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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 11 février 2026 18 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsLogementÉducation & rechercheSolidarités & famille

Le vrai visage de Rachida Dati : grande ambition, peu de convictions (mais beaucoup de com)

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 55 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteÉludée

    Est-ce qu'en partant divisé, la gauche peut gagner ?

  • 1:04OuverteRéponse directe

    Pourquoi d'après vous, je suis maire du 7e arrondissement ?

  • 2:55RelanceRéponse directe

    Est-ce qu'il faut effectivement, il y a eu des violences, il y a eu des gens qui sont morts, il faut qu'on ait ce débat ?

  • 3:43RelanceRéponse partielle

    Un détail de taille : 82 000 postes supprimés à l'éducation nationale sous Sarkozy.

  • 4:42OuverteRéponse directe

    Regardez l'école publique, aujourd'hui, l'état de l'école publique.

  • 7:23RelanceRéponse partielle

    Vous avez eu raison de vous opposer à la tour triangle ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:28Invité politiqueFait
    « Pourquoi d'après vous, je suis maire du 7e arrondissement ? »
  • 2:30Invité politiqueFait
    « Vous savez que la majorité, y compris à gauche, regardez à gauche, ils souhaitaient que j'aille, moi je me souviens, ils m'ont proposé d'être investi à Poissy ou en fonction d'endroits où il y avait une forte population immigrée. »
  • 2:41Invité politiqueFait
    « Nicolas Sarkozy a dit, c'est une erreur. C'est dans le 7e arrondissement où elle devrait être élue. »
  • 2:55Invité politiqueFait
    « Après la mort du jeune Naël, quand on disait, est-ce qu'il y a, est-ce que la police peut commettre des violences et tout, on a dit, non, non, circuler, il n'y a rien à voir. Il faut qu'on ait ce débat. »
  • 3:14Invité politiqueFait
    « C'est une société qui devient de plus en plus inégalitaire. »
  • 3:21Invité politiqueFait
    « Est-ce qu'on a rendu l'école plus égalitaire ? Est-ce qu'on donne envie ? Est-ce qu'on a une société qui promeut l'ascension sociale, la promotion sociale ? »
  • 3:50PrésentateurChiffre
    « 82 000 postes ont été supprimés à l'éducation nationale. »
  • 7:36Invité politiqueFait
    « Aujourd'hui, cette tour n'est pas encore terminée, mais elle est déjà le symbole de cet urbanisme imposé, contesté, déconnecté des Parisiens. »
  • 7:49Invité politiqueFait
    « On autorise des surélévations, on densifie sans aucune cohérence, mettre fin à la surdensification et rendre le logement accessible aux familles. »
  • 8:23Invité politiqueFait
    « On a eu une discussion là-dessus parce qu'en 2009, on était favorables. Nicolas Sarkozy l'avait soutenu dans son discours sur le Grand Paris. »
  • 8:31Invité politiqueFait
    « Moi, j'ai trouvé dommage qu'on ne puisse pas en parler de manière plus consensuelle et de manière plus apaisée. »
  • 11:05InvitéFait
    « Irez-vous manifester le 13 janvier contre le mariage homosexuel ? »
  • 11:09Invité politiqueFait
    « On n'a pas vu les modalités d'organisation. Donc cette manifestation, d'ailleurs, ce n'est pas l'UMP qui est à l'origine de la manifestation. Donc irez-vous manifester ? On est en train de voir les modalités d'organisation et de manifestation avec l'UMP. Ça dépend. »
  • 13:14PrésentateurChiffre
    « Elle est accusée d'avoir perçu 900 000 euros d'honoraires pour faire du lobbying alors qu'elle était eurodéputée. »
  • 14:48Invité politiqueFait
    « Que l'UMP, que notre parti, reste effectivement un parti de droite. »
  • 14:56Invité politiqueFait
    « Je suis une femme de droite, une restaurante de droite, une politique de droite. »

Temps de parole

  • Présentateur64 %
  • Rachida Dati29 %
  • Invité3 %

0,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Est-ce qu'en partant divisé, la gauche peut gagner ? À un an de la présidentielle, c'est la question que se posent tous les états-majors. De Marseille à Lille, en passant par Paris, les municipales de mars prochain serviront d'ailleurs de laboratoire grandeur nature. À Paris, justement, une candidate retient particulièrement l'attention. Par son parcours politique atypique, par son tempérament explosif, son bagout, son franc-parler, vous voyez de qui je parle ? Non ? Je vous donne trois indices. Indice numéro un, on l'oublie trop souvent, mais elle a commencé son parcours politique du côté du Parti Socialiste. Deuxième indice, elle a ensuite lâché le PS pour rejoindre la galaxie sarkoziste.

Dernier indice, cette candidate à la mairie de Paris sera bientôt jugée dans un procès qui ne passera pas inaperçu. Vous avez trouvé ? Non ? Je veux bien sûr parler de Rachida Dati. Vous le savez, au football, la VAR, c'est l'assistance vidéo à l'arbitrage. Et aux médias, la VAR, c'est la vérification de la parole des politiques. Dans ce nouvel épisode, on va passer au ralenti les déclarations de Rachida Dati, la candidate de droite qui pourrait ravir aux socialistes la mairie de Paris. Mais avant ça, ce message du média pour vous rappeler que nous avons besoin de vous pour nous aider à continuer à vous informer et à créer un paysage audiovisuel plus juste, plus social et plus solidaire.

Pour soutenir le média, vous pouvez vous abonner ou faire un don défiscalisé. Grâce à vous, le combat peut continuer. En raison de mon parcours personnel, j'ai été naturellement attiré par la gauche. Ce n'est pas moi qui le dis, ce sont les mots de Rachida Dati. Des mots pour expliquer pourquoi son nom figurait sur la liste du Parti Socialiste aux élections européennes de 1994, avant d'être retiré à sa demande. Ce n'est pas le moindre de ces paradoxes. Rachida Dati, figure emblématique de la droite sarcosiste, a d'abord misé sur ses connexions avec la gauche mitterrandienne pour entrer en politique.

Mais si elle a finalement refusé de se retrouver en 54e position sur la liste conduite par Michel Rocard, autant dire une place de figuration forcément inéligible, d'autres propositions d'investiture lui ont été faites.

2:28
Rachida Dati

Pourquoi d'après vous, je suis maire du 7e arrondissement ? Vous savez que la majorité, y compris à gauche, regardez à gauche, ils souhaitaient que j'aille, moi je me souviens, ils m'ont proposé d'être investi à Poissy ou en fonction d'endroits où il y avait une forte population immigrée. Et Nicolas Sarkozy a dit, c'est une erreur. C'est dans le 7e arrondissement où elle devrait être élue.

2:46
Présentateur

Mais si pour faire carrière en politique, Rachida Dati a finalement basculé à droite, elle tient parfois un discours très ancré à gauche. Écoutez plutôt.

2:55
Rachida Dati

Après la mort du jeune Naël, quand on disait, est-ce qu'il y a, est-ce que la police peut commettre des violences et tout, on a dit, non, non, circuler, il n'y a rien à voir. Il faut qu'on ait ce débat. Est-ce qu'il faut effectivement, il y a eu des violences, il y a eu des gens qui sont morts, il faut qu'on ait ce débat. C'est une société qui devient de plus en plus inégalitaire. Depuis les Gilets jaunes, est-ce qu'on a réglé quelque chose ? Très franchement, dans le fond du fond. Est-ce qu'on a rendu l'école plus égalitaire ? Est-ce qu'on donne envie ? Est-ce qu'on a une société qui promeut l'ascension sociale, la promotion sociale ? On est plus dans la reproduction sociale.

3:32
Présentateur

Violence policière, société inégalitaire, échec de l'école publique, reproduction sociale, c'est simple, on dirait du bourdieu. On dirait un discours de gauche, un vrai. Sauf que Rachida Dati oublie un détail. Un détail de taille. Pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy, dont elle a été la porte-parole de sa campagne, puis sa ministre de la justice, 82 000 postes ont été supprimés à l'éducation nationale. 82 000 en 5 ans. Soit presque 10% des effectifs passaient à la trappe sous Nicolas Sarkozy.

Alors quand Rachida Dati se plaint de l'état de l'école publique, quand elle dénonce le manque de profs, quand elle parle de reproduction sociale, il faut aussi rappeler que sous Macron, dont elle est encore pour quelques jours la ministre de la culture, sous Macron donc, des postes de profs continuent d'être supprimés. 4 000 postes d'enseignants en moins, rien que pour la rentrée 2026. En fait, Dati critique les conséquences de ce qu'elle a contribué, et contribue encore à détruire. Mais ce n'est pas tout. Écoutez-la encore.

4:42
Rachida Dati

Regardez l'école publique, aujourd'hui, l'état de l'école publique. Regardez l'école publique dans certains territoires. D'ailleurs, beaucoup la déserte. On va vous dire, il y a des profs devant chaque élève. OK. Mais quand vous mettez un CE1, un CE2, un CM2, tout dans la même classe avec un prof, comment voulez-vous que le CP suive avec le CM2 ? Mais parce qu'effectivement, il n'y a pas les profs, ils ne sont pas évidemment, ils sont moins reconnus, ils sont moins bien traités. Donc finalement, ceux qui sont soit un peu éduqués, par exemple, on est plus dans la reproduction sociale. Vous êtes enfant de prof, vous y arrivez à peu près.

Sinon, vous enlevez vos enfants, puis vous les mettez dans les écoles privées.

5:18
Présentateur

Enlever ces enfants des écoles publiques pour les mettre dans le secteur privé, Rachida Dati décrit là parfaitement le résultat de la politique menée par son propre camp. C'est ça le grand écart à la Dati. Tenir un discours avec des marqueurs de gauche sur les inégalités, la reproduction sociale ou encore les violences policières, tout en participant à des gouvernements qui aggravent ces problèmes. C'est à se demander si, au fond, Dati, ce ne serait pas beaucoup de communication, d'agitation, mais peu de fond ou de réelles convictions. La stratégie du buzz, Rachida Dati l'a parfaitement intégrée dans sa campagne électorale pour la mairie de Paris.

Une communication à outrance, avec des vidéos virales, comme une arme électorale. On va d'abord remonter dans le temps. En mars 2013, sur le plateau du Grand Journal, Dati assiste à une discussion entre des spécialistes de la communication politique. Et elle écoute attentivement.

6:19
Invité

Dans le brouhaha médiatique, il faut donner un son différent pour attirer l'attention, pour se faire entendre. On est dans une forme de dictature du buzz. En gros, plus on parle fort, plus on va loin dans l'outrance verbale, et plus on se fait remarquer, et remarquer de qui ? En gros, c'est celui qui fait le plus de bruit, celui qui va se faire le plus remarqué, qui aura gagné la partie médiatique.

6:40
Présentateur

Autant de leçons que Rachida Dati semble avoir parfaitement retenues pour sa campagne des municipales de 2026. Son clip de campagne, tourné avec des éboueurs, où elle promet de rendre Paris propre, en est la parfaite illustration. Le buzz, ça fonctionne. Son équipe revendique plus de 10 millions de vues, tous réseaux sociaux confondus.

7:02
Invité

Ah c'est à vous ? Ah bah je vais vous la vider.

7:04
Présentateur

Mais à force de surcommuniquer, en multipliant les vidéos sur les réseaux, Rachida Dati refait ce qui est devenu sa marque de fabrique, le grand écart. Grand écart entre ses paroles et ses actes, grand écart entre hier et aujourd'hui, comme on va le voir au travers de trois exemples. Le premier, c'est la tour triangle. Dans une vidéo, Rachida Dati dénonce avec beaucoup de virulence la construction de cette tour de bureau de 180 mètres de haut, au sud de Paris, dans le 15e arrondissement.

7:36
Rachida Dati

Aujourd'hui, cette tour n'est pas encore terminée, mais elle est déjà le symbole de cet urbanisme imposé, contesté, déconnecté des Parisiens. On autorise des surélévations, on densifie sans aucune cohérence, mettre fin à la surdensification et rendre le logement accessible aux familles. avec de vrais logements familiaux et une hauteur d'immeubles maîtrisés, adaptés au quartier.

8:00
Présentateur

Un discours écologiste, anti-béton, anti-urbanisme sauvage, un discours très à gauche d'ailleurs. Sauf qu'en 2015, au Conseil de Paris, Rachida Dati a voté pour la construction de cette tour triangle qu'elle dénigre aujourd'hui. Et ce revirement, elle l'avait déjà assumé quelques mois plus tôt.

8:20
Invité

Vous avez eu raison de vous opposer à la tour triangle ?

8:23
Rachida Dati

On a eu une discussion là-dessus parce qu'en 2009, on était favorables. Nicolas Sarkozy l'avait soutenu dans son discours sur le Grand Paris. Moi, j'ai trouvé dommage qu'on ne puisse pas en parler de manière plus consensuelle et de manière plus apaisée. Pour faire de l'opposition vis-à-vis d'Anne Hidalgo, c'est au détriment des Parisiens. Moi, je défends les Parisiens et les Parisiennes et je m'oppose de manière très constructive. Il y a des terrains d'entente que je peux avoir avec Anne Hidalgo. Il y a d'autres sujets sur lesquels on peut s'opposer. Sur le logement social, on a des sujets de discussion.

Mais par exemple, sur la tour triangle, moi, je trouve que là-dessus, on a peut-être été un peu trop politicien.

9:00
Invité

Un peu trop politicien. C'est l'écueil qu'il faut éviter.

9:03
Rachida Dati

Je trouve qu'il faut l'éviter parce que sinon, vous savez, on écoeure nos électeurs. On écoeille en particulier les Parisiens.

9:09
Présentateur

Rachida Dati a raison. Son attitude a de quoi écoeurer les électeurs. La voilà qui, en 2014, reproche à son propre camp d'être trop politicien en s'opposant à la tour triangle. En 2026, elle dénonce un urbanisme hors sol imposé contre l'avis des Parisiens qu'elle a elle-même approuvé. C'est encore une fois le grand écart façon Dati. Le genre de cascade à ne pas reproduire chez vous. Laissez ça aux professionnels de la politique. Autre exemple avec le droit des personnes LGBT. Dans un de ses clips de campagne, Rachida Dati se met en scène dans le quartier du Marais, quartier historiquement gay-friendly de Paris.

Elle y fait la tournée des bars, se présente comme une alliée de la communauté LGBT contre les discriminations.

9:58
Invité

Et sur les minorités, au sens large, c'est la lutte contre les discriminations.

10:04
Présentateur

Sourire aux lèvres, ambiance bon enfant, Rachida Dati, amie des LGBT. Lors d'un débat télé avec des citoyens, elle a pourtant été interpellée sur la présence sur ces listes d'opposants au mariage pour tous.

10:18
Invité

Sur votre liste, vous avez au moins cinq personnes qui ont voté contre le mariage pour tous et qui étaient membres de la manif pour tous dans votre équipe. La lutte contre l'homophobie, c'est un fléau de la société qui est encore important aujourd'hui. Comment est-ce que vous pouvez justifier, vouloir être maire de Paris et donc défendre les intérêts de la communauté homosexuelle LGBT parisienne et en ayant sur sa liste des membres qui ont voté contre l'avancée majeure en faveur des droits des personnes homosexuelles en France ?

10:45
Rachida Dati

Ce qui n'est pas mon cas. Je n'ai jamais manifesté.

10:48
Présentateur

Vous avez dit que c'était une équipe. Je n'ai jamais manifesté. Voilà la défense de Rachida Dati. Sauf qu'elle était prête à le faire. Écoutez ce qu'elle disait fin 2012 quand on lui demandait si elle irait manifester contre les droits des personnes LGBT.

11:05
Invité

Irez-vous manifester le 13 janvier contre le mariage homosexuel ?

11:09
Rachida Dati

On n'a pas vu les modalités d'organisation. Donc cette manifestation, d'ailleurs, ce n'est pas l'UMP qui est à l'origine de la manifestation. Donc irez-vous manifester ? On est en train de voir les modalités d'organisation et de manifestation avec l'UMP. Ça dépend. J'appartiens à l'UMP. D'accord.

11:23
Présentateur

En 2012, Dati ne dit pas non. Elle attend de voir les modalités. Elle envisage sérieusement de manifester contre le mariage pour tous. Il faut aussi se souvenir qu'en tant que députée européenne, Rachida Dati s'est courageusement abstenue en 2018 lors d'un vote au Parlement européen demandant l'interdiction des thérapies de conversion pour les personnes homosexuelles. Aujourd'hui, elle fait tranquillement la tournée des parts du marais alors qu'hier, elle envisageait de manifester contre le mariage pour tous et que sur ces dix, pour les municipales, figurent plusieurs anciens membres de la très très homophobe manif pour tous. Encore une fois, le grand écart à la Dati.

Dernier exemple de ces acrobaties, en 2013, lors d'un débat télé avec Anne Hidalgo. Rachida Dati jure qu'elle n'utilisera jamais les affaires comme une arme politique tout en ne se retenant pas de balancer quelques affaires.

12:22
Rachida Dati

Anne Hidalgo, je n'ai pas parlé des affaires parce que je ne voulais pas vous gêner. Vous savez très bien que je ne suis jamais rentrée à balancer les affaires à la figure. Ce n'est pas ma manière de faire de la politique. Il y a eu l'affaire Cahuzac, il y a quand même Guérini, il y a Cucheda, à Montpellier. Une adjointe aujourd'hui qui est mise en examen dans une affaire de favoritisme dans les marchés populistes. Et puis aussi une autre élue écologiste sur laquelle on a eu un peu de fraude. Franchement, être désagréable, ça m'est très facile. Mais non, Rachida Dati ! C'est très facile pour moi depuis l'heure. Je ne veux pas l'être. Je ne veux pas l'être. Rachida Dati !

Je ne veux pas l'être, mais je vais vous dire, c'est toujours pareil. La gauche vous montre du doigt et quand on lui dit « Mais attendez, est-ce que je peux vous montrer la poutre ? » Vous avez dans votre œil ? Ah non, non.

13:07
Présentateur

Une décennie plus tard, Rachida Dati doit être jugée pour corruption et trafic d'influence dans l'affaire Renaud-Nissan. Elle est accusée d'avoir perçu 900 000 euros d'honoraires pour faire du lobbying alors qu'elle était eurodéputée. Et celle qui promettait de ne pas instrumentaliser les affaires n'a désormais plus de limites quand il s'agit de balancer les autres. Tout le monde y passe. C'est le moyen qu'elle a trouvé pour faire oublier ses propres déboires judiciaires. Elle flingue tout ce qui bouge.

13:38
Rachida Dati

Balancer les affaires à la figure. Ça n'est pas ma manière de faire de la politique. Vous avez Édouard Philippe qui est mis en cause dans une affaire de détournement de fonds publics. Il sera également entendu. Est-ce que ça l'empêche d'être candidat à la mairie du Havre ? Balancer les affaires à la figure. Ça n'est pas ma manière de faire de la politique. Il y a une affaire qui est ouverte sur les notes de frais à la mairie de Paris. Le procureur financier sur votre antenne est venu dire qu'il y avait une enquête. Balancer les affaires à la figure. Ça n'est pas ma manière de faire de la politique.

Il a été démontré par exemple pour le maire du 18e arrondissement où il paye le restaurant de ses enfants où il se paye ses vêtements ou son coiffeur en vacances. Non, ça n'est pas la gagne. Balancer les affaires à la figure. Ça n'est pas ma manière de faire de la politique. Sur la Tour Triangle, c'est un dossier qui est ouvert au tribunal qui est chez le juge Tournaire où les élus de Paris, l'équipe actuelle, est mise en cause. Les notes de frais, vous le savez, les élus de Paris sont mis en cause. Il y a une enquête qui est ouverte.

14:28
Présentateur

Encore et toujours le grand écart façon Dati. Tour Triangle, droit des LGBT, affaires judiciaires, à chaque fois, c'est la même méthode, le grand écart. Mais au-delà de ces contradictions, c'est la nature même de son engagement politique qui interroge. En 2014, elle se revendiquait fièrement comme une femme de droite.

14:48
Rachida Dati

Que l'UMP, que notre parti, reste effectivement un parti de droite.

14:52
Invité

Ça discuterait le maériste que vous avez là.

14:55
Rachida Dati

Non, c'est un parti de... Enfin, je suis une femme de droite, une restaurante de droite, une politique de droite. Donc on a des valeurs de droite qu'on doit effectivement restaurer.

15:02
Présentateur

Femme de droite, dix ans plus tard, quand on la confronte à la dérive de son propre parti, sa réponse est plus évasive.

15:10
Invité

Et ils sont ringards, les LR ?

15:12
Rachida Dati

Moi, je vais vous dire, ça serait aujourd'hui, on me dirait, tu t'engages en politique maintenant, je reste dans ma vie d'avant. Je m'éclate plus. Là, franchement, on s'éclate plus du tout.

15:24
Invité

Vous seriez chez LR ?

15:26
Rachida Dati

Joker, parce qu'il y a des choses où là, il faut qu'on refasse un corpus. Mais là, pour l'instant, on tâtonne. À un moment donné, il faut qu'on sache où on va. Et puis moi, je trouve qu'il y a des projets...

15:38
Invité

C'est tenu ? On dirait que c'est pas tenu.

15:39
Rachida Dati

Non, c'est tenu, mais chacun, c'est que des auto-entrepreneurs. Chacun a un couloir.

15:43
Présentateur

Joker, voilà. Le mot est lâché et il résume tout en fait. La conviction d'hier est devenue le Joker d'aujourd'hui. Rachida Dati n'est plus une femme de droite ou une femme de gauche. C'est une auto-entrepreneuse de la politique, comme elle le dit pour parler de ses camarades républicains. Et ce grand écart n'est donc plus une contradiction. C'est sa stratégie. Une stratégie où le buzz remplace le projet, où la communication sur les réseaux remplace le fond. Sa nomination au ministère de la Culture, où elle reconnaissait d'ailleurs n'y connaître rien, en est la preuve. Le poste n'est qu'un tremplin pour son véritable objectif. Paris et uniquement Paris. Mais cette méthode a ses limites.

Les intentions de vote commencent à baisser dans les sondages et surtout, la justice attend son heure. Dans quelques semaines, les Parisiens ne devront pas seulement choisir un programme, ils devront choisir entre une communication tapageuse et un projet assez flou. Choisir entre le buzz permanent et des convictions introuvables. C'est ça, au fond, Rachida Dati. Une grande ambition, peu de convictions, mais beaucoup, beaucoup de communication. Voilà, c'est terminé. Merci d'avoir suivi ce nouvel épisode de Lavare Politique. Dites-nous ce que vous en avez pensé en laissant un commentaire. Likez si vous avez aimé et restez connecté aux médias. de Lavare Politique.

17:17
Locuteur

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