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interviewFrance Culture — Sens politique· 31 mai 2025 43 min

Jean-Philippe Tanguy, président délégué du RN à l'Assemblée nationale : "Pierre-Edouard Stérin est un exilé fiscal"

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Sens Politique, l'émission qui prend le temps de connaître un invité pour décrypter avec lui son parcours, son engagement et sa personnalité au rythme de l'actualité. Notre invité est né à Boulogne-sur-Mer il y a 39 ans. Engagement, souverainisme. D'abord séduit par Jean-Pierre Chevènement, longtemps avec Nicolas Dupont-Aignan, désormais bras gauche de Marine Le Pen dont il soutient la candidature jusqu'au bout malgré la récente condamnation. Elle a fait appel.

Parcours d'élite à Henri IV, prépa littéraire, diplôme de l'ESSEC et de Sciences Po, à Paris, il travaille dans une crêperie pour financer ses études et 7 mètres carrés de chambre de bonne, maire, secrétaire, père, dirigeant d'usine. Le gaullisme, c'est ce qu'il revendique. Il attend que Marine Le Pen entame un virage chahuté pour rendre hommage au général avant de la rejoindre. Novembre 2020, le Rubicon est franchi, lui qui était critique du parti à la flamme. Rupture avec de boules à France 2021, il est élu conseiller régional de la Somme. De plus en plus proche de Marine Le Pen, il est son directeur adjoint dans la campagne. 2022, première élection législative remportée.

2024, dissolution, réélection. Adepte des phrases, choc au point de parfois les regretter. Il a rédigé le programme économique de Marine Le Pen, il nous dira où trouver des économies. Il a fait une entrée fracassante sur la scène politique. Propulsion ou comète, on tentera d'y voir plus clair. Bonjour Jean-Philippe Tanguy. Bonjour madame, merci pour votre invitation. Et merci à vous de l'avoir accepté. Nous sommes ensemble jusqu'à 13h30. Le site de France Info a fait les comptes un an après votre élection à l'Assemblée. En 2023, vous aviez voté en faveur de 57% des principaux textes du gouvernement et contre dans 29% des cas.

Vous êtes un allié d'Emmanuel Macron finalement Jean-Philippe Tanguy ?

1:59
Jean-Philippe Tanguy

Non, nous sommes presque son pire ennemi en n'étant pas dans la caricature. C'est-à-dire que quand vous votez des textes de bon sens ou parfois beaucoup de textes techniques, parce qu'il faut savoir qu'à l'Assemblée nationale, il y a beaucoup de conventions fiscales, de traités bilatéraux, multilatéraux, qui sont en fait techniques ou de bon sens ou de bonnes lois.

Et en fait, en n'étant pas dans la caricature, nos critiques sur les textes vraiment politiques sont beaucoup plus fortes sur les retraites, sur le budget ou sur des sujets symboliques aussi importants, par exemple, que la défense du drapeau bleu-blanc-rouge contre le drapeau européen, c'est-à-dire en fait la souveraineté de la France contre l'Union européenne. Voilà, là, je pense que notre opposition est farouche.

2:38
Présentateur

Vous votez pour sur le pouvoir d'achat, la programmation militaire, les Jeux olympiques, la construction de nouvelles installations nucléaires. Il n'y a pas que du mauvais dans ce bilan ?

2:45
Jean-Philippe Tanguy

Il y a surtout aussi des lois qui sont issues de la pression politique que nous exerçons, nous, le Rassemblement National, ou les partis d'opposition, parfois la gauche.

2:53
Présentateur

La programmation militaire, c'est quand même une volonté d'Emmanuel Macron, de Sébastien Lecornet.

2:58
Jean-Philippe Tanguy

Historiquement, je vous rappelle qu'Emmanuel Macron, dans ses premières années, voulait désinvestir dans l'armée, il a changé d'avis, tant mieux, mais c'est la pression objective du Rassemblement National et de certaines personnalités de droite qui ont fait qu'on a amélioré la programmation militaire, alors pas assez à nos yeux, mais quand même, sur le pouvoir d'achat, c'était quand même la campagne objectivement Marine Le Pen, même nos adversaires ont reconnu qu'elle avait fait le choix, par exemple contre Éric Zemmour, de mettre le pouvoir d'achat et la justice fiscale au cœur du programme, et donc on les a forcés à faire la prime Macron, qui n'était pas du tout satisfaisante, mais c'était mieux que rien.

C'est aussi un vieux principe de la gauche samarienne, dont je le viens, M. Ruffin le dit parfois aussi, il faut savoir rapporter aux classes populaires ce qu'on peut. Donc la prime Macron, ce n'est pas parfait, mais c'est mieux que rien.

3:40
Présentateur

Cette semaine, vous avez une fois de plus voté avec le Bloc Central, pour défendre la loi Duplon, qui allège les normes environnementales pour les agricultures. Et nous avons reçu cette question de la part de Nicolas sur Instagram. Croyez-vous que le fait de rétablir des pesticides cancérogènes soit une bonne action de votre part ?

3:54
Jean-Philippe Tanguy

Mais parce qu'ils ne sont pas cancérogènes, moi je comprends la question de ce monsieur, son inquiétude. Il y a beaucoup de désinformation qui passe sur ces pesticides. S'ils étaient cancérogènes, je ne les aurais pas rétablis, ils ne seraient pas homologués, autorisés. Ils sont à la fois homologués par les services européens et les services français. Ils sont autorisés d'ailleurs, en l'occurrence, pour ce qui est du produit autorisé pour les betteraviers ou pour les noisietiers, pour vos animaux de compagnie. L'acétamipride ? Absolument. Et donc, voilà, il y a beaucoup de désinformation.

4:23
Présentateur

Il y a quand même beaucoup d'études qui disent qu'il y a des effets sur le cerveau humain de ce pesticide néonicotinoïde.

4:27
Jean-Philippe Tanguy

Vous les avez lus ? Oui, oui, moi j'ai tout lus parce que déjà ça m'intéresse. Moi je suis entré en politique par la défense de la souveraineté agricole et industrielle de la France. Donc ce sont des sujets très sérieux. Les pesticides, évidemment, ce ne sont pas des produits anodins. Ce ne sont jamais des produits anodins. Et donc il faut toujours faire un équilibre entre ce qui permet une efficacité économique réelle et aussi un coût de production. Et après c'est le pouvoir d'achat parce que si vous proposez des produits agricoles hors de prix, la population ne peut pas les acheter. Et la concurrence déloyale, y compris au sein de l'Union Européenne.

Si ces produits étaient vraiment dangereux, ils seraient évidemment interdits.

5:01
Présentateur

Vous considérez que cette proposition de loi, c'est une forme de rustine pour colmater la crise que vivent les agriculteurs ou que c'est une proposition de loi d'avenir ?

5:10
Jean-Philippe Tanguy

Non, c'est une rustine. Déjà ça efface des erreurs du bloc central dont vous avez parlé, des erreurs de la droite aussi, qui passent son temps à défaire ce qu'ils ont fait. Par exemple ce matin, alors nous sommes mercredi, nous ne sommes pas samedi. Oui, nous enregistrons le mercredi 28 mai. En commission finance, on a effacé une mesure fiscale contre les auto-entrepreneurs que la droite et les macronistes avaient mis il y a seulement trois mois. Bref, donc tout ça est un peu absurde pour ceux qui nous écoutent évidemment. On fait, on défait. La vraie question, et là vous avez sans doute raison, c'est le revenu des agriculteurs. Il faut des prix rémunérateurs.

Pour cela, il faut s'attaquer aux forces du marché illégitime et irrationnel. Évidemment, le poids de l'agro-industrie et de la distribution qui pèsent à la baisse sur les revenus. Et puis le libre-échange déloyal, sauvage. Moi je suis et j'ai toujours été pour l'exception agriculturelle et il faut sortir l'agriculture de la mondialisation.

5:59
Présentateur

Pourquoi avez-vous voté pour la proposition de loi sur la fin de vie cette semaine ?

6:03
Jean-Philippe Tanguy

Parce que je pense que c'est une liberté humaniste fondamentale de reconnaître que malgré tous leurs efforts, tous leurs engagements, les soignants, y compris en soins palliatifs, ne peuvent pas remédier à toutes les douleurs, ne peuvent pas remédier à toutes les souffrances et que la fin de vie dans la dignité permet aux personnes dont les douleurs et les souffrances sont insupportables de partir.

6:25
Présentateur

Dans votre groupe, vous n'êtes pas nombreux à avoir voté pour. Seulement 19 personnes, 101 ont voté contre.

6:30
Jean-Philippe Tanguy

Tout à fait, oui, nous sommes minoritaires et je trouve que c'est au-delà de la mesure elle-même que je salue et dont je me félicite, cette liberté de vote au sein du Rassemblement National qui était une promesse de Marine Le Pen sur les questions de société montre que le Rassemblement National est vraiment désormais un grand parti démocratique qui reflète la société française et la société française sur ce sujet n'est pas liée à des structures partisanes. Et d'ailleurs il y a eu des oppositions dans tous les partis, alors moins à gauche qu'à droite c'est vrai, mais il n'y a pas eu d'unanimité sur cette mesure.

6:59
Présentateur

Le RN est-il politiquement et économiquement libéral ou social ? Ce n'est pas toujours clair. C'est Vincent qui nous a écrit cette question dans le Val-d'Oise.

7:08
Jean-Philippe Tanguy

Je comprends cette question, mais déjà l'opposition entre libéral et social n'a sans doute en elle-même pas beaucoup de sens parce que le vrai libéralisme, contrairement à ce qu'on croit, ce n'est pas la soumission au marché et à l'argent roi. Il y a aussi par exemple les monopoles naturels comme EDF ou les autoroutes, c'est un concept libéral. Et malheureusement il n'est pas appliqué par ceux qui se réclament du libéralisme pour faire du fric, pour faire de l'argent, parce que c'est ça derrière. Moi c'est ce que j'appelle, et je pense que nos démocraties sont aujourd'hui menacées par ce que j'appelle l'extrême argent.

C'est-à-dire des gens qui utilisent l'État ou les services de l'État ou ses agences pour faire leurs affaires et pour faire de l'argent contre l'intérêt général. Mais je pense que nous sommes un parti dans la droite ligne du gaullisme social, qui pense que le travail mérite une juste salaire, que oui il y a des inégalités qui sont liées à des injustices et qu'il faut les combattre et que le travail et la nation sont la solution.

8:02
Présentateur

Dans la droite ligne du gaullisme, on va en reparler parce que ce n'est pas assez évident quand même pour un parti comme celui du Rassemblement National. Mais juste pour finir sur cette question de Vincent, prenons un seul exemple, la GPA, vous vous y êtes opposé à la gestation pour autrui, mais par exemple Julien Audoul qui est porte-parole du RN, il est venu à votre place en 2023, lui il souhaite un référendum.

8:22
Jean-Philippe Tanguy

Oui, mais on peut toujours faire un référendum, je suis toujours pour solliciter les Français sur les questions de société. Je pense que la GPA donne lieu à une indemnisation qui n'a pas sa place. Vous allez me dire qu'il y a la GPA éthique, elle est quand même extrêmement marginale dans ce qu'on nous propose aujourd'hui.

8:40
Présentateur

Et pour revenir sur le plan économique de la question de Vincent, c'est vrai qu'avec Jordan Bardella par exemple, vous avez de vraies différences. Lui on l'a vu par exemple sur les retraites au moment de la campagne des législatives de 2024, il n'avait l'air plus du tout en phase avec le programme que vous aviez rédigé en 2022. Il séduit, en tout cas il essaye de séduire les patrons, vous n'êtes pas d'accord sur la flat tax. C'est vrai qu'il y a toujours eu finalement au sein du Rassemblement National, Ancien Front National, ces deux lignes-là. Une ligne qu'on dit plus sociale, une ligne qu'on dit plus libérale.

9:13
Jean-Philippe Tanguy

Sincèrement ces différences sont très exagérées. Par exemple le contre-budget que j'ai préparé et qu'on a présenté avec le groupe Rassemblement National, il a été validé par Jordan Bardella et dedans il y avait les mesures de Marine Le Pen. Et le programme définitif des législatives, il était particulièrement fidèle au programme de Marine Le Pen en 2022. Après, dans un grand parti, il peut y avoir des débats, il peut y avoir des différences, c'est pas grave. Que dirait-on si au Rassemblement National on ne pouvait pas réfléchir, on ne pouvait pas débattre entre nous à la fin ? C'est Marine Le Pen et Jordan Bardella qui tranchent.

9:41
Présentateur

Mais ce qui compte aussi pour les électeurs c'est de savoir ce que vous allez faire une fois que vous êtes au pouvoir.

9:44
Jean-Philippe Tanguy

Vous avez parfaitement raison.

9:45
Présentateur

Donc qui peut nous dire qu'une fois au pouvoir, par exemple, vous reviendrez vraiment sur la réforme des retraites comme vous le souhaitez vous Jean-Philippe Tanguy ?

9:51
Jean-Philippe Tanguy

Ce sont les arbitrages de Marine Le Pen et puis le fait que comme au Parlement, le premier texte de notre niche parlementaire, chaque année les groupes sont libres de présenter des textes aux autres groupes, nous avons proposé l'abrogation de la réforme des retraites et le retour à 62 ans. La gauche ne l'a pas soutenu mais quand les gauches et les communistes vont leur faire à nouveau propos cette abrogation, nous on la vote. Donc le sectarisme n'est pas nous.

10:10
Présentateur

Si vous êtes au porte du pouvoir en juin dernier, Jordan Bardella sur RTL le 11 juin dit nous verrons sur cette abrogation.

10:18
Jean-Philippe Tanguy

Il faut aussi comprendre, on a un peu de temps aujourd'hui, à l'époque le programme était en train d'être réactualisé. Et donc les arbitrages finaux c'était le maintien de la réforme de Marine Le Pen, c'est-à-dire un départ à 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler tôt, 62 ans pour les autres et plus tard évidemment pour ceux qui comme moi ou sans doute comme nous ici ont eu la chance et l'opportunité de faire des études et de commencer tard dans la vie et donc avec souvent des métiers moins difficiles.

10:50
Locuteur non identifié

Nous sommes réunis ici grâce à l'engagement de Marine Le Pen qui, la première ici, dans le paysage politique, a été la première à lever la question du pouvoir d'achat. Et je le tiens à la remercier au nom de tous les gens qui à cette heure-là vont se lever pour que le pays tienne debout. Alors, alors, alors, silence ! Alors, ce cri du cœur, j'avoue, ce cri du cœur qui est inspiré, je pose beaucoup de gens parmi nous, je vous en prie collègues de gauche, alors que la France, pour la France !

11:33
Présentateur

Jean-Philippe Tanguy à l'Assemblée Nationale, à la tribune plus exactement, lors des débats sur le projet de loi du pouvoir d'achat le 22 juillet 2022. Deux ans plus tard, vous la repostez sur vos réseaux sociaux, vous assumez totalement. C'est vrai que c'est resté, c'est à ce moment-là, sans doute, que les Françaises et les Français vous ont découvert.

11:48
Jean-Philippe Tanguy

Oui, il faut rester très modeste. Vous savez, nos compatriotes ont beaucoup de choses à faire dans leur vie, ils mettent beaucoup de temps à vous identifier et ils ont bien raison. Donc, ça fait partie des petits éléments qui peuvent vous faire remarquer, mais vous savez, il y a des gens, quand ils me confondent avec Sébastien Chenu, ce qui ne me dérange pas puisque c'est mon ami, ou Julien Audoul, tiens. Donc, vous savez, il faut rester très modeste. Les hommes politiques qui pensent qu'on les reconnaît, vous savez, il faut vraiment raison garder.

12:12
Présentateur

Cette question de Nicolas, qui nous écrit depuis Reims, n'avez-vous pas le sentiment de conduire le débat à l'excès dénué de fonds ?

12:18
Jean-Philippe Tanguy

Bon, je trouve ça un peu injuste. La vidéo qui a le mieux marché, comment dire, de mes débats, c'est des débats de fonds. C'est ma vidéo sur la dénonciation des ingérences étrangères et de la guerre économique. C'est mes vidéos sur le budget. Voilà, bon, je ne suis pas là pour me lancer des fleurs, ce n'est pas le sujet, mais je pense que c'est un peu injuste. Après, ce que je dis souvent, d'ailleurs, je le disais dans ce petit discours que j'ai improvisé, parce que c'est Marine Le Pen qui devait parler, mais en fait, moi, je suis du soir et Marine Le Pen du matin, et là, il était 4 heures du matin, donc c'était pour moi. Et c'est pour ça que je parle des gens qui se lèvent tôt.

Et au-delà de la... j'ai aussi un peu de légèreté. C'est-à-dire que moi, je fais partie des personnes qui pensent que l'humour a sa place en politique, que la dérision, l'auto-dérision, aucun problème à ce qu'on se moque de moi. C'est pour ça aussi que je l'ai reposté, et qu'il faut avoir un peu de recul sur soi-même. Et je pense que nos compatriotes, dans des moments difficiles, douloureux, ont aussi besoin que ceux qui les dirigent aient un peu de recul sur eux-mêmes. En tout cas, j'essaie de m'amuser de moi-même.

13:13
Présentateur

On ne vous le reproche pas sur le terrain, parce qu'on a eu des questions assez critiques. Qu'est-ce qui vous a rendu aigri ? Pourquoi ce style de roquet ?

13:20
Jean-Philippe Tanguy

Non, au contraire. Je me malade dans Paris, je me malade dans Amiens, dans ma circule. J'ai rarement d'agressivité contre moi. Je pense que les gens comprenaient que c'était plutôt de l'humour.

13:32
Présentateur

En tout cas, vous en sortez souvent, des petites phrases comme ça qui sont reprises en boucle. Il faudrait prévenir François que M. Bayrou est au pouvoir sur LCI le 14 avril. On fait du Jurassic Park. On va chercher des fossiles à propos de Michel Barnier le 5 septembre 2024 sur France Inter. Vous êtes excusé entre-temps. Est-ce que c'est votre style ? Est-ce que parfois on parle trop vite ? Ou c'est surtout la lessiveuse des chaînes info qui conduisent à ce genre d'excès, selon vous, Jean-Philippe Tanguy ?

13:59
Jean-Philippe Tanguy

Non, c'est qu'ils ne risquent rien à rien. Je me suis excusé sur Barnier, non pas sur cette formule, mais quand j'ai dit que c'était l'homme le plus stupide de la Ve République. Là, ce n'était pas terrible. C'est-à-dire que moi, je n'ai pas de difficulté à reconnaître mes erreurs. Certaines personnes pensent qu'elles reconnaissent une erreur. C'est s'affaiblir. Moi, pas du tout. Donc moi, quand je commets une erreur, je m'excuse. Voilà, c'est comme ça que j'ai été éduqué. Et je n'y vois pas malice. Après, vous savez aussi, nos compatriotes sont saturés d'informations.

Et je pense aussi que certaines formules permettent de faire découvrir d'autres thèses, d'autres sujets et d'attirer nos compatriotes sur des thèmes de fond.

14:38
Présentateur

Mais il vous plaît, cet environnement, ou vous le critiquez en privé ?

14:43
Jean-Philippe Tanguy

L'environnement médiatique ? Non, je ne critique pas en privé. Je n'ai jamais attaqué, par exemple, les journalistes. Ça, c'est une critique que je ne fais jamais. Non pas pour être spécialement sympathique avec eux, mais déjà, je pense que c'est la démocratie et qu'on fait partie d'un même système d'équilibre des pouvoirs et que c'est trop facile d'attaquer les journalistes. Et pareil, peut-être une spécificité que j'ai sur les souverainistes, et ça, c'est une critique que j'ai souvent faite aux souverainistes, c'est leur mélancolie permanente, c'était mieux avant, tout ça me fatigue. Il faut prendre la France telle qu'elle est, moi, je l'aime telle qu'elle est.

Il faut l'embrasser telle qu'elle est. Et une espèce de vieux, de mélancolie permanente, je pense, atteinte à nos idées, parce que les Françaises et les Français, ils sont dans le réel, ils sont dans la vie, ils veulent un avenir pour leur enfant, ils ne veulent pas regarder dans le rétroviseur en permanence. Et puis, le passé, comme disait Karl-Heinz Gerfeld, il n'était pas si parfait.

15:31
Présentateur

Alors, vous débarquez à Paris à 18 ans, non, un peu avant, au lycée. Et ensuite, vous allez en prépa littéraire, et vous travaillez dans une crêperie à Beaubourg pour payer vos études.

15:43
Jean-Philippe Tanguy

Oui, rue Brise Milch. Et c'était une expérience très importante pour moi. C'était aussi la liberté, parce que ce n'est pas pour faire causette. Moi, je voulais être libre. Donc, mes parents ne voulaient pas que je m'installe à Paris. Moi, je voulais aller à Paris. Mes parents ne voulaient pas que je fasse une prépa. Je voulais faire une prépa, une prépa littéraire, spécialité latin. C'est ça qui m'intéressait. Et ce n'était pas faire des études, soi-disant, utilitaristes. Et puis, d'ailleurs, après, j'ai pu avoir mes concours. Mais ça met aussi du recul sur soi-même. Ça met beaucoup de recul sur les privilèles des uns et des autres. Que rien n'est acquis. Donc, moi, je ne suis pas causette.

Mais on ne m'a pas non plus donné une cuillère d'argent dans la bouche.

16:15
Présentateur

Vous faites un passage à l'école militaire Saint-Cyr.

16:18
Jean-Philippe Tanguy

Oui.

16:18
Présentateur

Mais ce n'est pas votre truc, l'emprise militaire. Non.

16:20
Jean-Philippe Tanguy

Alors, pour le coup, vous voyez, c'était une mauvaise raison. Si j'ai fait le concours, c'est essentiellement parce que les gens se disent « Mais tu ne peux pas avoir Saint-Cyr, tu n'auras pas les épreuves de sport. » Et donc là, c'est un peu de la fierté mal placée. Donc, j'ai passé Saint-Cyr. J'ai eu de très bonnes notes au sport pour la petite histoire. Et après, je me suis rendu compte que cette espèce de fierté mal placée passée, je n'avais pas grand-chose à y faire. Et en plus, si je laissais ma place, c'était un de mes bons amis en liste d'attente qui, Arthur Lerviardant, qui passait et qui, lui, voulait faire une belle carrière militaire.

Donc, il avait beaucoup plus sa place dans le service de l'armée que moi. Je ne me suis pas très discipliné.

16:49
Présentateur

Bon, alors ensuite, vous vous engagez en politique. D'abord, auprès de Nicolas Dupont-Aignan. Vous racontez que c'est le seul qui vous a cru sur l'affaire Alstom. Ça, c'est vrai. Vous étiez en alternance chez General Electric au sein du cabinet de Clara Gaimard. Vous racontez qu'elle vous donne une clé USB sur laquelle il y a des documents confidents si elle concerne la vente passée d'une filiale d'Alstom. Elle dément totalement cette version. Vous essayez d'écrire à Mediapart pour alerter. Et finalement, c'est Nicolas Dupont-Aignan qui vous croit, qui vous fait confiance et dont vous devenez l'assistant parlementaire pendant plusieurs années, 2012-2020.

17:25
Jean-Philippe Tanguy

Tout à fait. Alors, j'ai créé Mediapart après Dupont-Aignan. C'est un an après. Non, mais ça, ce n'est pas grave. Mais c'est pour être précis dans les faits parce que je suis sûr qu'un jour, on me le reprochera.

17:33
Présentateur

Et comment se fait-il que vous alliez au Rassemblement National plutôt que de rester chez Nicolas Dupont-Aignan ? Il y a eu cet accord en 2017. Mais vous qui vous dites gaulliste, vous connaissez par cœur l'histoire du gaullisme, du général de Gaulle. C'est étonnant d'aller dans un parti qui l'a combattu, non ?

17:52
Jean-Philippe Tanguy

Oui, mais presque tous les partis l'ont combattu. La création de l'UMP, c'était la création de l'UMP. La fusion du RPR et de l'UDF et de tous les mouvements centristes qui ont mis en échec le général de Gaulle au référendum de 1969. C'est pas le Rassemblement National, il n'y existait pas à l'époque.

18:05
Présentateur

Il y a quand même les héritiers à l'ère. Ce sont les héritiers, non ?

18:08
Jean-Philippe Tanguy

Je ne pense pas. C'est les Françaises et les Français qui jugeront de qui est héritier de qui. Mais les principaux ennemis du général de Gaulle, c'était les centristes, évidemment. Je veux dire, le Rassemblement National à l'époque...

18:18
Présentateur

Les principaux ennemis du général de Gaulle étaient les centristes.

18:21
Jean-Philippe Tanguy

Ah oui, tout à fait. D'ailleurs, il l'écrit, il le dit très clairement.

18:24
Présentateur

Et pas l'extrême droite, l'OAS...

18:26
Jean-Philippe Tanguy

Mais l'extrême droite, l'OAS, c'était des ennemis presque militaires. C'était des terroristes. On n'a aucune sympathie pour eux, évidemment. Mais les ennemis politiques, ceux qui ont planté le projet politique du général de Gaulle, la trahison de l'iscard d'Estaing au référendum, la trahison d'un certain nombre d'autres forces politiques qui ont mis à terre le programme politique du Rassemblement National, l'absurde révélateur du général de Gaulle, c'est pas l'OAS.

18:49
Présentateur

Non, mais vous connaissez quand même, vous voyez bien les propositions qu'il y a pu avoir.

18:52
Jean-Philippe Tanguy

Mais je connais aussi, madame, et je vous remercie de me poser cette question, parce que moi, j'ai aucune difficulté à y répondre, le fait que les parties de droite et de gauche aient aussi recyclé. Beaucoup de gens de l'Algérie française, beaucoup de gens d'extrême droite ont été recyclés à l'UDF, par exemple, et on n'en parle jamais. Et en fait, ce qui me dérange dans la caricature du Front National historique, c'est qu'on oublie qu'est-ce que c'était l'histoire de France.

Et l'histoire de France, que ce soit le recyclage de personnes peu glorieuses de la collaboration ou le recyclage de personnalités de la guerre d'Algérie, y compris François Mitterrand, qui, je vous le rappelle, était garde des Sceaux de personnes, c'est de transférer la culpabilité sur une seule force politique. Moi, je ne suis pas aveugle sur le passé du Front National, mais je ne suis pas aveugle sur le passé des autres partis.

19:30
Présentateur

Et alors, en 2013, vous critiquez beaucoup le Front National. Le général, ce n'était pas son trip de gouverner en famille. On ne peut pas être pour le rayonnement de la France et pour la fin de l'accueil des étudiants étrangers. On a une tolérance religieuse. Dans la rue, on a le droit de porter le voile. Cette semaine, sur BFMTV, vous disiez que le voile est un étendard islamiste. Est-ce que, peut-être pour reprendre la question de Xavier, qui nous écrit d'Antibes dans les Alpes-Maritimes, pourquoi être au RN plutôt qu'à LR ? Est-ce pour avoir un mandat ?

19:55
Jean-Philippe Tanguy

Non, pas du tout. J'aurais eu un mandat. Je pense que j'aurais pu avoir un mandat à LR, surtout qu'en 2012, il y avait encore de quoi faire. Non, mais sur le voile, je vais vous répondre franchement, je me suis trompé. Moi, j'ai grandi et donc j'ai été né à Boulogne-sur-Mer. Après, ma mère était à Burs-sur-Yvette, à côté des Ulysse, en banlieue parisienne. Donc, j'ai grandi à côté des Ulysse. J'avais fréquenté, par exemple, Diams, qui était au collège aux Ulysse. Et ce n'est plus la même société. La chanteuse Diams. Je ne l'ai pas connue directement, mais elle était dans le collège à côté.

Et quand je vois le parcours d'une personne comme Diams, donc dans les années 90, c'était le girl power, c'était des manifestations artistiques, d'émancipation des femmes, y compris des femmes des quartiers populaires, quand je vois qu'elle finit avec un voile, je me suis trompé sur ce qu'était le voile quand je fais ces déclarations. J'ai sous-estimé à quel point le voile était effectivement l'étendard des islamistes et à quel point les femmes sont toujours l'ennemi des bigots et des extrémistes et que c'est le point d'entrée contre toutes nos libertés. Donc à l'époque, je me suis trompé. Vous êtes en train de dire que Diams est une islamiste ? Diams s'est fait pervertir par l'islamisme.

Elle a arrêté de chanter, elle dit même que la musique est un péché. Donc quand on a un moment de renier toute sa carrière, de renier tout ce qu'on a fait de beau et de bien, et qu'on dit que la musique c'est un péché, je pense que là on est effectivement dans l'islamisme.

21:03
Présentateur

Et vous n'avez jamais croisé dans votre circonscription ou sur le terrain des femmes qui ne sont pas islamistes et qui portent le voile ?

21:08
Jean-Philippe Tanguy

Si, tout à fait, mais elles se font tromper par l'islamisme. Et on peut être manipulé, femme ou homme d'ailleurs.

21:16
Présentateur

Mais il n'y en a aucune qui porte le voile de manière volontaire ?

21:20
Jean-Philippe Tanguy

On peut être volontairement, malheureusement, victime de la bigoterie, du fanatisme. Ça, l'histoire malheureusement récente et longue le montre.

21:27
Présentateur

Donc aujourd'hui vous êtes aligné sur le programme du Rennes qui est de l'interdire dans l'espace public ?

21:31
Jean-Philippe Tanguy

Tout à fait, j'ai même, pour tout vous dire, participé aux faits qu'on le maintienne dans le programme.

21:35
Locuteur non identifié

France Culture, Sens Politique, Astrid De Vilaine Avec moi, il n'y aurait pas eu Mohamed Merah. Français grâce au droit du sol, binationale, délinquant, récidiviste, le tueur de militaires et d'enfants juifs. Avec son casier judiciaire, il n'aurait pas obtenu la nationalité française et aurait été contraint de quitter le territoire français avant ses crimes. Comme les frères Kouachi, comme Koulibaly, les mitrailleurs de Charlie et de l'hyper Kacher. Le tueur de Nice, délinquant tunisien, tout comme celui de Villejuif, Algérien, tous deux fichés, n'auraient pas eu le droit de rester en France.

22:36
Présentateur

Marine Le Pen, candidate à l'élection présidentielle, en meeting à Paris le 19 avril 2017, quelques jours avant le premier tour, en 2013, vous dénonciez l'ignoble amalgame de Marine Le Pen qui se demande lors d'un meeting à Nantes combien de Mohamed Merah peuvent se cacher parmi les enfants de ces immigrés non-assimilés. Et là, le redit en 2017, ça ne vous pose plus de problème ?

22:55
Jean-Philippe Tanguy

Mais je me suis trompé, en fait, à l'époque. Et vous voyez, c'est aussi une leçon d'humilité de faire de la politique et d'apprendre de ses erreurs. Et en fait, effectivement, je me suis trompé sur ces déclarations de Marine Le Pen. Le fait que j'étais avec M. Dupont-Aignan et qu'on était en combat politique aussi à l'époque contre le Front National fait que j'ai pu dire des choses sur lesquelles je me suis trompé. Vous dites beaucoup que vous êtes trompé, Jean-Philippe Tanguy. Mais est-ce que ce n'est pas pour maquiller une forme d'opportunisme ? Non, je ne crois pas. Enfin, sincèrement, j'ai eu la gentillesse de rappeler mon parcours.

Je pense que j'aurais pu faire carrière chez les centristes ou n'importe où, si j'avais voulu le faire. J'ai quand même passé huit ans dans une force politique avec Nicolas Dupont-Aignan qui faisait entre 2 et 4%. Je me suis présenté à toutes les élections pour lui avec mes deniers personnels. Ce n'est pas pour faire pleurer dans les chômières, mais je veux dire, dans l'engagement, moi, quand je me plante au régional, il faut sortir 80 000 euros de ma poche. Il faut les sortir. J'ai fait un emprunt. Je ne suis pas là pour faire pleurer dans les chômières. C'est que si j'étais opportuniste, je n'aurais pas engagé mon argent pour mes valeurs et pour mon programme.

Il se trouve que jusqu'en 2015 et jusqu'au moment où Jean-Marie Le Pen est exclu du Rassemblement National, je ne pensais pas que Marine Le Pen aurait le courage d'exclure non pas la personne de son père, mais la ligne politique que Jean-Marie Le Pen incarnait. Elle l'a fait et depuis, elle a toute mon admiration et ma considération et moi-même un peu d'humilité sur ce qu'on peut croire des uns et des autres.

24:09
Présentateur

Qui sera le ou la candidate du RN en 2027 ?

24:11
Jean-Philippe Tanguy

Marine Le Pen sera la candidate. Elle est innocente des faits qui lui sont reprochés et comme nous sommes dans une justice républicaine, elle pourra le démontrer.

24:20
Présentateur

Mais si elle est empêchée ?

24:21
Jean-Philippe Tanguy

Je ne vois pas de raison pour laquelle elle pourrait être empêchée puisqu'elle est innocente. Peut-être la première condamnation. Elle bat en appel et donc elle est présumée innocente des faits qui lui sont reprochés.

24:32
Présentateur

Vous connaissez Machiavel, Jean-Philippe Tanguy ?

24:34
Jean-Philippe Tanguy

Oui. Gouverner ? Oui, c'est dans mes livres de chevet. C'est prévoir ? Oui, oui, c'est dans mes livres de chevet. Oui, oui, tout à fait.

24:39
Présentateur

Donc vous ne vous posez pas la question de soutenir Bruno Retailleau, Éric Zemmour, Jordan Bardella ?

24:46
Jean-Philippe Tanguy

Je soutiens évidemment au candidat du Rassemblement National. Marine Le Pen, et d'ailleurs c'est une de ses grandes forces, a eu le courage de favoriser l'émergence de talents sous, comment dire, alors qu'elle avait le plus d'influence politique. Je ne connais pas d'équivalent dans le paysage politique français d'une femme d'État, d'un homme d'État d'ailleurs, qui est capable, une fois plus, au moment où elle a le plus d'influence politique, le plus de pouvoir, de favoriser l'émergence de talents qui sont capables de prendre sa succession.

25:16
Présentateur

Vous disiez à l'instant que vous aviez changé d'avis sur cette phrase qui vous choquait beaucoup. À l'époque, on vient d'entendre Marine Le Pen, avec moi, il n'y aurait pas eu de terroriste du Bataclan. Vous pensez vraiment être à l'abri d'attentats terroristes si vous arrivez au pouvoir ?

25:28
Jean-Philippe Tanguy

Non, bien sûr, personne ne peut promettre être à l'abri d'attentats terroristes. Donc c'est du populisme ? Non, ce n'est pas du populisme, c'est que par contre, on peut limiter tous les risques et faire en sorte que tous les risques soient le plus limité possible. Or, l'absence de contrôle des frontières, l'incapacité politique, l'absence de courage à condamner les islamistes et la toute théorie islamiste et d'autres, parce que moi, vous savez, je suis pour aussi déchoir de la nationalité, des gens qui ont des idées nazies. Moi, je suis pour interdire toutes les idées haineuses et toutes les idées de sédition.

Il se trouve qu'aujourd'hui, les plus dangereuses et les plus offensives sont les idées islamistes. Mais vous voyez, lorsqu'il y a eu la manifestation, le comité du 9 mai, vous pouvez vérifier que je le fais, j'ai fait un tweet pour demander la dissolution des nazillons qui défilent à Paris. J'ai reçu 53 menaces de mort qui ont donné lieu à 53 plaintes. Donc, je ne suis pas aveugle sur les autres menaces qui peuvent venir de l'extrême droite. Mais la principale, aujourd'hui, c'est l'islamisme.

26:24
Présentateur

Une question de Régis. Pourriez-vous être Premier ministre et de qui ?

26:28
Jean-Philippe Tanguy

C'est une question dont je n'ai pas la réponse. De qui ? En tout cas, d'un patriote. D'une patriote.

26:35
Présentateur

Une question de Yacine sur Instagram. Le RN, après avoir volé le peuple, est-il compatible avec la fonction d'État ?

26:41
Jean-Philippe Tanguy

Même les ennemis et les adversaires de Marine Le Pen reconnaissent qu'elle n'a pas volé le peuple. Il n'y a pas eu d'enregistrement personnel. Il y a eu,

26:48
Présentateur

selon la première instance, des tournements

26:50
Jean-Philippe Tanguy

d'argent public. Partisans. Ils considèrent que le parti a utilisé des fonds qui auraient été utilisés pour travailler pour le Parlement européen. Mais cet argent aurait été dépensé. Même nos adversaires reconnaissent qu'elle n'a pas volé le peuple. Là aussi, vous savez, il faut aussi résister au populisme dans tous les sens. Et Marine Le Pen a une grande vertu. C'est qu'elle n'accable pas ses adversaires de reproches qu'elle ne voudrait pas qu'on lui fasse à elle. Je peux vous donner beaucoup d'exemples où Marine Le Pen n'a pas boyé avec les loups. Et c'est dommage que la réciproque ne soit pas appliquée.

27:17
Présentateur

Vous ne vous considérez pas comme populiste, Jean-Philippe ?

27:20
Jean-Philippe Tanguy

Si, si, je revendique le terme de populiste. Alors, le terme de populiste, ce n'est pas la démagogie. Malheureusement, il est souvent confondu. Le populisme, c'est un beau courant politique qui prend ses racines dans la Rome antique, dans les conflits entre les patriciens et les populistes, les popularesses, dont Jules César et d'autres. Ce n'est pas vraiment l'exception d'aujourd'hui, en effet. Effectivement, mais c'est dévoyé. La démagogie, ce n'est pas le populisme. Et en même temps,

27:39
Présentateur

vous venez de critiquer le populisme, il y a une minute.

27:42
Jean-Philippe Tanguy

Ah, je me suis trompé de terme sur l'étude démagogique.

27:45
Présentateur

Êtes-vous favorable à l'union des droites ?

27:47
Jean-Philippe Tanguy

Non. Je suis défavorable à cette notion. Je pense en bongoliste ou en gaullien qu'on doit dépasser les clivages partisans, qu'on doit rassembler les Français autour de l'idéal national, de l'idéal républicain, d'un idéal de civilisation français, tel que le général de Gaulle le voulait. Il y a des gens de droite avec qui je ne partage pas ses convictions. Il y a des gens de droite qui sont pour la fédéralisation européenne. Il y a des gens de droite qui sont pour que le marché passe avant l'humain. Il y a des gens de droite qui pensent qu'il faut que, comment dire, que la nation française ou la civilisation française se dissolve dans l'américanisation ou dans la mondialisation. Voilà.

Êtes de droite, ce n'est pas une identité politique suffisante. Et vous avez des gens de gauche républicains qui sont plus proches de nous que des gens de droite macronistes. Êtes-vous de droite ? Non, je ne me définis jamais automatiquement comme ça. Ce n'est pas que j'en ai honte, ce n'est pas affamant, loin de là, mais je pense que c'est réducteur.

28:38
Présentateur

Dans son livre, Jordan Bardella souligne les victoires futures passeront par l'unité du camp patriote par une capacité à agréger les orphelins d'une droite plus orléaniste. Vous partagez cette stratégie ou ce n'est pas la vôtre ?

28:49
Jean-Philippe Tanguy

Je ne pense pas que les héritiers de la droite orléaniste pourront se reconnaître en nous. Je l'espère. Peut-être que Jordan Bardella me démentira dans cette volonté de séduire les électeurs de la droite orléaniste. Mais la droite orléaniste, je ne pense pas qu'ils partagent un certain nombre d'analyses. Alors, on peut changer, on peut changer d'avis, évidemment. Il faut rassembler un maximum de personnes. Mais je pense que la droite orléaniste, et d'ailleurs, c'est son droit et c'est sa liberté, n'est pas sur notre ligne.

Et quand ils sont avec nous et quand ils ont été avec nous dans le passé, notamment, j'en ai parlé à l'âge avec le général de Gaulle, ils nous ont trahis, ils nous ont plantés. Donc, je préfère qu'ils restent loin de nous.

29:23
Présentateur

Connaissez-vous Pierre-Edouard Sterrin ?

29:25
Jean-Philippe Tanguy

Je le connais de réputation puisque le tout Paris ne parle que de cet individu. Comment vous le décririez ? Comme un exilé fiscal.

29:34
Présentateur

Un sondage qu'il a commandé via le think tank Hexagone a testé le 5 mai dernier uniquement la candidature de Jordan Bardella excluant celle de Marine Le Pen. Vous êtes intervenu personnellement pour que Marine Le Pen soit testée au risque de l'effet stressant, non ?

29:51
Jean-Philippe Tanguy

Non, je ne pense pas parce qu'un sondage de 10 000 personnes, ça fait du bruit. Surtout qu'à l'origine, il devait sortir le 1er mai, le jour de notre grand meeting de Narbonne avec 5 000 personnes. Donc, c'est évidemment un projet politique. Et derrière ça, il y a quoi ? Parce que les gens vont se dire qu'il est dingue. Les sondages, comme d'autres choses, ce sont une arme politique. Donc, moi aussi, je suis assez transparent avec les Françaises et les Français. La politique, ce n'est pas le monde des bisounours.

Il y a des coups bas, il y a non pas des grands complots mais des petites affaires et il y a des gens qui s'agitent avec quelques d'argent pour favoriser ou défavoriser tel ou tel candidat et faire des petits coups. Et donc, il y a encore des gens loyaux et dignes dans son pays qui ne veulent pas qu'on trahisse la démocratie et qui m'ont averti que ce sondage était fait et je me félicite de l'avoir déjoué pour un débat démocratique de qualité. Et si ça concernait la gauche, je dirais la même chose.

30:33
Présentateur

Il ne s'est pas rendu Pierre-Edouard Sterrain à la commission d'enquête présidée par vos collègues Thomas Cazenave à l'Assemblée Nationale sur la démocratie. Une commission d'enquête qu'il préside sur la démocratie, l'organisation des élections en France, les sondages, l'abstention avec le député La France Insoumise Antoine Léomand. Est-ce qu'il a eu raison de ne pas s'y rendre ?

30:53
Jean-Philippe Tanguy

Absolument pas. La loi, c'est qu'on doit se rendre aux commissions d'enquête. Moi, j'ai présidé une commission d'enquête sur les ingérences et j'ai moi-même procédé d'un certain nombre de plaintes pour des gens qui ne voulaient pas s'y rendre et j'ai envoyé la marée-chaussée pour aller en chercher un et qui viennent s'expliquer. Donc non, les Françaises et les Français sont égaux en droit et en devoir devant la loi et ce n'est pas parce qu'on est milliardaire qu'on doit s'extraire des lois sous des prétextes fallacieux et ça en revient à ce que je disais, ce que j'appelle la menace de l'extrême argent. Il y a des gens qui pensent que tout s'achète, y compris la démocratie.

Eh bien moi, je pense que la démocratie n'a pas de prix.

31:24
Présentateur

Donc ils ont raison, vos collègues, de le convoquer. Parce que celui dont vous parlez comme un exilé fiscal, moi je n'ai pas les informations pour vérifier si c'est toujours le cas ou si ça l'a été.

31:33
Jean-Philippe Tanguy

Son excuse d'ailleurs de ne pas venir, c'est qu'il était en Belgique.

31:36
Présentateur

En tout cas, lui, il rend en visite, il voit vos alliés, vos collègues, Marine Le Pen, Jordan Bardella.

31:43
Jean-Philippe Tanguy

Oui, mais moi aussi j'étais dans ces fichiers. Alors il faut aussi se méfier de ces gens qui font beaucoup parler d'eux. C'est un peu ce qu'avait fait en Russie Trump il y a très longtemps, dans une beaucoup moindre envergure. Mais c'est avec très peu d'argent faire parler de soi partout et donc ça fait aussi partie des gens qui se font mousser à notre détriment. Voyons, on ne parle que de lui alors que personne, enfin les Français ne savent pas qui c'est. Il n'a aucun rôle politique et il y a un certain nombre de médias qui je pense en font trop et je les invite franchement en toute sincérité à ne pas donner trop de crédit à des gens qui se donnent une influence qu'ils n'ont pas.

32:13
Présentateur

En tout cas, vous ne souhaitez pas que ce que vous appelez le camp patriote soit financé par lui à vous entendre ?

32:18
Jean-Philippe Tanguy

Non, mais pas du tout. Déjà, je ne vois pas comment en tant que patriote on peut accepter de l'argent d'exilés fiscaux. Je suis désolé, on est patriote, on ne l'est pas. Et donc, quand on estime qu'on peut s'absoudre de la solidarité nationale, c'est lamentable. S'il n'est pas content des impôts en France, il fallait s'engager politiquement pour combattre ceux qui ont mis ses impôts mais la démocratie ne s'est pas à la carte et on n'accepte pas les lois juste quand elle les arrange tout en gardant sa nationalité. Donc, je ne suis pas d'accord avec ce genre de comportement et je ne vois pas pourquoi je lui ferai une exception parce que monsieur est milliardaire.

32:46
Présentateur

Mais vous pensez que cette position elle est celle de l'intégralité du Rassemblement National ? Je ne sais pas, c'est la mienne.

32:52
Locuteur non identifié

Sens politique, l'archive de l'invité. Tout sera bouché, tout sera investi, il restera la mer quand même, les océans, et puis la lecture. Les gens vont redécouvrir ça. Un homme, un jour, on lira et puis tout recommencera. Tout en repassera par la gratuité. C'est-à-dire que les réponses à ce moment-là, elles sont moins écoutées. Ça commencera comme ça par une indiscipline, un risque pris par l'homme envers lui-même. Un jour, il sera seul de nouveau avec son malheur et son bonheur mais qui lui viendront de lui-même.

33:51
Présentateur

Pourquoi vous avez choisi la voix de Marguerite Duras à la télévision dans l'émission Les 7 chocs de l'an 2000 sur Antenne 2 le 25 septembre 1985 ? Jean-Philippe Tanguy.

34:01
Jean-Philippe Tanguy

Je vous remercie d'avoir choisi cet extrait. La première chose que je trouve remarquable c'est qu'elle parle comme elle écrivait. Et c'est assez rare d'avoir une artiste, un écrivain qui traduit par son phrasé la quatessence de ce qu'elle arrivait à produire à l'écrit et c'est la liberté. Je suis Marguerite Duras qui a évidemment des engagements très différents du mien. Elle était membre du parti communiste mais c'était avant tout une femme libre, incroyablement libre et qui mettait la culture et l'intelligence humaine et donc la liberté puisqu'elle en vient, la liberté et la fille de l'intelligence au-dessus de tout.

Et on voit notamment ce qu'ont dit ses propos sur le rôle de la gratuité, sur le rôle de la culture, de ce qui ne s'achète pas, de ce qui ne peut pas se vendre est fondamental dans notre civilisation et dans la vision de l'homme que nous devrions, en tout cas que j'espère que nous allons avoir et on ne peut pas fonder une société de justice, une société démocratique sans, pas ce culte, parce que ce serait renié à l'intelligence, mais ce respect de ce qui n'a pas de prix.

35:02
Présentateur

Est-ce que malgré tout il faut lui consacrer de l'argent public à la culture ?

35:06
Jean-Philippe Tanguy

Ah bah bien sûr, consacrer de l'argent public à la culture, ce n'est pas lui donner un prix, c'est lui donner une valeur.

35:11
Présentateur

Est-ce que dans votre contre-budget présenté en octobre, elle prend un sacré coût la culture ?

35:15
Jean-Philippe Tanguy

Non, c'est que nous concentrons les moyens sur ce qui nous paraît le plus nécessaire, le plus efficace. Je donne un exemple, le Pasculture pouvait être une bonne idée, malheureusement, il est dévoyé pour financer des oeuvres qui n'ont pas à être soutenues particulièrement.

35:29
Présentateur

Ça marche très bien en tout cas, le Pasculture.

35:30
Jean-Philippe Tanguy

Beaucoup de jeunes en profitent. Oui, mais dans des oeuvres qui, à mon avis, l'école doit aussi sortir les jeunes et les enfants de leur zone de confort et financer l'achat de mangas ou de concerts qu'on peut, auquel ils seraient allés naturellement, ce n'est pas pour moi le rôle.

35:48
Présentateur

Il faut flécher le Pasculture sur certaines oeuvres.

35:51
Jean-Philippe Tanguy

Enfin, sur certaines catégories d'oeuvres. C'est-à-dire, il faut sortir, et c'est le rôle des professeurs aussi qui connaissent leurs élèves, de les sortir de leur zone de confort. que je ne sais pas quelle vie j'aurais eue si je n'avais pas rencontré des professeurs qui m'ont conseillé des lectures, conseillé des oeuvres, conseillé d'écouter d'autres musiques que je n'aurais pas écoutées naturellement. Le rôle de l'école...

36:07
Présentateur

Donc, on enlève le manga du Pasculture.

36:09
Jean-Philippe Tanguy

Oui, mais le manga ou d'autres choses. Mais il faut que l'école retrouve sa vocation d'excellence et de sortir les enfants de leurs conditions familiales ou culturelles, d'ouvrir, d'ouvrir l'horizon. C'est aussi un beau mot de Marguerite Duras. Ouvrir l'horizon. Et pour finir aussi sur Marguerite Duras, c'est très beaucoup sur la solitude, le sentiment de solitude et à quel point l'art et qu'il voit aussi la politique permet, la disait, écrire, c'est hurler sans bruit. Et la politique, c'est un peu l'esprit que vous avez montré tout à l'heure sur Silence pour la France et aussi ce sentiment. Faire de la politique, c'est hurler, s'indigner, se révolter sans bruit inutile.

36:50
Présentateur

Je reviens un instant sur le budget de la culture que vous présentez au mois d'octobre, baisse des dépenses de fonctionnement opéra et théâtre, baisse du soutien au spectacle vivant, baisse du soutien à l'emploi des artistes, baisse de la recherche culturelle, baisse du soutien aux arts visuels. 300 millions d'euros.

37:05
Jean-Philippe Tanguy

Oui, mais une fois plus, comment dire, je considère que l'État intervient aussi trop dans la liberté culturelle. Je me souviens de réflexions, c'était Josiane Balasco quand j'étais beaucoup plus jeune, par exemple, qui était très critique de l'emprise aussi de l'État sur la liberté culturelle. Il ne faut pas que l'État remplace les artistes.

37:25
Présentateur

Mais ce n'est pas le cas aujourd'hui.

37:26
Jean-Philippe Tanguy

Ah, si, si. Aujourd'hui, il y a une culture, le ministère de la culture a une emprise et dicte des choix culturels de manière beaucoup trop importante à mes yeux.

37:35
Présentateur

C'est-à-dire ?

37:37
Jean-Philippe Tanguy

Je trouve, comme dans le monde universitaire, pour avoir, vous avez dit, j'ai fait des études littéraires dans la marginalité. J'avais toujours l'impression qu'on ne respectait pas des gens qui chérissaient la culture, qui aimaient la culture classique, mais qui n'avaient pas la vision de la majorité au pouvoir. On ne respecte pas un certain nombre de minorités qui considèrent que la culture classique, la représentation classique d'un certain nombre d'œuvres est aussi légitime que d'autres.

38:02
Présentateur

Mais attendez, je n'ai pas les subventions sous les yeux, mais je connais bien quand même ce pays, ces territoires et les budgets du ministère de la Culture. La culture classique, elle est financée encore aujourd'hui par l'État, Jean-Philippe Tanguy.

38:15
Jean-Philippe Tanguy

Je l'estime qu'elle n'est pas financée à due proportion de ce qu'elle représente dans notre héritage.

38:18
Présentateur

Mais vous ne proposez pas d'augmentation sur ça dans votre budget ?

38:20
Jean-Philippe Tanguy

On propose un recentrage.

38:23
Présentateur

Vous disiez en effet que les lectures ont marqué votre engagement, Jean-Philippe Tanguy. Lesquelles en particulier ?

38:28
Jean-Philippe Tanguy

C'est une autre Marguerite, c'est Marguerite Ursenar. Plus importante dans mon parcours, c'est Marguerite Ursenar en particulier. Ce n'est pas très original mais c'est les mémoires d'Adrien que je relis chaque année. Je suis fasciné par la capacité de Marguerite Ursenar à incarner à tel point une époque et un personnage. On a l'impression vraiment de vivre la vie d'Adrien à travers elle. Je suis fasciné par cette femme et par la beauté de son oeuvre. On ne s'ennuie jamais à la relire même chaque année. Je suis assez fasciné par l'oeuvre de cette femme.

39:02
Présentateur

Une question de François sur Instagram. Quel est votre écrivain étranger préféré ?

39:07
Jean-Philippe Tanguy

Vous me posez une colle. C'est-à-dire que c'est un écrivain étranger mais vous le citez c'est Machiavel. Est-ce que c'est un écrivain ? Bonne question. En tout cas, il est florentin.

39:18
Présentateur

Un dernier mot sur le budget puisque c'est quand même ce qui va occuper le gouvernement et sans doute aussi vous puisque c'est votre spécialité Jean-Philippe Tanguy. Vous avez vu cette alerte du Fonds Monétaire International qui se penche sur la France et sa situation. Est-ce qu'il faut écouter ces recommandations qui demandent des décisions difficiles pour redresser les comptes ?

39:37
Jean-Philippe Tanguy

Il ne faut pas que nous croyions que la France serait un pays différent qui ne peut pas respecter un certain nombre de lois de bonne gestion. Ce qui est très inquiétant depuis 2022 c'est l'absence totale de pilotage des dépenses. Nous sommes à l'aveugle. Lors des dernières législatives j'avais essayé d'alerter sur le fait que les commissaires aux finances par exemple ne comprenaient plus la dépense publique. Nous ne comprenons plus pourquoi la dépense publique augmente autant et pourquoi les recettes déraillent autant. Donc il y a une absence de compréhension de ce qui se passe.

40:03
Présentateur

C'est-à-dire ? Parce qu'il manque des documents nous recevons Charles de Courson la semaine prochaine.

40:07
Jean-Philippe Tanguy

Vous verrez je pense que Charles de Courson je ne parle pas à sa place mais je pense qu'il aura un diagnostic très proche. Alors lui-même a des pouvoirs supplémentaires et il est lui-même allé vérifier au ministère de l'économie les raisons du dérapage de 40 à 60 milliards dans les prévisions de recettes et il en est revenu je pense avec la certitude que un certain nombre de responsables politiques s'étaient défaussés sur les fonctionnaires pour mentir aux françaises et aux français dans une année électorale. Pierre Moscovici dit la même chose il dit que les dépenses ne sont plus pilotées qu'elles sont hors contrôle.

Quand on connaît la prudence des magistrats financiers de la Cour des comptes ces mots sont extrêmement forts et là on a un vrai problème et ça vient d'où ? C'est-à-dire que les antiparlementaristes ont toujours mis sur le dos du Parlement le déficit budgétaire. Or les deux années les pires de contrôle budgétaire de toute la Vème République ce sont les deux années où c'est le gouvernement avec le 49-3 qui a écrit du début à la fin l'ensemble du budget.

40:54
Présentateur

Il y a déjà eu des 49-3 sur le budget auparavant et on n'entendait pas des commissaires aux finances dire la même chose que vous.

41:00
Jean-Philippe Tanguy

Écoutez, en tout cas les années de Mme Borne et de Mme Attal où ils ont écrit le budget de A à Z encore cette année M. Barnier ce sont les pires budgets alors qu'ils ont tout contrôlé dans les couloirs de Matignon et de Bercy donc on voit bien que le Parlement c'est un lieu de contrôle c'est un lieu de suivi et que quand on prive la parole et le contrôle du Parlement et bien c'est la catastrophe.

41:18
Présentateur

Qu'est-ce que vous demandez en un mot pour être mieux informé ?

41:22
Jean-Philippe Tanguy

La démocratie le respect du Parlement et des votes des Français dans leur diversité que ce soit les députés du Rassemblement ou d'autres partis. Plus de 49-3 sur les budgets ? En tout cas pas dans ces conditions il peut y avoir un 49-3 c'est le général de Gaulle qui l'a prévu mais là ça devient une facilité pour couper outrepasser la démocratie.

41:39
Présentateur

Merci Jean-Philippe Tanguy député RN d'être venu dans Sens Politique vous pouvez retrouver cette émission et toutes les autres sur franceculture.fr et sur l'application Radio France. Je rappelle pour toutes celles et ceux qui se posent la question sur le choix de nos invités que nous respectons les règles de l'ARCOM qui imposent le pluralisme en fonction des forces politiques au gouvernement et au Parlement y compris hors période électorale. Merci à Léa Varin qui m'a aidé à préparer cette émission à la réalisation Luc-Jean Reynaud à la technique Ludovic Auger et à la vidéo Félix Delacour. Très bel après-midi sur France Culture.