Clémentine Autain : "Ce ne sont pas les grévistes qui bloquent les raffineries, c'est Total"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:16OuverteRéponse partielle
N'y a-t-il pas un risque de ras-le-bol des grèves auprès des Français ?
- 1:03RelanceRéponse partielle
Est-ce que moins de 100 000 manifestants à la Grande Marche est un flop ?
- 2:05RelanceÉludée
Est-ce qu'on n'exaspère pas les Français avec des manifestations qu'ils ne veulent pas ?
- 3:26RelanceÉludée
Ce n'est pas un petit nombre de grévistes qui tiennent deux raffineries et bloquent la France ?
- 6:41OuverteRéponse directe
Vous soutenez les mobilisations dans la rue, mais à l'Assemblée c'est le 49-3. Vous répondez par une motion de censure ?
- 7:46OuverteRéponse directe
Pourquoi ne votez-vous pas la motion de censure du Rassemblement National ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:31Invité politiqueFait
« Vous savez que la politique d'Emmanuel Macron a favorisé les hyper-riches. »
- 1:48Invité politiqueChiffre
« Avant crise, si on prend les entreprises du CAC 40 sur 2015-2019, et qu'on compare à 2022, on se rend compte que non seulement le chiffre d'affaires de ces entreprises a explosé de 38%, mais surtout le taux de profit, lui, a augmenté de 20%. »
- 4:24Invité politiqueChiffre
« 6 millions d'euros par an. »
- 6:54Invité politiqueChiffre
« Le gouvernement a prévu de faire entre 10 et 15 49-3 sur le budget. »
- 7:32Invité politiqueChiffre
« Plus de 70% des Français qui sont opposés à cette manière de gouverner. »
- 13:11Invité politiqueFait
« Il n'a pas de majorité à l'Assemblée nationale. »
- 14:52Invité politiqueFait
« Il faut mettre l'appareil productif au service des besoins véritables de la population. »
Temps de parole
- Clémentine Autain76 %
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- Présentateur 28 %
- ?6 %
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Bonjour Clémentine Autain, députée LFI, l'ANUP de Seine-Saint-Denis. La CGT qui appelle à deux nouvelles journées de mobilisation nationale interprofessionnelle les 27 octobre et 10 novembre, toujours pour des questions d'augmentation de salaire. Mais n'y a-t-il pas un risque de ras-le-bol des grèves auprès des Français à poursuivre comme ça les grèves qui se succèdent ?
Moi je crois qu'il y a surtout un ras-le-bol des logiques économiques qui sont à l'œuvre et qui sont au profit d'un tout petit nombre. Vous savez que la politique d'Emmanuel Macron a favorisé les hyper-riches. Au fond il fait une politique pour les 1% les plus riches, elle est peut-être les 5%, mais la majorité de la population ne voit pas la couleur des choix qui sont faits par les gouvernements successifs. Donc j'estime que ces mobilisations sont légitimes et ce qui m'importe c'est qu'elles grandissent, qu'elles arrivent à convaincre un maximum de salariés que c'est utile de faire la grève.
Alors elles sont parties de très bas parce que la mobilisation de cette semaine n'a pas très bien fonctionné. Est-ce que vous êtes d'accord pour dire que moins de 100 000 manifestants à la Grande Marche organisés par Jean-Luc Mélenchon et deux jours après le mardi par la CGT et quelques autres syndicats,
est
-ce que 100 000, et encore je suis gentille, je crois que tout le monde ne convient pas que ça soit 100 000 manifestants, est-ce que c
'est un flop ?
C'est un flop ? C'est une gifle ? Ça a été commenté
comme ça ? Vous dites quoi ? Non, non, non,
pas du tout. C'est
pas beaucoup quand même
? Je ne partage pas ça. On aimerait, au regard de la situation, avoir une déferlante. Je veux dire que les salaires soient comprimés, l'inflation au plus haut, et pendant ce temps-là, des profits colossaux qui sont faits. Je voudrais donner juste un chiffre ce matin sur ce qu'on appelle les super profits. Vous savez que le ministre de l'économie ne sait pas ce que c'est, mais en réalité c'est très concret. Avant crise, si on prend les entreprises du CAC 40 sur 2015-2019, et qu'on compare à 2022, on se rend compte que non seulement le chiffre d'affaires de ces entreprises a explosé de 38%, mais surtout le taux de profit, lui, a augmenté de 20%.
Mais ce n
'est
pas ma question. Ma
question, c'est qu
'ils n'étaient pas dans la rue, les Français.
Donc pour reprendre la question d'Éric Delveau, est-ce qu'on
n'est pas en train d'exaspérer les Français avec des manifestations
dont ils ne veulent pas ? Écoutez, je vous réponds sur ce qui m'exaspère, et ce qui devrait exaspérer les Français si on n'avait pas aussi un récit économique à rebours de ce que je suis en train de vous raconter. L'analyse que nous on fait de la situation, c'est qu'il est inacceptable, inacceptable, qu'un tout petit nombre, et notamment
les
hyper-riches, enfin ce n
'est
pas notamment, les hyper-riches et les grandes entreprises, celles du CAC 40, les multinationales, fassent des profits colossaux et que pendant ce temps-là, on demande aux Français de faire des efforts, de faire des efforts à peu près à tout point de vue. Et ils ne voient pas la couleur de l'augmentation des salaires alors qu'ils sont plus productifs, alors que ce sont eux et elles qui participent à construire la richesse de notre pays. Donc c'est ce qu'on dénonce, et donc les syndicats ont bien raison d'appeler à manifester. Effectivement, je constate qu'il y a une forme de sidération, ou en tout cas de résignation, de difficulté à convaincre de l'intérêt de la mobilisation.
Mais je voudrais rappeler à celles et ceux qui nous écoutent que dans l'histoire, on a obtenu des avancées sociales, des conquêtes, uniquement parce qu'il y a eu des mobilisations populaires.
Oui Clément
Hylottin, mais vous parlez d
'un petit nombre de patrons qui vont profiter des super bénéfices. C'est aussi un petit nombre aujourd'hui de grévistes qui tiennent deux raffineries et qui bloquent encore une partie de la France.
Mais non, ce n'est pas ça, je ne
suis
pas d'accord avec votre analyse. Ce n
'est
pas eux qui bloquent,
c
'est Total. Non, je ne suis pas d'accord avec vous. Il
n'y a pas de jusqu'au boutiste à la CGT.
Non, je pense qu'il
y a
un jusqu'au boutisme dans le dogmatisme néolibéral aujourd'hui, et dans des patrons qui sont hors sol. Prenez le cas du PDG de Total, M. Pouyanné. Je veux dire, c'est hallucinant.
Il
fait un tweet pour expliquer qu'il est fatigué, qu'on raconte sur les antennes qu'il s'est augmenté de 52%. Mais il y
a
un accord majoritaire qui a été passé. Non mais attendez, allons jusque là, allons jusque là. Écoutez-moi sur ce que je vous dis. Il pleure parce que c'est horrible, on explique qu'il se serait augmenté de 52%. Alors qu'en réalité, il avait abaissé
son salaire,
il gagnait 400 SMIC par mois,
sans
compter l'intéressement, qui est considérable, absolument considérable. Je pense même que les Français ne
se
rendent même pas compte. C'est 6
millions d'euros
par an. On parle en millions d'euros annuels. On parle en millions d'euros d'annuels. Donc juste pour son salaire,
il
gagnait 400 SMIC. Il a abaissé au niveau de la crise, au moment de la crise Covid, pour arriver à 270 SMIC. Et là, il a trouvé que ça suffisait, qu'il fallait qu
'il
repasse à 400. Et les salariés demandent quoi, ceux qui sont en grève ? Ils demandent quoi ? Une augmentation de 10%. C'est rien. C'est rien, strictement rien. Non mais
d'accord, mais la direction totale
répond qu'elle l'a négociée. Ça y est, c'est fini cette grève. Il n
'est
pas question de rouvrir de nouvelles négociations. C'est ce que dit la direction à ce qu'on peut appeler parfois les jusqu'au boutiste de la CGT.
Mais
je pense qu'il y a un certain nombre qui n'acceptent pas que les augmentations soient si basses et estiment que leur dû n'est pas arrivé. Le
problème, c'est qu'ils sont minoritaires. Non mais
ce qui me fait réagir vertement, c'est l'angle par lequel vous prenez le sujet. C'est votre choix, c'est votre droit d'ailleurs. Mais vous voyez,
pour moi,
jusqu'au boutisme, c'est celui du patron de Total. C'est Emmanuel Macron qui pense que dans la période, on ne
va
pas taxer les super profits, qui refusent même dans le budget un amendement qui vient du modem sur les super dividendes. C'est quand même pas... c'est tout petit en réalité. Et qui s'entête à préserver les intérêts des plus riches qui déjà se gavent pendant qu'on demande toujours plus d'efforts à la majorité de la population. Moi, je vous dis que ça, ça ne peut pas tenir. Donc, je ne sais pas si les journées de grève de la CGT vont suffire à enclencher le grand mouvement. Et moi, j'appelle de mes voeux un front social et politique qui permette justement de faire descendre dans la rue une telle déferlante qu'on arrive enfin à faire flancher ce gouvernement et ses politiques.
C'est ça que j'appelle de mes voeux. Et ce
dont je
suis sûre, c'est que les termes du débat public ne vont pas. C'est-à
-dire
d'entendre sur toutes les antennes que le problème, c'est un noyau de grévistes qui bloquerait la situation en France. Non, ce n
'est
pas ça. Ce qui bloque aujourd'hui la situation en France, c'est d'avoir, y compris, un gouvernement qui est même en dehors de ce qu'est capable de faire des pays comme l'Allemagne. Même l'Allemagne, elle est capable d'avoir une logique de taxation et de demander des efforts à ceux qui s'en mettent plein les poches dans la situation qu'on crée en
cours. Donc à l'extérieur, dans la rue, il
y a
des mobilisations, vous les soutenez. À l'intérieur de l'Assemblée, c'est le 49-3. Donc du coup, vous répondez par une motion de censure. Il y aura motion de censure de l'ANUP systématiquement sur chaque 49-3 déclenché ou pas
?
Alors écoutez, le gouvernement a prévu de faire entre 10 et 15 49-3
sur le budget. Ce qu'on va faire entre
10 et 15 motions de censure. En tout cas, on commence lundi par une motion de censure. Une deuxième sur le PLFSS et oui, on a bien l'intention de tenir tête. Je vous assure que l'ANUPES et tous les membres de l'ANUPES, vous savez qu'on se réunit en intergroupe tous les mardis matins et avec un travail qui est très collégial, qui je trouve est très productif. Mais là aussi, vous n'avez pas peur d'exaspérer les Français
?
Je ne
crois
pas du tout que ça exaspère les Français. Pourquoi ça exaspérerait les Français le 49-3
?
Puisque le 49-3,
c
'est plus de 70% des Français qui sont opposés à cette manière
de gouverner. Ce n'est pas les motions
de censure qui agacent les Français pour l'instant. Ce sont les 49-3.
C'est la méthode autoritaire
du gouvernement.
Clémentine Autain, si vous souhaitez faire tomber le gouvernement, pourquoi ne votez-vous pas également la motion de censure déposée par le Rassemblement National ?
C'est une bonne question. Et d'ailleurs, c'est un sujet qu'on a abordé dans l'intergroupe, y compris dans le groupe de la France Insoumise. Parce
que pour l'instant, le mot d'ordre,
c
'est
qu'on ne vote pas à la NUP, on ne vote pas l'émotion de censure du Rassemblement National. C'est bien ça le mot d
'ordre.
Mais chez les Insoumis, tout le monde n
'est
pas d'accord. Donc c'est intéressant d'entendre votre point de vue ce matin.
C'est
amusant parce qu'un coup on vient et on nous dit « Oh, c'est incroyable, vous avez voté un amendement avec l'extrême droite, y compris la Macronie. » Attendez, je vous réponds. Et la Macronie se lève en disant « Ah, scandale ! » Mais eux aussi, forcément, tout ça n'a pas de sens. Mais sur l'émotion de censure, il y a le besoin d'être très clair aussi sur les objectifs politiques. Donc dans notre motion de censure, on a envie évidemment qu'elle puisse être votée le plus largement possible. Mais comprenez bien qu'on ne va pas envoyer un signal d'un accord politique qu'on aurait avec l'extrême droite que nous combattons en tout point. Absolument en tout point.
Vous savez très bien que le projet de l'extrême droite et le nôtre est de nature antagoniste
profondément. Personne ne va vous soupçonner
de cautionner les thèses du Rassemblement National
si vous souhaitez faire
tomber
le gouvernement.
Je suis ravie de vous l'entendre dire à ce sujet parce qu'il y
a
une petite musique, vous savez, sur les extrêmes, y compris nous étant accusés d'être l'extrême gauche. Nous ne sommes pas l'extrême gauche. Il existe une extrême gauche dans ce pays et d'ailleurs, elle a une stratégie politique qui n'est pas la nôtre. Elle pense que ça ne sert à rien d'essayer d'avoir le pouvoir par les urnes.
Mais non, on s'éloigne du sujet ?
Pas vraiment. On ne
s
'éloigne pas vraiment du sujet. Parce qu'effectivement, dire de tout temps jamais nous ne voterons une motion de censure, enfin nous ne donnerons les moyens d'avoir une motion de censure qui va à terme, j'entends bien que c'est un sujet. Je vous parle de façon très transparente. Est-ce que
ça
veut dire que vous auriez plus à perdre
qu'à gagner s'il y avait de nouvelles élections législatives ?
Moi je n'ai pas peur du
suffrage. Je n'ai pas peur du suffrage. S'il y a une dissolution, s'il y a une motion de censure qui est aboutie et qu
'on
doit se représenter, eh bien le peuple tranchera. Donc ce n
'est
pas ça le sujet. En revanche, il est important dans nos votes d'affirmer une clarté dans le fait que nous ne nouons pas d'alliance avec l'extrême droite et que nous sommes à distance et en combat vis-à-vis de l'extrême droite. Donc c'est le moment politique dans lequel nous nous trouvons et au sein de la NUPES, c'est en effet l'accord auquel nous sommes arrivés pour ces motions de censure que nous déposons, ces premières motions de censure.
Avec ce 49-3, le gouvernement pourrait garder une centaine d'amendements du budget, des amendements qui ont été débattus. Mineurs. Mineurs peut-être, mais ils ont été débattus pendant quand même six jours. Quels amendements souhaiteriez-vous que le gouvernement garde
? Alors
d'abord, on a fait quatre articles sur 26. Donc autant vous dire qu'on n'est pas allé jusqu'au bout de l'ensemble des amendements intéressants qui auraient pu recueillir une majorité dans l'hémicycle.
Non mais il ne restait que quelques heures pour en débattre.
Oui, enfin il s'est arrêté juste avant
par exemple les amendements sur les super profits. C'est ballot, c'est vraiment dommage. Elle est arrivée juste avant cela. Mais il se trouve qu'il y a quelques amendements qui ont recueilli une majorité dans l'hémicycle.
L
'amendement qui vient pourtant du modem, ce n
'est
pas une
officine d'extrême
gauche, sur les super dividendes. Majorité à l'Assemblée nationale. Le gouvernement sans tête ne veut pas en entendre parler. Crédit d'impôt pour le reste à charge des résidents dans les EHPAD. Pour l'instant, on n'a aucune garantie que le gouvernement le reprenne. L'exic tax, c'est moi en plus qui l'avais défendu pour mon groupe sur les évadés fiscaux.
Je crois que le gouvernement n'a pas l
'intention
de les garder. Il n'a absolument pas
l'intention de les garder. Donc il ne garde que des micro-amendements qui ne changent aucunement la nature du budget. Ce qui pose une question. Parce qu'à la fois il dit on fait du débat, mais on fait du débat pour au final ne rien reprendre. Y compris ce qui fait majorité à l'Assemblée nationale. Donc c'est à nouveau le pouvoir de l'exécutif qui écrase celui du législatif. Et qui me fait dire que décidément, décidément, cette cinquième république est au bout du bout du bout. Et qu'il faut
passer à une nouvelle république qui garantisse davantage de pouvoir pour le
législatif. Tous les partis d'opposition avaient dit qu'ils ne voteraient pas le budget. Donc qu
'est
-ce qu'il fallait faire pour le gouvernement ? Laisser à une France sans
budget ?
Mais depuis quand les oppositions votent le budget ? C'est évidemment que les oppositions ne votent pas le budget. Sauf cataclysme. Et à ce moment-là on n'est plus une opposition d'ailleurs. Donc c'est pas ça. Il
y avait un risque
pour la France de ne plus avoir de budget.
Non, il pourrait y avoir un budget, mais bonifié. Il pourrait y avoir un budget, mais qui n'est pas celui voulu au démarrage par le gouvernement. Et qui accepte le débat parlementaire. Sur quatre actifs, je vous ai parlé de trois amendements phares qui ont recueilli une majorité à l'Assemblée nationale. Le gouvernement n'en tient pas compte. Donc même s'il finissait à la fin des fins par un 49-3. Mais un 49-3 dans lequel il prend en considération les amendements
tels
que ceux dont je vous ai parlé. importants qui recueillent une majorité, on pourrait dire qu'il y a un minimum d'écoute. Ils nous ont fait des leçons sur les compromis. Il y a des formes de compromis qui, pendant ces quelques heures de débat, alors ça paraît beaucoup six jours, mais bon, ces quelques heures de débat, on n'est pas allé jusqu'au bout, mais auraient pu être repris. Là, nous avons un gouvernement qui agit de façon autoritaire et qui, alors qu'il est minoritaire dans le pays, minoritaire à l'Assemblée nationale, avance par le
goût de force. C'est relative
? Avance par le goût de force permanent. Non, il n'a pas de majorité. Il n'a pas de majorité
à l'Assemblée nationale.
Non, il ne l'a pas. C'est quand même le groupe le plus nombreux, pardonnez-moi. Oui, mais il n'a pas de majorité. Donc voilà. J'insiste.
Il a 170 députés. Vous en avez-vous derrière 151
?
Oui, certes, mais ça ne
fait
pas une majorité. Sur 577.
On
va parler d'écologie parce que le temps file, Clémentine Autain. Sacrée journée quand même que la journée d'hier, puisque le président de la République a annoncé le retrait de la charte de l'énergie, le retrait de la France de la charte de l'énergie. Il y
a
eu un conseil national de la refondation hier consacré à l'écologie, mis en place d'un secrétariat général à la planification écologique. Discours d'ailleurs également de la première ministre sur la planification écologique de la part du gouvernement. On a le sentiment qu'il
y a
une volonté d'accélérer. Est
-ce que vous le percevez comme ça ? Pas du tout. Moi, j'ai entendu beaucoup de blabla hier. C
'est
un discours de la méthode. Alors, une espèce d'engagement un peu surréaliste. On nous explique que maintenant, il va falloir que les lois qui ont été votées s'appliquent. C
'est déjà ça.
Oui, voilà, que le gouvernement va essayer de s'employer à ce que les lois votées s'appliquent. À la bonne heure. Après, on peut noter une sorte de victoire symbolique sur le terme de planification, alors qu'il y
avait
une connotation au démarrage.
Que vous
avez défendue dans la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon,
qui a été reprise effectivement par... Et
qui signifie quoi
?
Et
qui signifie quoi
? Qui signifie qu'il faut organiser dans le temps
la
transition écologique. C'est ce qu'a dit la première ministre hier. Oui, sauf qu'entre...
Elle a présenté des objectifs, elle a présenté des
calendriers. Oui, je sais bien, mais ils sont spécialistes d'avoir des grands mots pour afficher des grandes ambitions. Et puis, on regarde ce qui se fait. Et il y a trois pauvres lois avec des misérables articles qui ne changent en rien la situation. Parce que je vais vous dire en grosse masse ce
qu
'il faut faire. C'est qu'il faut mettre l'appareil productif au service des besoins véritables de la population. Et c'est ça le changement de nature des politiques publiques
qu'il faut faire. Vous avez dit
Elisabeth Bornier en voulant concerner chacun des ministères dans cette transition.
Oui, mais oui, tout
ça
est une vaste... Mais vous
n
'y croyez
pas en
fait,
c
'est
ça ?
Nous
sommes
aussi les premiers responsables de notre bilan carbone. Or, tout ça, il n'est absolument pas question de le faire. Et on le voit très concrètement dans le budget. Par ailleurs, il faut investir considérablement, notamment dans les énergies renouvelables. Et là aussi, vous regardez le budget, strictement rien n'est prévu. Donc,
il
y a le blabla et la réalité des politiques publiques. Mais parce que je pense que la loi du profit, qui est le cœur en fait de ce qui soude la Macronie,
est
profondément contradictoire avec la possibilité d'avoir un système économique qui réponde à nos besoins fondamentaux et qui remette à plat, d'une certaine manière, ce que l'on produit, ce que l'on consomme. La logique consumériste, vous savez,
c
'est parce qu'ils sont arc-boutés sur une logique individuelle. C'est-à
-dire,
vous savez, on va mettre le col roulé, on va se chauffer à 19 degrés et ça va le faire. Mais ça, ça ne peut pas fonctionner. Ça ne peut pas fonctionner parce que l'écologie, elle doit être populaire. Elle n'est pas l'addition d'un geste plus un geste, même si un geste plus un geste apporte des choses. Je ne veux pas minorer les gestes individuels, mais ce dont nous avons besoin, c'est d'un saut collectif pour changer notre modèle de développement. Et
ça, le gouvernement n'y est
absolument pas prêt. L'État ne peut pas tout, disait-il hier encore Elisabeth Borne, pour rappeler
chacun sa responsabilité.
Ça rappelle quelques souvenirs.
Mauvais
souvenir pour les
socialistes. Voilà, mais
ça, je pense que c'est vraiment le vieux monde.
Est-ce que Jean-Luc Mélenchon doit rester, ou peut rester même, la figure de pouls des insoumis ?
Mais il est. Il a été notre candidat pendant... Est-ce qu'il doit le rester ou pas ? Il a été notre candidat pendant trois présidentielles, ce qui lui donne évidemment un rôle tout à fait singulier. Il a été un fondateur, et donc il est une figure de fait de notre mouvement. Mais sa Grande Marche n'a pas massivement mobilisé
? Dimanche
dernier, j'en parlais, l'affaire Katniss. Je ne suis
pas d'accord avec vous. Moi, je trouve que la Grande Marche a été une réussite sous plein d'aspects. D'abord, je ne partage pas l'idée qu'il n
'y
avait pas de monde. J'y étais, je peux vous dire qu'il y avait du monde. Il y avait beaucoup
d'énergie. Vous parliez tout
à l'heure de grande déferlante, on n'y était pas quand même.
Non, mais vous savez, la déferlante,
il
ne suffit pas d'un coup de génie d'un leader politique pour que déferlante... C
'est beaucoup plus
complexe que ça. Et après l'affaire Katniss...
C'est comme la grève
générale. Il ne suffit pas qu'un syndicaliste dise, j'appelle à la grève générale, et il
y
a la grève générale. Donc dans le contexte et ce qu'on peut mesurer, y compris quand on compare avec la marche syndicale, moi j'ai le sentiment que le dimanche, où
nous avons marché, a
été une réussite.
Il reste moins
de 30 secondes. Et l'affaire Katniss, qui l'a manifestement touchée, qui l'a un peu dépassée, qui l'a peut-être même ringardisée, il n'est pas temps pour Jean-Luc Mélenchon de passer la main
?
Écoutez, Jean-Luc Mélenchon, il est là, il n'est plus député, il est en train de réfléchir et de travailler pour savoir quelle est sa place. Mais ayant été candidat trois fois et fondateur de la France Insoumise...
Il est
indéboulonnable.
Mais ce n
'est
pas qu'il est indéboulonnable,
c
'est qu'il va trouver sa place qui va être une place nouvelle, mais il a bien dit qu'il n'allait pas arrêter de faire de la politique. Et voilà, je pense que c'est son droit et qu'il n'a pas été que de mauvais conseils sur les dernières années, non ?
Clémentine Autin, on restera sur ces mots-là. Clémentine Autin, députée de la France Insoumise de Seine-Saint-Denis, merci d'être venue ce matin sur France Inter.
Clémentine Autain