Marine Le Pen adresse ses voeux à la presse
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Chapitres
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« c'est mon mouvement qui a porté ce thème depuis des années »
- 2:24PrésentateurFait
« Nous considérons depuis longtemps que le droit du sol a mené à des dérives inacceptables »
- 2:48PrésentateurPromesse
« Ne devrait-on pas pouvoir déchoir de la nationalité les individus qui ont commis des crimes graves, des crimes de sang ? »
- 4:13PrésentateurFait
« plus les nations s'affaiblissent, notamment sous les coups de boutoir de l'Union Européenne, plus la souveraineté des peuples s'affaiblit »
- 9:58PrésentateurFait
« il ne maîtrise ni ses lois, ni ses frontières, ni sa monnaie, ni son budget, ni sa diplomatie »
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Mesdames et Messieurs de la presse, je vous remercie de votre présence et vous adresse les meilleurs pour 2016. Que cette année vous apporte toutes les satisfactions que vous pouvez souhaiter, à titre personnel d'abord, et dans l'exercice de votre métier bien entendu. Je n'ignore pas les difficultés qui sont les vôtres dans la conduite de votre activité professionnelle. Précarité économique, pression politique et capitalistique, mise en danger de l'intégrité physique sont bien trop souvent le lot de nombres de vos confrères. Comment ne pas penser ce jour à ceux qui sont tombés il y a un an exactement dans l'attentat commis au siège de Charlie Hebdo ?
Le 7 janvier 2015, la nation connaissait le premier chapitre d'atrocité qui allait l'année durant l'endeuillé trop souvent. Permettez-moi d'honorer la mémoire de ceux qui sont morts en 2015, auxquels la nation ne cessera de rendre hommage et qui, connus ou anonymes, tués pour leur métier, leurs convictions, leurs religions ou tout simplement leur amour de la vie, faisait la diversité heureuse de la France, faisait ce que forme justement une nation, c'est-à-dire la communauté fraternelle et solidaire d'un peuple qui voit au-delà de ces différences ce qui unit chacun des siens à tous les autres.
Je pense à la nation en ce début d'année, car à l'issue de ces odieux événements, et tout particulièrement de ceux de novembre, c'est bien la nation qui se réinvite aujourd'hui. La virulence du débat actuel sur la déchéance de nationalité, déchéance au sujet de laquelle il est inutile que je m'attarde, puisque c'est mon mouvement qui a porté ce thème depuis des années, cette virulence du débat donc montre bien à quel point on touche ici à un sujet sensible, la nationalité, c'est-à-dire l'appartenance à une nation, c'est un sujet fondamental, « Permettez-moi de m'y arrêter un instant ».
La nationalité, ce n'est pas un concept évanescent, c'est une réalité dont beaucoup aujourd'hui redécouvrent le sens et la profondeur, mais dont nous savons, nous, depuis longtemps, qu'elle a du sens. C'est une réalité qui implique des droits, des honneurs même, mais qui implique aussi des charges et des devoirs vis-à-vis de la nation dont vous êtes membre. Le débat sur la déchéance de la nationalité a le mérite de montrer que tout le monde n'est pas digne, aux yeux du peuple français, d'avoir la nationalité française. Nous considérons depuis longtemps que le droit du sol a mené à des dérives inacceptables, en ce qui concerne l'octroi précisément de cette nationalité.
Nous reposons donc aujourd'hui la question, peut-on donner de manière automatique la nationalité à des individus qui ont un casier judiciaire, qui s'inscrivent en faux par rapport aux valeurs de notre République et de notre pays ? Ne devrait-on pas pouvoir déchoir de la nationalité les individus qui ont commis des crimes graves, des crimes de sang ? Le débat porte sur la déchéance de la nationalité, je l'ai dit, mais le retour de la nation dans l'esprit public dépasse largement cette question. Car à la suite de ces événements tragiques, parce que c'était la nation même qui était attaquée, la nation s'est réinvitée, je le disais, dans toutes ses composantes.
J'ai eu l'occasion de souligner à quel point il était heureux que le drapeau tricolore ou la marseillaise soient revenus dans le cœur de nombre de Français qui les avaient oubliés. Mais au-delà de ces symboles, essentiels certes, c'est la nation dans son ensemble, dans toutes ses composantes qui retrouvent du sens pour nombre de nos compatriotes alors qu'ils l'avaient délaissée.
La nation, beaucoup l'ont redécouverte et se la réapproprie aujourd'hui, alors même que la nation avait été ringardisée, diabolisée même, par une idéologie post-nationale qui avait commencé d'envahir nombre d'esprits en France et qui, je m'en réjouis en ce début d'année, me semble désormais assurée d'une fin certaine. Beaucoup, à la lumière des événements grecs et portugais notamment, ont d'abord pris conscience qu'il n'y a pas de démocratie sans nation. Que la nation est bien le seul périmètre où le peuple souverain peut exprimer et faire respecter sa volonté.
Que plus les nations s'affaiblissent, notamment sous les coups de boutoir de l'Union Européenne, plus la souveraineté des peuples s'affaiblit et donc plus la démocratie s'efface. Or, qu'ont fait les gouvernements UMPS ? A quoi a servi la fédéralisation européenne présentée comme un progrès ? Qu'ont répété à l'envie l'ensemble des éditorialistes et experts du système pendant des décennies ? Que la France n'était plus rien. Que la nation était rance, moisie, un objet du passé. Que la nation c'était au mieux le déclin, au pire la guerre et la misère.
Que la nation, nous devions la jeter aux oubliés de l'histoire que la France ne pouvait plus rien, qu'il n'y avait de salut que dans l'Europe, la mondialisation, forcément heureuse, forcément multiculturelle, transnationale, marchande. Et nous étions les seuls à défendre la nation. Contre le vent et marée, nous étions les seuls à être fiers de nos couleurs. Nous étions les seuls à dire les valeurs fondamentales de la nation. Nous étions les seuls, et c'est un joli pied de nez à tous ceux qui ont l'insulte facile, à dire que les valeurs fondamentales de la République n'avaient de sens que si elles pouvaient s'incarner dans la nation. La République est indivisible, laïque et sociale.
Mais comment envisager qu'elle le soit dans un cadre post-national ? Comment la République pourrait être indivisible si l'on accepte que des pans du territoire ou des communautés humaines se situent en dehors de la nation ? La République pourrait être laïque si une dérive religieuse extrémiste emporte ses fidèles dans la haine de la nation. Comment la République pourrait être sociale s'il n'existe pas ce cadre des solidarités naturelles et accepté par tout ce qu'est l'appartenance nationale, l'appartenance profondément ressentie et acceptée par chacun à un peuple où chacun se reconnaît ? République et nation sont pour nous profondément indissociables.
Les valeurs fondamentales de la République trouvent aussi dans la nation le meilleur cadre de leur défense, de leur valorisation et même de leur rayonnement. C'est d'ailleurs ce que les Français qui avaient abandonné la nation commencent de redécouvrir. Leur liberté ne peut être défendue que si la nation fait corps. Liberté de peuple dans son ensemble, libre du joug de ceux qui veulent lui imposer d'autres moeurs, d'autres façons de vivre, leur lubie moyenâgeuse et obscurantiste. C'est la tradition française de liberté absolue face au diktat d'idéologue fou qui a été agressé à de multiples reprises en 2015.
Liberté de penser, liberté d'expression, liberté de conduire sa vie selon ses propres choix, d'aimer le rock, la musique, d'aimer voir un verre en terrasse, d'aimer sortir, d'aimer danser, rire, mener sa vie comme on l'entend. Ce n'est pas la défense des expressions religieuses extrémistes débordant le cadre privé. Ce n'est pas la promotion du communautarisme et de ses lois illégitimes. Ce n'est pas cette rétrogradation phénoménale qui peut assurer la liberté des Français. Beaucoup ont fait cette erreur d'analyse majeure, poussée par leur mépris pour la nation française, pensant qu'on pouvait la transformer en une sorte d'agglomérat de culture disparate.
Bref, poussés par leur amour du multiculturalisme et leur rejet de la civilisation française, ils ont défendu la folie religieuse de certains, l'obscurantisme contre les libertés fondamentales auxquelles les Français sont profondément attachés, et qu'ils ont gagné au fil des siècles de haute lutte. Je parle beaucoup de la liberté et des libertés, mais je pourrais aussi parler de l'égalité. L'égalité entre tous les citoyens, fondement essentiel de notre pacte national, n'est possible que si justement on valorise cette unité nationale.
Si l'on oublie que certains d'entre nous, avant d'appartenir à telle ou telle communauté, avant d'être de telle ou telle religion, sont d'abord et avant tout Français, avec tous les droits et tous les devoirs que cela implique, eh bien, on met à mal l'égalité entre Français. Reconnaissons-nous d'abord, quelles que soient nos différences comme Français, et les choses iront bien mieux. L'assimilation de ce point de vue ne doit pas être considérée comme une contrainte absurde comme certains, comme la condition, à l'inverse, d'une égalité réelle au sein de la seule communauté qui existe à nos yeux, la communauté nationale.
En plus d'être émancipatrice, elle est en effet la condition de l'égalité de tous les citoyens. A cette liberté, à cette égalité, il faut ajouter la nécessaire fraternité, qui, elle aussi, a besoin du cadre de la nation pour s'épanouir. Le communautarisme, c'est la division et la haine de tous contre tous. C'est l'affrontement général à moyen terme. Au contraire, la nation, c'est la paix. Et cette paix autorise la fraternité, la concorde entre les Français. Nous aurons besoin, dans les années qui viennent, de paix. Car la pente naturelle du laxisme, de l'affaissement de l'État et de l'excitation des appartenances communautaires, c'est le conflit.
Je me réjouis donc que nombre de Français reprennent le chemin de la nation et cessent de s'égarer dans les utopies post-nationales dont ils perçoivent désormais les dangers réels pour leur sécurité physique comme pour leur sécurité économique. De la même façon qu'ils perçoivent les dangers d'une nation qui ne contrôle plus rien jusqu'à ses frontières et ses lois, parce qu'elle n'a plus sa souveraineté. Alors que son État a été affaibli, à un point tel, année après année, depuis des décennies, qu'il ne maîtrise ni ses lois, ni ses frontières, ni sa monnaie, ni son budget, ni sa diplomatie.
A ce sujet, tous les patriotes, et je le crois, tous les Français, regarderont cette année avec intérêt l'émancipation britannique de la tutelle européenne par voie de référendum, celle que nous souhaitons, en tous les cas. Je ne cesserai, dans les prochains mois, d'entretenir cette flamme nationale, parce qu'elle est au cœur de notre capacité à nous redresser. Économie, sociale, écologie, liberté, culture, école, diplomatie, solidarité, tous les sujets peuvent s'analyser, et ce, et pour tous, pardon, les solutions peuvent être trouvées à la lumière de la nation.
Dans chaque domaine, la politique de l'État sera bonne si elle respecte et valorise ce trésor qui est le nôtre, à savoir notre appartenance à la nation. Mesdames, Messieurs, vous me verrez peu cette année. Nous aurons peu d'occasion de nous rencontrer directement. Parce que j'irai cette année avant de lancer ma campagne présidentielle début 2017 et pas avant au contact direct des Français. J'ai en effet l'intention de passer 2016 dans la plus grande proximité possible avec notre peuple. J'ai envie de l'écouter encore davantage. J'ai besoin de discuter avec toutes ces composantes, toutes ces forces vives, tous ces métiers, et avec les habitants de tous les territoires.
Je veux m'enrichir d'un dialogue avec les Français, d'un dialogue privilégié avec tous ceux que j'aurai la chance de rencontrer cette année. Ces rencontres vont nourrir mon projet présidentiel. L'univers du buzz, des petites phrases, de la petite politique politicienne parisienne, du futile, tout cela ne me semble pas correspondre à l'idée que je me ferais de la grande rencontre qu'est l'élection présidentielle entre une personne et le peuple français, ses attentes, ses craintes, ses aspirations, ses ambitions, ses rêves. Permettez-moi une nouvelle fois de vous souhaiter une bonne année.
Je souhaite par votre intermédiaire à la France une année plus sûre, plus apaisée, plus sereine, je l'espère du fond du cœur. Et je souhaite aussi à la France une année utile à la réflexion, à la préparation d'un meilleur dessin. Je n'ai garde espoir en ceux qui nous gouvernent, et nous ont gouvernés ou qui font mine de nous gouverner, n'ayant en réalité plus aucune des manettes du pouvoir, et au fond, se réjouissant de ne plus les avoir. Mais j'ai foi en le peuple français. Je sais ses ressources. Je les associerai donc plus étroitement que jamais à mon futur projet pour la France. Je vous remercie. Sous-titrage Société Radio-Canada