Macron/Lecornu : le bras de fer constitutionnel (Vincent Trémolet de Villers)
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Chapitres
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Emmanuel Macron veut aller vite. Sébastien Lecornu lui demande 15 jours de délai. »
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« Si le gouvernement est censuré après les ordonnances, le gouvernement tombe et la France a un budget. »
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« Pour déclencher les ordonnances, il faut l'accord du gouvernement. »
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« Emmanuel Macron aurait le double plaisir de reprendre la main et de se dégager de la tutelle socialiste. »
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« Cette constitution a été faite pour gouverner sans majorité. »
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Matin l' dit politique sur europe 1 avec le Figaro Bonjour Vincent Trémolet de Viller. Bonjour Dimitri, bonjour Anisa, bonjour à tous Vincent. On évoque ce matin le budget, on va essayer de comprendre avec vous ce qui se cache derrière cette épisode d'hésitation sur ce projet de loi de finance qui n'en finit plus de finir.
Et alors Emmanuel Macron veut aller vite. Sébastien Lecornu lui demande 15 jours de délai. Ce que l'on comprend, c'est qu'on y comprend plus grand-chose là.
En fait, cette histoire Dimitri c'est celle d'un bras de fer constitutionnel entre Emmanuel Macron et son Premier ministre. Les deux ont compris depuis longtemps que le budget ne trouverait pas de majorité. Il y a alors deux solutions pour passer en force.
Le 493 et les ordonnance. L'opposition peut répondre à chacune de ces solutions par une motion de censure. Mais si le gouvernement est censuré après un 493, le gouvernement tombe et la France n'a pas de budget, la conséquence directe, ce sera le retour du Macron d'émission.
Si le gouvernement est censuré après les ordonnances, le gouvernement tombe et la France a un budget et on s'en tiendra alors à le cornu d'émission. C'est la raison pour laquelle Élysée Penche depuis un moment pour les ordonnances. Alexis Brazé il y a 10 jours à ce micro a été le premier à évoquer cette hypothèse et il a vu juste.
Le chef de l'État voudrait l'imposer à son premier ministre mais pour déclencher les ordonnances, il faut l'accord du gouvernement. Et Sébastien Lecornu voudrait lui activer le 493 en espérant profiter de la clémence des socialistes. Mais il ne peut le faire qu'après un conseil des ministres présidé par Emmanuel Macron.
Les deux têtes de l'exécutif ont donc un désaccord stratégique et c'est ce qui explique l'impression de flottement qui accompagne la fin de cet examen budgétaire. Un président affaibli contre un premier ministre qui lui-même faible à fait un match sans éclat mais d'une très grande dureté. Le choix final entre l'équipe 49-3 au dossard Matignon et les ordonnances de la team Élysée pourrai tomber mardi prochain.
Alors en général dans ce type de match, à la fin c'est l'Élysée qui gagne mais vous connaissez la glorieuse incertitude du sport. Avant le coup de siffl final, tout peut arriver. Mais pour qu'on comprenne bien euh Vincent, si nous passons par les ordonnances, quel serait le texte budgétaire adopté ?
Alors un budget par ordonnance, ça n'est jamais arrivé. sous la 5e. Donc les constitutionnalistes divergent eux aussi, mais il est fort probable que ce soit le texte originel du gouvernement.
Dans ce cas, les socialistes ne peuvent pas ne pas censurer. Ils pourraient épargner le corps nu après le 493. Ils ne peuvent pas après les ordonnances.
En revanche, Emmanuel Macron aurait le double plaisir de reprendre la main et de se dégager de la tutelle socialiste. Il maintiendrait un Sébastien Lecnu démissionnaire jusqu'au municipal et puis nommerait après lui Roland l'escur ou Catherine Vautrin. Elle était le plan A de 2022, le plan B de 2024, ce serait le plan C de 2026.
C'est elle qui achèverait le quinquena et serait chargé d'éteindre la lumière. Un comme Catherine donc. Mais le problème serait le même Vincent sans majorité tout serait bloqué.
Mais c'est pas ce qu'on pense à l'Élysée où ces jours-ci ont lit avec beaucoup d'intérêt le CT de Gaul d'Alain Perfit. mettre livre, on trouve notamment ces phrases du général qui disait en 1967, je le cite, si nous n'avons pas de majorité à l'assemblée, nous nous en passerons. Cette constitution a été faite pour gouverner sans majorité et de pour su je ferai appel à des hommes nouveaux, à des techniciens, à des spécialistes, à des commis de l'État, à des gestionnaires. et les spécialistes, les gestionnaires, les commis de l'État.
C'était le rêve du début de mandat d'Emmanuel Macron. Souvenez-vous même avec une large majorité, il avait déclenché les ordonnances travail. Jupiter tenait la foudre et s'en allait sévir dans le paradis gris de la haute fonction publique.
Bah ce rêve, ce président ne l'a pas abandonné et il l'habille désormais de gaulisme. Mais un gaulisme à la sauce macronienne, ce serait moins le gouvernement du peuple par le peuple pour le peuple que le gouvernement des technos par les technos et pour les technos. Cette histoire d'imitri a commencé en 2017 par une symphonie de Beethoven.
Elle pourrait s'achever en technoparade. L'édito politique est toujours si savoureux sur Europe. Merci beaucoup Vincent Trébolet.