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interviewBFM TV — BFM Politique (sur Podcast)· 21 avril 2024 40 min

Laurent Nuñez, préfet de police de Paris - 21/04

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Le préfet de police de Paris, Laurent Nunez, invité de BFM Politique. Laurent Nunez, juste avant de commencer cet entretien, je signale à tous ceux qui nous regardent chez eux qu'ils peuvent vous interpeller directement en flashant ce QR code qui apparaît à la droite de l'écran et nous relayerons vos questions tout au long de cet entretien. Laurent Nunez, on parlera dans un instant du phénomène d'hyperviolence chez les mineurs, des réponses du gouvernement. Mais d'abord, je voudrais qu'on revienne sur ce qui s'est passé dans la nuit, dans le 16e arrondissement, un chauffard a percuté un véhicule de police et une voiture qui était en train d'être contrôlée.

Il y a deux blessés graves, une policière et un enfant. Qu'est-ce que vous pouvez nous dire des faits et surtout, est-ce que vous pouvez nous donner des nouvelles rassurantes de cette policière et de cet enfant qui ont été grièvement blessés ?

0:48
Laurent Nuñez

Oui, alors cette nuit, on a eu sur le périphérique, donc au milieu de la nuit, un équipage policier qui a décidé de contrôler un véhicule qui roulait tout feu éteint et donc qui a invité ce véhicule à s'arrêter sur la voie de droite et donc à procéder à un contrôle. Et au moment où les équipages avaient pied à terre et donc procédé au 10 contrôles, on a un véhicule qui est arrivé à toute vitesse et qui a percuté et le véhicule de police et qui du coup a percuté le véhicule qui était en cours de contrôle. Donc on a... L'auteur s'est enfui, je tiens à le dire, l'auteur s'est enfui et il a été heureusement interpellé très rapidement dans les environs mais pas sur place, il est parti quand même.

Et nous avons donc deux blessés graves. D'abord une policière de mes effectifs qui a été gravement blessée, qui souffre d'un traumatisme crânien et qui néanmoins est consciente et donc voilà, son pronostic vital au moment où je vous parle n'est plus engagé, mais c'est une blessure évidemment très grave. Nous sommes évidemment soulagés de savoir que son pronostic vital n'est plus engagé mais elle est quand même très grièvement blessée. Et nous avons également un blessé grave qui est un enfant de 9 ans qui est blessé au moins d'une fracture du nez.

Voilà, nous avons un blessé grave dans le véhicule qui était contrôlé et qui a été percuté indirectement puisque c'est la projection du véhicule de police sur ce véhicule qui a entraîné ce choc.

2:13
Présentateur

Donc des blessés graves mais leurs jours ne sont plus en danger.

2:16
Laurent Nuñez

Voilà, au moment où je vous parle, ce sont les dernières informations que nous avons mais il convient toujours, vous savez, en matière médicale de rester extrêmement prudent. Mais je sais par exemple que la fonctionnaire de police, grièvement blessée, a pu s'entretenir avec certains de ses collègues. Donc voilà, on est quand même rassuré, même si évidemment on ne peut que condamner fermement l'attitude de ce chauffard dont d'ailleurs des dépistages alcoolémiens ont été pratiqués. Je n'irai pas plus loin. Il y a une enquête judiciaire qui a été ouverte évidemment. Mais la piste qui se dessine, c'est celle de... Il y a une enquête judiciaire qui est en cours. Il y avait trop bu au volant.

Et voilà, en tout cas, c'est un minimum un chauffard.

2:52
Présentateur

Question d'Amandine Atalaya sur cette question de l'hyperviolence. Oui, avec le Premier ministre Gabriel Atal qui a fait une série d'annonces en appelant à un sursaut d'autorité. Parce qu'il y a eu plusieurs faits d'hyperviolence que tout le monde a suivis. Viery Chatillon, Montpellier, Grande-Sainte, encore tout récemment avec l'agression de Philippe qui a été tué après avoir été passé à tabac. Est-ce que vous constatez aussi une violence de plus en plus forte, désinhibée, avec des jeunes de plus en plus jeunes ?

3:21
Laurent Nuñez

Oui, on le constate de plus en plus. Alors, juste pour rebondir sur ce que disait Benjamin Diommel à l'instant sur l'accident, je veux aussi signaler que cette nuit, on a eu dans Paris, sur une interpellation, une tentative d'interpellation d'un trafiquant de stupes dans le premier arrondissement, un de mes effectifs qui a interpellé, a arrêté un scooter, qui a redémarré et qui a traîné un policier sur plusieurs dizaines de mètres qui est heureusement légèrement blessé. Mais les refus d'obtempérer, c'est ça aussi. Je veux le redire, c'est ça aussi.

C'est des policiers courageux qui veulent interpeller des trafiquants de drogue ou des délinquants et qui parfois font l'objet de refus d'obtempérer qui pourraient être violents à leur endroit. C'était un mineur sur ce scooter ? On n'en sait rien, puisque l'auteur est recherché. Mais voilà, je voulais le préciser. Donc l'auteur n'a pas été interpellé ?

Dans le même temps qu'on rend hommage à une policière blessée, je voulais dire ce qu'est l'activité de mes effectifs sur l'agglomération parisienne toutes les nuits et qui sont, et je rebondis évidemment sur votre question, et qui sont effectivement confrontés à une ultra-violence qui concerne une minorité de jeunes, mais qu'on ne peut pas nier. La part de la délinquance des mineurs dans la délinquance générale, elle est stable, voire plutôt en baisse sur l'agglomération parisienne ces cinq dernières années. On était sur 21% en 2019 et on était à 13% en 2023 de mineurs impliqués dans la délinquance.

4:41
Présentateur

Donc il n'y a pas d'explosion de la délinquance des mineurs sur votre zone de compétence ?

4:44
Laurent Nuñez

Pour le premier trimestre 2014, on est même à 12%, mais attention, le Premier ministre, ce qu'il veut souligner et ce qu'il a dit, c'est que ce qu'on constate, c'est que leur implication dans des faits plus graves que par le passé est réelle. Par exemple, dans les cambriolages, dans les vols violences. Dans les vols violences, c'est 40% des mineurs qui sont impliqués.

5:03
Présentateur

Sur l'utilisation de ce qu'on appelle des armes par destination. Ce qui est beaucoup.

5:07
Laurent Nuñez

Sur certains items de la délinquance, la part des mineurs est trop importante, trop importante, et puis surtout, on a de plus en plus recours chez une minorité de jeunes, mais c'est une réalité, à la violence, voire l'ultra-violence. Il y a des conflits qui vont se régler directement par l'usage de la violence. Et on le voit aussi par rapport au phénomène des bandes. Les affrontements entre bandes de jeunes sont toujours très stables. Il n'y a pas d'augmentation significative. Par exemple, on en avait 103 en 2022. On en a eu un tout petit peu moins, 99 en 2023. Mais attention, ce qu'on constate, c'est que l'âge de ces jeunes impliqués dans les affrontements entre bandes baisse.

On a des jeunes qui sont de plus en plus jeunes. Et on a de plus en plus, effectivement, d'usage d'armes par destinée. Notamment de couteaux. Notamment de couteaux, de béquilles, de marteaux, parfois. Et on a vu, avec la séquence d'affrontements en match aller-retour qui s'est déroulé au début de cette année à Saint-Denis, et qui nous a conduit à déployer un dispositif policier très important, en lien très étroit, évidemment, avec le maire de Saint-Denis, avec la police municipale de Saint-Denis. Mais on voit bien qu'il y a une montée, effectivement, d'une ultra-violence, si on ne fait rien chez une minorité de jeunes et qu'il faut absolument endiguer.

6:16
Présentateur

Alors justement, avant de revenir sur les propositions du Premier ministre, comment vous expliquez ces faits de violences de plus en plus jeunes que vous observez ? Est-ce que c'est lié à des problèmes d'éducation, de défaillance des parents, ou de rapport à la violence plus désinhibée ? Comment vous avez essayé de comprendre un peu ce phénomène ?

6:35
Laurent Nuñez

Bien sûr, mais c'est le constat qu'a fait le Premier ministre dans son intervention à Virichati, où il y a multiples causes. À la fois, parfois, un désengagement des parents. Ça peut être aussi beaucoup plus de... On a un individualisme qui est beaucoup plus répandu. Puis, il y a parfois aussi, il ne faut pas le nier, des violences entre jeunes qui sont liées à une certaine forme d'entrisme de certaines doctrines. On pense évidemment à l'islamisme.

7:03
Présentateur

C'est-à-dire que quand Gabriel Attal parle d'entrisme islamiste avec certains qui prônent les préceptes de la charia, c'est aussi ce que vous constatez. Il n'y a pas d'exagération. Quand on entend charia, c'est-à-dire la loi islamique, on se demande si c'est vraiment la réalité de certains quartiers ou s'il n'y a pas une forme d'exagération

7:19
Laurent Nuñez

dans les mots qui sont employés. Il n'y a pas d'exagération dans les mots. J'ai cité trois causes, il y en a d'autres. Il y a les rôles des réseaux sociaux aussi, qui sont des lieux d'invective entre jeunes, qui peuvent donner lieu ensuite à une traduction physique sur le terrain par des affrontements. On l'a vu pendant les émeutes, le rôle très néfaste qu'ont joué les réseaux sociaux, qui sont rentrés dans une rôles de surenchère pendant les émeutes urbaines de l'été dernier. Non, sur le mot charia, il n'y a pas d'exagération.

Il y a un moment donné, vous avez un certain nombre de penseurs du séparatisme islamiste qui vous expliquent que les lois de Dieu sont supérieures aux lois de la République. Et il s'en traduit tout un tas, une déclinaison dans de nombreux domaines, et y compris à l'école. C'est la remise en cause d'enseignement.

8:03
Présentateur

Et donc, il y a des écoles de la République, Laurent Nunez, où la charia ne s'impose.

8:08
Laurent Nuñez

Il y a des écoles de la République. Il ne faut pas avoir peur de dire qu'il y a, dans certaines écoles de la République, un certain nombre d'individus qui essaient de laisser à penser que la loi de Dieu pourrait s'imposer aux lois de la République. Et il en découle tout un certain nombre de comportements qui sont heureusement combattus, heureusement combattus, mais qui peuvent y compris avoir une interférence dans les relations entre jeunes, voire dans la violence entre jeunes, quand un tel ou tel autre est stigmatisé parce qu'il n'obéit pas à certains préceptes religieux. Et on l'a vu dans certaines affaires récentes que ces éléments ont pu jouer un rôle.

Donc voilà, les causes, ce sont celles-là, ce sont celles qui a caractérisé le Premier ministre.

8:43
Présentateur

Juste avant une question de Damandine sur les réponses avancées par le gouvernement, Gabriel Nathal a prononcé cette phrase à Viri Châtillon, il dit la culture de l'excuse, c'est fini. Ça veut dire qu'avant, cette culture de l'excuse, elle prévalait, il y avait une forme d'impunité qui existait ?

8:58
Laurent Nuñez

D'abord, je crois que sur ce sujet quand même, ce n'est pas un débat d'opinion le fait de vouloir protéger les jeunes. Non, mais c'est vrai que cette phrase,

9:06
Présentateur

elle interpelle quand on dit la culture de l'excuse, c'est fini. Je la laisse entendre qu'avant, il y avait une forme de mensuétude

9:12
Laurent Nuñez

face à cette hyperviolence. Je vais venir. En fait, les mesures dont a parlé Gabriel Nathal, il a parlé effectivement d'une réflexion à lancer sur la remise en cause éventuelle de l'excuse de minorité, c'est ça dont il parle. Les mesures qu'il propose sur augmenter les places en internat ou d'autres types de mesures de mieux réguler les réseaux sociaux, je pense qu'on n'a pas à être pour ou contre. Enfin, on n'a pas à être pour ou contre. Ce n'est pas un débat d'opinion, ce sont des mesures qui visent à protéger nos jeunes. Donc évidemment, on ne peut être que pour toutes les mesures qui visent à protéger nos jeunes.

Et évidemment, on peut être que contre sur quoi qu'on jugeait des mesures comme des mesures. Non, mais on peut être que contre tout ce qui les menace, tout ce qui peut les soumettre à des processus violents, voire qu'ils les tuent parfois, et on l'a vu malheureusement avec les affaires récentes. L'excuse de minorité, le Premier ministre, il en parle de manière très claire et très précise à deux moments. Au moment où il dit qu'il doit y avoir plus de sanctions dans le monde scolaire, dans la sphère scolaire, d'une part, avec des sanctions, il a été évoqué la possibilité d'avoir des mentions sur certains diplômes qui pourraient être effacés ou en compte tenu du comportement de la personne.

C'est le monde scolaire. Et puis, il y a le monde de la justice aussi. Et je pense qu'il propose très clairement d'ouvrir un débat.

10:18
Présentateur

C'est une attente des policiers ? Est-ce que ça changerait vraiment les choses sur le terrain, sur le terrain des interpellations ? Évidemment oui, c'est une attente.

10:24
Laurent Nuñez

Évidemment oui, c'est une attente. Donc, d'abord, ce qu'a proposé le Premier ministre, c'est de réfléchir à cette excuse de minorité en matière judiciaire, en matière d'application de sanctions pénales. Il a saisi le garde des Sceaux d'une réflexion sur ce sujet. Mais oui, c'est une attente. Vous êtes favorable

10:41
Présentateur

à cette réflexion-là assez vite ? Il faut que vos téléspectateurs

10:45
Laurent Nuñez

comprennent ce dont on parle. Par exemple, je vous disais, il y a 40% dans les faits de cambriolage, vous avez 40% de mineurs qui sont mis en cause. Ça veut dire que moi, mes équipes, qui font un travail remarquable pour lutter contre les cambriolages, qui baissent sur l'agglomération parisienne, qui baissent à Paris. Donc, on a baissé tout 2023. Le premier trimestre 2024 est en baisse significative. Par exemple, à Paris, c'est moins 13%.

11:07
Présentateur

Ces jeunes qui font des cambriolages, vous pensez qu'ils vont être dissuadés d'en faire parce qu'ils se disent que s'ils passent devant le juge,

11:13
Laurent Nuñez

il n'y aura plus l'excuse de minorité ? Bien sûr. Vous plaisantez. Non, c'est une question. On interpelle des groupes de cambrioleurs qui sont généralement soit des jeunes majeurs, soit des mineurs et qui, souvent, sont mandatés par des groupes criminels un peu mieux organisés. C'est d'ailleurs aussi ce qu'on remarque dans les home jacking, dont on a beaucoup parlé, les home jacking, qui sont certes en baisse, mais parce que c'est une priorité pour nous. Et puis, on interpelle des jeunes mineurs. Et donc, vous avez deux traitements judiciaires différents.

Alors, pour répondre à votre question, oui, pour nous, pour les policiers, bien sûr qu'on aimerait que cette excuse de minorité soit mise de côté quand on a un groupe constitué, quand vous avez des mineurs qui arrivent à la majorité.

11:49
Présentateur

entre 16 et 18 ans,

11:50
Laurent Nuñez

Laurent Nunez. On est d'accord, c'est ce que j'allais vous dire. Mais donc, qu'est-ce qu'il faut faire de plus sur ce sujet ? Qu'ils puissent être jugés le plus rapidement possible, qu'ils puissent y avoir des comparutions immédiates comme il y en a pour les majeurs.

11:58
Présentateur

Est-ce qu'il faut balayer l'excuse de minorité pour certains mineurs en dessous de 16 ans ?

12:02
Laurent Nuñez

Alors, en dessous de 16 ans, ce n'est pas les termes du débat qu'a posé le Premier ministre. Nous, on rencontre beaucoup de mineurs impliqués dans des faits déléquants graves, dont les cambriolages, qui sont au-dessus de 16 ans. Oui, mais il n'y a aussi

12:11
Présentateur

de plus en plus

12:12
Laurent Nuñez

qui sont en dessous de 16 ans. Oui, mais attendez, déjà parlons de ceux qui ont entre 16 et 18 ans. Vous apportez une réponse, une sanction immédiate, une procédure judiciaire immédiate. Et c'est ce que nous, nous attendons évidemment dans la police et je parle ici au nom évidemment des gendarmes. Nous, nous sommes évidemment très en demande de ce type de mesures. Et là, vous envoyez un signal fort, un signal de fermeté, un signal d'autorité. L'autorité, il faut rappeler que ce n'est pas un gros mot de parler d'autorité. L'autorité, c'est une valeur. Et donc là, vous envoyez un signal fort. Amandine Nathalie.

12:41
Présentateur

Est-ce que parmi les signaux, l'idée par exemple d'un couvre-feu pour les mineurs après 23 heures, qui est quand on regarde les sondages, une idée plébiscitée par les Français, aurait du sens pour vous ?

12:50
Laurent Nuñez

Dans certains cas, cette mesure a pu avoir du sens. Dans certains cas, elle a pu avoir du sens. Ce sont des mesures qui sont décidées parfois par des élus locaux sur certains territoires. Oui, cette mesure a du sens.

12:59
Présentateur

Vous dites aux municipalités de décider cas par cas, si oui ou non. C'est plus sur du cas par cas que pour de la généralisation. Non, là on parle du couvre-feu. Là, les sondages montrent que les Français sont à avoir

13:09
Laurent Nuñez

une généralisation. Le but, c'est par les mesures qu'a annoncées le Premier ministre de réinstaller l'autorité à tous les étages, d'avoir des jeunes qui ne traînent pas seuls dans la rue au-delà d'une certaine heure et qui sont en proie à toutes les formes de dérive et toutes les formes de violence. Encore une fois, ça ne concerne qu'une minorité de jeunes.

13:27
Présentateur

Donc là-dessus, vous dites au cas par cas. Laurent Nunez, deux questions d'actualité. La première, sur ce qui s'est passé vendredi où un individu a été interpellé après être entré dans le consul adhérent avec des explosifs factices. Sa garde à vue a été prolongée hier soir. Qu'est-ce qu'on sait de ses profils et de ses motivations ?

13:43
Laurent Nuñez

C'est un individu qui est rentré dans le consul adhérent avec une ceinture, ce qui ressemblait à une ceinture d'explosifs avec des grenades. Tout était factice mais évidemment, nous ne le savions pas. J'ai été requis par l'ambassade d'Iran et donc nous avons engagé nos moyens spécialisés, notamment la section d'intervention de la BRI, la Brigade de Recherche et d'Intervention Parisienne. Et donc l'individu, après négociation, s'est rendu et a été interpellé. Je veux saluer évidemment la BRI qui a travaillé de manière remarquable sur cette affaire en un temps très rapide. Le quartier a été bloqué, un certain nombre d'immeubles ont été évacués et l'individu a pu être interpellé très vite.

Ce qu'on sait, c'est qu'il y a une enquête judiciaire en cours, moi je n'en dirai pas plus. On sait que c'est un individu qui était déjà connu puisqu'il avait déjà mis le feu à des pneus après une manifestation d'opposants iraniens. Donc il avait brûlé des pneus devant l'ambassade, il avait été interpellé d'ailleurs immédiatement. Il faisait d'ailleurs l'objet d'une interdiction de paraître dans ce secteur.

14:42
Présentateur

Là, il y a ce qui s'est passé vendredi. Est-ce que plus généralement, vous craignez les conséquences que pourrait avoir sur le sol français le conflit entre Iran et Israël ? Est-ce qu'il pourrait y avoir un risque sécuritaire, terroriste, en conséquence de ce qu'il se passe au Proche-Orient ?

14:58
Laurent Nuñez

Bien sûr, nous craignons les conséquences sur le territoire national de ce conflit au même titre que nous avons eu des conséquences de l'attaque terroriste du Hamas du 7 octobre où on a eu une montée en puissance des actes antisémites. Et puis évidemment, je renvoie pour la menace terroriste à la propagande d'Al-Qaïda et de l'État islamique actuellement qui est très forte, qui se diffuse et qui cible aussi et bien sûr la France. Et donc, nous sommes très attentifs. Pour nous, le terrorisme, c'est quelque chose évidemment qui est pris très au sérieux.

15:27
Présentateur

La menace reste très importante, très élevée.

15:30
Laurent Nuñez

La menace reste très importante et la propagande de l'État islamique peut conduire un certain nombre d'individus à passer à l'action, inviter qu'ils le sont par cette propagande. Donc évidemment que nous restons très attentifs. Question d'Amandine sur un autre sujet d'actualité.

15:44
Présentateur

Oui, cet après-midi va se tenir une manifestation à l'appel de la France insoumise et du nouveau parti anticapitaliste, je cite, contre le racisme, l'islamophobie et pour la protection de tous les enfants. Vous avez au début voulu interdire cette manifestation parce que vous craignez des troubles à l'ordre public. Finalement, la justice administrative a suspendu cette interdiction. Est-ce que vous le regrettez ? Est-ce que vous craignez toujours de faire des débordements ? Non,

16:13
Laurent Nuñez

je ne regrette rien, j'en prends acte. Moi, je suis préfet de police, préfet de la République, je prends acte des décisions de justice. Je peux peut-être expliquer pourquoi j'ai pris cet arrêté. J'ai pris cet arrêté parce que les thèmes de la manifestation que vous avez cités sont ceux qu'effectivement le juge a retenus, je le respecte. Moi, j'en avais d'autres. J'en avais d'autres. D'abord, je n'avais pas que les partis politiques que vous citez qui ont déclaré cette manifestation, mais un certain nombre de collectifs qui appellent à lutter, j'ouvre les guillemets, contre les violences policières. C'est ça ce que j'avais moi comme déclarant, d'une part.

D'autre part, sur cette manifestation qui se termine par un concert, on apprend aujourd'hui que le rappeur Médine, qui a interdit à plusieurs reprises, confirmé par le Conseil d'État, va se produire ce soir, place de la République. ce concert pourra avoir lieu. Mais surtout, cette manifestation, vous avez cité effectivement le thème principal, c'est lutter contre le racisme, l'islamophobie et la protection des enfants évidemment, bien sûr, là on est tous d'accord, mais il y avait d'autres thématiques.

Et vous aviez, dans la déclaration, dans le mémoire qu'a produit l'avocat, dans le mémoire qu'a produit l'avocat en défense, vous aviez la dénonciation d'un État post-colonial qui traite les jeunes... Si la justice a considéré

17:24
Présentateur

que votre interdiction était excessive, c'est bien que ces arguments-là, visiblement,

17:27
Laurent Nuñez

n'ont pas suffisamment porté. Laissez-moi terminer, Benjamin Nouvelle, qui considère que l'État post-colonial traite les jeunes de nos quartiers comme les jeunes à Gaza. J'ai eu la faiblesse de penser que tout ça a été susceptible de créer des pro-valeurs publiques. Et donc la justice se trompe ? Dont acte, dont acte, la justice a forcément raison et donc je prends acte de cette décision et cette manifestation aura lieu.

17:46
Présentateur

Rapidement, avant de faire une courte pause, il y a aussi ce qui s'est passé jeudi avec la préfecture du Nord qui a décidé d'interdire une conférence avec Jean-Luc Mélenchon, Rima Hassan sur la question palestinienne. Est-ce qu'il n'y a pas une tendance trop forte de la part des préfets, des autorités, de vouloir interdire ce type de rassemblement avec des slogans que vous dénoncez ?

18:11
Laurent Nuñez

Non, c'est faux. C'est un débat qui est très politique et moi je reste dans mon rôle de préfet. Moi, les décisions que nous prenons c'est pour prévenir des troubles à l'ordre public. Et chaque cas, là pour le coup, on est dans le cas par cas. Donc chaque cas doit être examiné. Est-ce qu'il y a des risques de troubles à l'ordre public ? Est-ce qu'il va y avoir des contre-manifestants ? Est-ce qu'il va y avoir des affrontements ? Je suppose que c'est ce qui a pris en compte. Et en même temps,

18:32
Présentateur

Laurent Nunes-Pont-Emmanuel Macron dit souhaiter que chacun puisse exprimer sa voix. Admettait qu'on reste un petit peu, comment dire, quoi, face à une sorte de contradiction entre ce que dit le chef d'État et la décision du préfet, non ?

18:41
Laurent Nuñez

Le préfet a pris sa décision. Évidemment, moi je la soutiens. Moi, ce n'est pas par solidarité corporatiste. Il a considéré qu'il y avait des risques de troubles à l'ordre public. Donc il a pris cette décision. Moi, pour cet après-midi, j'ai pris une décision parce que je pensais qu'il y avait des risques de protéger la liberté d'expression. C'est notre rôle premier. Je crois que demain, M. Mélenchon va à Sciences Po faire une conférence. J'ai eu des échanges et des contacts avec les organisateurs, avec la direction de Sciences Po. Nous n'allons pas nous opposer à cette conférence que va donner M. Mélenchon à Sciences Po. Et je ne vais pas l'interdire.

En même temps, il n'y a aucune raison de s'y opposer. Il y a toujours des risques de contestation. Je pense qu'il y a une partie de l'opinion qui souhaiterait sans doute qu'on l'interdise. Je ne sais pas quel type de propos vont être tenus, mais j'ai considéré que la liberté d'expression devait être maintenue et que nous maintiendrons cette conférence. Évidemment, nous allons pouvoir prévoir un dispositif policier pour éviter qu'il y ait de troubles à l'ordre public. Mais le fait de dire que les interdictions sont systématiques est faux.

19:48
Présentateur

Merci beaucoup. On se retrouve dans un tout petit instant. Restez avec nous dans BFM Politique. Ceux qui nous regardent, voilà ce que vous demande Richard. Que comptez-vous faire pour protéger les touristes des pickpockets pendant les Jeux Olympiques ?

20:00
Laurent Nuñez

C'est un sujet qui est vu, connu, qui est traité d'ailleurs. Qui est traité, je rappelle que sur cette zone qui suscite tant de polémiques du Champ de Mars, Tour Eiffel, Trocadéro, en 2023 par rapport à 2022, on a fait baisser les atteintes aux personnes de 52%, les atteintes au bien de 42%.

20:18
Présentateur

Dans les transports, il y a quand même encore beaucoup de problèmes de coquettes.

20:20
Laurent Nuñez

Et dans les transports, la délinquance dans les transports baisse de 15% en 2023, les violences dans les transports de quasiment 20%. Donc on fait beaucoup d'efforts. Évidemment que plus les JO vont arriver, et moi c'est ce que me demande le ministre de l'Intérieur, on va évidemment monter en puissance et on aura des dispositifs de lutte anti-délinquance partout, partout, partout sur l'agglomération parisienne et évidemment en priorité dans les secteurs touristiques. Donc on mettra des gros moyens.

20:42
Présentateur

Et il y a une action spécifique contre les pickpockets, contre les touristes qui pour certains vont découvrir Paris et donc vont aussi découvrir les joies, si j'ose dire, des risques qui sont en cours dans les transports.

20:52
Laurent Nuñez

spécifiques contre les vols, notamment les vols à la tire, ou les vols simples, qui sont quand même en volume la catégorie la plus importante des atteintes aux biens, ce qu'on appelle les atteintes aux biens. Oui, bien sûr, nous aurons des dispositifs policiers très importants. Et ce que je veux dire par là, c'est que, ce que je voulais dire par là, c'est que depuis maintenant l'automne 2022, le ministre de l'Intérieur nous a demandé partout, dans les lieux où on a beaucoup de touristes, déjà d'être très présents et cela produit des résultats très significatifs.

21:19
Présentateur

Je continue de signaler à ceux qui nous regardent qu'ils peuvent continuer à flasher ce QR code et vous interpeller Laurent Nunez directement. Lundi, sur BFMTV et RMC, le président de la République a évoqué un plan B et un plan C pour la cérémonie d'ouverture des JO, un plan B au Trocadéro, un plan C au Stade de France. Le 13 décembre, sur le plateau de Quotidien, Laurent Nunez, vous expliquait qu'il n'y avait pas de plan B et vous répondiez non à la possibilité d'une cérémonie au Stade de France. Est-ce que vous comprenez que ces revirements puissent quelque peu inquiéter les Français ?

21:47
Laurent Nuñez

Il n'y a pas un monde où il y a un revirement. Benjamin Dumel, il n'y a pas un monde où il y a un revirement. On travaille sur le plan A, c'est le plan que souhaite mener le président de la République et c'est le plan qu'on va mener si tout se passe bien, s'il n'y a pas de menaces terroristes, d'attaques terroristes dans les semaines qui précèdent, c'est évidemment le plan A qu'on va mener et on y travaille avec beaucoup de sérénité et ce sera une très belle

22:11
Présentateur

Mais il y a bien un plan B

22:13
Laurent Nuñez

Pour tout type de menaces

22:16
Présentateur

Vous disiez l'inverse il y a 4 mois ?

22:18
Laurent Nuñez

Pour tout type de menaces, qu'il s'agisse du cyber, de la canicule, d'une grosse ligne de transport qui soudainement connaît une interruption, on a ce qu'on appelle des plans de contingence.

22:31
Présentateur

Oui, mais je maintiens que vous disiez l'inverse Le plan B,

22:33
Laurent Nuñez

c'est un plan de contingence qui est une cérémonie qui se ferait sur un format réduit. Et le président de la République a indiqué le lieu donc évidemment je le reprends. Vous imaginez bien que ce sont des choses dont on parle quand même. Vous imaginez bien. Est-ce qu'on peut nous en dire

22:49
Présentateur

plus sur le plan B justement ? Mais ça veut dire quoi ? Cérémonie réduite devant le plan B ?

22:54
Laurent Nuñez

Ce qui serait un plan de contingence. Alors d'abord, nous n'arriverions à ce type de scénario et le président l'a rappelé aussi, il l'avait déjà rappelé par le passé, que s'il y avait des menaces et plus que ça, des attaques terroristes qui frapperaient l'Europe, a fortiori la France, c'est à ce moment-là évidemment qu'on adapterait la cérémonie. Mais pour l'instant...

23:14
Présentateur

En Europe, on passe sur le plan B ?

23:17
Laurent Nuñez

Pas forcément. On analyserait la situation. Mais c'est ce qu'on appelle un plan de contingence. C'est notre métier de prévoir des plans de contingence. Et moi, je suis, on travaille sur le plan A. Donc à quoi ressemble

23:26
Présentateur

ce plan de contingence ? Ça veut dire, en fait, c'est une cérémonie

23:29
Laurent Nuñez

sur la scène statique ? Je ne vais pas vous décrire ce que serait ce plan de contingence.

23:33
Présentateur

Ça intéresse les Français.

23:35
Laurent Nuñez

Ce serait évidemment une cérémonie sur un format réduit. J'en dirais pas plus.

23:38
Présentateur

C'est-à-dire devant le Trocadéro, devant la Tour Eiffel,

23:41
Laurent Nuñez

sur seulement un tronçon de la scène ? Le président a parlé du Trocadéro. Voilà, le président a tout dit. Voilà, le président a tout dit. Mais si on vous invite, c'est pour essayer de nous faire un peu plus seul. Le plus important, c'est que vous ayez à l'esprit qu'on travaille sur le plan A et que c'est ce plan A qui, normalement, se déroulera sans aucun souci. Appelez tout de suite. Imaginez, parce que vous avez quand même un certain nombre de leaders politiques ou de responsables, de chercheurs, parfois d'anciens responsables policiers qui en appellent tout de suite au plan B. Ça veut dire que, finalement, face à la menace terroriste, face à la menace terroriste, à la propagande de l'Age.

Pardon, l'idée n'est pas de faire une polémique

24:15
Présentateur

sur la cérémonie d'ouverture, mais juste de souligner que pendant plusieurs mois, tous les responsables sécuritaires politiques des Jeux Olympiques expliquaient qu'il n'y avait qu'un plan A, rien qu'un plan A, seulement un plan A. Et vous avez Emmanuel Macron qui, au micro d'Apolline de Malherbe lundi matin, dit « Ah ben oui, il y a un plan B et puis il y a même un plan C ». Comprenez juste que les gens se posent la question. C'est pas totalement absurde.

24:34
Laurent Nuñez

C'est pour ça que je vous explique les choses. Plan de contingence, c'est on a des attaques terroristes qui font qu'on est obligé de se rabattre sur une cérémonie en mode dégradé. Et le plan C, dont a parlé le président, ce que vous appelez le plan C, c'est le repli sur un format protocolaire. Parce que là, on a vraiment des menaces graves et on respecte le minimum, minimum d'une cérémonie. Mais pour l'instant, toutes mes équipes, on en parlait encore avec le ministre de l'Intérieur, vendredi soir, tout le monde travaille sur le plan A avec beaucoup de détermination et beaucoup de conviction.

Et ce sont des facteurs exogènes qui pourraient se produire comme des attentats terroristes qui pourraient nous conduire à revoir les choses. Et ça serait certainement pas moi qui désire.

25:11
Présentateur

Une cérémonie de repli au Stade de France, en plan C, effectivement, c'est quelque chose qui serait vraiment possible si l'état de la menace était très, très, très... Le Stade de France ou ailleurs. Mais là, on serait sur...

25:22
Laurent Nuñez

Mais là, c'est la dimension. Le plan C, c'est le scénario uniquement protocolaire qui est de soléniser l'ouverture des jeux. Mais là, on n'a même pas de cérémonie. C'est quelque chose de très protocolaire. Mais comprenez quand même que les Français se posent des questions

25:36
Présentateur

parce que vous dites non, je ne veux pas répondre. Mais on est sur un format, une configuration de cérémonie inédite à laquelle on n'a jamais assisté jusqu'à présent qui amène aussi à des questions de sécurité. Et les Français s'interrogent effectivement sur... Donc, de poser des questions sur les plans B et sur les plans C, ce n'est pas illégitime. Non, c'est pas... C'est comprendre à quoi vous pourrez ressembler ces cérémonies. Les Français ont aussi cette curiosité et cet intérêt même à comprendre à quoi ça pourrait ressembler.

26:02
Laurent Nuñez

Non, mais vous avez parfaitement raison, ce n'est pas illégitime. Mais moi, ce que je veux confirmer aujourd'hui, c'est que nous, on travaille sur le plan A, on y travaille d'arrache-pied. D'ailleurs, cette semaine, je vais communiquer avec Tony Estanguet, la ville de Paris et le préfet de région Île-de-France. Nous allons donner une conférence de presse ce jeudi pour expliquer comment va se passer la vie dans la zone de la cérémonie pendant les huit jours qui vont précéder cette cérémonie. Nous, on travaille sur le plan A. Dehors de la sécurité,

26:26
Présentateur

il y a une inquiétude sur le niveau de la scène

26:27
Laurent Nuñez

ou pas ? Ça, c'est le préfet de région mais pour l'instant, à cette période de l'année, je crois que l'inquiétude est assez limitée.

26:38
Présentateur

Juste avant qu'Amandine vous pose une question sur ce qu'a dit la ministre des Sports, juste pour être très clair sur cette histoire de plan A, plan B, plan C. Qu'est-ce qui fait la différence entre un plan B, plan de contingence et un plan C où, en fait, toute la partie artistique de la cérémonie d'ouverture passe et c'est seulement protocolaire ? C'est quoi ? C'est une différence de gravité dans une menace terroriste dans les jours qui précède ? En gros, pour essayer de comprendre, vous êtes dans une salle de pilotage, vous avez à prendre une décision avec le ministre de l'Intérieur, le président de la République de ce qui va devenir.

En fonction de quels critères vous décidez de passer à une cérémonie limitée sur la scène dit plan B ou à quelque chose de là, pour le coup, très éloigné qui serait seulement protocolaire ?

27:19
Laurent Nuñez

Avec quels éléments vous vous décidez ? Dans la question, vous avez formulé la réponse. Pardon, mais vous avez formulé la réponse. D'abord, c'est les autorités politiques qui décideront. Moi, je ne suis que préfet de police. Les autorités politiques décideront et vous avez formulé la réponse. Ça va dépendre du niveau d'attaque terroriste dont on aura fait l'objet. Mais évidemment, on ne fera pas l'objet d'attaque terroriste. On est complètement l'arme au pied, les services de renseignement, les services de protection de voie publique. Vous êtes optimiste sur le fait que le plan A, ça peut se déclencher

27:44
Présentateur

au plus tard, jusqu'à quand, avant le début de la cérémonie ? C'est-à-dire que c'est... Est-ce qu'à la veille, c'est impossible que ça se décide la veille ? Non, ça ne peut pas se décider la veille.

27:53
Laurent Nuñez

C'est quelques semaines avant. Donc, si vous basculeriez dans un plan B ou C, c'est quelques semaines avant. Encore une fois, la décision ne m'appartient pas et ce serait pour répondre clairement à votre question. On passe de l'un à l'autre en fonction de la gravité des attaques terroristes qui auraient pu avoir lieu ou de la menace terroriste très caractérisée.

28:09
Présentateur

Justement, question d'Amandine sur ce qu'a dit la ministre des Sports. Je voulais demander quelque chose sur la jauge. Sur la jauge, allons-y. Est-ce qu'il y a aussi un plan B et un plan C sur la jauge à 326 000 spectateurs sur la scène ? Ça, c'est intangible de toute façon ?

28:24
Laurent Nuñez

La jauge dans le plan A, maintenant, elle est intangible. Bon, elle est complètement intangible. On est sur 104 000 spectateurs sur les quais bas et 220 000 sur les quais où évidemment que dans un dispositif de plan B, ce serait autre chose, évidemment. D'accord.

28:42
Présentateur

Juste pour que là encore, les Français comprennent et se disent qu'il y a parfois des prises de parole contradictoires. On entend d'un côté, il n'y a pas de menace caractérisée et en même temps, il y a un risque terroriste élevé. Est-ce que vous pouvez expliquer ce que ça veut dire ?

28:53
Laurent Nuñez

Je vais réexpliquer ce que ça veut dire. Je vais réexpliquer ce que ça veut dire. La ministre des Sports, puisque c'est la ministre des Sports, qui a juste titre a dit qu'il n'y a pas de menace caractérisée, c'est-à-dire que que ce soit... Enfin, les services de renseignement, dont une grande partie sont placés sous l'autorité du ministre de l'Intérieur, Gérard Darmanin, et le ministre de l'Intérieur lui-même l'a dit, nous n'avons pas de menace caractérisée contre les Jeux. Voilà. Nous n'avons pas de menace connue qui cible les Jeux olympiques et menace caractérisée, ça veut dire que vous avez commencé à détecter un groupe qui veut s'en prendre aux Jeux olympiques. Ça n'est pas le cas.

Et ce n'est absolument pas contradictoire avec le fait de dire qu'évidemment qu'on est dans un contexte de menaces terroristes élevées. Vous avez Al-Qaeda et Daesh qui balancent en permanence de la propagande et vous pouvez toujours avoir deux, trois individus qui décident de passer à l'action. Et donc, c'est pour ça que la menace terroriste est élevée. Mais nous n'avons pas connaissance de groupe qui serait déterminé à s'en prendre au territoire national et à la France. C'est ça ce que ça veut dire. Et c'est tout sauf contradictoire. Question d'Olivier Beaumont.

29:48
Présentateur

Oui, alors effectivement, quand la fête va commencer, on va avoir un dispositif de sécurité et de contrôle exceptionnel, considérable. Il va y avoir des périmètres, des QR codes pour pouvoir accéder dans les fameuses zones, des criblages aussi. On nous présente ça comme une fête formidable. Effectivement, c'est exceptionnel. Mais est-ce que vous entendez aussi ce que se disent les Parisiens sur cet aspect de la capitale de Paris qui va d'être invivable pendant 15 jours, 3 semaines même au moment des Jeux Olympiques ?

30:18
Laurent Nuñez

D'abord, on fait tout pour que ce ne soit pas le cas. On fait tout pour que ce ne soit pas le cas. Les dispositifs que vous venez de citer, c'est-à-dire les zones où la circulation sera restreinte, mais possibles. Mais possibles. Parce qu'on a tenu compte de ce qu'était la réalité de la vie économique. J'étais encore jeudi matin aux mines de Rungis avec l'ensemble des producteurs. qui livrent tous les jours dans Paris pour leur expliquer ses règles. Donc, les zones dont vous parlez, ce sont des zones extrêmement limitées. Ce sont les zones autour des sites olympiques. Le fameux QR code pour circuler autour d'un site olympique. On parle de circulation automobile.

30:51
Présentateur

Le jour de la cérémonie d'ouverture, c'est quasiment Paris-Ville-Mortin. J'y viens.

30:55
Laurent Nuñez

Je parle des sites olympiques. Sur les sites olympiques, on fait tout pour que les choses se passent bien. Je voudrais quand même rappeler accessoirement que moi, je ne suis pas l'organisateur des Jeux. Moi, mon job, c'est de les sécuriser. Et c'est le job du ministre de l'Intérieur aussi. Et donc, on a défini des zones qui sont des périmètres où on restreint la circulation. Pourquoi ? Parce que vous avez des spectateurs qui se rendent sur des sites olympiques. Et donc, on n'a pas envie d'érogation parce que la vie économique doit continuer, parce qu'il y a des riverains, parce qu'on fait de la dentelle, en fait.

On essaie de s'adapter à toutes les situations économiques, situations professionnelles, personnelles. Et on a effectivement prévu des QR codes pour pouvoir faire plus. Après, il y a la cérémonie d'ouverture. Après, il y a la cérémonie d'ouverture. La cérémonie d'ouverture, c'est autre chose. Je vous rejoins, c'est autre chose. Parce que pour la cérémonie d'ouverture qui se déroulera le 26 juillet, les huit jours qui précèdent, on a prévu un dispositif antiterroriste qui est assez massif et qui va faire que toute personne qui rentrera, que ce soit à pied, en véhicule, dans cette zone, fera l'objet d'un contrôle très poussé, très poussé, et d'enquête administrative.

Effectivement, la contrainte va être très forte pour la cérémonie d'ouverture. Mais qui... Enfin, nous avons la chance d'avoir toutes les grandes délégations qui vont faire monter leurs athlètes sur les bateaux. Les Israéliens, les Américains, toutes les délégations vont y vont parce qu'elles font confiance au service français grâce au dispositif, évidemment, que nous mettons en place. Et ce dispositif, ce périmètre de protection, en fait partie. Question d'Amandine.

32:21
Présentateur

Oui, il y a un gros point noir encore, c'est le manque de vigiles. C'est-à-dire qu'il n'y a pas, pour l'instant, assez de personnes qui postulent et donc il y a un défaut de recrutement. Qui pourrait pallier si jamais vous n'arrivez pas à recruter suffisamment ? Est-ce que c'est les policiers qui seraient encore davantage sollicités, voire les militaires, peut-être, qui viendraient...

32:39
Laurent Nuñez

D'abord, on a bon espoir que le cojo arrive à recruter l'ensemble de ses agents de sécurité privée. C'est mal barré. Pour la plupart des sites, c'est le cas. Il y a encore quelques inconnus sur certains sites et donc, juridiquement, le cojo a d'autres possibilités, notamment des négociations de cas agréés. Voilà, cette discussion se poursuit. Après, au cas par cas, au cas par cas, ça, c'est toujours les protocoles d'accord entre l'organisateur et l'État. Au cas par cas, quand il y a une défaillance, les forces de l'ordre, ils pallient ponctuellement. Mais ça n'est jamais que ponctuel. Juste pour être précisé,

33:14
Présentateur

sur cette fénurie vigile, est-ce que ça vous inquiète ?

33:16
Laurent Nuñez

Non, ça ne m'inquiète pas pour l'instant. Nous, nous avons un gros dispositif policier. On aura des pics à 45 000 policiers et gendarmes, sans compter les militaires du dispositif Sentinelle, qui sur la plaque parisienne seront au moins 10 000. Donc, on aura un gros dispositif. Maintenant, ces défaillances-là, il faut aussi que vos téléspectateurs comprennent que ce dont on parle, c'est quoi ? Vous croyez qu'au stade de France ou dans certains stades, ça n'arrive pas qu'il y ait des défaillances d'une entreprise de sécurité privée, voire que nous-mêmes nous considérions, par exemple, sur des palpations, que ça va passer vite, que ce n'est pas suffisable.

On prend le relais, ponctuellement, ponctuellement. Mais pour l'instant, la question ne se pose pas et si ça devait être le cas, ayez bien en tête que c'est ce que nous faisons systématiquement. Au stade de France, ça nous arrive parfois de dire sur telle porte, on prend les palpations parce que ce qui est fait ne nous convient pas ou parce qu'on veut assurer le plus haut niveau de sécurité. Sur ces forces de l'ordre mobilisées, question d'Olivier.

34:07
Présentateur

Et oui, M. Nunez, le gouvernement s'est engagé auprès des policiers d'Île-de-France mobilisés pendant la période des Jeux olympiques de leur accorder une prime exceptionnelle de 1 900 euros. Mais d'après le syndicat Unité, aujourd'hui, le compte n'y est pas parce que le gouvernement peine à tenir cette promesse. On nous dit que Bercy freine, que Matignon joue la montre, en tout cas au moment où on se parle. Cette promesse de prime n'est pas validée. Est-ce qu'il va bel et bien y avoir une prime pour les policiers cet été qui vont être mobilisés

34:36
Laurent Nuñez

pendant toute cette période ? Écoutez, moi, je ne suis pas dans le secret des discussions budgétaires. Je me garderai bien de tous commentaires là-dessus. Ce sont mes agents. Mais je ne vais pas me dérober à la question. Merci. Je ne suis pas dans le secret des discussions budgétaires. Je ne sais pas. Pour moi, ces choses étaient acquises. Ce que je peux vous dire, c'est qu'on va avoir des policiers, des gendarmes qui, pendant trois mois, ne partent quasiment pas en congé. Ils vont être fortement mobilisés. Ils le savent parce qu'on a l'habitude. Moi, je suis leur patron, je sais comment on gère les choses. On est beaucoup dans des gestions en conduite.

Donc, on a nos planifications qui sont bien établies. Telle unité de gendarmerie ira à tel endroit, telle compagnie de CRS à tel endroit. Mais dans la vraie vie, ça change tous les jours. On nous apprend qu'il y a telle visite d'un chef d'État finalement qui arrive, que tel comité national olympique dans Paris a fait l'objet d'une menace donc on se déploie. Donc, on va beaucoup les solliciter sur des amplitudes calendaires extrêmement importantes. Et le missionnel, ça va être une forte sollicitation. Vous n'avez pas de raison

35:32
Présentateur

de penser que cette prime ne soit pas versée à vos agents ?

35:35
Laurent Nuñez

C'est exactement ce que je voulais dire. Je n'ai pas de raison de penser que ce ne soit pas le cas. Il y a une mobilisation qui est quand même exceptionnelle, exceptionnelle,

35:41
Présentateur

qui a commencé dès maintenant. Mais qu'à ce stade, ce ne soit toujours pas validé, ça ne vous interpelle pas, ça ne vous inquiète pas ?

35:45
Laurent Nuñez

Je ne ferai pas de commentaire là-dessus. Je ne suis pas dans le secret des discussions.

35:49
Présentateur

Ça inquiète vos agents en tout cas.

35:51
Laurent Nuñez

Vous posez la question. Il y a une vraie mobilisation qui est annoncée le 30 avril. Et d'impatience chez les agents et d'inquiétude, oui, évidemment.

35:58
Présentateur

Deux questions encore avant de vous transmettre une question de téléspectatrice. La première sur le criblage qui est prévu pour s'assurer que ceux qui participent à l'organisation des Jeux Olympiques ne posent pas de problème dans leur profil. Gérald Darmanin avait annoncé il y a une quinzaine de jours que 161 fichiers S avaient été écartés. Qu'est-ce que vous pouvez nous dire de ce criblage qui continue ? Est-ce que vous avez débusqué d'autres profils problématiques ?

36:20
Laurent Nuñez

Ça, c'est les chiffres nationaux. Pour ce qui est de notre ressort... Les criblages sont faits par un service national. Et les préfets sont informés des enquêtes positives. Je veux rappeler quand même que pour vos téléspectateurs que c'est ce qu'on appelle les enquêtes administratives. Ça a été prévu par la loi SGO et ça concerne toutes les personnes qui vont rentrer sur un site olympique qui a été défini dans le cadre d'un décret. Pour chaque site, on a un décret. Un décret peut prévoir plusieurs sites, mais il y a un texte réglementaire qui dit que tel et tel site fait partie de la catégorie de ce qu'on appelle les grands événements.

Et nous avons des enquêtes administratives systématiques. Il n'y a que les spectateurs qui y échappent, que les spectateurs qui échappent aux enquêtes administratives et elles sont faites pour tout le monde. Pour tout le monde. Voilà. Et le périmètre de protection de la cérémonie d'ouverture fera partie des grands événements et donnera lieu pour tout le monde à enquêtes administratives.

37:15
Présentateur

Deux petites questions un peu plus légères sur la cérémonie d'ouverture. La première, le président a confirmé qu'il se baignerait dans la Seine.

37:22
Laurent Nuñez

Est-ce que vous aussi ? Moi, je sais que le président l'a dit. Moi, je l'ai dit à madame la maire de Paris qu'avec le préfet de région, d'ailleurs, je ne sais pas s'il nous écoute, je l'embarque aussi dans cette affaire, mais je crois que lui-même avait dit que nous baignerions ensemble. Vous allez vous baigner

37:37
Invité

dans la Seine ? Oui, oui, bien sûr.

37:39
Laurent Nuñez

Franchement, vous trouvez que ça donne envie ? À cette époque-là, ça donnera envie. En ce moment, non. Il y a beaucoup de bactéries qui n'ont pas été éliminées. Mais vous savez qu'on prépare quand même, il y a des plans de baignade dans la Seine, ça fera partie de l'héritage quand même. Oui, d'accord. Donc, moi, j'ai prévu. Donc, vous allez vous baigner

37:55
Présentateur

cet été ? On vous repassera l'archive si jamais vous n'y allez pas. Autre question rapide sur la présence d'Ayana Kamoura, la chanteuse, à la cérémonie d'ouverture ou de clôture, en tout cas, qui participera aux festivités. Est-ce que vous aimez bien Ayana Kamoura ?

38:10
Laurent Nuñez

Je ne connais pas, mais...

38:12
Présentateur

Vous connaissez, par exemple,

38:13
Laurent Nuñez

une de ses principales chansons. C'est une des artistes francophones qui est quand même les plus connues dans le monde. Voilà, c'est tout ce que j'ai à dire. Et c'est votre chanson préférée, d'ailleurs. Vous n'avez pas eu la curiosité ? Personnellement, je ne suis pas... Vous n'avez pas eu la curiosité ?

38:22
Présentateur

Vous n'avez pas la chanson préférée ?

38:23
Laurent Nuñez

Non, pardon. Vous savez, Benjamin Diobel, vous parlez à un monsieur qui a 60 ans maintenant et qui n'est pas forcément en prise avec ce qu'écoute les jeunes, ce qui est un peu normal. Mais je connais cet artiste et je trouve... J'ai évidemment été très choqué par les campagnes et qui ont été faites par les attaques dont elle a pris l'objet. J'ai évidemment été très choqué. Voilà, ce n'est pas ça la France et ce n'est pas ça notre République.

38:43
Présentateur

Une question d'une téléspectatrice, Maéva, qui vous pose la question suivante. Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, a dit après les Jeux Olympiques, un cycle au ministère de l'Intérieur sera atteint, ce qui a été interprété comme la possibilité qu'il quitte sa fonction. Pourriez-vous revenir au ministère pour prendre sa suite ? Rappelons que vous avez été le ministre délégué, l'adjoint en quelque sorte de Christophe Castaner quand il était ministre de l'Intérieur ?

39:04
Laurent Nuñez

J'étais secrétaire d'État avec Christophe Castaner. Moi, je suis préfet de police. Vous savez, nous, nos échéances sont très courtes. La vie des hauts fonctionnaires est toujours très courte. Dans le sens, non pas, on peut parfois durer longtemps. Moi, j'ai fait beaucoup de postes dans la sécurité et donc je considère que j'ai duré un peu longtemps.

39:21
Présentateur

Mais est-ce que ça vous tente ? Est-ce que ça vous tente ? Est-ce que vous proposez d'être ministre de l'Intérieur ?

39:24
Laurent Nuñez

Franchement, ce sont des questions que je ne me pose pas. Moi, je suis très content du ministre de l'Intérieur actuel avec Gérald Darmanin qui, on travaille, on a une relation professionnelle et amicale. On travaille en toute confiance. Moi, je suis très content de travailler avec Gérald Darmanin. J'espère que ça va durer le plus longtemps possible. Le plus longtemps possible. Et en tout cas,

39:42
Présentateur

vous faites déjà un peu de langue de bois comme un vrai politique. Donc, ça veut dire que quand vous serez ministre de l'Intérieur, c'est comme quand on dit à Gabriel Attal quand on l'interroge sur ses ambitions politiques en 2027, il dit « moi, j'y pense jamais ».

39:52
Laurent Nuñez

Pas du tout. Moi, j'espère travailler avec Gérald Darmanin et comme préfet de police et Gérald Darmanin de conviction qui est très apprécié dans la troupe des policiers et des gendarmes et des préfets, évidemment. Et à commencer par moi, le premier.

40:05
Présentateur

Merci beaucoup, Laurent Nunez, d'avoir été l'invité de BFM Politique. Merci, Amandine. Merci, Olivier. Tout de suite, vous retrouvez à faire suivante avec Pauline Revena et Philippe Godin. Quant à moi, je vous retrouve ce soir à 18h pour C'est pas tous les jours dimanche. Mon invité en duplex de Mayotte, ce sera Marine Le Pen. Belle journée. L'info continue sur BFM TV et vive la politique.