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InterviewJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 18 octobre 2016 20 minAutoproduitActualité / polémiqueTravail & emploiÉconomie & entreprisesJusticeInstitutions & élections

MÉLENCHON - «JE SUIS AVEC LES GOODYEAR»

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Notre invité Jean-Luc Mélenchon, bonjour.

  • 0:15FerméeRéponse partielle

    Je crois savoir que vous allez vous abstenir de parler pendant quelques semaines, c'est vrai ou pas ?

  • 0:45RelanceRéponse directe

    Des "bavardages" ? Vous avez dit ça ou pas ?

  • 1:30RelanceRéponse directe

    Ah bon ? Pourquoi ? Ils l'ont été la semaine dernière ?

  • 2:15ComplaisanteRéponse directe

    Donc faire des mouvements comme ça, d'épaules, c'est du bavardage car on sait très bien que ça mènera nulle part.

  • 3:00FerméeRéponse directe

    Ça pourrait le conduire devant la cour pénale internationale ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:00MélenchonFait
    « c'est bavardages »
  • 1:45MélenchonFait
    « la Russie n'a pas signé le tribunal pénal international, les États-Unis avaient signé, ils ont retiré leur signature et la Syrie non plus »
  • 2:30MélenchonFait
    « la France a signé le tribunal pénal international et le Mali aussi »
  • 3:15MélenchonFait
    « le mot "bavardages" s'appliquait à son attitude à lui, pas aux bombardements »
  • 4:00MélenchonFait
    « Les guerres sont des crimes organisés »
  • 6:15MélenchonChiffre
    « plusieurs centaines de Français qui sont engagés puisque l'artillerie qui est engagée en position est dirigée par les Français »
  • 7:45MélenchonFait
    « c'est une branche d'Al-Qaïda, les gens qui ont assassiné les journalistes de Charlie Hebdo »
  • 8:30MélenchonFait
    « Il va régler le problème »
  • 10:45MélenchonFait
    « Les guerres sont des crimes organisés »
  • 12:30MélenchonFait
    « ce référendum a, à mes yeux, zéro valeur »
  • 14:45MélenchonChiffre
    « 8 ex-salariés qui ont été condamnés à 9 mois de prison ferme en 1ère instance »
  • 15:30MélenchonPromesse
    « La lutte, et si je suis élu, et si par malheur ils sont condamnés, instantanément ils seront amnistiés »
  • 16:15MélenchonPromesse
    « retraite à 60 ans, SMIC 1.300 euros net, 6ème semaine de congés payés, interdiction de licenciement boursier »
  • 17:00MélenchonPromesse
    « taxe sur les transactions financières, échelle des salaires de 1 à 20 »
  • 18:30MélenchonPromesse
    « au lieu d'avoir 5 tranches comme aujourd'hui, moi j'en créerai 14 »
  • 19:15MélenchonPromesse
    « au-dessus de 400 000 euros, 100% d'impôt »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bourdin : Notre invité Jean-Luc Mélenchon, bonjour. Mélenchon : Bonjour. Bourdin : Je crois savoir que vous allez vous abstenir de parler pendant quelques semaines, c'est vrai ou pas ?

Abstinence ? Bourdin : Abstinence ? Abstinence médiatique ?

Mélenchon : J'ai la chance d'avoir des portes paroles talentueux, ils vont donc briller Mélenchon : Mais moi j'ai intérêt à me mettre un peu...

Bourdin : En veilleuse ? Mélenchon : En retrait. Non pas en veilleuse mais un peu en retrait de l'expression publique parce que d'abord j'ai mes propres moyens d'expression, j'ai une chaîne YouTube, c'est la première chaîne politique du pays, j'ai le site JLM 2017, il y a beaucoup d'endroits où je m'exprime et où je peux le faire à mon aise en quelque sorte Bourdin : Bien.

On va voir si vous êtes à votre aise... ce matin...

Mélenchon : Sans courir le risque de voir mes propos tronqués, trafiqués comme ils l'ont été la semaine dernière Bourdin : Ah bon ? Pourquoi ? Ils l'ont été la semaine dernière ?

Ah oui, oui oui, les fameux "crimes de guerre de la Russie" Bourdin: Des "bavardages" ? Vous avez dit ça ou pas ? Mélenchon : Non, on m’interrogeait sur le fait que François Hollande voulait envoyer au tribunal pénal international, parce que c'est là qu'on envoie les criminels de guerre, n'est-ce-pas, sinon c'est des paroles verbales, Poutine.

Et j'avais dit : "c'est bavardages", pour une raison très simple, c'est que juridiquement la Russie n'a pas signé le tribunal pénal international, les États-Unis avaient signé, ils ont retiré leur signature et la Syrie non plus. Mélenchon : Donc faire des mouvements comme ça, d'épaules, c'est du bavardage car on sait très bien que ça mènera nulle part. Mélenchon : A l'inverse, je mets en garde François Hollande, il ferait bien d'y réfléchir, la France a signé le tribunal pénal international et le Mali aussi.

Bourdin : Il pourrait être conduit devant la cour pénale internationale ? Mélenchon : C'est juste pour vous dire qu'il y a un problème et il y en aura un bien vite. J'espère qu'il va démentir ce qu'il y a dans le livre qui lui est consacré, où il reconnait Mélenchon : des assassinats ciblés, parce qu'on dit des "exécutions extra-je ne sais pas quoi", la vérité c'est que c'est un assassinat Mélenchon : décidé en haut lieu, c'est dans le livre, donc j'espère pour lui...

Bourdin : Ça pourrait le conduire devant la cour pénale internationale ? Mélenchon : En principe, ce genre de comportement relève du tribunal pénal international, mais bon, c'est une autre histoire. Mais c'est pour vous dire Mélenchon : le mot "bavardages" s'appliquait à son attitude à lui, pas aux bombardements.

Mélenchon : Enfin, quel genre d'homme serais-je si je trouvais normal que l'on bombarde, tous les bombardements sont horribles, mais alors, quant aux crimes de guerre, soyons clairs, Mélenchon : Les guerres sont des crimes organisés, c'est bien pourquoi il faut ne pas les déclencher, en racontant aux gens, je ne sais pas quoi, des histoires qu'on invente sur les armes de destruction massive, etc. Mélenchon : Et puis quand elles sont déclenchées, il faut les arrêter à toute vitesse. Mélenchon : Et surtout il faut éviter d'utiliser une situation pour sa propagande en décrivant des méchants et des gentils Mélenchon : Et puis une semaine après, aller faire exactement la même chose à un autre endroit en trouvant ça délicieux.

Car figurez-vous que la bataille de Mossoul Mélenchon : Ca va pas être une soirée entre gentils hein ? Ca va être épouvantable et vous avez là Mélenchon : plusieurs centaines de Français qui sont engagés puisque l'artillerie qui est engagée en position est dirigée par les Français. Bourdin : Est-ce que vous comprenez qu'on soit engagé ?

Mélenchon : Bien sûr, c'est assez compliqué cette situation Bourdin : Nous devions être engagés ? Mélenchon : C'est une autre paire de manches, il fallait pas faire comme ça mais ça sert à rien de détricoter le film, il fallait pas faire comme ça parce que le résultat qu'on a sous les yeux Mélenchon : était prévisible. Maintenant est-ce que c'est une bonne chose de combattre les groupes de l'islamisme politique en Irak et en Syrie ?

Oui. Mélenchon : Tous les groupes, et en particulier, je voudrais dire et à rappeler à tout le monde qu'à Alep-Est, contrairement à ce que dit Monsieur Fabius, le groupe Al-Nosra ne fait pas du bon boulot Mélenchon : ce sont, c'est une branche d'Al-Qaïda, les gens qui ont assassiné les journalistes de Charlie Hebdo. Il faudrait arrêter de prendre les gens pour des imbéciles Mélenchon: En peignant un jour celui-ci en blanc, le lendemain en noir...

Bourdin : Donc vous comprenez les bombardements syriens et russes sur Alep ? Sur la partie Est d'Alep ? Mélenchon : Je ne peux pas accepter...

Bourdin : Vous disiez en février "Toute façon il va régler le problème" en parlant de Poutine Mélenchon : Voilà, vous voyez, comme c'est... pas du tout Monsieur Bourdin, vous êtes un type d'habitude sympa, mais là vous êtes ignoble.

Bourdin : Ah bon ? Et pourquoi ? Mélenchon : Parce que je n'ai jamais dit ça.

Bourdin : Ah bon ? Mélenchon : Eh non Monsieur Bourdin. Bourdin : Qu'est-ce que vous avez dit alors ?

Mélenchon : Ah bah non non, c'est à vous que je vais poser la question : pourquoi vous faites ça ? Bourdin : Je vous fais ça parce que...

Mélenchon : Pourquoi vous faites ça ? Bourdin : Je vous fais ça parce que je veux éclaircir votre position. Mélenchon : Oui, oui, je vois où vous voulez éclaircir ma position.

Ça s'appelle une méthode très particulière du journaliste, c'est la question-accusation. Mélenchon : Est-ce que c'est vrai que vos assistantes se mettent à poil ? Par exemple.

Bourdin : Ah non, mais ça n'a rien à voir...

Mélenchon : Ah mais si, ça a à voir, je n'ai jamais dit ça. Alors écoutez, maintenant, je vais vous dire ce que j'ai dit. A l'époque pour la première fois Mélenchon : quelqu'un bombardait les positions des islamistes qui transportaient le pétrole de Daesh vers la Turquie.

Et pour la première fois, les Russes Mélenchon : ont bombardé cette transmission, et à partir de là, le pétrole clandestin qui était remis en circuit par la Turquie, j'ai dit : "Il va régler le problème" Mélenchon : Je n'ai jamais parlé de l'Est. Bourdin : Est-ce que à Alep, il va régler le problème avec des bombes ? C'est LA question.

Mélenchon : Mais je ne sais pas, je ne suis pas un chef militaire, vous le savez vous. Monsieur Bourdin vous le savez ? Alors pourquoi vous me posez la question ?

Bourdin : Mais moi je vous pose la question. Mélenchon : Est-ce que nous allons régler quel problème ? De quoi parlez-vous ?

Quand on réfléchit à ces questions, il faut le faire avec sérieux. Mélenchon : Il faut le faire en ouvrant des perspectives, pas simplement en moulinant des phrases toutes faites de la communication, c'est vos collègues, c'est un journaliste qui a dit ça une fois Mélenchon : il a dit : "Dans la guerre, la première victime c'est la vérité" parce que tout est de la propagande Bourdin : Vous avez raison, d'ailleurs, à Mossoul, on voit. On voit la propagande à Mossoul.

On la voit. Mélenchon : Oui, bien sûr qu'on la voit, mais bon c'est la guerre. Bourdin : Qui va entrer le premier dans Mossoul ?

Mélenchon : Alors attendez, vous allez voir, les gens vont avoir du mal à suivre, parce que vous avez les Kurdes qui courent devant, évidemment Mossoul est en zone, c'est leur zone. Bourdin : L'armée irakienne et les milices chiites ? Mélenchon : C'est pas tout, vous avez les Turcs qui courent derrière les Kurdes parce qu'ils veulent pas leur laisser prendre la ville.

Donc vous allez avoir une situation où il faut faire honneur à l'intelligence des gens qui nous écoutent. Bourdin : Est-ce que...

Poutine... qui a refusé de venir en France, est-ce que selon vous, à vos yeux, la diplomatie française est déshonorée dans cette affaire ?

Mélenchon : La diplomatie c'est un peu dur, elle n'en peut mais, mais c'est le deuxième réseau diplomatique du monde, nous avons des diplomates impeccables, d'ailleurs, ils font ce qu'on leur dit de faire, c'est leur métier Mélenchon : Alors on va pas eux, les déshonorer ? Ils font le boulot, mais c'est le chef qui est mauvais. Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?

Vous envoyez Monsieur Ayrault, ministre, porter une lettre à Monsieur Poutine en lui disant : "Vous êtes le bienvenu en France" Mélenchon : pour inaugurer une cathédrale orthodoxe, je sais pas quoi. Et puis, après, au dernier moment vous dites : "Bah tiens, je me demande si c'est une bonne chose de le recevoir" Mélenchon : Mais on est pas au congrès du PS, là, c'est la France dont on parle. On ne doit pas se comporter comme ça.

Alors après, Monsieur Poutine a eu raison de dire : "Bah dans ces conditions, vaut mieux pas que je vienne" Mélenchon : On allait assister à quoi ? Pas du tout à une rencontre sérieuse, mais à une guignolade entre un type qui en invite un autre et qui ensuite n'a plus envie de le recevoir. Maintenant, Mélenchon : pour terminer devant vous et avec vous, un sujet qui m'accable Mélenchon : On m'a repeint 10 fois en poutinien, je sais pourquoi, parce qu'il faut bien me démolir sur quelque chose, comme on peut pas me prendre sur mes idées, on essaye de me salir, alors j'ai droit, avant c'était Fidel Castro, alors maintenant comme le Pape, Obama et Hollande y sont allés, on parle plus de Fidel Castro, on me colle Poutine.

Mélenchon : Mais je voudrais que vous sachiez une chose, moi je ne m'intéresse qu'aux intérêts de la France Mélenchon : Les intérêts de la France, c'est que les Russes soient des partenaires, et même Hollande avait fini par le reconnaître au bout d'un moment, il a dû lire un livre d'histoire et enfin comprendre pourquoi, bon. Mélenchon : Ce sont des partenaires, mais moi Monsieur, je vais vous dire, moi, mes amis en Russie, Mélenchon : c'est pas comme ceux de M. Hollande, ceux de M.

Hollande ils sont en liberté, c'est Gorbatchev, son ami, le dirigeant du Parti Socialiste en Russie, hein. Mélenchon : Les miens sont en prison, c'était le chef du Front de Gauche en Russie, parce qu'il y a un Front de Gauche en Russie et il est en prison, il en a pris pour 5 ans, et pourquoi ? Mélenchon : Parce qu'il a organisé des manifestations sociales.

Alors vous comprenez à quel point c'est douloureux pour moi de voir des cohortes d'ignorants, de gens qui ne suivent rien, qui s'intéressent superficiellement aux choses, me coller une étiquette Mélenchon : de cette nature, c'est douloureux mais ça ne me fera pas changer d'avis, Monsieur Bourdin, les Russes ne sont pas nos ennemis mais nos partenaires et je ne veux pas la guerre avec les Russes. Mélenchon : Je ne veux pas la guerre avec les Russes, je ne veux pas la guerre avec les Russes, je ne veux pas des sanctions contre les Russes. Bourdin : Nous sommes en train d'aller progressivement à une logique de guerre avec la Russie ?

Mélenchon : Absolument, vous vous souvenez à peine, Hollande était-il élu, il va à Chicago où il signe un papier, c'était le sommet de l'OTAN. Il signe un papier dans lequel il est dit : "On accepte qu'il y ait des bases missiles, anti-missiles pour bloquer les missiles iraniens" Mélenchon : Tout le monde rigole, les Russes les premiers, en disant : "Quels missiles iraniens ?" Mélenchon : "Pourquoi vous installez des batteries en Pologne pour bloquer des missiles iraniens ?" Aujourd'hui la paix a été faite avec l’Iran dans des conditions qui se discutent, hein, mais Mélenchon : les bases missiles anti-missiles sont installées en Pologne, c'est à dire directement tournées vers la Russie.

Mélenchon : C'est une provocation. Si on nous faisait ça à nous Français, on l'accepterait pas, on n'accepterait pas que les Russes installent en Tchéquie par exemple, une batterie de missiles anti-missiles parce qu'on se sentirait directement visé. Monsieur Hollande a, Mélenchon : en une journée, sans demander l'avis de personne, en un seul mot, liquidé la dissuasion française, parce que si vous laissez des batteries de ce type s'installer, ça veut dire qu'il y a plus de dissuasion, et nous, nous devrions dire : "Bravo, ah comme c'est sympathique", non.

Mélenchon : C'est absurde et ridicule, ce n'est pas l'intérêt de la France. Je ne veux pas la guerre avec la Russie et on pourra me bourrer le crâne tous les jours à la télé si on veut, je ne voudrais quand même pas la guerre avec la Russie. Bourdin : Bien, les choses sont dites, Jean-Luc Mélenchon. "Un président ne devrait pas dire ça", vous allez le lire ce livre ?

Mélenchon : Il parait qu'il y a 600 pages. Alors moi, je vais dire aux socialistes, voilà, écoutez, les amis socialistes vous êtes mal. Au lieu de défendre 641 pages absolument indéfendables, mieux vaudrait que vous défendiez mes 140 pages de programme parce qu'au moins, il y a du contenu.

Bourdin : Je vais parler du programme, mais un mot, page 640 dans ce livre, voilà ce que dit François Hollande : "Mélenchon, il fait partie des soldats perdus. Il se sent humilié, je le connais depuis si longtemps, je l'ai vu ramper pour rentrer au gouvernement Jospin". Mélenchon : C'est bien lui, il est venimeux comme pas un.

Mais d'abord, je ne me sens pas humilié par lui, il faut quand même garder les proportions, ce n'est pas dans ses moyens. Mélenchon : Et deuxièmement, je n'ai jamais rampé, c'est lui qui était absolument contourné par la relation directe que j'avais avec Lionel Jospin. Mélenchon : Puisque l'occasion m'en est donnée, tout le monde le sait, je le raconte dans mon livre "Le choix de l'insoumission", j'ai bêtement, je le dis maintenant, refusé 2 fois de rentrer dans le gouvernement Jospin pour des raisons tellement compliquées Mélenchon : de vie, des courants du PS qu'aujourd'hui ça me fait rire et je me dis : "Bon, c'est lamentable, j'aurais mieux fait d'y aller et de commencer tout de suite à me rendre utile".

Bon, voilà, mais c'est bien lui, si vous voulez ce qui me fait rire, pourquoi je me marre, je m'en fous de ce qu'il dit sur moi. Mélenchon : Par contre, sur 600 je ne sais combien de pages, il s'en prend à tout le monde, comme ça. Mélenchon : Alors il déchiquette Bartolone, tous les gens qui l'ont aidé, qui ont fait tout ce qui a été en leurs moyens pour le porter.

A chacun, pouf, une méchanceté Mélenchon : et puis au milieu de tout ça, on voit qu'il est vraiment pas de gauche. C'est un homme de droite, comme je le dis de puis le début. Il s'en fiche à peu près de tout ce qui nous intéresse.

Bourdin : Mais il est coincé aujourd'hui, politiquement il semble coincé, entre Macron et vous ? Si j'ai bien compris. Mélenchon : Je sais pas moi...

Bourdin : Est-ce qu'il sera candidat, selon vous ? Mélenchon : J'en sais rien et puis c'est pas mon problème, soyons honnête...

Bourdin : Vous vous en moquez. Macron ou Hollande candidat vous vous en moquez ? C'est pas un problème?

Mélenchon : Je ferais avec ce qu'il y a, c'est pas à moi à le désigner. Moi je suis pour la loyauté, M. Bourdin, je ne suis pas d'accord pour aller dans les primaires des autres, mettre des bulletins de votes Mélenchon : alors que je n'en pense pas un mot.

Par exemple, on me dit : "Il y a des gens qui vont aller à la primaire de la droite", soi disant ils sont de gauche. Mélenchon : Vous vous rendez compte, mais tout le monde devient cynique et pervers dans cette histoire. Quelqu'un de gauche va venir signer un papier où est écrit : "Je me reconnais dans les valeurs de la Droite et du Centre" Mélenchon: Mettre un bulletin pour en empêcher un autre d'être élu, et ensuite rentrer à la maison en se cachant et en allant voter après pour quelqu'un d'autre, c'est affreux.

Ils sont aussi cyniques que les candidats. Bourdin : Mais on a le droit de voter à la primaire de la Droite et la primaire de la Gauche, non? Mélenchon : Mais je n'en disconviens pas mais il faut pas se déshonorer, faut se respecter.

Si vous signez un papier où il y a écrit : "Je me reconnais dans les valeurs de la Droite et du Centre" Mélenchon : quand même c'est que vous vous reconnaissez dans les valeurs de la Droite et du Centre, alors venez pas dire après ça que vous êtes de Gauche. Moi je m'en fiche, ils font bien comme ils voudront Mélenchon : Mais je pense qu'il faut se respecter. Moi je ne vais pas à la primaire.

Pourquoi ? Parce que je ne respecterais pas le résultat à la fin, c'est-à-dire que si j'allais dans une primaire Mélenchon : j'accepterai le résultat, ce qu'a fait Montebourg, il dit : "Si c'est Hollande qui gagne, j'accepterais le résultat" et il fera campagne pour Hollande, pas moi. Mélenchon : Donc, Hollande ou un autre, par conséquent, par loyauté.

Bon sang, il me semble qu'en politique ça doit encore compter ça, d'être honnête, juste de suivre ses idées jusqu'au bout, et puis advienne que pourra, le souverain c'est le peuple. Bourdin : Notre Dame des Landes, Manuel Valls qui réaffirme que l'aéroport sera construit, est-ce que la zone en question doit être évacuée ? Bourdin : Est-ce que le gouvernement, il y a eu référendum...

Mélenchon : Oui oui oui, enfin, pfff Bourdin : Quoi pfff ? Bah ?!

Mélenchon : M'enfin, Monsieur Bourdin, un aéroport...

Bourdin : Un référendum, ça se respecte, un résultat, non ? Rappelez-vous 2005 ! Mélenchon : Mais c'est pareil, vous avez mis le doigt...

Ah bah quand même, il y a une nuance, c'est laquelle ? C'est que toute la France votait, d'accord ? Là, vous avez...

Bourdin : Et là c'est la région concernée...

Mélenchon : Non non même pas. Bourdin : Le département concerné Mélenchon : Eh bah quand même. C'est un aéroport, un aéroport de cette taille ça concerne tout le système de transport du pays, ça change les choses.

Vous en êtes d'accord ? Et puis il y a pas 1 département Mélenchon : et puis on va pas seulement juger de la nécessité d'un aéroport, à savoir si ça fait du bruit quand les avions passent au-dessus de votre tête. C'est pas que l'enjeu, par conséquent, ce référendum a, à mes yeux, zéro valeur Mélenchon : parce que c'était un endroit limité, la question...

Bourdin : C'est facile de dire après le résultat : "Le référendum a zéro valeur", hein ? Mélenchon : En effet, mais comme je l'ai dit avant, ça tombe bien. Je l'ai dit avant.

Avec moi, vous me prendrez jamais dans un truc tordu. Bourdin: (rires) C'est pas tordu...

J'essaie d'avoir la vérité. Mélenchon: Je l'ai dit avant, enfin ma part de vérité. Bourdin : Donc aujourd'hui, est ce qu'aujourd'hui le gouvernement doit évacuer la zone Mélenchon : Non, en aucun cas.

C'est le projet qu'il faut abandonner, d'ailleurs même la ministre de l'Ecologie dit que ça commence à bien faire, faut arrêter les frais. Ça a coûté des millions, il y a des situations hyper confuses. Le préfet qui a donné l'autorisation à l'époque, il y a plus de 40 ans que ce machin était décidé Mélenchon : On le retrouve en train de travailler dans la compagnie qui doit construire l'aéroport, vous trouvez ça normal, Monsieur Bourdin ?

Et on fait tous un effort pour rester mesurés, mais ça va quoi, ras le bol de ces combines, de ces travaux inutiles Mélenchon : De ce gâchis d'argent et de moyens qui est fait là-bas, non ! L'aéroport Notre Dame des Landes, faut y renoncer, ça sert à rien ce truc. Bourdin : Vous serez demain pour être derrière les "Goodyear" ?

Mélenchon : Oui, je vais y aller, parce que vraiment, écoutez-moi...

Bourdin : 8 ex-salariés qui ont été condamnés à 9 mois de prison ferme en 1ère instance Mélenchon : Monsieur Bourdin, c'est bien d'en parler, c'est bien de votre part, parce que ce sont les oubliés. Vous savez les ouvriers qui défendent leur emploi et qui sont ensuite condamnés à de la prison ferme, vous vous rendez compte ? C'est la 1ère fois depuis au moins 40 ans Mélenchon : qu'un ouvrier est condamné.

Qu'est-ce qu'il a fait cet homme, qu'est-ce qu'ils ont fait ces 8 gars-là ? Rien. Ils ont défendu leur emploi, le droit de vivre avec leur famille, donc demain il faut être avec eux à ce procès, il faut les entourer.

Vous savez pourquoi, d'abord ? Mélenchon : D'affection, parce que les gens sont fragiles, ne croyez pas que ce soit des guerriers, à l'idée d'aller en prison, un ouvrier ordinaire, qui a sa petite vie quoi, c'est horrible, et sa famille, et ses gosses, qu'est-ce qu'ils en ont fait ces gens-là? Mélenchon : Vous vous rendez compte ?

Donc il faut les entourer d'affection, de fraternité et d'esprit de lutte. La lutte, et si je suis élu, et si par malheur ils sont condamnés, instantanément ils seront amnistiés. Ils sortiront le lendemain de mon élection, ils sortiront de prison.

Mélenchon : C'est une honte d'enfermer des ouvriers, de les condamner à de la prison ferme pendant que tant de voyous circulent sans être condamnés à rien simplement parce qu'ils sont riches et très puissants. Mélenchon : La France Insoumise, ébauche de programme. Je vais faire la liste, vous m'arrêtez : Droit de vote à 16 ans, vote obligatoire, droit de vote pour les résidents étrangers, retraite à 60 ans, SMIC 1.300 euros net, 6ème semaine de congés payés, interdiction de licenciement boursier" Bourdin : C'est pas vrai tout ça ?

Mélenchon : Oui c'est vrai. Bourdin : "Taxe sur les transactions financières, échelle des salaires de 1 à 20", c'est bien ça ? Mélenchon : Oui oui oui, allez-y, il y a 350 pages, vous n'êtes pas sortis de l'auberge Mélenchon : Non mais c'est bien, je vais pas vous reprocher...

Bourdin : Sortie du nucléaire, assemblée constituante pour rédiger une nouvelle Constitution, impôt sur le revenu. Je m'arrête là, tout le monde paie ? Mélenchon : Oui.

Tout le monde. Bourdin : Quelque soit ses revenus? Mélenchon : Absolument, tout le monde paie, c'est une cotisation et écoutez-moi bien Monsieur Bourdin, je sais souvent on me dit "Ah, Monsieur Mélenchon" parce qu'évidemment on me pose pas des questions pour m'arranger la vie mais plutôt pour me la rendre plus compliquée.

Mélenchon : On me dit : "Vous allez faire payer ceux qui ne payent pas jusqu'à présent" et on me montre les petits à qui, peut-être demain je demanderais 1 euro symbolique ou 2, mais on ne me parle pas des autres, les très gros qui ne payent rien où à qui on rembourse de l'argent Mélenchon : comme c'est le cas pour les très grandes fortunes de ce pays, et surtout on ne me parle de ce qui est essentiel à mes yeux, c'est-à-dire que les grosses entreprises doivent payer au même niveau les impôts que les petites, les petites payent 30, eux ils payent 8 Mélenchon : ensuite la classe moyenne qui porte tout sur son dos, comme un cheval de trait la malheureuse, il faut que la dépense soit étalée, donc au lieu d'avoir 5 tranches comme aujourd'hui, moi j'en créerai 14. Mélenchon : parce qu'il faut étaler le poids de ce qui est à porter. Bourdin : Et au-dessus de 400 000 euros, 100% d'impôt ?

Mélenchon : Oui, alors je vais vous faire une concession, tiens, allez je suis de bonne humeur ce matin. Je prends seulement 98%, comme ça je fais comme Roosevelt parce que vous savez, c'est pas un bolchévik qui a inventé ça, c'est Roosevelt. Mélenchon : Alors vous voyez, j'ai connu ce pays à une époque où par exemple les impôts sur les sociétés, qui étaient de 2 types il y avait ceux qui étaient les bénéfices qui étaient réinvestis dans l'entreprise Mélenchon : qui étaient moins taxés que les autres, et puis il y avait ceux qui étaient pas réinvestis.

Eh bien Monsieur Bourdin, à l'époque c'était plus de 40 % et l'autre soir j'ai entendu Monsieur Juppé dire qu'un impôt à 30% était confiscatoire. Mélenchon : C'est vous dire à quel point ils sont tous devenus fous et l'autre soir ce qui m'a frappé, pardon puisque vous parlez de mes mesures, la mesure centrale, je réorganise le pouvoir, et quand je les voyais l'autre soir, les 7, Mélenchon : M'enfin, c'est retour vers le passé, ils n'ont rien inventé, depuis 20 ans, ils racontent les mêmes choses, ça n'a jamais marché, mais ça fait rien, ils continuent, pas un mot d'écologie, la planète n'est pas en train de brûler ? Non ils en parlent pas Mélenchon : leur problème : l'impôt sur la fortune. 1% de personnes.

Il y a 9 millions de pauvres dans ce pays, pas un mot sur eux. Ces gens là sont tragiques, je dis pas ça parce qu'ils sont de droite, Mélenchon : je dis ça parce qu'ils sont tragiques, voilà. Bourdin : J'ai 2 choses encore.

Refus des traités de libre-échange, le gouvernement va ratifier le CETA. Mélenchon : Oui. Bourdin : Alors là vous vous battez contre.

Mélenchon : Ah bah oui, c'est quand même énorme cette histoire, parce que on avait le TAFTA, alors les gens finissent par s'y perdre avec tous ces noms. CETA c'est Canada, TAFTA c'est avec les États-Unis. Mélenchon : CETA qu'est-ce que c'est ?

C'est le cheval de Troie de TAFTA parce que c'est la même chose avec les Canadiens, vous êtes au courant qu'ils ont une frontière commune avec les États-Unis Mélenchon : Et qu'ils appartiennent, États-Unis et Canada, au même marché, au même ensemble. Il y a déjà un traité entre eux. Alors maintenant on nous ramène ça ici en Europe avec les fameux tribunaux qui permettent à des multinationales d'agresser des États.

Mélenchon : Et on devrait trouver ça bien. Et vous avez Monsieur Valls qui fait la police, où ? En Belgique, il dit aux Belges "Ah non non, vous n'avez pas voulu signer ça, ce n'est pas bien" parce que les Wallons n'ont pas voulu signer ça, et du coup ils bloquent tout, tant mieux et merci aux Wallons.

Mélenchon : Parce que cette affaire est inacceptable, et je vous dis attention, vous allez voir comme c'est tordu cette histoire. Mélenchon : Le traité est pas adopté mais il sera quand même appliqué. Pourquoi ?

Parce qu'entre temps, on a demandé au Conseil des Ministres Européens du Commerce de dire "Oui". Alors ça sera appliqué et après les Parlements nationaux devront le voter et le Parlement Européen et moi je vais voter contre. Mélenchon : Et je demande aux autres, vous allez voter quoi, vous ?

Vous allez voter quoi ? En tout cas, moi c'est clair, je vote contre. Il n'en est pas question, et ça, ça va passer en 2017.

Si c'est moi le Président de la République, tout ça, ils peuvent le mettre directement à la poubelle parce que la France ne le signera pas. Mélenchon : La France ne signera pas quelque chose qui revient à la tuer, dans son industrie, dans son agriculture et dans ses droits sociaux. Bourdin : Merci Jean-Luc Mélenchon. 8h56.