais une droite,

17:46
Présentateur

une famille de droite unie, c'était ça la question de Jean-François.

17:50
Éric Ciotti

Votre auditeur classé M. Macron à droite, je récuse totalement cette supercherie que laissent entendre d'ailleurs certains partisans de M. Macron, voire lui-même. M. Macron n'a rien à voir avec la droite. Quand on a refusé de conduire toute réforme économique majeure, notamment sur les retraites, sur le temps de travail, sur la fiscalité, on en parlait sur le patrimoine, sur l'impôt. L'ISF, ce n'est pas une mesure

18:20
Locuteur 2

de droite ?

18:21
Éric Ciotti

C'est une mesure marginale. L'ISF,

18:26
Locuteur 2

la loi travail, ce n'est pas des mesures plutôt de droite ?

18:29
Éric Ciotti

Regardez les résultats quand on a le record d'Europe de dette, de dépenses publiques et d'impôts, on n'est pas de droite. Quand on a été le président qui a battu tous les records migratoires sur le quinquennat, on n'est pas de droite. Quand on voit, j'en parlais il y a quelques instants, la violence s'installer dans la rue, on n'est pas de droite.

18:49
Présentateur

Mais une famille unique, j'aimerais bien qu'on réponde tout de même à Jean-François, notre auditeur. Vous avez exclu Emmanuel Macron qui irait de Xavier Bertrand à Marine Le Pen et Éric Zemmour. Y êtes-vous favorable ? Y travaillez-vous ?

19:01
Éric Ciotti

Moi, je souhaite le rassemblement des électeurs de droite. Être de droite, pour moi, c'est quoi ? C'est aimer la France, c'est aimer son histoire, c'est croire en l'ordre républicain, c'est croire en la liberté. Donc, tous ceux qui se retrouvent dans ces valeurs doivent aujourd'hui, s'ils veulent battre Emmanuel Macron, se rassembler derrière Valérie Pécresse. La réalité, elle est là. S'il y a un autre candidat face à Emmanuel Macron, Emmanuel Macron sera réélu. Seul, aujourd'hui, Valérie Pécresse peut mettre un terme à un quinquennat qui aura été un quinquennat, je le dis, au mieux inutile et au pire très dangereux pour notre pays.

19:39
Locuteur 2

Et si vos pronostics s'avèrent faux et qu'il y a, par exemple, un second tour Emmanuel Macron face à Éric Zemmour, vous aviez dit il y a quelques semaines je voterais Zemmour, est-ce que vous le dites toujours ce matin ?

19:49
Éric Ciotti

Vous savez, je suis, c'est peut-être une des qualités qu'on me prête au milieu de beaucoup de défauts qu'on me reproche, je suis un homme de fidélité, je n'ai pas changé, j'ai dit les choses, cette hypothèse, je n'y crois pas. Mais si elle devait

20:03
Locuteur 2

advenir ?

20:04
Éric Ciotti

Cette hypothèse, je n'y crois pas, moi je me battrai pour que Valérie Pécresse gagne cette élection présidentielle dans la loyauté parce que nous avons le même socle de valeur bien sûr et surtout je suis convaincu que seule, je le redis, elle a la capacité de rassembler des électeurs de droite qui sont partis vers Emmanuel Macron ou d'autres qui nous ont quittés alors qu'ils étaient chez nous en 2007 derrière Nicolas Sarkozy sont allés vers Marine Le Pen. Donc vous ne variez pas

20:35
Locuteur 2

et vous assumez ?

20:35
Éric Ciotti

Absolument.

20:36
Locuteur 2

Valérie Pécresse a révélé hier l'organigramme de son équipe de campagne, vous, vous êtes monsieur autorité, vous êtes cité en premier, vous êtes l'homme fort de cette campagne, Michel Barnier sera en charge de la France et de l'Europe dans le monde, Xavier Bertrand de la République des Territoires, Philippe Juvin de la Santé, cet organigramme c'est un peu comme l'école des fans de Jacques Martin, tout le monde gagne à la fin.

20:55
Éric Ciotti

C'est surtout une belle équipe, c'est surtout des compétences, c'est surtout des territoires qui sont représentés, voilà, c'est une équipe qui répond à toutes les grandes problématiques. Et c'est aussi une équipe

21:09
Locuteur 2

qui a des sensibilités très différentes, Eric Ciotti, quel est le rapport politique-idéologique entre Nadine Morano, nommée conseillère politique, et Michel Barnier ?

21:18
Éric Ciotti

C'est l'histoire de la droite républicaine. Il y a eu autour du général de Gaulle des gens différents, Michel Debré, René Capitan, bon c'est déjà de l'histoire politique, il y en a eu autour de Jacques Chirac, entre Charles Pasquois et Alain Juppé, il y avait des nuances, voire des différences. Et l'esprit d'une famille, c'est de s'appuyer sur les meilleurs, sur les talents, et de proposer, il y aura un projet global, il sera présenté dans quelques jours, dans quelques semaines, et ce sera le projet de notre candidate, et chacun y prendra sa part.

21:53
Présentateur

Sur la présidence française de l'Union Européenne, Emmanuel Macron affirmait début décembre, le 9, je le cite, s'il faut résumer en une phrase l'objectif de cette présidence, je dirais que nous devons passer d'une Europe de coopération à l'intérieur de nos frontières, à une Europe puissante dans le monde, pleinement souveraine, libre de ses choix, et maître de son destin. Avez-vous la même définition de l'Europe ?

22:17
Éric Ciotti

Moi, je crois en l'Europe, une Europe puissante, mais en une Europe qui n'efface pas les nations. C'est sans doute la différence avec Emmanuel Macron, c'est pour ça que j'ai dit qu'il n'aimait pas la France, parce qu'il préfère une approche supranationale qui, quelque part, il utilise la gomme pour effacer ce que nous sommes, notre histoire. Moi, je crois, je suis européen, nous avons besoin dans la guerre des blocs qui se dessine entre les Etats-Unis et la Chine, nous avons besoin d'une Europe puissante. Vous êtes pour l'Europe

22:53
Locuteur 2

de la défense ?

22:54
Éric Ciotti

Tout à l'heure, Pierre Aski parlait de ces enjeux technologiques majeurs. C'est à l'échelle européenne, bien entendu, que ces enjeux peuvent se développer. Sur la défense, moi, je crois, des coopérations de défense, après la défense, ça participe de la souveraineté nationale. L'utilisation du feu nucléaire, c'est du ressort de la nation. L'utilisation des forces, c'est du ressort de la nation. Qu'on ait des programmes de coopération militaire, mais là, il faut rompre avec la naïveté quand on voit que les Belges achètent des avions américains, des F-16, les Polonais également. Il faut, à un moment, que chacun prenne ses responsabilités et qu'on ne joue pas un double jeu.

On en est loin aujourd'hui.

23:39
Locuteur 2

Vous dites, il faut rétablir ses relations avec la Russie de Vladimir Poutine. Mais Vladimir Poutine le veut-il, ses relations ? Quand on voit que là, par exemple, sur la question ukrainienne, l'Ukraine est en Europe, sur la question ukrainienne, il ne prend même pas la peine de parler aux pays européens, ni la France, ni l'Union européenne, ni la Commission européenne. Il parle directement aux Etats-Unis. Est-ce que vous pensez que Vladimir Poutine a envie de tendre la main aux nations européennes ?

24:00
Éric Ciotti

Je le crois parce que vous nous indiquez que l'Ukraine est en Europe, mais la Russie aussi. Je rappellerai la phrase du général de Gaulle de l'Atlantique à l'Oural, et aussi participe de cette civilisation. Nous avons une civilisation commune, on peut qualifier de civilisation européenne, de racine commune. On a tourné de façon stupide depuis M. Hollande, perpétuée par M. Macron, on a eu une attitude d'hostilité, d'ignorance, de mépris, d'isolement à l'égard de la Russie.

24:33
Locuteur 2

Mais le veut-il Vladimir Poutine quand il ne nous invite pas à la table des négociations sur la question ukrainienne ?

24:38
Éric Ciotti

C'est parce que nous, on l'a ostracisé aussi. On est en train de renvoyer la Russie soit vers la Chine, soit vers les Etats-Unis. Donc arrêtons avec cette politique stupide. C'est pour ça que d'ailleurs j'avais rencontré l'ambassadeur de Russie en France. Je pense que nous avons besoin de rebâtir, de restaurer un fil, parce que ça fait partie de notre histoire Je rappellerai le grand voyage du général de Gaulle à Moscou. C'était à l'époque l'Union soviétique et il avait osé parler de Russie en disant quand la France et la Russie sont éloignées, la France et la Russie vont mal. Quelque part, c'est ça. Il faut renouer avec notre histoire.

25:19
Présentateur

Eric Ciotti, merci. Merci. Merci monsieur autorité de l'équipe de campagne de Valérie Pécresse d'avoir été ce matin au micro d'Inter. Il est 8h47.

25:28
Locuteur 5

France Inter a été un film

25:36
Locuteur

derrière. Ilć est libre de l'équipe et le faire.