Laurent Nuñez "évidemment pas du tout content des propos et des gestes" de gendarmes à Sainte-Soline
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 30 %Défensif 60 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 64 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:21OuverteRéponse directe
Pouvez-vous nous donner des nouvelles des deux blessés graves ?
- 1:03RelanceRéponse partielle
Qu'est-ce qui vous empêche de parler d'attentats islamistes avec ces éléments ?
- 2:00OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y a une présomption d'auto-radicalisation de l'individu ?
- 3:07OuverteRéponse directe
Est-ce que la menace est particulièrement forte avant le 13 novembre ?
- 3:53FerméeRéponse partielle
Ces vidéos de Sainte-Soline vous ont-elles fait honte ?
- 4:39RelanceRéponse partielle
Est-ce qu'il n'y a pas une forme d'euphémisation des propos des gendarmes ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:40Invité politiqueFait
« le pronostic vital n'est plus engagé »
- 3:22Invité politiquePromesse
« il y aura une vigilance renforcée partout sur le territoire national et particulièrement à Paris »
- 4:46Invité politiqueFait
« Évidemment que les propos qui sont tenus ne sont pas acceptables »
- 5:11Invité politiqueFait
« Évidemment que je ne suis pas du tout content des propos que j'ai pu entendre »
- 7:23Invité politiqueFait
« Il n'était pas dans le déni, il avait parfaitement raison »
- 8:18Invité politiqueFait
« Il y avait eu un niveau de violence qui avait atteint un niveau inégalé ce jour-là »
- 8:42Invité politiqueFait
« Si elles sont avérées, en tout cas, ce sont des gestes qui ne sont pas réglementaires »
- 9:24Invité politiqueFait
« il y a effectivement eu un usage de la force qui est pour partie disproportionné »
Temps de parole
- Laurent Nuñez57 %
- Présentateur43 %
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Et à 7h49 sur France Inter, Benjamin Duhamel, vous recevez le ministre de l'Intérieur. Bonjour Laurent Nunez. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter. Au lendemain, du drame à Oléron où un individu en voiture a volontairement renversé 5 personnes. Le suspect qui, au moment de son interpellation, a crié « Allah ou Akbar ». Mais pour l'instant, le parquet national antiterroriste ne s'est pas saisi. On va en parler. Mais d'abord, est-ce que vous pouvez nous donner ce matin des nouvelles des deux blessés graves ? Une jeune femme de 22 ans, un cycliste de 69 ans. Ils étaient encore hier soir en urgence absolue. Est-ce qu'ils sont hors de danger ce matin ?
Ils sont toujours en urgence absolue. Mais des informations qui m'ont été communiquées ce matin, notamment par les enquêteurs, le pronostic vital n'est plus engagé. Mais ça reste des blessures extrêmement graves, notamment pour cette jeune femme qui a de multiples traumatismes. Et on a évidemment une pensée pour les cinq victimes, et en particulier pour les deux victimes les plus touchées ce matin, en espérant vraiment qu'elles connaissent un propre établissement. Mais le pronostic vital n'est plus engagé, mais j'insiste sur des blessures très graves.
Bien sûr, mais c'est une information importante que vous nous donnez ce matin. Il y a beaucoup de questions autour du profil de l'individu interpellé, connu pour des faits de droit commun, mais pas pour radicalisation. Et pourtant, Laurent Nunez, l'utilisation d'une voiture comme arme de destination, comme le recommandait Daesh, au moins une bonbonne de gaz retrouvée dans sa voiture, il crie à la Ouagbar au moment de l'interpellation. Certes, le parquet national antiterroriste ne s'est pas encore saisi, mais quand on regarde tous ces éléments, qu'est-ce qui vous empêche de parler d'attentats islamistes quand on voit ce faisceau d'éléments ?
D'abord, c'est un périple meurtrier très grave. Personne ne minimise ces faits. Moi, le premier, comme ministre de l'Intérieur, c'est un périple meurtrier. Je salue évidemment le dévouement et la détermination des gendarmes qui ont mis un terme. Une cinquantaine de gendarmes mobilisent immédiatement, 50 sapeurs-pompiers pour venir en aide aux victimes. Ensuite, moi, rien ne m'empêche. C'est la justice. On a toujours un acte terroriste, c'est toujours le parquet national antiterroriste qui se saisit ou pas, à partir d'un certain nombre d'éléments qui existent dans ces personnes de nid qu'il a créées effectivement à la Ouagbar.
Il y a des références religieuses chez lui, assez claires, assez explicites.
Donc, il y a une hypothèse probable que ce soit un attentat terroriste.
Je n'irai absolument pas jusque-là. C'est le parquet national terroriste qui va, au travers d'une expertise psychiatrique qui a d'ailleurs eu lieu hier, de perquisition d'une étude de la téléphonie, qui va déterminer si ces éléments ont été déclencheurs dans l'action violente.
Mais vous nous confirmez, c'est ce que disent un certain nombre de médias ce matin, qu'il y aurait une présomption d'auto-radicalisation de cet individu qui aurait découvert la religion musulmane il y a un mois. Oui, ça, c'est des éléments que vous nous confirmez ce matin.
Oui, tout ça, je vous le confirme. Maintenant, il reste après à savoir si ça a été déterminant ou pas dans le passage à l'AAC et quelle a été la motivation de l'individu. Après, ça ne minimise en rien, en rien, contrairement à ce que je peux entendre ici ou là, la gravité de cet acte.
Oui, parce qu'on vous a accusé de dire hier, c'est seulement un cri, de ne pas dire qu'il avait dit à la Ouagbar.
Oui, non, ça ne minimise en rien la gravité de l'acte. Et surtout, vous savez, il y a toute une logique intellectuelle qui consiste à dire qu'ils ne veulent pas nommer parce qu'ils ne font rien. C'est complètement faux. Ça fait dix ans qu'on lutte contre l'islam radical, y compris, évidemment violent, mais y compris que l'islam politique, tout simplement. Et on a un dispositif comme il n'y en avait jamais eu par le passé. Et on est vraiment dans l'action sur ces sujets.
Juste avant de parler, Laurent Nunes, de ces vidéos des manifestations de Sainte-Séline il y a deux ans, une question encore. Dans une semaine, on commémorera les dix ans des attentats du 13 novembre. Est-ce que la menace est particulièrement forte en ce jour symbolique ? Est-ce que vous allez prendre des mesures pour augmenter la sécurité ?
Oui, bien sûr, il y aura une vigilance renforcée partout sur le territoire national et particulièrement à Paris où vont se dérouler les commémorations. On sait que les dates anniversaires sont toujours des moments où la menace est un peu plus élevée. Évidemment que frapper notre pays à ces moments-là aurait un caractère retentissant.
Le ministre de l'Intérieur est inquiet de ce qui pourrait être à venir.
Le ministre de l'Intérieur, il n'est jamais inquiet. Moi, je suis déterminé, concentré sur mon job. Et évidemment qu'on aura un dispositif renforcé pour le 13 novembre, pour les dix ans des attentats du 13 novembre 2015.
Laurent Nunes, je voudrais qu'on parle des révélations de nos confrères de Libération et Mediapart, des vidéos des manifestations à Sainte-Séline en mars 2023 qui mettent en cause les gendarmes. Voilà ce qu'on y entend, notamment des manifestants qualifiés de « pulapis », un gendarme hilar, ouvrez les guillemets. « Je ne compte plus les mecs qu'on a éborgnés, faut qu'on les tue », entendu également, et des tirs tendus assumés et annoncés de grenades lacrymogènes, des tirs tendus qui sont interdits. Comme premier flic de France, Laurent Nunes, elles vous ont fait honte, ces images ?
D'abord, je vais rappeler le contexte, Benjamin Duhemel. Je rappelle toujours moi le contexte. On était dans une manifestation interdite où il y a eu énormément de violences graves contre les forces de l'ordre.
Et je crois que personne, Laurent Nunes, ne minimise le contexte. C'est effectivement que certains manifestants aient eu envie d'en découdre avec les forces de l'ordre.
Personne ne minimise, mais parfois on oublie d'en parler.
Personne n'oublie, là, il s'agit des gendarmes et de ces mots et de ces vidéos. Est-ce qu'elles vous ont fait honte, ces images ?
Ensuite, ce sont des vidéos qui sont sous main de justice. Donc c'est dans le cadre d'une enquête judiciaire que ces vidéos se sont retrouvées dans la presse. Évidemment que les propos qui sont tenus ne sont pas acceptables. Il y a deux choses dans les vidéos. Il y a les propos qui sont tenus, et puis il y a des gestes qui, manifestement, ne sont pas réglementaires.
Est-ce que vous avez honte comme premier flic de France ? Vous êtes à la tête à la fois des gendarmes et des policiers. Est-ce qu'en voyant cette vidéo, est-ce que vous avez eu honte ?
Non, j'ai tout de suite pensé qu'il fallait demander au directeur général de la Gendarmerie nationale qui en convenait de demander une enquête administrative. Évidemment que je ne suis pas du tout content des propos que j'ai pu entendre. Et pas du tout content ?
Est-ce qu'il n'y a pas une forme d'euphémisation ? Jamais. Je pense à ceux qui regardent ce matin et qui entendent ceux qui assurent notre sécurité au quotidien. Et l'idée n'est pas de mettre en cause généralement ni la police ni la gendarmerie. C'est des propos qui sont extrêmement choquants.
C'est des propos que je condamne et pour lesquels j'ai demandé une enquête administrative. Voilà. Donc je ne veux jamais, je ne laisserai jamais critiquer les forces de sécurité intérieure. Et vous savez très bien que ce genre de faits qui sont graves, j'en conviens, pour lesquels il y aura une enquête administrative, donne toujours lieu, permet toujours à certains de critiquer d'une manière générale l'institution policière ou la gendarmerie.
Vous avez effectivement diligenté une enquête administrative. Ces vidéos, elles datent de mars 2023, de plus de deux ans. Que se serait-il passé si Mediapart et Libération n'avaient pas obtenu ces vidéos ?
Écoutez, moi, ces vidéos, elles ont été obtenues de manière illicite. Ce n'est pas le mot, mais ce sont des pièces de procédure judiciaire. Voilà, elles sont portées à notre connaissance maintenant. Et on réagit immédiatement.
Il faut attendre que des médias sortent des vidéos pour qu'il y ait cette enquête administrative. Il y avait une saisine de l'IGGN, l'Inspection Générale de la Gendarmerie Nationale. Ça a donné quoi ?
Mais attendez, attendez, ne confondez pas tout. Ne confondez pas tout. Il y a une procédure judiciaire qui a été ouverte parce qu'il y a un manifestant qui a été blessé. Il y a une enquête judiciaire qui est en cours. Et ces vidéos, elles sont portées à notre connaissance maintenant.
Oui. Et c'est normal qu'elles soient... Juste pour préciser pour ceux qui nous écoutent, ce sont des caméras piétons. C'est-à-dire que c'est filmé par les gendarmes eux-mêmes. Est-il normal qu'il faille attendre deux ans et demi et la publication par des médias pour que le ministre de l'Intérieur se saisisse de ces vidéos et diligente une enquête administrative ?
Le ministre de l'Intérieur, il s'en saisit quand il y en a connaissance. Après, je ne vais pas faire un cours de droit sur la réglementation sur les canards. Donc personne n'avait vu ces vidéos, ces insultes et ces tirs tendus ? Évidemment non. Les caméras piétons des policiers, elles sont remisées au service. Elles ne sont pas regardées, sauf quand il y a des enquêtes judiciaires. Et c'était le cas au cas d'Espèce. Ou sauf quand il y a des actions de formation. Ce sont les seules exceptions qui sont autorisées pour regarder ces caméras. Ce sont quand même des caméras qui captent l'image des gens. On est quand même dans un état de droit.
Il y a des protections quant à l'utilisation de ces images.
Laurent Nunez, à l'époque, votre prédécesseur, Gérald Darmanin, avait répondu aux accusations sur le maintien de l'ordre à Sainte-Soling. Il avait parlé d'usage de la force proportionnée. Il était dans le déni ?
Il n'était pas dans le déni, il avait parfaitement raison. Vous vous souvenez quand même ?
Ah, c'était proportionnel l'usage de la force à Sainte-Soling ? Je ne parle pas de ces actions-là.
Je parle de l'action de la gendarmerie qui a été menée face à des actions extrêmement violentes, y compris contre des véhicules, contre des personnes, contre nos militaires de la gendarmerie. La riposte avait été proportionnée. Il y a des actes qui sont révélés par ces vidéos qui ne le sont manifestement pas. Et je n'irai pas sur votre terrain qui consiste à vouloir me faire généraliser ce qui a été la riposte sur ce jour-là.
Laurent Nunez, pardonnez-moi, ici, personne ne minimise que ce que faisaient les manifestants directement aux gendarmes. Simplement, est-ce qu'il ne s'agit que de brebis galeuses ? Quand on voit ces vidéos, on voit qu'à plusieurs reprises, il y a cette façon d'assumer, notamment ce qu'on appelle des tirs tendus de grenades, c'est-à-dire le fait de frapper directement. Est-ce qu'il n'y a pas un sujet sur les donneurs d'ordre ? Ce n'est pas seulement quelques exceptions qui ont décidé de s'en prendre aux manifestants ?
Un, l'enquête le dira. Deux, je vous redis ce qu'avait dit Gérald Darmanin. Il y avait eu un niveau de violence qui avait atteint un niveau inégalé ce jour-là. Il y a eu une riposte qui a été très majoritairement proportionnée. Pour très majoritairement proportionnée, même après avoir vu ces vidéos. Mais bien sûr, nous avons connaissance au travers de ces vidéos de propos et de gestes qui posent problème. Il y a une enquête administrative, nous verrons. Mais attention, ce jour-là, les manifestants étaient extrêmement violents. Il y a eu une réponse qui a été donnée, qui est dans la majorité des cas proportionnée. Il y a ces vidéos qui viennent de sortir.
Ce sont des violences policières, Laurent Nunez, ou pas ?
Si elles sont avérées, en tout cas, ce sont des gestes qui ne sont pas réglementaires. Et donc, il y a une enquête administrative et il y aura des sanctions qui seront prises évidemment. Est-ce que ce sont des violences policières, ce que vous avez vu ? Ce sont des gestes de violence qui ne pourraient ne pas être proportionnels. L'enquête le dira. Il y a des tirs tendus, ça n'est pas permis. Mais je ne reprends jamais à mon compte ce terme de violence policière parce que vous savez que dans d'autres lieux, il est utilisé pour qualifier l'action de la police comme étant d'une manière générale génératrice de violences policières systémiques. J'ouvre les guillemets.
Et l'idée ici n'est pas de parler de systématisme, mais simplement de ces vidéos qui vont choquer ou vont choquer beaucoup de Français.
Vous ne m'entendrez jamais à reprendre ce terme de violence policière. Si, au cas d'espèce, et ça semble de ce que j'en ai vu, j'ai regardé évidemment cette vidéo confirmée, il y a effectivement eu un usage de la force qui est pour partie disproportionné, il y a une enquête qui l'établira et il y aura des sanctions évidemment. Et on est déterminé avec le directeur général de la gendarmerie nationale.
Merci beaucoup Laurent Nunez, ministre de l'Intérieur, d'être venu au micro de France Inter. Et merci Benjamin Duhamel, il est 7h58.
Laurent Nuñez