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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 20 juillet 2026 22 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéEnvironnement & énergieJusticeImmigration & asile

"Un peu moins de 40 000 hectares" brûlés depuis le début de l'année et "111 interpellations", indique Laurent Nuñez

Audio original de l'émission.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 30 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 80 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:01OuverteRéponse directe

    La France est-elle suffisamment équipée pour lutter contre les incendies ?

  • 0:42OuverteRéponse directe

    La sécurité civile a-t-elle suffisamment de moyens pour lutter contre les feux de forêt ?

  • 2:21RelanceRéponse partielle

    Emmanuel Macron avait promis de renouveler la flotte des Canadair, est-ce que c'était une erreur ?

  • 2:56RelanceRéponse partielle

    Il y a bien eu une coupe dans les crédits de la sécurité civile, n'est-ce pas ?

  • 3:50RelanceRéponse partielle

    On est loin de ce qu'avait promis Emmanuel Macron en matière de moyens aériens ?

  • 5:02OuverteRéponse directe

    L'A400M va pouvoir intervenir dans les prochains jours sur des incendies ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:54Invité politiqueFait
    « D'abord, permettez-moi de dire qu'on est dans une situation un peu exceptionnelle. »
  • 1:04Invité politiqueFait
    « On a une abondance de végétation avec les pluies qu'il y a eu à la fin de l'année 2025. »
  • 1:30Invité politiqueFait
    « 95% des feux se combattent avec des moyens terrestres. »
  • 1:40Invité politiqueFait
    « 90% des feux parcourent à peine 1 à 2 hectares. »
  • 1:46Invité politiqueFait
    « Nous avons une suffisance de moyens. »
  • 1:57Invité politiqueFait
    « Nous avons des moyens terrestres qui ont été renforcés, équipés avec le pack capacitaire qui a été décidé en 2022. »
  • 2:00Invité politiqueChiffre
    « Et puis il y a la flotte aérienne qui est tout à fait importante, avec ses 12 Canadair, ses 8 avions d'âche, ses 12 hélicoptères bombardiers d'eau, ses 6 avions qui sont bombardiers d'eau, dont des avions tractors, plus tous les moyens aériens des services départementaux d'incendie et de secours, une trentaine environ, ce qui fait une flotte d'un peu moins de 70 appareils. »
  • 2:41Invité politiqueFait
    « Non, il n'y a pas d'erreur. Ce qui est dit est faux. »
  • 2:46Invité politiqueFait
    « En 2022, nous n'avions pas 70 moyens aériens. Donc nous louons depuis cette période les 12 hélicoptères bombardiers d'eau dont je parlais, les 6 avions bombardiers d'eau, nous les louons chaque année depuis cette période. »
  • 3:11Invité politiqueFait
    « Les crédits n'ont cessé d'augmenter. »
  • 3:14Invité politiquePromesse
    « Il y a bien eu une commande de 4 Canadair, 2 qui arriveront en 2028 et 2 qui arriveront en 2032. »
  • 3:22Invité politiqueFait
    « Et c'est grâce à une action commune, d'ailleurs initiée par le Président de la République, au niveau européen, que la société qui produit les Canadair a pu repartir. »
  • 3:31Invité politiqueFait
    « Nous avons une floque aérienne qui est conséquente, qui permet de répondre aux moyens. »
  • 3:47Invité politiqueFait
    « Nous avions hier 5 Canadair engagés, 2 avions d'âge et 2 hélicoptères bombardiers d'eau. »
  • 4:42Invité politiqueChiffre
    « Et donc, le taux de disponibilité de nos Canadair, il est de 85% au moment où je vous parle. »
  • 5:17Invité politiqueFait
    « Oui, dans les prochains jours. Alors, les tests ont eu lieu. Ils ont commencé déjà en 2025. »
  • 5:29Invité politiqueFait
    « C'est l'équivalent de deux Canadairs. »
  • 7:22Invité politiqueChiffre
    « Nous sommes à un peu moins de 40 000 hectares qui ont été brûlés, forêt ou végétation. »
  • 8:12Invité politiqueFait
    « Les enquêtes sont en cours, sous l'autorité de la procureure de Fontainebleau, en l'occurrence. »
  • 8:15Invité politiqueFait
    « Mais d'une manière générale, sachez que 9 feux sur 10 ont une origine humaine, volontaire, accidentelle, l'imprudence. »
  • 8:22Invité politiqueChiffre
    « Et nous en sommes là, au moment où on se parle, à 111 interpellations pour la France entière sur des incendiaires, dont une grande partie, d'ailleurs, reconnaissent les faits. »
  • 9:35Invité politiqueFait
    « Non, pas du tout. Il s'est dit beaucoup de choses qui sont complètement fausses là-dessus, y compris celles qu'il s'agirait d'un permis de tuer. »
  • 9:45Invité politiqueFait
    « L'usage des armes par les policiers et les gendarmes est déjà autorisé depuis 2017 dans un certain nombre de cas qui sont des cas très précis, des cas très graves. »
  • 10:14Invité politiqueFait
    « C'est une présomption simple qui part du principe qu'il n'a pas de raison qu'un policier ou un gendarme a fait un usage disproportionné ou fautif de son arme. »
  • 10:57Invité politiqueFait
    « Mais elle pourra être démontée à tout moment et dès le début, tout de suite après les faits. »
  • 12:09Invité politiqueChiffre
    « C'est complètement faux. Depuis, entre 2012 et 2024, la moyenne de tirs d'usage individuel, par exemple pour la police, c'est 271. »
  • 12:19Invité politiqueChiffre
    « Et entre 2017 et 2018, ce qui serait pour eux le point de bascule, la nouvelle loi de M. Cazeneuve qui a autorisé les policiers à faire usage de leurs armes, les usages ont baissé. Ils étaient un peu moins de 400. Ils ont baissé à 300 entre 2017 et 2018. »
  • 12:32Invité politiqueChiffre
    « En 2024, c'était 2017. On a une baisse d'usage d'armes dans la police nationale. »
  • 13:11Invité politiqueChiffre
    « On est à 22 000 refus d'obtempéré, dont 6 200 qui sont des refus d'obtempéré pouvant comporter atteinte à l'intégrité physique de policiers ou de personnes. »
  • 16:28Invité politiqueFait
    « C'est probable enfin nous en tout cas on prend très au sérieux ces menaces. »
  • 16:47Invité politiqueFait
    « C'est ce qui nous a conduit à renforcer les moyens d'ailleurs j'avais déjà rencontré monsieur le maire d'Alès il y a quelques semaines au début du mois de juin pour être précis où je lui avais annoncé que nous renforcerons à Nîmes les moyens en investigation judiciaire c'est-à-dire en enquêteur et à Alès les effectifs en voie publique. »
  • 18:14Invité politiqueChiffre
    « Entre le mois de juin 2025 et le début de cette année, ce sont 5 trafiquants au doigt qui ont été mis hors d'état. »
  • 19:14Invité politiqueFait
    « Et donc cette idée c'est de se réunir partout dans les territoires de réunir les acteurs locaux d'analyser le phénomène et d'apporter des réponses qui sont évidemment des réponses de protection policière mais aussi des réponses d'éducation et d'apprendre à nos jeunes à mieux vivre ensemble et à respecter tous les cultes. »
  • 20:52Invité politiqueFait
    « On a réengagé un dialogue constructif avec l'Algérie sur les questions migratoires et de sécurité. »
  • 21:18Invité politiqueChiffre
    « On va atteindre les 300 réadmissions reconduites forcées depuis le début de l'année. »

Temps de parole

  • Laurent Nuñez68 %
  • Présentateur32 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

La France est-elle suffisamment équipée pour lutter contre les incendies ? Question qui se pose évidemment cet été, qui va se poser de plus en plus dans les années à venir et que nous allons poser ce matin au ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez. Bonjour. Question plus généralement sur les dégâts provoqués par les feux de forêt, notamment on l'a vu ces derniers jours à Fontainebleau, encore ces dernières heures dans le Var ou en Corse, entre autres. Question aussi sur la présomption de légitime défense pour les policiers, entre autres. Vous nous appelez, vous qui nous écoutez comme d'habitude, au 01 45 24 7000 et vous nous écrivez sur l'application de Radio France.

Laurent Nunez, la sécurité civile, les pompiers, ont-ils donc suffisamment de moyens pour lutter contre les feux de forêt que l'on voit désormais partout sur le territoire et de plus en plus tôt dans la saison ?

0:54
Laurent Nuñez

D'abord, permettez-moi de dire qu'on est dans une situation un peu exceptionnelle. Et qui va devenir la norme dans les années à venir. Extrêmement importante. On a une abondance de végétation avec les pluies qu'il y a eu à la fin de l'année 2025. Et puis souvent, on a du vent qui fait que sur beaucoup de théâtres, tout est assez abrasif et les feux partent très vite, très très vite. Et la semaine qui s'ouvre, là, est une semaine qui, avec un risque assez sévère pour tout le sud-est et sud-ouest. Donc il y aura évidemment beaucoup de vigilance de la part de l'ensemble des effectifs de la sécurité civile, les sapeurs-pompiers, les militaires de la sécurité civile.

95% des feux se combattent avec des moyens terrestres. Il ne faut pas l'oublier. Et les moyens aériens interviennent sur les feux les plus importants. 95% des feux se combattent avec des moyens terrestres. 90% des feux parcourent à peine 1 à 2 hectares. Il faut le rappeler. C'est une façon de répondre aussi à votre question. Nous avons une suffisance de moyens. Justement, si vous pouvez y répondre. Ou non, suffisamment de moyens. Oui, nous avons suffisamment de moyens. Bien sûr, nous avons des moyens terrestres qui ont été renforcés, équipés avec le pack capacitaire qui a été décidé en 2022, qui a permis d'investir de manière conséquente.

Et puis il y a la flotte aérienne qui est tout à fait importante, avec ses 12 Canadair, ses 8 avions d'âche, ses 12 hélicoptères bombardiers d'eau, ses 6 avions qui sont bombardiers d'eau, dont des avions tractors, plus tous les moyens aériens des services départementaux d'incendie et de secours, une trentaine environ, ce qui fait une flotte d'un peu moins de 70 appareils.

2:21
Présentateur

Mais Emmanuel Macron avait promis de la renouveler, cette flotte, et surtout de la compléter à l'horizon 2027. Or, le Rassemblement National et la France Insoumise, notamment, accuse Gabriel Attal, l'ancien Premier ministre, d'avoir annulé en 2024 la commande de deux Canadair. Est-ce que vous dites ce matin, oui, c'était une erreur ?

2:41
Laurent Nuñez

Non, il n'y a pas d'erreur. Ce qui est dit est faux. En 2022, nous n'avions pas 70 moyens aériens. Donc nous louons depuis cette période les 12 hélicoptères bombardiers d'eau dont je parlais, les 6 avions bombardiers d'eau, nous les louons chaque année depuis cette période. Ce qui fait qu'on a plus que doublé la faute aérienne.

2:56
Présentateur

Il y a bien eu une coupe dans les crédits, notamment de la sécurité civile, 50 millions d'euros à peu près, qui a conduit à l'annulation de cette commande. Il y avait 4 Canadair commandés, il n'y en a plus que 2. Non, les crédits de la sécurité civile n'ont cessé d'augmenter.

3:10
Laurent Nuñez

Donc les crédits n'ont cessé d'augmenter. Et il y a bien eu une commande de 4 Canadair, 2 qui arriveront en 2028 et 2 qui arriveront en 2032. Donc d'ailleurs, ceux qui arriveront en 2028 sont en partie financés par l'Union Européenne. Et c'est grâce à une action commune, d'ailleurs initiée par le Président de la République, au niveau européen, que la société qui produit les Canadair a pu repartir. Donc tout ça sont des polémiques stériles. Nous avons une floque aérienne qui est conséquente, qui permet de répondre aux moyens. On l'a vu hier, vous savez hier, sur l'incendie qui a eu lieu dans le Var, et qui est en cours d'être fixé, qui est encore en cours.

Nous avions hier 5 Canadair engagés, 2 avions d'âge et 2 hélicoptères bombardiers d'eau. Donc c'est dire l'importance des moyens que nous savons mobiliser là où c'est nécessaire.

3:50
Présentateur

Il y a eu 10 milliards de crédits annulés en 2024, sur fonds de déficit budgétaire, dont 50 millions qui étaient censés être consacrés à la sécurité civile.

4:00
Laurent Nuñez

Mais ça n'a pas empêché de finalement passer commande de Canadair, et de louer des moyens aériens qui ont permis de répondre aux besoins de la sécurité civile

4:06
Présentateur

en matière de moyens aériens. Mais on est loin de ce qu'avait promis Emmanuel Macron, encore une fois ?

4:10
Laurent Nuñez

Nous y sommes avec ce que nous louons, et nous avons commandé des Canadair. Et nous louons de la flotte. La flotte depuis 2022, vous savez, ça avait été une saison assez exceptionnelle. elle a été plus que multipliée par deux grâce aux avions, aux hélicoptères bombardiers d'eau, aux avions bombardiers d'eau que nous louons, et à nos 12 Canadair. Notre flotte en matière de Canadair...

4:27
Présentateur

Qu'Emmanuel Macron avait promis de renouveler, et qui seront seulement rénovées.

4:31
Laurent Nuñez

Je vous signale d'abord, notre flotte de Canadair, elle est identique à celle d'autres pays européens, contrairement à ce qu'on peut entendre ici ou là. Bon, premier sujet. Deuxième sujet, pour chaque Canadair, nous avons un moteur supplémentaire. Et donc, le taux de disponibilité de nos Canadair, il est de 85% au moment où je vous parle. Ce qui est exceptionnel par rapport au reste de l'Europe, et même par rapport à l'utilisation de l'aviation d'une manière générale. Si vous regardez la disponibilité des avions en matière militaire, il est à peu près identique, voire parfois un peu inférieur.

4:57
Présentateur

C'est donc l'une des polémiques de l'été sur ces incendies. Vous y avez répondu. Il y a des tests qui vont pouvoir avoir lieu sur l'avion d'Airbus, l'A400M, qui est habituellement consacré au transport de troupes militaires ou de matériel militaire. Il va pouvoir intervenir dans les prochains jours sur des incendies ?

5:17
Laurent Nuñez

Oui, dans les prochains jours. Alors, les tests ont eu lieu. Ils ont commencé déjà en 2025. Ça consiste à équiper un avion militaire d'un kit qui permet de projeter soit de l'eau, soit du produit retardant, à hauteur de 20 000 litres. C'est l'équivalent de deux Canadairs. Donc on met une citerne. Oui, voilà, on met un kit, une citerne qui projette de l'eau. Donc on a fait un certain nombre de tests qui ont plutôt été concluants. Et là, il y a un appareil A400M qui est en cours d'équipement et qui pourra être utilisé d'ici une dizaine de jours, le temps de former les effectifs.

Mais il sera surtout utilisé pour projeter du produit retardant, c'est-à-dire en amont des feux pour protéger des zones vulnérables. Ça sera surtout l'utilisation qui en sera faite.

5:55
Présentateur

En complément des bombardiers d'eau ? Absolument. Vous parliez de formation. 10 jours, est-ce que c'est suffisant ? Il y a suffisamment de pilotes pour manœuvrer un tel engin ? C'est compliqué quand même dans ces conditions, à très basse altitude ?

6:06
Laurent Nuñez

Bien sûr, ce sont des avions militaires. Donc il y a un accord qui a été signé entre la ministre des Armées, que je remercie, et le ministre de l'Intérieur, qui a été signé ces jours derniers. Et donc d'ici une dizaine de jours, on pourra effectivement utiliser un de ces appareils sur les théâtres d'incendie.

6:20
Présentateur

Un mot rapidement de la situation sur les feux de forêt proprement dit. On a parlé de Fontainebleau ce matin. Il y a encore des pompiers sur place, mais beaucoup moins que ces derniers jours. Le feu est stabilisé. Quels sont les points d'inquiétude aujourd'hui en France ?

6:33
Laurent Nuñez

Donc l'inquiétude, elle est partout en France. Elle est généralisée. On a bien vu que les feux de forêt remontent la ligne. Ils vont bien au nord de la Loire. On a vu justement avec deux incendies qui sont en cours. Il y en a un qui est fixé, c'était dans le département de Loire-Atlantique. Près de Saint-Nazaire. À Trimiac, hier, près de Saint-Nazaire, où on a six maisons qui ont été incendiées. Le feu a parcouru une vingtaine d'hectares, mais en milieu urbain, où on a d'ailleurs engagé, là encore, deux avions bombardés d'eau, des airs tracteurs. Et puis, il y a le feu à Triniac qui l'est fixé.

Et puis, il y a un feu à Tarado, dans le département du Var, où une dizaine de maisons ont été brûlées, une cinquantaine impactée, où on a engagé d'importants moyens aériens. Il est en cours d'être fixé, mais il ne l'est pas encore tout à fait.

7:16
Présentateur

Le dernier bilan que vous aviez donné, c'était depuis le début de l'année 2026, plus de 30 000 hectares de forêt.

7:22
Laurent Nuñez

Nous sommes à un peu moins de 40 000 hectares qui ont été brûlés, forêt ou végétation. Ce qui est évidemment beaucoup plus, beaucoup plus que tout ce qui a été brûlé l'année dernière, et à la même période, beaucoup plus qu'en 2022, qui était déjà une saison exceptionnelle.

7:37
Présentateur

Donc, parmi les pires de toutes celles que nous avons connues sur le front des incendies, avec notamment...

7:43
Laurent Nuñez

Tous les jours, il y a une multiplicité de feux qui se déclarent, et la plupart d'entre eux sont maîtrisés, éteints, dans des délais très courts et parcours, une distance qui est très faible.

7:50
Présentateur

C'est des dizaines, voire des centaines de départs de feux chaque jour.

7:53
Laurent Nuñez

C'est beaucoup d'engagement des personnels, des sapeurs-pompiers, des militaires, de la sécurité civile, et de nos pilotes de la flotte aérienne dont je veux saluer le travail.

8:00
Présentateur

Départs de feux parfois volontaires, comme ça a été le cas à Fontainebleau. Il y a deux hommes mis en examen pour incendies volontaires, notamment un pompier volontaire de 18 ans. Où en sont les enquêtes ?

8:10
Laurent Nuñez

Les enquêtes sont en cours, sous l'autorité de la procureure de Fontainebleau, en l'occurrence. Mais d'une manière générale, sachez que 9 feux sur 10 ont une origine humaine, volontaire, accidentelle, l'imprudence. Et nous en sommes là, au moment où on se parle, à 111 interpellations pour la France entière sur des incendiaires, dont une grande partie, d'ailleurs, reconnaissent les faits.

8:29
Présentateur

90% d'origine humaine, vous l'avez dit, en grande partie d'origine accidentelle. Ça a été le cas aussi à Fontainebleau, à cause de deux chantiers qui étaient menés près de la forêt. Quel message vous faites passer aux gens qui nous écoutent sur les comportements ?

8:45
Laurent Nuñez

Sur Fontainebleau, bien dire qu'il y a une enquête en cours, la procureure de Fontainebleau s'exprimera, mais il y a pour partie une cause volontaire, pour partie probablement une cause accidentelle. Le message, c'est un message de prudence, de faire attention. N'importe quel mégot devient abrasif dans la situation que nous connaissons, avec la sécheresse, beaucoup de végétation, souvent du vent. Donc, il faut être extrêmement prudent sur les mégots, les barbecues, et surtout respecter les consignes de la sécurité civile et les consignes qui sont données par les préfets localement.

9:09
Présentateur

Tout autre sujet, Laurent Nunez, ministre de l'Intérieur, sur la proposition de loi adoptée il y a moins de deux semaines à l'Assemblée, qui doit maintenant être examinée par le Sénat, qui crée une présomption d'usage légitime des armes, donc de légitime défense, pour les forces de l'ordre dans l'exercice de leurs fonctions. Ce sera donc à la victime ou à leurs proches de prouver que le policier ou le gendarme qui a tiré n'était pas en légitime défense. C'est ça l'idée ?

9:34
Laurent Nuñez

Non, pas du tout. Il s'est dit beaucoup de choses qui sont complètement fausses là-dessus, y compris celles qu'il s'agirait d'un permis de tuer. D'abord, il faut que vos éditeurs sachent que l'usage des armes par les policiers et les gendarmes est déjà autorisé depuis 2017 dans un certain nombre de cas qui sont des cas très précis, des cas très graves. Un refus d'obtempérer avec un individu qui risque d'attenter à la vie de personne, à l'intégrité physique de personne, un individu menaçant, armé, un périple meurtrier, un individu qui tue un certain nombre de personnes et dont on a de bonnes raisons de penser qu'il va poursuivre.

Il n'y a que dans ce genre de cas qu'il est autorisé de faire usage de son arme de manière strictement nécessaire et proportionnée. C'est ce que prévoit une loi de 2017 et ce que crée ce texte, c'est une présomption non pas de légitime défense mais d'usage légitime de l'arme. Et c'est une présomption simple qui part du principe qu'il n'a pas de raison qu'un policier ou un gendarme a fait un usage disproportionné ou fautif de son arme. Simplement cette présomption. Ça veut dire que vous partez du fait qu'il y a une présomption d'usage légitime. Donc de légitime défense. Non, pas de légitime défense.

On présume qu'on était bien dans le cas d'un refus d'obtempérer avec un risque de réitération, qu'on était bien dans le cas d'un périple meurtrier. C'est pas comme quand on entend ce que dit la France Insoumise, c'est pas comme si un policier pouvait sortir, tuer quelqu'un et considérer qu'il est absout et qu'il bénéficie d'un permis. Tu es pas du tout. C'est juste une autorisation, il y a une autorisation légale qui existe déjà depuis 2017 et c'est une présomption qu'on se situe dans un de ces cas. Mais elle pourra être démontée à tout moment et dès le début, tout de suite après les faits.

11:01
Présentateur

Si la justice part du principe que le policier ou le gendarme a usé de son arme de manière légitime, est-ce que le combat judiciaire qui s'ensuit entre la victime et l'agent des forces de l'ordre est équitable ?

11:15
Laurent Nuñez

Non mais si la justice considère que l'usage a été légitime, il n'y a pas de je vois pas où est la difficulté. Ça veut dire qu'il y a une enquête et qu'on considère que les conditions sont réunies. Avant de commencer l'enquête. Le problème d'un certain nombre de partis politiques et surtout de la France Insoumise c'est que je pense qu'ils considèrent que les policiers n'ont pas fait faire usage de leurs armes. D'ailleurs, ils exhibent souvent de cas faire leur démonstration de l'existence d'un permis tué. Ils exhibent souvent de cas qui ont en réalité jugés et dans lesquels l'action de la police a été jugée ou de la gendarmerie a été jugée proportionnée.

Et puis les chiffres qu'ils donnent sont absolument aberrants. Cette idée que depuis cette fameuse loi qui autorise les policiers à faire usage des gendarmes, dans certains cas à faire usage de leurs armes, on aurait eu une augmentation des usages d'armes...

11:54
Présentateur

Oui, ils ne sont pas les seuls. Il y a des chercheurs, notamment cités dans le journal de Monde, directeurs de recherche au CNRS qui dit que depuis cette loi de 2017 dont vous parliez, les tirs en France ont été multipliés par 5. Oui, ce qui est complètement faux. Vous dites que c'est faux.

12:08
Laurent Nuñez

C'est complètement faux. Depuis, entre 2012 et 2024, la moyenne de tirs d'usage individuel, par exemple pour la police, c'est 271. Et entre 2017 et 2018, ce qui serait pour eux le point de bascule, la nouvelle loi de M. Cazeneuve qui a autorisé les policiers à faire usage de leurs armes, les usages ont baissé. Ils étaient un peu moins de 400. Ils ont baissé à 300 entre 2017 et 2018. Et en 2024, c'était 2017. On a une baisse d'usage d'armes dans la police nationale.

12:35
Présentateur

Donc aucun risque d'augmentation des tirs mortels ?

12:37
Laurent Nuñez

Croyez-vous que les policiers et les gendarmes font usage de leurs armes avec plaisir, avec goût, avec passion ? Certainement pas. Ils le font toujours. Ils sont formés pour ce faire. Ils le font toujours en cas d'absolue nécessité et avec beaucoup de proportionnalité comme c'est prévu par la loi et comme c'est demandé par la loi de 2017.

12:51
Présentateur

Il y a des recherches qui démontrent, pas seulement en France, mais dans d'autres pays occidentaux, que les lois plus souples favorisent l'usage des armes par les forces de l'ordre.

13:00
Laurent Nuñez

Je conteste ces recherches. Je conteste les chiffres qui sont donnés. En revanche, ce que je peux vous dire, c'est que les refus d'obtempéré depuis 2016, depuis 2017, ils ont explosé. Ils ont explosé. On est à 22 000 refus d'obtempéré, dont 6 200 qui sont des refus d'obtempéré pouvant comporter atteinte à l'intégrité physique de policiers ou de personnes. Et ça, ça a explosé et ça a augmenté.

13:21
Présentateur

Il y a une mobilisation importante malgré tout contre ce texte, notamment une pétition sur le site de l'Assemblée nationale qui recueille déjà plus de 700 000 signatures. La conférence des présidents de l'Assemblée peut décider d'organiser un débat en séance publique. Est-ce que vous souhaitez que ce débat ait lieu ?

13:36
Laurent Nuñez

Ce n'est pas à moi d'en décider. Je crois que la commission des lois se réunira et décidera s'il y a un débat ou pas, ou un débat devant la commission. Sachant que le texte n'est pas encore... Il a été adopté à l'Assemblée. Il doit encore être inscrit et adopté au CELA. Mais c'est un texte qui était attendu. L'ensemble des organisations syndicales de la police y sont favorables. Moi, à titre personnel, je l'ai dit, je suis très favorable. C'était effectivement le premier texte déposé. C'était un texte qui crée une présomption de légitime défense sur amendement du gouvernement. Donc, avec l'approbation du gouvernement, nous l'avons transformé en présomption d'usage légitime des armes.

Ce qui n'est pas tout à fait la même chose.

14:10
Présentateur

Pas tout à fait. Cette question de la légitime défense, le nouveau défenseur des droits va peut-être devoir prendre position à ce sujet. Emmanuel Macron propose de nommer le sénateur LR, conservateur, d'aucun réactionnaire, François-Noël Buffet. Est-ce qu'il est la bonne personne, puisqu'il était il y a encore quelques mois au ministère de l'Intérieur avec votre prédécesseur Bruno Retailleau, pour se prononcer sur ces questions ?

14:36
Laurent Nuñez

Non, mais bien sûr. Tous les défenseurs des droits ont toujours pris à bras-le-corps leur mission et ont fait preuve de beaucoup d'engagement. Et c'est vrai que j'entends ce qui se dit sur François-Noël Buffet. Je suis un petit peu choqué. Vous avez Mme Edon qui est défenseur des droits qui a succédé à Jacques Toubon. Jacques Toubon qui a été un défenseur des droits, qui a défendu les droits. Je peux vous le dire de manière acharnée pour avoir été haut fonctionnaire, pour avoir souvent eu à être entendu par lui ou l'avoir rencontré.

Je peux vous dire que le parcours politique des uns et des autres impacte peu, influe peu sur l'institution qui est celle du défenseur des droits, qui est une institution extrêmement importante et moi pour laquelle je vous le dis, j'ai énormément de respect et je me félicite d'ailleurs de la façon dont j'ai travaillé avec Claire Edon et en son temps avec Jacques Toubon.

15:22
Présentateur

Le parcours politique de François-Noël Buffet, ce sont des prises de position sur l'avortement, le mariage pour tous, le médical d'état pour les étrangers sans papier qui font dire aujourd'hui à de très nombreuses associations et syndicats qu'il n'est pas la bonne personne pour défendre justement ses droits fondamentaux. Vous, encore une fois, vous n'avez aucun doute.

15:40
Laurent Nuñez

Je n'ai aucun doute sur le fait qu'il s'accomplira il accomplira sa tâche de manière remarquable et avec l'objectivité, l'impartialité qui a été celle de l'ensemble des défenseurs de droits et je prends d'ailleurs à dessein M. Jacques Toubon cet exemple à dessein très honnêtement ça a été un défenseur des droits de très haut niveau et qui a toujours toujours défendu la cause des droits fondamentaux et je vous parle avec mon expérience de haut fonctionnaire encore une fois où j'ai eu souvent affaire à lui.

16:06
Présentateur

Autre actualité Laurent Nunez le maire LR d'Alès dans le Gard Christophe Rivinck visé par des menaces de narcotrafiquants c'était il y a trois jours des inscriptions devant chez lui des balles de 9 mm dans sa boîte aux lettres des lettres de revendications indiquant DZMafia est-ce que d'abord vous êtes en mesure de dire si cette organisation criminelle marseillaise est bien derrière ces menaces ?

16:28
Laurent Nuñez

C'est probable enfin nous en tout cas on prend très au sérieux ces menaces Alès est un territoire qui est très convoité par la DZMafia marseillaise je vous le confirme c'est le cas aussi à Carcassonne où il y a eu un règlement de compte et d'ailleurs j'ai eu aussi à échanger comme je l'ai fait avec le maire d'Alès avec le maire de Carcassonne oui on prend cette menace très au sérieux c'est ce qui nous a conduit à renforcer les moyens d'ailleurs j'avais déjà rencontré monsieur le maire d'Alès il y a quelques semaines au début du mois de juin pour être précis où je lui avais annoncé que nous renforcerons à Nîmes les moyens en investigation judiciaire c'est-à-dire en enquêteur et à Alès les effectifs en voie publique et il y a actuellement une unité de CRS qui a été déployée oui on prend ça très au sérieux vous savez Alès c'est un territoire où les effectifs du poli-judiciaire de Nîmes font un travail remarquable démantèle des réseaux forcément ça crée des convoitises et nous pensons effectivement qu'un certain nombre d'éléments marseillais s'intéressent de près à ce territoire comme c'est le cas d'ailleurs à Carcassonne

17:20
Présentateur

une unité de CRS la CRS 84 envoyée sur place le maire en revanche a refusé la protection individuelle que vous lui proposiez vous le comprenez ?

17:29
Laurent Nuñez

je le comprends enfin on lui a proposé une protection individuelle il y a une protection qui n'est pas au plus rapprochée mais on reste évidemment attentif à sa situation on lui a remis un bouton d'alerte qui permet d'alerter les forces de sécurité en cas de menace évidemment son domicile et tous ses déplacements font l'objet d'une attention soutenue des forces de sécurité

17:48
Présentateur

ça pose la question de ce que peut faire l'État face à des organisations

17:51
Laurent Nuñez

ce que fait l'État c'est ce que nous faisons démanteler des réseaux continuer à démanteler des réseaux vous savez à Alès les résultats en matière de démantèlement ils sont très bons comme ils le sont à Carcassonne d'ailleurs où on a eu ce règlement de compte cette revendication de ce règlement de compte par l'ADZ Mafia nouvelle génération par le nouveau collectif marocain nouvelle génération à Carcassonne entre le mois de juin 2025 et le début de cette année ce sont 5 trafiquants au doigt qui ont été mis hors d'État mais on a là une organisation ça crée des velléités de réoccuper le terrain et donc ce qu'il faut c'est continuer à l'occuper continuer à démanteler des réseaux et on le fait sans relâche

18:28
Présentateur

on a une organisation comme on l'a vu à Marseille malheureusement avec l'assassinat de Médith Kessassi le frère de l'élu municipal et militant antidrogue Amine Kessassi il y a quelques mois à la fin de l'année dernière le narcotrafic aujourd'hui menace la démocratie en France

18:41
Laurent Nuñez

si nous ne continuons pas si nous ne continuons pas nous ne continuons pas pardon à lutter de manière acharnée contre le narcotrafic oui il y a un risque je vous le dis mais nous continuerons à démanteler des réseaux et opposer une guerre acharnée au narcotrafic

18:53
Présentateur

deux mots pour terminer Laurent Nunez d'abord sur ce que vous avez promis il y a quelques jours à l'occasion du centenaire stratégie nationale de lutte contre les actes anti-religieux qu'est-ce que ça veut dire ?

19:04
Laurent Nuñez

ça veut dire que d'abord on travaille sur il y a des assises qui ont été lancées sur ce que sont les actes anti-religieux de toute nature anti-musulmans anti-sémites anti-chrétiens qui ont augmenté toute catégorie de tout culte confondu et donc cette idée c'est de se réunir partout dans les territoires de réunir les acteurs locaux d'analyser le phénomène et d'apporter des réponses qui sont évidemment des réponses de protection policière mais aussi des réponses d'éducation et d'apprendre à nos jeunes à mieux vivre ensemble et à respecter tous les cultes à respecter tous les cultes

19:32
Présentateur

On sait que les actes antisémites et vous l'avez dit ont bondi les chiffres dont on parle les actes anti-musulmans aussi vous avez cité un chiffre

19:40
Laurent Nuñez

Également oui les actes anti-musulmans ont également augmenté en valeur absolue ils sont moins importants que les actes antisémites qui ont dépassé le millier on est à 1300, 1400 mais il y a une augmentation des actes anti-religieux d'une manière générale et qui doit nous préoccuper sur notre capacité ou pas à vivre ensemble tout culte confondu y compris pour ceux d'ailleurs qui ne pratiquent aucun culte

20:01
Présentateur

Est-ce qu'on n'arrive pas un peu tard à quelques mois de la fin du mandat d'Emmanuel Macron ?

20:04
Laurent Nuñez

Non on n'arrive pas un peu tard depuis 2017 ça a été une priorité constante du président de la République il y a eu énormément de plans de lutte contre les discriminations contre les atteintes à la religion il y a eu énormément d'actions qui ont été menées beaucoup de formations de fonctionnaires de police de militaires de la gendarmerie beaucoup d'éducation pardon de cours qui ont été dispensés dans les établissements scolaires il faut continuer ce travail et de pédagogie et de protection

20:28
Présentateur

Et dernier mot Laurent Nunez de notre confrère le journaliste sportif Christophe Gleize toujours emprisonné en Algérie ses soutiens sa famille espérait une grâce présidentielle pendant le mondial de football il s'est terminé hier et il est toujours en prison pour des accusations qui n'ont rien à voir on le rappelle avec la réalité de son travail est-ce que vous regrettez que le président algérien Téboune n'ait pas encore accédé à cette demande de grâce ?

20:49
Laurent Nuñez

Non la France reste très attentive à la situation de Christophe Gleize on a réengagé un dialogue constructif avec l'Algérie sur les questions migratoires et de sécurité et on reste évidemment très attentif à cette situation qui est très régulièrement évoquée avec notre partenaire algérien

21:02
Présentateur

Vous faites partie de ceux au gouvernement qui sont en première ligne sur le réchauffement des relations entre Paris et Algérie pourquoi ça n'a pas encore abouti ?

21:10
Laurent Nuñez

Écoutez, voilà c'est un sujet où on continue à travailler avec l'Algérie à réengager à réadmettre des étrangers en situation régulière on va atteindre les 300 réadmissions reconduites forcées depuis le début de l'année les choses se sont réenclenchées sur tous les fronts où nous travaillons le front de la libération de Christophe Gled fait partie de nos combats Vous ne perdez pas espoir ? Je ne perds pas espoir Je ne perds pas espoir

21:33
Présentateur

Merci beaucoup Laurent Nunez ministre de l'Intérieur Je ne perds pas espoir