ENTRETIEN COMPLET AVEC @LeMondedePierreHaski (05.02.26)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 20 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:00OuverteRéponse directe
Comment caractériser le moment géopolitique actuel ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Quels sont les deux facteurs principaux expliquant la bascule du monde ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Comment l'Europe peut-elle définir son propre modèle de puissance ?
- 8:00OuverteRéponse directe
Quelle est la part de rivalité ou de partage du monde entre les empires ?
- 10:00OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que dire non aux Américains signifie aujourd'hui ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:30Dominique de VillepinFait
« Les États-Unis ne sont pas une île. les États-Unis et l'administration Trump, elle est pas indifférente à la décision que pourraient prendre un matin les Européens de boycotter ou de refuser pour une période donnée bah d'utiliser les plateformes numériques américaines. »
- 3:00Dominique de VillepinFait
« ça a été le cas de la responsabilité de protéger. Le malheur, c'est que le mécanisme est grillé, grippé par le blocage du conseil de sécurité. »
- 4:30Dominique de VillepinFait
« nous sous-estimons la capacité de pression sur ces empires de la communauté mondiale, des opinions mondiales. »
- 5:30Dominique de VillepinFait
« Les citoyens de l'Europe, ils sont aussi une incarnation de la diplomatie. »
- 7:00Dominique de VillepinFait
« l'écologie va réapparaître comme combat global à travers la défense d'une exigence de santé publique mondiale. »
- 8:30Dominique de VillepinFait
« le prix aujourd'hui du non combat idéologique, du non combat écologique, c'est une santé qui se dégrade et c'est une profonde inégalité que nous connaissons les uns et les autres du fait d'un monde de rareté. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Nous sommes aujourd'hui dans un monde où il y a un retour au culte de la puissance. On l'a vu avec l'intervention américaine au Venezuela. On l'a vu avec l'intervention américaine [musique] et israélienne en Iran.
Le sentiment que la puissance c'est le veau d'or. C'est ce qui permet de répondre à tout. Cette démonstration de puissance pour les États-Unis, elle vise à impressionner le reste du monde, à sidérer et je suis très frappé du fait que cette dimension psychologique et politique, elle est tout à fait essentielle.
On a des instruments qui visent à faire peur au monde. Mais aujourd'hui, nous faisons tout dans le désordre. Nous continuons à acheter des armements européens dont les États-Unis gardent la clé.
Arrêtons d'être naïf naïf des équipements américains. La clé des acheter un F35 aujourd'hui alors qu'il faut demander la permission en passant un coup de fil à Washington pour savoir si on peut faire décoller l'avion. C'est absurde.
Bonjour Dominique de Villepa. Bonjour. Alors euh on vous connaît euh parce que vous êtes dans notre actualité depuis assez longtemps.
Je vais quand même retracer un peu votre parcours parce que il y a des repères qui peuvent manquer au aux gens qui vont nous regarder. Vous avez commencé comme diplomate et on s'est connu à cette époque il y a il y a fort longtemps. Moi j'étais un jeune journaliste.
Vous étiez un jeune diplomate au qu d'ors qu'est-ce que vous retenez de ces années de praticien à la base enfin diplomate de de carrière ? l'exigence d'être en phase avec l'évolution du monde. L'accélération du monde n'a pas commencé aujourd'hui.
Ça fait maintenant plusieurs décennies que année après année, le monde s'accélère et et grandit à travers de très nombreuses crises. On s'est connu sur les crises africaines et pour moi, ça a été un double apprentissage. d'abord l'apprentissage d'un continent, la compréhension d'un continent, la passion pour des cultures et en même temps l'apprentissage du métier de la diplomatie, non pas seulement comme analyse, mais comme tentative de réparer les malheurs du monde.
Ce qui est toujours très difficile quand on le fait à partir de l'Europe qui plus est vis-à-vis de l'Afrique. Et donc en essayant de se débarrasser de tout ce qui euh euh relève de la posture, relèvent d'un regard emprunt euh de supériorité coloniale euh et toujours avec le souci de trouver les bons instruments à la fois d'analyse et d'action. Euh sachant que le raccourci est souvent la tentation, le raccourci militaire, euh le raccourci euh par rapport à la réalité qui tronque la complexité euh de du terrain africain.
Et et donc cette double cette double expérience africaine a été pour moi un peu la matrice de mon de mon initiation à la diplomatie et surtout la découverte d'une d'une corporation assez passionnante qui est celle des hommes et des femmes qui s'engagent pour essayer de servir de trait d'union dans un monde de plus en plus dangereux et de plus en plus conflictuel. Je suis rentré au Quédoret à une époque où la France d'outremer existait encore. Ce corps de la France d'outremer qui avait été versé au sein du Quédoret.
Et la singularité de ce corps et de toutes ces hautes figures, Christian La Rocher, Pierre Solière, Jeanseille, Guy Georgie, toutes ces figures incarnaient pour moi une véritable passion. euh ils avaient la passion de l'Afrique et ils avaient la passion de servir et ça conduit en permanence à essayer de trouver de meilleurs outils, une meilleure appréhension, de meilleurs concepts, mais aussi un meilleur rapport euh à l'action. Sachant que par définition, on est un peu comme euh le médecin qui s'approche euh d'un malade et qui qui ne veut pas aggraver les choses, qui ne veut pas euh euh faire le mauvais diagnostic.
Et donc, on doute d'abord de soi-même. On remet en cause soi-même son attitude et et la diplomatie, je crois que c'est à la fois un questionnement sur le monde, mais c'est un en même temps un questionnement sur son rapport au monde pour essayer de trouver à chaque fois la définition la plus juste, l'attitude la plus juste, la relation la plus juste. Et c'est ce qui fait que aujourd'hui, comme hier, c'est si difficile et en même temps si passionnant, nous vivons une épreuve aujourd'hui, et je le ressens très douloureusement, qui est celle d'être confronté à des situations qui nous échappent et qui sont toutes marquées par un malheur infini, des catastrophes immenses.
Euh, nous avons vécu et nous vivons encore aujourd'hui à l'heure de la catastrophe ukrainienne. Euh, nous vivons à l'heure de la catastrophe de Gaza et nous vivons à l'heure de la catastrophe iranienne. faire vis-à-vis d'un peuple qui est abandonné de tous alors même que les instruments ne sont pas là.
Comment inventer une nouvelle façon d'agir, de soulager, d'anticiper, de réparer ? Je crois que c'est c'est ça le drame du diplomate. C'est à la fois utiliser toute la panoplie de ce qu'il a comme moyen depuis toujours et en même temps penser de nouveaux instruments, une nouvelle façon d'être au monde et vis-à-vis de l'autre.
Est-ce que c'est pour ça que vous êtes passé de l'autre côté ? qu'en 93 vous quittez le rôle de diplomate mais vous devenez euh d'abord directeur de cabinet de la Jupé, ministre des nommé ministre d'affaires étrangères dans le gouvernement de cohabitation de d'Edouard Baladur. Puis vous rejoignez Jacques Chirac à l'Élysée pendant plusieurs années comme secrétaire général de l'Élysée, puis ministre des affaires étrangères.
On est en 2002003 donc le fameux discours de de l'ONU sur l'Irak ministre de l'intérieur premier ministre. ce ce passage euh de du rôle du diplomate qui est au service de de d'une administration et de d'une politique qu'il ne définit pas euh à ce rôle de euh de bah de de d'être de plus en plus haut euh dans la prise de décision et dans la définition de la politique. C'est c'est à cause de ça, c'est à cause de cette ce sentiment peut-être de de vouloir peser un peu plus sur la marge des choses.
Alors oui, il y a il y a il y a cette volonté d'être capable de de euh d'agir davantage euh sur le monde et vis-à-vis des crises du monde. Je me suis formé dans la crise euh à l'époque euh au début des années 80. Euh l'Afrique c'était euh la confrontation au Christ partout sur le continent.
Mais il y avait une une autre dimension. la volonté de pouvoir à la fois travailler sur des réponses à apporter aux crises, mais en même temps de construire des réponses, d'anticiper des réponses qui pourraient servir pour d'autres crises. Et il y a un moment très emblématique de ce que j'ai voulu essayer de faire qui est le tournant de 2003.
En 2003, nous sommes confrontés à partir de de l'automne 2002 à la à la crise iakienne. La crise iakienne, on a le désir nous français, nous européens de l'aborder à travers l'approche multilatérale et donc de remettre dans le cadre des Nations- Unies cette grande question qui est la prolifération. Comment on fait face au risques de prolifération ?
Sachant que les crises se multiplient. À l'époque, il y a l'Irak bien sûr, mais il y a aussi la Corée du Nord et d'autres crises qui se dessinent. et donc trouver des outils qui permettent de modéliser une réponse, inventer une réponse diplomatique qui puisse servir en Irak mais qui puisse servir ailleurs.
Et donc toute la bataille de l'Irak, c'est de construire un modèle de sécurité collective à travers les inspections des Nations- Unies sur le terrain qui puissent peu à peu régler le risque de prolifération en Irak. Et au même moment, donc dès que l'intervention américaine a lieu qui peut apparaître comme une sanction de de notre incapacité à trouver la juste réponse, et bien immédiatement, j'anticipe ce qui va se passer et c'est le risque qu'il y a de voir les Américains dans l'ubrice de du succès d'une intervention en Irak, se lancer dans une aventure en Iran. Euh l'Iran euh est aussi euh en train euh de penser à à la construction d'un programme nucléaire.
Et c'est pour cela que je décide d'embarquer mon collègue allemand Yoska Fisher et mon collègue britannique Jack Stro en Iran pour essayer de construire là encore un modèle qui nous permette d'arrêter ce risque d'un programme nucléaire iranien. Et le résultat c'est que nous arriverons à nouer la première négociation donc en 2003 et le premier accord qui servira de base après à l'ensemble de la communauté internationale pour signer l'accord de 2015 qui formalisera cet accord que Donald Trump mettra de côté. Mais on le voit bien, l'idée c'est à chaque fois de construire une réponse qui puisse servir dans d'autres situations.
Et l'une de mes craintes aujourd'hui devant la crise ouverte que connaît l'Iran, c'est le message qui est adressé au monde et et les frappes d'Israël et des États-Unis contre l'Iran en juin 2025 n'ont fait que renforcer ce risque. c'est que tous les états de la planète, pays émergents, pays susceptible d'accéder à la puissance est envie se convaincre qu'il n'y a qu'une façon d'être indépendant aujourd'hui, c'est de se doter de l'arme nucléaire. Exactement.
Et donc on voit bien que la diplomatie c'est d'anticiper les risques. De la même façon que la diplomatie française en 2002 quand je deviens un ministre d'affaires étrangère et j'ai l'obsession d'essayer de trouver une réponse à la grande question euh de du risque terroriste. Après 2001, nous faisons partie des premiers pays grâce à Jacques Chirac à voler au secours des États-Unis, à marquer notre solidarité vis-à-vis des États-Unis.
Mais nous voyons bien que l'Amérique est à ce point-là traumatisée, qu'elle a besoin d'agir un peu partout pour effacer la Front et et effacer la peur. D'où Guantanamo, d'où l'Afghanistan, d'où l'Irak, il y a euh là encore un très fort dont nous voyons encore les conséquences aujourd'hui. Et donc le diplomate que je suis à la tête de la diplomatie française en 2002 a un double souci à la fois un souci de construire des nouveaux instruments, mais en même temps d'être capable de penser ce moment du monde nouveau.
Et c'est là où je m'en souviens encore débattant avec mes collaborateurs. Quel est le concept qu'il faut mettre en avant dans un monde qui change ? Huber Vedrin avait inventé le concept d'hyperpuissance dans les années 90.
L'Amérique l'Amérique seul seule superpuissance absolument seule superpuissance et et sans sans sans rival possible. Et je défends alors dans ce discours aux ambassadeurs de 2002 une idée qui peut paraître radicalement opposée mais mais qui est un autre temps du monde qui est l'idée que il y a une vanité de la puissance et c cette idée de la vanité de la puissance qui sera consacrée après, qui sera consacrée sous forme de l'impuissance de la puissance, elle est intéressante aujourd'hui parce que ce qui montre que le débat diplomatique, il doit constamment être mené, actualisé, renouvelé. Nous sommes aujourd'hui dans un monde où il y a un retour au culte de la puissance.
On l'a vu avec l'intervention américaine au Venezuela. On l'a vu avec l'intervention américaine et israélienne en Iran. Le sentiment que la puissance c'est le veau d'or.
C'est ce qui permet de répondre à tout. Mais en même temps, on oublie que il y a toujours cette vanité de la puissance. C'est-à-dire qu'on croit qu'elle peut tout.
Mais cette puissance en fait, elle est elle-même extrêmement limitée. Elle ne peut pas tout justement et qu'il faut donc arriver à combiner euh les les moyens de la puissance tout en sachant que cette puissance ne permet pas de transformer le monde comme on le souhaiterait. Alors, venons-en effectivement au monde d'aujourd'hui, mais je voudrais d'abord parler de ce livre vous avez publié l'année dernière, le pouvoir de dire non et lire le premier paragraphe parce que il me semble très révélateur à la fois de votre état d'esprit et de et de ce que beaucoup de gens ressentent effectivement dans la période actuelle.
Euh vous écrivez "Ce livre est né dans l'urgence et pour l'urgence de notre temps. Il est né d'un réveil nocturne. Tout d'un coup, cette évidence qui vous déchire comme un éclair.
Tout est en train de nous échapper, de partir en poussière entre nos mains. J'en ai parlé autour de moi. je me suis rendu compte que d'autres faisaient le même cauchemar, attendaient le même sursaut et et effectivement euh la période actuelle est est terriblement anxiogène, on le sent tout autour de nous parce que on a aussi du mal à mettre des mots sur la situation et et on va peut-être commencer par ça pour être un peu aussi dans la pédagogie.
Comment caractériser le moment que nous vivons depuis déjà quelques années ? qui ont fait remonter au minimum à l'intervention à l'invasion de l'Ukraine par la Russie, mais évidemment précipité par le la politique de Donald Trump depuis un an, depuis qu'il est revenu à la Maison Blanche. Comment caractériser cette cette bascule du monde vers quoi ?
Alors le facteur pour moi, il y a deux facteurs principaux qui qui expliquent ce que nous vivons aujourd'hui. Le premier, c'est la formalisation d'une puissance à une échelle nouvelle, encore inconnue, à travers l'apparition des nouveaux empires. ce qu'on a vu en Russie, ce qu'on voit en Chine, autrement bien sûr, et ce qu'on voit aux États-Unis et qui ne peut s'expliquer que par une donnée radicalement nouvelle qui est en quelque sorte la confrontation des puissances à la rareté, l'épuisement de la planète.
Il y a aujourd'hui le sentiment à la fois de raréfaction des ressources, de limitation des territoires et donc l'idée d'une course à la domination absolue pour la survie. Ce qui explique le caractère paroxistique de la scène internationale aujourd'hui parce qu'il y a quelque chose d'existentiel. l'Ukraine existentiel du côté de la Russie existentiel du côté de l'Ukraine Gaza existentiel également pour les différents acteurs et pour l'ensemble des acteurs régionaux à chaque fois il y a une exacerbation des conflits qui pousse à quelque chose de d'absolu dans la quête et dans cette dans cette activation dans ce moment particulier de surenchère puisque la surenchère est la caractéristique de cette course.
Il y a un phénomène totalement nouveau et qui est un peu au cœur de ce livre qui est que la course à la puissance va de paire en politique intérieure avec l'apparition de nouvelles forces qui elles-mêmes répondent à cette situation de rareté et qui à travers l'alliance de force économiqu, de forces médiatiques, de forces technologiques et de forces politique conduisent à la recherche de de d'un esprit et et et et et d'une capacité de domination. Donc la la course et la puissance est la marque de ce nouveau monde, poussé par l'urgence, poussé par la nécessité, poussé par la rareté avec le sentiment que tous ceux qui ne sont pas dans cette course ont vocation à être marginalisés. Et ce qui rend les choses encore plus dangereux, c'est qu'il y a un phénomène nouveau sur la scène mondiale, un acteur nouveau, que que sont les nouvelles technologies.
Et ces nouvelles technologies donnent des moyens décuplés au à ces nouvelles grandes puissances et ces moyens décuplé permettent littéralement d'arbitrer le match et de dominer toutes les puissances qui sont susceptibles de résister à ces empires et c'est particulièrement le cas des pays européens, c'est le cas du sud global qui sont aujourd'hui victimes de cette accélération du monde. Est-ce que c'est ça qui explique que Donald Trump commence son son règne en annonçant et c'est c'était Marco Rubi qu'il avait fait la veille de son de l'investiture de Donald Trump ? qu'il va que l'ordre international est est mort et que il faut en inventer à nouveau et que ce nouvel ordre international, il est fondé uniquement sur la seule puissance des États-Unis et non pas ni sur des institutions ni sur des réseaux d'alliance comme comme celui qui a prévalu pendant cette décennie. où c'est c'est une dimension essentielle euh qui montre que la puissance apparaît effectivement comme la réponse et et de ce point de vue-là, il y a il y a il y a une nouvelle illusion qui est en train de naître.
La puissance apparaît comme une réponse, une puissance illimitée, une puissance qui se fait forcément au détriment des autres puisqu'elle est elle est prédatrice, d'où euh la la bataille des droits de douane. Elle est extractiviste. Donc, on tire du ventre de la terre toutes les ressources possibles sans se soucier des conséquences pour la planète.
Donc cet illimitisme, cet extractivisme peuvent se résumer à travers ce qui constituent les trois euh les trois outils de la puissance américaine aujourd'hui. Euh forêt, drill, euh taxer, taxe et en même temps cliquer, c'est-à-dire la bataille de la donnée. Voilà trois trois représentations de la puissance qui montrent la dimension très agressive de la politique américaine aujourd'hui.
On peut ajouter une 4è qui est l'armée parce que Trump, contrairement à ce qu'on imaginait, n'hésite pas à employer son armée. Absolument. La la puissance trouve effectivement une une expression militaire très très encadrée pour le moment puisque c'est en général un fusil à un coup.
C'est c'est un coup de sommation. C'est la volonté de de réaliser de façon très brève et sans risque une opération. Nous verrons en Iran ss capables ou s'ils imaginent de voir aller plus loin.
Mais donc la l'utilisation de la puissance militaire se fait dans ce cadre là d'un d'une démonstration de puissance. Et cette démonstration de puissance pour les États-Unis, elle vise à impressionner le reste du monde, à sidérer et je suis très frappé du fait que cette dimension psychologique et politique, elle est tout à fait essentielle. On a des instruments qui visent à faire peur au monde, à marquer un territoire, à marquer une capacité.
Et à l'appui de cela, on le voit bien, c'est donc l'utilisation du droit, l'extraterritorialité du droit, c'est l'utilisation du dollar et c'est également l'idée que à travers les armées, on peut à chaque fois pousser son avantage. Mais cette stratégie de puissance américaine, elle n'est pas seule, elle n'est pas unique. Et l'on voit bien que tous les empires ont le choix d'une certaine modalité de puissance si on compare avec la Chine et c'est intéressant de voir quel est le modèle chinois de puissance par rapport à celui des États-Unis.
C'est un modèle qui est d'abord fondé sur l'idée de contrôler sa société. Et c'est là où la Chine a fait une analyse au cours des dernières décennies qui, partant de l'effondrement de l'Union soviétique constate que si on n'est pas capable de contrôler ces sociétés euh ou sa société, on a vocation au déclin. Et donc la conviction des Chinois, c'est que tôt ou tard et plutôt tôt que tard, les États-Unis, les démocraties européennes vont exploser.
Partant de ce contrôle de la société, il y a une véritable stratégie qui s'est développée également technologique et industriel qui véritablement met en marche une machine qui on le voit à travers l'invasion de l'Europe par toute une série de produits technologiques qui ne sont pas de simples produits de de consommation mais qui sont des produits hautement qualitatifs, les batteries, les panneaux solaires et et qui sont véritablement en train de permettre à la Chine d'assurer une domination de la chaîne industrielle. Et puis il y a aussi une stratégie extérieure qui est infiniment plus douce que la stratégie militaire employée par les États-Unis ou en tout cas plus plus fine et qui vise à travers le réseau des routes de la soie, le réseau de la ceinture et de la route à construire une stratégie d'influence alors que les États-Unis aujourd'hui n'hésitent pas à se présenter en mauvais garçon et donc susciter un mouvement de rejet un peu partout sur la planète. Et puis la Russie, elle qui est la la représent la représentation classique de la puissance ancienne.
Donc un modèle qui est un modèle politico-militaire euh idéologique et paradoxal qui s'appuie sur une économie qui est très faible. Absolument. Mais oui, mais ce qui montre à quel point euh l'Europe a aujourd'hui à définir son chemin et l'Europe n'est pas sans moyen pour définir son propre modèle de pouvoir aujourd'hui dans le monde et sans céder à la tentation de l'imitation de la puissance américaine ou d'autres puissances.
Il y a toujours aujourd'hui dans tous les modèles que j'ai présentés quelque chose d'archaïque, quelque chose de fragile, quelque chose qui ne suscite pas l'adhésion du reste du monde. Et c'est en ça que l'Europe est au défi d'inventer son modèle. On voit la tentation de poursuivre dans un cadre d'imitation une seule stratégie de puissance en renonçant par exemple à être une puissance du droit, une puissance soucieuse de défendre des normes qui lui sont propres.
Et je crois que ce sera une grande erreur que de renier ce que nous sommes, notre identité profonde sur le plan culturel, sur le plan politique, sur le plan diplomatique. Nous n'avons pas vocation à faire la course euh à limitation avec les États-Unis ou avec une quelconque autre puissance. Restons un moment sur les empires parce que la logique de ces trois empires, si on prend les principaux puisqu'il y a aussi des empires régionaux qui sont comme la Turquie par exemple, qui sont qui tentent à leur échelle de de d'avoir la même politique.
Mais si on garde les trois grands empires, est-ce que la rivalité entre eux quelle est la part de rivalité ou de ou de partage du monde ? parce que il y a le retour des sphères d'influence, ce mot qui est revenu dans le vocabulaire de la géopolitique mondiale. On voit bien que Trump essae à tout prix de s'entendre avec Poutine.
Il est un amoureux déçu de d'un Poutine qui ne ne participe pas à sa vision. Mais avec la Chine, par exemple, est-ce qu'il y a moyen d'imaginer une cohabitation ou est-ce que la confrontation est inhavitable ? C'est entre ces trois empires, est-ce qu'il y aura un partage du monde ?
Au contraire, une course est freinée à la puissance dominante. Euh, évidemment, l'histoire n'est pas écrite et nous devons avancer avec prudence dans cette nouvelle recomposition du monde ou reconfiguration du monde. Ce qui me paraît important, c'est d'avancer avec lucidité et avec le premier souci d'être fidèle à ce que nous sommes.
Les deux grandes hypothèses qu'on peut faire aujourd'hui sur l'évolution, sur les deux grands scénarios, c'est d'un côté l'idée d'un nouveau Yalta, la tentation pour les hommes forts de s'entendre entre eux compte tenu du fait qu'ils ne sont pas sans être confrontés eux-mêmes à des difficultés. on voit bien les États-Unis euh la caractéristique du trumpisme, c'est que il y a certes la volonté d'en découdre avec le monde et et d'aller exercer sa prédation un peu partout et en particulier vis-à-vis des alliés, mais il y a aussi un énorme problème aux États-Unis même, une sorte de guerre civile culturelle qui fait que bah la vie est sans répit pour Donald Trump. Donc est-ce que pour apaiser euh et se consacrer à cette bataille intérieure, il va éprouver dans les prochains mois euh le besoin d'un répit extérieur euh qui peut lui rapporter beaucoup, d'où la tentation avec la Russie euh de faire l'impasse sur la question ukrainienne pour aller tout de suite à l'exploitation des richesses en commun avec la Russie sur le dos de la question ukrainienne, au mépris de la question ukrainienne.
Pareil au Moyen-Orient. la possibilité d'aller exploiter les richesses du Moyen-Orient sur le dos de la question palestinienne, libanaise, syrienne et autres. Euh et donc euh la Chine pourrait comme la Russie pour un temps donné utiliser ce répi dans l'esprit de zone d'influence euh par exemple en en ayant la possibilité de donner libre cours à son appétit pour la Chine concernant Taiwan ou de de poursuivre sa politique d'influence à travers le monde ou est-ce qu'au contraire la logique de confrontation va l'emporter dans l'idée que les États-Unis pourrait pousser toujours plus loin leur avantage.
Je ne crois pas que les empires et vocation à se battre sur plusieurs fronts. Je crois que c'est la limite du décrochage impérial. C'est quand il se disperse trop et qu'à partir de ce moment-là et bien les choses deviennent trop difficiles.
On l'a vu sur le Groenland. Les États-Unis étaient prêts dans l'élan du Venezuela à mettre la main sur le Grenland, mais il n'était pas prêt à avoir une bataille rangée avec les Européens parce que cela les entraînit dans quelque chose de trop difficile et en particulier cela posait le problème de l'OTAN. Est-ce que les États-Unis étaient prêts à accepter que l'OTAN s'effondre ?
Est-ce que les États-Unis sont prêts à accepter que l'Union européenne elle-même s'effondre et donc à se retrouver à à dialoguer avec des États qui seraient dans un cadre très différent de celui d'aujourd'hui avec la nécessité de choisir un chef de fil, de privilégier la relation avec l'Allemagne sur celle des autres pays. Donc il y a des choix très compliqués à faire dès lors qu'ils iraient un pont plus loin et de la même façon pour la Chine dans ses relations au monde ou pour la Russie. Donc je pense que la caractéristique des empires, c'est qu'ils choisissent leur combat et en bon prédateur, ils savent là où le succès peut être rapide et facile.
Donald Trump n'a pas le goût de la complexité. Il n'est pas un homme du billard à cinq bandes. Il va droit au but. il dit ce qu'il pense et et il mène sa politique avec le goût des réponses rapides et des succès immédiats.
Il croit faire la paix ici et là, il veut le prix Nobel. Il croit faire la paix au Venezuela, il veut le pétrole. Et tant pis si exploiter le pétrole vénézuelen, ça prend 10 ans, 15 ans et tant pis si ça demande des investissements que les entreprises américaines ne sont pas prêts à faire.
Et tant pis. Si euh exploiter Gaza et faire une rivière à Gaza, ça n'est pas euh dans l'objectif des peuples de la région et certainement pas du peup du peuple palestinien. Donc toutes ces contrariétés font qu'en homme pressé et l'empire américain est un empire pressé et c'est ce qui fait sa différence fondamentale avec la Chine.
Et de ce point de vue là, donc il y a une logique d'opportunité pour les États-Unis. C'est pour cela que la bataille du numérique est si importante. La bataille de l'intelligence artificielle si importante pour Donald Trump et les techno-entrepreneurs, c'est que s'ils gagnent cette bataille, ils n'ont plus alors de résistance dans les pays occidentaux, ni en Europe, ni chez les autres alliés, parce qu'à partir de ce moment-là, ils sont capables de mettre à leur main les pouvoirs dans ces pays et la politique de changement de régime se fera automatiquement avec des alliés dociles qui permettront la soumission et la vassalisation de leur Europe, demain du Japon, de la Corée et d'autres pays de cette région.
Mais donc je crois que on est dans ce moment où l'histoire hésite, où beaucoup va dépendre à la fois des succès possibles en politique étrangère. Constatons que pour le moment, il n'y a pas de grand succès de la diplomatie de Donald Trump. Le Venezuela n'est pas un succès.
L'Ukraine, on le voit tous les jours. Malheureusement, c'est une tragédie hier comme aujourd'hui. Euh Gaza, c'est une tragédie hier comme aujourd'hui.
Il peut revendiquer euh deux réussites. Azerbaïdjan, euh Arménie et Congo euh Rwanda. Succès très relatif bien sûr, mais qu'il peut considérer comme étant à son actif.
Donc, on est très loin euh de de euh d'une logique américaine, d'une logique impériale américaine qui partout où elle irait euh irait volerait de succès en succès. pendant la la tension autour du du Groenland, lorsque Donald Trump avait l'air d'être une sorte de rouleau compresseur qui allait faire main basse sur ce territoire qui est une dépendance du du Danemark, on vous a beaucoup entendu disant il faut il faut savoir dire non, il faut être dans ce refus européen face aux Américains. Qu'est-ce que ça signifie dire non aux Américains aujourd'hui ?
Est-ce que c'est la même chose qu'en 2003 ? Est-ce que le monde de 2003 et le monde de 2026 c'est la même chose ? Est-ce que les rapports de force sont les mêmes ?
Est-ce que les instruments dont nous disposons sont les mêmes ? Alors, ça veut dire d'abord deux choses qui qui sont comparables à 2003. La première chose, c'est de ne jamais perdre la référence au principe.
Nous européens, nous avons l'expérience des plus grande tragédie de l'histoire et nous en nous avons gardé la mémoire de ces tragédies et l'obligation de ne pas répéter les catastrophes du passé. Et pour ne pas répéter les catastrophes du passé, il faut s'appuyer sur des principes. Le principe de souveraineté, c'est un principe fondamental de l'ordre mondial.
Et nous savons que si euh par la gérance, par l'intervention militaire et nous bousculons, nous refusons ces principes, nous créons des précédents qui vont générer d'autres instabilités. Donc première barrière, première étape, faire en sorte que les principes, le principe d'autodétermination pour ce qui concerne le peuple palestinien, le principe de respect de la souveraineté pour ce qui se concerne le Groenland et le Danemark puissent être respecté. Ça, je crois que c'est un premier élément essentiel.
Le deuxième élément qui valait en 2003 et qui vaut encore aujourd'hui, c'est que une puissance ne peut pas ne peut pas agir unilatéralement au mépris de toutes les autres. Et on voit à quel point les États-Unis l'ont payé cher en 2003 et aujourd'hui encore. En Groenlande, en allant un coup trop loin, les États-Unis doivent mesurer à la fois en violant les principes et à la fois en violant cette règle du respect des autres et en particulier des alliés que tout ceci a un coût.
Et il faut élever le coût pour l'administration américaine toujours davantage coûp vous intervenez par la force au Groenlande et bien vous faites exploser l'OTAN et le coût il doit être sonnant et trébuchant. Il ne faut jamais donner le sentiment que la prédation peut être rentable et som ne pas avoir un coût extrêmement lourd en face. Donc conséquence sur le temps, conséquence pour l'Union européenne.
Est-ce que les États-Unis sont prêts à accepter d'avoir contribué à la division de l'Europe et à la fragilisation de l'Europe et peut-être davantage encore à permettre à la Russie de pousser encore davantage chez Pion et ses appétits en Europe ? Donc principe de responsabilité pour une grande puissance. ce qui place immédiatement Donald Trump devant l'obligation de faire face à son Congès, de faire face à la population américaine.
Et on a tout de suite compris que les Américains ne suivraient pas Donald Trump. Donc Donald Trump, il a un ticket qui n'est gagnant que si nous ne réagissons pas et que si nous le laissons faire sans euh euh jamais euh que euh le coût qu'il porte une conséquence. Donc il faut tout simplement ramener Donald Trump à la réalité de la même façon qu'il a été confronté très vite à la réalité euh à Caracasse, on change monsieur Madourau, on prend la personne qui était là vice-présidente, on la remplace et on va exploiter le pétrole.
Mais il n'exploitera pas le pétrole. Donc ce principe de réalité, nous sommes là nous européens pour le faire valoir aux Américains en leur montrant que leur UBRIS a pour conséquence de les fragiliser et de les renvoyer en permanence à l'image d'une Amérique qui trahit ces idéaux. Je crois que c'est ce rôle-là, c'est à la fois un rôle par l'action et c'est un rôle par le discours, par la parole.
L'Amérique entre le Venezuela et le Groenland a donné le pire signal qu'on pouvait donner à tous les empires qui seraient désireux dans leur zone d'influence ou ailleurs de multiplier les interventions. Donc c'est un très très mauvais signal qui signifie que l'Amérique contribue à la destruction et la détérioration du monde. Deuxème signale, l'Amérique met à bas plus d'un siècle de soft power américain qui fait que le monde aimait l'Amérique, le monde rêvait d'Amérique.
Les citoyens un peu partout à travers la planète ne rêvaient que d'une chose, c'est de pouvoir un jour visiter ou habiter aux États-Unis. C'était le rêve américain. Ce rêve, il devient un cauchemar.
On ouvre notre poste de radio ou de télévision et ou les réseaux sociaux. On a Minnéapolis, on a un Donald Trump qui agite en permanence. euh à la fois les bras et les menaces, on a un pays qui aujourd'hui fait peur.
Nous devons renvoyer cette image et c'est là où nous devons constater que beaucoup de dirigeants européens ne sont pas conscients de leur responsabilité comme madame Ursula Vlen sur le golfe en Écosse de Donald Trump lui sert la main avec un grand sourire comme si ce qui venait d'avoir lieu n'était rien. On va payer 15 % de plus de droit de douane. On va devoir acheter du pétrole et du gaz aux États-Unis.
On va laisser un certain nombre de produits américains rentrer en Europe sans droit de douane et on sourit et on est content. Mais retrouvons l'esprit de d'essence, retrouvons l'exigence de mesure et de dignité. Quand nous voyons monsieur Marc Routé autre grand européen, même s'il dirige secrétaire général de l'OTAN, même s'il dirige l'OTAN, appeler familièrement Donald Trump d'Adi et faire la leçon à la tribune du Parlement européen en leur disant "Si vous voulez rêver, ben continuez à croire que vous pouvez vous défendre tout seul.
Nous avons là des gens qui jouent contre leur camp et là la famille européenne ne peut pas faire comme s'il ne se passait rien. Et c'est en ça que l'on voit que l'Europe est renvoyée à ses devoirs. Nous sommes un maman du monde tragique, je l'ai dit, des catastrophes épouvantables auquel nous sommes confrontés tous comme citoyens, comme acteurs, mais nous ouvrons notre poste, nous ouvrons notre portable et les 30000 morts de l'Iran nous sautent à la figure.
Euh la tragédie de Gaza, la tragédie de l'Ukraine nous saute à la figure et nous avons le sentiment d'être totalement impuissant par rapport à ça. Et donc l'Europe est la vocation a montré qu'il y a une alternative, qu'il y a la possibilité de sanctionner des comportements comme ceux de Donald Trump. Et c'est en ça que ce moment du monde euh évidemment doit susciter un moment européen.
Et dans ce moment européen, on ne peut pas avoir donc Ursula Van Derlen, Marc Rout, voire même euh c'est quelqu'un dont l'image est bien plus positive, Mario Dragy. Euh considérer que la seule solution, c'est la fuite en avant dans un fédéralisme fusile pragmatique. Bien évidemment, l'Europe doit se mettre à l'heure de la puissance, des attributs de la puissance, des moyens de la puissance.
Mais l'Europe doit faire bien plus que ça. Elle doit accepter de débattre entre tous ces pays des moyens de faire son unité qui constitue le véritable premier acte qui n'a toujours pas eu lieu, d'émancipation des Européens. Nous sommes dans l'après-grenland, nous sommes dans l'après Venezuela, nous sommes dans l'après désertion des États-Unis de l'Ukraine.
Nous sommes dans l'après unilatéralisme des Américains au Moyen-Orient. Nous devons face à cela marquer un esprit de résistance. Et c'est quoi ce premier pas ?
Alors, le premier pas, c'est euh d'abord d'être capable euh de marquer notre volonté de sanctionner, et ça ce sont bien sûr des mots, mais les mots peuvent être extraordinairement efficaces, de sanctionner l'attitude, la politique de l'administration Trump, dire ce que fait Trump. Or, nous voyons bien, nous faisons tout sauf dire à Donald Trump ce qu'il est et ce qu'il fait en pensant qu'on va le ménager et obtenir qu'il continue de nous accompagner en Ukraine. De ce point de vue-là, nous sommes totalement tyréniques.
Nous sommes totalement dans le fantasme qu'on peut avoir tout et son contraire. Oui, mais est-ce qu'on n'est pas dans une situation où où le les la majorité des Européens redoutent de perdre le parapluie américain ? Nous français, nous avons euh notre propre dissuasion et nous avons l'illusion en tout cas d'être protégé par euh euh notre dissuasion, l'héritage euh golien ou gauliste.
C'est pas le cas des Allemands, des Portugais, des Danois ou des ou des Polonais qui se retrouvent aujourd'hui dépendant, beaucoup plus dépendant de la protection militaire ultime américaine et qui ne veulent pas la perdre à un moment où à leur frontière on est parfaitement résumé, vous avez parfaitement résumé la situation, mais nous savons tous qu'aujourd'hui cette protection américaine relève de l'illusion. Donc à un moment donné, si nous voulons qu'il y ait un moment européen dans un moment tragique pour le monde, ce moment, il doit conduire tous les Européens à ouvrir les yeux en même temps. Nous savons qu'une partie des Européens, des 27 ne sont pas susceptibles de suivre parce qu'ils préféront toujours donner des gages aux États-Unis en espérant se sauver, non pas comme européen, mais de se sauver seul.
C'est évidemment ce que peuvent espérer certains pays à l'est de l'Europe, voir un pays comme l'Italie, essayer de s'en tirer avec des garanties qui pourront continuer à leur être donné non pas comme européens, mais comme pays que les États-Unis continueraient à aider en cas de difficulté. Mais tout ça dans un moment européen est très loin d'être satisfaisant. Et c'est pour ça que je pense que dans la prise de responsabilité, c'est une toute autre dynamique que nous devons inventer.
Et de ce point de vue là, le fédéralisme, qu'il soit pragmatique ou pas, évidemment ne peut pas être la réponse. Nous sommes dans un moment où il faut marquer une pause dans la recherche d'une unification européenne. Pourquoi ?
Parce que l'unification européenne, avant qu'elle ne soit efficace, elle suppose que nous franchissions de si nombreuses étapes qu'elle nous renvoie toujours à après-demain. Nous devons être efficace, en position d'agir dès aujourd'hui. Et pour ça, donc un nombre plus réduit.
Et pour ça, la logique n'est plus l'unification mais l'harmonisation. Partout où la coopération, partout où la coordination est susceptible d'être mis en œuvre et d'accélérer le mouvement, il faut la mettre en place. Et nous avons des outils pour se faire.
Et donc premier outil, créer un Conseil de sécurité européen. Ce conseil de sécurité européen, il peut prendre comme base, il y a déjà un certain nombre d'amorces de réflexions sur le sujet, six grands pays européens, l'Allemagne, la France, l'Italie, l'Espagne, la Pologne qui rassemblé vont constituer ce socle avançant sur la base intergouvernementale et dans le respect des uns et des autres et auquels tous ceux qui le souhaitent peuvent s'associer. Ça c'est le premier élément.
Le deuxième élément, c'est que l'urgence pour pour l'Europe, c'est de créer un pacte de souveraineté européen qui prenne la mesure de ce qui est en jeu. Ce qui est en jeu, c'est deux choses. notre souveraineté et notre souveraineté non pas dans une vision étroite qui est la sécurité et la défense, notre souveraineté au sens large, c'est-à-dire notre notre existence garantie par des outils de puissance, donc sécurité et défense, technologie numérique évidemment au premier chef, mais aussi souveraineté financière.
Aujourd'hui, il est urgentissime que dans les tout prochains mois, nous ayons les systèmes de paiement qui nous permettent de faire face à une situation où les Américains n'honorerait plus visa Mastercard Mastercard ou ou euh euh d'autres d'autres moyens numériques qui aujourd'hui sont garantis à travers le cloud, Amazon, Google et cetera. Nous devons tout de suite parer par l'urgence à des à et trouver des réponses qui soient adaptées. Souveraineté également en matière industrielle en constituant des chaînes de valeur qui ne crée pas un système nouveau qui soit totalement indépendant.
C'est impossible dans un monde d'interdépendance, mais qui permettent de choisir les dépendances de façon équilibrée pour nous permettre de maximiser en quelque sorte notre capacité à choisir et à garantir notre sécurité. Mais il y a un deuxième combat, donc pacte européen de souveraineté, il y a un deuxième combat qui est celui de la démocratie et c'est celui qu'aujourd'hui on ne voit pas et c'est celui qui aujourd'hui ne nous permet pas de faire ami ami ou gentil gentil avec les États-Unis. La bataille de la puissance que mène les États-Unis, elle a pour corollaire la soumission et la et l'asservissement de l'Europe.
Et le moyen de gagner la bataille de la soumission de l'Europe, c'est par le biais des plateformes numériques, donc des grands techno-entrepreneur américains, de gagner les esprits européens et de pactiser en quelque sorte avec et [raclement de gorge] des forces économiques, médiatiques, puissantes en Europe et des forces politiques illibérales, populistes, nationalistes, entre guillemets patriotes, mais qui n'ont rien de patriote. Il faut casser cette tentative. dont la première marche va être l'élection française de 2027.
En 2027, les l'Amérique et il ne s'en cache pas, le discours de Jans à Munich était extrêmement clair. Politique de changement de régime, appui aux partis patriotes, première étape la France et puis l'Allemagne suivra et les autres pays européens suivront. Et à partir de là, l'Amérique règne en maître sur l'Europe.
Donc cette bataille démocratique, il va falloir la livrer et on ne peut en aucun cas laisser euh euh s'installer l'idée que euh et bien c'est petit à petit qu'on va faire les choses dans un programme à 10 ans et à 15 ans qui est la conséquence de la poursuite du rêve fédéraliste. Le rêve fédéraliste, il ne prend son sens que à 10 ans, 15 ans, 20 ans, nous devons agir avec une échéance de temps beaucoup plus rapproché. Et c'est en ça que partout où nous le pouvons, nous devons verrouiller nos systèmes, nous doter de moyens.
Il y a donc plusieurs clés. Première clé, c'est la coopération. Nous avons aujourd'hui un élément important, ce sont les coopérations renforcées.
Par les coopérations renforcées, il faut dans tous les secteurs où c'est possible avancer. Deuxième élément, c'est la coordination. Là, nous avons également la possibilité d'agir et et de mobiliser un certain nombre d'outils qui vont nous permettre d'agir ensemble et d'agir rapidement ensemble dans une programmation de limitation de nos dépendances. 3è élément, c'est la mutualisation.
Là, nous avons la clé qui constitue le recours à des fonds souverains et la possibilité de mutualiser nos dettes. Il faut être capable de passer à l'acte et d'avancer fortement. Et puis il faut consolider après un certain nombre de politiques de façon à faire en sorte que la cohésion de l'Europe, la cohésion sociale de nos pays n'explose pas entre-temps.
Donc c'est un défi immense mais c'est un travail qui nous oblige à passer aux travaux pratiques immédiatement. Nous ne devons pas rentrer dans la période qui s'ouvre, dans une période de débat théologique. Il ne s'agit pas euh de disserter sur euh euh le sexe de l'Europe, il s'agit de passer aux travaux pratiques.
Et c'est en ça que la meilleure façon de passer aux travaux pratiques, c'est de laisser l'idéologie de côté et de rentrer dans une politique effective de puissance qui puisse trouver une traduction immédiate. Le point faible de toute ce raisonnement, c'est la technologie parce qu'on a un retard absolument colossal et on est dans une relation de dépendance au groupe technologique américain qui est colossal. Alors bien sûr, mais le point clé face à ces situations où nous sommes effectivement très largement distancés, pour ne pas dire enfoncés sur un grand nombre euh de secteurs, tout en ayant des atouts et des outils et des hommes et des femmes d'une immense compétence, une école de mathématiques remarquable, euh une capacité dans le secteur du quantique, une capacité dans le domaine du chiffrement, qui a pas été capable de générer des entreprises.
Voilà. Donc la question c'est où doit-on mettre notre énergie ? Est-ce qu'aujourd'hui il faut livrer la bataille des LLM ?
Est-ce que les modèles de langage constituent un secteur euh où nous devons imaginer pouvoir rattraper un retard dans des délais rapides ? Est-ce que la bataille c'est pas davantage d'aller vers le cloud euh vers des systèmes de paiement qui seront capables de nous de nous permettre d'être totalement autonome et indépendant ? Est-ce que c'est pas le chiffrement ? choisir nos cibles là où nous pouvons dans des délais très courts que nous pouvons et que nous devons quantifier, planifier, réussir à limiter cette dépendance et en tout cas d'avoir suffisamment d'armes, suffisamment d'atout pour pouvoir éviter d'être placé par les Américains au défi à un moment donné et bien de nous raller complètement de rendre les armes complètement devant les États-Unis.
Ce travail, c'est un travail essentiel de mise à plat, de mise à plat stratégique et c'est pour cela que nous avons besoin que un certain nombre de pays européens se rassemblent pour faire ce choix collectivement. C'est un choix collectif à à 6, à 8, peu importe, mais il faut le faire à quelques-uns et tranché. Mais ce même choix, il faut le faire en matière d'armement.
Moi, je suis inquiet de voir l'Europe dans une fuite en avant sur la base de modèles militaires, de modèles d'armement qui largement me paraissent être des modèles du passé. Et tout cela avec la pression américaine, l'épée dans les reins, nous faisons acheter des armements qui ne serviront jamais ou qui serviront pour la guerre avant-hier. Là aussi, il y a un choix à faire.
Quelle est la nature de la guerre que nous voulons éviter ? et et quels sont les meilleurs armements, les meilleurs programmes et être capable à 5 6 de décider bah que nous allons choisir la défense antiaérienne, les drones, la logistique pour casser une dépendance importante vis-à-vis des États-Unis et faire en sorte queil y ait à chaque fois un pays pilote pour chacune de ces de pour chacun de ces programmes me paraît aussi être urgent. Là, nous voulons continuer à tout faire.
Nous faisons tout dans le désordre et nous faisons tout comme avant en essayant de combler les trous de ce qui paraît le plus évident aujourd'hui. Une fois de plus, il faut choisir. Et c'est là où l'exercice était éminemment politique.
Et le drame de la crise, c'est que la crise, elle a créé une situation parce que ça va très vite, parce que c'est très complexe. Les responsables politiques ne font plus de politique. Ils ne sont plus capables de choisir choisir le discours qu'il faut tenir collectivement à Donald Trump, choisir les domaines dans le secteur du numérique qui doivent nous amener à consacrer toutes nos forces et toute notre énergie, choisir dans le domaine militaire les secteurs où nous irons ensemble.
Mais aujourd'hui, nous faisons tout dans le désordre. Nous continuons à acheter des armements européens dont les États-Unis gardent la clé. Arrêtons d'être naïf. des équipements américains.
Bah la clé des acheter un F35 aujourd'hui euh alors qu'il faut demander la permission en passant un coup de fil à Washington pour savoir si on peut faire décoller l'avion, c'est absurde. Il y a un moment, il faut arrêter d'être stupide. Il y a un moment, il faut arrêter d'être infantil.
Et je pense que l'Europe, elle doit changer d'âge. Et nous le voyons bien, de ce point de vue là, la course au leadership, elle est elle est quand même relativement courte. Il s'agit pas de vouloir diriger l'Europe, dominer l'Europe.
On voit que les Allemands sont confrontés à cet immense problème qui est que leur puissance économique et industrielle est à ce point-là supérieure à celle des autres pays qui sont confrontés à cette très grande solitude de savoir quel doit être le schéma européen et faut-il lâcher la main des Américains, lâcher la main des Chinois. Nous devons ensemble montrer que nous sommes prêts à livrer cette bataille, que nous sommes prêts et conscients des enjeux une fois de plus, pas seulement de souveraineté économique, technologique, mais de nos libertés. C'est c'est la liberté des Européens qui est en cause.
C'est la démocratie qui est en cause. Et je crois que ce langage, il faut le tenir vis-à-vis de nos peuples alors même que nous sommes là encore dans un très grand déni, une très grande confusion et que nous n'avons pas fait le choix de la clarté. Nous n'avons pas fait le choix du combat.
Ce combat, il n'est pas déclaré par nous. Les États-Unis ont décidé, le Grand England joue un rôle décisif pour nous ouvrir les yeux. Et à partir de ce moment-là, arrêtons de d'avancer à genoux avec un sac de cendre sur la tête et la clé de nos états et de nos villes attachées autour du cou.
Nous ne sommes pas les bourgeois de Calais et je souhaite ne jamais revoir le spectacle d'une présidente de la commission signant un accord absolument honteux avec le président des États-Unis. Je ne souhaite pas revoir le spectacle tragique des Européens euh assis comme des enfants sur le banc d'une école devant le président américain euh qui euh les admoneste. Et je ne souhaite pas voir un secrétaire général de le temps euh qui fait la leçon euh au nom euh d'une puissance qui a décidé de ne pas venir en soutien des idéaux qui sont les siens.
Car il faut prendre aussi la mesure du fait qu'aujourd'hui les États-Unis dans leur engagement dans le monde se moquent de la démocratie. Donc nous qui sommes attachés aux droits humains, nous qui sommes attachés à la démocratie, nous voulons continuer de façon très humiliante à vivre sous le parapluie d'une puissance qui est aujourd'hui une puissance qui ne poursuit pas les mêmes buts que nous et ne partage pas les mêmes valeurs que nous. Alors, à l'air d'un monde dominé par le réalisme, il ne s'agit pas de croire de façon irénique que nous allons euh avec des sabres de bois mener ce combat-là, mais au moins, soyons au clair avec qui sont nos amis et qui quelles sont les puissances au contraire qui ne nous souhaitent aucun bien.
Euh euh savoir qui sont nos amis, est-ce que est-ce que l'Europe a a le la lucidité ou la clairvoyance de de savoir quel rôle elle peut jouer à l'échelle globale ? parce que pour faire face à ces trois empires et à ces rapports de force qui sont marqués par la par la brutalité, l'Europe ne ne peut pas rester seule. On a vu la proposition de Marc Carnet, le premier ministre canadien d'Alliance des puissances moyennes qui était peut-être une des premières initiatives comme ça qui était lancée dans le débat public global.
Euh est-ce que l'Europe est capable aujourd'hui euh de de tisser des alliances ou des partenariats dans le monde euh bah pour euh faire face à la montée des empires ? Alors, on a vu cet accord qui a été signé avec l'Inde il y a quelques jours par Urs La Vanderleyen, justement, un accord de de libre échange avec l'Inde, mais qui est intéressant parce que c'est effectivement deux ensembles qui ont eu maille à partir avec les Américains. Les Indiens en ont pas mal souffert même s'ils semblent avoir résolu leur problème.
Mais est-ce que il y a moyen de de contrer la puissance des empires par des alliances d'un nouveau type entre les Européens et d'autres parties du monde ? C'est aujourd'hui un des enjeux clés pour pour l'Europe. Est-ce qu'il faut considérer parce que les États-Unis ont rejoint le club des puissances impériales que le multilatéralisme et tout ce qui soutend cette idée du multilatéralisme est définitivement mort ?
Je ne le crois pas. Je crois que nous sommes toujours en quête d'un ordre mondial. L'ordre de 45 est mort mais on voit bien que rien n'a remplacé cet ordre de 1945. euh la course de la puissance dont nous savons tous euh qu'elle ne mène qu'à la guerre et qu'au chaos.
Euh donc de ce point de vue-là, nous avons besoin de puissance capable de se battre pour créer un ordre, créer des repères, défendre des valeurs euh et s'accorder sur un certain nombre d'actions en commun qui puissent faire la différence. Euh de ce point de vue-là, euh nous avons perdu beaucoup de temps euh vis-à-vis du sud global. Euh on a beaucoup débattu euh en Europe, le sud global existe-t-il ?
Est-ce que c'est un concept vaporeux, paresseux ? Euh je crois que la réalité, elle est là. Euh on est aujourd'hui devant des puissances euh dans le sud euh qui souhaitent s'organiser, qui souhaitent sortir du deux poids de mesures, on les a enfermé pendant très longtemps, y compris nous européens et qui souhaitent vivre avec un minimum de règles.
On a constaté au fil des décennies et et de ce point de vue-là, la comparaison entre l'Ukraine et Gaza a étit tragique, qu'il y avait des doubles standards, qu'il y avait un depoid de mesure absolument inacceptable. Et c'est tout cela qu'il faut corriger. Nous devons être capable de revoir notre copie.
Nous n'avons pas effectivement été assez soucieux et du côté du droit international et de ce que les Américains appellent un ordre fondé sur des règles. Nous n'avons pas été soucieux que cet ordre soit davantage marqué par l'exigence d'égalité et il faut reprendre de ce point de vue-là notre bâton de pèlerin et et notre copie. Euh le combat dans ce domaine, il doit se faire à travers les défis auxquels nous sommes confrontés.
Euh l'Ukraine, Gaza nous confronte tous les jours à l'exigence de euh d'agir alors même que nous paraissons impuissants. Est-ce qu'il est acceptable que depuis maintenant 2023, Gaza soit toujours un territoire inaccessible, fermé, fermé à l'information, fermé à un accès digne sur le plan humanitaire ? bombarder au quotidien de façon malgré le CC le feu malgré le CC le feu est-ce qu'on peut accepter que Gaza soit à ce point-là une zone de non droit d'une zone d'indifférence pour la communauté internationale d'impuissance je crois qu'on ne peut pas l'accepter pas plus qu'on ne peut accepter que la la population le peuple de l'Iran soit massacré par un régime un régime islamique sans sans frein, sans limite et sans conscience.
Et c'est là où on doit compenser que dans le défi qui est le nôtre, nous devons trouver de nouveaux instruments d'action. Une fois qu'on a dit que l'intervention militaire ne permettait pas de régler ces situations aussi complexes que l'Afghanistan, que l'Irak, que la Libye, que le Sahel, que l'Iran, et bien nous ne pouvons pas rester sans rien faire. Euh dès lors que les coalitions pour fabriquer des interventions ne donnent pas le résultat espéré, on ne doit pas pour autant rester chez nous euh et regarder à la télévision des peuples se faire massacrer.
Et c'est là où je pense qu'il y a une piste qui s'ouvre qui est euh non plus la coalition d'intervention mais la coalition de protection. Et il faut savoir faire des pas en avant, même s'ils sont modestes, même s'ils sont difficiles pour inventer de nouveaux outils. dans le cadre d'une coalition de protection de la population iranienne par exemple, la capacité à mettre en place un bouclier humanitaire qu'on pourrait aussi imaginer pour Gaza qui ne peut se faire qu'à partir des territoires voisins qui consiste à acheminer un certain nombre de secours, de créer un certain nombre de filières pour permettre à une population qui est poursuivie chez elle de trouver au moins une assistance, une aide qui peut venir par tous les biais possibles.
Donc un bouclier humanitaire, des filières qui s'organisent, des actions clandestines qui sont menées pour permettre de soulager la souffrance d'une population, mais c'est évidemment pas suffisant. et donc trouver le moyen d'organiser également un bouclier d'action euh par rapport à ce qui se déroule dans des scénarios aussi euh catastrophiques, c'est-à-dire euh sanctionner de façon parfaitement ciblée toute une chaîne de commandement de façon à permettre de réduire la capacité d'action d'un régime. Dans le cadre de l'Iran, on a cessé avec beaucoup de satisfaction, comme dans le cadre de la Russie, de multiplier les sanctions et au bout du compte, on se rend compte que c'est les peuples qui payent le prix.
On nbtient pas le résultat souhaité. On l'a pas obtenu sur l'Ukraine d'abord parce qu'on a été beaucoup trop long, qu'on a refusé de se faire mal en coupant carrément les les exportations de gaz et de pétrole. Mais ensuite parce que tout ça était mal organisé, mal structuré et que tous les moyens d'évaporation de ces différents de ces différentes ressources ont été possibles à travers une flotte fantôme, à travers la revente de produits pétroliers ou gaziers.
C'est pareil avec l'Iran. La souffrance aujourd'hui en Iran, elle est d'abord le fait de sanction qui vise le peuple. Alors que c'est là où nous devons imaginer un travail beaucoup plus fin qui passe par une information stratégique, qui passe par des par des actions de renseignement pour cibler euh les gardiens de la révolution, les basidji euh le le haut clerger euh iranien et troisème bouclier de justice.
Si nous sommes capables nominativement de définir la chaîne de responsabilité avec publicité donnée nominativement à tous ceux qui participent aux boucheries, aux répressions, aux actions contre les populations qui sont les leurs, et bien nous créons un système beaucoup plus puissant qui peut permettre à un moment ou un autre d'inverser la tendance. Et puis on le sait tous, bouclier d'information, permettre à un peuple d'accéder à l'information, permettre à un peuple de communiquer, on l'a vu avec le Blackout en Iran, c'est donner des outils, donner des armes qui permettent d'ouvrir en quelque sorte, de donner de la lumière. Gaza, pas d'information qui puisse circuler, pas d'imag, pas de d'appréciation de la réalité.
On voit aujourd'hui les buldozer euh embarquer des cadavres de famille entières qui ne seront jamais comptabilisés, qui auront disparu. Faire ce travail euh ce se ce à l'heure du numérique se se donner les moyens de reconstituer une mémoire, de reconstituer des chaînes de responsabilité, de reconstituer des possibilités de rendre la justice le moment venu. Ça paraît dérisoire évidemment à l'échelle de tel massacre, mais c'est un travail essentiel. sur le plan international et qui ne qui ne relèvent pas uniquement des peuples, qui relèvent aussi de tous les citoyens du monde qui à travers le numérique peuvent accéder, faciliter, constituer cette mémoire.
Et je pense que ça a été fait en Syrie à travers la photographie par quelques quelques généreuses personnes et et qui ont pris le risque d'aller photographier dans les morges, des cadavres et cetera. Il y a aujourd'hui un travail qui doit être fait qui permet de de garoter en quelque sorte des régimes qui sont ignobl et et qui malheureusement historiquement l'ont prouvé échappe faute de suivi suffisant, faute d'outils suffisants, faute de capacité de mesures suffisantes qui échappent en permanence à la sanction, sanction évidemment humaine mais sanctions de l'histoire également. Mais ça ça demande une organisation du monde euh qui euh euh fasse abstraction des empires.
Parce que euh pour agir par exemple au confin de Gaza ou de l'Iran, euh il faut qu'il y ait des pays qui euh s'engagent et qui prennent le risque euh de s'engager dans cette action. Or, ces pays sont souvent tenus par les États-Unis, par exemple. Euh les pays du golfe sont euh les partenaires euh en business du président des États-Unis.
Euh est-ce qu'il peut y avoir un multilatéralisme sans les empires efficace ? Alors, je ne me rés pas à euh constater, et je le fais comme vous, les blocages du monde dans lequel on est. Aujourd'hui, on voit bien le Conseil de sécurité par exemple qui est la source de toute légitimité, l'égalité d'une action internationale par la force. et bien il est impossible à activer ce conseil de sécurité compte tenu du véau américain, du véto russe ou du véto chinois.
Mais il y a l'assemblée générale et quand une légitimité centrale est bloquée, on peut évidemment avoir recours à une autre légitimité. Et je crois que on ne on ne donne pas assez d'importance au-delà des États et des gouvernements au peuples. Je crois que on est dans un temps du monde où le réveil des peuples, le souci des peuples de compter, la volonté des peuples de s'exprimer est importante.
À travers l'assemblée générale, on peut avoir une voix qui palie aux insuffisances ou aux limitations du conseil de sécurité. De la même façon, vous avez raison de dire qu'il y a un certain nombre d'États qui sont tenus par le jeu impérial et qui ont intérêt à continuer à à à être dans la main de ces empires. Mais rien ne nous empêche de les placer devant leur responsabilité.
Rien ne nous empêche à un moment donné de dire que nous n'acceptons pas que les pays voisins du Liban, de la Syrie, de des territoires palestiniens ne font pas ce qu'il devrai ou devrai faire quelque chose de plus. Et c'est en ça que la la les avancées de la communauté internationale se font toujours par étape, par palier euh et par détermination à tout à coup essayer de refuser l'inacceptable. Ça a été le cas de la responsabilité de protéger.
Le malheur, c'est que le mécanisme est grillé, grippé par le blocage du conseil de sécurité. Mais aujourd'hui, la question qui se pose, comment peut-on inventer une nouvelle responsabilité de protéger qui ne soit pas dans la main de ces grands empires ? Et là, je pense que nous sous-estimons la capacité de pression sur ces empires de la communauté mondiale, des opinions mondiales.
Les États-Unis ne sont pas une île. les États-Unis et l'administration Trump, elle est pas indifférente à la décision que pourraient prendre un matin les Européens de boycotter ou de refuser pour une période donnée bah d'utiliser les plateformes numériques américaines. Nous nous ne sommes pas condamnés tels des lapins à à à regarder comme si de rien n'était nos écrans.
Si les conséquences de cette vassalisation se traduisent par la mort de milliers de dizaines de milliers de personnes. Donc redonner une conscience au monde, c'est ça la diplomatie. La diplomatie c'est aussi l'appel à la conscience de chacun.
C'est de s'appuyer sur toutes les touches, sur toutes les les éléments du clavier et inventer des outils nouveaux quand nous constatons que les outils anciens ne marchent pas. Nous sommes dans un moment où la diplomatie se retrouve à payer le prix de euh de l'obsolescence d'un certain nombre de ces outils classiques. Euh moi, j'ai en 2003 pu compter sur un conseil de sécurité qui a refusé de légitimer l'intervention américaine en Irak.
Voilà. Et ça, on l'a obtenu dans une bataille formidable que les Américains ont eu du mal à digérer. Mais on s'est battu avec les outils de l'époque.
Aujourd'hui, ces outils ne sont plus dans nos mains. Mais les Européens, ils ont une conscience. Les citoyens de l'Europe, ils sont aussi une incarnation de la diplomatie.
Les peuples du Moyen-Orient, ils existent. Or, la grande terreur des dirigeants du Moyen-Orient, c'est d'être désavoués par leur peuple. c'est qu'à un moment donné, leur peuple leur demande des comptes et nous sommes dans un temps du numérique qui permet d'établir des connexions entre les citoyens euh d'Iran, euh de d'Égypte, d'Arabie Saoudite, de France et d'ailleurs.
Et c'est cette nouvelle organisation qu'il faut mettre en place. Et de ce point de vue-là, nous allons assister à une nouvelle vie de certaines organisations non gouvernementales, de certains groupe, de certaines euh formes d'action qui vont complètement renouveler la l'action diplomatique. Et je crois que de ce point de vue-là, l'Europe doit donner l'exemple.
Au-delà des principes qui sont les nôtres, qui est le respect de la souveraineté des États, la nonagérance, nous avons aussi à être capable de mener des combats pour ce que nous croyons et il faut les choisir et il faut montrer que ces combats ne sont pas des combats vins, c'est pas pour en causer. Et moi, je je suis sidéré du fait que aujourd'hui parce que les choses ne marchent pas aussi bien que nous le souhaiterions, et bien nous ne parlons plus des sujets et donc nous nous taisons. Nous parlons de moins en moins de l'Ukraine, nous parlons plus ou pas de Gaza, l'Iran et c'est un drame, une fois des dizaines de milliers de morts et bien connus et bien les choses redeviennent comme avant.
Non, nous ne pouvons pas tourner la page alors que les peuples sont confrontés à de tels drames. Mais ça vaut aussi pour le Soudan, ça vaut pour le Congo, ça vaut pour l'Éthiopie. Et c'est en ça que la la les affaires internationales tousent très directement notre conscience nationale puisque nous allons nous découvrir dans les prochains mois que nous ne sommes pas séparés du monde.
Notre citoyenneté, elle est du monde et elle est française. Et c'est la même épreuve que nous vivons. Nous sommes menacés dans nos deux dimensions.
Et c'est en ça que je crois qu'il y a aujourd'hui une puissance de de de conscience absolument formidable qui est à la veille de naître un peu partout dans le monde qui est la dimension de survie. Il faut sauver un monde qui va mourir si nous ne faisons rien. Et ça c'est quelque chose qui doit donner une une légitimité, une force à la jeunesse.
Nous voyons comment la jeunesse a su se mobiliser sur l'écologie par exemple et combien aujourd'hui beaucoup sont désespérés de voir ce combat disparaître. Et bien constatons aujourd'hui que l'écologie va réapparaître comme combat global à travers la défense d'une exigence de santé publique mondiale. Et parce que nous constatons que le prix aujourd'hui du non combat idéologique, du non combat écologique, c'est une santé qui se dégrade et c'est une profonde inégalité que nous connaissons les uns et les autres du fait d'un monde de rareté et d'un monde qui est de plus en plus insatisfaisant pour nombre de citoyens de notre planète qui en payent le prix fort.
Bah cette note relativement optimiste peut être le mot de la fin. Merci de si le combat est optimiste. Oui, c'est une note optimiste.
Merci. Merci.
Dominique de Villepin