CÉLINE ROY, MACRON MET L'ARMÉE CONTRE LES GILETS JAUNES ET VRAIMENT POLITIQUE
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 80 %Défensif 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Est-ce que ça veut dire que les gilets jaunes sont considérés comme des terroristes ? »
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« Les militaires ne sont pas faits pour maintenir l'ordre. Ils peuvent assurer la sécurité de bâtiments bien sûr, mais quelle va être leur réaction si il y a des manifestants qui les approchent. »
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« On ne peut pas à la fois s'afficher comme un fier à bras dans les salles de commandement pour dire c'est moi le patron et puis lorsque ça tourne mal, dire non, c'est pas moi qui commandé. »
Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
[Musique] Bonsoir à toutes et à tous. Je suis très heureux de vous retrouver pour ce nouveau numéro de l'autre 20h. Aujourd'hui, comme tous les jeudis, vous retrouverez un petit coup de bourbon de Serge Faubert.
Puis vous aurez le témoignage de Céline Roi, gilet jaune au pris avec la justice française. Enfin restez avec nous puisque juste après ce journal, vous retrouvez A de Lancelin et ses invités pour un nouveau numéro de vraiment politique. Bienvenue dans votre journal.
Et si les débordements qui ont lieu lors de l'acte 18 des gilets jaunes avaient davantage servi le gouvernement, qu'on ne le croit. Serge Faubert nous explique en quoi les événements de samedi dernier ont servi de prétexte au gouvernement pour faire le ménage. C'est un petit coup de bonbon.
L'utilisation des militaires pour maintenir l'ordre, les dessous de l'éviction du préfet de police de Paris et la décision des sénateurs sur les poursuites judiciaires de l'affaire Benala. C'est dans le numéro 25 du petit coup de bonbon. Et maintenant, le recours à l'armée.
La dérive autoritaire de l'exécutif n'a décidément plus de limite. Voilà qu'il prend le risque de créer l'irréversible, de dresser durablement les Français les uns contre les autres, de faire couler le sang. Des moyens spécifiques seront donc déployés dès le weekend prochain avec et cela a été annoncé lundi par le premier ministre des brigades anticasseurs dédiées. l'usage de drone, l'usage de produits avec des marquages indélébiles, un zone de filtrage en amont et le président de la République l'a indiqué ce matin, la mobilisation renforcée du dispositif Sentinelle pour sécuriser les points fixes et statiques conformément à la mission du dispositif Sentinel.
Sécuriser les bâtiments. Oui, mais que se passera-t-il si des manifestants viennent au contact ? Écoutons deux députés que généralement tout oppose.
Quand on met des sentinelles par rapport à vis-à-vis du terrorisme, ça veut dire qu'éventuellement ils peuvent se servir de leurs armes. Est-ce que ça veut dire que samedi ils vont éventuellement pouvoir servir de leurs armes pour défendre les bâtiments ? Bon, est-ce que ça veut dire que les gilets jaunes sont considérés comme des terroristes ?
Est-ce que vous rendez compte de du message qu'on voit le gouvernement ? C'est des irresponsables. Les militaires ne sont pas faits pour maintenir l'ordre.
Ils peuvent assurer la sécurité de bâtiments bien sûr, mais quelle va être leur réaction si il y a des manifestants qui les approchent. Ils ne sont pas ni formés ni dotés d'équipement de maintien de l'ordre. Donc ils ont qu'une capacité, c'est de répliquer avec leurs armes.
C'est une réponse, vous en conviendrez, qui est qui est ultime. Même l'auteur de la loi anticasseur, le sénateur LR Bruno Rotaillot, estime que le recours à l'armée est absurde. Voici ce qu'il déclare dans une interview au point de cette semaine.
J'en appelle solennellement à Emmanuel Macron, chef des armées, responsable de nos institutions, garant du lien entre la nation et l'armée pour renoncer à cette décision funeste. Mais pour l'exécutif, désormais, il n'y a plus lieu de faire la distinction entre manifestants violent et manifestant pacifique. On écoute Laurent Nouè à l'assemblée puis Christophe Castaner devant les sénateurs. pour l'avenir.
Et dès samedi prochain, nous partons du principe que ces rassemblements sont des rassemblements des meutiers qui ne visent qu'à causer des troubles et donc ils seront dispersés immédiatement à la fois sur la base d'arrêté d'interdiction et le cas échéant sur la base de la notion d'atroupement en vue de commettre des violences et nous les disperserons immédiatement et s'il le faut nous interpellerons massivement. Ce mouvement ne survit aujourd'hui que par la violence parce que sinon il est effectivement réduit à quelques milliers de personnes qui manifeste, qui empêche, qui bloque. Mais ça n'est plus aujourd'hui un mouvement social revendicatif.
Il n'y a plus une revendication portée par ces 27000 gilets jaunes qui manifestaient la semaine dernière. Dans cette nouvelle rétorique, être présent sur les lieux d'une manifestation, c'est déjà être coupable. Écoutez cette tirade de Benjamin Griveau.
Quand vous venez, que vous applaudissez, que vous soutenez, que vous filmez, que vous souriez, que vous riez, que vous applaudissez à des violences, à des crimes, à des pillages, à des incendies, au fait qu'on frappe des policiers et qu'on veulent tuer, vous êtes plus un manifestant. Vous êtes un émetier. Voilà que regarder, rire, applaudir, prendre en photo deviennent des délits.
Bado passez votre chemin car à tous le premier ministre promet du sang et des larmes. Je le dis, monsieur le président le gendre et je le dis en connaissance de cause et en disant que cette ce choix est un choix fort. La volonté non pas de garantir ou d'espérer garantir l'ordre public par des choix statiques, mais d'aller au contact et de faire en sorte que ces rassemblements ne puissent même pas se constituer.
L'exécutif veut en finir avec la contestation sociale. Incapable de proposer une sortie politique ou institutionnelle à la crise des gilets jaunes, il tente d'incarner le parti de l'ordre et criminalise ceux qui le contestent. Un jeu de posture peu crédible, comme c'est plus à le souligner. le patron des députés LR Christian Jacob.
Je ne reviendrai pas sur le président de la République qui a choisi de passer son weekend au ski au moment où Paris brûlait, ni sur les soirées animées de votre ministre de l'intérieur. Vous comprendrez que les Français soient atterrés, partant de légèreté, d'insouciance et d'incompétence. Cible de toutes les critiques, Christophe Castaner est en surcis.
On a l'impression que c'est de la faute de tout le monde, sauf de la faute du principal concerné. C'est-à-dire que c'est de la faute du préfet, c'est de la faute de l'opposition, c'est de la faute des gilets jaunes, c'est de la faute des Français, c'est de la faute des Russes, c'est de la faute des Martiens. On ne peut pas à la fois s'afficher comme un fier à bras dans les salles de commandement pour dire c'est moi le patron et puis lorsque ça tourne mal, dire non, c'est pas moi qui commandé.
Le ministre n'a pas été digne de sa fonction et euh se défausse sur euh euh les responsables de la prof de police. C'est c'est très lâche. Euh monsieur Castner avait déjà été auditionné à la fin de l'année dernière après les premières violences qui avaient été déjà euh considérables et ça devait être les dernières.
Bon ben ça les derniers ça n'était pas le cas. Écoutez moi je crois qu'il partira de toute façon euh la démission qui pourrait demander aujourd'hui en réalité ne servira à rien. Donc c'est pas la peine de perdre son temps et ses poumonner.
Euh de façon stérile. Euh on a dans les semaines à venir vraisemblablement un remanement ministériel. Madame l'oiseau partira vers la liste des européennes.
D'autres pourraient partir vers la campagne des municipales à Paris. Donc il y aura un remaniement vraisemblablement plus large que prévu. Bah écoutez comme le fruit par mur, il tombera sans doute est l'homme des mauvais choix politiques, des mauvais choix du point de vue du maintien de la sécurité et il est l'homme surtout qui n'assume pas les choix.
On peut s'interroger au bout de Est-ce qu'il y a pas, y compris presque une volonté gouvernementale de mettre en scène ces violences pour peut-être se dire "Regardez, la preuve que les gilets jaunes ont tort, c'est non non non pas parce que ce qui porterait, on va en discuter, leur exemple de justice sociale, mais parce qu'ils sont violents." La République est entre chien et loup. Chaque jour, l'état de droit se voit davantage piétiné par un pouvoir prêt à tout pour se maintenir.
C'est lui et lui seul qui menace les libertés publiques. Officiellement, l'éviction du préfet Michel d'Alpuèche sanctionne des dysfonctionnements dans le maintien de l'ordre sur les Champsélysées samedi 18 mars. Mais derrière ce limogage, il y a une autre raison.
Entendu par les sénateurs de la commission d'enquête sur l'ancien garde du corps du président de la République, le préfet d'Alpèche avait dénoncé à plusieurs reprises les copin malsin qui émaillaient cette affaire. Expression qui avait fortement déplu au sommet de l'État et qui avait définitivement scellé le sort du préfet. Coïncidence ?
Le 15 mars, le directeur de l'ordre public et de la circulation de la préfecture de police de Paris, Alain Gibelin, a été relevé de ses fonctions. Devant la commission d'enquête de l'Assemblée nationale, il avait affirmé qu'Alexandre Benala avait assisté à des réunions de sécurité pendant la période où il était officiellement suspendu, version qui contredisait celle de l'Élysée. Il était ensuite revenu sur cette affirmation plus ou moins spontanément.
Alain Gibelin était par ailleurs le supérieur hiérarchique des trois policiers mis en cause dans la transmission à Alexandre Benala des image de vidéosurveillance de la place de la contreescarpe le 1er mai. Depuis le début de l'année, Alain Gibelin était en congé maladie victime d'un burnout. Alors qu'Alexandre Benala a été mis en examen hier pour port et détention non autorisé d'armes de catégorie B et pour immxion dans l'exercice d'une fonction publique et violence volontaire en réunion sans incapacité, le bureau du Sénat a rendu ce matin sa décision sur les différentes demandes de poursuite judiciaire qu'avait formulé la commission d'enquête parlementaire.
Outre Alexandre Benala et Vincent Cras dont les déclarations étaient jugées susceptibles de donner lieu à des poursuites pour faux témoignage, le rapport de la commission reprochait à trois proches collaborateurs du président de la République d'avoir retenu une partie significative de la vérité. Il s'agit d'Alexis Collè, secrétaire général de l'Élysée, Patrick Stroda, directeur de cabinet du président et du général Lionel Lavergne, le chef du groupe de sécurité de la présidence. Autrement dit, la garde rapprochée d'Emmanuel Macron.
Malgré les pressions, le bureau du Sénat s'est rangé à l'avis de la commission d'enquête. Le parquet sera saisi des cinq signalements. À l'évidence, la perspective d'une réduction du rôle et du poids du Sénat par la future réforme constitutionnelle a eu raison de la prudence légendaire du palais du Luxembourg.
L'occasion était trop belle de faire la démonstration de l'utilité de la chambre haute. Céline, une gilet jaune de Vezou qui a désormais rejoint le parti de la France insoumise risque de la prison ferme. Pourquoi ?
Et bien parce qu'elle est accusée d'outrage à personnes dépositaires de l'autorité publique et ce après un live Facebook. Explication, c'est le fast cam. En fait, tout ce que je mets sur les réseaux sociaux, c'est épié, c'est épluché.
Euh quand je suis passée une première fois au tribunal, faut savoir que la juge, elle avait tout mon Facebook en capture d'écran quoi. [Musique] Moi, je suis Céline Rois, j'ai 22 ans, je suis mariée, je suis maman de trois enfants et j'ai été une des initiatives, enfin une des pores-paroles et j'ai créé le mouvement du 17 novembre sur sur Voule en Hoodson. [Musique] On a bloqué un train par bal et du coup j'ai été condamné enfin j'ai été placé en garde à vue.
J'ai fait 27 heures de garde à vue. Euh je suis passée en comparion immédiate devant le procureur de la République donc telle une grande délinquante enfin c'était hyper disproportionné et j'ai copé de de alors le procureur avait demandé 8 mois fermes. J'ai eu 2 mois de prison avec surcis, 800 € d'amende et puis de retirer sur mon permis de conduire.
Bah complètement et ça a fonctionné parce qu'après bah tout le monde s'est rangé sur un rond-point en faisant coucou à des voitures et il y avait plus d'action comme moi j'ai pu mener avant enfin bloquer train, préfecture, mairie et cetera. Tout ce qui touchait réellement l'État, les autres gilets jaunes l'ont plus fait. Et je comprends totalement hein parce que ça dissuade quand même.
Donc leur technique a très bien fonctionné. Après oui enfin psychologiquement sur le coup j'ai pas réagi mais après j'ai eu énormément de mal à tourner la page et à me dire bon ben voilà c'est fini. [Musique] C'était à peine après le 17 novembre.
Euh le soir, on on voit des gens de la DDE qui sont chargés de nous expulser entre guillemets, afin de casser le baraquement que les anciennes personnes avaient fait pour se mettre un peu au chaud. Euh et moi à ce moment-là, il était très tard, j'étais très fatiguée. Enfin voilà, je prends mon téléphone et je filme en fait ce qui est en train de se passer.
Et dans cette vidéo, je sors une phrase premièrement pas française du tout parce que ce que je dis c'est beaucoup de la colère et ça même pas une phrase. Et dedans on entend dire vous pourrez dire au préfet et à tous ses copains qu'ils aillent se faire voilà et euh et du coup je dis ça, je réalise enfin je coupe le live, je réalise et je fasse cette vidéo. Donc cette vidéo a été vue il me semble une dizaine de fois, pas plus. pas partager, pas commenter et et effacer même pas 1 heure après quoi.
En fait, tout ce que je mets sur les réseaux sociaux, c'est épié, c'est épluché. Euh quand je suis passée une première fois au tribunal, faut savoir que la juge, elle avait tout mon Facebook en capture d'écran, quoi. Donc euh même des publications qui étaient effacées, en fait, c'est pris en capture d'écran tout de suite et ça joue contre moi.
Après, là, le 26 mars, je risque 10000 € d'amende et 5 ans d'emprisonnement en ferme. C'est du vent en fait. C'est voilà, c'est pour dire bon ben voilà, on va la remettre un coup au tribunal, ça va la recalmer alors que pas du tout.
Enfin, au final je continue à faire ma vie et à méditer pour des convictions qui me sont chers. Voilà, c'est la fin de votre journal. N'oubliez pas de liker, de partager et puis de contribuer aux médias car c'est grâce à vous qu'une autre information est possible.
Je vous laisse avec Audel Lancelin et ses invités pour un nouveau numéro de vraiment politique gilet jaune. Comment résister ? À bientôt.