Les Français attendent une vraie rupture ! - Sébastien Chenu (BFMTV)
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:59OuverteRéponse directe
Ça vous surprend ?
- 2:02RelanceRéponse partielle
Précisons la procédure. Vous voulez une attitude ou une posture ?
- 3:28FerméeRéponse directe
Vous estimez qu'il ne faut pas utiliser ce 49.3 ?
- 4:26OuverteRéponse directe
Vous estimez qu'il doit au moins laisser vivre ces débats ?
- 6:07OuverteRéponse directe
Est-ce que vous estimez qu'ils ont utilisé l'argent à des fins non dites ou ont menti sur le déficit ?
- 7:21OuverteRéponse directe
Ce budget est-il déjà insincère avec une prévision de croissance de 1,1% ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:01Invité politiqueFait
« Il nous avait dit qu'il n'était pas favorable à cette utilisation. »
- 1:32Invité politiqueFait
« Macron, Elisabeth Borne, Gabriel Attal, qui dégainait le 49.3 à toute vitesse. »
- 1:44Invité politiqueFait
« Nous, nous considérons que c'est un outil utile. Le 49.3, ça existe dans la Constitution. »
- 2:51Invité politiqueFait
« Il y a une contribution sur les hauts revenus qui a été votée. »
- 3:07Invité politiqueFait
« L'intégration dans cette hausse sur les hauts revenus du patrimoine professionnel que portait la gauche, qui aurait coûté la vie à des milliers d'entreprises. »
- 5:18Invité politiqueChiffre
« Nous, quand on explique qu'on pourrait faire 15 milliards d'euros d'économies, on explique comment. »
- 5:31Invité politiqueFait
« C'est où est passé l'argent qu'ont fait les macronistes pendant cette année passée de ces milliards d'euros qui n'ont visiblement pas bénéficié aux Français. »
- 6:08Invité politiqueFait
« Ou leurs prévisions étaient à côté de la plaque, pardonnez-moi l'expression, n'étaient pas justes, mais alors donc ils sont mauvais. »
- 6:23Invité politiqueFait
« Donc ils se sont trompés, ils se sont plantés alors qu'ils s'étaient présentés devant les Français comme étant des champions, des as, des as de la finance publique. »
- 6:44Invité politiqueFait
« Et là c'est très grave. Donc ou ils ont menti, ou ils se sont trompés, peut-être même les deux ensemble d'ailleurs, ils peuvent parce qu'ils sont mauvais et nuls avoir menti aux Français. »
- 7:03Invité politiquePromesse
« Il y aura des conséquences à tout ça. »
- 10:14Invité politiqueFait
« Il y a une majorité de Français qui souhaitent l'abrogation des retraites. »
- 10:41Invité politiqueFait
« Nous avons entendu ce que disent, quelque part, nos adversaires politiques aussi, c'est-à-dire la gauche, pour l'abrogation de la réforme des retraites. »
- 16:45Invité politiqueFait
« Car c'est quand on commet un délit que la question de la démission se pose. »
Temps de parole
- Sébastien Chenu62 %
- Locuteur non identifié31 %
- ?5 %
≈ 16,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour Sébastien Chenu, merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions. Vous êtes le député du Nord, vice-président du Rassemblement National. Il y
a
de nombreuses questions à vous poser sur évidemment ce budget, sur votre attitude vis-à-vis du député qui a été pris en flagrant délit d'achat de drogue et puis sur la question de
l
'abrogation des retraites, puisque cette abrogation pourrait avoir lieu si votre proposition de loi était adoptée. Mais je voudrais d'abord commencer par vous faire réagir au propos de la porte-parole du gouvernement qui ce matin a précisé que vraisemblablement au Conseil des ministres, qui aura lieu dans quelques heures, la question d'un 49-3 sera abordée. Il faut rappeler la procédure pour pouvoir utiliser et dégainer un 49-3, c'est-à-dire un vote bloqué sur un texte à l'Assemblée. Il faut qu'au préalable cela ait été autorisé par le Conseil des ministres.
Ça ne veut donc pas forcément dire qu'ils vont l'utiliser, mais ça veut dire qu'à partir d'aujourd'hui, ils auront cette carte qu'ils pourront sortir à tout moment. Ça vous surprend
? Ça
me surprend parce que c'est en contradiction avec ce que les ministres, en tous les cas le ministre du Budget avait annoncé. Il nous avait dit qu'il n'était pas favorable à cette utilisation. Il nous avait dit qu'il souhaitait que les débats durent le plus longtemps possible. Je vous rappelle qu'on va voter le parti recette le 29 octobre, la semaine prochaine, que d'ici là nous allons débattre. Nous pouvons d'ailleurs débattre dans le week-end, donc nous pouvons ce qu'on appelle ouvrir des séances pour que les parlementaires fassent évoluer ce budget, s'opposent, contribuent par des amendements à le faire évoluer.
Et là, patatras, Michel Barnier nous rappelle les pires heures des gouvernements. Macron, Elisabeth Borne, Gabriel Attal, qui dégainait le 49.3 à toute vitesse. Nous, nous considérons que c'est un outil utile. Le 49.3, ça existe dans la Constitution. On n
'est
pas pour l'abrogation du 49.3. Mais Michel Barnier nous avait promis une méthode. Or, s'il enclenche le 49.3, ce sera contraire à cette première promesse sur la forme, en tous les cas. Mais
tout ça, c
'est un peu de l'hypocrisie.
Non. Moi aussi, c'est un peu de l
'hypocrisie. Parce
que la réalité, c'est que vous-même, vous dites « Ah, mais vous voyez, ça nous rappelle les pires heures ». Vous savez très bien qu'il n'y a pas de majorité, qu'il y en a encore moins aujourd'hui qu'il y en avait pour Elisabeth Borne, qui, la première année, on s'en souvient, avait dit « Non, mais je vais laisser débattre, je n'utiliserai pas le 49.3 ». À la fin, elle a bien été obligée de le faire. Et en effet, la deuxième année, elle l'a dégainé tout de suite parce que ça y est, elle avait appris la leçon. — Oui,
mais
c'est...
La
règle, c'est pas... — Vous
voulez une attitude, vous voulez
une posture. — Non, on ne veut pas que le Parlement soit
brutalisé. Pourquoi ? Parce que, regardez, hier, nous avons eu une séance. Nous nous sommes quittés à l'Assemblée nationale à minuit. Et il
y a
des choses qui ont pu évoluer. Par exemple, il
y a
une contribution sur les hauts revenus qui a été votée. Un projet de loi de finances
rectificative... — Elle était
dans le
budget.
Simplement, elle devait être temporaire.
Elle
sera désormais pérenne. —
Voilà. Il y a un budget rectificatif qui a été voté. On a empêché la désindexation, par exemple, de l'impôt sur le revenu que voulait faire la gauche, l'intégration dans cette hausse sur les hauts revenus du patrimoine professionnel que portait la gauche, qui aurait coûté la vie à des milliers d'entreprises. Donc il y
a
une utilité à ce débat. Ce débat, il fait bouger les lignes. Et c'est exactement ce qu'ont souhaité les Français. Les Français n'ont pas souhaité confier les clés du camion à Michel Barnier et aux macronistes pour continuer la même politique. Ils ont souhaité, à travers ces trois blocs, qu'il y ait ce débat permanent et les possibilités de faire évoluer
les choses. — Oui. Mais justement,
précisons la procédure. Et c'est là que j'ai quand même l'impression d'être pas seulement face à vous, Sébastien Chenu, mais face à la plupart des politiques en ce moment. Et j'en vois beaucoup. Je suis quand même sidérée par le décalage entre ce qu'on dit et ce qu'on fait. Parce que là, vous dites tout, c'est super, il y a du débat. Regardez, on fait évoluer les choses. Regardez ce qui s'est passé avec la Commission des finances. Tout le week-end, la gauche a pu se targuer d'avoir fait évoluer ce budget. Patatra, au bout de deux jours de Commission des finances, ce débat, qui certes avait évolué, n'avait évolué que pour la forme. Il a été rejeté. Et ce sera la même chose.
—
Mais madame,
si le
gouvernement... En fait, je veux dire, le problème vient du gouvernement. Si le gouvernement est dans une posture de continuité, de logique qui était celle qui a présidé aux politiques de Attal, de Born et des prédécesseurs, qui ont été sanctionnés par les électeurs, alors évidemment, à la fin, ils seront sanctionnés. Parce que les Français ont voté pour une rupture. Si Michel Barnier ne l'entend pas, n'incarne pas cette rupture, alors évidemment, il s'expose à un rejet et plus tard à une
censure. — Donc même si
ça ne sert à rien, même si à la fin, il revient à son texte initial, vous estimez qu'il doit au moins pour la forme laisser vivre ces débats pendant quelques
jours.
Mais ça, c'est l'avis démocratique. Les parlementaires, c'est d'ailleurs pour ça aussi qu'on est élus et indemnisés, font vivre le débat, font des propositions. Et ça permet quoi aussi ? Ça permet de montrer aux Français ce que nous ferions si nous étions à la place. Nous, ça nous permet d'expliquer aux Français qu'il
y
a d'autres chemins. Quand on voit que ce gouvernement a ruiné la France, ils ont abîmé... Je dis ce gouvernement parce que ce sont les mêmes. Laurent Saint-Martin, il avait été rapporteur du budget.
Il est aujourd'hui ministre du budget.
Ils étaient... M. Antoine Armand, le ministre des Finances, était président de la Commission des affaires économiques il y a quelques mois. Ce sont les mêmes acteurs. Ce sont les
LR. On
sauvait la tête de tout ce genre-là. Donc les Français veulent un changement. Eh
bien
il faut leur montrer que le changement, il est possible et qu'il y a d'autres voies. Nous, quand on explique qu'on pourrait faire 15 milliards d'euros d'économies, on explique comment. On explique comment on pourrait rendre du pouvoir d'achat aux Français. On explique sur quoi on ferait des économies. Eh bien je pense que c'est très éclairant. Et puis je vais vous dire, il va y avoir un débat qui va être très intéressant. C'est où est passé l'argent qu'ont fait les macronistes pendant cette année passée de ces milliards d'euros qui n'ont visiblement pas bénéficié aux Français mais qui manquent dans les caisses de
l'État. Et ça,
ce sera notamment l'objet de cette commission parlementaire qui sera avec des anciens ministres comme Bruno Le Maire qui seront convoqués devant vous tous les parlementaires pour dire où est passé l'argent pour vous.
Est
-ce que vous estimez d'ailleurs qu'ils ont utilisé l'argent à des fins qui n'étaient pas forcément suffisamment dites ou est-ce que vous vous dites qu'ils ont sciemment menti aux Français sur
l'ampleur du déficit ? Il y a deux
solutions. Ou leurs prévisions, c'est ce que disait l'ancien ministre du Budget, Thomas Cazenave, ou leurs prévisions étaient à côté de la plaque, pardonnez-moi l'expression, n'étaient pas justes, mais alors donc ils sont mauvais. Donc ils se sont trompés,
ils
se sont plantés alors qu'ils s'étaient présentés devant les Français comme étant des champions, des as, des as de la finance publique. Donc ou ils se sont trompés et donc ce sont des nuls. Ou ils ont menti aux Français sciemment parce que nous étions dans une période électorale. Et alors les Français se seraient prononcés au moment des élections législatives dans un contexte dans lequel ils n'auraient pas été sciemment éclairés sur l'état des finances du pays. Et là c'est très grave.
Donc ou ils ont menti, ou ils se sont trompés, peut-être même les deux ensemble d'ailleurs, ils peuvent parce qu'ils sont mauvais et nuls avoir menti aux Français, et bien c'est la commission d'enquête, la commission des finances transformée en commission d'enquête qui fera la lumière. Mais c'est de la première fois, je crois, sous la Ve République qu'on est à ce niveau à la fois de plantage des finances publiques, mais aussi d'enfumage des Français. Donc on va regarder qui est responsable, mais sincèrement, il y aura des conséquences à tout
ça.
Avec une question aussi, même immédiate, c'est que ce budget qui déjà doit tenter de combler un déficit considérable, il est écrit à l'aune d'une prévision de croissance de 1,1%. Hier matin, j'avais ici même le patron du MEDEF qui disait que d'après tout ce qui lui remontait des différentes entreprises de France, il disait en réalité, je crains que nous ne soyons déjà passés en récession, récession légère, mais que le 1,1% de croissance soit déjà très largement éloigné et que donc le budget soit déjà insincère.
Oui,
des
choses. Alors d'abord, ça,
ils
nous ont déjà fait le coup. Brudo Le Maire avait déjà construit des budgets qui n'étaient pas conformes aux prévisions de croissance. Donc ça, j'allais dire, c'est un peu l'habitude de la maison. Ils construisent des budgets dont ils savent pertinemment qu'ils sont construits sur du sable. La deuxième chose, c'est l'OCDE qui nous dit que le projet de budget de Michel Barnier aura des effets récessifs, aura des
effets négatifs. C'est l'effet
inverse de ce qu'il
espère,
casserait la croissance et donc moins de revenus forcément
pour
l'État.
Plus de
chômage, plus de faillite d'entreprise, etc. et donc moins de revenus pour l'État. Mais à partir de là, et ça reboucle avec finalement votre question, il est donc nécessaire de faire évoler ce budget. Il est donc nécessaire de redonner des perspectives différentes. Parce que si l'idée,
c
'est d'accepter un budget dont on sait à l'avance que non seulement il est mal construit, il est peu sincère, mais il aura des effets récessifs, il y
a
urgence à arrêter la casse.
—
Donc vous estimez qu'il ne faut pas utiliser ce 49.3. Un point sur
ce qui va se passer. — J'ajoute, si vous me permettez,
une
urgence, c'est stopper leur idée de désindexer les retraites des Français. Je le dis, et beaucoup de députés le
vivent en
circonscription,
repousser le moment
d'augmenter
les pensions de retraite. Beaucoup de retraités et de
retraités modestes vivent ça avec une angoisse certaine. Et je pense qu'il y a urgence à les gens péchés
de faire ça. — Mais à cela,
je précise ce que répond justement le ministre du Budget. Il dit en réalité qu
'il
y
a
eu un trop perçu l'an dernier. C'est-à-dire que
la
revalorisation des pensions de retraite a été plus élevée que ne l'a été l'inflation. —
Non mais stop. Enfin écoutez, je pense que demander sans arrêt des efforts aux Français, leur demander de se serrer la ceinture, alors qu'en parallèle, ils ne voient pas où passent tous les prélèvements. On est champion toute catégorie des prélèvements. Je crois qu
'il y a 250 taxes différentes. — Mais s'il y a l'une des
propositions aujourd'hui sur la table, ce serait l'idée de compenser pour les pensions des retraités les plus modestes par un chèque. Est-ce que ça, ça me paraît acceptable ? — Non
mais stop avec cette politique des chèques qui a coûté suffisamment cher aux finances publiques. Enfin je veux dire avec Emmanuel Macron...
— Ça coûterait moins cher que de réindexer
pour
tout le monde.
— Non
mais
avec Emmanuel Macron... Oui, mais ce serait injuste. Avec Emmanuel Macron...
— Votre argument, en tout cas,
sur le
chèque, il tient pas, puisque vous
demandez justement
à ce qu'il
y ait
plus d'argent. — Non mais ce qu
'on
veut, c'est de l'argent dans la poche des Français. Il faut arrêter la politique des chèques qui ne résout pas les problèmes alors qu'elle coûte aux finances publiques. Moi, quand ça coûte aux finances publiques, c'est pour que ça bénéficie aux Français et aux Français les plus modestes. Cette histoire de politique des chèques, je crois qu'on arrive au
bout.
—
Le 31 octobre prochain, Marine Le Pen va défendre une proposition de loi d'abrogation des retraites. Qui va voter avec vous
? —
À tous ceux qui souhaitent, je l'espère, l'abrogation des retraites. D'abord,
bon,
dans le pays, il y a une majorité de Français qui souhaitent l'abrogation des retraites de cette loi sur les retraites. Il y a un débat qui n'avait pas pu aller jusqu'au bout puisqu'on n'avait jamais voté à l'Assemblée nationale. Nous, on porte... — En façon justement d'un 49-30.
—
Voilà. On porte cette... Et aussi en raison du fait que la gauche a empêché la possibilité de voter avec foultitude des milliers d'amendements qui avaient embouteillé le débat parlementaire. Nous avons entendu ce que disent, quelque part, nos adversaires politiques aussi, c'est-à
-dire
la gauche, pour l'abrogation de la réforme des retraites. Une partie d'autres députés dans leurs différentes
sensibilités... — Et donc vous leur dites chiche, votez avec nous.
— On leur dit... Vous ne vous engagez pas, finalement, sur un autre texte sur lequel il y aurait peut-être, sur une réforme que nous, nous pourrions porter, une nouvelle réforme des retraites. Vous vous engagez tout simplement sur un socle que nous aurions en commun, abroger les dispositions de la loi Macron, tout en conservant les possibilités sur les petites retraites, c'est-à
-dire
en ne détricotant pas, quelque part, les quelques légers avantages qui pouvaient exister, mais abroger le fait de faire passer la
retraite de 62 à 64
ans. —
De
pièges et une partie, d'ailleurs, des électeurs, enfin des députés de gauche, je recevais ce matin Sandrine Rousseau, sur RMC, qui disait, voilà, par cohérence personnelle, je ne voterai pas ce texte parce qu'il vient du RN. D'autres, comme Fabien Roussel, disent, si j'étais encore député, je voterais le texte d'abrogation des retraites du RN. Les Français veulent l'abrogation. Ils se foutent de savoir d'où ça vient.
—
Mais je crois qu'il a raison, M. Roussel, sur ça. Les Français veulent l'abrogation. Nous avons une fenêtre de tir. Nous proposons l'abrogation. Ça va pas rendre Mme Rousseau, militante du RN, que de le voter. Ça aura pour effet, satisfaisant pour les gens qui votent pour elle, pour lesquels elle s'est engagée,
d
'abroger cette proposition de loi. Donc oui, bien entendu, enfin cette loi, pardon, oui, bien entendu que la gauche doit dépasser son sectarisme. Mais Mme Rousseau, elle a toujours été très sectaire. C'est même un des marqueurs de l'extrême-gauche. C'est que lorsqu'on avait proposé, par exemple,
de prendre en charge l'endométriose, elle avait refusé... — Mais
parfois eux-mêmes ont proposé, et Mme Rousseau avait proposé un amendement qui, justement, faisait évoluer la réforme des retraites, que vous-même, vous n'aviez pas
voté. — Un amendement... Là, on va plus loin. On abroge la réforme des retraites, c'est-à-dire les annuités et l'âge de départ à la retraite voulue par Emmanuel Macron, c'est-à-dire les deux années de plus d'efforts demandés aux Français. Sur ça, on peut avoir une majorité. Et sur ça, il y a même une majorité à l'Assemblée nationale. Ne pas le faire pour des petits calculs politiciens, comme le fait Mme Rousseau, qui assume son sectarisme en disant « Moi, je ne vote jamais les propositions du Rassemblement national. » C'est oublier l'intérêt des Français. —
Certains disent aussi que ça coûterait extrêmement cher. Et c'est vrai que vous venez de dire... Nous, on aurait montré qu'on aurait fait 15 milliards d'euros d'économies. La patronne de la CFDT, par exemple, dit que votre manière à vous d'abroger la réforme des retraites, ça entraînerait 25 milliards d
'euros de dépenses. — C'est pas du tout. C'est pas du tout. — Et
regardez à l'inverse ce que dit Patrick Martin, le patron du MEDEF, ici même hier.
—
Il faut que dans ce pays, on travaille plus. Et il y a beaucoup de seniors qui souhaitent travailler, d'ailleurs. Donc si on revient sur cette réforme, ça sera terrible pour la performance économique du pays, pour le taux d'emploi dans le pays. Mais ça sera terrible également pour les marchés financiers. Donc ne nous racontons pas d'histoire. Si on abroge cette réforme des retraites, on part alors là carrément en vrille. J'insiste, alors que la conjoncture économique est déjà très fragile.
—
On part carrément en vrille.
— Non. D'abord, c'est la réforme Macron qui coûte cher actuellement. La réforme Macron,
elle
va coûter, alors qu'elle devait rapporter, elle va coûter près de 5 milliards d'euros. Parce que lorsque vous faites travailler les gens plus tard, ils sont souvent plus malades, ils ont un handicap, etc., ça coûte cher.
— C'est la Caisse nationale d
'assurance vieillesse qui chiffre à 25 milliards
et qui a été citée par Mme Moreau. — Oui, mais il y a d'autres chiffrages.
Et nous, notre chiffrage sur notre propre réforme
des retraites... — Chacun son chiffrage, quoi, à chaque fois.
— Non, non, mais par exemple, c'était, je crois, l'IFRAP. Mais je ne veux pas les mettre en cause de mémoire. C'était l'IFRAP qui chiffrait notre réforme des retraites à 9 milliards une fois, j'allais dire, cette nouvelle réforme installée, 9 milliards par an. Donc on n'est pas du tout sur les mêmes chiffres. Mais aujourd'hui, ce qui coûte, c'est la réforme Macron. C'est elle qui coûte cher. Parce que lorsque vous arrivez à l'âge des retraites et que vous êtes au chômage, eh bien vous êtes pris en charge par, finalement, la collectivité. Ça coûte de l'argent. Ça coûte aujourd'hui près de 5 milliards d'euros, la réforme Macron. Donc nous, nous considérons qu'il
y a
une fenêtre de tir, possibilité d'abroger la réforme Macron qui est injuste et qui coûte cher. La balle est au Parlement. Les députés Rassemblement National savent prendre leurs responsabilités. J'en attends autant de la gauche qui, dans son programme, a mis qu'elle était pour l'abrogation de la réforme des retraites. Donc qu'ils soient honnêtes avec leurs électeurs, quand on est pour quelque chose, on le vote.
Vous êtes déjà drogué, Sébastien Chenu ?
Non, je suis très hostile aux addictions. Je bois très très peu. Je ne me suis jamais drogué. Et je fais en sorte, parce que j'aime trop ma liberté, d'avoir une conduite qui m'empêche d'être addictif à quelque chose.
Pourquoi je vous pose cette question ? Parce que ce matin, Sandrine Rousseau, dans le soutien qu'elle apporte à son collègue, à votre collègue députée, Andy Carbrat, qui a donc été pris en flagrant délit d'achat de drogue de synthèse, elle disait qu'il y a beaucoup, beaucoup de drogues qui circulent à l'Assemblée nationale. Il y en a probablement à l'Assemblée nationale et au Sénat. On a vu d'ailleurs quelques exemples déjà.
Elle l'a dit aussi dans votre rédaction. Il y en a dans la société française.
Exactement. Elle l'a dit partout,
mais y compris, tout à fait. Elle l'a dit partout. Il y
en
a sûrement ici, a-t-elle dit, en effet, en parlant de ses studios de télé. Effectivement, elle l'a dit partout, mais elle l'a dit en particulier à l'Assemblée et au Sénat.
Il y a deux choses, et
Mme Rousseau fait semblant de ne pas voir les choses dans leur entièreté. La problématique, c'est quoi ? C'est qu'un député a commis un délit. D'abord, acheter de la drogue à un mineur dans le métro, comme il l'a fait, c'est un délit. Donc il a commis un délit. Dans ce cas-là, il n'est pas uniquement victime d'une addiction. Il commet un délit et il doit être puni pour cela. C'est la justice qui va s'en charger et c'est normal. C'est un peu aussi l'arroseur arrosé à la LFI. Vous savez,
ils
demandent la tête de tout le monde, la LFI, mais quand ça tombe sur eux, quand leurs députés se tiennent mal... Vous estimez
qu'ils ne peuvent
pas rester députés ?
Alors, c'est autre chose. Je veux dire, la LFI, ils ont toujours l'habitude de demander la tête des autres, mais quand c'est les leurs qui se prennent les pieds dans le tapis, ils sont en général... Ils trouvent beaucoup d'excuses. Est-ce qu'il doit démissionner ? Il y a un sénateur, par exemple, qui a consommé de la drogue et qui a fait consommer visiblement de la drogue à une députée dont il a tenté d'abuser, qui est toujours sénateur. Moi, ça me pose problème. Je pense que... Et ça devrait lui poser problème, d'ailleurs, à ce sénateur, tout comme aujourd'hui au député LFI. Car c'est quand on commet un délit que la question de la démission se pose. Je ne suis pas...
Vous savez ce que disait Louis Aragon. Je ne serai pour personne ni un exemple, ni une excuse. Donc je ne suis pas dans une position de moralisateur vis-à-vis d'Andy Kerber dont je veux bien comprendre qu'il se trouve confronté à des problèmes d'addiction qu'il faut soigner. En revanche, à partir du moment où un député commet un délit, c'est-à-dire va au-delà de ce que la loi permet et au-delà de ce que son rôle lui permet, puisque c'est le député qui construit la loi, à partir du moment où sciemment, il va au-delà de la loi, la question se pose et la question lui est posée.
Vous estimez que c'est à lui d'en décider, mais au minimum,
il doit se poser cette question. Évidemment. Il y a le dealer aussi, mineur, en effet, déjà connu pour une dizaine de faits, déjà condamné d'ailleurs, et qui, au moment où on se parle, est en détention provisoire. Est-ce que, pour vous, il faut aller plus loin dans les sanctions vis-à-vis des dealers comme des consommateurs ?
Moi, je pense qu'il faut taper très fort sur les consommateurs, je pense que sur les trafiquants,
et
évidemment...
Là, il y a une amende,
une amende forfaitaire,
qui a, semble
-t-il, été payée par le député.
Oui, mais d'accord, parce qu'un député paye facilement une amende, enfin, sincèrement, ce n
'est
pas avec ça qu'on résout le problème. Mais je pense qu'il faut, évidemment, taper très fortement les consommateurs de toutes les drogues dans notre pays.
C
'est un problème de santé publique. Je ne
dis
pas que c'est la seule solution. Je pense que la prévention, les prises en charge en font partie, mais je pense qu'effectivement, on est au début du problème, qui a été fort maltraité.
Sébastien Chenu, la vérité est que la moitié des gens qui travaillent pour s'occuper comme s'ils étaient leur propre famille, c'est le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, qui a eu cette déclaration et qui en tire cette conséquence. Nous, les Espagnols, nous sommes des enfants de l'immigration, nous n'allons pas être les parents de la xénophobie. Il a décidé de pouvoir intégrer par le travail les 6,5 millions de sans-papiers qui résident sur le territoire espagnol.
Est-ce qu'au fond, il n'a pas raison quand il dit la vérité, et c'est le cas en France aussi, c'est que la moitié des gens qui travaillent pour s'occuper de nos enfants, de nos parents et de nos grands-parents sont des immigrants ?
Moi, je connais ce discours et je préférerais qu'on commence par se poser la question de comment on fait pour trouver du boulot à ces millions de Français, ou parfois d
'ailleurs
qui ne sont pas Français, mais qui sont légalement sur notre territoire, de citoyens et qui sont actuellement
au chômage. dans l
'inverse.
Comment est
-ce
que
vous pourriez trouver pour aller s'occuper de nos enfants, de nos parents et de nos grands-parents, des gens qui ne sont pas des migrants ?
Est-ce que vous avez déjà essayé et vu autour de vous ? Est-ce
que les Français sont prêts à faire
?
Évidemment, madame. Mais il faut traiter la question des salaires, de l'attractivité, de la formation de ces professions, la question du logement, la question des transports. Lorsque vous êtes mal payé, ce sont des boulots difficiles. Ce sont des boulots
mal payés.
Donc ils sont victimes dans les grandes
villes. Mais est-ce que ce ne serait pas décent
alors qu'ils sont en train de s'occuper, comme le dit Pedro Sanchez, de nos enfants, nos parents et nos grands-parents comme si c'était leur propre famille de leur donner des papiers ?
Mais madame, nous n'avons pas à importer une main d'œuvre qui ne permet pas de solutionner le problème mais qui le fait empirer. C'est une façon, le cœur en bandoulière, d'essayer de nous faire pleurer sur une réalité sociale dont la source même est dans le fait que nous ne traitions pas la question des salaires, de la formation, des transports et du logement. Elles sont là les priorités.
Merci beaucoup d'être venu répondre à mes questions, Sébastien Chenu.
Sébastien Chenu