Le Grand Jury de Yannick Jadot
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
Taux de réponse directe : 85 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:03OuverteRéponse directe
Vous voulez vous placer au-dessus des partis, ni de droite ni de gauche ?
- 2:43RelanceRéponse partielle
Est-ce que vous acceptez l'alliance avec Raphaël Glucksmann ?
- 3:29FerméeRéponse directe
Quel est le candidat des socialistes européens pour diriger la Commission ?
- 5:19OuverteÉludée
Votre ami Raphaël Glucksmann est-il un ami gênant aujourd'hui ?
- 9:46RelanceRéponse directe
Vous n'excluez pas de faire alliance avec les libéraux ou le PPE ?
- 12:07OuverteRéponse directe
Pourquoi les Français ne votent-ils pas plus pour les écologistes ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 7:39Invité politiqueChiffre
« 67 000 morts prématurées par an, 180 par jour. »
- 16:16Invité politiqueFait
« J'ai été le seul candidat à l'élection présidentielle à me retirer pour mes idées. »
- 30:53Invité politiqueFait
« notamment en ville, là où il y a le plus de pollution, il va falloir sacrément réglementer la circulation autour des écoles. »
- 31:44Invité politiqueFait
« le combat qu'on a mené au niveau européen, c'est comment on sort du diesel. »
- 31:59Invité politiqueFait
« les constructeurs automobiles européens se sont fait prendre la main dans le sac sur l'illégalité de leur comportement, la fraude organisée, que je considère être une fraude criminelle, sur la pollution. »
- 34:12Invité politiquePromesse
« On a dit chaque euro collecté doit être un euro pour accompagner les Français dans la transition et pour investir. »
- 34:29Invité politiquePromesse
« Nous voulons travailler avec les salariés de l'automobile à un grand plan pour faire la voiture qui consomme moins et qui pollue moins. »
- 36:10Invité politiqueFait
« Sur place, ils ont de très bonnes statistiques sur la maternité, un très bon accompagnement. »
- 36:18Invité politiqueFait
« ce que fait ce gouvernement, c'est de mettre en danger la vie des femmes et la vie des enfants. »
- 37:09Invité politiqueChiffre
« Les enquêtes, c'est 80% de soutien à l'éolien. »
- 40:57Invité politiqueChiffre
« on va avoir dans notre pays selon les estimations entre 130 000 et 480 000 cancers liés à l'amiante. »
- 42:24Invité politiqueChiffre
« 3000 cancers par an. »
- 43:51Invité politiqueChiffre
« depuis 4 ans en Méditerranée vous avez eu 12 000 morts. »
- 46:15Invité politiquePromesse
« nous défendons un statut de réfugié climatique. »
Temps de parole
- Yannick Jadot67 %
- Présentateur12 %
- ?8 %
- Invité5 %
- Invité 24 %
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Vous
êtes sur RTL.
Grand
Jury, RTL Le Figaro LCI. Invité aujourd'hui, Yannick Jadot, tête de liste Europe Écologie Les Verts aux Européennes. Le débat est dirigé par Benjamin Sportouche. Bonjour à tous, bienvenue dans ce Grand Jury. Bonjour Yannick Jadot. Bonjour. Merci d'être avec nous aujourd'hui. Merci. Pour votre premier Grand Jury, à mes côtés aujourd'hui, pour vous interroger, Guillaume Roquet du Figaro. Bonjour Guillaume. Bonjour. Et Christophe Jacubizine de TF1 LCI. Dans notre rubrique, la question en plus,
c
'est Vincent Guyot, agriculteur, qui vous interpellera, Yannick Jadot, à propos du glyphosate. Et puis, nous retrouverons, bien sûr, en fin d'émission, comme d'habitude, Marie-Pierre Haddad, pour questions nettes, vos commentaires, vos réactions, vos questions à Yannick Jadot. Vous pouvez toujours réagir, bien sûr, en direct, sur les réseaux sociaux. Hashtag Le Grand Jury. Et puis, vous y répondrez, bien sûr, Yannick Jadot. Alors, Yannick Jadot, depuis votre entrée en campagne, vous le clamez haut et fort. Vous voulez vous placer au-dessus des parties, ni de droite, ni de gauche. C'est à se demander s'il n
'y
a pas chez vous un peu d'Emmanuel Macron. D'ailleurs, comme lui, en son temps, vous avez décidé de faire cavalier seul aux élections européennes, de ne plus être le supplétif de quiconque, et notamment du Parti Socialiste. Fini la gauche plurielle, place au vert, au singulier. Et après tout, bien pourquoi pas, vous avez porté le combat écologique avant tout le monde, au sein de Greenpeace, puis en politique, au Parlement européen, dont vous êtes, je le rappelle, député sortant.
Mais
aujourd'hui, en la jouant en solo, vous vous attirez les critiques de la gauche, et en particulier de celui qui défend les couleurs du Parti Socialiste, Raphaël Glucksmann, votre ami, en tous les cas, comme il se définissait lui-même, il y a deux semaines à peine, à votre place, ici, au Grand Jury. Et cette semaine, Raphaël Glucksmann vous a de nouveau tendu la main, sans ambiguïté, et je vous propose de le réécouter.
Je
pense sincèrement que l'heure est extrêmement grave, parce qu'il y a le réchauffement climatique, il y a le tic-tac, et elle est extrêmement grave parce que partout, les nationalismes montent, parce que nos démocraties sont en danger, parce que les libertés reculent, parce qu'il y
a
une crise sociale immense. Et moi, j'ai eu du mal à rentrer dans ce débat, parce qu'en fait, je regardais, et je me disais, mais si la situation est si grave, pourquoi Benoît, pourquoi Yannick, on n
'est
pas en train de se battre ensemble ? On n'arrivera pas à convaincre les gens de se lever si on ne s'unit pas. Notre comportement n'est pas du tout à la hauteur des périls, et en fait, on s'en demandera les doigts, et l'histoire nous jugera.
Yannick Jadot,
c
'était jeudi soir pour le premier débat des têtes de liste aux élections européennes. J'ai été aussi,
oui.
Vous n'avez pas eu
l
'occasion, bien sûr, vous n'avez pas eu l'occasion de lui répondre, c'était sa conclusion. Eh bien, c
'est
le moment.
Qu
'est-ce que vous lui dites ? Est-ce que vous acceptez l'alliance, ou définitivement, il n'y en aura pas
? Quelle
est la démarche des écologistes pendant cette élection
?
C'est de vouloir absolument sauver l'Europe, la changer,
pour
sauver le climat.
C
'est de renouveler la confiance des citoyens dans la politique, dans leurs élus, sur la base de la cohérence et sur la base de la clarté.
Et
ça fait des mois, des mois, des mois,
qu
'on nous propose aux écologistes une union de façade à Paris
qui
n'aurait pas de cohérence au Parlement européen. Vous avez entendu comme moi, Raphaël Glussmann, dire qu'il siégerait au sein du groupe socialiste au Parlement européen.
Quel
est le candidat
des
socialistes européens pour diriger la Commission européenne, leur chef de file dans cette élection européenne ? C'est Franz Timmermans, c'est l'actuel vice-président de la Commission européenne. Qu'est-ce qu'il a défendu pendant 5 ans, Franz Timmermans
? Il
s'est battu
pour
le glyphosate, pour le glyphosate. Il se bat pour tous les accords de libre-échange.
Il
défend le dumping fiscal, notamment de son pays, les Pays-Bas. Moi, simplement, ce que je veux faire, en rassemblant tous les écologistes, en ayant sur ma liste des acteurs de la vie sociale, de l'insertion professionnelle, de la solidarité, des patrons
d'entreprise. Il vous
proposait de mener cette liste, vous auriez pu imposer vos orientations.
Mais
la
question, ce n
'est
pas le discours qu'on tient à Paris. Ça, tout le monde est aujourd'hui écologiste. Depuis le Front National
jusqu
'aux Insoumis, tout le monde est écologiste. Le seul problème
que
nous avons, nous, écologistes, c'est que quand il s'agit de voter au Parlement européen sur la sortie du glyphosate, contre des accords de libre-échange qui remettent en cause nos normes sanitaires, qui tuent notre élevage, qui abîment notre environnement, quand il s'agit de combattre l'austérité pour porter
l
'investissement, eh bien, les socialistes,
que
va rejoindre Raphaël Glucksmann ? Les libéraux,
que va rejoindre Mme Noiseau ? Il y aurait
une liberté d'adhésion au groupe
de
ces députés. Il a dit qu'il
rejoignait le PSE, le Parti Socialiste Européen, dans ce grand débat. Les libéraux que va rejoindre Mme Noiseau ou les Républicains, ils votent ensemble. Ils votent ensemble pour cette Europe qui est devenue souvent détestable, parce qu'elle est libérale, technocratique,
aux prioritaires. Alors, du coup,
est-ce qu'on peut dire que votre ami Raphaël Glucksmann, finalement, est un ami gênant aujourd'hui ? Non. Est-ce que Emmanuel Macron, comme Emmanuel Macron s'entend, vous pourriez dire, la vérité m'oblige à vous dire que mon programme n'est pas socialiste
?
Moi, la vérité m'oblige à vous
dire que mon
programme
est écologiste.
Je ne résolpe pas, pardon. Mon programme est écologiste.
Et une
nouvelle fois,
on
a effectivement une accélération dramatique
de
la crise environnementale. Emballement climatique, anéantissement de la biodiversité.
Pour
cela, on sait qu'on doit changer de modèle énergétique,
de
mode de transport. On sait qu'on doit organiser différemment l'économie, organiser différemment nos territoires.
Si
on n'a pas la cohérence entre le discours et les actes, on est en train de tuer
la politique. Vous
dites qu'il n'y a pas de cohérence. Mais les Français, eux, pensent que c'est un sondage qui a été réalisé pour le grand jury, par Harris Interactive, pour nos médias, TF1, LCI, Le Figaro, RTL. Un Français sur deux estime qu'il y a une proximité entre les listes Europe Écologie Les Verts et l'EPS Place Publique. Et une majorité de Français, 55%, estiment aussi que les élus issus des listes socialistes et les vôtres écologistes voteront le plus souvent de la même façon au Parlement européen. Donc, vos électeurs veulent l'Union. Ils disent que vous vous ressemblez et vous, vous leur dites non.
Dans
ce sondage, il ne vous a pas échappé qu'il y a une attente très forte
des
électeurs socialistes pour dire que les socialistes doivent faire de l'écologie. Mais les électeurs écologistes, ce qu'ils disent, c'est « Oh là là ! » Alors, en réalité, nous savons que ça n'est pas pareil. Moi, je fais un appel aux électeurs socialistes.
Je
sais combien ils considèrent aujourd'hui souvent que l'écologie doit être ce qui redéfinit l'économie, ce qui redéfinit nos priorités politiques. Mais
dans le passé, les
socialistes ont prouvé qu'ils pouvaient faire ça. Les accords de Paris sous François Hollande, ce n'était pas rien quand même.
Regardez, dans notre pays, les émissions de gaz à effet de serre sont reparties à la hausse. Les pesticides continuent d'augmenter en utilisation. La pollution de l'air, la France est devant la Cour européenne de justice parce qu'elle ne lutte pas contre la pollution de l'air. 67 000 morts prématurées par an, 180 par jour. On parlait... Moi, je n
'ai
jamais dit ni gauche ni droite.
Moi,
j'ai toujours dit que l'écologie a des valeurs extrêmement fortes.
C
'est la solidarité. Ce sont les droits sociaux. Ce sont les droits humains. C'est la
lutte contre toutes les...
Donc vous êtes de gauche, Yannick Jadot. Vous êtes de gauche. Ce sont des valeurs
qui ont... Yannick Jadot, vous êtes
un homme de gauche. Ce sont des valeurs qui ont une histoire politique, mais qui ont été tellement dévoyées. Prenez le quinquennat de
Nicolas Sarkozy.
Non, mais vous allez voir. Écoutez ma réponse. Prenez le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Vous le qualifiez de droite ? Oui. Ça dépendrait. Dit Guillaume Roquet. Alors attention, on va arriver à la phase suivante. C'est comment vous qualifierez le quinquennat de François Hollande ?
Bon,
on va... Lui
prétend
que c'est un quinquennat de gauche. Social
libéral, on va dire.
Et Emmanuel Macron dit, moi je suis et la droite et la gauche. La même obsession du nucléaire, les mêmes contraintes pour le développement des énergies renouvelables. La même obsession
de
la FNSEA, d'un modèle agricole qui tue les paysans, abîme nos territoires, abîme l'environnement, anéantit la biodiversité. La même obsession... Donc, qu
'on
soit clair, vous dites non
à
Raphaël Glucksmann et vous dites à leurs électeurs, là aujourd'hui,
vous
nous dites rejoignez-nous, c'est nous les vraies valeurs de l'écologie et
de la gauche. Je dis
aux électeurs socialistes comme à tous les électeurs humanistes, si vous voulez voter utilement pour l'écologie, pour l'humanisme, pour la solidarité,
il
faut voter écologiste. Parce que,
moi
j'entends Raphaël Glucksmann dans son discours hier, il dit, nous défendons un protectionnisme vert et solidaire. Bon, là,
il
prend le protectionnisme vert des écolos et il prend le protectionnisme solidaire de Jean-Luc Mélenchon. Bon, on pourrait imaginer qu'ils travaillent un peu leur programme, ils prennent le nôtre, pourquoi pas ? Mais, au Parlement européen, les socialistes votent tous les accords
de libre-échange.
Ce n'est pas possible, aujourd'hui, d'avoir un tel gouffre entre les promesses, les discours et les actes.
Un peu de clarté de votre part aussi. Vous
avez dit dans une
interview récente au point que vous n'excluyez pas de faire alliance, quand vous serez au Parlement européen, avec les libéraux, avec le PPE, et éventuellement de soutenir Michel Barnier comme président de la Commission, qui est le candidat, on le sait déjà, d'Emmanuel Macron. Est-ce que ce n
'est
pas... Vous
avez
lu de manière un peu étrange ma réponse. On me pose la question des coalitions. Qu'est-ce que je dis ? Je dis que les écologistes
ont
toujours tenté de construire des coalitions au Parlement européen pour gagner sur nos combats. La question, ce n
'est
pas de la coalition avec le PPE,
qui
ne s'est même pas débarrassée d'Orban encore. Ils l'ont suspendue. Ils ne
s
'en sont pas débarrassés. Ils l'ont suspendue, non pas parce qu'Orban avait fait une campagne assez largement antisémite contre Georges Choros, mais parce qu'Orban a osé attaquer Jean-Claude Juncker.
Le
président
de la Commission européenne. Le
président de la Commission européenne. Qu'est-ce qu'on dit ?
Quand
je gagne, quand les écologistes, quand le groupe vert gagne contre la pêche électrique, contre l'huile de palme,
en
essayant, quand on se combat les accords de libre-échange, ou qu
'on
se bat sur les énergies renouvelables, nous construisons des coalitions. Mais des coalitions de projets.
Pas de valeur de
projet, ça veut dire que vous pouvez le faire avec, éventuellement, des gens de droite, des libéraux. Mais, M. Sportouche, vous
savez
comment fonctionne le Parlement européen ? Aucun groupe n'est majoritaire au Parlement européen. Quand nous gagnons sur la pêche électrique, c'est que nous avons convaincu des députés d'à peu
près tous les groupes. Ça
prouve bien que ce n'est pas si
important que ça, le problème de l'appartenance à un groupe ou à un autre. Et c'est ce que vous nous avez dit au début
pour expliquer que vous ne vouliez pas
faire alliance
avec Luchman.
C'est essentiel. Parce qu'à un moment donné, c'est la puissance, la cohérence, les convictions de votre groupe qui font que vous arrivez à convaincre les autres. Quand vous êtes perdu dans votre groupe,
on
verra ce que fera Glucksmann, on verra ce que feront les autres, on verra ce que fera Canfin chez les libéraux. Mais en fait, ils vont passer 80% de leur temps à essayer de convaincre leurs collègues de changer du tout au tout sur l'écologie. La force du groupe des Verts. Mais non, ils ne seront pas
nos alliés. Si
Canfin vous aide à ce que l
'oiseau vote pour vos propositions,
ça sera bien. C'est quand même incroyable de dire que pour défendre l'écologie, il faut rejoindre un groupe qui vote contre l'écologie.
Il y a quand même un moment donné,
il y a eu une clarification de Nicolas Hulot sur tout ça. Qu'est-ce qu'il a dit Nicolas Hulot qui, lui, a essayé d'écologiser ce gouvernement ? Qu'est-ce qu'il a dit à la fin ? Il a dit,
je
vais arrêter de mentir, je ne vais pas me mentir, participer à ce gouvernement est une mystification sur l'écologie. Vous
vous
rendez compte
que le groupe libéral de Madame Loiseau... Nathalie Loiseau qui est la tête de liste d'En Marche pour les élections européennes.
C
'est gentil
de le rappeler. Précise.
Dans ce groupe-là, ils votent contre tous les amendements sur la protection animale.
Ils sont des farouches absolues défenseurs. Il y a quand même eu
des engagements d'Emmanuel Macron sur l'écologie, de zéro émission de carbone en 2050, la division par deux des pesticides d'ici 2025, c'est-à-dire demain.
Mais
ça ne
vous
gêne pas que le président de la République, qui n'a pas le courage de mener ses réformes en France, renvoie à l'Europe
le
courage politique qu'il n'aurait pas ? Vous savez, au niveau européen, si vous voulez convaincre, il faut être un minimum crédible. Il faut être crédible sur vos
votes. Vous ne croyez
pas aux engagements d'Emmanuel Macron ? Ben non. Mais c'est-à-dire que ceux
qui l'ont rejoint... La
question,
ce n'est pas de croire aux
engagements d'Emmanuel Macron, c'est de constater sa politique.
Un
gouvernement... Mais sur cette seule mesure,
ce
gouvernement et sa majorité
ont
reporté de trois ans
l
'interdiction de production sur notre sol
de
pesticides que nous considérons beaucoup trop dangereux pour les utiliser chez nous. C'est d'un cynisme criminel absolu.
Yannick, ça veut dire que Daniel Cohn-Bendit, Pascal Durand, Pascal Canfin, qui sont des écologistes, alors à moins que vous nous disiez qu
'ils
ne le sont plus, ou est-ce que ce sont des traîtres à votre cause en allant rejoindre ? Ce sont des écologistes qui se sont
perdus. Ce sont des écologistes... Daniel Cohn-Bendit, il s'est entiché d'Emmanuel Macron depuis deux ans. Il faudra m'expliquer ce qu'il a obtenu sur l'écologie ou sur les migrants. On a quand même une frontière entre la France et l'Italie, mise en place par François Hollande, le parti socialiste de Raphaël Guzman. Et on a un président de la République qui a refusé l'Aquarius. Ce sont des thèmes extrêmement importants pour Daniel Cohn-Bendit. Mais Pascal
Canfin... Qu'est-ce que
vous pouvez le suspecter de ne
pas
être écologiste, de ne
pas
vouloir le bien
de la planète ? Vous
savez, moi je suis très heureux qu'on parle, que tout le monde parle d'écologie. C'est quelque part notre victoire aussi.
Mais
franchement, aller rallier
des
mouvements politiques
qui,
dans leur politique,
aujourd
'hui, sur la souffrance animale,
sur
les pesticides,
sur
le dérèglement climatique, sur la transition énergétique, sur la pollution de l'air, font à peu près exactement le contraire de ce qu'ils disent aux tribunes ou dans les discours. Je trouve ça profondément triste. Allons jusqu
'au bout des critiques qui vous sont adressées, et encore une fois par Raphaël Guzman, à votre place il y a quelques semaines, et qui disait en fait, Yannick Jadot, mon ami, ne me rejoint pas parce qu'il a, dans son viseur, l'élection de 2022. Il s'est fait avoir en 2017 parce qu'il a rejoint Benoît
Hamon. C'est extraordinaire. Et
bien, maintenant, il se projette, et c'est pour ça qu'il
part
en solo.
Est-ce que vous me dites, Yannick Jadot, aujourd'hui, que
vous êtes élu député européen, vous ne serez pas candidat à l'élection présidentielle de
2022 ?
Moi, je suis candidat à l'élection européenne. Enfin, c'est quand même
extraordinaire. Mais est-ce
que
vous ne le serez pas pour 2022 ? Attendez, c'est quand même extraordinaire.
On m'accuse de tous les maux. En fait, ce que,
à certains nombres,
de ce responsable politique, ils ont un problème, c'est... Ils ont un problème avec notre cohérence, avec notre clarté, avec notre sincérité. Parce que, eux, ils ont bien compris qu'ils rejoignaient des mouvements politiques, qui disent un truc à Paris et qui font le contraire au Parlement européen ou à Bruxelles.
On
me dit, Jadot, il a un melon gros comme ça. Mais tous, ils m'ont proposé de tirer la liste. D'une certaine façon, ça aurait dû satisfaire mon melon.
Et
puis, franchement, si j'avais dû choisir, si je devais faire un grand coup médiatique, j'aurais pris Ségolène Royal. Ça aurait eu un peu plus, un peu plus de gueule. Vous
lui avez
dit non, en effet. Je lui ai dit non, parce que la cohérence. J'ai été le seul candidat à l'élection présidentielle à me retirer pour mes idées. Parce qu'à un moment, on a fait ce pari qu
'une
union, ça pouvait mieux marcher. C'est un
échec. Et à
vous entendre, vous avez l'impression que vous avez raison, seul contre tous. Finalement, que la parole écologique dans ce pays, il
n
'y a que vous. Non, j'ai dit
à
combien il était essentiel, combien j'étais heureux que tout le monde parle d'écologie. Sauf que pour beaucoup, et sinon, on n'aurait pas l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre. On n'aurait pas toujours plus de pollution de l'air. On n'aurait pas toujours plus de pesticides. Pour beaucoup, l'écologie est un discours. C'est une sorte de poudre de perlimpinpin. Vous le mettez sur votre projet, sur votre bilan. D'un coup, tout est devenu écolo, tout est devenu vert. Y compris pour Raphaël Buxman, à ce moment
-là, vous
dites...
Mais, il
n
'y
a pas de bilan.
Il
saupoudre. Non, mais il saupoudre aussi. Le Parti Socialiste, regardez, il soutient le Lyon-Turin. Il a sur sa liste M. Clergeau, qui soutenait Notre-Dame-des-Landes. Il soutient toujours le nucléaire. Donc, il faut arrêter de dire qu'on est tous pareils. Ce que je veux dire, c'est que c'est par la cohérence,
et
que pour beaucoup, l'écologie s'arrête où commence l'intérêt des lobbies, où commence la mise en scène du vieux monde, que nous, dans notre... Ce n
'est
pas simplement une histoire de bilan, vous ne faites pas campagne sur un bilan,
mais
c'est notre cohérence. Le fait que nous ne résignions jamais devant les lobbies. Le fait que nous mettions l'écologie au cœur de tout. Nous voulons écrire une nouvelle page de l'histoire.
Mais quand vous voyez dans les sondages... Nous voulons
retrouver... Quand vous additionnez vos voix et celles du Parti
Socialiste, vous êtes à
13 ou 14%. Vous ne
vous
dites pas, ça n
'est
pas un bon gâchis ?
Non.
Parce
que je dis que je ne
veux
pas mentir aux Français.
Je
ne
veux
pas dire à Paris, nous pensons pareil. Et puis, quand on ira à Strasbourg, les socialistes continueront à voter les accords de libre-échange, les libéraux continueront
à voter les accords de libre-échange... Pardon ?
Les Français pensent que vous voterez
pareil, à 55%.
Écoutez, à nous de mieux informer sur le vote. Mais je comprends que les Français, parfois... Vous savez, quand vous interrogez les Français, ça ne vous a pas échappé
? Comment
ils qualifient la politique ? Pour 1 sur 2, c'est de la méfiance. Pour 1 sur 3, c'est du dégoût. Il est temps
d
'avoir un peu de courage politique,
de
retrouver de la cohérence, de retrouver de la clarté. C'est ce que font les écologistes.
Au
Parlement européen, comme sur le terrain, et c'est ce que ne font pas les autres, pardonnez-moi d'avoir à le répéter. Christophe
Jacubis. Mais justement, les Français, comment vous expliquez que l'écologie soit souvent dans le tête de leurs préoccupations, dans les différentes consultations qu
'on
peut faire, et en même temps,
que
le pourcentage de voix qu'on prête aux écologistes reste relativement faible ? Est-ce que c'est parce que vous n'avez pas, justement, échoué à convaincre les Français qu'on pouvait mener une politique 100% écologique et pas seulement faire du saupoudrage ou s'allier avec des partis politiques ?
Ça
a été rappelé en introduction. Nous ne voulons plus être les supplétifs de personnes. Et la force de l'écologie politique, et ça va être le grand sujet de cette campagne, c'est de montrer que notre écologie, elle est sociale, elle est solidaire. J'étais hier, dans l'Inde, aux côtés de ceux qui se battent contre la fermeture de la maternité, à côté de ceux qui se battent pour l'agriculture paysanne, qui se battent pour qu'on ait des transports du quotidien. Et qu'est-ce qu'ils nous disent ? Ils nous disent, ben oui, finalement, ça fait 30 ans
que
parfois on vous moquait parce que vous combattiez le tout-et-GV et que vous nous alertiez sur la fermeture des petites gares. Ça fait 30 ans qu'on vous moquait parce que vous défendiez les commerces de proximité plutôt que les grandes surfaces en périphérie. Ça fait 30 ans peut-être qu'on vous moquait parce que vous défendiez une agriculture paysanne qui est la seule aujourd'hui qui peut sauver les paysans comme notre santé.
Donc
on est, je crois, à un point de basculement
et
que l'écologie aujourd'hui est la réponse au terroir
la
question
de la
relocalisation de l'économie.
On va d'abord écouter un agriculteur au-delà de
la question de l'environnement. C'est l'heure de la question en plus, justement l'interpellation d'un agriculteur.
Le Grand Jury, la question en plus. Bonjour M. Jadot, je m'appelle Vincent Guyot, je suis agriculteur dans l'Aisne. Je suis utilisateur du glyphosate depuis mon installation car j'ai choisi de partir dans une technique de culture sans retournement de terre. Depuis plusieurs années, vous êtes en croisade contre le glyphosate. En m'interdisant son utilisation, êtes-vous conscient que 1. Vous allez me priver de ma liberté de choix. 2. Vous allez dégrader la compétitivité de mon exploitation et la mettre en danger. 3. Supprimer le glyphosate n'est pas une solution écologique parce que les alternatives ne le sont pas.
Yannick Jadot.
Je
viens de l'Aisne aussi. J'ai grandi dans l'Aisne, en milieu rural. Ce que je vois moi
dans
les campagnes et sur les fermes que j'visite beaucoup, c'est que de plus en plus d'agriculteurs sortent du glyphosate.
Ils
sortent du glyphosate parce que, à la fois, c'est un enjeu de santé pour eux. Regardez les procès aux Etats-Unis, les condamnations de Monsanto. La justice américaine reconnaît le danger majeur du glyphosate et sa responsabilité dans la multiplication des cancers, notamment ce qu'on appelle le lymphome nonoskinien. C'est un peu technique, mais c'est ça. C'est une maladie du sang. Et vous entendez son inquiétude ? J'entends son inquiétude. Pendant des années, on a dit aux agriculteurs « Allez-y, allez-y, mettez des pesticides, mettez du glyphosate. »
Et
qu'est-ce que je veux faire ? Qu'est-ce que nous voulons faire ? Avec Benoît Biteau, paysan, qui est passé en bio, avec Claude Gruffat, l'ancien président du réseau des Biocop, et tous les paysans qui sont sur la liste, qu'est-ce qu'on veut faire ? On a un formidable outil européen.
Ça
s'appelle la politique agricole commune. Il faut la réserver aux agriculteurs bio ? C'est 9 milliards d'euros. Aujourd'hui, avec ce gouvernement d'ailleurs sur le bio, j'ai oublié de mentionner ce petit détail, mais qui est dramatique pour les agriculteurs bio. Les agriculteurs bio ne touchent pas leurs aides.
Non, mais sur cette question que vous pose Guillaume Roquet, est-ce qu'il faut la réserver aux agriculteurs bio, l'aide de la politique agricole commune ? 9 milliards d'euros d'argent
public.
Moi, ce que je veux, c'est qu'on soutienne les agriculteurs bio et qu'on aide tous ceux qui ne sont pas en bio à passer en bio.
Mais est-ce qu'on fait des 9 milliards ? Est-ce qu'on les réserve aux agriculteurs qui s'engagent, par exemple, dans
une loi bio ? On
les réserve à... Nous,
on
a deux priorités. Revenu décent des agriculteurs, sortie des pesticides en 15 ans. Le glyphosate est aujourd'hui trop dangereux pour qu'on continue à reporter l'échéance.
Donc, ça veut
dire
que
les agriculteurs qui continuent à utiliser le glyphosate, il ne faut
plus leur donner d'aide ?
On va les aider à en sortir. Mais vous savez... Oui,
mais il n'y a pas d'alternative aujourd'hui. Vous
le savez. Non,
c
'est faux. Qu'il n'y
a
pas
de
désherbant aussi efficace. Vous vous rendez compte qu'à ça, qu'il n
'y ait
pas de désherbant aussi efficace, c'est sûr qu'il est total et il est aussi extrêmement efficace à nous filer des maladies. Donc, celui-là, on n'en veut plus. Mais moi, j'invite 7 agriculteurs, comme beaucoup le font aujourd'hui, c'est d'aller voir les agriculteurs qui sont sortis du glyphosate et ceux qui n'en utilisent pas justement
l
'idée du couvert végétal.
C
'est quand même une blague absolue. Le couvert végétal.
C'est
quoi ça ? L'un des arguments. Vous n'avez pas totalement
écouté les arguments
de notre agriculteur de laine. Il dit avec le glyphosate, je permets un couvert végétal
et
donc, quelque part, ça continue à absorber.
Il
y a moins de trucs. Ce que font les agriculteurs qui sortent du glyphosate, c'est qu'ils vont cultiver de la moutarde en interculture.
Ils
vont cultiver un certain nombre de choses qui vont enrichir le sol, qui vont rendre le sol de nouveaux vivants et qui vont enrichir le sol et permettre d'avoir des meilleurs rendements sur toutes les cultures. Ça existe. Vous savez,
ce
qui est extraordinaire avec les agriculteurs bio, je vais vous le dire, c'est qu'on nous fait croire que l'innovation, aujourd'hui en agriculture, c'est la molécule de synthèse ultra plus plus de Monsanto. Ceux qui innovent, ceux qui font le plus de recherches, ce sont les agriculteurs bio. Ce n
'est
pas l'agriculture d'il y a un siècle, l'agriculture biologique. C'est l'agriculture qui respecte la nature, qui, vous savez ce que me disait Gruffa, l'ancien président des Biocop, si on satisfaisait aujourd'hui la demande de consommation bio locale sur notre territoire, en France, si on la satisfaisait, on créerait, on installerait 60 000 agriculteurs bio en quelques années. Ce n
'est
pas un beau projet
social, écologique ? On
voit bien l'impact concret, on n'utilise plus de glyphosate, effectivement ça change. Sur le climat, que répondez-vous à ceux qui disent que
la
France émet moins de 1% des gaz à effet de serre et que donc elle est très peu responsable du réchauffement climatique. Pourquoi est-ce qu'on devrait prendre des mesures contraignantes
?
Ah ben ça, si tous les pays se mettent dans cette posture-là,
plus
personne n'agit. Parce que d'une certaine façon, les Chinois pourraient dire alors nous on est en production le plus grand pollueur de la planète aujourd'hui, mais par tête de pipe, on n'est pas le plus grand pollueur et puis surtout, on produit beaucoup de gaz à effet de serre parce que vous, vous consommez
les
pays occidentaux donc ils pourraient dire que
ce
n
'est
pas notre responsabilité. Trump fait exactement le même discours,
ce
n
'est
pas notre
affaire. Oui, c'est une vérité objectif. Les Américains et les Chinois émettent plus de
gaz à effet de serre que nous. Ça c'est vrai. Pas par tête de pipe, pas les Chinois, les Américains, oui, vous avez raison. Ce que je veux dire, c'est que
nous
appartenons à une grande communauté humaine.
Nous
sommes face au plus grand défi de l'humanité qui est le dérèglement climatique. Si nous continuons
les
engagements des États aujourd'hui, ces 3-4 degrés de réchauffement climatique, c'est un chaos climatique absolu. Ça va déstabiliser complètement nos sociétés. Et à ce moment-là, gilets jaunes, gilets verts, gilets rouges, il n
'y aura
plus que des gilets de sauvetage et il y
aura
tellement de conflits qu'il n
'y
en aura pas pour tout le monde. Donc, nous avons la responsabilité, et c'est là que l'Europe est importante, nous avons la responsabilité que l'Europe devienne le leader mondial du climat, pas simplement dans les discours, mais dans les actes. Ce sera la meilleure façon de contrer Poutine, de contrer Trump ou de contrer... Juste une question, vous vous voyez commissaire européen à l'environnement ou
pas ? Je veux être député, je suis très
heureux d'être député.
Est-ce que vous le souhaitez ? Ça pourrait être une aspiration.
Mais
un, vous savez que le poste de commissaire européen est désigné par le gouvernement en place.
Il
ne vous a pas échappé que contrairement à un certain nombre, j'avais quelques difficultés avec ce
gouvernement
du point de vue de l'engagement. Yannick Jadot, est-ce que vous
accepterez
? Est-ce qu'on peut avoir un peu de cohérence ? Est-ce qu'à un moment donné, la politique, ce n
'est
pas simplement aller manger là où l'assiette est la plus chargée
et la plus servite
? Non, parce que moi, je suis cohérent.
Ça
fait 30 ans que je me bats pour l'écologie. J'ai été au Burkina Faso, j'ai été au Bangladesh, j'ai été à Greenpeace, je suis au Parlement européen. L'écologie, c'est le combat de ma vie. Je suis très heureux que tout le monde en parle, mais j'aimerais que vos auditrices, vos auditeurs, comme vos téléspectatrices et vos téléspectateurs, entendent, et vos lectrices, vos lecteurs. Bien
sûr, on ne les
oublie pas. Tout le monde,
c
'est des millions, tout ça. Ils entendent bien que
l
'écologie, c'est ce qui va nous permettre
de
nous réconcilier avec notre avenir.
C
'est le
grand projet.
Christophe, j'accueille. Soyons concrets.
On a parlé de la qualité de l'air, la qualité de la France, etc. Soyons concrets. Nos enfants, quand ils habitent notamment dans les villes ou à la campagne avec les pesticides, respirent de l'air pollué. Qu'est
-ce
qu
'on
fait concrètement ? Est-ce qu'on peut, je ne sais pas, interdire la circulation sortie des écoles ?
Est
-ce qu'on peut restreindre la circulation le dimanche comme certaines villes le font
?
Concrètement, qu
'est
-ce que vous proposez
? Vous restaurez un page
urbain. Vous n'êtes pas dans votre projet européen très concret. Vous pouvez le faire au niveau de l'Europe.
Dites
-nous, dites-nous. Vous savez que la
plupart des normes de pollution sont définies au niveau européen. Quand je vous dis que la Commission européenne met l'État français devant la Cour européenne du justice, c'est bien parce qu'on n'applique
pas Alors, Yannick Jadot, on vous
entend et on arrive à la pause de cette émission. Vous allez nous détailler vos propositions dans la seconde partie de ce Grand Jury.
Suite
du Grand Jury RTL Le Figaro LCI. Invité aujourd'hui, Yannick Jadot, tête de liste Europe Écologie Les Verts aux européennes. Le débat est dirigé par Benjamin Sportouch. Avec à mes côtés Guillaume Roquet du Figaro et Christophe Jacubizzi de TF1 LCI qui vous pose la première question de cette seconde partie, Yannick Jadot.
Qui repose la question que vous avez posée parce qu'on a été interrompu par la publicité mais concrètement, qu'est-ce que vous feriez, qu'est-ce que vous imposeriez comme contrainte supplémentaire sur la circulation, sur le péage urbain, sur le transport aérien ? C'est quoi vos propositions concrètes
?
Alors, si je le prends dans l'autre sens, le transport aérien, il faut le taxer. Taxer le kérosène ? Il faut taxer le kérosène. Ce sont à la fois... Au niveau national, simplement. Oui, mais on peut le faire au niveau européen. On peut se battre pour que ça se fasse au niveau européen. Mais montrons l'exemple. Faisons-le au niveau national. Et d'ailleurs,
c
'est souvent une des demandes. Donc,
sur les billets,
comment on le
taxe concrètement ? C'est simplement on taxe le kérosène. Oui,
mais
du coup, ça va se répercuter sur le billet des avions.
Il est possible que des low cost soient un peu moins low cost. Mais quand vous faites le plein pour aller bosser ou pour aller chercher un boulot, vous êtes taxé à 50-60%.
Vous évitez prendre l'avion, vous ? Vous évitez
prendre l'avion, vous
?
J'essaye, oui. C'est
vrai
? J'essaye. Et puis, vous savez, dans une campagne, ce n
'est
pas toujours facile parce qu'il y
a
un certain nombre quand vous y allez en train, ça vous prend une bonne partie de la journée. Et quand vous faites le coup, vous compensez votre bilan carbone ? Après, oui, mais vous
savez, il y a 10 jours. Non, mais comment expliquez-nous
parce que c'est des choses concrètes qu'on peut... Oui, mais il
y
a 10
jours, je suis allé faire campagne aux Antilles, en Guadeloupe, à la Martinique, notamment pour constater le désastre absolu généré par la chlordécone.
Pas
simplement en matière de santé.
Je
veux dire, les gens, la Martinique, c'est le record mondial
des
cancers de la prostate. Et vous avez un président de la République qui dit non, non, moi, je ne
fais
pas de lien entre la chlordécone et
les cancers. C'est utilisé
pour la culture
des bananes,
c'est ça ? Bien sûr. C'est utilisé pour la culture des bananes. Il va y avoir, les sols sont contaminés pour 600 à 700 ans. 600 à 700 ans. Les pêcheurs ne peuvent plus aller pêcher. C'est un drame absolu.
Donc
vous allez là-bas en avion. Donc j'y suis allé là-bas en avion. Donc taxer le kérosène. Oui, moi, je crois que, notamment en ville, là où il y a le plus de pollution, il va falloir sacrément réglementer la circulation autour des écoles. Autour des écoles. Autour des écoles. Ils
ne peuvent
pas jouer dans les cours de récré. Qu'ils aillent écouter les pédiatres, dire à quel point nos gamins, et puis écouter les difficultés des personnes âgées à se déplacer quand il y a
de la pollution. Quel périmètre
autour des écoles ? C'est quoi le périmètre
?
Je ne sais rien.
Il faut le mettre en place avec
des experts. Est-ce que ça, ça se fait aussi au
niveau européen
? Est-ce qu'il faut
que ce soit au niveau européen ? Non, je
ne
suis pas certain. Moi, ce que j'aimerais au niveau européen, et le combat qu'on a mené au niveau européen, c'est comment on sort du diesel. aux constructeurs automobiles des normes sur le CO2 comme sur le diesel. Il ne vous a pas échappé que les constructeurs automobiles européens se sont fait prendre la main dans le sac sur l'illégalité de leur comportement, la fraude organisée, que je considère être une fraude criminelle, sur la pollution. Vous avez vu encore comment BMW, Daimler et Volkswagen se sont mis d'accord pour qu'il n
'y en
ait pas un d'entre eux
qui
mettent en place dans les automobiles la réduction de la
pollution. Vous voyez que le côté
négatif parce que les constructeurs automobiles fabriquent aussi des modèles qui sont de moins en moins polluants. Ils existent ces progrès-là ?
Mais il y a une partie de progrès. Mais moi, vous savez, ça fait 20 ans que je travaille sur la pollution. Je travaille avec les salariés
de
l'automobile, je travaille avec les consommateurs, avec les associations. Donc
vous voyez des modèles qui
polluent de moins en moins
? Non,
pas forcément. Pas toujours, malheureusement. Parce qu'en fait, les constructeurs automobiles, quelle est leur démarche vis-à-vis des gouvernements et des députés européens
? Ils
viennent,
ils
disent « Oh là là, on ne peut pas faire reculer, augmenter l'objectif pour réduire le moins possible leur pollution. » Et après, ils s'organisent avec la complicité des gouvernements pour tricher. Vous vous souvenez du précédent gouvernement ?
Quand
Ségolène Royal va à Bruxelles pour faire en sorte que les constructeurs automobiles puissent polluer deux fois plus
que
la norme autorisée. Et qu'est-ce qu'ils font à ce moment-là ? Eh bien, ils font des véhicules de plus en plus puissants. Ils font des véhicules avec plus d'options, des véhicules plus lourds.
Notre
combat... Soyons concrets, en Iglado, est-ce que vous
êtes pour
des péages urbains aux entrées de ville ? Non. 75% des franchises, en effet, sont dépendants de la voiture. Est-ce que vous voulez imposer la voiture électrique dans les centres-villes d'ici 2030, par exemple ? Vous-même, est-ce que vous roulez à l'électrique ou pas ? Moi,
je n'ai pas de
voiture.
Vous n'avez pas
de voiture.
Donc, vous déplacez un transport en commun. Mais
là-dessus,
je sais d'où je viens.
Je sais d'où je viens. On parlait de la Picardie de l'Aide. Ma maman, elle vit dans un village, elle a besoin d'une voiture. Il n
'y a
pas de sujet. Et elle ne
peut
pas rouler à l'électrique aujourd'hui. Elle
ne
roule pas à l'électrique aujourd'hui. Et
elle est
contre
la taxe carbone
? Non,
elle est pour ce que je porte.
Pardon, c'est pas une idée de l'électrique. Elle est très
écolo. Qu'est-ce qu'on a dit sur la taxe carbone ? On a dit chaque euro collecté doit être un euro pour accompagner les Français dans la transition et pour investir. Malheureusement, ce qu'ont fait les gouvernements, ils ont compensé la suppression de l'ISF, ils ont compensé la flat tax avec une fiscalité. Qu'est-ce que nous disons ? Nous voulons travailler avec les salariés de l'automobile à un grand plan pour faire la voiture qui consomme moins et qui pollue moins. Nous voulons un plan marchal d'investissement
sur les transports du quotidien. Mais vous voulez aussi le rétablissement de la taxe carbone sur le diesel et sur l'essence
?
Pardon ? Est-ce que vous voulez qu'on remette la taxe carbone comme c'était prévu ?
Il faut
continuer
la trajectoire. Nous,
on
a toujours soutenu
ça. Ce matin, dans le gilet dé, qu
'il
n
'y aura
pas de retour de la taxe carbone
?
Oui, écoutez, que Gérard
Armanin
ne soit pas un écolo. C
'est quand même à
l
'origine
du mouvement des gilets jaunes.
Et ça, ça ne vous préoccupe pas ? C'est une
partie. Mais ça me préoccupe énormément. Quand je suis en permanence... C
'est l
'écologie punitive, dirait Ségorène Royal. Oui. D'ailleurs, qui a bien montré... Vous savez, quand est-ce qu'on punit les Français ?
On
les punit quand leurs enfants n'arrivent pas à respirer.
On
les punit quand les paysans souffrent de maladies liées aux pesticides. On les punit quand l'ensemble de nos organismes sont contaminés par les produits chimiques. On nous punit quand le dérèglement climatique est en train de remettre en cause l'organisation même de nos sociétés la survie du vivant. Là, on nous punit.
Alors, justement... En revanche...
Non,
non,
attendez. Il faut quand même que vous me l'essayez répondre aux questions, sinon ça ne va pas. Donc, là, la fiscalité écolo, ça doit servir à financer les transports du quotidien. Je le disais, j'étais hier au Blanc, fermeture de la maternité. Vous savez, sur un territoire, quand vous fermez l'endroit où on donne la vie, ça dit très clairement ce qu'on veut faire de ces territoires. on veut les laisser mourir.
L'argument du gouvernement, c'est de dire que ce sont souvent des structures où le risque sanitaire est plus
élevé. C'est totalement faux. Sur place, ils ont de très bonnes statistiques sur la maternité, un très bon accompagnement. Là, ce que fait ce gouvernement, c'est de mettre en danger la vie des femmes et la vie des enfants. Et dans ce même endroit,
ils
ferment les gares.
donc
non seulement les familles vont être à une heure, une heure et quart pour accoucher potentiellement, mais en plus,
si
vous voulez travailler dans cette zone-là, vous n'avez plus de gares, vous n'avez plus de trains. Et ça, c'est profondément choquant.
Ce
que veulent faire les écologistes,
y
compris avec notre plan d'investissement européen, c'est l'Europe des terroirs. L'Europe où ? Sur l'agriculture paysanne et biologique, sur les énergies renouvelables, sur la rénovation de nos logements, sur la mobilité, sur la culture, l'éducation, la santé, nous voulons avoir
des territoires vivants.
Vous voyez ce que vous disent les Français, par exemple, sur les énergies renouvelables ? Ils sont pour et en même temps, les éoliennes.
Vous ne
regardez pas les bonnes enquêtes ? Les
enquêtes, c'est 80%
de soutien à l'éolien. Mais
pas à côté de chez eux. Mais
si, regardez l'enquête qui a été faite, c'est 80% de soutien, y compris à côté de chez soi. Moi, j'ai, sur la liste, le patron de Valorem,
qui
est une entreprise d'Aquitaine, de Bègle.
Qu
'est-ce qu
'il
fait ? Vous avez dans son entreprise
des
jeunes de Polytechnique, des jeunes en insertion professionnelle. Il a plein de projets d'énergie renouvelable. Il va sur les entreprises de la région ou les entreprises françaises. Ça marche super bien. Vous avez même General Electric, Siemens, même les grosses entreprises attendent
que
le gouvernement cesse de mettre des bâtons dans les roues des énergies renouvelables pour qu'elles se développent. Vous vous rendez compte ? Si l'Europe dépendait du soleil, du vent, de la géothermie, de la biomasse, plutôt que de Poutine, de Trump, des dictatures
du Golfe
et du pétrolière. L'uranium, vous le trouvez où
? L
'uranium, on ne
l
'a pas en France. Et franchement, aujourd'hui, les énergies renouvelables, c'est deux fois moins cher que le nucléaire et ça crée deux fois plus d
'emplois. Donc pour le nucléaire, on se prend la main des
puissances étrangères aussi, c'est ce que
vous nous dites. Ben oui. Quand vous dépendez
de l
'uranium, vous dépendez de pays étrangers. Mais franchement, est-ce que notre projet à nos enfants, c'est de dire on a des vieilles centrales, peut-être ça va nous péter à la gueule ? Relisez les rapports de l'autorité de sûreté nucléaire. Tout devient dangereux. Est-ce qu'on attend que ça nous pète à la gueule ? Alors, sur
les
enfants, justement.
Ou on a
des énergies renouvelables qui
créent des emplois.
Sur
nos enfants,
comme vous dites, Christophe Jacubis. Il y a eu des centaines de parents qui ont participé à une réunion d'information en Loire-Atlantique parce qu
'ils
sont inquiets de la multiplication des cas de cancer de manière locale. Est-ce que vous pensez que c'est une cause environnementale ou est-ce qu'il est trop tôt pour se prononcer ?
C
'est difficile.
C
'est trop tôt pour se prononcer. En revanche, ce sur quoi il
faut
se prononcer, c'est l'impératif
d
'un travail épidémiologique.
Vous
savez combien les écologistes ont par exemple soutenu, accompagné, défendu. Emmanuel Amard, la lanceuse d'alerte sur les bébés sans bras. Vous avez accusé l'usage
des péticides. Oui, mais d'ailleurs, on
ne nous accuse plus. Ça ne vous a pas échappé. On ne nous accuse plus. L'accusation de Mme Buzyn, c'était de dire oh là là, tout ça et puis elle a voulu licencier Emmanuel Amard. On fait taire les lanceuses d'alerte ou les lanceurs d'alerte. C'est toujours le cas. Donc
qu'est-ce que vous souhaitez
sur
l'amence ? Regardez ce qui s'est passé sur le niveau
thyrox.
Sur
le niveau thyrox, c'est quand même extraordinaire. On a dit à toutes ces personnes...
Changement de la
formule du municament, je
rappelle. Changement
de la formule. Sur l'hyperthyroïde. On a
dit à toutes ces personnes qui me plaignaient vous êtes des hystériques. Vous n'avez plus de thyroïde, machin, vous êtes des hystériques.
Et
finalement, on apprend qu'il y a des vrais dégâts pour ceux qui utilisent ça. Donc moi, j'aimerais que l'État français, sur tous ces sujets-là, parce qu
'on
sait qu'il y
a
une explosion des maladies chroniques, des cancers liés à
l
'environnement, ça, c'est acquis. Moi, j'aimerais qu'on ait un vrai travail
d
'épidémiologie et puis surtout, qu'on réduise les problèmes à la source. Mais
vous voulez un
registre, par exemple, aussi sur ces cas de cancer, est
-ce
que vous dites qu'il faut établir un registre
national
? Bien sûr. Quand vous dites un travail épidémiologique, ça veut dire en fait mesurer objectivement le tort que peuvent causer tous ces produits. Et on a franchi un palier avec la Cour de cassation qui a reconnu qu'on pouvait éventuellement indemniser des gens pour une espèce de... pour la peur qu'ils ont pu recevoir. On appelle ça le préjudice d'anxiété, même si la nocivité, par exemple, de l'amiante n'était pas reconnue dans certains cas. Est-ce que vous êtes pour ça ou est
-ce
que ce n
'est
pas une dérive quand même ?
Mais non.
Vous
vous rendez compte qu'on va avoir dans notre pays selon les estimations entre 130 000 et 480 000 cancers liés à l'amiante. C'est 3 000 cancers.
Préjudice d'anxiété, ça veut dire qu'il
n
'y
a
pas d'effet direct mais que les gens ont eu peur, peut-être à cause de vos propos, par exemple, et que du
coup il faut les indemniser. Ça c'est
gonflé. Vous vous rendez compte de ce que vous dites ? Vous êtes en train de nous expliquer que ce sont les écologistes qui créent l'anxiété sur les gens qui développent un cancer de la plèvre. Est-ce que vous les avez vues ces personnes qui
ont
un cancer de la plèvre ?
Non mais vous avez vu non, non, non, là
on va être sérieux.
Là en l'occurrence on n'est pas sur les malades. Est-ce que vous avez vu justement le préjudice d'anxiété
ça veut dire qu'il n
'y
a pas ces maladies-là ?
Mais il y a des gens qui ont été angoissés et
stressés. Ils ont un risque énorme de la voix qui met les personnes dans des situations dramatiques. Je répète, j'ai vu la même chose en Martinique et à la voix de loup.
qui
sont vraiment malades,
vous comprenez ? Le préjudice d'anxiété vous le savez bien c'est autre chose.
Mais
vous
n'avez pas échappé
? Juste un instant pour qu'on comprenne bien c'est-à-dire que par exemple sur l'utilisation du wifi sur les ondes par exemple
On
parle de l'amiante là. Excusez-moi, c'est quand même un scandale d'Etat l'amiante.
On
a mis 25 ans à interdire l'amiante alors qu'on avait dit que c'était cancérogène.
On
a laissé au nom
des
lobbies toujours ces lobbies qui gangrènent l'Etat contre les écologistes et là aussi on nous insultait en disant vous êtes des lanceurs d'alerte irresponsables. 3000 cancers par an. Est
-ce que vous avez vu la difficulté ? Pardon, mais le préjudice d'anxiété, c'est pas ça. C
'est pas la maladie, c'est l
'inquiétude.
Non, mais c'est pas l'inquiétude. C'est le fait d'avoir dans sa vie professionnelle été exposé à l'amiante qui conduit évidemment à une anxiété et à des troubles permanents de dire je vais attraper cette maladie. Je vois mes anciens collègues comment cette maladie les fait abominablement souffrir. Oui, c'est une anxiété et qu'on a mis tellement de temps et on n'a toujours pas la justice n'a toujours pas tranché sur les responsables de ce scandale d'État.
On vous a entendu sur l
'amiante Yannick Jadot mais il faut qu
'on
avance sur d'autres questions. Christophe Jacubis.
Alors on
va
choisir le sujet mais c'est quand même un sujet qui concerne l'Europe. Dans une réunion des ministres de l'Intérieur européens Christophe Castaner a affirmé cette semaine que certaines ONG étaient complices des passeurs des mafias qui exploitent les migrants en étant en contact notamment téléphonique directement avec eux pour organiser le départ des bateaux vers l'Europe. J'ai été scandalisé de cette
déclaration. Que franchement le ministre de l'Intérieur français reprenne exactement les éléments de langage de l'extrême droite italienne m'a profondément choqué. Aujourd'hui depuis 4 ans
en
Méditerranée vous avez eu 12 000 morts. 12 000 morts en Méditerranée. C'est comme si on riait de la carte Le Bourget ou Arcachon.
12
000 morts. S'il y en a qui survivent à cette traversée abominable
c
'est parce qu'il y a des bateaux d'associations qui leur sauvent la vie. C'est notre responsabilité je dirais même c'est une obligation du droit international de mettre
le
doigt comme il le fait sur les associations qui sauvent les vies et de négocier en même temps.
Il n'a plus certain de négocier avec les passeurs pour organiser les départs. C'est ce que fait M. Castaner.
Lui ce qu'il fait c'est qu'il organise le maintien des migrants dans le désert libyen il fait ça il organise ça avec les milices libyennes. Et bien ça c'est choquant parce
que dans le désert Vous dites qu'il organise
cela avec les milices libyennes ?
Bien sûr. Vous l
'accompilise
des milices
libyennes ? Bien sûr. Quand l'Europe passe des conventions avec la Libye finance la Libye pour qu'ils s'occupent des migrants et qu'ils ne viennent jamais en Europe vous organisez de fait les violences les viols les meurtres le racket qui s'organise en Libye.
Mais le principe d'empêcher les
migrants de
venir
en Europe c'est quelque chose que vous
contestez
? Ah non.
Nous
on y travaille beaucoup. Quand on dit qu'on veut lutter contre le dérèglement climatique quand on dit qu'on veut lutter contre le pillage des ressources en Afrique et ailleurs quand on dit qu'on veut qu'il y ait plus de terres habitables et qu'on défende les terres qui sont aujourd'hui habitables je peux vous dire que c'est de loin de très très loin la meilleure réponse à la question des migrants ou des migrations contraintes. Si les gens se déplacent c'est pas parce que au Tchad ou en Éthiopie ou ailleurs ils émettent beaucoup de CO2 c
'est parce qu'ils espèrent une vie meilleure en
Europe
pardon ?
C
'est parce qu'ils espèrent une vie meilleure en Europe alors un dans 9 cas sur 10 ils restent dans le pays où ils vont dans un pays voisin ceux qui absorbent le plus les migrations internationales aujourd'hui sont les pays voisins
aujourd
'hui quand ils fuient des dictatures
et
bien effectivement ils espèrent vivre un peu en dignité ils sont parfois des réfugiés politiques des réfugiés de guerre ou des personnes qui ne peuvent plus vivre dans leur pays parce que les conditions environnementales ne permettent plus ça alors oui nous défendons un statut de réfugié climatique oui nous considérons que l'Europe doit assumer sa responsabilité à la fois en accueillant les migrants les réfugiés qui y compris viennent en Europe c'est une infime partie mais une partie vient en Europe il faut les accueillir et notre responsabilité c'est de faire en sorte qu'il n
'y
ait plus de raison
de
quitter leur pays Yannick
Jadot
autre sujet d'actualité de cette semaine Christophe Jakubizine
on
a appris c'est une enquête de libération que le gouvernement avait préparé un plan de rapatriement des djihadistes des hommes des femmes et des enfants français lorsqu'ils étaient menacés de peine de mort dans le pays où ils allaient être jugés finalement cette expédition a été abandonnée sous la pression de l'opinion publique est-ce que vous regrettez qu'on laisse finalement les djihadistes et leurs familles aux mains d'une justice qui sera peut-être extrêmement sévère
Yannick
Jadot mon sujet c'est pas que la justice soit sévère
sur
les djihadistes et les terroristes la justice
doit être sévère mon seul sujet c
'est la sécurité des français
notre
seul sujet c'est
la
sécurité des français c'est pour ça que nous soutenons
le
rapatriement des djihadistes
vous
pensez vraiment que les kurdes vont arriver à maintenir enfermer tous ces djihadistes pendant des années des années des années à un moment donné qu'est-ce qui va se passer ils vont se retrouver dans la nature si on ne rapatrie pas les enfants ils vont se construire eux à la fois ils vont vivre dans des conditions absolument dramatiques et ils vont se construire dans la haine de
notre pays donc
on
rapatrie les enfants mais
aussi leurs parents c'est
ce
que vous me dites mais
bien
sûr moi je veux qu'ils soient jugés en
France
c
'est
moins
dangereux
en France qu'à l'étranger
ah bah ça c'est sûr enfermés en France ils sont beaucoup plus enfin nous sommes beaucoup plus en sécurité que de les laisser dans des camps dont nous ne savons pas les conditions de sécurité notamment dans la partie kurde de la Syrie aujourd'hui
alors
on arrive à l'heure de questionnette le grand jury questionnette bonjour Marie-Pierre Haddad beaucoup
de commentaires en direct exactement bonjour
à tous bonjour Yannick Jadot donc les internautes vous suivent en direct et ils sont vraiment embêtés parce qu'ils ne vous comprennent pas donc par exemple Jean-Luc lui il vous reproche d'être allé une fois à droite une fois à gauche une
fois
au centre et il s'énerve de votre côté girouette c'est le mot qu'il emploie et Alain lui il se définit comme un écologiste mais il n'a pas confiance en vous il n'y croit pas
c
'est quand même des critiques assez fortes est-ce que vous reconnaissez qu'à force vous les avez complètement perdus
?
ah non un on ne les a pas perdus on est en train de les retrouver donc ça c'est la bonne nouvelle deuxièmement c'est quand même assez rigolo de dire que j'étais à gauche à droite vous
avez soutenu
Benoît Hamon
pardon
? vous avez soutenu Benoît Hamon j'ai toujours été écologiste
c
'est quand même incroyable moi je n
'ai
jamais été dans aucun autre parti j'en vois bien qui se déploie
même si on a du
mal à vous entendre dire que vous êtes de gauche vous ne l'avez pas dit mais
bon c'est votre droit j'ai dit
quelles étaient les valeurs moi je sais comment j'ai voté dans ma vie je sais quelles sont mes valeurs mais franchement aujourd'hui on n'a jamais fait de compromis avec le productivisme de droite jamais
mais
moi je veux m'affranchir du
productivisme et du nationalisme vous
avez voté Emmanuel Macron et
là quand on vous dit que vous allez
faire le jeu des nationalistes que vous dit Glucksmann vous lui répondez
quoi ?
vous savez comment les nationalistes montent
comment
le désespoir dans la politique monte c'est sur l'incohérence de dire un truc à Paris moi je suis pour le climat je suis pour le protectionnisme vert et puis d'arriver à Strasbourg au parlement européen et de voter l'inverse quand on défend nous le protectionnisme vert c'est quoi ? c'est de dire il faut une taxe très forte aux frontières de l'Union Européenne sur le carbone il faut interdire d'ici 5 ans les produits issus de pays qui ne respectent pas la liberté syndicale c'est de sanctuariser nos services publics vous vous rendez compte que la France est en train de privatiser ses barrages quand l'Allemagne ne le force pas que
la France est en train de
vendre à la découpe
nos
joyaux sur les aéroports et tout ça quand les autres pays ne le font pas c'est ça la cohérence
de l'écologie des internautes
au niveau européen
oui alors ça concerne le Trash Tag Challenge donc c'est un défi lancé par les internautes sur les réseaux sociaux ils prennent une rue une plage une forêt qui est complètement polluée ils les nettoient de compte en comble et après ils mettent les photos sur les réseaux sociaux donc tout le monde s'y met au Népal aux Etats-Unis en Inde aux Philippines et aussi en France même si ce défi reste quand même assez timide pour les Français donc comment est-ce que vous l'expliquez ? en théorie les Français sont pour l'écologie mais dans les faits c'est beaucoup plus compliqué ça
dépend moi je vois aussi toutes les opérations de ramassage sur les plages je vois notamment ces surf riders qui avaient lancé ça au début il y en a un peu partout maintenant ça se développe moi je suis très fier que la numéro 4 de la liste soit Marie Toussaint c'est elle qui a lancé l'affaire du siècle 2,2 millions de signatures donc c'est la plus grande pétition jamais faite dans notre pays pour justement critiquer l'inaction des états je soutiens même le recours de la ligue de protection des oiseaux qui
est obligée en permanence de
rappeler à l'état ses obligations en matière de protection des oiseaux et ne pas céder en permanence aux folies des chasseurs donc la société est en train de venir sur l'écologie et la bonne nouvelle c'est que l'écologie c'est pas simplement éviter le chaos je l'ai dit c'est relocaliser l'économie sur nos territoires qu'on a tellement besoin
c
'est recréer beaucoup d'emplois de qualité c'est offrir un avenir à nos enfants et économiquement socialement c'est nous qui sommes
rationnels aujourd'hui c'est nous qui sommes concrets est-ce que
c'est aussi travailler peut-être aussi plus longtemps pour financer tout cela il y a un débat sur les 65 ans est
-ce
que vous le trouvez totalement illégitime ce
débat ? je le
trouve
absurde parce que quand on regarde le comité de suivi des retraites ils disent en fait il n
'y a
pas de problème financier sur le financement des retraites
donc
c'est un grand
mensonge d'état ? un non parce que qu'est-ce qu
'ils
veulent faire ? ils ont amené la question de la dépendance c'est un autre sujet parce
qu'il faut la financer
sur la question des retraites on n'a pas de problème aujourd'hui un une personne sur deux qui liquide sa retraite n'est plus en activité est en maladie en invalidité ou en RSA qu'est-ce qu'on veut faire ? l'espérance de vie
vous
savez quelle est l'espérance de vie à la naissance des hommes ? 62 ans donc en fait on est en train de vouloir faire travailler plus tard pour se retrouver dans des situations difficiles on va reporter l'âge de la retraite ce sont ceux qui ont travaillé le plus durement dans leur vie qui vont le subir
on
a une différence d'espérance de vie entre les ouvriers et les cadres de 6 ans et de 10 ans quand il s'agit de ne pas être en bonne santé donc moi ce que je dis et ce que nous défendons par exemple
on
veut
créer
un magnifique statut des aidants parce qu'au niveau européen 80% des personnes sous-dépendantes des personnes handicapées au cours des maladies chroniques sont
soignées par les aidants on veut créer un
statut des aidants merci beaucoup c'était votre grand jury c'est le
jour aussi
du CIDAction RTL est partenaire nous médias sont partenaires vous composez le 110 si vous le pouvez pour faire un don très bonne journée à tous et
protégez-vous
protégez-vous toujours
RTL
Yannick Jadot