L'interview : Rachida Dati - 21/06
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez RMC, l'interview à Pauline de Valherbe. Il est 8h33 sur RMC et BFM TV. Bonjour Rachida Dati. Bonjour. Merci de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes maire du 7e arrondissement de Paris, figure des LR. Il y en a de moins en moins, mais enfin alors là pour le coup, vous vous y êtes pleinement. Et on va revenir bien sûr sur les résultats des législatives. Aujourd'hui la France, tout est gelé, tout est sur pause. Le Conseil des ministres de ce matin est annulé, reporté s'inédier, il n'y a même pas de date. Le Conseil national de la refondation est annulé. Et Emmanuel Macron s'apprête à recevoir aujourd'hui et demain les chefs des partis.
Il commencera d'ailleurs par Christian Jacob, le patron des Républicains. Ça sera à 10h. Si vous, vous aviez Emmanuel Macron face à vous, vous lui diriez quoi aujourd'hui ?
La première chose que je pourrais lui dire, c'est de revenir vers la réalité du pays, vers le réel. Et donc, compte tenu des résultats des élections législatives, le réel c'est nous. C'est incarné par les Républicains, par la droite que nous sommes. Et donc, revenir vers le réel, c'est revenir vers le parti de la responsabilité, le parti de l'ordre. Nous, nous ne souhaitons pas être confondus avec les partis du désordre ou de l'irresponsabilité. Et donc, il est tout là l'enjeu. Et je pense qu'en prenant lui-même l'initiative de vouloir consulter les chefs de partis, généralement, c'est un rôle qui incombe au Premier ministre, il le fait lui-même.
Je pense, j'espère, j'espère pour les Français, je l'espère pour mon pays, qu'il a pris l'ampleur, qu'il a mesuré l'ampleur de cette défaite. Dont le premier symbole, c'est quand même l'échec de Richard Ferrand. Si vous savez, c'est inédit. Richard Ferrand, qui était le président de l'Assemblée nationale, qui était l'un de ses plus proches, et qui a donc été battu en Bretagne. C'est quand même une défaite hautement symbolique. Richard Ferrand a été battu, c'est inédit. C'est inédit. Alors, c'est inédit au niveau de la Ve République, mais que le président de l'Assemblée nationale soit battu par une étiquette, par quelqu'un qui était inconnu.
Une candidate tout à fait anonyme, peu connue, et qui est de la NUPES.
Symboliquement, ça en dit long. Mais Rachida Lassissier, je comprends bien. Si vous aviez Emmanuel Macron face à lui, vous lui diriez, on est là. On est là, ça veut dire, on est là, et on est prêts à bosser avec vous ?
Non, on est prêts à faire des propositions que nous avons sur la table. Qu'attendent les Français aujourd'hui ? Vous le disiez, je vous écoutais avant votre émission. Regardez vos auditeurs, qu'est-ce qu'ils vous disent. Pour l'essentiel, leurs préoccupations. Première préoccupation, c'est la sécurité. Vous avez vu, il n'y a pas un jour... Sécurité, le pouvoir d'achat, clairement, ce matin et hier, c'était déjà ça. Exactement. Écoutez les auditeurs, vous les avez tous les jours avec vous. Et donc, ils vous le disent, on est un peu dans le chaos. Regardez, il n'y a pas un jour sans les rodéos, sans les squats illégaux, sans les trafics de stupes. Non mais c'est tous les jours.
Tous les jours, sans parler des homicides ou des tentatives d'homicide. Alors, pour être tout à fait honnête, Rachida Lassissier, depuis hier, ils nous appellent surtout sur le pouvoir d'achat. Oui, attendez. C'est quand même ça qui les angoisse. Justement, sur les attaques des forces de l'ordre, c'est une réalité du pays. D'ailleurs, pardon, je fais une petite parenthèse, Paris est la vitrine de ce chaos sécuritaire. Puisque Paris, c'est le premier département le plus criminogène de la France métropolitaine. Pour vous, Paris, c'est le chaos. C'est le premier département, c'est le département le plus criminogène de toute la France métropolitaine. Donc, ça en est la vitrine.
Regardez les touristes qui se plaignent des agressions tous les jours. Mais sur le pouvoir d'achat, de la même manière, c'est une demande, mais c'est une attente forte des Français. D'ailleurs, tout à l'heure, j'écoutais Pascal Perrineau qui vous disait ça. Exactement, sur RMC à cet encadre. Oui, exactement. Il vous disait ça, il disait d'ailleurs, les Français, c'est-à-dire que les médias présentaient ce duel, M. Mélenchon et M. Macron, ils se sont un peu vengés dans les urnes. Quand il dit, il faudrait peut-être vous occuper de nos attentes et de nos préoccupations pour voir l'achat et sécurité. Il disait précisément que c'était une forme de vengeance de la part des électeurs de droite
de dire, au fond, la France est à droite. Mais Rachida Dati, pardon, je n'ai pas tellement compris.
La France est majoritairement à droite. Ça, il n'y a pas de discussion là-dessus. Et donc, d'ailleurs, il le redisait. Regardez sur les duels qui ont opposé le Front National, enfin le Rassemblement National, au LR. Ce sont les candidats LR qui ont été élus plus largement que les candidats d'ensemble.
Vous n'allez pas non plus refaire l'histoire. La vérité, c'est quand même que vous avez été battu au présidentiel sèchement et qu'aujourd'hui, le groupe LR, c'est quand même considérablement réduit.
Est-ce que j'ai dit que la France était LR ? Je vous dis, dans ses attentes, ses préoccupations et ses valeurs, la France est à droite. Je ne vous dis pas que la France était LR. Donc Emmanuel Macron doit s'appuyer sur vous pour gouverner ? Nous sommes la force de responsabilité. Nous sommes le seul groupe d'opposition à l'Assemblée Nationale en responsabilité. Nous, on ne veut pas le chaos, on est le parti de l'ordre. Nous, on ne veut pas bloquer. Je veux vous dire, vous savez, En Marche, à l'Assemblée Nationale, ça va être des canards sans tête. Et si je voulais oser la comparaison, les autres groupes d'opposition, ce sont des têtes brûlées. Ils ont intérêt à ce que le système tombe.
Ils veulent le chaos. Nous, pour finir là-dedans, vous êtes quoi ? Non, finalement, on est ceux qui ont la tête sur les épaules.
Alors, si je résume, il y a les canards sans tête, ça c'est les macronistes. Il y a les têtes brûlées, ça c'est RN et l'UVEST. Et il y a vous qui avez la tête sur les épaules.
Parce qu'on est le parti du bon sens. Je vous le redis, que veulent les Français ? Ils veulent du pouvoir d'achat et de la société.
On va revenir sur le pouvoir d'achat pour essayer de comprendre très concrètement. Mais comment ça marche ? Est-ce que dès aujourd'hui, il faut que tout à l'heure, Christian Jacob, vous les uns les autres, vous disiez, on prend nos responsabilités, on est prêts à bosser ensemble et à travailler sur le long terme. Faisons une forme d'accord, on se met autour de la table, un peu à l'allemande, on dit, voilà, sur ça, sur ça, sur ça, nous on veut aller à tel endroit, quel est le compromis qu'on peut faire et puis ensuite on avance ?
On n'est pas là pour faire des attelages. Ah d'accord, donc on travaille ensemble. Non mais attendez, mais... Mais il n'y a pas de mode d'envoi. Non mais nous, on ne va quand même pas... Enfin, qui est responsable de la défaite ? Qui a fait monter l'extrême droite ? Qui a fait monter l'extrême gauche ? C'est un coup d'extrême droite, un coup d'extrême gauche. À force d'agiter ces épouvantailles, eh bien, ils sont là. Qui en est responsable ? Qui en est responsable ?
Donc Emmanuel Macron a fait monter l'extrême ?
Vous avez vu le résultat. C'est un fait, ça. Ce n'est pas une analyse philosophique. C'est une réalité. Et donc aujourd'hui, nous, on a des propositions sur le pouvoir d'achat. Nous, parce que là, on nous dit, oui, le premier texte, ça va être sur le pouvoir d'achat. Qu'est-ce qu'il y a dedans ?
Il y avait notamment dans ce texte, justement, qui devait être présenté aux alentours du 25 juin. Enfin, visiblement, c'est tout à fait là aussi gelé. Il devait y avoir dans ce paquet pouvoir d'achat, comme ils disent, notamment un chèque alimentaire. Alors, alimentaire, véritablement, uniquement l'année prochaine. Mais entre-temps, un chèque inflation de 100 à 150 euros pour les minimodestes.
Ça, vous diriez oui ? D'abord, il y a eu les chèques énergie. Beaucoup de Français ne les ont pas reçus. Beaucoup. Et donc, le chèque alimentaire, vous savez, les collectivités locales, elles ont quand même paré à ces demandes d'urgence des Français. Moi, je trouve que le rôle d'un chef d'État ou d'un Premier ministre, c'est de donner une vision et un cap pour ce pays. Nous, on ne veut pas un texte d'hab, parce que ce n'est pas un distributeur automatique d'argent, ce que veulent les Français. Ils ne veulent pas la charité. Un texte pouvoir d'achat, il doit être centré sur quoi, Madame Apolline de Malherbe ?
Il doit être centré sur le travail, sur la revalorisation du travail, pas sur le monde ou la charité. C'est comme ça, vous aggravez la pauvreté. Puis moi, je vais vous dire quelque chose. Ça démontre bien que ceux qui le proposent, ils ne savent pas ce qu'est la réalité de la vie. Moi, je vais vous dire, quand j'étais enfant, j'ai vécu ça. C'est-à-dire qu'à un moment donné, mon père avait été gravement accidenté et on a eu droit à un bon... Vous savez, on vous donnait des bons d'aide sociale pour aller chercher le pain dans une boulangerie ou de la viande à la boucherie. Vous ne voulez plus de ça ? Vous ne voulez pas d'intiguer le rationnement ?
Moi, mes mamans, quand on arrivait, elles ne voulaient pas les sortir, elles avaient honte. C'est stigmatisant. Là, ce que veulent les gens, c'est vivre de leur travail. Aujourd'hui, vous avez le travail qui est important. Quelle est la première dépense dans les foyers ? Le logement. C'est effectivement, le loyer pèse sur la dépense des ménages. Il devait y avoir un gel des loyers. Oui, mais c'est pareil, c'est toujours par le petit bout de la lorgnette. Le logement, pourquoi on est en crise, en tension sur le logement ? Parce qu'on ne construit pas assez de logements. Donc, on fait, effectivement, revalorisation du travail. Une vraie politique de construction de logement.
À Paris, le nombre d'emplois pas pourvu. Pourquoi ? Parce que si, effectivement, vous gagnez 1 200 euros, 1 500 euros, comment vous vous logez ? Et donc, il doit y avoir une politique du logement pour pouvoir vivre de son travail. Revalorisation du salaire, des salaires. Pareil, chèque énergie. Mais qui est à l'origine de cette incohérence, de cette faute politique majeure sur l'énergie ? On ferme Fessenheim, on va finir comme les Allemands. On va rouvrir les centrales à charbon. Au lieu de ça, on devrait avoir une politique énergétique. On ne va pas enchercher les responsabilités. Je voudrais savoir ce qu'on fait demain. Qu'est-ce qu'on fait demain ? Quel est le rôle du groupe LR ?
Le groupe LR, on a un texte sur la revalorisation du travail. Vous me dites demain... Ça veut dire quoi ?
Ça veut dire que si Emmanuel Macron reprend votre programme et signe, là, vous irez... Il faudra peut-être quand même trouver le créant ensemble, ce texte.
Vous faites des résumés à la hache, là. Non mais, je vous dis, revalorisation du travail. On a des textes et des mesures qui ont fait d'ailleurs, qui ont produit des résultats. Rappelez-vous, la défiscalisation des heures supplémentaires, c'est du poivre d'achat en plus. C'est du travail. C'est de la revalorisation du travail. Sur le logement, il faut relancer la construction du logement. Ça, c'est concret. On a des propositions là-dessus. Sur, évidemment, la politique énergétique, on a une cohérence sur la politique énergétique. Il faut reprendre ça. Sur la sécurité, nous, on veut une politique de sécurité ferme et claire. Politique pénale, ça n'existe pas en France.
Je vous prends les violences au stade de France. Vous connaissez les suites, vous ? Vous connaissez les individus interpellés ? Non, non, non. Vous connaissez les individus interpellés ? Il y a plus de deux enquêtes ouvertes, je crois. Non mais, je ne vous parle pas de l'enquête. On nous a dit qu'il y a eu des interpellations. Quelles ont été les suites ? Les profils ? Les profils, quels ont été les profils ? Les condamnations, on en est où ? On voudrait savoir. On nous avait dit que les Anglais avaient volé les portables des Espagnols. Ce n'est pas la réalité. Et donc, nous, il faut arrêter le déni. Parce qu'à force du déni, c'est les Français qui subissent.
Cela dit, moi, c'est ça que j'ai envie de comprendre aussi avec vous, Rachida Dati. Vous n'avez pas non plus gagné. Donc, comment est-ce que vous allez faire ? Est-ce qu'il faut un blog décisif ?
Le mode d'emploi, voilà. Est-ce qu'il faut que M. Macron démissionne et que quelqu'un qui soit issu de votre vie, par exemple, prenne la place ? Elle est déjà usée avant de s'en servir. Ce n'est pas elle, le sujet. Mais c'est vrai que si elle reste, Emmanuel Macron fait le choix de l'immobilisme. On ne change rien. Tout va bien. Vous dites à la fois que ce n'est pas elle, le sujet. Mais ce n'est pas elle, le sujet. La preuve, c'est qu'Emmanuel Macron reçoit lui-même les chefs de parti. Il consulte lui-même. Donc, c'est bien qu'il l'a enjambé. Mais comme il ne veut pas se renier... En fait, elle n'est déjà plus là. Déjà, pour lui, elle n'est pas là.
Elle ne participe même pas aux consultations. Ça en dit long.
Franchement. Elle était hier aux Réunions, quand même, à l'Élysée, entourée, notamment, de François Bayrou et d'Edouard Philippe.
De toute façon, il a nommé ses premiers ministres sous tutelle. Ça en dit long sur l'image qu'on a de la responsabilité et du premier ministre. Il nomme une femme, il la met sous tutelle. Ce n'est pas ma conception des choses.
Rachida Dati, est-ce que, justement, s'il appelait certains d'entre vous, voire même vous-même, à créer un gouvernement d'union populaire, est-ce que d'union nationale, est-ce que vous y riez ? Non, mais ce n'est pas le sujet, aujourd'hui.
Un petit peu, quand même. Il va y avoir une question d'incarnation. Justement, l'incarnation, on doit l'avoir à l'Assemblée nationale, avec des propositions claires. D'ailleurs, on a beaucoup perdu par le manque d'incarnation. Soit on n'avait pas l'incarnation, soit on faisait des catalogues. Les Français, ils veulent de l'incarnation et des mesures fortes. Et donc, les mesures fortes, pouvoir d'achat, sécurité, réduction des inégalités, la liberté, notamment la liberté d'entre vous, maîtrise de l'immigration, c'est un vrai sujet. C'est un vrai sujet. Il faut, à un moment donné, prendre à bras le corps ce sujet.
Notamment, qu'on mette fin au contournement des procédures d'asile pour favoriser l'immigration illégale. Ça, c'est aussi un vrai fléau. Il faut arrêter d'être dans le déni. Donc, économie, sécurité, voilà les deux sujets qui sont aujourd'hui pour vous les priorités. L'État de l'École. Mais l'État de l'École. Vous avez vu l'État de l'École qui est gangréné par... J'ai l'impression que vous me refaites un peu la campagne présidentielle. Non, moi je fais de la politique. Si vous voulez de la technique, invitez mon amour. Au contraire, on peut faire mieux que moi. Elle fera mieux que moi. Elle vous éco-technique ? Non, mais elle vous fera le catalogue, elle sait faire.
Moi, mon truc, c'est de porter... Je le comprends complètement, mais je vais savoir comment ça marche. Moi, c'est de porter des combats... Comment ça marche ? Je viens de vous faire des propositions, ça ne vous va pas. Revaloriser le travail. Ce n'est pas moi qui peux les faire, c'est Emmanuel Macron. Vous me demandez comment ça marche. Je vais vous donner le mode d'emploi. Sur le pouvoir d'achat, on a des propositions très claires. Augmenter les salaires, évidemment. Comment revaloriser le travail ? C'est-à-dire aussi qu'on puisse vivre dignement de son travail. Comment ?
Qu'on puisse se loger dans de bonnes conditions et qu'on puisse évidemment avoir une politique énergétique qui ne plombe pas, notamment, le revenu des ménages. Il y a des points sur lesquels... Sur la sécurité, je vous ai dit, d'avoir une politique de sécurité articulée à une politique pénale. Ça aussi, c'est clair, ça n'existe pas. Vous connaissez la politique pénale en France ? Moi, je ne la connais pas. Pour vous, il faudrait qu'il y ait une politique pénale très claire, décidée. Mais la politique pénale... Ça zigzague ? Non, mais on ne l'entend pas. Donc, ce n'est même pas un zigzag. Je pourrais vous commenter le zigzag. Mais là, il n'y en a pas. Voilà.
Moi, je n'ai pas entendu quelle était la politique pénale sur l'insécurité qui existe en France. Il faut articuler la politique de sécurité avec la fermeté de la politique pénale. Aujourd'hui, nous sommes dans l'impunité et le manque de crédibilité de la sanction. Rachida Nathie, est-ce que le bureau politique des Républicains
doit exclure Jean-François Copé ? À quel titre ? Parce qu'il a dit qu'il fallait un pacte alors que, répond Christian Jacob, il n'est pas question d'impact.
Non, mais Jean-François Copé, il l'a expliqué hier en comité stratégique. Justement. Et d'ailleurs, sous votre entaine hier, il a dit, nous... Il était l'invité de l'exercice. Exactement. Et il a dit, nous, on fera des propositions très claires et à ces conditions-là, d'ailleurs... Vous êtes assez proche de cette position-là, finalement, du coup ? Non, mais nous, on n'est pas... Parce qu'on ne veut pas de participation au gouvernement. On a le droit d'exprimer des sensibilités ou des nuances. Il faut aussi avoir le sens de la nuance. C'est vrai que parfois, je ne l'ai pas beaucoup. Mais en politique, à un moment donné, il faut exprimer très clairement, très fermement ces propositions.
Je vous en ai faites ce matin. C'est là-dessus qu'on doit aller. C'est là-dessus qu'on doit être entendu. C'est là-dessus qu'on doit être incarné. Et je veux dire, généralement, quand c'est le cas, les Français nous suivent. Regardez, sur toutes les élections locales, on les a gagnées largement. À chaque fois qu'on a une incarnation, à chaque fois qu'on a un ancrage, à chaque fois qu'on a des propositions, les Français nous font confiance.
Il y a plusieurs ministres qui manquent à l'appel. Il n'y a plus de ministre de la Santé. Brigitte Bourguignon a été battue. Il n'y a plus de ministre de la Transition énergétique, puisque Amélie de Montchalin a été battue. Est-ce qu'on peut rester comme ça encore quelques temps ?
Là, je pense qu'effectivement, ils doivent être un peu dans un état de sidération. Donc, ils prennent un peu de temps pour d'abord mesurer l'ampleur de la défaite. Mais aussi, c'est ce que je disais tout à l'heure, parce que c'est vrai que tout est enjambé. Il a enjambé les élus, il a enjambé les corps intermédiaires, il a enjambé les Français, rappelez-vous, sur les Gilets jaunes. On a fait des débats. Et là, pareil, attention, warning, parce que le ministre de l'Éducation nationale a dit « je vais relancer des débats sur l'Éducation nationale ».
L'Éducation nationale, elle n'a pas besoin de débats, elle a besoin de revenir à des fondamentaux et de remettre l'école française au niveau qui doit être le sien. Effectivement, on a eu des grandes écoles qui brillent partout dans le monde. On avait un système qui était très envié. Aujourd'hui, je veux dire, ce n'est pas le cas. Damien Abad, doit-il démissionner ? Moi, je l'ai déjà dit, vous savez, au-delà de la réalité des faits, parce que Damien Abad n'a ni les faits qu'on lui impute. Il y en a d'autres qui ont reconnu des comportements.
Je vous donne un exemple, quelqu'un dit « oui, c'est vrai, il y a des personnes qui sont venues me demander une place en crèche ou un logement ou que sais-je. J'ai demandé une relation sexuelle, mais je ne l'ai pas forcée. » Et puis, oui, je ne l'ai pas violée. Vous parlez de qui ? Vous parlez de qui ? Non, mais je vous parle en général. Je trouve que... Non, mais vous dites, il y en a qui l'ont dit. Oui, il y a certains qui ont reconnu sur PV. Mais on dit « comme il n'y a pas eu viol, donc c'est classé ». Moi, ce qui me frappe, vous savez, moi, j'ai mis en cause M. Le Gendre, qui est un député. Pourquoi ? Parce qu'il y a eu des faits de harcèlement sexuel et moral qui ont été dénoncés. M.
Richard Ferrand, ancien président de l'Assemblée nationale, avait reçu les présumées victimes. Il leur a même dit « si vous avez besoin d'un avocat, nous le paierons ». Mais là, on dit « il n'y a pas de plainte, donc il n'y a pas d'enquête ». Mais à un moment donné, il faut que ce milieu politique puisse intégrer que le respect de la dignité des femmes, ça doit être primordial, essentiel. Le seul milieu sur lequel il n'y a pas de respect de la dignité des femmes demeure le milieu politique. Et donc, il faut qu'il y ait des enquêtes ouvertes, il faut qu'il y ait sans doute, pareil, une politique pénale concernant, évidemment, ce respect de la dignité des femmes.
Je vous repose la question, Rachid Haddad, sur Damien Abad, il y a cette tribune publiée dans Le Monde aujourd'hui, 180 femmes qui estime, il ne peut pas rester. Je vous pose, qu'en pensez-vous ? Parce qu'il y a aussi, les faits ont été dénoncés, ça après, c'est la responsabilité morale et politique du chef de l'État et du chef du gouvernement de nommer des gens si, effectivement, il y a de types d'éléments. On n'est plus... Moi, je ne mets pas en cause la présomption d'innocence. Pourquoi ? C'est un principe cardinal. Donc, il peut rester. Non, mais... Arrêtez de faire semblant de ne pas comprendre. Non, mais Arrêtez, c'est vous. C'est vous qui faites semblant de ne pas comprendre.
Moi, j'ai une question très importante. Je veux dire, c'est un combat que je mène depuis très longtemps. Je le sais bien. Mais là, je vous pose des sujets qui m'ont touchée de très près. Et moi, je veux dire, la dignité des femmes, les intêtes à l'intégrité des femmes, les violences sexuelles et les violences conjugales, je veux dire, c'est un combat que je mène depuis que j'ai l'âge. Non, non, je mène ça depuis que j'ai dix ans parce que j'ai vu des choses. Et donc, si je suis là aujourd'hui devant vous, c'est un combat que j'ai mené également à titre personnel pour avoir une liberté, une autonomie et que je refuse évidemment toute forme de violence.
Mais ce milieu n'accepte pas encore évidemment de respecter la dignité des femmes. Il faudra à un moment donné en prendre conscience et que ce gouvernement n'en prenne pas conscience. Moi, ça me choque. Et je suis choquée, comme d'ailleurs beaucoup de Français. Donc vous êtes... Sans remettre en cause parce qu'on fait des confusions. La présomption d'innocence. Quand des gens reconnaissent sur PV, quand des gens reconnaissent des comportements qu'on qualifie avec beaucoup d'inappropriés, moi ça me gêne. Surtout quand ils les reconnaissent. Quand vous les niez... Est-ce que vous avez dit à l'entendre du comportement inapproprié par exemple dans la famille LR ? A propos de M. Abad ?
Ça concerne tout le milieu politique. Mais non, M. Abad ou d'autres devraient d'ailleurs, quand ils sont mis en cause, dans ce cas-là, qu'ils déposent plainte pour diffamation. Parce que, pour atteinte à leur probité. Mais ils devraient le faire. Quand je vous pose une question
sur les comportements inappropriés, vous dites que ça touche toute la classe politique ? Mais bien sûr.
Les comportements inappropriés ? Encore aujourd'hui ? Mais bien sûr. Je veux vous dire, ça les conforte. Parce que, moi, l'affaire que j'ai dénoncée, quand on dit, alors qu'il y a des victimes qui ont été identifiées, qui ont été reçues par le président de l'Assemblée nationale, que M. Le Gendre a été mis en cause, on dit... Mais il a porté plainte contre vous ? Non, non. Ah ben, j'attends. Non ? Mais justement, non. Il a dit qu'il portait plainte. Ah, il l'a pas fait. Il l'a pas fait. C'est pour ça que je dis, quand ils sont mis en cause, justement, vous considérez que le fait qu'il ne l'ait pas fait, c'est déjà... Mais il devrait le faire. Mais il y a des éléments probants, quand même.
Et donc, moi, je dis qu'à un moment donné, il faudrait qu'il y ait des enquêtes ouvertes. Vous avez parlé avec Nicolas Sarkozy
depuis dimanche ? Non.
Pas depuis dimanche. Non.
Vous ne savez pas quelle est sa position ?
Il s'intéresse à la vie politique française. Il doit être assez navré. Voilà. Merci Rachida Dazidi
d'avoir répondu à mes questions. Ce matin, il est 8h53 sur la MCB FM TV.
Rachida Dati