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interviewBFM Business — La grande interview· 13 mai 2026 52 min

Une taxe européenne sur les super-profits ? – 13/05

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Locuteur non identifié

Le CNBusiness et la Tribune présente Le 18-19 d'Edwi Chevrillon

0:06
Présentateur

Bonsoir à tous, bienvenue dans le 18-19 évidemment, on va parler de cette rencontre quand même historique entre Donald Trump et le président chinois Xi quel est l'enjeu de cette rencontre, est-ce que la paix est peut-être à la clé de cette rencontre et puis on parlera business forcément, puis on parlera de la place de l'Union Européenne on en parlera avec Aurore Laluc elle est économiste, elle est présidente de la commission des affaires économiques et monétaires au Parlement Européen et puis elle est co-présidente de place publique aux côtés de Raphaël Glucksmann elle publie Trump contre l'Europe, vous verrez c'est un livre très intéressant et passionnant et puis ensuite j'en recevrai deux personnes qui connaissent très très bien la Chine puisqu'elle a dirigé Adidas en Chine, c'est Sandrine Zerbib elle est chez l'entreprise, elle conseille beaucoup d'entreprises qui veulent aller travailler en Chine et puis face à elle, ça sera Jean-Paul Chang, économiste qui lui aussi est un des meilleurs experts du pays chinois mais pour l'instant, place à Raphaël Glucksmann, ça sera plus tard, place à Stéphanie Collot et bien sûr pour le journal de l'écho

1:10
Locuteur non identifié

Le journal

1:13
Présentateur

18h, bonsoir Stéphanie On commence par Donald Trump qui est arrivé en Chine pour une visite de trois jours

1:20
Invité

Donald Trump qui va rencontrer Xi Jinping et compte sur le président chinois pour faire pression sur Téhéran afin de mettre fin à la guerre Autre sujet sur la table, le prolongement de la trêve conclu en octobre dans la guerre des droits de douane la question des ventes d'armes américaines à Taïwan ou encore l'IA et les restrictions sur les approvisionnements en terres rares ou en semi-conducteurs Pendant ce temps, l'agence internationale de l'énergie alerte le monde puise dans ses réserves de pétrole à une vitesse record Les stocks mondiaux ont diminué de 250 millions de barils sur mars et avril sous un rythme de 4 millions de barils par jour ce qui pourrait annoncer de futurs flambées des prix En France, le SMIC va augmenter de 2,4% à partir du 1er juin après déjà une hausse de 1,18% en début d'année une augmentation mécanique liée à l'inflation qui accélère à 2,2% en avril sur un an tiré par les prix de l'énergie Le marché de l'emploi se dégrade Pour la première fois en 5 ans, le taux de chômage repasse au-dessus de la barre symbolique de 8% au premier trimestre en hausse de 0,7 points sur un an selon l'INSEE Ça représente 68 000 chômeurs de plus Après le BTP, le gouvernement prend des mesures pour aider les taxis face à la flambée des prix du carburant Ils vont recevoir de l'État une avance de trésorerie correspondant à une fraction de la taxe sur les carburants La taxe de 2 euros sur les petits colis importés rapporte moins que prévu Selon les douanes, elle fait rentrer 2,3 millions d'euros par mois dans les caisses de l'État Le gouvernement s'attendait à 33 millions d'euros de recettes mensuelles en cause le contournement de cette taxe par les grandes plateformes, notamment chinoises Et puis, deuxième année dans le rouge pour Nissan Le constructeur enregistre une perte nette de 2,8 milliards d'euros sur son exercice 2025-2026 après une perte équivalent à 4 milliards d'euros sur l'exercice précédent minée par l'essoufflement de ses ventes les taxes douanières américaines et l'impact de ses mesures de redressement Les marchés avec Guillaume Sommerer Bonsoir Guillaume Bonsoir Guillaume Et le CAC termine en hausse ce soir mais forte tension sur le 10 ans américain Effectivement, à 4,48 ce 10 ans américain il est porté, il est poussé il est tendu par l'inflation On a de nouveaux chiffres d'inflation aujourd'hui aux Etats-Unis supérieur aux attentes une nouvelle fois mais alors surtout sur des niveaux d'inflation de hausse des prix qu'on n'avait plus vus depuis vous savez, cette période post-Covid où l'inflation avait flambé un peu partout dans le monde les prix à la production aujourd'hui publiés aux Etats-Unis augmentent de 6% sur un an de 6% ça nous ramène sur des niveaux d'inflation de 2022 quand on sortait du Covid alors jusqu'où l'accélération des prix aux Etats-Unis c'est la grande question et c'est ça qui pousse à la hausse les taux américains donc 4,48 ce soir à l'instant pour le 10 ans américain le marché n'attend plus de baisse de taux de la fête cette année et c'est vrai que quand on regarde ça fait maintenant 5 ans 5 ans que les prix aux Etats-Unis sont au-delà de la cible de la réserve fédérale américaine 60 mois d'affilée que les prix aux Etats-Unis sont au-delà de la cible et pourtant les marchés font toujours crédit à la réserve fédérale américaine donc c'est une question qui se pose quelle stratégie pour Kevin Walsh qui succèdera à Jerome Powell ce sera en fin de semaine l'arrivée de Kevin Walsh à la tête de la fête dans le pire des scénarios puisqu'on est en pleine phase d'accélération de cette inflation et en face de Donald Trump lui demande toujours des baisses de taux en tout cas les marchés sont en hausse ce soir le CAC 40 gagne malgré tout 0,3% reconquiert péniblement vraiment au forceps les 8000 points grâce à la tech encore la tech toujours la tech ST Microelectronics gagne 10% ce soir en clôture et à Wall Street le Nasdaq gagne 0,7% c'est des 3 indices américains celui qui progresse le plus et on a quelques publications Valourec notamment salué plus 12% en clôture

4:55
Présentateur

merci beaucoup Guillaume merci Stéphanie on vous retrouve à 19h 19h30 pour votre grand journal de l'écho tout de suite c'est Aurore Laluc elle est économiste présidente de la commission des affaires économiques et monétaires au parlement européen tout de suite

5:09
Locuteur non identifié

le 18-19 d'Edwige Chevrion

5:13
Présentateur

vous êtes bien dans le 18-19 mon invitée elle est présidente de la commission des affaires économiques et monétaires au parlement européen elle est eurodébutée bien sûr et elle est coprésident de place publique au côté de Raphaël Glucksmann bonsoir Aurore Laluc bonsoir merci d'être ici en plateau et puis vous publiez vous verrez c'est complètement d'actualité vous publiez Trump contre l'Europe comment rester libre évidemment lorsqu'on voit que le président américain est en Chine pour rencontrer le président chinois on peut se demander quelle est la place de l'Union Européenne quelle gouvernance ça c'est des questions pour vous mettre d'abord une question vous pouvez imaginer il y a une note confidentielle qui était un peu sur la stratégie politique que devait conduire Raphaël Glucksmann donc le président le coprésident de place publique puisque vous êtes l'autre coprésidente qui dévoile en fait que grosso modo il faut qu'il soit pour atteindre 20% il faut qu'il soit un peu le candidat des bobos si vous me permettez cette expression on voit les cibles qu'il doit viser et puis surtout les cibles qu'il doit éviter et là on voit bien que ce sont les gens les plus pauvres les jeunes et alors là évidemment vous êtes la cible des mélancholistes de Ruffin etc qu'est-ce qui s'est passé ?

6:32
Aurore Lalucq

écoutez je ne sais pas ce qui s'est passé mais on va être vous êtes coprésidente oui mais j'avoue que je ne sais pas comment cette suite est arrivée et je n'avais pas eu accès à cette note je vais être très claire avec vous être de gauche c'est savoir pour qui on se bat c'est ça qui compte quand on est à gauche et nous on sait pour qui on se bat et on sait ben non ça c'est ceux qui sont notés dans cette note et je vais juste finir de m'expliquer être de gauche c'est savoir pour qui on se bat moi je sais Raphaël Gluckman sait pour qui il se bat au quotidien à travers notre mandat de député européen on pense à l'ensemble des français moi j'ai grandi vous savez je viens d'une famille où ma mamie était femme de ménage où mon autre grand-mère était ouvrière à la chaîne j'ai grandi en grande couronne en banlieue parisienne je sais pourquoi et pour qui je me bats je finis là-dessus savoir qui vote pour nous c'est quelque chose de différent ensuite on va se parler clairement j'ai vu cette note est-ce que cette note elle est bien non elle est nulle et d'ailleurs Raphaël Gluckman l'a trouvé tellement nulle qu'il a tout de suite dit je la jette à la poubelle et ensuite on va se parler clairement aussi il a toujours dit au contraire que lui ce qui l'intéressait c'est d'aller parler à tout le monde il en a toujours fait un point d'honneur de jamais justement segmenter comme ça les électorats après c'est une note qui a été mise apparemment sur la table à cette réunion où je n'étais pas il en est tout de suite débarrassé et ensuite juste un point je vais être un tout petit peu vulgaire c'est quand même un petit peu le bal des faux cul cette affaire pourquoi ?

parce que vous n'allez pas me dire que dans les autres formations politiques il n'y ait pas des études notamment au sein de la France insoumise avec une volonté des fois de segmenter l'électorat nous on n'a jamais dit on va parler quand je défends la taxation des super riches je ne pense pas que je sois totalement la candidate des bobos ou des super riches par exemple en tant que députée européenne donc on n'a jamais jamais jamais fait une seule proposition visant à répondre spécifiquement à un électorat quand on défend la politique industrielle quand on défend la réglementation des cryptos qui ne parle à personne à part un tout petit nombre qui n'est pas très content quand on défend l'euro numérique quand on se bat contre Donald Trump quand on se bat contre ce qui peut être contre contre contre certains propos qui peut être tenu qui glorifie la Russie quand on se bat pour tout ça vous n'allez pas me dire qu'on se bat pour un fréquement électoral

8:53
Présentateur

la question donc ça c'est votre combat la question c'est effectivement est-ce que c'est le combat et puis ici on ne va pas parler trop de politique mais de Raphaël Luxman parce que lui il ne vient pas son père ni sa mère n'était femme de ménage il vient plutôt d'un milieu et alors ça arrive à des tas de gens c'est pas en soi un problème mais est-ce que finalement vous êtes vous êtes sur la même longueur d'onde c'est quand même la question comme moi je vous écoute

9:17
Aurore Lalucq

je me pose la question on défend les mêmes choses au Parlement européen pendant la campagne vous avez entendu Raphaël Glucksmann parler de la taxation des super riches en fait d'ailleurs c'est même nous qui l'avons amené dans le débat public la taxation des super riches la question de la taxation du capital aussi la question de la réindustrialisation du pays aussi tout ça c'est nous qui l'avons amené dans le débat public et moi je vais vous dire certains sont toujours en train de critiquer la bourgeoisie moi je suis très contente si des gens qui viennent de la bourgeoisie votent à gauche je suis très contente

9:49
Présentateur

vous restez co-présidente de la blague publique pour vous ça ne vous pose pas un problème

9:55
Aurore Lalucq

cette note n'a pas été acceptée c'était une proposition c'était une note qui était de mauvaise qualité et basta fin de l'histoire et sincèrement les autres formations politiques devraient un peu se regarder voilà

10:07
Présentateur

alors à la lutte on va continuer on va parler effectivement de cette visite quand même très importante parce qu'elle a des enjeux essentiels pour les Etats-Unis pour la Chine mais aussi pour l'Iran pour le conflit parce que peut-être que c'est là que va se négocier une paix en Iran et puis pour la Russie c'est peut-être là aussi où il y a peut-être un cessez-le-feu qui dure plus de trois jours voilà les enjeux sont très importants en ce moment même à Pékin mais la question c'est quel est l'enjeu pour nous pour l'Union Européenne d'abord quand dans votre livre où vous dites Trump contre l'Europe vous dites une phrase vous citez Steve Bannon on s'en souvient c'est un peu le redoutable conseiller très à droite de Donald Trump mais lors du prochain du premier en fait mandat et où il dit en fait ce qu'il faut c'est pas lutter contre ses adversaires en fait il faut lutter si vous me permettez cette expression je cite il faut lutter contre cette merde c'est-à-dire c'est nous les médias il faut complètement saturer l'espace médiatique parce que c'est exactement ce que fait Donald Trump encore aujourd'hui non ?

11:15
Aurore Lalucq

c'est exactement ça c'est-à-dire qu'on voit la stratégie politique il y a une stratégie politique qui passe à travers des outils de communication qui passe aussi beaucoup par les réseaux sociaux et qui est qui est un objectif de saturation ça crée une espèce de brouillard mental en fait on se rend compte que quand on va au travail le matin on revient le soir on ne comprend même plus rien à ce qui s'est passé tout ça est saturé on passe de polémique en polémique de menace souvent en menace et tout ça un objectif en réalité c'est de nous empêcher de penser de nous empêcher de penser stratégiquement de nous empêcher de penser le long terme ça crée un espèce de brouillard et une réaction de panique permanente c'est ça en fait qu'il cherche à faire et puis je vais vous dire aussi il cherche aussi à faire en sorte j'allais dire qu'on dépose les armes avant qu'on commence à se battre c'est-à-dire que quand on a cette tactique un peu de petite frappe à la cour de récré qui vient menacer le gentil élève l'objectif c'est quoi c'est de lui faire peur pour qu'en fait il se dise oulala je vais pas je vais pas me frotter à cette personne et abandonner une partie d'ailleurs de ses droits c'est ça en fait qu'il cherche à faire est-ce que vous pensez

12:23
Présentateur

que par exemple si on prend l'histoire des droits de douane on attend toujours le savoir parce que là il nous avait de nouveau re-re-re-menacé et puis là pour l'instant on n'entend plus parler mais l'accord qui avait été signé donc sur ce fameux terrain de golf en Ecosse n'a pas été encore à valider pas très français validé par à baliser par le parlement européen donc par vous notamment à la luc là on en est où sur les droits de douane

12:52
Aurore Lalucq

mais en fait on attend de savoir aussi un peu où on en est c'est à dire que nous on n'a pas envie de signer un chèque en blanc donc même chose c'est beaucoup dans la menace en permanence si vous signez pas tout de suite cet accord là alors dans ce cas là on va vous mettre encore plus de droits de douane mais rappelez-vous et c'est ça qui est difficile aussi c'est qu'à la fois il faut le prendre au sérieux et en même temps il faut faire aussi le tri dans sa parole c'est pas si simple que ça rappelez-vous la dernière fois quand il n'était pas content il est descendu d'un avion et qu'est-ce qu'il nous a dit je vais taxer le champagne à 200% à 100% ça lui prend un peu et puis là il a dit

13:25
Présentateur

comme les français les européens ne nous défendent pas ne nous aident pas à débloquer le détroit d'Hormuz et bien je vais être taxé de 15% je vais être taxé de 15%

13:33
Aurore Lalucq

mais on en est où ?

c'est toujours ce genre de choses on n'en est souvent à rien en réalité et puis je vais vous dire aussi quelque chose cette stratégie qui est souvent présentée comme quelque chose de très pensé côté américain avec tout un tas d'économistes autour pour résorber une partie de leur déficit ou ce genre de choses etc en réalité quand vous parlez du côté américain vous vous rendez compte il n'y a pas vraiment de stratégie c'est-à-dire qu'on n'arrive pas à comprendre pourquoi ils veulent mettre des trois douanes sur certaines choses et pas d'autres et donc on est plus dans des coups de communication permanents donc il faut vraiment que nous on garde la tête froide mais qu'on fasse aussi du rapport de force et qu'on ne cesse pas faire mais oui

14:15
Présentateur

le problème du rapport de force c'est que si vous voulez il faut répondre assez rapidement il ne faut pas mettre trois ans quatre ans six mois à répondre ou à formuler une réponse c'est ça c'est tout l'enjeu c'est un peu ce que vous décrivez dans votre livre c'est un peu tout l'enjeu de l'Union Européenne et qu'on ne voit pas très bien

14:32
Aurore Lalucq

où elle a sorti déjà je pense que nous on doit sortir un peu de notre posture position qui était celle d'être un peu sous le bras et l'aile un peu chaude de l'oncle Sam maintenant on a compris qu'on devait sortir de ça il faut aller plus loin quand on regarde l'état du monde quand on regarde la Russie la Chine les Etats-Unis il y a un moment il faut se dire mais qui est aujourd'hui le leader du monde libre ? qui ?

avant c'était les Etats-Unis imparfait ce n'est pas le sujet il y avait plein de critiques à faire maintenant ce ne sont plus les Etats-Unis donc c'est à nous en fait de prendre cette position-là et pour pouvoir l'avoir vous avez entièrement raison il faut qu'on soit capacité de prendre des décisions beaucoup plus rapidement qu'on soit plus flexible et c'est les discussions qu'on peut avoir que j'ai avec l'Eurogroupe avec le ministre Pierre Akakis qui le préside avec la Commission Européenne aussi comment on peut faire maintenant pour réussir à peut-être créer une cellule qui nous permette d'aller un tout petit peu plus vite même beaucoup plus vite d'autant que vous en parlez souvent sur cette chaîne il y a des défis qui sont liés à l'intelligence artificielle ça va se passer en quelques mois tout ça il y a des cyberattaques il y a ce qui se passe aujourd'hui dans le Détroit en fait les attaques sont tellement massives aujourd'hui il faut prendre des décisions rapidement et c'est là où il va falloir voir comment on peut changer un tout petit peu la gouvernance pour avoir des réponses beaucoup plus rapides et aussi plus menaçantes est-ce que vous

15:54
Présentateur

qui êtes au Parlement Européen Ornalu est-ce que vous avez le sentiment que ce changement de gouvernance il est d'actualité ou alors on va en parler on en parlera au prochain conseil on va en parler au conseil d'après vous voyez et puis on se retrouve dans 3-4 ans et on est toujours autour du même débat parce qu'il y a eu le traité de Lisbonne il y a eu le traité sur la défense je ne sais plus lequel c'était on devait aller jusqu'à 5% personne n'y a été enfin vous voyez l'histoire de l'Europe

16:22
Aurore Lalucq

est pleine d'embûches d'embûches la difficulté que nous avons c'est qu'aujourd'hui nous avons un tiers du Parlement Européen qui est fait d'extrême droite et d'eurosceptique en réalité donc ça dans un moment comme ceci je dois dire que ça ne l'aide pas ça c'est le premier point ensuite de l'autre côté on voit qu'au niveau du Conseil donc des Etats membres qui font la gouvernance aussi de l'Union Européenne il y a la volonté notamment à travers le ministre des Finances espagnol Carlos Cuervo de créer un petit groupe d'Etat qui discute collabore se coordonne beaucoup plus rapidement ça ça donne un peu de souplesse la difficulté qu'on a vous savez c'est toujours la même c'est que si la France et l'Allemagne ne sont pas d'accord qu'on soit 27 qu'on soit 10 autour de la table ça donne à peu près le même résultat donc il y a vraiment aussi un besoin d'avoir et qu'en ce moment on n'est pas forcément sur la même longueur d'onde avec les Allemands il y a effectivement toujours quelques sujets un peu de divergence disons qu'on ne vient pas du même endroit oui

17:21
Présentateur

donc c'est quand même un peu la difficulté alors pour sortir de cette dépendance pour reprendre votre expression vous avez plusieurs clés notamment vous dites il faut qu'on sorte de la dépendance financière en même temps quand vous voyez que les 7 plus grosses capitalisations américaines dont les patrons sont avec Donald Trump en Chine c'est quoi si cette fois le PIB français donc bon on joue quand même pas tout à fait dans la même catégorie

17:49
Aurore Lalucq

on ne joue pas dans la même catégorie mais parce qu'on ne veut pas jouer dans la même catégorie en réalité c'est à dire qu'à la fin des fins on sait à peu près ce qu'il faut faire on sait ce qu'il faut faire si on veut avoir l'euro comme monnaie internationale à même de rivaliser avec le dollar il faut faire quoi ? il faut qu'on fasse

18:04
Présentateur

il faut que le pétrole dont on parle soit payé

18:06
Aurore Lalucq

non pas en dollars mais en euros pour l'instant c'est le cas il va falloir déjà commencer à faire en sorte que la première puissance commerciale mondiale c'est à dire nous effectivement on paye beaucoup plus en euros qu'en dollars c'est un premier point il va falloir faire l'union des marchés de capitaux aussi en réalité et là à la fin des fins c'est pas l'Europe qui bloque ce sont les états parce que chaque état va dire non mais moi je veux garder mon précaré alors que vous parlez avec un grand nombre d'entreprises et pas des moindres je vois des entreprises du type Euronex beau succès eux européens sauf avec les allemands on devrait être en capacité de pouvoir typiquement aider ce genre d'acteurs européens mais il y en a bien d'autres aussi en réussissant à approfondir le marché unique parce que vous savez il y a les droits de douane avec les américains mais on a aussi des droits de douane à l'intérieur de l'union européenne à l'intérieur bien sûr on les a sur les biens et services on les a aussi en matière de finances et ils sont conséquents comme le rappelle le Fonds monétaire international donc à un moment il faut se dire est-ce qu'on veut être cette grande puissance si oui et bien il va falloir faire un certain nombre de choses l'union des marchés de capitaux probablement de l'endettement commun aussi et puis renforcer encore une fois le rôle de l'euro avec qui

19:19
Présentateur

autour de la table parce que justement vous parliez de ces cercles c'est même c'est drôle c'est même Jacques Delors qui est quand même la figure historique de l'union européenne et de la commission européenne qui disait il faut des cercles et qui du reste ça fait rentrer la Grande-Bretagne dans ces cercles économiques de défense est-ce que vous y croyez ? je vois que vous avez un air un peu sceptique intéressant de voir comment c'est ressenti au parlement européen

19:44
Aurore Lalucq

mais en fait ça dépend l'Europe à plusieurs vitesses on peut moi étant fédéraliste j'ai toujours envie qu'on avance un maximum il faut être aussi réaliste je suis d'accord avec vous mais après comme je le rappelais aussi vous savez vous pouvez être un petit groupe c'est la France et l'Allemagne ne sont pas d'accord ça bloquera toujours après ce qu'il nous faut je pense aussi c'est peut-être des projets concrets parce que quand on y pense la seule entreprise aujourd'hui pas la seule mais celle qui rivalise par exemple avec Boeing c'est Airbus et Airbus existe parce qu'il n'y avait pas un Airbus italien un Airbus français un Airbus allemand parce qu'il y a eu un moment où les entreprises se sont mis ensemble vous voyez bien

20:22
Présentateur

sur l'avion européen vous voyez bien sur les commandes dans la défense vous voyez bien aussi sur l'histoire du SCAF

20:29
Aurore Lalucq

toutes les divergences je suis entièrement d'accord et c'est là où c'est compliqué mais c'est là aussi où il faut qu'on arrive à être courageux et à avancer ensemble est-ce que vous êtes

20:39
Présentateur

est-ce que vous êtes favorable est-ce qu'il faudrait quelque part c'était Christian Saint-Etienne qui défend cette thèse il faut supprimer la commission européenne et puis reconstruire parce qu'il y a quand même des centaines des centaines de technocrates de bureaucrates on a les mêmes ici chez nous à Paris est-ce qu'il ne faut pas

20:54
Aurore Lalucq

retirer une strate quoi ? mais surtout il faudrait donner plus de pouvoir au Parlement européen et je ne plaide pas que pour pour votre boutique comme on dit ma boutique mais on n'a pas le pouvoir d'initiative législative ce n'est pas possible on doit être en capacité de lever l'impôt s'il n'y a aucun parlement qui n'est pas en capacité de lever l'impôt donc il y a plein de choses comme ça en fait qu'il faudrait renforcer parce qu'on représente quand même nous les Européens mais justement est-ce que vous présentez

21:18
Présentateur

pardonnez-moi mais j'en profite je vous pose la question est-ce que vous représentez vraiment les Européens ? c'est-à-dire que quand on voit le peu de succès des élections européennes en termes de participation alors je parle pour la France

21:30
Aurore Lalucq

on peut se poser la question ?

et bien c'est la participation qui augmente le plus c'est-à-dire que quand on regarde les élections on se rend compte qu'il y a de plus en plus d'intérêt pour les élections européennes en réalité on est élu donc oui tout comme les députés au niveau national représentent les Français donc oui on essaye de représenter au mieux les intérêts des Européens et puis après il faut se dire aussi qu'il y a des choses qui avancent avec de la volonté politique ça demande une énergie considérable je ne vais pas vous mentir parce que c'est une machine qui est très lourde l'Union Européenne mais avec de la volonté politique qu'on y arrive si vous voulez par exemple sur la question du numérique je vais vous prendre la question du numérique je n'ai pas arrêté d'alerter sur le fait qu'on était en dépendance suicidaire sur la question du numérique qu'il fallait qu'on utilise à plein la commande publique pour soutenir nos acteurs on en avait parlé d'ailleurs ici sur ce plateau parce qu'on a des acteurs absolument formidables en France et en Europe qu'il faut soutenir plutôt que de donner notre argent et nos données aux Etats-Unis et un pouvoir qui nous agresse économiquement et bien ça ça avance par exemple ça ça avance

22:36
Présentateur

oui mais de l'autre côté ça galope oui et de l'autre côté de l'autre côté ça galope c'est bien d'accord ça avance mais d'abord on n'a pas eu tous les mêmes moyens je ne veux pas jouer il ne faut pas être défaitiste mais c'est sûr qu'il faut absolument trouver une solution pour aller plus vite

22:51
Aurore Lalucq

plus grand plus massif je suis d'accord et pour ça il faut voter pour des partis pro-européens et que quand on a des partis qui ne sont pas des partis pro-européens on se retrouve aussi dans un moment on ne va pas c'est pas tellement la tendance c'est aussi ça si vous voulez il y a ce côté tout le monde dit c'est la faute à l'Europe comme si c'était quelque chose d'apolitique l'Europe c'est ce qu'on en fait et donc si vous votez pour des partis qui sont en fait anti-européens évidemment la machine elle va moins bien fonctionner on arrivera toujours parce que il y a des gens qui défendent les européens dans leur trip

23:22
Présentateur

qu'elle sert à quelque chose c'est ce que vous démontrez dans votre livre il faut reconnaître d'une manière intelligente merci non non mais c'est vrai que vous dites qu'il faut que ça sert à quelque chose mais dans la réalité c'est encore une fois c'est très technocratique

23:37
Aurore Lalucq

ou bureaucratique quand on a fait la transition quand on a commencé à travailler sur la transition écologique ça ne l'était pas quand on a fait l'endettement commun pour la crise Covid je vous assure que c'était concret quand la banque centrale européenne elle intervient à chaque crise je vous assure que c'est concret

23:53
Présentateur

et que sans elle on serait tiens j'ai une question juste parce qu'il nous reste peu de temps vous êtes favorable à taxation des super profits notamment de Total Energy est-ce qu'au niveau européen il y a une donc il y a effectivement une tentative de faire une taxe européenne où est-ce que ça en est ?

24:16
Aurore Lalucq

les discussions on l'a fait déjà au moment de l'invasion de l'Ukraine donc c'est quelque chose qu'on sait faire on l'a fait là on est en discussion du côté des ministres des finances il y a une discussion et pour l'instant l'Espagne est favorable le Portugal est favorable l'Italie est favorable l'Allemagne est favorable donc des pays très différents d'un point de vue politique sont en faveur la France jusqu'à présent ne l'était pas moi je trouve qu'il y a quand même j'entends une évolution dans les propos dans les propos du gouvernement français du moins dans les médias donc à voir mais voilà typiquement et ça devrait se décider l'Union Européenne est capable de faire ça ça se décide en eurogroupe et en écofine donc on va continuer à en discuter la prochaine fois qu'on se retrouve c'est la semaine prochaine à Chypre et on va discuter d'un sujet qui est très concret qui s'appelle l'euro numérique et qui est fait justement et là l'Union Européenne a anticipé parce que je vais vous dire nos petits commerçants nos grands commerçants se retrouvent dans des difficultés absolument incroyables face aux mastodontes américains Visa et Mastercard on paye des frais absolument abyssaux et bien typiquement là-dessus pour protéger nos commerçants pour protéger aussi les innovateurs en matière de paiement l'Union Européenne avait proposé ce qu'on appelle l'euro digital l'euro numérique typiquement là-dessus on est en avance et on a été bloqué par un certain nombre notamment de lobbies disons-le clairement mais on va être en capacité de protéger les Européens et quand ?

Pardonnez-moi et bien ça va arriver on aura un vote très prochainement et donc Mais avant l'été c'est quoi prochainement ? Prochainement normalement ce sera avant l'été pour pouvoir travailler et commencer à mettre en place toute l'infrastructure fin de l'année donc voilà typiquement pour nous protéger du chantage que l'administration Trump peut faire par exemple en coupant les moyens de paiement à un juge français quand elle n'est pas d'accord avec lui et bien là l'Union Européenne agit et pour protéger aussi nos commerçants

26:17
Présentateur

Merci Merci à vous En tous les cas avec son énergie légendaire Merci beaucoup je rappelle que vous êtes présidente de la commission des affaires économiques et moneteur du Parlement européen et toujours co-président de place publique et puis non vous publiez Trump contre l'Europe et c'est publié pendant les éditions Les Petits Matins Merci beaucoup d'être venu

26:39
Locuteur non identifié

Le 18-19 d'Edwish Chevrion

26:43
Présentateur

Vous êtes toujours dans le 18-19 on va parler évidemment de cette visite historique entre le président américain et le président chinois on va en parler avec deux personnes qui connaissent très bien la Chine même une qui a dirigé Adidas en Chine Sandrine Zerbib Bonsoir Bonsoir Merci d'être avec nous vous êtes chez l'entreprise vous avez travaillé longtemps vous avez dirigé l'entreprise chinoise et vous conseillez des chefs d'entreprise pour aller en Chine Et l'inverse Et l'inverse et des Chinois en France ou en Europe Face à vous quelqu'un que vous connaissez bien visiblement c'est Jean-Paul Chang qui est déjà venu sur ce plateau qui est économiste qui lui-même aussi est conseillé l'entreprise pour savoir comment aller en Chine Merci Jean-Paul Chang d'être avec nous ce soir Commencez d'abord un petit peu large l'enjeu de cette visite elle est quand même très importante sur le plan géopolitique et sur le plan aussi du business elle est la plus importante pour qui ?

Qui est en position de force qui est en position de faiblesse pour vous Jean-Paul Chang ?

27:44
Invité

En fait du point de vue chinoise ils ont passé une mauvaise période pendant 7 ans où ils se considèrent un peu comme sur la défensive par rapport aux Etats-Unis et maintenant ils arrivent à la conclusion qu'ils sont dans une phase de stabilisation des relations et d'égal à égal parce que pendant 7 ans ils ont résisté ils ont pris des mesures de protection en vue d'ailleurs surtout en vue d'un deuxième mandat de M. Trump donc aujourd'hui la position chinoise c'est nous sommes dans une situation de stabilisation dans laquelle on va rendre coup par coup si jamais il y a encore des actes agressifs du côté américain

28:22
Présentateur

mais

28:23
Invité

par rapport au premier mandat de M.

Trump où les chinois se sentaient surpris à l'époque et en relative position d'infériorité en 2017 en 2017 à l'époque quand il y a la première guerre commerciale les chinois envoyaient précipitamment leur vice-premier ministre Liu He à Washington plusieurs fois pour quémander une sorte de compromis alors que cette fois-ci quand la guerre commerciale a recommencé l'année dernière les chinois ne sont pas allés à Washington ils ont dit si vous voulez nous voir et bien on se voit ailleurs ils sont vus à Genève à Londres à Stockholm et en Corée et en Corée maintenant et Xi Jinping a vu Trump à Poussane l'année dernière à la fin de l'année en octobre et en gros le message à Trump c'est ce qu'il faut faire entre les grands pays comme nous c'est les grands comptes qu'il faut régler donc c'est une vision assez macro-politique ou macro-économique

29:16
Présentateur

vous n'avez pas répondu à ma question c'était de savoir qui est en position de faiblesse

29:20
Invité

pour le moment personne ne se sent en position de faiblesse vous vous

29:24
Présentateur

sans réserver parce que pour vous il y en a un qui est plus en position de faiblesse on a plutôt tendance à dire ici ce que c'est Donald Trump je pense que c'est

29:33
Invité

un peu une illusion d'optique justement je reprends un peu ce que disait Jean-Paul en ce sens que la situation est très différente de la visite de 2017 donc effectivement par rapport à 2017 où Trump arrivait plus en force c'est beaucoup plus équilibré et le rapport de force mondiale a profondément changé mais moi je ne pense pas qu'il y ait vraiment un des deux une des deux parties qui soit vraiment en position de faiblesse et l'autre en position de force je pense que les deux ont tout à fait conscience que chacun a des leviers qui sont dans une certaine interdépendance qu'il faut gérer cette rivalité et qu'ils ne peuvent pas ignorer les leviers l'un de l'autre

30:14
Présentateur

Est-ce que c'est le président chinois qui peut sortir Donald Trump du bourbier iranien dans lequel il est quand même un petit peu

30:26
Invité

Je pense que ça peut être une attitude diplomatique de la part des Chinois de rassurer un peu les Américains comme quoi ils feront de leur mieux pour participer à la résolution du problème mais probablement ils vont aussi demander dans ce cas là à Trump d'être un peu compréhensif vis-à-vis des exigences iraniennes Il ne faut pas oublier que le ministre des Affaires étrangères iranien a été à Pékin il y a à peine une semaine et donc là-dessus je pense que les Chinois vis-à-vis du reste des pays du sud ou des autres pays ne peuvent pas se permettre d'être complètement à l'unisson avec les Américains sur la question même s'il est clair depuis le début que les Chinois demandent l'ouverture la réouverture du détroit d'Hormuz

31:12
Présentateur

Oui parce qu'en fait l'Asie a beaucoup plus besoin du déblocage du détroit d'Hormuz a mis finalement que les Américains qui ont leur propre pétrole au même que nous Alors sur le plan géopolitique il y a Taïwan bien sûr il y a la Russie je voudrais peut-être qu'on se focalise sur le côté économique puisque Donald Trump est arrivé avec une délégation absolument impressionnante il a le patron de Boeing il a le patron de Cargill il a Elon Musk et il a in fine le patron de Nvidia parce que l'enjeu est très important pour les Chinois parce que pour l'instant le marché américain leur est quand même largement fermé mais de l'autre côté il y a la question aussi des terres rares comment est-ce que vous voyez le fait que Trump arrive avec une telle délégation centrale Zerbib vous qui connaissez bien le business qu'est-ce que ça veut dire ?

32:08
Invité

ça veut dire déjà c'est un signe qu'il y a un souhait de faire du business on va dire entre les deux

32:14
Présentateur

de rouvrir les relations commerciales

32:16
Invité

c'est un signe sur l'ouverture ou la réouverture enfin ce n'est pas totalement fermé non plus des relations commerciales entre les deux le fait qu'effectivement Hwang de Nvidia soit là c'est un signe encore plus fort et je pense que les deux parties souhaitent au fond une certaine stabilisation de ces relations commerciales ce n'est pas juste les Etats-Unis mais c'est aussi la Chine qui souhaite ces stabilisations et ça c'est un signe plutôt positif maintenant ça ne veut pas dire que ce voyage va se terminer sur une série de contrats d'accord ce n'est pas comme ça que ça va se passer d'habitude c'est comme ça que ça se passe oui alors il y aura quelques accords de nature symbolique mais enfin c'est plus symbolique en réalité qu'autre chose mais c'est quand même un signe très positif oui en même temps si je vous écoute je ne sais pas

33:07
Présentateur

j'ai l'impression que cette rencontre elle ne sert pas à grand chose alors vous écoutez parce que vous vous dites c'est un petit peu ce qu'on pourrait comprendre Jean-Paul Chang

33:15
Invité

non c'est un dialogue disons équilibré et plutôt présage d'issues positives si j'ose dire donc il y aura des contrats il y aura des Boeing il y aura des engagements d'achat de grains si Cargill est là si Nvidia vient c'est probablement que les américains vont relaxer un tout petit peu les restrictions d'exportation en plus sur la Chine

33:40
Présentateur

sur les microprocesseurs et la présence

33:44
Invité

des grandes banques des grands fonds comme BlackRock Blackstone tout ça signifie que aussi le mouvement financier des investissements réciproques peut-être peut reconnaître enfin peut renaître un peu reprendre un peu de vigueur non ce ne sera pas nul du tout sans compter que ce voyage sera suivi d'après ce que j'ai compris d'un voyage de Xi Jinping cette année encore aux Etats-Unis et que donc c'est un dialogue renoué au plus haut niveau ça c'est très important il est clair que les Chinois ont refusé pendant très longtemps de rentrer en dialogue avec des officiels plus subalternes en faisant comprendre clairement à M.

Trump que tant qu'il y aura ces gens ces hauts responsables américains qui passent sa journée à diaboliser la Chine on ne va pas discuter et effectivement depuis maintenant un an ça s'est un peu calmé c'est-à-dire qu'il y a beaucoup moins des diatribes disons des thèmes anti-chinois dans l'expression des hauts officiels américains tout ça a préparé finalement une sorte de alors forcément pour les deux il faut afficher effectivement des résultats positifs sur le plan économique c'est même ce qu'il y a de plus facile

34:50
Présentateur

Centré Zerbib vous voulez ajouter

34:53
Invité

quelque chose là-dessus sinon moi j'ai une question pour vous oui je confirme que pour moi c'est vraiment le plus important c'est qu'il y ait tous ces signaux d'un dialogue renoué qui va également être suivi effectivement de l'invitation dans l'autre sens mais également d'autres occasions de rencontres à la PAC à Schengen il y aura le G20 en Floride enfin il va y avoir des rencontres où progressivement le dialogue va se remettre poursuivre et se remettre vraiment en route et ça c'est extrêmement important c'est pas du tout négligeable

35:24
Présentateur

oui à mon avis quand même notamment la question des terres rares aussi c'est important est-ce que là il y aura est-ce qu'on va déboucher sur un accord décisif ou pas ?

35:36
Invité

de toute façon l'accord qui a été passé à Poussane en octobre dernier il doit être renouvelé au minimum parce qu'il vient à échéance c'est un accord pour un an donc il vient à échéance c'est à la fois sur les droits de douane et sur les terres rares dans l'autre sens donc ça fait partie de la stabilisation qu'est-ce qu'on fait ? est-ce qu'on renouvelle cet accord ? est-ce qu'on le renouvelle pour deux ans ? pour une période plus longue ? pour un an ? mais il y aura au minimum quelque chose qui sera fait à propos du renouvellement de cet accord

36:06
Présentateur

comment est le business actuellement en Chine ? vous qui avez d'abord vous connaissez bien je rappelle que vous avez dirigé Adidas en Chine et d'autres entreprises on voit qu'il y a beaucoup d'Européens qui s'en vont par exemple de Chine c'est compliqué actuellement de travailler en Chine pour des non-chinois

36:25
Invité

alors c'est compliqué pour les non-chinois et même pour les chinois c'est un marché qui est difficile qui est extrêmement concurrentiel c'est un marché qui plus est qui en ce moment a une consommation assez molle donc tout ce qui relève de la consommation et je dirais même du sentiment des consommateurs n'est pas au beau fixe en revanche sur d'autres chapitres c'est beaucoup plus robuste sur en particulier la capacité industrielle les véhicules électriques les batteries tout ce qui part aussi à l'export et à l'implantation dans le reste du monde là on a une certaine robustesse

37:03
Présentateur

oui Jean-Paul Tieng qu'est-ce que vous en pensez vous ? parce qu'avant c'était l'Eldorado on rencontrait tout le temps des gens qui partaient en Chine je ne sais pas pour la BNP pour la Générale pour Airbus pour Peugeot pour Célandis et puis là aujourd'hui d'abord il y a beaucoup moins de candidats et en plus c'est très tendu

37:24
Invité

il y a le problème effectivement du marché domestique chinois qui est déjà très difficile pour les entreprises chinoises la concurrence est féroce on dit même que c'est plus facile en tout cas avant toutes ces sanctions ces conflits commerciaux il est beaucoup plus facile pour les entreprises du littoral chinois d'exporter de gagner de l'argent en exportant que de gagner des parts de marché en Chine donc ça c'est le gros problème vous avez un parti unique en Chine vous avez un état centralisé le pays est unifié mais le grand marché domestique unifié n'existe pas parce qu'administrativement la Chine est quand même très divisée vous avez 31 régions et provinces qui sont qui appliquent les directives centrales de manière totalement différente ce qui fait qu'une entreprise qui réussit très bien dans une province côtière s'il veut conquérir les autres provinces il va rencontrer énormément des difficultés donc ça c'est le gros problème chinois depuis des années les dirigeants chinois le disent depuis quelques années on veut un grand marché domestique de consommation pour absorber justement tous ces excédents de capacité de production parce qu'autrement ils sont forcés d'aller à l'étranger donc voilà ils savent qu'ils ne peuvent pas aller à l'étranger parce qu'ils arrivent maintenant déjà aux limites la Chine je crois la Chine représente 60% du total des excédents commerciaux du monde c'est-à-dire que ils ne peuvent pas aller plus loin ils savent que les autres ont résisté les autres résistent d'ailleurs donc la seule solution c'est le marché domestique cette fois-ci j'ai l'impression qu'ils ont décidé lors du dernier plénum l'année dernière de mettre vraiment le paquet alors on peut voir d'ailleurs dans les différents changements de dirigeants provinciaux aussi un effort d'unifier un peu les choses donc ça c'est le

39:11
Présentateur

le marché chinois on voit bien qu'il a connu deux grandes transformations c'est d'abord sur le plan énergétique parce qu'il y a quand même une accélération très très forte pour décarboner un peu l'économie chinoise et puis il y a eu la question de l'intelligence artificielle où là ils ont enclenché on parlait tout à l'heure la difficulté pour l'Union Européenne d'enclencher la première voire la seconde avec horreur la luc eux ils ont tout de suite ils sont déjà en quatrième ou en cinquième position non Sandrine Zerbib ?

39:39
Invité

oui alors c'est pas uniquement par l'innovation c'est aussi par l'application en fait et en particulier dans l'application certes dans la vie de tous les jours c'est très présent quand on va en Chine on le sent on le voit absolument partout soit de façon un peu gadget vous allez avoir des serveurs dans les restaurants qui sont des robots ça c'est ce que j'appelle la partie plus gadget mais aussi dans l'industrie là dans l'industrie c'est déjà extrêmement prégnant et pas seulement dans l'industrie mais dans toute la chaîne en fait des activités d'entreprise dans le marketing dans le customer service dans énormément d'applications très très concrètes c'est déjà là et c'est très bien accueilli par la population ce qui fait la différence aussi

40:21
Présentateur

Oui alors moi je dirais j'avais discuté avec un grand dirigeant français en lui disant mais quand même vous avez des usines en Chine c'est quand même la question des droits de l'homme il y a la question oui j'ai essayé de le faire avec prise de conscience comme quoi c'était on pourrait peut-être mettre ses usines ailleurs etc et il m'a répondu mais vous avez une vision totalement dépassée des conditions de travail en Chine aujourd'hui les usines chinoises elles sont mais bien plus équipées en termes de technologies de robots que nos usines à nous que les usines françaises européennes est-ce que c'est vrai ou pas ?

40:57
Invité

Alors ça varie

40:58
Présentateur

selon les industries

40:59
Invité

c'est évident qu'il y a des industries

41:01
Présentateur

dans l'industrie automobile

41:02
Invité

mais dans l'industrie automobile c'est très clair il n'y a presque plus de personnel en réalité c'est ultra robotisé on est dans ce qu'on appelle les dark factories vous avez un ou deux gars qui surveillent les robots et puis c'est à peu près tout donc on est dans l'hyper hyper moderne dans l'hyper modernité et forcément ce n'est pas du tout l'image qu'on se fait un peu cliché de l'usine d'autrefois en Chine Jean-Paul Chang Oui plus de 50% des robots industriels se trouvent en Chine dans l'IC c'est-à-dire que ça veut tout dire effectivement vous avez des usines pratiquement sans ouvriers et puis de toute façon je veux dire si on continue à regarder la Chine avec des œillères c'est-à-dire sur la question des droits de l'homme tout ça je crois qu'on s'éloigne d'être plus en plus de la réalité chinoise et ça nous empêche C'est une question parfois légitime Jean-Paul Chang Je ne dis pas le contraire mais d'un autre côté je veux dire ça ne sert à rien d'avoir des positions purement moralistes finalement pour observer une réalité qui nous concerne je veux dire si à cause de freins purement moralistes on refuse de voir l'évolution de ce qui se passe en disant de toute façon c'est une dictature c'est un pouvoir autocratique et on refuse de regarder l'évolution des choses on découvre un matin comme l'autre jour dans un grand journal parisien on découvre 30 ans après tout d'un coup que la Chine est devant dans tous les domaines etc.

on peut se demander pourquoi pendant 30 ans ce même grand journal ne nous a pas dit au fur et à mesure des progrès réalisés par les Chinois par l'économie chinoise de la transformation de la société chinoise

42:48
Présentateur

Est-ce que vous avez beaucoup de demandes puisque vous conseillez l'un et l'autre des entreprises françaises pour aller sur le marché se développer sur le marché chinois mais à l'inverse vous conseillez aussi des entreprises chinoises pour se développer sur le marché européen est-ce que le flux il n'est pas surtout dans ce sens là ?

43:05
Invité

Non en ce qui me concerne en tout cas il est dans les deux sens mais ce qu'il y a de notable et d'intéressant c'est qu'en fait la plupart des entreprises européennes que je conseille elles sont déjà en Chine alors moi je suis plutôt spécialiste de la consommation mais elles sont déjà en Chine et en fait ce qui est intéressant c'est qu'aujourd'hui elles se disent en Chine c'est devenu au-dessus de nos moyens pas de nos moyens financiers seulement mais c'est trop compliqué on ne comprend plus le consommateur chinois on est dépassé par les applications technologiques dont on parlait on ne sait plus faire on ne sait plus communiquer correctement avec le consommateur chinois on a besoin d'un partenaire sur place et moi je dirais qu'aujourd'hui c'est l'essentiel de ce que je fais c'est la recherche de partenaires pour des entreprises qui sont déjà en Chine on voit bien

43:52
Présentateur

même au niveau de plus grandes entreprises c'est comme ça que ça se développe vous êtes d'accord Jean-Paul Jean ?

43:58
Invité

oui mais je pense qu'on a eu Sandrine moi nous faisons partie des personnes qui avaient vu un peu l'ouverture de la Chine au début des années 90 et donc à l'époque on peut dire que le ticket d'entrée pour les entreprises européennes était relativement raisonnable même très bon marché mais il a manqué quelque part de manière plus globale peut-être cette vision un peu stratégique de pas seulement de la Chine mais de toute l'Asie et de de modification des rapports de force qui allaient s'installer entre les économies et entre les états donc il y a eu beaucoup de gens qui ont hésité moi j'ai rencontré effectivement à la fin des années 90 beaucoup de réticence de la part et des financiers et des industriels mais ça a changé dans le sens c'est trop tard le ticket est plus cher maintenant

44:52
Présentateur

le ticket est plus cher et puis surtout c'est que c'est un peu les Chinois qui nous envahissent là on a quand même un gros problème en Europe vis-à-vis on a une déferlante chinoise comme s'ils ne peuvent plus tellement aller aux Etats-Unis du coup ils sont chez nous

45:02
Invité

si c'était aussi fluide je crois que les choses seraient plus faciles mais aujourd'hui on a des normes on a une attitude contradictoire en tout cas des choses qui paralysent un peu cette fluidité dans les deux sens vous avez il y a des taxes

45:20
Présentateur

qui vont être mises en remise

45:21
Invité

en reprenant ce que vous avez dit sur les droits de l'homme par exemple savez-vous que le président Xi Jinping a négocié avec le président Hollande puis le président Macron et Mme Merkel un accord sur les investissements chino-européens dans les deux sens 9 ans de négociation et c'est bloqué par le parlement européen sur les problèmes de droits de l'homme dans le Xinjiang quand vous avez ce genre de choses si vous voulez les Chinois ont l'impression que quelque part l'Europe ne sait pas vraiment ce qu'elle veut donc c'est pas dans les deux sens Sandrine Zerbier là je on dirait qu'on s'est concerté avant mais je ne peux que reprendre ça c'est-à-dire que d'une part effectivement on confond les problèmes et les postures morales ne vont pas nous aider à sortir de la situation dans laquelle on est et d'autre part on agit aussi en ordre dispersé si vous regardez le défilé de dirigeants européens qui sont passés en Chine dans les mois qui ont précédé en ordre totalement dispersé et sans permettre finalement d'avoir un cadre organisé de réciprocité entre la Chine et l'Europe on se tire une balle dans le pied

46:32
Présentateur

quel est le regard justement sur les parce qu'il y a la grande question de transfert de technologie aussi c'est un point important on parlait de l'industrie défense l'industrie nucléaire pendant longtemps c'est nous qui avons fait des transferts de technologie vers la Chine aujourd'hui on voit bien les déclarations même du président de la République sur les SMR sur les petits réacteurs nucléaires il faut peut-être faire appel à la technologie chinoise si nous on n'a pas encore la technologie là il y a vraiment une aversement une aversion

47:05
Invité

oui il y a effectivement on est dans une situation qui est largement inversée mais par contre je voudrais vraiment assister sur le fait que dans beaucoup de situations ça n'est pas qu'un transfert de technologie et d'ailleurs ça s'est vérifié dans les années 90-2000 quand en fait par exemple dans l'industrie automobile les grands constructeurs n'avaient pas d'autre choix que d'établir des joint ventures avec des sociétés d'état chinoises ce n'est pas les sociétés chinoises d'état ce qu'on appelle les SOI qui ont vraiment bénéficié de ces transferts de technologie la preuve c'est qu'en fait elles n'ont pas arrêté de perdre des parts de marché au profit de sociétés privées donc en fait ces sociétés privées qui ont récupéré les bénéfices de ces transferts de technologie ce qu'elles ont récupéré ce n'est pas la technologie c'est toute cette montée en compétence et je pense que nous quand on regarde dans le sens inverse ce qu'on attend de la Chine mais il faut supposer qu'on le fasse de façon à peu près organisée au moins avec un certain nombre de partenaires européens c'est précisément ça ce n'est pas juste du transfert de technologie c'est vraiment d'organiser une montée en compétence avec des sous-traitants locaux avec des programmes de formation locale avec un calendrier pour que les employés et même les ingénieurs soient progressivement tous locaux etc.

cette montée en compétence c'est ça dont on a besoin un petit détour enfin un gros détour

48:27
Présentateur

est-ce qu'en fait ce qui alors ce qui fragilise c'est un peu excessif mais en tous les cas ce qui peut inquiéter quand même la Chine c'est la montée en puissance incroyable de l'Inde c'est quand même est-ce que l'Inde n'est pas le plus grand concurrent finalement pour la Chine

48:43
Invité

alors pour le moment non même si l'Inde va dépasser probablement l'Allemagne bientôt peut devenir la troisième puissance

48:52
Présentateur

en termes démographiques elle passe devant la Chine

48:54
Invité

oui bien sûr bien sûr mais disons qu'en termes de stabilité politique de gouvernance de cohésion sociale tout ça les Chinois sont conscients de leur propre faiblesse mais ils ne se sentent pas menacés par les Indiens par contre ils sont très ennuyés sur la détérioration enfin l'état non satisfaisant des relations chino-indiennes parce que eux ils ont bien compris que l'Inde est soutenue par tous les pays du monde y compris la Russie tout ça et la Chine comprend bien que si tous les pays aident l'Inde c'est un peu justement on peut jouer faire un effet de levier contre la Chine donc mais ils cherchent un moyen alors les relations sont en train de se normaliser un peu puisque les vols directs ont repris et les restrictions sur les investissements chinois ou le contrôle sur les entreprises chinoises en Inde ont été relaxés mais je crois que comme ça fait partie des BRICS ça fait partie aussi je crois de l'organisation de coopération de Shanghai je pense que la Chine espère à terme mais en tout cas c'est un sujet de concurrence avec l'Occident ça c'est sûr des relations avec l'Inde oui et il y a d'ailleurs quelques très belles réussites d'entreprises chinoises en Inde Xiaomi par exemple a réussi extrêmement bien en Inde et l'Inde serait en un sens un marché tout à fait naturel pour la Chine donc je pense qu'effectivement la Chine veut que enfin souhaite que les choses s'améliorent dans les relations avec l'Inde

50:24
Présentateur

est-ce qu'il y a juste une dernière question en 30 secondes est-ce que c'est vraiment le blocage du détroit d'Hormuz est-ce que c'est vraiment un énorme souci pour l'Asie et notamment la Chine

50:36
Invité

c'est un souci mais je pense que les Chinois ont anticipé un peu ils ont quand même diversifié l'approvisionnement en pétrole ils sont préparés à cette crise peut-être mieux que les autres et pas seulement pour le pétrole pour l'énergie ils s'y sont pris avant tout le monde par contre ils craignent le précédent d'Hormuz que cela ne s'applique ensuite au détroit de Malacca qui est un peu plus loin du côté Singapour pour Anonisie-Philippines là ce serait martel ce serait martel donc ils ont tout intérêt à contribuer à la détente

51:10
Présentateur

espérons espérons merci beaucoup merci Sandrine d'avoir été avec nous merci beaucoup Jean-Paul Chang d'avoir été avec nous vous aurez la présence de revenir évidemment parce que je pense qu'on va commenter cette visite voilà c'est la fin de ce 18-19 tout de suite vous retrouvez Stéphanie Collot pour son journal de l'écho bonne soirée

51:28
Locuteur non identifié

le 18-19 d'Edwish Chevrillon sur BFM Business