L'invitée de Bourdin Direct : Aurore Bergé - 09/12
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez RMC, RMC Bourdin Direct, Jean-Jacques Bourdin.
Aurore Berger, bonjour. Bonjour. Députée des Yvelines, vice-présidente du groupe La République en Marche de l'Assemblée Nationale Coronavirus Covid-19. Légère hausse des cas, hausse des températures aussi parallèlement. Est-ce que ça a à voir quelque chose ou pas ça ? Bon, je laisse le débat aux spécialistes. Un peu de relâchement aussi, mais nous ne serons pas à 5000 cas. Voilà, donc, par jour, la semaine prochaine, le 15 décembre, 8000, 10 000 cas par jour. Faut-il tout de même sortir du confinement pour Aurore Berger ?
Il y a eu justement des propositions qui ont été très claires. C'est-à-dire, ce dont on avait besoin, c'est d'avoir à la fois un calendrier et de savoir ce qu'il fallait ou non atteindre pour pouvoir y arriver. Donc, il y avait cet objectif, en effet, de 5000 cas par jour pour permettre à notre hôpital de supporter justement le volume de personnes arrivant en réanimation. Vraisemblablement, nous n'y serons pas. Il y a une forme de rebond qui est probablement à la réouverture aussi des petits commerces. Mais c'était une nécessité que de pouvoir les réouvrir. Donc, tout est sur la table, sur la manière avec laquelle on va pouvoir ou non... Un report possible ! Un report possible !
Vous le savez, moi je suis très attachée à la réouverture des lieux culturels. Je sais. Mais je suis surtout très attachée à la vie des Français et au fait qu'on ne peut pas prendre le risque, encore une fois, que la crise sanitaire l'emporte. Donc, si on veut pouvoir fêter Noël en famille, puisque c'est ça l'objectif, c'est faire en sorte que les Français se retrouvent. On a aujourd'hui des risques importants aussi sur la santé, la santé mentale des Français. Je crois qu'on a tous besoin de pouvoir retrouver nos proches, retrouver nos familles. On a des syndromes dépressifs qui sont importants dans notre pays.
Et je crois que ça doit aussi entrer dans la balance pour permettre de nous retrouver ensemble.
Salles de spectacle, cinéma, musée pourraient ne pas rouvrir le 15.
C'est ce qui est mis sur la table aujourd'hui, en fonction, encore une fois, d'un seul critère. D'un seul critère.
Oui, non mais ça j'ai bien compris. Mais donc, les salles de spectacle, les musées, les cinémas pourraient ne pas rouvrir.
C'est possible. C'est possible, je ne le souhaite pas. Personne ne peut le souhaiter. Mais encore une fois, la question c'est de savoir comment on protège au mieux les Français.
Avec ma famille, je ferai Noël le mois de juin, disait hier soir Axel Kahn sur BFM TV. Alors là, un torrent d'insultes après cela. Torrent d'insultes, il a été traité de tous les noms, de gravataire, de débile, etc. Est-ce cela la liberté d'expression ?
Je crois qu'il faut parfois accepter de ne plus regarder les réseaux sociaux. Parce que je ne suis pas certaine que ce soit la liberté d'expression.
Ça vous arrive, vous ne pouvez les regarder, vous êtes très présente.
Oui, parce que je considère que c'est utile quand même de pouvoir être présent. C'est utile de pouvoir avoir un dialogue direct, aussi tout simplement, de répondre à des interpellations. Mais l'interpellation, ce n'est pas la haine. L'interpellation, ce n'est pas l'insulte permanente. Ce n'est pas une espèce de poubelle qui peut parfois exister, qui se déverse sur qui que ce soit. Vous parlez d'Axel Kahn, je crois que personne ne peut remettre en cause la compétence et l'éthique qui sont les siennes. C'est désolant ? Oui, c'est désolant, c'est navrant.
Et ça fait surtout qu'il y a un certain nombre de personnes qui vont renoncer à être présentes sur les réseaux sociaux et à avoir ce dialogue direct qui peut exister avec les Français. Si à chaque fois, ce sont des insultes, ce sont des menaces, ce sont des attaques graveleuses quand vous êtes une femme. C'est ça qui est insupportable.
Regardons l'actualité, Ror Berger, 4 ans de prison, dont 2 avec ceci requis par le parquet contre Nicolas Sarkozy. Ça vous paraît sévère ?
Je n'ai pas à juger, moi je ne suis pas juge, je ne suis pas magistrate. Ses avocats vont aujourd'hui pouvoir pléguer sa défense. C'est la justice qui décidera. Moi, je n'ai aucun commentaire à faire sur le sujet.
Bien, la loi confortant les principes républicains. Parlons-en parce que vous allez aborder toutes les discussions au Parlement, à l'Assemblée nationale. Je sais que La République En Marche va préparer des amendements, j'imagine.
Bien sûr, mais comme je pense tous les parlementaires qui vont s'impliquer sur ce texte.
Alors, pourquoi d'abord ne pas parler de lutte contre l'islamisme radical ou contre les séparatismes ? Pourquoi ne pas employer les mots ?
Alors, moi je n'ai aucun problème à employer les mots. Le Premier ministre l'a redit d'ailleurs ce matin en interview. J'ai vu dans le monde, oui. Évidemment, malheureusement qu'aujourd'hui, notre ennemi, l'ennemi de la République, c'est l'islamisme. C'est celles et ceux qui veulent considérer... La France est menacée par les islamistes. De fait, la France a même été attaquée par les islamistes. Vous avez à la fois près de 1500 Français qui sont partis dans des territoires irako-syriens pour combattre à l'étranger, mais contre nos valeurs. Et vous avez des attentats qui ont été perpétrés sur notre sol. Donc vous avez ces deux risques essentiels parce que c'est notre vie qui est en cause.
Donc ça, c'est évidemment le premier sujet.
Est-ce qu'une autre société, obéissant aux lois religieuses de l'islam fondamentaliste, s'organise sans bruit dans notre pays ?
Mais c'est ce que certains souhaitent faire, c'est-à-dire établir une contre-société où les lois religieuses seraient supérieures aux lois de la République. Et c'est pour ça qu'on doit impérativement réagir. Et certains disent, est-ce qu'il est trop tard ou pas ? Je crois qu'il est nécessaire de le faire aujourd'hui.
Les lois de la République sont supérieures aux lois religieuses. C'est le cas, c'est déjà le cas dans notre Constitution. Mais il est toujours bon de le rappeler peut-être, non ?
Je crois qu'on le rappelle en réaffirmant les principes républicains qui sont les nôtres. Et c'est tout l'objet de la loi. L'objet de la loi, c'est ça. C'est de faire en sorte qu'à chaque instant de la vie, sur tous les territoires, dans tous les espaces, ce soit en permanence la loi de la République qui prévale. Et encore une fois, ce texte, c'est pas... J'entends celles et ceux qui voudraient instiller le doute, notamment auprès de nos compatriotes musulmans, dire « Attention, c'est un texte qui vous stigmatise ». Il disait la même chose, même anti-musulmans, c'est-à-dire contre celles et ceux qui voudraient pratiquer leur religion.
On disait déjà la même chose en 2004, au moment où les signes religieux ostensibles ont été interdits à l'école. Tous les signes religieux ostensibles. Ces textes sont des textes qui protègent la liberté de conscience des Français, qui protègent leur liberté de croire ou de ne pas croire, qui protègent notre République, qui protègent aussi en particulier les femmes. Parce qu'il y a tout un pan dans ce texte sur les enjeux de dignité humaine, sur la question des certificats de virginité, sur la question de la polygamie.
Je vais vous en parler, mais 54 articles dans ce texte. L'un contrôle la haine, veut contrôler la haine en ligne. Ça, ça m'intéresse beaucoup. Et vous aussi, Rorberger, alors nouveau délit de mise en danger de la vie d'autrui, par diffusion d'informations relatives à la vie privée, familiale ou professionnelle, d'une personne permettant de l'identifier ou de la localiser. Trois ans de prison et 45 000 euros d'amende. La peine est aggravée si c'est un policier, un gendarme ou un enseignant qui est concerné. C'est ça.
Parce que c'est exactement ce qui s'est passé dans le cas de Samuel Paty. Samuel Paty est celui qui l'assassine, qui porte le coup fatal. Et puis, il y a toutes celles et ceux qui ont rendu cela possible. Ceux qui ont fait des pressions, ceux qui l'ont menacé, ceux qui l'ont jeté en pâture sur les réseaux sociaux, ceux qui ont divulgué son identité. Ce n'est pas ce jeune Tchétchène, tout seul, qui a décidé d'aller tuer un beau matin Samuel Paty. C'est parce qu'il y a eu toute une chaîne de responsabilité qui a rendu cela possible. Et ce que l'on veut, c'est stopper immédiatement cette chaîne. Avec deux dispositions différentes.
Une première disposition qui est un délit sur les pressions que vous pouvez avoir. Les pressions séparatistes. C'est-à-dire un enseignant qui n'est pas menacé directement. C'est-à-dire qu'on ne va pas vous menacer de vous frapper, on ne va pas vous menacer de mort. Par contre, on va vous faire comprendre que ce serait bien d'arrêter d'enseigner ce que vous enseignez. Que votre enfant, il n'a pas à apprendre ce qu'était la Shoah. Que votre fille, elle n'a pas à aller à un cours de piscine. Qu'il serait bien de ne pas montrer des caricatures en classe.
C'est-à-dire qu'on va faire pression sur votre liberté pédagogique et sur la nécessité absolue que vous ayez de transmettre les valeurs de la République. Et donc, on crée ce délit de pression séparatiste. C'est la même chose si vous vous rendez à l'hôpital et que vous dites, non, non, je refuse que ma femme puisse être soignée par un homme. Donc ça, c'est la première des dispositions. Et c'est aussi ce qu'a subi cet enseignant avec, vous savez, tous ces mails qui ont été reçus, insidieux, pour essayer qu'il change finalement, qu'il n'enseigne plus. Et puis, ce que vous disiez, le deuxième point, qui est sur la haine sur Internet.
Et sur le fait qu'on va délivrer son nom, son identité, des informations personnelles, le désigner exactement, en le disant, c'est lui qui est coupable, c'est lui qui est responsable. Et de fait, ça peut aller jusqu'au pire, on l'a vécu.
Aurore Berger, ce texte est censé aussi protéger le service public contre tout excès communautariste, encadrer les associations, une transparence dans l'exercice du culte, c'est l'un des objectifs. En termes d'éducation, on a beaucoup parlé avec le ministre hier, je ne vais pas y revenir. Dignité, égalité, de tout ça, vous en parliez. Certificat de virginité, donc plus de certificat de virginité. Lutte contre les mariages forcés aussi. Bien sûr. Ça, c'est indispensable. Tiens, à propos d'un amendement possible, vous allez me dire, interdiction du port du voile aux petites filles ?
C'est un amendement sur lequel nous travaillons et nous y réfléchissons avec certains parlementaires. Qui peut aujourd'hui accepter d'en être ?
Alors attendez, je m'arrête là-dessus. Vous travaillez, c'est l'un des amendements que la République en marche pourrait déposer.
Nous verrons et je pense qu'on aura ce débat. Vous êtes favorable ou pas ? Moi, à titre personnel, je me suis déjà exprimée sur le fait que j'étais favorable. En fait, je vais plutôt vous retourner. Vous y êtes favorable. Je vais plutôt vous retourner. Non, mais je n'ai pas peur. Je vais plutôt vous retourner la question. Qui peut aujourd'hui être favorable à l'idée qu'une petite fille de 2 ans ou de 3 ans soit couverte d'un hijab ?
On est bien d'accord.
Qui peut être favorable ? Vous savez, malheureusement, pas tout le monde. Pas tout le monde est d'accord justement avec ce qu'on est en train de dire puisque nous avons malheureusement un certain nombre de parents qui considèrent que c'est normal et que la perspective de leur enfant, c'est que dès le plus jeune âge, de 2 à 3 ans, elle soit couverte entièrement. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire une hyper-sexualisation dès le plus jeune âge parce qu'on considère qu'elle doit donc être pudique à 2 ans, à 3 ans, à 4 ans. Ça veut dire qu'on considère qu'il faut séparer les petits garçons des petites filles. Ça veut dire qu'en vérité, dès le plus jeune âge, on les sépare de la République.
On entrave leur capacité à être en lien avec les autres. Alors oui, je pense que c'est des sujets sur lesquels il ne faut pas avoir de tabou. Il faut les aborder de cette manière-là.
Je sais que vous les abordez franchement. Alors moi, je vais être franc. Est-ce qu'il y aura un amendement interdisant le port du voile aux petites filles ?
Je vous dis, moi, avec Jean-Baptiste Moreau, avec bien d'autres parlementaires, c'est un sujet sur lequel nous travaillons pour voir comment cela est possible de l'interdire demain parce qu'on considère qu'en République française, en République française... Donc il est possible
qu'il y ait un tel amendement dans le texte ?
C'est possible. Est-ce qu'on doit protéger nos enfants ? Vous vous rendez compte qu'en 2020, je suis invitée sur un plateau de télévision pour te parler d'un certificat de virginité ?
Oui.
Mais enfin, les gens, ils doivent être abasourdis d'entendre un truc pareil. Alors on nous dit, certains nous disent, oui, mais ça ne concerne pas beaucoup de femmes. Oui, enfin, il y en aurait une seule dans notre pays qui serait concernée. C'est-à-dire qu'elle doit aller chez son médecin. Son médecin doit vérifier qu'elle est donc vierge pour potentiellement pouvoir être mariée. Ce qui est ensuite, de fait, un mariage forcé qui est mis en place. Donc avec un viol conjugal. Mais vous vous rendez compte ? Ça veut dire qu'à un moment, insidieusement dans notre pays, on a accepté qu'un certain nombre de libertés fondamentales puissent être entaillées,
puissent être rognées. Mais pourquoi on a accepté ? Qui a accepté ? Oror Berger ?
Parce que quand Lionel Jospin avec l'affaire de Creil dit finalement, ce n'est pas grave, progressivement, un certain nombre d'hommes et de femmes politiques ont préféré ne pas regarder la réalité en face. Par peur d'être disqualifiés, par peur d'être traités d'intolérants, parfois on a accepté ce qui est intolérable dans notre pays. C'est ça qui s'est mis en place, c'est ça qui s'est passé. Les islamistes qui ont inventé cette fameuse accusation d'islamophobie pour mieux discréditer celles et ceux qui tout simplement disaient que les lois de la République doivent partout...
Ça existe l'islamophobie ? Est-ce que ça existe ?
Non, mais je refuse d'utiliser ce terme. Est-ce que le racisme existe ? Oui. Est-ce qu'il doit être combattu ? Oui. D'ailleurs, il a été combattu hier soir sur un terrain de foot et je crois de la plus belle des manières par des joueurs qui ont dit stop et qui ont dit que ce match ne pouvait pas se jouer parce que le racisme est intolérable. Par contre, cherchez à discréditer celles et ceux qui tout simplement considèrent que la laïcité c'est l'une des plus grandes libertés que nous avons dans notre pays et l'une des meilleures protections que nous avons dans notre pays. Protection de la liberté de confiance, de la liberté de culte aussi.
Vous dites que la laïcité c'est la liberté. Bien sûr. C'est la liberté. Bien sûr. Oui, mais vous êtes favorable à une laïcité stricte. Mais ça ne veut rien dire une laïcité stricte Jean-Jacques Jourdain. Ça ne veut rien dire ou pas ? Bon, alors, attendez.
Cels et ceux qui disent ça vous savez bien que c'est pour chercher à nous disqualifier, dire lala, mais attention, c'est des réacs, c'est des fachos.
Est-ce que vous avez lu le texte de Jean Bobéro adressé à Emmanuel Macron ? Alors non, je ne l'ai pas lu. Vous ne l'avez pas lu, c'est dommage. C'est l'historien de la laïcité. Il dit, attention à la tyrannie de la laïcité. Ça existe la tyrannie de la laïcité ?
Moi, ce que je trouve formidable, c'est qu'on en vient maintenant à mettre sur le même plan celles et ceux qui sont laïcs et ceux qui les combattent. Et je trouve que c'est intolérable. Donc maintenant, nous sommes appelés les laïcars. Laïcars, c'est un mot qui a été inventé par Charles Maurras. Moi, je ne suis pas l'héritière de Maurras. Je suis l'héritière, par contre, de celles et ceux qui ont porté ce combat pour la laïcité. Oui, mais c'est l'État
qui impose la laïcité.
Mais le berceau de la laïcité, c'est l'école. C'est de faire en sorte qu'à un moment, on considère que l'autre est notre semblable. Qu'on regarde d'abord le citoyen qui est en lui avant de regarder une appartenance communautaire, une appartenance religieuse. C'est, encore une fois, profondément une liberté. Et donc, oui, depuis des années, malheureusement, on a essayé systématiquement, de manière très pernicieuse, mais de manière très efficace, de disqualifier celles et ceux qui portaient ce combat-là. La laïcité, ce n'est pas un glaive. La laïcité, ça ne tue personne. La laïcité, c'est un bouclier.
C'est quelque chose qui vous protège, qui protège la dignité humaine, qui protège la liberté de conscience, qui protège la liberté de culte. Ce n'est pas l'athéisme, la laïcité. C'est la capacité à croire ou à ne pas croire quoi que vous soyez. Prenons juste un exemple. Un exemple au moment de l'école. Reprenons cette fameuse loi de 2004, qui était une loi courageuse d'interdiction de tous les signes religieux et de tous les signes religieux sensibles à l'école. Vous créez un espace de respiration pour les enfants. Vous créez un espace de liberté.
C'est-à-dire si, dans ma famille, quelle que soit la religion, je sois élevée dans telle ou telle tradition, opinion religieuse, eh bien, à l'école, j'ai le choix. À l'école, j'ai le droit de ne pas croire. À l'école, j'ai le droit de croire à autre chose. À l'école, j'ai le droit tout simplement de m'en moquer. C'est ça qui est important. C'est que cette liberté, on doit pouvoir la retrouver pleinement. On vient de conclure le procès de Charlie Hebdo avec les pédoiries que j'invite chacun à lire, de Patrick Lugman, de Richard Malka. On doit pouvoir défendre cette liberté qui est essentielle dans notre pays et on ne doit pas laisser un pouce à celles et ceux qui veulent l'attaquer.
Oui, on ne doit pas laisser un pouce à celles et ceux qui veulent l'attaquer, mais on doit aussi ne pas oublier ceux qui croient.
Bien sûr. Je vais vous lire ce qu'écrit
le philosophe Jacob Rogozinski. Je ne sais pas si vous avez lu aussi son texte qui est formidable. Il dit « Rien ne peut nous interdire d'insulter Dieu ou l'un de ses messagers. Nous sommes certains qu'aucune injure ne saurait l'atteindre pour la bonne raison qu'il n'existe pas, qu'il n'y ait aucun Dieu. Tel est notre crédo. La dernière croyance à laquelle nous accordons foi. C'est pourquoi nous n'arrivons pas à comprendre que pour des hommes qui croient en lui, une insulte qui le vise est plus grave que celle qui les viserait personnellement. Vous comprenez qu'une insulte qui vise Dieu est plus grave pour certains qu'une insulte qui les viserait personnellement ?
Non, je ne le comprends pas. Évidemment, je ne le comprends pas. Je trouve insupportable évidemment toutes les attaques qui sont racistes, qui sont antisémites. Les délits doivent être renforcés, aggravés, y compris sur la question de la haine en ligne que nous évoquions. Mais celles et ceux qui considéraient qu'ils sont offensés parce que, oui, dans notre pays, on peut montrer des caricatures, on peut dessiner et on peut faire en sorte que nos enfants comprennent tout simplement qu'elle est naissance de notre pays. Mais en fait, ça ne m'intéresse pas.
Ça ne vous intéresse pas.
Non, mais je suis désolée. Mais à un moment, la question n'est pas est-ce qu'on est offensé ou pas. Mais au nom des offenses potentielles qui existeraient parce que quoi ? Parce qu'on a caricaturé. Parce que c'est ça dont on parle. Parce qu'on a fait un dessin. Au nom de ces offenses-là, on peut tuer. Au nom de ces offenses-là, on peut disqualifier. Au nom de ces offenses-là, on peut professer la haine. Eh bien non, je crois que dans notre pays, justement, on doit respecter ceux qui croient. Quelle que soit la confession qui est la leur.
Évidemment, on ne doit pas attaquer une personne qui est musulmane parce qu'elle est musulmane, catholique parce qu'elle est catholique, juive parce qu'elle est juive. Évidemment, ce sont des délits qui doivent être impérativement et fortement condamnés. Mais on a le droit dans notre pays de moquer Dieu.
Bien. Aurore Berger, je voudrais revenir sur le texte. J'ai juste une petite question parce que je sais que ça pose problème et on en parlait tout à l'heure, on va tout dire, on en parlait tout à l'heure avant l'émission. L'application de ce texte. Il y a les lois et puis il y a l'application des lois. Je vais reprendre juste un exemple pris par le Premier ministre dans son interview du Monde. Il parlait d'un club de judo où l'on se refuse de s'incliner devant l'adversaire parce qu'on ne peut s'incliner que devant Dieu. Mais on fait quoi avec ce club de judo ? On le ferme ?
Eh bien, on met en place des contrats d'abord. Et qui va contrôler ? Alors, on a les préfectures qui contrôlent évidemment. On fait en sorte qu'il n'y ait plus de subvention publique parce qu'à partir du moment où on ne respecte pas les valeurs de la République, on n'a pas à être subventionné par la République. Ça, c'est la première des étapes. Et puis, on contrôle de manière extrêmement régulière ce qui est enseigné, ce qui est professé, ce qui est dit, quelles sont les personnes qui sont intégrées au sein de ces associations. C'est tout cela qu'on vient renforcer et contrôler. Encore une fois, pourquoi ? Pour garantir la protection notamment de nos enfants.
Nos enfants n'ont pas à être soumis à ce jeu-là, n'ont pas à être soumis à celles et ceux
qui voudraient leur tordre l'esprit. Vous comprenez la presse américaine, vous avez vu le New York Times, vous avez vu le Financial Times qui est anglais, vous avez vu d'autres grands journaux anglo-saxons qui ne comprennent pas...
Mais comme moi, je ne comprends pas leur modèle, mais comme moi, je n'ai pas envie de main que notre modèle ce soit un modèle multiculturel.
C'est la gauche américaine qui est gangrénée ?
Je ne sais pas si c'est gangrénée, mais c'est un modèle qui est complètement différent d'une autre. C'est un modèle où on juxtapose des communautés, où on se reconnaît d'abord dans sa propre communauté avant de se reconnaître dans une communauté qui est nationale. Bien nous, on se reconnaît d'abord dans la République.
Le traitement, réservé par la France à ses citoyens musulmans est la véritable mesure de ses valeurs républicaines. Voilà ce qu'écrit. Time Magazine.
Oui, mais écoutez, c'est ce qu'écrit le Time Magazine. Très bien. Mais moi, je suis française. Et moi, je veux que sur le sol de la République française, ce soient les valeurs de notre République qui soient appliquées partout. Et si ça met en colère le Time, ça les regarde. Mais moi, je considère en effet que la meilleure protection que l'on puisse offrir aujourd'hui à nos concitoyens qui sont musulmans, c'est de lutter contre l'islamisme. Ce que font ces gens, dans les éditos qui sont mis en place, et notamment ce qui s'est passé après l'assassinat de Samuel Paty, où la France a presque été désignée comme étant coupable et responsable.
C'est-à-dire que finalement, ce n'était plus celui qui avait donné les coups ou ceux qui les avaient permis, mais c'était presque la France qui était mise en accusation. Eh bien, en fait, ces gens-là font le jeu de l'islamiste parce qu'ils considèrent que les musulmans sont des islamistes. C'est ça qui est insupportable. La loi que l'on fait, la loi qui va renforcer les principes républicains, c'est justement une loi qui protège l'ensemble de nos concitoyens et qui fait en sorte que personne ne soit sous le joug d'une idéologie fondamentaliste.
Qu'attendez-vous du débat à l'Assemblée nationale et notamment de vos adversaires politiques ? Qu'attendez-vous de...
Eh bien, j'attends cela. J'attends que chacun, à un moment, mette à jour ce qu'il a envie pour notre pays. Quelles sont les valeurs qu'il souhaite que notre pays embrasse réellement aujourd'hui ? Parce qu'on peut considérer, certains encore une fois considèrent qu'il est presque trop tard. Moi, je considère que c'est le bon moment pour agir mais qu'on ne peut plus attendre. Qu'on ne peut plus attendre face à des idéologies qui sont dangereuses, face à des idéologies qui encore une fois tordent l'esprit de nos jeunes, de nos enfants qui sont extrêmement vindicatives et violentes à l'égard de nos filles et des femmes. Et donc, il faut partout réaffirmer ce qu'est la République.
La République, elle est fraternelle. La République, elle est généreuse. La République, elle met en place une école qui est gratuite qui est laïque. La République, elle fait en sorte qu'il y ait une égalité des chances qui puisse exister.
Elle a aussi créé le séparatisme. Avec la dédéorisation des quartiers, avec la montée de la pauvreté, elle a créé du séparatisme.
Mais partout, la République a reculé. D'autres ont pris sa place. Ça, c'est certain. Et ça veut dire qu'il faut faire les deux. Ça veut dire qu'il faut lutter partout contre le séparatisme, qu'il faut lutter contre des idéologies qui veulent attenter à nos valeurs républicaines et qu'il faut que la République soit partout réinvestie chez elle, que ce soit à l'école, que ce soit sur la culture, que ce soit par le travail. Évidemment qu'il faut le faire. Et il faut faire les deux dans le même temps.
Merci Aurore Berger d'être venue nous voir ce matin. RMC et BFM TV.
Aurore Bergé