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Discours / meetingJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 4 août 2017 38 minAutoproduitActualité / polémiqueEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsTravail & emploi

#RDLS37 : DETTE ÉCOLOGIQUE, USA, RUSSIE, IRAN, CHINE, MORALISATION, MACRON, DE RUGY

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:00Locuteur 2Fait
    « le 2 août, la terre est entrée en dette. Ça veut dire qu'à partir du 2 août, tout ce qu'on va prendre à la Terre, elle est incapable de le reconstituer. »
  • 3:00Locuteur 2Chiffre
    « il ne restait plus que 5% de chances qu'on arrive à contenir le réchauffement climatique à +2 degrés. »
  • 4:00Locuteur 2Chiffre
    « 21 000 îles qui vont disparaître. »
  • 6:00Locuteur 2Promesse
    « on ne fait plus rien qui prenne plus que ce que la terre peut reconstituer. Nous on peut le faire, les Français, et si on le fait et qu'on trouve les techniques, on peut les proposer aux autres. »
  • 12:00Locuteur 2Fait
    « dans le paquet des sanctions prévues par les Américains, il y a les gens d'Iran, la république islamique d'Iran, avec lesquels tous ces gens-là ont passé un accord il n'y a pas longtemps à propos de l'armement nucléaire. »
  • 14:00Locuteur 2Chiffre
    « il y a déjà 4000 militaires américains entre la Pologne et la Lituanie. »
  • 20:00Locuteur 2Fait
    « ils vont supprimer l'impôt sur la fortune pour toute la partie qui concerne le capital. »
  • 24:00Locuteur 2Chiffre
    « le président de l'Assemblée Nationale est payé 2 fois plus que les autres députés. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bonjour les amis. Alors cette fois-ci c'est la 37ème revue de la semaine Je pense qu'après celle-là on va faire une petite pause, hein! Parce que le moment est venu de ça.

Alors je l'enregistre dans mon bureau de président du groupe la France insoumise et vous savez que ce bureau va être bientôt repeint, bientôt, oui-oui, ça va se faire Et puis...

Sinon et bien, de l'autre côté, là, aux fenêtres il y a un chantier. Et au moment où je vous parle, quand même on est... il y a une session, normalement c'est un lieu de travail pour moi, ici eh bien, il y a des travaux, mais dehors !

Donc il y a un gars qui fait son boulot, il tape comme un sourd sur un pic pour arriver à faire tomber la mauvaise peinture qu'il y a sur le mur -- je suppose -- en tout cas, ça prend bien la tête : ça fait un maximum de bruit, et vous ne l'entendez pas grâce au micro directionnel, mais moi, c'est comme si je vous racontais ce que je vous ai raconté, à côté d'un gars qui a un marteau piqueur. Ça vous donne une idée de ce que c'est. Bon, allez ! 37ème édition, générique !

La revue de la semaine cette fois-ci, elle commence par un sujet essentiel : le 2 août, la terre est entrée en dette. Ça veut dire qu'à partir du 2 août, tout ce qu'on va prendre à la Terre, elle est incapable de le reconstituer. Le 2 août !

D'année en année, ça avance. Et ça avance de plus en plus vite. D'accord ?

Et c'est tellement vrai, qu'il y a une équipe de chercheurs qui a dit que... il ne restait plus que 5% de chances qu'on arrive à contenir le réchauffement climatique à +2 degrés.

Vous autres qui me suivez, vous savez que j'ai déjà expliqué ça 100 fois pourquoi c'était comme ça : que à la COP21, on n'est pas arrivé à limiter les projets, les activités, avec la perspective de 2 %. C'est pas vrai. Il y a 21 000 îles qui vont disparaître.

Et personne ne sait ce qui se passe à partir de 2 degrés de réchauffement climatique. C'est-à-dire qu'on aura de plus en plus d'évènements extrêmes. Comprenez bien les gens, cette affaire de réchauffement, ça donne pas des résultats proportionnés, genre il va faire un peu plus chaud !

C'est pas ça le sujet! Ça va provoquer un énorme dérèglement, c'est-à-dire, tout d'un coup il va faire beaucoup plus chaud à certains endroits et beaucoup d'eau à d'autres où, jusque là, il n'y avait pas d'eau. Et ainsi de suite et ça va bouger.

Et le climat va se réorganiser. Et le paradoxe c'est que parce qu'il fait plus chaud peut-être qu'à la fin il y aura plus de glace qu'avant. Donc c'est un évènement de première grandeur qui s'avance vers nous.

Vous voyez ? C'est pour ça qu'il fallait changer de régime économique : faut changer la manière de produire, d'échanger, de consommer. MAINTENANT, pas euh... quand on aura l'temps Maintenant faut le faire; il faut avoir un pouvoir capable de le faire.

Moi, je vous ai proposé, pendant la campagne électorale, « la règle verte » ; c'est facile à comprendre : on ne fait plus rien qui prenne plus que ce que la terre peut reconstituer. Nous on peut le faire, les Français, et si on le fait et qu'on trouve les techniques, on peut les proposer aux autres. On les a les techniques !

On peut les proposer aux autres. Ils vont dire Ah oui, on va faire comme les Français, c'est bien ! Il faut faire la révolution citoyenne : c'est en fait la première révolution écologiste du monde.

C'est ça qu'on veut faire. Bon. Vous avez choisi Macron.

Alors là...

Vous me direz, là euh... je vous propose pas de choisir Le Pen, mais franchement, on pouvait faire mieux que ces deux-là, hein, vraiment on pouvait faire mieux.

Bon maintenant, je vous parle de la guerre et de la paix parce que c'est une rubrique régulière dans mes revues de la semaine parce que si je ne vous en parle pas, personne vous en parle. D'accord ? Je vous redis qu'il y a risque.

Là, encore cette semaine, le risque s'est accru. Pourquoi ? Les Américains ont décidé des sanctions contre les Russes.

Y a pas besoin d'être un aigle pour comprendre que les Russes allaient en prendre contre les Américains. Ils ont donc viré 755 personnes du corps diplomatique des États-Unis. Au passage, vous apprenez que y en a des milliers là-bas mais bon, 755 en moins.

Mais surtout ce qu'il s'est passé, c'est qu'on voit bien la main de la CIA et des agences de sécurité les plus violentes. Enfin, écoutez, il y a des sanctions qui sont décidées. Le président américain dit qu'il regrette, qu'il n'est pas d'accord.

Du jamais vu, jamais vu. Il dit : moi, je ne voulais pas ça, mais bon voilà, c'est l'unité du pays euh, je suis d'accord. Donc le président n'est pas d'accord.

Quand la nouvelle des sanctions arrive en Europe, c'est les Européens qui disent: "ben nous on n'est pas d'accord avec ça, ça va nous créer une pagaille pas possible avec les Russes, ce n'est pas normal, ce n'est pas juste." D'accord ? Donc ils ont un peu arrangé leur régime de sanctions.

Mais, vous voyez les conséquences déjà ! Troisième point : dans le paquet des sanctions prévues par les Américains, il y a les gens d'Iran, la république islamique d'Iran, avec lesquels tous ces gens-là ont passé un accord il n'y a pas longtemps à propos de l'armement nucléaire. Alors euh, les Iraniens ont dit : "Qu'est-ce que c'est cette histoire, on a signé un truc où on a dit qu'on arrêtait les sanctions et tout le reste.

Ah bon ! Vous en reprenez ?" Donc l'accord est caduque.

On ne sait pas où on va, hein ? On sait pas vraiment si tout est arrêté, si on retourne à la case départ des sanctions nord-américaines contre les Iraniens, bon. On peut se dire qu'ils sont peut-être un peu jaloux parce que le pétrole des Iraniens, les iraniens l'ont refilé à Total et que, quant aux usines de voitures, c'est les Français et les Allemands qui se taillent la part du lion.

Peut-être que ça a dû jouer aussi sur la perception des Américains. En attendant, voilà encore un endroit où c'est la pagaille. Du coup, montée en tension sur tous les niveaux en Europe, côté russe, hein ?

Alors euh...

Bon ! Côté russe, comme ça se tend, alors du coup, les Américains disent : "Ben... -- c'est pas du coup, c'est eux qui provoquent l'affaire -- bon, on envoie encore des troupes".

Vous savez qu'il y a déjà 4000 militaires américains entre la Pologne et la Lituanie. OK ? Jusqu'à présent, il y avait des batteries de missiles anti-missiles en Pologne.

Soi-disant pour taper les Iraniens, en réalité les Russes. Maintenant, il y en aura en Lituanie. C'est-à-dire que, mois après mois, semaine après semaine, les processus qui conduisent à faire monter la tension, eh ben, ils sont en quelque sorte libérés, et la tension monte.

Ça, c'est pour l'Europe et c'est dans un environnement qui n'est pas très sympa. Parce que pendant ce temps-là, les Chinois qui voient bien que les Nord-Américains les menacent et ont décidé d'ailleurs de passer maintenant à une attitude beaucoup plus agressive, ben les Chinois, ils disent : "Ben attendez, faut que vous compreniez bien à qui vous parlez ! Vous parlez à une grande puissance militaire !" Même si les Chinois sont à des années-lumière du budget militaire des Américains, c'est quand même une armée puissante, importante, et très bien équipée.

Alors ils viennent de faire une très grande démonstration de force, figurez-vous, là-bas, en Chine, pour les 90 ans de l'Armée Rouge. L'armée populaire de libération nationale ça s'appelle, enfin bon, l'armée de la longue marche, l'armée chinoise. C'est pas rien, hein ?

Ça, c'est pour les Chinois. Évidemment, ça tend avec les Japonais. Donc, sur la Terre entière, les amis, les choses sont en train de se tendre.

Regardez bien les types qui sont au pouvoir : Trump, un gros nationaliste, mis en danger par ceux qui sont en train de pousser à la tension, c'est-à-dire la CIA, la NSA, les autres agences de sécurité. En tout cas, c'est Trump. Arrivé en Russie, c'est monsieur Poutine, un grand nationaliste.

Vous passez en Chine, vous avez monsieur Xi Jinping qui lui, vient de faire les démonstrations de force de son armée. Vous passez en Inde, le premier ministre est nationaliste, vous passez au Pakistan, le premier ministre est nationaliste...

Là, je vous parle des grands pays du monde, les grands pays par le nombre de population que ça brasse. D'accord ? Nous, pendant ce temps, qu'est-ce qu'on fait ?

Juncker, Macron et Merkel. Voilà, bon. C'est-à-dire, fttt ( 0 ), les gens, on voit à travers eux, quoi.

Ils sont pas à la hauteur du rôle et du moment politique. Donc voilà, y a danger mes amis, moi je vous informe, je vous préviens, pour que vous suiviez chacune des étapes. En ce moment, il y a beaucoup trop de militaires américains en Europe.

Il y a beaucoup trop de batteries de missiles anti-missiles , il y a beaucoup trop de tensions avec les asiatiques, avec les Russes, et nous, les Français, nous sommes embarqués là-dedans, hein, par des benêts qui ne savent pas affirmer une position autonome et indépendante de la France. Bon maintenant, je vous parle de ce qui s'est passé à l'Assemblée, ces derniers temps, parce que bon, moi j'ai le nez dessus, je suis dedans du matin au soir, depuis que la session parlementaire a commencé. Alors il faut bien que vous regardiez, bien que vous compreniez ce qui est en train de se passer parce que c'est de la politique vivante, et c'est pas parce qu'on est au mois de juillet que tous les compteurs sont bloqués, hein !

Allez pas croire ça, hein ! L'Histoire continue. et la vague dégagiste, elle arrive comme les belles vagues qu'il y a en ce moment sur les plages sur lesquelles vous êtes.

Il faut que vous arriviez à comprendre comment nous,à la France insoumise, les 17 qui sommes là, mais aussi toute l'équipe opérationnelle du mouvement, on la vit. Alors quand je vous parle « équipe opérationnelle », tiens au passage, je vous précise ce que c'est : c'est tous ceux qui avaient une responsabilité pendant la campagne présidentielle et les législatives au niveau national et qui ne sont pas dans le groupe des députés qui conservent tous les responsabilités qu'ils avaient pour faire tourner chaque domaine. Parce que ça se voit pas, mais il y a plein de choses qui étaient en route, et qui doivent continuer, et d'autres qui vont avoir lieu, et il faut bien les prendre en charge.

Par exemple, les rencontres, les amphis d'été que nous allons tenir à Marseille, à la fin du mois d'août. Ou bien, la conduite des caravanes qui sont, à partir du 6 août, sur les routes de France, je parle de la caravane nationale, hein, les amis, fait le tour des quartiers de France, pour reprendre le travail sur les droits sociaux des gens et leur permettre d'y accéder, quand ils ne savent pas que ça existe, et puis faire la démonstration, l'explication de ce que c'est, cette histoire de « ordonnances » détruisant le Code duTravail. Déjà, en juillet, il y a des équipes qui ont fait ce travail localement, et en août, il y aura les deux caravanes nationales, et en même temps des petites caravanes locales, par exemple, à Toulouse ils en font plusieurs qui passent dans les quartiers et puis, c'est du matin au soir hein !

C'est sérieux, on discute avec les gens qui sont là. Bon. Donc tout ça, ça prend place dans une seule réalité politique, Ce n'est pas parce qu'on est sur plusieurs fronts qu'il n'y a pas un chef d'orchestre qui lui, ne perd pas de vue la totalité du système.

Alors il se trouve que pour l'instant, le chef d'orchestre c'est moi, et que donc je ne perds pas de vue la totalité du système. D'abord, le système politique. D'habitude, quand vous élisez un président de la République, allez, tchouk, on tourne la page et tout ce qu'il y avait avant, eh ben, ma foi, bon....

ça passe avec les eaux usées quoi. Vous voyez ? Et puis, y a une nouvelle période qui commence, d'habitude il y a un état de grâce, et puis bon, ils s'installent et puis ils votent le premier budget de l'État, et il y a un délai, comme ça, pendant lequel l'opposition, les perdants de la présidentielle sont au tapis, et attendent que l'eau remonte pour eux.

Et là, la victoire de Monsieur Macron, elle a pas du tout le même sens que les autres victoires aux Présidentielles. Faut la comprendre dans la séquence longue à l'intérieur de laquelle elle est. L'évènement Macron, il prend son sens par rapport à des tas d'autres choses qui étaient là avant.

Par exemple, le viol de la démocratie en 2005, sur le référendum constitutionnel; les mensonges de Hollande trahissant sa parole. Donc ça, ça a conduit à balayer les partis de l'alternance et à faire sortir d'un coté Macron et de l'autre coté La France Insoumise. qui a fait le qui est passé en tête de toutes les organisations qui venaient de ce secteur de la géographie politique.

Donc, quand Macron arrive, il... il n'a pas fait d'adhésion à son programme, on l'a dit 10 fois.

Alors les gens disent : « Ah, vous exagérez parce que vous êtes pas content, par que vous avez pas gagné. » Mais ce n'est pas le sujet. On le sait qu'on n'a pas gagné.

Mais on respecte la décision qui a été prise. Dans une démocratie, c'est comme ça. Mais il n'empêche.

Le fait de voter peut changer beaucoup de choses évidemment mais ça n'annule pas la réalité. Et la réalité, c'est d'abord ça: la vague dégagiste. Alors, eux, ils se sont dit: "Bah voilà, on va mettre un homme, qui est là, qui est jeune et il donne l'impression, à lui tout seul, d'être le renouveau et puis "talatata", traversée du pont d'Arcole en courant.

Bah d'accord, traverse le pont d'Arcole mais ne t'arrête pas au milieu. Or c'est ce qu'il vient de lui arriver. Pourquoi ça se passe comme ça?

Parce qu'il attaque le mois de juillet, il convoque une session extraordinaire du parlement. Il n'y a aucun besoin, il n'y a pas d'urgence de faire ça. Eux, ils disent: "Oui c'est pour régler le chômage." Mais ce n'est pas vrai!

Ce n'est pas en bousillant le code du travail qu'on règle le problème du chômage dans notre pays. Ca se saurait! On a donné 40 milliards au MEDEF et il n'a rien fait, après s'être trimballé avec un macaron "1 million d'emplois".

D'accord? Donc, quand il fait l'ordonnance "travail", c'est pour envoyer un signal politique à certains milieux: les milieux patronaux, il pense aussi les milieux start-upeurs comme si les start-upers rêvaient de tout ça, et puis, bon, sur la scène internationale, voilà il dit: "C'est moi, Macron, voilà je suis un libéral, un vrai. La preuve, regardez, je démolis le code du travail et puis moi, je fais en France ce que personne n'était arrivé à faire avant moi, c'est à dire la grande coalition.

Je prends de la droite, je prends de la gauche, et puis avec ça je vais vous faire un gouvernement." Voilà. C'est ça son grand oeuvre.

Et alors comme il avait réussi ça, boum la charge, avec une session extraordinaire, on vote en , quoi, une semaine les ordonnances. Bonjour tout le monde! Bon, je m'arrête juste sur l'ordonnance.

C'est que tout le monde comprend que c'est quelque chose de libéral, que c'est un signal envoyé aux milieux de l'argent. Mais le gars il commence par envoyer le signal puis un mois après, arrive l'affaire STX, le chantier naval. Il faut faire quelque chose là, Il faut qu'il fasse quelque chose.

Le chantier va être vendu à un italien qui lui-même a des chantiers en Chine et en Italie. Il n'y a pas besoin d'être un aigle pour comprendre que s'il achète le chantier STX qui a un carnet de commandes rempli pour 10 ans, bah c'est aussi pour répartir la charge de travail entre les différents sites qu'il posséderait. Donc, clairement ça veut dire que les français peuvent dire au-revoir à leur site de construction navale de St Nazaire.

Je vous ai déjà dit que c'était un site qui était important, d'abord parce qu'il y a tout le savoir-faire mais aussi parce que ce sont les seules formes qui permettent de construire des navires pour la Défense Nationale. Les amis, ça existe tout ça. Bon.

Donc, quelle décision il prend le même qui vous a fait: "Vous avez vu? C'est moi le roi des libéraux. Vous avez vu comment je les ai tous matés, j'ai passé le code du travail, tchouf, à la poubelle et tout." Le gars, qu'est-ce qu'il fait?

Il nationalise! C'est à dire qu'il donne un message, sous la contrainte, le contraire de ce qu'il avait raconté avant. Sous la contrainte, il nationalise.

Vous autres qui m'écoutez, vous vous dites "Bah si c'est vrai pour STX, pourquoi c'est pas vrai pour ci, pourquoi c'est pas vrai pour ça? Pourquoi c'est pas vrai pour Alsthom, pourquoi c'est pas vrai pour les Hauts Fourneaux? Pourquoi c'est pas vrai pour St Gobain, pourquoi..." et ainsi de suite.

Et ainsi de suite. Donc le signal n°1 qu'il a donné est brouillé par le signal n°2. Nous on sait que c'est un libéral.

D'accord? On le sait parce que l'affaire du code du travail, elle n'est pas terminée. Mais ce qu'il donne à voir, c'est pas du tout ça.

Deuxio: comme le chantier, il est italien, les italiens ne sont pas contents parce qu'ils disent: "Dites-donc vous autres les français, les capitalistes français, vous venez chez nous, vous achetez ceci, vous achetez cela, vous essayez de prendre la boîte de télécommunication, vous essayez...Et puis quand nous, on achète quelque chose chez vous, alors là vous n'êtes plus contents, vous nationalisez." Donc, Monsieur le grand européen qui était censé être le président de la république se retrouve à fiche une douce pagaille dans l'Europe du sud.

Bon. Ca c'est le premier signe. Le deuxième, c'est la modernisation de la vie politique.

Alors là, c'est bien trouvé parce que il profitait des turpitudes de quelques élus, parce qu'il faut bien dire que les limites ont été franchies: le numéro des costards de Fillon, les emplois familiaux, tout ça. Enfin bon, c'est écœurant quoi. Mais enfin, c'est quand même un petit nombre de gens qui font ça.

Je préfère vous dire que la majorité, vous êtes d'accord ou vous n'êtes pas d'accord, moi je ne suis pas d'accord avec un tas d'entre eux, ce sont des gens honnêtes. Donc, Macron, il s'est dit: "Bah voilà comme ça, à peu de frais (ça ne coûte rien, hein) je vais faire le moderne, le rénovateur et tout ça. Et puis comme les gens n'aiment pas les élus, et bien ça va bien tomber, ça va leur faire plaisir et comme ça derrière, moi, Macron je vais faire..., je vais réduire le nombre de députés..." Enfin vous connaissez l'histoire.

Bon très bien, le débat commence: "la modernisation-. Non, alors on enlève la modernisation." "La moralisation - Non on enlève la moralisation, ça fait trop" "La confiance dans la vie publique" Formidable, ça y est, ils ont trouvé le bon mot.

Il y a un gars qui fait du marketing ou une fille qui a dû leur dire "vous n'avez qu'à dire ça, comme ça tout le monde va comprendre, c'est pour retrouver confiance." Alors pendant qu'on est là à pétouiller pendant des heures avec des incidents de séance à répétition, pendant qu'on fait tout ça, vous avez la madame Pénicaud, la ministre du travail, celle-là même qui a dit à tout le monde de se faire des sacrifices, on apprend, qu'elle a gagné en une nuit 1,3 millions d'euros en licenciant 900 personnes. Parce que comme elle a licencié, elle était DRH d'une grosse boîte: Danone et quand on licencie beaucoup de monde, ça fait monter le cours des actions des entreprises en question.

Alors elle, elle avait ce qu'on appelle des stocks-options. Vous, vous ne savez pas ce que c'est parce que vous n'en avez pas ou peut-être que vous avez vu. Je vais vous expliquer comment ça se passe.

Vous arrivez et on vous dit: "Ecoutez, monsieur machin, madame truc, on vous réserve, on vous réserve par exemple 100 actions à la valeur d'aujourd'hui." Mettons que ça soit 100 euros ou 100 dollars. Ce que vous voulez.

D'accord? A la valeur d'aujourd'hui. On vous les met de côté.

Alors, vous, vous n'avez pas sorti un rond. D'accord? Rien!

Vous savez qu'elles sont de côté pour vous comme si vous diriez: "Je vais chez le boulanger, je dis bon, tu me gardes 2 baguettes, je vais acheter les fruits et après je repasse." D'accord? Sauf que chez le boulanger, le prix de la baguette, il ne bouge pas entre le moment où tu as passé ta commande que tu n'as pas payée et le moment où tu achètes ta baguette et que tu paies.

Là, non. Tu ne paies rien. Et donc un jour, elle se dit: "Et ben, je vais dire -on appelle ça- je vais LEVER mes stocks-options" Ca veut dire: "Bon, d'accord, je paie." "Combien vous avez dit?

A l'époque c'était combien? 10€? Très bien, les voilà, je vous les donne." Et, la fille, elle embarque ses actions et le lendemain: surprise!

Boum, l'action, au lieu de valoir 10€, elle en vaut 40! Entre temps, tu as licencié 900 personnes. Qui le sait?

Bah elle, c'était elle la DRH! D'accord? Donc, elle a donné le matin 10€ et le soir, elle en a fait rentré 30 de bénef.!

Les gens, ils ne sont pas fous, ils voient bien que ce n'est pas normal. Alors, on comprend rien de tout ce qu'il se raconte: les stocks-options, les machins...

Mais les gens, ils disent: "Comment? Elle a gagné en 1 journée 1,3 millions. Qu'est-ce que c'est c'te histoire?" Ils sont écœurés.

Et ça apparaît en même temps qu'on les bassine avec les histoires de moralisation de la vie publique. Et nous, ce qu'on a essayé de faire, c'est de dire: "Bon, OK, allez, on vote tout ce que vous voulez sur le sujet." Pour nous, ce n'est pas ça le problème.

Le problème, c'est que, pendant qu'on fait ça, il y a des gens qui ont des comportements qui ruinent toute confiance. C'est ceux qui ont des méga salaires à la tête des grandes entreprises - on se demande pour quoi faire?- c'est les écarts de rémunération, etc, etc.

Bref, on a essayé pendant toute la campagne là, pendant toute la... la semaine de campagne parlementaire de faire changer le centre de gravité de la discussion.

Pas seulement de s'occuper des parlementaires mais s'occuper de tous ceux qui ont des responsabilités dans le pays. Alors: les ministres, les directeurs des administrations centrales et puis aussi les PDG, les lobbyistes, tous ces gens, quoi! On leur a dit: Si vous voulez faire la chasse aux corrompus, commencez par chasser les corrupteurs!

Alors là, deuxième truc: "Ah c'est nous les modernes, on va restaurer la confiance, blabla blabla blabla!" Et en même temps qu'ils font ça, POUM! 5€ d'APL en moins pour tout le monde, et TOC, Mme Pénicaud: 1,3 millions € et TCHOC, un troisième coup, on vous annonce quils vont supprimer l'impôt sur la fortune pour toute la partie qui concerne le capital.

C'est à dire: le capital, l'argent qui circule en actions, machin tout ça. Incroyable! Et je vous passe le reste.

Mais c'est pour dire! Donc ils envoient 2 signaux. 2 signaux qui font: TCHOUF!

Qu'est-ce qu'il reste de tout ça? Le monsieur, il est enlisé. Son truc : ça marche et ça court sans arrêt.

Ca court plus! Et lui-même, hier soir, ses ministres, il leur dit: "Vous savez, j'ai lu vos notes, c'est du pipi de chat!" "Du pipi de chat!" il a dit!

Qu'est ce qu'il se passe? Il leur dit: "Si vous continuez, à vous faire le relai de vos administrations, dans 6 mois, vous avez disparu." Je vais dire: ça prendra pas 6 mois, ça prendra moins.

Mais qu'est-ce qu'il nous apprend en faisant ça? Pas juste qu'il essaie de tenir tout le monde. Après tout, c'est lui le président.

Il va leur foutre une trouille qui ne va pas les aider à s'épanouir à tous ces ministres que déjà, on ne sait pas qui c'est. Mais, il nous apprend quelque chose, c'est que ces gens n'ont pas de ligne. Donc qu'est-ce qu'ils font?

Ils prennent les dossiers que les administrations leur donnent. C'est normal, les administrations, elles sont là pour ça, pour avoir des dossiers sur le long terme. Bon alors, quand c'est un nouveau pouvoir, qui a vraiment autre chose à proposer, il dit aux fonctionnaires: "Bon, c'est bien, vous avez bien bossé mais enfin, ce n'est pas notre ligne ça.

Donc il va falloir prévoir autre chose." Et les fonctionnaires, ils font le boulot, hein. Il n'y a pas de problèmes, c'est ça la force de la fonction publique d'état française c'est qu'elle n'est pas politisée au sens où, bien sûr chaque fonctionnaire a une idée politique, mais globalement, la machine de l'Etat sert l'Etat.

Et l'Etat, il est dirigé par ceux qui sont élus. Et les fonctionnaires, ils font... ils préparent, ils préparent les mesures décidées par la majorité.

C'est une force, pas une faiblesse, hein. Bon. Alors, donc ces administrations, elles ont fait leur boulot donc maintenant, elles vont prendre la trouille.

Les administrations aussi. Donc regardez bien la pyramide: En haut, vous avez Jupiter-Pharaon. Ensuite, - alors lui bon, on n'en parle pas pour l'instant- 2ème étage, le gouvernement: pfffft, tout le monde a la trouille et ils produisent du pipi de chat.

Etage suivant: la haute administration. Tout le monde a la trouille parce que c'est eux qui transmettent le pipi de chat. Donc, tout ce compartiment là, à partir de maintenant, il ne sait plus où il habite.

Il ne sait pas quoi faire. Que faire pour être bien vu du chef? Vu que le chef n'est content de rien et qu'il a tous les pouvoirs.

Donc, cet étage là, il dépendait avant... c'était...

Macron pouvait dire: "Je suis le président, je suis protégé par cet étage." Notamment le 1er ministre. Le 1er ministre: disparu du circuit.

Parce qu'il lui a mis des conseillers en commun. Ça veut dire que l'autre, il fait le collaborateur comme disait Comme disait Sarkozy. Alors après, l'étage suivant.

Les 2 étages suivants c'est quoi? La masse du peuple, nous tous quoi. Alors ceux là...

D'après les sondages, je dis bien: "d'après les sondages" qui sont des horoscopes comme tout le monde le sait, ça ne marche pas très fort pour Macron, hein. On est déjà à peine le 1er août que le gars n'est plus qu'à 36% d'opinion favorable. On est le 1er août.

Ce gars là a été élu depuis 3 mois! Rien d'autre, hein. 3 mois!

En 3 mois, nous voilà rendus à peu près à la situation dans laquelle était Hollande avant juste la dégringolade finale. Donc l'autre il est arrivé au même palier, il est au bord du même trou. Il n'y a plus qu'à pousser.

Bon, ça c'est pour la masse. Et il reste l'Assemblée Nationale. Vous voyez le système: le président tout seul là-haut qui fait pharaon, l'étage gouvernement: le 1er ministre: TCHOUC!

Les ministres ont la trouille. La haute direction des administrations publiques, plus personne ne sait ce qu'il faut faire au juste. L'étage suivant, l'Assemblée Nationale.

C'est là, le maillon qui tient tout le système en place. Si dans l'assemblée nationale, ça commence à se mettre à voter, non pas d'après l'étiquette de parti, mais d'après ce qu'il paraît juste aux gens, alors c'est un autre régime qui commence. Moi, j'ai bon espoir.

Et je vais vous dire franchement pourquoi. Pourquoi? Tous ces gens, ce sont des gens qui ont eu une vie avant d'arriver ici.

Il y a 400 députés qui sont des nouveaux députés. Donc, on dit: "ces amateurs!" Bah tant mieux, il faut bien être amateur un jour.

On ne peut pas à la fois dire: "Y'en a marre de ceux qui sont tout le temps élus" et puis juste après dire "ah bah ces amateurs, ceux qui arrivent!" Par la force des choses ce sont des amateurs, et bien tant mieux! On ne va quand même pas protester contre ça.

Mais un amateur, il peut être parfaitement efficace. Chaque personne est forte là-dedans, ils ont une culture, ils ont eu des responsabilités dans la vie. C'est comme dans mon groupe la France Insoumise, ils arrivent pour la première fois de leur vie à l'assemblée nationale mais ils ont un vécu de militants.

Sauf que nous, on chasse en meute et on a une ligne et un programme. On est tous rassemblés par ça. Eux, ils sont rassemblés par quoi?

Ils votaient contre leur propre programme dans l'hémicycle. Donc c'est dire, il n'y a pas de lien et ils ont des chefs à la ramasse. Vous voyez le président de l'assemblée nationale, un petit monsieur autoritaire... bon.

Tout le monde le déteste ici. Tout le monde fait semblant hein. Mais tout le monde le déteste déjà.

Ça fait à peine un mois qu'il est en place. Le président de leur groupe, bon, pour des raisons qui lui appartiennent, il n'est pas souvent là. Moi, je suis là tout le temps.

Matin au soir. Je ne vais pas le faire tout le temps, mais là, je le fais parce qu'on commence. Donc j'ai besoin de voir...

N'importe qui est comme ça. Un président de groupe ou une présidente, il doit évaluer, à la fois comment marche un groupe et puis comment fonctionne l'assemblée, quels sont les tempéraments, les caractères, les oratrices, les orateurs. Voir comment ça se passe.

Le gars, il n'est pas là. Il n'y a pas de sous-chefs, on ne les voit pas. Alors de temps à autres, ils ne savent plus quoi faire, ils se groupent par paquets dans l'assemblée, ils parlent entre eux.

Moi, je me dis, j'en ai vu plusieurs, à plusieurs reprises voter avec nous des amendements. Nous, déjà, on donne l'image de gens non sectaires. Quand quelque chose nous plaît, on applaudit.

On ne regarde pas de quel groupe ça vient, du moment que c'est une idée qui va dans notre sens. L'autre jour, c'était une députée de la République En marche qui parlait du jour du dépassement, on a applaudi. Une autre fois c'est un gars, même un gars de Les Républicains, qui dit un truc qui est juste sur la manière, les manières du président, on applaudit.

Pourquoi on fait ça? parce qu'on veut montrer qu'il y a un collectif qui est là qu'est l'Assemblée nationale. Et chaque fois qu'on peut faire avancer quelque chose, on le fait.

Exemple: on a présenté un amendement en commun pour faire sauter ce qu'on appelle le verrou de Bercy. Le verrou de Bercy, c'est le fait que seule l'administration fiscale a le droit de déclencher une... une poursuite.

C'est elle qui peut la faire déclencher contre un contrevenant qui n'a pas payé ses impôts. C'est pas rien quand même! Le verrou de Bercy ça s'appelle.

On a fait une conférence de presse commune avec un amendement commun. A cette conférence de presse, participaient des gens qui n'ont rien à voir entre eux le reste du temps mais qui sur ce point là étaient d'accord. Alors, on avait la France Insoumise, GDR c'est à dire les communistes et leurs alliés, Nouvelle Gauche c'est à dire le parti socialiste, et Les Républicains c'est à dire la droite.

Et je crois qu'il y avait aussi avec nous Les Constructifs, je ne me rappelle pas bien. Voilà. Au moins 5 formations.

Bref. Pardon, on était même 6. Et sur 7 groupes que comporte l'assemblée nationale, 6 étaient d'accord. pour dire: il faut faire sauter le verrou de Bercy.

Ca valait la peine, non? Donc, on n'a pas regardé les étiquettes. On s'est mis d'accord sur le contenu.

On pourrait dire: "Bah non!" Non! On l'a fait parce que il y avait un point commun d'accord.

Si c'est possible, on le fait. Il faut qu'on travaille comme ça: si c'est possible, on le fait. Pourquoi? parce que ça fait vivre l'assemblée en tant qu'assemblée.

Ce n'est pas: au sifflet tout le monde vote au canon derrière ses chefs. Et, là aujourd'hui, on a déposé un recours au Conseil constitutionnel contre l'ordonnance sur le code du travail. On est contents.

Il faut être 60, nous on n'a pas 60 élus. Qu'est-ce qu'on a fait? On s'est mis d'accord avec le groupe GDR, les communistes.

Ils sont 16 et nous 17, ça fait 33, il faut arriver à 60. Donc, on a été voir Nouvelle Gauche, les socialistes, et on a été voir les Corses. Alors on dit: "Voilà.

Est-ce qu'on signe ensemble?" Alors, on s'est mis d'accord. Et on a signé ensemble.

Donc il y a un recours qui va au Conseil constitutionnel. On va voir ce que ça donne mais c'est une démonstration du fait qu'on peut arriver à faire vivre une vie parlementaire à l'assemblée. Pourtant je ne vais pas vous raconter tout ce qui peut nous séparer du parti socialiste, mais ce n'est pas le sujet là.

C'est pas le sujet. Ce qui est important, c'est de faire avancer la respiration de l'assemblée. Voilà comment il faut procéder.

Et moi je fais le pari que plus Macron va se raidir, alors lui, c'est son problème: il est président de la république, mais tous les étages intermédiaires, tout le monde fait comme le chef donc tout le long, ils se comportent de plus en plus brutalement. Nous, on l'a vu ici. Il y a eu des soirs, elle était complètement paranoïaque cette équipe de la direction d'En Marche.

Ils voyaient des complots partout, ils croyaient qu'on voulait déstabiliser. Non. Eh les gars, les filles, ça s'appelle un débat parlementaire ce qu'on fait là. "Oui, vous n'arrêtez pas d'être contre!" Bah oui, on est l'opposition, on est contre.

Mais c'est un débat, c'est normal que ça ait lieu. Eux, ça les indigne. Alors, il y a eu des réactions brutales.

Et ils ont sans arrêt des réactions brutales. Et puis alors, il y a des jours, plus personne ne comprend rien. Pourquoi?

Pas parce que ce sont des amateurs. C'est parce que dans la compétition à la surenchère de l'autorité, tu en as toujours un qui veut en rajouter sur l'autre. On vient de passer une semaine à discuter d'une loi, je viens de vous le dire, sur la confiance dans la vie publique, etc. c'est à dire le statut des élus, leurs sous et tout ça.

OK. Une semaine! A 500!

Mmh? Et un matin, on se lève. et monsieur De Rugy à la radio, - De Rugy, c'est le président de cette assemblée- et il annonce qu'il va changer le nombre des députés, la retraite des parlementaires, le ceci, le cela et un tas de trucs dont on avait parlé pendant le débat, qui avaient été retoqués.

Et au nom de quoi c'est ce monsieur tout seul qui décide de tout ça? Mais c'est pas possible! Ce n'est même pas son droit constitutionnel de changer le nombre de députés.

Ce n'est pas le président de l'Assemblée qui choisit le nombre de députés, enfin! C'est une histoire de fous ça. C'est une loi, ça a à voir avec la Constitution, ça a à voir avec la loi organique.

Le gars, à lui tout seul, comme ça, il se fait le chevalier blanc. Ah mais il faut pouvoir M. De Rugy de faire le chevalier blanc!

Parce que, dans une logique comme celle-là, vous avez bien compris hein, c'est un escalier, ça monte sans cesse. Alors vous en avez un qui dit comme ça, l'autre comme ça, l'autre comme ça...

M. De Rugy veut monter quelques marches, et bien on lui propose: au lieu d'inventer des choses qui ne se feront pas parce qu'elles ne dépendent pas de lui, on pourrait organiser les choses qui dépendent de lui. Nous allons prendre un exemple.

Pour quelle raison, le président de l'Assemblée Nationale est payé 2 fois plus que les autres députés? Est-ce qu'il fait 2 fois plus de travail? En tout cas, il n'est pas mobilisé 2 fois plus, hein.

Parce que l'autre soir, il n'était pas là. Moi j'y étais mais lui, non! Il n'y a pas que lui qui n'était pas là.

D'accord? Pourquoi il gagne 2 fois plus que les autres? Qu'est-ce qu'il fait de si spécial?

D'habitude, on dit en latin "Primus inter pares" Moi je suis président de mon groupe ça ne me donne pas un kopek de plus pour ça et c'est normal. Pour quoi faire? On est premier parmi les siens.

Voilà. Donc le président de l'Assemblée Nationale, c'est un grand honneur d'être président de l'Assemblée Nationale mais c'est le premier parmi les siens. Il n'y a pas de raison qu'il gagne le double.

Surtout que le gars, il est logé, il est nourri, il est blanchi, il est transporté. Ça va quoi! Il n'a pas de frais supplémentaires.

Justement parlons-en! Vous saviez vous, qu'il y a 36 contractuels au service du président? Attention! je ne vous parle pas des fonctionnaires, hein.

Je ne vous parle pas du nombre de fonctionnaires, on va s'en occuper après. Mais là, le gars il recrute 36 personnes. Il arrive, il a le droit à +36!

Nous c'est + 3, les assistants. Lui, c'est 36! Y'en a du boulot, hein!

Il faut être 36 pour le faire, plus les fonctionnaires! Plus les fonctionnaires! Pourquoi 36?

Alors ceux-là, il les nomme et le jour où il n'est plus président, ils s'en vont. C'est des contrats comme des contrats d'assistants, des contrats à durée déterminée, d'accord? Pourquoi 36, pour quoi faire?

Non, il va falloir qu'il nous dise parce que ça il pourrait le réformer, on pourrait faire des économies. Allez, on va pas être chien, mettons qu'avec 20 il peut arriver à s'en sortir. Ça en fait 15 de moins, c'est bien non?

Pourquoi il gagne le double? Il n'y a pas de raison, il faudrait qu'il gagne comme tout le monde, il faut montrer l'exemple, non? Pourquoi?

Pourquoi? Alors, on pourrait établir un barème. Par exemple, tu es député ordinaire: bah 1.

Et tu es super chef député, bah... 1,2 quoi. 1,5.

Pourquoi 2 ? Non! Donc, dans l'intervention qu'il a faite Eric Coquerel pour le repassage de la loi "modernisation", il a dit ça, il a dit "ah, mais ça ne va pas s'arrêter là!" Puisqu'on peut continuer à faire des propositions alors que la loi vient d'être votée, puisque vous n'avez pas voulu entendre 1 seul de nos amendements, pas une seule de nos idées n'a mérité débat.

Quand on a dit: "le seul et le meilleur juge protégeant de la démocratie, c'est le peuple!" Donnez au peuple le droit de révoquer les élus! "Non, pas question!" Ah, tiens?

Élargissez le nombre de ceux qui peuvent participer à la discussion politique donnez le droit de vote à 16 ans! "Non, pas question!" Etc, etc.

Si on peut continuer à discuter, on va continuer à discuter. Et maintenant, nous ce que nous mettons en cause, c'est la façon dont fonctionne la présidence de l'Assemblée nationale. Mais c'est normal qu'on le fasse parce que le président de l'Assemblée nationale nous a en quelque sorte invités à trouver des idées supplémentaires en en ayant lui-même sans rien demander à personne et en le proposant en public.

Voilà. Je vous ai raconté tout ça parce que le moment est singulier. La grande Histoire, elle se fraie son chemin par plein de petits sentiers.

Vous aviez une situation qui ne demandait qu'à revenir à un certain point d'équilibre, avec une élection présidentielle. Ils ont tellement arrangé, tordu le bras aux faits qu'on est arrivé à un deuxième tour dont ils rêvaient. C'est à dire: Macron, l'ami des 9 milliardaires qui possèdent 90% de la presse française contre l'épouvantail de service: Mme Le Pen.

En se disant, - vous avez vu le terrorisme qu'ils ont fait: "Faut voter, tout ça, tout de suite. Allez!" Il fallait qu'on se mette au garde à vous devant eux.

Résultat, les gens ils ont voté, en majorité pour que Mme Le pen ne soit pas présidente de la République. Ils ne voulaient pas. Elle a quand même fait 10 millions de voix mais les gens ne voulaient pas, la majorité ne voulait pas.

Ils ont voté pour ça, pour pas qu'elle soit présidente. Ils n'ont pas dit: "Hourra, bravo! Saccagez-nous le code du travail!" Non, on a pas voté tout ça.

Donc, le gars, il savait qu'il avait cette difficulté là. Donc son job, c'était de créer une sorte de consentement dans la société, de trouver un autre point d'équilibre. Il s'en fout le gars.

Pour lui, il est là pour appliquer les décisions de la commission européenne. Parce que quand vous grattez le programme de Macron, il n'y a pas une ligne qui est une trouvaille de Macron. C'est 90% la feuille de route donnée par la commission européenne.

D'accord? Vous avez pensé que vous votiez pour M. Macron, en réalité, vous avez voté Juncker.

Voilà ce que vous avez fait les gens. Voilà, bah, c'est comme ça. Donc c'est un moment de totale instabilité.

Et c'est à nous qu'il appartient de lui ouvrir une perspective et de l'ouvrir par le haut, la mobilisation, le renforcement de l'intelligence collective. Ça c'est notre manif du 23 septembre. Bon les gens, on va faire la pause de la Revue De La Semaine pendant 3, 4 semaines, 1 mois quoi, hein.

Moi, je retrouve toutes mes équipes à Marseille. pour les amphis d'été et puis je pense que peut-être à Marseille, on recommencera. Donc c'est pas si loin que ça c'est vers le 24, 25, 26 ou bien on attendra d'avoir fini notre université d'été parce qu'il va se passer pas mal de choses, et puis on fera ça à la première semaine de septembre.

Donc je vous souhaite à tous de bonnes vacances Moi, j'ai encore du boulot pour une semaine. Bon, alors évidemment que, vous pouvez contribuer à l'effort de guerre. Pour ça, vous appuyez, vous cliquez, vous mettez des petits pouces bleus.

Comme ça, ça donne le sourire à tous ceux qui font cette émission. Je vous dis merci à vous tous qui vous êtes abonnés qui avez maintenu votre intérêt pour ce qu'on fait, ça nous a aidé. On va essayer à la rentrée, sans doute on va refondre la formule parce qu'il faut que ça bouge, que ça change, on a des médias qui sont quand même assez souples hein.

Donc c'est à nous de trouver l'idée sans non plus que ça bouffe un temps tel à fabriquer que bon ça vaut plus la peine, je ne dirige pas une agence de cinéma les amis hein. Donc, on fait ça, là, vous voyez, je vais retourner dans l'hémicycle bon, il y a 2, 3 copains qui sont autour dans les bureaux en train de travailler et puis derrière cette caméra, il y a aussi un ami. Bon.

Voilà, il faut que ça reste raisonnable dans la production et la fabrication Apparemment, ça ne vous a pas gêné jusqu'à présent. Ceux qui ont fait les émissions sur le plan pratique ont fait, moi je trouve, une plutôt belle réalisation. Tout ça a été fait avec les moyens du bord et puis ce qui est infernal, c'est moi là-dedans parce qu'avec moi, on fait 1 prise, pas 2.

Je ne recommence pas. Et puis après, les copains se débrouillent pour couper, coller...

Bon, et faire quelque chose que vous arrivez à regarder sans que ça vous saoule de trop. Voilà. Moi je vais finir mon travail, ensuite, je vous garantis que je vais bien me reposer pendant 15 jours, à peine, mais bon. 15 jours, c'est bien, ça va le faire.

Et puis vous et bien il faut bien vous reposer parce que je vais avoir besoin vraiment de tout le monde à la rentrée. Ca va chauffer et ce sera pas la température du climat. Voilà.