🇸🇾 SYRIE: QUE VIENT FAIRE EMMANUEL MACRON ?
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Deux explosions ont secoué le quartier où se trouve l'hôtel Four Seasons
[musique]
auquel dans lequel Emmanuel Macron résidit. Précision [musique] que Emmanuel Macron n'était pas dans l'hôtel au moment [musique] des deux explosions. Il se retrouve trouvait au palais présidentiel où il était reçu par le président syrien Armad Al Chara. Donc ça ne s'est [musique] pas produit au moment où Emmanuel Macron était dans l'hôtel.
[musique] [musique]
Bonjour Régis. Bonjour Joséphine. Régis Emmanuel Macron effectue aujourd'hui la première visite d'un chef d'état européen en Syrie depuis l'arrivée au pouvoir en décembre 2024, d'Amadara. Pourquoi maintenant ? Et que vient chercher la France ? Alors, c'est effectivement une visite un peu surprenante. Euh c'est-à-dire que est-ce qu'on peut se demander s'il y avait pas euh pour la France en ce moment d'autres priorités que de se singulariser sur la scène internationale en allant rendre visite à Armadara avec euh toute la controverse, tout ce qui traîne autour du personnage. On va on va y revenir.
Et bon, il semble en tout cas que la communauté internationale, les États-Unis, la Turquie, plein d'autres pays misent aujourd'hui sur Chara pour apporter de la stabilité dans la région. Ce qui est intéressant, c'est que les États-Unis, après avoir longtemps été un facteur, on va dire, de déstabilisation pour obtenir le départ de Bachar Alassad et la chute du régime d'Assad, les États-Unis ont joué une un rôle de de d'installateur du chaos, on va dire, dans la région. C'était la la politique, notamment après la guerre en Irak. Euh également sur la question irakienne, c'est intéressant.
Dans plusieurs pays, les États-Unis aujourd'hui ont adopté notamment par le biais de Tom Barak qui est le le l'envoyé spécial de Donald Trump au Moyen-Orient. une position où on renforce les régimes euh de façon à obtenir la stabilité. Je vais dire quel que soit la forme du régime parce qu'on peut pas dire que euh aujourd'hui euh [grognement] contrairement au vœux de d'une partie des de l'opposition syrienne à une époque, ce soit la démocratie qui soit en Syrie, on est face à un personnage qui est un ancien djihadiste et qui aujourd'hui contrôle une grosse partie du pouvoir. Euh il y a un parlement, mais c'était un peu plutôt un parlement croupion.
et un certain nombre de personnages sulfureux euh qu'il a placé qui sont ces hommes des anciens du front Alnosra euh donc de Hayat Tarir Alcham qui était son groupe euh un petit peu à à tous les niveaux de commandement en Syrie. Donc Emmanuel Macron se déplace, c'est effectivement le premier président européen à faire le déplacement. On se souvient que Armad Alara était le premier avait choisi la France comme premier pays de déplacement en Europe.
Donc il y a une sorte de réciprocité, on va dire, et Emmanuel Macron l'avait reçu à l'Élysée avec la collade qui avait quand même suscité quelques débats à l'époque en savoir en sachant que bon la France était dans une série de commémorations liées au Bataclan et à la vague de terrorisme qu'on a connu dans les années 2015 et que Chara à l'époque lui faisait partie de ses groupes. Alors, je dis pas qu'il a directement piloté le Bataclan, il avait fait Sission avec Daesh, mais il a quand même fait partie de cette nébuleuse. Donc, il y avait quelque chose d'un peu gênant à recevoir ce personnage à l'Élysée.
Là, actuellement, si la France effectivement se place dans une idée de stabilisation, il y a quand même une un intérêt pour nous d'y retourner. Euh, il y a aussi le fait que beaucoup d'autres pays voient des opportunités dans la stabilisation souhaitée euh en Syrie. Tout n'est pas réglé. le pays est toujours exangue et la crise économique est majeure. Il s'est toujours pas remis de ces années de guerre, de ces 10 ans de guerre civile, de ces 8 ans de après cette guerre civile où Bachar Alassad n'a pas été capable en raison en partie des sanctions de redresser le pays.
Une partie de ces sanctions internationales sont toujours appliquées et ce qu'on constate c'est que bah voilà la Syrie peine toujours à se remettre sur pied et que donc la France peut peut-être avoir on va dire des opportunités de marché des opportunités de de se de reprendre des cartes aussi au Moyen-Orient. Ce qui est très important parce que on a vu qu'on était très très en retrait sur le la crise au Liban. Euh la guerre au Liban, la la les États-Unis trustent tout. Euh Israël et les États-Unis font le jeu et la France euh n'est même plus force force de proposition.
Alors que euh au Liban, la France traditionnellement c'est le grand frère, traditionnellement c'est la puissance bienveillante et que là on a été très très en deain de ce qu'on pouvait espérer de la France. Donc peut-être qu'Emmanuel Macron ambitionne finalement de reprendre pied au Moyen-Orient et que c'est un peu ce qui va chercher euh aujourd'hui en en rendant visite à Arman Alara à Damas. Justement Régis, le président français visera-t-il la vieille ville de Damas car on sait qu'il aime énormément sortir des sentiers battus. Oui. Alors c'est intéressant, on va voir ce qu'il va faire.
On sait que Nicolas Sarkozi à l'époque quand il avait rendu visite à à Bachar Alassad était allé dans le dans le dans la vieille ville. Alors c'est le circuit classique la mosquée des oméades, les quartiers Babcherki, Babtuma, quartier chrétien, quartier musulmans les uns à côté des autres. Bref, cette vieille ville de Damas qui est encore qui a été épargnée, on va dire, qui n'a pas été trop détruite par la guerre. Ça va être intéressant de voir quel va être le comportement d'Emmanuel Macron.
si effectivement il il décide de rendre visite à ce cœur historique de Damas, très important cœur historique aussi en lien justement avec le syncrétisme pas on peut dire syncrétisme religieux puisque les Syriens en en dépit de la guerre civile et des comment des poussées de violence religieuses qui ont eu lieu pendant cette même guerre civile ont gardé quand même un sentiment de respect pour pour chacune des des religions qui composent la mosaïque syrienne. Et ce qui est toujours très intéressant avec ce cœur historique, c'est que vous avez la tombe de Saladin, le premier guerrier de l'Islam, la maison Ananie où Saint- Paul a retrouvé la vue.
Donc, si vous voulez un mélange de de plusieurs religions du christianisme, de l'islam qui s'interpénètre avec des les restes des ruines romaines dans la Médina. Bref, on est on est dans un endroit de de voilà de de plusieurs religions, on le sent et c'est intéressant quand même d'y aller. Donc on va voir ce qu'Emmanuel Macron, je ne sais pas s'il est sensible un petit peu à toute cette ce passé qui qui qui est vivant en Syrie, mais en tout cas ça sera intéressant de voir comment il va agir là-bas. régisse le président syrien est souvent cité par Donald Trump qui semble s'appuyer sur lui.
Le président américain est allé jusqu'à déclarer récemment que si les Israéliens échouaient à réduire l'influence du esbola au Liban, les Syriens pourraient s'en charger. La Syrie a-t-elle donc encore besoin de la France ? Alors, quand on a un partenaire aussi euh on va dire euh un parrain, un mentor aussi important que Donald Trump pour Armé Alara, effectivement, on peut se dire euh pourquoi aller euh développer d'autres relations avec d'autres pays, en particulier la France. Qu'est-ce que la France peut bien apporter à Armad Shara aujourd'hui ? Ça c'est une vraie question. On sait que les Français ont défendu, vous savez, en Syrie, les CDES avaient atteint une certaine autonomie.
notamment dans dans la la la région d'Assaka au nord-est de la Turquie de la de de la Syrie, pardon, et que l'armée syrienne a repris le contrôle des territoires autonomes du Kurdistan syrien. Ça a fait beaucoup beaucoup couler d'ancre. Les CD ont eu l'impression d'être trahis par les Américains parce qu'en fait l'armée syrienne s'est redéployée dans ces zones au moment où Donald Trump a donné l'ordre d'évacuer les bases américaines. C'était vraiment les bases américaines qui protégeaient l'autonomie des Kurdes.
La France dans cette dans cette séquence a soutenu les Kurdes et donc évidemment au niveau du pouvoir syrien ça ça a mécontenté le pouvoir syrien mais c'est Donald Trump qui véritablement a permis à la Syrie d'Armad Schara et à l'armée syrienne de reprendre le contrôle de tout son nord-est avec les ressources pétrolières et cetera qui sont dans dans ces zones-là. Et et donc la le le la vraie question, elle est là. Oui, Donald Trump c'est l' c'est l'appui massif des Américains. Euh c'est encore une fois, comme je le disais, les Américains qui jouent la carte de la stabilité et plus la carte de du chaos euh comme avant.
Euh et effectivement, vous avez raison, on peut se poser la question qu'est-ce que la France peut apporter dans euh dans ce cas quand on a l'Amérique comme parin ? Voilà, l'ambassade de France n'a pas encore été réouverte à la différence de celle de l'Italie. et de la Grande-Bretagne. Pourquoi selon vous ? Parce que il y a encore des problèmes de sécurité. Les diplomates se déplace euh je cite le le papier de de George Malbrun dans le Figaro justement qui qui interroge des des diplomates et qui qui viennent de en fait de Beout 4 3 4 jours par semaine et qui sont en convoi armés, blindés et cetera et cetera.
Donc là, il y a encore une question de de sécurité euh des personnels diplomatiques qui fait que ça ne permet pas euh pour le moment d'ouvrir euh euh l'ambassade. Alors, c'est vrai qu'on prend du retard, c'est vrai que d'autres euh ont de l'avance, que les Italiens ont très facilement accepté de euh de de de tourner la page et de de reprendre langue avec le pouvoir. Les Britanniques également, les Allemands aussi sont présents. Mais là aussi, c'est peut-être une des raisons pour laquelle Emmanuel Macron va en Syrie pour marquer le coup, pour marquer définitivement le retour de la France.
Rappelons que historiquement la France c'était la puissance mandataire en Syrie comme au Liban que nous avons eu. Nous avons développé aujourd'hui la bureaucratie, l'administration syrienne, ça a été fait à l'époque de la France et que les liens entre la France et la Syrie naturellement devraient être des liens forts et que là nous avons un peu de retard et peut-être est-ce une des raisons pour lesquelles Emmanuel Macron décide de privilégier et et et de se déplacer, de faire le déplacement à Damas, de faire son chemin de Damas comme Saint-Paul dans les écritures.
En parallèle de l'armée syrienne, il reste encore dans le pays un certain nombre de djihadistes français réputés dangereux comme Omar Hossen et son groupe Emmanuel Macron va-t-il évoquer le sujet avec son homologue syrien ? Oui. Alors, vous évoquez c ce Omar Romsen qui est ce djihadiste originaire de Nice qui a effectivement qui est à la tête d'un groupe armé en Syrie qui a d'ailleurs grandi et qui a été protégé pendant longtemps quand Armand Alchara dirigeait le nord-est, le nord-ouest de la Syrie, la province d'Idlib, là où tous les djihadistes ont convergé au fur et à mesure que l'armée syrienne et l'armée russe reconquérait le l'ensemble du territoire.
Le groupe de Maromsen a évolué dans la sphère d'Armad Alara et il est présent en Syrie aujourd'hui. Donc ça c'est un c'est une un vrai problème. Quid des djihadistes, quid aussi des anciens de Daesh qui ont pu s'échapper des prisons euh autrefois détenu par les Kurdes. Euh là il y a il y a une vraie question. On imagine que les Américains soutenant Armadara ont un œil aussi sur ces djihadistes pour les empêcher évidemment de projeter des attentats et de recommencer ce cycle qu'on avait connu dans les années 2015-26. Charlie Hebdo, Bataclan et tout un tas d'autres attentats en Europe.
Faut rappeler qu'à l'époque, il y avait Daesh qui avait une emprise territoriale et que aujourd'hui ce n'est plus le cas. Mais il faut voir aussi que Armad Alra, donc ancien djihadiste, joue la carte de la respectabilité. Il sait qu'il a chez lui dans son camp des adversaires qui lui reprochent d'aller trop loin dans cette respectabilité. Il a déjà été victime d'au moins deux tentatives d'attentat. Euh et donc il il doit dealer avec ses extrémistes, il doit dealer aussi avec une résurgence de de Daesh euh dans la Badia Shamiya qui du côté de Palmir dans les euh dans dans ce désert où Daesh a toujours une une emprise auprès de tribus locales et que projette et commet toujours des attentats.
Et pour revenir sur Emmanuel Macron et sur sa possible visite dans la vieille ville, faut pas oublier que il y a 3 jours, il y a eu un attentat à Damas. Donc ça aussi ça ça comment contradira contrariera peut-être euh euh les plan euh du président d'aller se promener en ville étant donné que la situation sécuritaire est toujours très compliquée. Régis Quid du sort des chrétiens et autres minorités dans le pays.
Alors, on sait que euh depuis le retour euh en décembre 2024 de euh l'arrivée au pouvoir de d'Armadara, il y a eu un certain nombre de règlements de compte, en particulier avec les Alaites euh qui étaient euh, on va dire, le groupe dominant à l'époque de Bachar Alassad euh et que euh dans la montagne à la H sur la côte, il y a eu effectivement des des des choses sordites, des enlèvements de jeunes filles, des viols et cetera par les combattants. Jadis Armad Alara.
Alors euh officiellement, c'est jamais euh euh Ayatariral Cham, son groupe qui fait ça, mais en fait euh il y a quand même une forme de reconnaissance tacite et on va dire de euh d'autres groupes extrémistes agissent et donc on dit "Oui, c'est pas eux" et cetera. Mais ça se fait quand même sous la supervision de l'armée syrienne aujourd'hui et que ces persécutions n'ont pas n'ont pas complètement n'ont pas complètement cessé. Pour les chrétiens, c'est pareil. Il y a eu des incendies de village, il y a eu des raps, des des comment euh des viols et cetera et cetera. Et donc là, il y a un vrai un vrai problème sur l'attitude du nouveau pouvoir syrien vis-à-vis des minorités.
et je vous parle pas des druses qui sont plus ou moins protégées, on va dire, par l'armée israélienne dans le sud euh mais qui ont avec le pouvoir en place des relations extrêmement compliquées, n'ont pas rendu leurs armes, ils n'ont pas été intégrés véritablement dans le nouveau dans la nouvelle Syrie. et tout ça. Voilà. Le le la relation entre Chara, sa philosophie d'origine, sa vision du pouvoir et les minorités pose problème. Or, la Syrie, l'exercice du pouvoir en Syrie a toujours été un exercice qui conjugue plusieurs minorités. Pendant l'époque d'assad, c'était alait et sunnite. C'est comment les alaouites dominent minoritaires dominer la majorité sunnite.
Aujourd'hui, les sunnites sont au pouvoir, les minorités payent le prix. C'est ça le vrai problème. Et aujourd'hui, la la vraie question effectivement que devra poser Emmanuel Macron, c'est le sort des chrétiens. On sait qu'au Liban, c'est problématique. On sait que dans plein d'endroits, dans le Moyen-Orient, c'est problématique. Et la Syrie est un est un pays où il y a encore 10 % de chrétiens. Et donc là, il y a il y a un urgent besoin euh de focaliser l'attention sur eux et de les protéger. Régis, on vient de l'apprendre. Deux explosions ont retenti à côté de l'hôtel d'Emmanuel Macron. Oui.
Alors, ça vient de se passer effectivement pendant qu'on fait notre émission, on garde [grognement] un œil sur l'actualité toujours et effectivement deux explosions ont secoué le quartier où se trouve l'hôtel Four Seasons auquel dans lequel Emmanuel Macron résidait. Euh précision que Emmanuel Macron n'était pas euh dans l'hôtel au moment euh des deux explosions. Il se retrouve trrouvait au palais présidentiel euh où il était reçu euh par le président syrien Armad Alra. Donc euh ça ne s'est pas produit au moment où Emmanuel Macron euh était dans l'hôtel. Euh néanmoins, ça illustre complètement ce qu'on disait au début. Euh c'est-à-dire que l'instabilité règne.
La sécurité n'est pas garantie, hein. Le la question des personnels diplomatiques euh a été évoquée dans cette dans l'entretien qu'on vient de faire et effectivement on apprend euh voilà euh cette ces deux explosions. Maintenant, on ne sait pas si ces explosions sont liées ou non à la présence du président. Euh en tout cas euh clairement si c'est à côté de son hôtel, il y a forcément un message qui est passé par des groupes armé euh qui reste encore puissant dans le dans dans le pays. Euh ces groupes terroristes n'ont pas été démantelés et euh posent toujours un défi sécuritaire au nouveau pouvoir syrien.
Et ça ça va être le vrai vrai problème pour Armad Alara dans les années qui viennent, c'est assurer la sécurité dans son pays. Et là, il y a un véritable défi qui est lancé. Merci Régis. Merci Joséphine.
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